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samedi, 27 janvier 2007

Sur Rudolf Pannwitz

Robert STEUCKERS

Rudolf Pannwitz: «mort de la terre», imperium Europæum et conservation créatrice


L'idéalisme du philosophe et poète allemand Rudolf Pannwitz constitue pour l'essentiel une rupture avec les idéaux positivistes de la «Belle Epoque»: il rejette l'Etat, le mercantilisme, la révolution, l'argent, le capitalisme et le lucre. Pourquoi? Parce que le concours de toutes ces forces négatives conduit à la “mort de la Terre”. Devant ce pandemonium, l'homme du XXième siècle, écrit Pannwitz, doit poser l'“acte salvateur”, qui consiste à ne plus penser à son seul profit, à prendre conscience du danger que court son âme, à se rendre compte que l'histoire, en tant que jeu funeste, est toute relative, à vouer un culte mystique au Tout, au Cosmos.

Comment ce faisceau d'idéaux essentiellement poétiques a-t-il pu générer une idée d'Europe, surtout s'il rejette explicitement l'histoire? Et sur quels principes repose donc cette idée an-historique d'Europe? Elle repose sur une mystique et une pratique “telluriques”, où la Terre est le réceptacle du sacré, voire le Tabernacle du sacré. Ensuite, sur une critique de l'argent qui, par sa nature intrinsèquement vagabonde, arrache hommes et choses à la Terre, à leur lieu, m'arrache en tant que personne à mon lieu, au lieu où des forces qui me dépassent m'ont placé pour y jouer un rôle, y accomplir une mission.

Cette critique de l'argent vagabond s'accompagne d'un plaidoyer pour l'autarcie à tous les niveaux: domestique, communal, régional, impérial. Cette mystique tellurique et ce rejet radical du pan-vagabondage que généralise l'argent conduit à une vision pacifique de la politique et de l'Europe, qui est tout à la fois anti-nationaliste et napoléonienne, parce que l'aventure militaire napoléonienne a, par une sorte de ruse de l'histoire, éliminé de vieux antagonismes inter-européens, donc créer les conditions d'un imperium pacifique en Europe. Aux nationalismes qu'il juge bellogènes, Pannwitz oppose une vision continentale européenne pacifique et mystico-tellurique, opposée aux pratiques anglaises du libre-échangisme et du “divide ut impera” et au nationalisme allemand, auquel il reproche d'être né au moment où la Prusse se met au service de l'Angleterre pour combattre le projet continental napoléonien. Pannwitz, pourtant très allemand dans son tellurisme, reproche à la pensée allemande en général, de facture kantienne ou hégélienne, d'absoluiser les concepts, tout comme la Prusse a hissé au rang d'absolus les démarches de ses fonctionnaires et de ses administrateurs.

Selon Pannwitz, la renaissance culturelle de l'Europe passe nécessairement par une revalorisation des plus beaux legs du passé: l'Imperium Europæum sera cette Europe tournée vers la Beauté; il adviendra, pense Pannwitz, après la Grande Guerre civile européenne de 1914-18, où s'est perpétré le plus grand forfait de l'histoire des hommes: «le viol du corps sacré de la Terre».

L'Imperium Europæum ne pourra pas être un empire monolithique où habiterait l'union monstrueuse du vagabondage de l'argent (héritage anglais) et de la rigidité conceptuelle (héritage prussien). Cet Imperium Europæum sera pluri-perspectiviste: c'est là une voie que Pannwitz sait difficile, mais que l'Europe pourra suivre parce qu'elle est chargée d'histoire, parce qu'elle a accumulé un patrimoine culturel inégalé et incomparable. Cet Imperium Europæum sera écologique car il sera «le lieu d'accomplissement parfait du culte de la Terre, le champ où s'épanouit le pouvoir créateur de l'Homme et où se totalisent les plus hautes réalisations, dans la mesure et l'équilibre, au service de l'Homme. Cette Europe-là n'est pas essentiellement une puissance temporelle; elle est, la “balance de l'Olympe”».

La notion-clef de l'œuvre de Pannwitz est celle de “Terre” (Die Erde). Si la “Terre” est signe d'anti-transcendance chez Nietzsche, d'idylle dans la nature virginale, elle est aussi —et sur ce point Pannwitz insiste très fort— géopolitique substantielle. Quand on décrypte la vision critique de Pannwitz sur l'histoire européenne de son temps, on constate qu'il admet: 1) que l'Allemagne se soit dotée d'une flotte, sous la double action de l'Amiral Tirpitz et de l'Empereur Guillaume II, car cette flotte était destinée à protéger l'Europe du “mobilisme” économique et monétaire anglais (et américain) et n'était pas a priori un instrument de domination; 2) l'Europe est une “Terre de culture” qui en aucun cas ne peut être dominée par la Mer (ou par une puissance qui tire sa force d'une domination de l'espace maritime) ou par ses anciennes colonies qui procéderaient ainsi à une Gegenkolonisation. On comprend tout de suite que les Etats-Unis sont directement visés quand Pannwitz dénonce cette “contre-colonisation”; 3) les thalassocraties sont un danger sinon le danger car a) elles développent des pratiques politiques et économiques qui vident le sol de ses substances; b) elles imposent une fluidité qui dissoud les valeurs; c) elles sont des puissances du “non-être”, qui justement dissolvent l'Etre dans des relations et des relativités (remarques qui ont profondément influencé le Carl Schmitt de l'après-guerre qui écrivait dans son journal —édité sous le titre de Glossarium— que tout nos livres deviennent désormais des Logbücher, car le monde n'est plus terre mais océan, sans point d'ancrage possible, où tout quiconque arrête de se mouvoir coule); d) sous la domination des thalassocraties, tout devient “fonction” et même “fonctions de fonctionnement”; dans un tel contexte, les hommes sont constamment invités à fuir hors des concrétudes tangibles de la Terre.

Chez Pannwitz, comme chez le Schmitt d'après-guerre, la Terre est substance, gravité, intensité et cristallisation. L'Eau (et la mer) sont mobilités dissolvantes. “Continent”, dans cette géopolitique substantielle, signifie “substance” et l'Europe espérée par Pannwitz est la forme politique du culte de la Terre, elle est la dépositaire des cultures, issues de la glèbe, comme par définition et par force des choses toute culture est issue d'une glèbe.

L'état de l'Europe, à la suite de deux guerres mondiales ayant sanctionné la victoire de la Mer et de la mobilité incessante, postule une thérapie. Qui, bien entendu, est simultanément une démarche politique. Cette thérapie suggérée par Pannwitz demande: 1) de rétablir à tous niveaux le primat de la culture sur l'économie; 2) de promouvoir l'édification intérieure des hommes concrets (par une démarche qui s'appelle l'Einkehr, le retour à soi, à sa propre intériorité); 3) de lancer un appel à la “Guerre Sainte des Vivants” pour empêcher l'avènement de “Postumus”, figure emblématique de celui qui fuit l'histoire (réhabilitée par Pannwitz après 1945), qui capitule devant l'Autre (l'Américain), qui se résigne; 4) de donner enfin une forme à l'Homme qui, sans forme, se perd dans l'expansion conquérante et dans l'hyper-cinétisme de cette mobilité introduite puis imposée par les thalassocraties; sans forme, rappelle Pannwitz, l'homme se perd aussi dans les dédales d'une vie intérieure devenue incohérente (en ce sens notre poète-philosophe annonçait l'avènement d'un certain “New Age”).

Humanité et nationalisme

Pannwitz ne place aucun espoir dans l'«Humanité», c'est-à-dire dans une humanité qui serait homogénéisée à la suite d'un long processus d'unification mêlant coercition et eudémonisme. Il ne place pas davantage d'espoir dans un nationalisme qui signifierait repli sur soi, enfermement et répétition du même pour les mêmes. Le seul “nationalisme” qui trouve quelque grâce à ses yeux est celui de De Gaulle. Pour guérir l'Europe (et le monde) de ses maux, il faut créer des espaces de civilisation impériaux; la version européenne de cet espace de civilisation est l'«Imperium Europæum». Pour y parvenir, les élites vivant sur cet espace doivent pratiquer l'Einkehr, c'est-à-dire procéder à une «conservation créatrice»; de quoi s'agit-il? D'un plongeon dans le soi le plus profond, d'un retour aux racines. Les nations, les ethnies doivent aller au tréfond d'elles-mêmes. Car elles vont y découvrir des formes particulières, incomparables, intransmissibles, du sacré. Elles cultiveront ce sacré, offriront les créations de cette culture du sacré à leurs voisins, recevront celles que ceux-ci auront ciselées; les uns et les autres accepteront ces facettes diverses d'un même sacré fondamental, opèreront des “greffes goethéennes” pour obtenir en bout de parcours une Oberkultur der Kulturen.

Pannwitz était hostile au national-socialisme, héritier de ces formes de nationalisme allemand qu'il n'aimait pas. Mais il est resté discret sous le IIIième Reich. Il reprochait surtout au national-socialisme de ne pas être clair, d'être un fourre-tout idéologico-politique destiné surtout à acquérir des voix et à se maintenir au pouvoir. En 1933, Pannwitz quitte l'Académie Prussienne comme Ernst Jünger. Il choisit l'exil dans une splendide île dalmate, où il restera pendant toute la seconde guerre mondiale, sans subir aucune pression, ni des autorités occupantes italiennes, ni du nouveau pouvoir croate ni de l'administration militaire allemande; en 1948, il s'installe en Suisse. Pendant cet exil adriatique, il n'a pas formulé de critique charpentée du national-socialisme car, écrivait-il à l'un de ses nombreux correspondants, ce serait “perdre son temps”. En fait, en dépit de l'extrême cohérence de sa dialectique terre-mer, Pannwitz a été totalement incohérent quand il a jugé la politique européenne depuis son île dalmate. Il accumulait les contradictions quand il parlait de l'Angleterre puis des Etats-Unis dont il espérait la victoire contre les armes allemandes: par exemple, en pleine crise tchécoslovaque, il écrit que les Tchèques doivent s'appuyer sur les Anglais, mais à partir de septembre 1939, il répète que les Français sont “fous” de faire la politique des Anglais. Pourquoi les Tchèques auraient-ils été raisonnables de faire ce que les Français auraient eu la “folie” de faire quelques mois plus tard?

Il n'empêche: la dialectique terre-mer, que l'on retrouve solidement étayée dans l'œuvre de Carl Schmitt, demeure une matière de réflexion importante pour tous les européistes. De même, la nécessité de recourir aux tréfonds de soi-même, de pratiquer l'Einkehr.

Robert STEUCKERS.

(extrait d'une conférence prononcée lors de la 3ième université d'été de la FACE, juillet 1995).

Bibliographie:

- Rudolf PANNWITZ, Die Krisis der europäischen Kultur, Verlag Hans Carl, Nürnberg, 1947.

- Alfred GUTH, Rudolf Pannwitz. Un Européen, penseur et poète allemand en quête de totalité (1881-1969), Klincksieck, Paris, 1973.

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Het eurazisme volgens A. Doegin

Het eurazisme volgens Alexander Doegin

Frederik RANSON

Op 11 november 2005 was de geopolitieke denker Alexander Doegin te gast in Antwerpen ter ere van het colloquium “Welk Europa morgen?” van de nieuw-rechtse Delta-Stichting, uitgeefster van het tijdschrift TeKoS (Teksten, Kommentaren en Studies). Een goede gelegenheid om het complexe denken van de Rus eens onder de loep te nemen.

Biografie
Alexander Doegin (1962-) is de stichter-voorzitter van de Internationale Beweging voor Eurzië en van het Centrum voor Geopolitieke Studies die het blad Elementy (Elementen) uitgeeft. Zijn vader was KGB-agent en zijn moeder arts. Sinds het einde van de jaren ’70 onderhield hij goede contacten met de kring van traditionalisten in zijn geboortestad Moskou. Die traditionalisten kantten zich zowel tegen het kapitalistische Westen als tegen het communistische Oosten, omdat ze die in hun egalitarisme en materialisme als elkaars gelijke beschouwen. Een groot deel van zijn tijd besteedde hij toen aan het vertalen van de werken van Julius Evola (1898-1974), René Guénon (1886-1951) en Ernst Jünger (1895-1998). In het begin van de jaren ’80 moest hij zijn ingenieursstudies opgeven nadat de KGB bij hem thuis verboden literatuur had aangetroffen. De perestrojka vanaf 1985 liet hem echter toe zijn eigen werk eerst onder een schuilnaam en later onder zijn eigen naam uit te geven.
Na de val van het communisme trad het ultraliberalistische Jeltsin-bewind (1991-‘99) aan. Het was een tijdperk van geïnstitutionaliseerde corruptie die een nieuwe elite aan de macht bracht: de “zeven bankiers” of de “joodse oligarchen”[1]. Die oligarchen zijn schatrijk geworden door de plundering van geprivatiseerde staatsbedrijven. De alcoholicus Boris Jeltsin (1931-) was bovendien een gewillige marionet van zijn geslepen “raadgevers”. Het Jeltsin-bewind dat Rusland zowel op binnenlands als op buitenlands vlak vernederde, maakte van Doegin een politieke activist. Oud-vice-president (1991-‘93) en couppleger Alexander Roetskoj (1945-) noemt het Jeltsin-bewind een “economische genocide”. Doegin vergelijkt het met de Duitse Weimar-republiek. Hij stichtte daarom met Edward Limonov[2] (1943-) in 1992 het Nationaal-Bolsjevistisch Front dat in 1993 de Nationaal-Bolsjevistische Partij (NBP) zou worden. Hij was van mening dat de uitersten ter linker- en ter rechterzijde moesten verenigd worden in een radicale antisysteembeweging, zoniet zouden ze elkaar opheffen ten voordele van het systeem. Het Russische nationaal-bolsjevisme is eigenlijk ontstaan onder het Brezjnev-bewind (1964-’82). Het onderscheid tussen establishment- en anti-establishmentnationalisme was toen trouwens niet altijd even duidelijk. In 1992 ontmoette hij ook delegaties van de nieuw-rechtse Groupement de Recherche et d’Etudes pour la Civilisation Européenne (GRECE) en het nationaal-revolutionaire Front Européen de Liberation (FEL).
In 1998 zei Doegin het nationaal-bolsjevisme en de politiek vaarwel en stortte zich op het eurazisme en de metapolitiek. Zijn behendigheid met allerhande media (pers, internet, radio, televisie) leverde hem al gauw de bijnaam “dj van de metafysica” op. In 1999 stichtte hij het Centrum voor Geopolitieke Studies, verbonden aan de Doema. In hetzelfde jaar zou hij zich laten dopen bij de oudgelovigen, een schismatieke strekking van de Russisch-orthodoxe Kerk. In 2001 stichtte hij de beweging Evrazia die zich in 2002 omvormde tot een partij. In hetzelfde jaar behaalde Doegin zijn doctoraat in de wetenschapsgeschiedenis en in 2004 zijn tweede in de politieke wetenschappen. In 2003 trad Evrazia naar de kiezer als deel van het nationalistische blok Rodina (Moederland). Rodina haalde 9% van de stemmen. Niettemin is Doegins bekommernis niet de partijpolitiek, maar de metapolitiek: het verspreiden van het eurazisme en het vormen van een nieuwe elite. In 2003 vormde hij daarom Evrazia om tot de Internationale Eurazië Beweging die ondertussen vertegenwoordigers in 22 landen heeft.
Invloeden
Het werk Heartland Theory van Sir Halford John Mackinder (1861-1947) is een eerste uitgangspunt van Doegin. Doegin deelt diens omgevingsdeterminisme, zo blijkt uit zijn antwoord op de vraag naar de demografische ontwikkelingen in Rusland[3]. Een tweede uitgangspunt is het traditionalisme[4] van Guénon en Evola en de Russische kritiek erop. Verwant met het traditionalisme zijn de hermetische politiek die stelt dat geestelijke krachten de wereld leiden en de heilige aardrijkskunde die zich uit in metaforisch taalgebruik dat op het eerste gezicht nogal zweverig overkomt. Op zijn lezing van 11 november was van esoterisme “gelukkig” niet veel te merken. Een derde uitgangspunt is het werk van Carl Schmitt (1888-1985) – en bij uitbreiding de Conservatieve Revolutie – over de eeuwige strijd tussen een Leviathan en een Behemoth, tussen Aarde en Zee, tussen landmachten (tellurocratieën) en zeemachten (thalassocratieën). Doegin hoedt zich ervoor die strijd moralistisch (Goed tegen Kwaad) op te vatten. Een vierde uitgangspunt is uiteraard het werk van Karl Haushofer (1869-1946), wiens “geo-economische gordels” hij overneemt (zie kaartjes). Een vijfde uitgangspunt is uiteraard het werk van de eerste Russische eurazisten die op hun beurt beïnvloed werden door de Conservatieve Revolutie.
Eurazië was volgens de Brit Mackinder een world island (wereldeiland) met Oost-Europa als het heartland (hartland). Wie heerst over het hartland, heerst dus over het wereldeiland. Zijn grote vrees was dat Eurazië tot een voor de “zeewolven” onbeheersbare “landwolf” zou uitgroeien. De Amerikanen namen later die zienswijze over van de Britten (cf. de Brzezinski-doctrine en haar New Silk Route). Na twee wereldoorlogen was het VK immers niet langer de leidende thalassocratie. Het was ook Mackinder die de strategie van containment en cordon sanitaire bedacht had tegen Rusland. Die strategie hield in dat toenadering tussen Rusland en Duitsland moest voorkomen worden. Rusland moest daarom afgesneden worden van zijn ijsvrije zeeën. Ook mocht het niet langer het alleenrecht op zijn binnenzeeën hebben. Oost-Europa moest gebalkaniseerd worden. Indië en Perzië moesten in de Britse invloedszone blijven. Na de Tweede Wereldoorlog zou de Amerikaanse strategie zich concentreren op de rimlands of randlanden, waar defensieve allianties (bijv. NAVO) de Amerikaanse macht moesten verzekeren. In de jaren 1990 zouden zelfs islamisten gesteund worden tegen de Russen in Afghanistan, de Balkan en de Kaukasus.
Heel wat Duitse diplomaten en geopolitici die het Duitse isolement wilden doorbreken na de Eerste Wereldoorlog waren zich terdege bewust van die strategie om Duitsland en Rusland klein te houden. Een Duits-Russisch bondgenootschap klonk hen als muziek in de oren. Een dergelijk bondgenootschap tegen een wereldorde geschoeid op leest van de Angelsaksische thalassocratie en haar kapitalisme bleef dus niet beperkt tot de meest pro-Russische strekkingen binnen de Conservatieve Revolutie: de nationaal-revolutionairen en de nationaal-bolsjevisten. Die laatsten waren ondanks hun naam niet geïnteresseerd in de theorie van het marxisme. Zij dweepten met Russische deugden zoals met Pruisische deugden. Zij geloofden (naïef) in een communisme dat als het ware een nieuwe “uitdrukking” was van die Russische deugden. “Pour Moeller van den Bruck, le soviétisme n’est qu’un habit, qui revêt, momentanément, une Russie illibérale qui ne peut se trahir. Cette idée revient à l’avant-plan dans le sillage de mai 68: en Occident, les derniers restes de bienséance traditionnelle, les institutions qui reflètent le fond ontologique de l’homme, sont battus en brèche par la nouvelle idéologie, alors qu’au même moment, en Union Soviétique, on assiste à un retour à de nouvelles formes de slavophilie traditionnelle”[5].
De originaliteit van Doegins werk schuilt in zijn stelling dat het communisme na de verstoting van de “atlanto-trotskisten” een soort “weg van de linkerhand” [6] werd. Een ogenschijnlijk antitraditionele kracht zoals het communisme kan een actieve en positieve kracht verbergen die ongemerkt in de zin van de Traditie kan werken, i.c. de zin van het Oosten en de Aarde. Met andere woorden de rijksbelangen van Rusland blijven dezelfde, ongeacht of het land communistisch dan wel tsaristisch is. De USSR had niet de bedoeling imperialistisch te zijn buiten haar historische invloedszone, zoals ook de recente vrijgave van archiefstukken lijkt te bewijzen. Zo weigerde Stalin de Griekse communisten – buiten de Russische invloedszone – te steunen in de Griekse Burgeroorlog (1945-‘49).
Ex Oriente lux
Het eurazisme ontstond na de Oktoberrevolutie (1917) in kringen van de Witte bannelingen uit Rusland. Het uitgangspunt is dat Eurazië of Rusland een continent op zich is, ontstaan grosso modo uit de versmelting van Fins-Oegrische, Slavische en Turkse elementen. Rusland is door die versmelting een “derde continent” tussen Oost en West. Het Oosten (Eurazië) is als het ware het eeuwige Rome, het Westen (Amerika en Europa) het eeuwige Carthago. De eurazisten noemden zich “rood noch wit” (Stepanov), maar zagen tegelijk het communisme als een voortzetting van de Russische rijksgedachte. De thalassocratische Angelsaksische beschaving werd afgedaan als protestants, kapitalistisch en dus als radicaal tegengesteld aan de tellurocratische Russisch-Euraziatische beschaving. Die laatste is orthodox, islamitisch, boeddhistisch en socialistisch.
Volgens Mackinder wordt de Europese geschiedenis gekenmerkt door schismata tussen Oost en West: van het Romeinse Rijk (395), van de Kerk (1054) enz. De val van Constantinopel (1453) zou uiteindelijk Moskou tot het “Derde Rome” maken en een Russisch superioriteitsgevoel voeden. De Germanen werden gekerstend door de Romeinen, de Slaven door de Grieken. De Rooms-Germanen kozen later voor de verovering van de zee, de Grieks-Russen voor de verovering van de steppe. Nog volgens Mackinder heeft het communisme van het Oosten zijn voedingsbodem in de collectieve beleving van het geloof, terwijl het kapitalisme van het Westen zijn voedingsbodem heeft in de individuele beleving ervan. Het katholicisme en het protestantisme werden door de eerste eurazisten over dezelfde kam geschoren. Doegin echter noemde Europa op het colloquium van 11 november een “zusterbeschaving”. Continentaal Europa wordt door de neo-eurazisten als neutraal beschouwd en kan onder bepaalde voorwaarden een bondgenoot van Eurazië zijn tegen Amerika. Russisch superioriteitsgevoel werd ook gevoed door barones von Krüdener (1764-1824) die tsaar Alexander I (1777-1825) mee had beïnvloed om de Heilig Alliantie op te richten na het Verdrag van Wenen (1815). “In tal van brieven aan de tsaar hield barones von Krüdener hem voor dat de Russen het heilige volk waren dat niet uit de kelk van de zonde (Franse encyclopedisten) had gedronken. De tsaar had als uitverkorene Gods een goddelijke roeping te vervullen”[7]. De Heilige Alliantie verenigde de vorsten van de drie continentale machten in een reactionair blok dat de erfenis van de Franse Revolutie deels pragmatisch, deels repressief moest ongedaan maken. De lutherse, katholieke en orthodoxe vorsten van Europa – Frederik-Wilhelm III van Pruisen, Frans II van Oostenrijk en Alexander I van Rusland – zagen zich als “Afgevaardigden van de Voorzienigheid” met als roeping de drie takken van “eenzelfde familie” te regeren.
De ontwikkeling van het eurazisme
Het cultureel-juridisch-politieke triumviraat van het eurazisme wordt gevormd door resp. Nikolaj Troebetskoj (1890-1938), Nikolaj Aleksejev (1879-1964) en Pjotr Savitski (1895-1965). Twee kernbegrippen van het eurazisme zijn demotia en ideocratie. Demotia betekent organische democratie, “deelname van het volk aan zijn lot” (Moeller van den Bruck) maar dan op Russische wijze. Het neo-eurazisme verwerpt elk economisch, filosofisch of ideologisch messianisme dat geen rekening houdt met de cultuurhistorische context van een bepaald maatschappijmodel. Ideocratie staat voor een sterke staat, een doelmatige economie en een sterk leger ten dienste van een leidende idee. Het neo-eurazisme onderzoekt ook de oorzaken van de historische mislukkingen van de Sovjet-Russische, de Israëlische en de islamitische ideocratieën. Het is tot het besluit gekomen dat het communisme o.a. te “anorganisch” was. De Oktoberrevolutie was echter een noodzakelijke revolutie van de “nationale massa” tegen de “pro-westerse elite” en het geopolitieke herstel van de Moskouse lijn (15de -17de eeuw).
In de jaren 1985-’90 was het eurazisme of neo-eurazisme rechts-conservatief te noemen en uitte het scherpe kritiek op linkse ideologieën. In de jaren 1991-’93 werd het communisme echter herzien en de USSR geherwaardeerd in de geest van het nationaal-bolsjevisme en het linkse eurazisme. In de jaren 1994-’98 werd het eurazisme theoretisch verder uitgewerkt. Ook werd er rechtstreeks of onrechtstreeks naar verwezen in de partijprogramma’s van de Communistische Partij (KPFR), de Liberaal-democratische Partij (LDPR) en Nieuw Democratisch Rusland (NDR). Het eurazisme werd ook op de korrel genomen door Russische nationalisten, religieuze fundamentalisten en orthodoxe communisten. In academische kringen vond aanvankelijke een gematigd en later een radicaler eurazisme ingang. In 2001-’02 sloten zich enkele joden en moslims aan bij de Beweging Eurazië. Die laatste behoorden tot de Tataarse en Tsjetsjeense minderheden. Russische nationalisten van de strekking Pamjat (Herinnering) verwijten Doegin daarom onwil om het zionisme te bestrijden, evenals kosmopolitisme.Een eerste kenmerk van Doegins eurazisme is dat het zoals het amerikanisme geen grondgebonden verschijnsel is[8]. Wie zich aan de kant schaart van het “multipolaire globalisme”, schaart zich aan de kant van Eurazië. Wie zich aan de kant schaart van het “unipolaire globalisme”, schaart zich aan de kant van Amerika. Pluralisme in de ruimste zin van het woord is een tweede kenmerk. Het gaat echter niet om het “pluralisme” dat in ons land diezelfde vieze en valse bijsmaak heeft als “diversiteit”. Het gaat niet om “pluralisme” of “diversiteit” ten dienste van de melting pot, maar om een etnisch pluralisme dat het verlies van één identiteit als een verlies voor de gehele mensheid beschouwt. Pluralisme dat stelt dat er geen ideologische of economische blauwdrukken bestaan – los van tijd en ruimte – voor alle volkeren.
Ook niet de liberale democratie of de vrije markt. Conflictvoorkoming in een pluriversum kan volgens Doegin het best door een organisatie van de wereld in natuurlijke “strategische centra” (bijv. Rusland voor Eurazië) enerzijds, bestaande uit “grote ruimten” of “democratische rijken” (bijv. Rusland) anderzijds[9]. Niettemin blijft etnisch pluralisme of etnisch zelfbeschikkingsrecht het uitgangspunt van alles.
Bedreigingen voor Rusland
“Pour Douguine, Poutine avance toutefois trop lentement: il n’est pas assez ferme contre les oligarques, il ne cherche pas à créer une élite alternative mentalement bien structurée, prête à prendre les rênes du pouvoir et à barrer la route à tous les charlatans sans cervelle et sans tripes que manipulent les services américains via les révolutions colorées, rose ou orange. Le risque de cette faiblesse chronique est de voir la Russie exposée à une menace orange en 2008, lors des prochaines présidentielles. Autre danger: la reconstitution tacite d’un cordon sanitaire autour de la Russie et la création d’antagonismes de pure fabrication pour susciter des conflits permanents, retardateurs, à l’intérieur même de l’espace eurasiatique, qui doit s’unir s’il veut rester libre”[10].
 
Doegin ziet Vladimir Poetin (1952-) als de president van het minste kwaad. Hij heeft een einde gemaakt aan de economische en vooral de morele crisis waarin de corrupte oligarchen zijn land hebben gesleurd. “Poetin heeft een einde gemaakt aan het klimaat van algemene straffeloosheid”, zei hij op het colloquium van 11 november. Hij heeft ook de Russisch-orthodoxe Kerk gerehabiliteerd. Doegin verwijt hem echter zijn bondgenoten te hebben laten vallen in Georgië (Edvard Sjevernadze) en in Oekraïne (Viktor Janoekovitsj). Hij heeft ook nog te weinig gedaan om te voorkomen dat de oligarchen vanuit het buitenland – gesteund door de VSA – opnieuw de macht zouden overnemen. Tot slot blijft de vreemde inmenging onder de vorm van religieus fundamentalisme nog steeds een groot gevaar (bijv. wahabisme uit Saoedi-Arabië, evangelisch protestantisme uit de VSA).
 
Besluit
Doegins eurazisme is nieuw door de inbreng van het nationaal-bolsjevisme dat het sovjetcommunisme als een “compagnon de route” van de Russische rijksgedachte beschouwd. De Russen zien zich graag als een grote federator. Het nationaal-bolsjevisme kan m.i. echter niet veralgemeend worden buiten zijn context: het Duitsland van de jaren 1930 of het Rusland van de jaren 1990. Het marxisme van West-Europa (Mei ’68, Frankfurter Schule) is een veel geraffineerdere freudiaanse of trotskistische variant. Het marxisme van de culturele en seksuele revolutie enerzijds en van de “permanente revolutie”, het internationalisme en het multiculturalisme anderzijds. 
Doegin bekritiseert ook de traditionalisten en meer bepaald Evola’s Koude-oorlogsdenken en zijn onbegrip ten aanzien van het Slavische element in Eurazië[11]. De VSA was volgens Evola het minste kwaad tijdens de Koude Oorlog. Het kapitalisme noemde hij de “opstand van de derde stand” (handelaars) die onvermijdelijk het communisme of de “opstand van de vierde stand” (arbeiders) zou inluiden. De geschiedenis heeft echter aangetoond dat het communisme geen eindfase hoeft te zijn. Doegin keert echter diezelfde stelling om door de “derde stand” met de arbeider en het communisme en de “vierde stand” met de handelaar en het kapitalisme te vereenzelvigen. Dat verklaart zijn antikapitalisme en zijn antiamerikanisme. Dat verklaart ook waarom hij een “rechtse” ethiek aan een “linkse” economie verbindt, maar zeker geen “linkse” ethiek aan een “rechtse” economie.
Doegins belangrijkste bijdrage aan de geopolitiek is dat hij haar een traditionalistisch aspect heeft meegegeven, daar waar ze anders zuiver strategisch en opportunistisch zou zijn. Zijn Internationale Eurazië Beweging hoedt zich ook voor het esoterisme en het sektarisme dat onder traditionalisten dikwijls bestaat. Ze omschrijft haar Weltanschauung zelf als “Euraziatisch postmodernisme”. “Eurasian postmodernism (…) promotes an alliance of tradition and modernism as a constructive, optimistic, energetic impulse towards creation and growth”[12]. Tot slot zou ik stellen – los van het eurazisme – dat  het heil van Europa uit Rusland zal moeten komen. De Russen zijn thans wat de Germanen in de nadagen van het Romeinse Rijk waren. Frederik Ranson
Stud. rer. pol.
Scriptor NSV!-Gent
 

 



Noten
[1] oli·gar·chie (de ~ (v.), ~ën): regering van slechts weinig personen die behoren tot de bevoorrechte klasse (Van Dale). Het begrip heeft dus niets te maken met oliemaatschappijen als Yukos.
[2] Limonov is op zijn zachtst gezegd een dubieuze figuur. Doegin noemt hem een “vampier” die niets van het nationaal-bolsjevisme snapt en jongeren misbruikt voor diens eigen schrijverscarrière. Limonov pleit nu voor een “oranje revolutie” tegen Poetin.
[3] “Hoezeer ik ook gruwel van een Chinees of islamitisch Rusland, het verandert niets aan de rijksbelangen van Rusland”.
[4] Evola schrijft het consequent met een hoofdletter, omdat Traditionalisme zich niet zoals traditionalisme beperkt tot één religieuze traditie. Het Traditionalisme gaat uit twee fundamentele beschavingstypes: de “moderne wereld” en de “traditionele wereld”. Bij Doegin neemt de “moderne wereld” de vorm aan van “Atlantis” en de “traditionele wereld” die van “Eurazië”. Kritische noot: hoewel Evola en Guénon zich in theorie beroepen op de Hyperboreale of Noordse Traditie, putten ze in de praktijk vooral uit de Oosterse tradities.
[5] STEUCKERS, R. Anti-américanisme et paneuropéanisme (1/3). 21 september 2004. 

 

http://be.altermedia.info/culture/anti-amricanisme-et-paneuropanisme-13_2049.html. Geraadpleegd op 5 mei.

[6] Dat begrip wordt in de Indische traditie gebruikt om de verhouding van het “linkse” of onorthodoxe tantrisme tot het “rechtse” of orthodoxe hindoeïsme mee te benoemen
[7] Van de Meersche, P. Internationale politiek 1815-1945. Overzicht en interpretaties. Leuven/Leusden, Acco, 2001, p. 23.
[8] “It might be said that Eurasism is the philosophy of multipolar globalization, calling to the union of all societies and peoples on earth to build an original and authentic world, every component of which organically derives from historical traditions and local cultures”.
DOEGIN, A. The Eurasian Vision. Basic Principles of the eurasist doctrinal platform. 14 september 2001.
http://www.eurasia.com.ru/eurasist_vision.html. Geraadpleegd op 6 mei.
[9] Hij ziet voor Europa dezelfde rol weggelegd in “Euro-Afrika” als voor Rusland in Eurazië. Utopisch? Ik denk het wel.
[10] Synergies Européennes, Les positions philosophiques de l’Alexandre Douguine. November 2005. 

 

http://be.altermedia.info/politique/les-positions-philosophiques-dalexandre-douguine_3858.html. Geraadpleegd op 5 mei.

[11] DOEGIN, A. Julius Evola et traditionalisme russe.
http://www.geocities.com/capitolhill/6824/evolrus.htm. Geraadpleegd op 6 mei.
[12] DOEGIN, A. The Eurasian Idea. 3 augustus 2004.
 http://evrazia.org/modules.php?name=News&file=article&sid=1884. Geraadpleegd op 5 mei. 

 

Bibliografie
 
Doegin, A. Julius Evola et traditionalisme russe.
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Doegin, A. The Eurasian Vision. Basic Principles of the eurasist doctrinal platform. 14 september 2001.

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Doegin, A. The Eurasian Idea. 3 augustus 2004.
http://evrazia.org/modules.php?name=News&file=article&sid=1884
. Geraadpleegd op 5 mei. InSudok, informatie- en dokumentatiecentrum over de (voormalige) Sovjet-Unie. 1995.
http://www.stelling.nl/kleintje/ussr. Geraadpleegd op 8 mei.
                Maertens, I. Alexandre Douguine, L’Eurasie et nous. 9 april 2006.
http://be.altermedia.info/politique/alexandre-douguine-leurasie-et-nous_4593.html. Geraadpleegd op 5 mei.
                Steuckers, R. Halford John Mackinder (1861-1947). 1991.
http://foster.20megsfree.com/173.htm. Geraadpleegd op 5 mei.
                Steuckers, R. Anti-américanisme et paneuropéanisme (1/3). 21 september 2004.
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Synergies Européennes, Les positions philosophiques de l’Alexandre Douguine. November 2005.
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Van De Meersche, P. Internationale politiek 1815-1945. Overzicht en interpretaties. Leuven/Leusden, Acco, 2001.
Verschuren, S. Gerrits, A. Jansen, M. Nationalisme in Europa en de Sovjetunie. Emancipatie of onderdrukking in een nieuw gewaad. Amsterdam, Van Gennep, 1991.
Wikipedia, Alexandre Douguine.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Douguine. Geraadpleegd op 5 mei.

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De Duitse "Burschenschaften"

Vormingsavond met Patrick Verbraecken

De Burschenschaften was de eerste politieke studentenbeweging. Maar als men van student spreekt dan heeft men ook een instelling nodig waaraan deze kunnen studeren. Daarom eerst een korte geschiedenis van de universiteiten.
De eerste universiteit die kon voldoen aan de normen die men in gedachte heeft voor een universiteit was die van Uppsula te Zweden, opgericht in 700 N.C. De tweede universiteit was de universiteit te Salamanca, opgericht in 1222. Zelfs in onze tijd kennen wij nog het restant van deze universiteit dat overgebleven is nl. de melodie “La cucaracha”, een melodie gebaseerd op een oud studentenlied. De derde oudste onderwijsinstelling is die van Bologna, maar deze specialiseerde zich vooral op de rechtsfaculteit. De allereerste universiteit die zich echt bezig hield met alle faculteiten was die van Frankrijk: de Sorbonne, opgericht rond 1300.
Het is vanaf 1300 dat de universiteiten bijna overal uit de grond schieten en er een snelle vermeerdering komt van deze instellingen:
                                     1348                Eerste Duitse universiteit te Praag
                                     1364                Krakau
                                     1386                Heidelberg
                                     1388                Keulen
                                     +/- 1400          Leuven
Tot zover de geschiedenis van de universiteiten.
 

Het is te Bologna dat ons verhaal begint. Aan deze universiteit had men twee soorten studenten: zij die kwamen van aan de zuidkant van de Alpen en zij die kwamen van aan de noordkant van de Alpen, dit zijn onze Teutoonse gewesten. Het is omdat er door deze Germaanse studenten veel gereisd werd dat de Duitse Keizer Frederik Barbarossa een speciaal statuut voor studenten heeft uitgevaardigd. Studenten mochten, bij wijze van zelfverdediging, een wapen dragen, een voorrecht dat voorheen enkel voor de adel en de soldaten gold. Later kregen de studenten een apart juridisch statuut zodat ze niet meer door de burgerlijke rechtbank gevonnist konden worden, maar enkel door de Rechterlijke Macht van de universiteiten zelf.
De leefwijze van de studenten in de Middeleeuwen verschilde niet veel van die van een hond. Ze huurden een huis waar men met veertig tot zestig studenten verbleef, inclusief de professoren. Deze laatsten doceerden daar ook. Het was een gemeenschap dat de vage karaktertrekken had van een commune. Men had een gemeenschappelijke beurs en de nieuwelingen, of schachten, konden alles wat ze van thuis meekregen van geld afgeven aan deze gemeenschappelijke beurs. Er ontstaat ook een ander verschijnsel: het bejaniseren. Dit is het voor schut zetten en het leegzuigen van de schachten. Na een jaar behoren ze echter zelf tot de ouderen en kunnen zij op hun beurt nieuwe schachten leegzuigen. Wanneer de beurs leeg was, gingen de studenten en hun professoren op rooftocht. Uiteraard namen de burgers dat niet en wanneer ze het na de zoveelste rooftocht beu waren, vielen de burgers op hun beurt de studenten aan. Hieruit spruit het studentenlied “Burschen heraus!” voort. Bij een tegenaanval riepen de studenten “Burschen heraus” uit waardoor de commune wist dat ze zich moesten bewapenen.
 

Wanneer de studenten dan eindelijk afgestudeerd waren, kregen ze van de adel minderwaardig werk omdat ze in hun ogen niet meer waren dan burgerjongens met een papiertje. Het is daarom dat de studenten vaak werden ingezet op het gebied van beheer.
De structuur van deze gemeenschappen van omstreeks 1300 was gebaseerd op identiteit: etnisch, soort, cultureel, nationaliteit,…
Verder waren er twee soorten van studenten: zij die lid waren van Burschas, de studentenverenigingen; en de vaganten, de bewapende en rondtrekkende studenten. Een voorbeeld van de vaganten kan men vandaag nog terugvinden in de opera “Carmina Burana” van Karl Orff. Dit zijn eigenlijk studentenliederen van de vaganten.
De Landsmannschaften, dit zijn ook de studentenbewegingen, waren niet aanwezig rond de universiteit van Leuven, in tegenstelling tot de universiteiten van de rest van Europa. Een gevolg hiervan is dat er in Leuven andere tradities bestonden dan in de rest van Europa. Jef van den Eynde was uiteindelijk de man die het studentenleven onder studentenbewegingen in Leuven leven inblies.
 

In 1770 ontstonden aan de universiteit van Guttingen de Studentische Orden, die qua gedachtengoed nauw verwant waren aan de loges, maar dit is niet bedoeld in de zin van de Loge van het Grootoosten. Daarna ontstonden er in Jena vriendschapsbanden tussen studenten dankzij het Ordekruis, een verwijzing naar de Studentische Orden van 1770. Vervolgens waren er de unitisten die door de overheden verboden waren en moesten communiceren via geheimschrift. Het was hierdoor dat in 1783 voor de eerste keer de zirkel ontstond. De zirkel bestaat uit de letter VFC, wat zoveel wil zeggen als Vivat Fratres Coniuncti.     
 

Eind 18° eeuw ontstonden de eerste kapitalisten die de universiteiten subsidies voor studenten gingen geven. Dit hield in dat ze gewoonweg de universiteit opkochten. De studenten gaven daarom feesten voor hun mecenas, Landesvaten genoemd.
Er ontstond zoiets als “Academische Gerichtsbarkeit”. Dit was het afscheiden van de burgers door het beginnen dragen van petten, linten, uniformen, etc. Deze kledij haalde de inspiratie bij de Poolse uniformen, er was namelijk een voorkeur voor gouden tinten. Deze Gerichtsbarkeit hield een volledige assimilatie in. Je moest niet denken als een student, maar je moest een student zijn. De wetten van de studenten werden allemaal neergeschreven in het “Comment”. Het “Comment” bevatte een reeks voorschriften die de studenten moesten toepassen in hun dagelijkse leven. Zo had men een zwaard-groet-ritueel en het gewone duelleren. Er was bij dit duelleren ook een verschil tussen de studenten. Zo hielden de Romaanse studenten op met duelleren wanneer er bloed vloeide. De Germaanse studenten duelleerden met slagwapens en richtten daarbij op de schedel van de tegenstander. Er was echter steeds een dokter aanwezig voor het geval er toch wonden moesten gehecht worden, dit werd zonder verdoving gedaan.
Sinds de Franse revolutie zijn de Burschenschaften een katalysator van denkmanieren. Enerzijds hanteerde men het onderscheidende criterium IQ (“Die Gedanken sind frei”) en wou men het feodaal stelsel omverwerpen door onder andere linten te dragen, iets wat een adellijke bijbetekenis heeft.
Later volgeden de Napoleontische Oorlogen. Na de slag in Leipizig wou men een toegeving doen aan de “kaste” die het IQ van de maatschappij droeg. In Oostenrijk riep von Metternich de studenten op om zich te melden voor het vormen van een Vrijkorps. Als beloning voor het vechten zouden ze daarna inspraak krijgen in de maatschappij en politiek. Er vormden zich Vrijkorpsen zoals de “Freiheit von Lutshof”. Dit Vrijkorps had zwarte uniformen bedekt met rood en goud. Ze hadden een rode vlag met een zwarte rand en in het midden gouden eiken-bladeren. Het is door toedoen van deze Vrijkorpsen dat Napoleon werd verslagen. Von Metternich zei achteraf dat de toegevingen indien voldaan aan zijn eisen om een Vrijkorps te vormen een verzinsel was en dat de studenten dus geen enkele inspraak zouden krijgen. Om hun kameraden die tijdens deze oorlogen gestorven zijn te eren, ontstaat het IJzeren Kruis als gedenkteken en herkenningsteken voor zij die nog leven.
Omdat ze hun politieke eisen wilden doordrukken kwamen de studenten samen in een herberg te Eisenach in 1817 en eisten ze een nieuw staatsbestel. Deze eis staat bekend onder de naam “Erste Beansprechung der Demokratie”. De toenmalige regering wou de Burschenschaften afschaffen en wanneer er een Russische spion onder hen vermoord werd, eiste von Metternich de vervolging van de studentenbeweging.
Het gevolg was dat de hele intellectuele beweging vervolgd werd en velen moesten op de vlucht, onder hen enkele bekenden als Beethoven en Wagner. Een ander persoon is Haze. Deze man heeft vier dagen ondervraging doorstaan door op elke vraag over zijn mede-studenten te antwoorden: “Mein Name ist Haze. Ich weiss von nichts”. Vandaar de bekende spreuk.
Naast de studentenbeweging bestonden er ook scholierenverenigingen, de Pedaliën. Deze scholierenverenigingen droegen naar het voorbeeld van de Burschenschaften houten wapens, petten en uniformen.
 

Vanaaf 1848 dat er confessionele studentenbewegingen ontstaan zoals die door Jef van den Eynde opgestart werd te Leuven.
Het doel van de Burschenschaften is uitgebreid?
In de eerste plaats betekent aangesloten zijn bij een studentenbeweging dat men kleur bekent. Een lint dragen is kleur bekennen. En als men de kleuren van de club aanvalt dan valt men de persoon die ze draagt ook aan. Vandaar dat men Bestimmungsmensuren hield. Dit waren duels tussen studenten van wie de kleuren beledigd waren. De allereerste Bestimmungsmensur is gewonnen door niemand minder dan Friedrich Nietzsche.
Op de tweede plaats dient de Burschenschaft om de studenten en oud-studenten structureel bij elkaar te houden en met elkaar te verbinden. Zowel op het studentikoze gebied als op het financiële gebied.
Op de derde en laatste plaats waren de Burschenschaften een antwoord op de “revolutie” van 1830. Ze dienen als tegenantwoord op de verfransing van Europa en vechten voor een Germaans Europa. 
 

Verslag opgetekend door
Yannick Goossens v/o Jokke II

Scriptor NSV!-Antwerpen 2006-2007

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Sur Guy Debord

Hommage à Guy Debord : à propos d'une réédition

par Pascal Garnier

Le fondateur de l'Internationale Situationiste qui se donnait pour but rien de moins que de “renverser le monde” s'est donné la mort à l'automne dernier. Nous, qui partageons avec lui cette même haine du système, devons accorder notre attention à Guy Debord qui a su bâtir une œuvre délibérément en dehors des sentiers battus. Fait paradoxal, alors qu'il a passé son temps à dénoncer le système, on n'a jamais autant parlé de lui que maintenant: réédition de ses livres, articles de presse, émissions de télévision et de radio... Il n'aurait sans doute jamais imaginé un pareil posthume tapage médiatique autour de sa personne. Bref Guy Debord intrigue. Justement au moment même ou le système médiatique semble donner quelques signes d'essoufflement (baisse de l'audience de la télévision) et ou celui-ci semble s'entrouvrir bien malgré lui aux idées politiquement incorrectes (voir l'affaire Garaudy et ses rebondissements avec l'Abbé Pierre), les éditions Folio ont eu l'idée opportune de rééditer son œuvre la plus connue qui a précédé les évènements de mai 1968: La société du spectacle. Ce livre d'une densité extrême a eu le mérite de faire figure d'anticipateur.

Dans un premier temps, il s'ouvre sur une critique du système médiatique dont, pour nous, il est primordial de dénoncer la perversité puisqu'il est: “la justification totale du systême existant” que nous combattons, “devenu en soit conception du monde”. L'émergence de ce type de société a été permise par la première phase de l'économisme qui a favorisé la dégradation de l'être en avoir, la deuxième phase étant l'aboutissement de celle-ci par le glissement généralisé de l'avoir en paraître. Cet ordre s'est établi et perdure grâce à “une reconstruction matérielle de l'illusion religieuse” ou le peuple se complet dans un désir de dormir, “le spectacle étant le gardien de ce sommeil”, “monologue élogieux de l'ordre présent”, univers doux et aseptisé du grand hospice occidental où l'histoire se retire comme d'une marée dont on a peur. D'ailleurs, les développements sur les rapports entre religion et conception de l'histoire rejoignent les analyses d'un Cioran, celui d'Histoire et utopie, laissant entrevoir un capitalisme unifié mondialement, régulé par les média, le village global de MacLuhan en quelque sorte.

Cette fin de l'histoire annoncé par Fukuyama permettrait à ces foules solitaires de se contenter de suivre éternellement sur leurs écrans: “les fausses luttes des formes spectaculaires du pouvoir”, l'alternance programmée entre la gauche et la droite pour ne citer qu'un seul exemple ainsi que d'avoir “le faux choix de l'abondance par la juxtaposition de spectacles concurrentiels et solidaires”: Arthur, Dechavanne et Delarue pour aller au plus simple.

Les autres formes d'évolution sociales n'ont été selon Debord permises que par l'émergence de cette société du spectacle. Celles-ci encouragent au sein de nos sociétés la primauté de l'économique sur le politique, la supériorité du quantitatif sur le qualitatif, le fétichisme de la marchandise, l'atomisation de la société, notamment grâce à une technologie omniprésente isolant le sujet sur sa machine (thème repris par la suite par des gens comme Baudrillard ou Faye), l'existence, à côté d'un capitalisme sauvage, d'un socialisme bureaucratique et policier qui aboutit à une prolétarisation du monde. De la sorte, nous aboutissons à une nouvelle forme d'organisation sociale, la nôtre, individualiste et égalitariste, où le boom du tertiaire et de la communication mène à “la logique du travail en usine qui s'applique à une grande partie des services et des professions intellectuelles”. Cet univers concentrationnaire de la tertiarisation, version moderne de la mine (mais une mine propre) permet un renforcement de la société capitaliste. Et ceci en acceptant qu'une part croissante de la population soit sous-employée et en tolérant ce que Guy Debord nomme “une nouvelle forme de lutte spontanée: la criminalité”. Tous ces processus depuis 30 ans se sont largement amplifiés.

Aussi, cette critique de notre société qui se veut de gauche, par bien des aspects, fait penser aux conclusions d'un Guénon ou d'un Evola. Notons cependant parfois une phraséologie marxiste qui semble céder à la mode de son époque (nous sommes dans les années 60) et qui paraît désuète aujourd'hui. Sachons également qu'il existe dans ce texte un oubli de taille: la dénonciation de la destruction de l'environnement qui elle, interviendra un peu plus tard dans Commentaires de la société du spectacle. Insistons également sur un fait où l'auteur se trompe (et c'est sans doute ce qui rend un caractère si pessimiste à son œuvre), c'est sa vision fausse de la paysannerie, qui est pour lui l'“inébranlable base du despotisme oriental”. Ce n'est sans doute pas une quelconque révolution prolétarienne (à laquelle Debord ne croit d'ailleurs justement pas) mais au contraire un réenracinement dans les valeurs immémoriales et universelles du sang et du sol que les hommes trouveront leur salut et leur épanouissement. Sans doute le fils nanti d'industriels cannois n'a-t-il pas eu l'occasion de découvrir les milieux simples des gens enracinés. Nous comprenons son mépris pour son milieu d'origine et pour la vaste poubelle parisienne où il a passé le plus clair de son existence. Sa critique du système est très lucide mais nous, nous proposons une vraie alternative aux échappatoires alcooliques des bistrots parisiens où il s'est abîmé. C'est celle du réenracinement du Maître des abeilles de Henri Vincenot, de L'Eveil de la glèbe  de Knut Hamsun ou du monde artisanal de La gerbe d'or  d'Henri Béraud.

Mais cela n'enlève rien à la pertinence de Debord dans les 221 paragraphes biens distincts de son texte: dans sa préface, datant de juin 1992, il parle ainsi des déçus de mai 1968: «Les pires dupes de cette époque ont pu apprendre depuis, par les déconvenues de toute leur existence ce que signifiait la "négation de la vie qui est devenue visible", "la perte de la qualité" liée à la forme-marchandise et la prolétarisation du monde». Sûr de lui jusqu'au bout, il écrit: «Une telle théorie n'a pas à être changée, aussi longtemps que n'auront pas été délimitées les conditions générales de la longue période de l'histoire que cette théorie a été la première à definir avec exactitude». Il n'y a rien à ajouter.

Pascal GARNIER.

Guy DEBORD, La société du spectacle, Folio n° 2788, mars 1996., 27 FF.

 

 

 

 

 

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