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mercredi, 15 novembre 2023

Allemagne: Dissolution du statut de groupe parlementaire du Parti de gauche

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Allemagne: Dissolution du statut de groupe parlementaire du Parti de gauche

Une fin attendue du life style, du politiquement correct et de l'autoréalisation de l'économie de marché

par Peter Backfisch

Source : https://opposition24.com/politik/aufloesung-des-fraktionsstatus-der-linkspartei-ein-ueberfaelliges-ende-von-life-style-political-correctness-und-marktwirtschaftlicher-selbstverwirklichung/

La dissolution du groupe parlementaire du Parti de gauche (Die Linke) au Bundestag allemand par Dietmar Bartsch montre simplement que la déchéance d'une ancienne opposition de gauche, par sa propre faute répétée en permanence, a atterri là où elle devait être, sur le tas de fumier de l'histoire. Il n'est pas nécessaire de se réjouir, mais l'événement montre que l'ensemble des couleurs politiques de la République ressentent un soulagement, les longues années de tromperie et d'autodafés vont enfin trouver une fin attendue.

51JWJEETSEL._SX210_.jpgIl est toutefois nécessaire de se pencher sur les causes profondes de cet effondrement et de se demander quand le processus a commencé ? "En effet, tant que la crise systémique n'était pas devenue manifeste, la gauche s'occupait explicitement de la théorie de la crise et de la critique de l'économie politique" (Robert Kurz, 1994). La critique radicale du système semblait aller de soi. Cette prise de position critique à l'égard de la situation dans les sociétés occidentales s'est lentement affaiblie au début des années 1980, pour se déradicaliser complètement après l'effondrement du socialisme réel. L'orientation vers l'économie de marché des sociétés occidentales s'est alors faite à pas pressés. Cela s'est traduit concrètement par l'abandon total du sujet politique qu'ils chérissaient depuis des décennies, et "L'adieu au prolétariat" (Andre Gorz, 1980) est devenu une lecture obligatoire. Et ce, malgré l'augmentation du chômage et de la pauvreté de masse parmi les populations autochtones dans les sociétés occidentales. Il faut se demander si ce n'était pas un retour de bâton pour ce prolétariat qui n'était tout simplement pas prêt à suivre les promesses de salut annoncées ? Dès lors, l'attention se porta de plus en plus sur les nouveaux étrangers qui affluaient vers nous, les "damnés de la terre" (Franz Fanon). Avec l'arrivée d'armées venues de tous les horizons, on a découvert la formule du "multiculturalisme", qui est rapidement devenue l'état d'esprit dominant et obligatoire. Avec le soutien des médias, on a même exigé des Allemands, toujours présents et travaillant dans des emplois précaires, qu'ils se soumettent à cette absurdité. L'abrutissement du peuple a commencé et l'on espérait que la stratégie sous-jacente ne serait pas remarquée par les idiots prétendument incultes.

Cette évolution s'est également accompagnée de l'abandon de toute théorisation sur les différences de classe qui subsistent dans les sociétés capitalistes. Il en a résulté une absence totale de critique des changements politiques qui ont suivi, comme les réformes anti-humaines du marché du travail de Schröder (Hartz IV), l'ouverture des frontières pour tous, les mesures coronaviresques, les hystéries climatiques et leurs contre-vérités. On s'est rallié à la politique d'alignement des autres partis politiques. On voulait en faire partie tout de suite. Et ce, non seulement à la table du chat, mais aussi dans les médias. L'adaptation à l'œuvre d'art globale, désormais acceptée par tous, de l'épanouissement personnel dans un design approprié a nécessité de se personnaliser également dans sa propre présentation et sa tenue, en faisant preuve d'une "prodigalité déterminée et d'une convivialité au champagne" (Theodor W. Adorno). Le plaisir et l'amusement sont devenus une "esthétique de l'existence" (Michel Foucault) quotidienne, sans pour autant s'attaquer aux "grandes et petites structures". Des événements tels que l'infantile "Love Parade" étaient désormais considérés comme des points lumineux de l'insouciance, où il fallait absolument montrer ses propres couleurs.

Les représentants de tous les partis politiques du bloc se sont rencontrés dans une ambiance de fête lors de ces événements life style afin de mettre en place le prochain accord de coalition. Cette absence de principes a fait comprendre à tout le monde que Die Linke n'était plus nécessaire pour cela. Sa disparition définitive semblait donc inéluctable, la création d'un "autre parti de gauche" est superflue et, pour une fois, l'histoire se répétera.

dimanche, 02 juillet 2023

Les audaces de Sahra Wagenknecht

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Les audaces de Sahra Wagenknecht

par Georges FELTIN-TRACOL

Outre-Rhin, Jean-Luc Mélenchon est de sexe féminin et s’appelle Sahra Wagenknecht, l’une des vedettes de la scène politique allemande. Ses prises de position récentes la mettent presque en rupture avec les responsables du parti contestataire de gauche radicale, Die Linke (« La Gauche »).

À 53 ans, cette originaire d’Iéna en République démocratique allemande (RDA) a l’habitude des polémiques. Elle applique ce que la philosophe belge Chantal Mouffe, théoricienne du « populisme de gauche », conçoit comme la « démocratie agonistique », soit un système de relations politiques qui ne repose pas sur la recherche permanente du consensus. Sahra Wagenknecht se méfie du compromis qu’elle assimile à tort à de la compromission.

Sa notoriété contraste avec son parcours militant particulièrement incorrect pour le système en place. Née d’un père iranien et d’une mère allemande de l’Est, elle s’engage adolescente dans la Jeunesse libre allemande, l’organisation officielle des jeunes en RDA. Début 1989, elle adhère au SED, le Parti socialiste unifié d’Allemagne qui gouverne Berlin-Est depuis 1949. Aux lendemains de la chute du Mur de Berlin en 1989 et de la disparition de la RDA en 1990, elle accompagne la transformation du SED en Parti du socialisme démocratique (PDS). Elle s’investit dans la tendance marxiste la plus orthodoxe, la Plate-forme communiste, qui salue l’action de Joseph Staline et joue sur la nostalgie grandissante de la RDA.

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L’équivalent occidental de la Stasi, en plus puissant et en plus hypocrite, l’Office fédéral de protection de la Constitution surveille très tôt cette nouvelle Rosa Luxemburg. En 2007, elle participe à la création de Die Linke. Soutien du Vénézuélien Hugo Chavez et du Bolivien Evo Morales, hostile à l’OTAN, Sarah Wagenknecht approuve le mariage pour tous. Députée allemande au Parlement dit européen de 2004 à 2009, elle accède à la vice-présidence de Die Linke en 2010 et y reste jusqu’en 2015. Depuis 2009, elle siège au Bundestag en tant qu’élue de la Rhénanie du Nord – Westphalie. Elle co-préside même le groupe parlementaire entre 2015 et 2019.

Cette ancienne étudiante en philosophie et en économie épouse en secondes noces en 2014 Oskar Lafontaine aujourd’hui âgé de 79 ans. Dirigeant du Parti social-démocrate SPD de 1995 à 1999, il est ministre-président du Land de la Sarre de 1985 à 1998. Le chancelier Gerhard Schröder le nomme en 1998 ministre fédéral des Finances. Mais il en démissionne quatre mois plus tard en 1999 parce qu’il n’accepte pas le tournant néo-libéral de la sociale-démocratie. Après bien des péripéties politiques au cours desquelles il réclame la dissolution de l’euro, il parvient à fonder Die Linke qui réunit le PDS devenu le Parti de gauche et des anciens Allemands de l’Ouest rassemblés dans l’Alternative électorale travail et justice sociale. Sahra Wagenknecht incarne alors la figure du principal courant interne d’opposition, La Gauche anticapitaliste.

Screenshot 2023-07-02 at 13-13-18 Sahra Wagenknecht (@sahra_wagenknecht) Instagram.png

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Elle s’enflamme pour Podemos en Espagne et La France insoumise. Elle lorgne avec envie vers les Italiens du Mouvement Cinq Étoiles. En 2018, elle pose en gilet jaune devant l’entrée de la Chancellerie fédérale. Le milieu politico-médiatique allemand bien plus compassé qu’en France n’apprécie pas sa liberté de ton.

Ainsi, dès 2015, met-elle en garde ses amis de Die Linke sur l’ouverture inconsidérée des frontières. Elle estime en effet qu’« une frontière ouverte à tous, c’est naïf ». Elle veut néanmoins le maintien des conditions libérales d’accès au droit d’asile…

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En 1996, elle co-signe avec le journaliste Jürgen Elsässer, ancien militant de gauche rallié au national-conservatisme, Vorwärts und vergessen ? Ein Streit um Marx, Lenin, Ulbricht und die verzweifelte Aktualität des Kommunismus (« En avant et oublier ? Une dispute sur Marx, Lénine, Ulbricht et l'actualité désespérée du communisme »), une discussion argumentée sur le poids de l’héritage communiste dans la société allemande.

Hors de Die Linke, elle lance en 2020 un mouvement d’action publique Aufstehen (« Debout » ou « Se lever »), sans grand succès populaire. Un an plus tard paraît son essai, Die Selbstgerechten. Mein Gegenprogramm – für Gemeinsinn und Zusammenhalt qu’on peut traduire « Les bien-pensants. Mon contre-programme. Pour le sens de la communauté et la cohésion ». Dans la continuité de l’État économique fermé de Fichte, elle prône un État national fort, veut une limitation draconienne de l’immigration et qualifie de « pharisiens » Black Lives Matter et Fridays for Future (les grèves lycéennes du vendredi pour le climat lancées par la délicieuse Greta Thunberg). Elle critique une gauche multiculturaliste ultra-libérale progressiste.

Screenshot 2023-07-02 at 13-25-49 Sahra Wagenknecht (@sahra_wagenknecht) Instagram.png

S’élevant contre les sanctions qui s’abattent sur la Russie tant par intérêt socio-économique que par tropisme politique, Sahra Wagenknecht organise le 25 février 2023 un imposant rassemblement pacifiste devant la Porte de Brandebourg à Berlin. Elle bénéficie de l’aide d’Alice Schwarzer. Ancienne élève de Michel Foucault, rédactrice en chef du magazine EMMA, cette octogénaire est une fervente féministe universaliste qui pourfend la pornographie et la prostitution. Cette ardente pacifiste co-signe en 2010 un ouvrage qui attaque l’islamisme au nom des valeurs féministes occidentales.

Outre des pacifistes, des militants de Die Linke et des féministes, cette manifestation attire de nombreux sympathisants de l’AfD (le parti patriotique Alternative pour l’Allemagne). Quelques semaines plus tard, l’AfD invite Sahra Wagenknecht à la rejoindre. Le 10 juin dernier, la direction de Die Linke la somme de se démettre de son mandat de députée, ce qu’elle refuse, précisant l’absence constitutionnelle du mandat impératif.

Le microcosme politicien lui prête maintenant l’intention de fonder un nouveau parti qui pourrait selon les baromètres d’opinion obtenir près de 20% des suffrages aux dépens de Die Linke et, surtout, de l’AfD. Régulièrement interrogée sur son avenir, elle répète qu’elle pense plutôt à un engagement intellectuel sans toutefois exclure la moindre hypothèse politique.

Sera-t-elle l’ultime recours d’une caste qui assiste avec effroi à la croissance dans les intentions de vote de l’AfD ? Osera-t-elle au contraire se libérer des clivages conventionnels et se rapprocher de l’AfD afin de constituer un front de salut national et populaire ? On n’a pas fini de parler de Sahra Wagenknecht.

GF-T

  • « Vigie d’un monde en ébullition », n° 80, mise en ligne le 27 juin 2023 sur Radio Méridien Zéro.

samedi, 06 août 2022

Les partis établis s'indignent : Sahra Wagenknecht veut de la diplomatie au lieu d'une "guerre folle"

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Les partis établis s'indignent : Sahra Wagenknecht veut de la diplomatie au lieu d'une "guerre folle"

Source: https://zuerst.de/2022/08/04/etablierte-parteien-sind-emp...

Berlin . Sahra Wagenknecht, députée de gauche au Bundestag, est rarement à court de mots. Dans le contexte de la guerre en Ukraine, elle s'en prend souvent à la politique des partis établis. Aujourd'hui, elle fait à nouveau les gros titres suite à un message sur Twitter.

Son tweet a été déclenché par une information relative à la remise en service prévue d'une centrale à charbon sur ordre du ministre fédéral de l'économie Habeck (Verts). Elle a commenté : "La remise en service des centrales à charbon montre que le changement climatique était hier important pour les Verts. Aujourd'hui, la guerre folle contre la Russie est une priorité absolue pour l'ancien parti écologiste et même la seule solution raisonnable au conflit (diplomatie/négociations) est rejetée".

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Le fait que Sahra Wagenknecht prenne position en faveur de la diplomatie et des négociations avec la Russie suscite l'indignation des partis politiques établis. Ainsi, le député CDU Matthias Hauer écrit sur son site Internet : "Ce que Sahra Wagenknecht écrit sur Twitter est difficilement égalable en termes de folie". Wagenknecht pratique "l'inversion coupable-victime par excellence" et "la propagande pour les criminels de guerre".

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La députée SPD Derya Türk-Nachbauer a également réagi avec indignation : "La Russie a lancé une guerre d'agression brutale. Les villes ukrainiennes sont en ruines. Les écoles, les hôpitaux et les centres commerciaux ukrainiens sont bombardés. En Ukraine, des femmes, des enfants, des personnes âgées sont tués". Et Wagenknecht parle d'une "guerre folle contre la Russie". (rk)

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jeudi, 09 août 2018

Le mouvement AUFSTEHEN de Sahra Wagenknecht fait polémique

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Le mouvement AUFSTEHEN de Sahra Wagenknecht fait polémique: « l’ouverture des frontières désavantage les plus pauvres de nos concitoyens »

Sahra Wagenknecht, Présidente de la fraction LINKS (« La Gauche ») à la Diète fédérale allemande, vient de créer un nouveau mouvement rassembleur, AUFSTEHEN (Debout) ; elle entend proposer et imposer une nouvelle politique d’asile dans son parti et dans la société allemande. Dans un article rédigé spécialement pour la Nordwest-Zeitung d’Oldenbourg, elle a fustigé le « ressentiments » qui animerait les militants de l’AfD mais aussi et surtout, « cette morale générale qui entend promouvoir une culture de l’accueil sans frontières ». Elle écrit : « Une politique réaliste de gauche rejette ces deux exigences maximalistes ». Ce texte a été écrit en collaboration avec le dramaturge berlinois Bernd Stegemann, également membre du nouveau mouvement rassembleur.

Selon Wagenknecht et Stegemann, « les nombreux volontaires de la société civile qui s’occupent d’intégrer les réfugiés » devront recevoir toute l’aide nécessaire mais, par ailleurs, la gauche ne doit plus se laisser dicter sa conduite « par des bandes de passeurs criminels qui amènent des gens en Europe par des voies illégales ». Parce qu’elle a écrit cet article, et quelques autres de même teneur, Wagenknecht a essuyé de vives critiques dans les rangs de son propre parti.

On lui reproche notamment cette phrase : « Nous pensons que la fixation sur la thème des réfugiés est l’expression d’une colère qui s’est accumulée au fil du temps et provient de tous autres domaines de la vie quotidienne. Celui ou celle qui n’a plus que des contrats de travail à durée limitée, celui ou celle dont la retraite est trop chiche et dont les enfants ne peuvent plus recevoir une éducation scolaire décente parce que les écoles publiques vont à vau-l’eau et qu’il manque des professeurs, eh bien, tous ceux-là ont plein de raisons d’être furieux contre ‘ceux d’en haut’ ».

Dans un entretien accordé au Spiegel, elle s’est exprimée sans détour : « Les frontières ouvertes n’apportent que désavantages aux plus pauvres de nos concitoyens car ils n’auront jamais l’opportunité de s’en aller ailleurs. Nous combattons la pauvreté dans les pays en voie de développement mais cela n’est pas possible si nous importons en Europe leur classe moyenne ».

Ex: http://www.zuerst.de

jeudi, 02 juin 2016

German Left Party's Geopolitical Split