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samedi, 12 novembre 2016

Pierre Manent et Natacha Polony: La France post-Charlie

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Pierre Manent et Natacha Polony: La France post-Charlie

Ex: http://lenouveaucenacle.fr

Réflexions sur la France post-Charlie après lecture des essais de Pierre Manent, Situation de la France, Desclée de Brouwer, septembre 2015, et de Natacha Polony, Nous sommes la France, Plon, octobre 2015.

 « Sous le nom de marché mondial, nous avons construit un système d’action que l’on ne peut mieux décrire que comme une Providence artificielle : à la fois la seule chose que nous puissions faire, et le mieux que nous puissions faire, c’est de répondre avec docilité aux indications du marché mondial, chacune d’elles ayant pour elle la force surhumaine du Tout et son autorité. » – Pierre Manent, op. cit.

« Refonder l’école pour revivifier la République.Et revivifier la République pour éviter que la Nation ne se délite. Tel est aujourd’hui le défi qui s’impose à nous. D’abord parce que la remise en cause progressive du pacte républicain à travers la destruction de l’école, le creusement des inégalités, l’éradication de toute forme de méritocratie au profit de la pétrification d’élites oublieuses de leurs devoirs, tout cela ressemble à un nuage de grêle flottant au-dessus du pays et annonçant la catastrophe. » – Natacha Polony, op. cit.

Manent, partant du constat que les attentats de janvier ont été perpétrés pour « venger le prophète » et analysant les réactions consécutives (notamment celles, diverses, des musulmans, divers eux aussi), propose un contrat au groupe social musulman.

Cet automne 2015 ont paru deux essais de qualité sur la France post-Charlie, avec analyses pertinentes et propositions iconoclastes à la clé. Intellectuel majuscule, loin des élucubrations outrées d’une grande partie des intellos médiatiques, Pierre Manent redonne ses lettres de noblesse à la figure décriée, dans notre démocratie de marché, de l’intellectuel, ce frein au business is everything. Manent constate, analyse, propose, questionne, doute. Il n’impose pas de pensée pré-mâchée, au contraire : la lecture de Manent dérange, interroge les certitudes, incite à réfléchir, oblige à l’introspection et à la remise en question… Situation de la France est un essai de haut vol, écrit pour être lu – entendez par là que Pierre Manent ne jargonise pas pour « faire intellectuel », il s’adresse à tous. Le propos de cet essai est fondamental dans le débat public qui nous occupe aujourd’hui. Les attentats de janvier 2015 ont cruellement révélé le délitement de la Nation et mis en avant la problématique de la place de l’islam en France : personne ne peut nier qu’un fossé s’est creusé entre une large partie du groupe social musulman et le reste de la population française ; personne ne peut nier que depuis 1945, rarement la Nation a été aussi divisée, malmenée de l’intérieur, soumise aux feux croisés de ceux qui – communautaristes, mondialistes alter ou non, européïstes[1], libéraux-libertaires… – veulent l’amoindrir à défaut de ne pouvoir la liquider purement et simplement. Manent, partant du constat que les attentats de janvier ont été perpétrés pour « venger le prophète » et analysant les réactions consécutives (notamment celles, diverses, des musulmans, divers eux aussi), propose un contrat au groupe social musulman (qu’il ne baptise pas communauté), leur concédant de conserver l’essentiel de leurs mœurs en échange d’un investissement réel dans la vie de la Nation et du respect des principes fondamentaux de la République.

La question de l’école

Dans un genre différent, la journaliste Natacha Polony revient sur les attentats des 7 et 9 janvier 2015, en recherche les causes profondes, analyse la manifestation du 11 janvier… Après avoir constaté et démontré le déni de réalité de la part de nos élites, à commencer par nos dirigeants, elle propose un état des lieux, une généalogie de ce qui a conduit la France dans cette situation dégradée, et esquisse des solutions fondées sur le retour à la Nation, entendue comme un legs riche du passé et un présent commun, partageant des valeurs et une volonté de progresser ensemble. C’est le seul cadre de la démocratie réelle. Polony se base sur la revalorisation de l’école républicaine pour transmettre cet héritage nécessaire à tout un chacun, au-delà de son origine, pour se sentir Français. Moins iconoclaste et plus attendu de la part d’une journaliste ayant quasi-quotidiennement la parole dans de grands médias nationaux, Nous sommes la France n’en est pas moins un essai intéressant en ce qu’il propose de se baser sur ce qui fait rêver de la France pour restaurer son identité, sa Nation, sa démocratie. On est loin du retour en arrière que ne manqueront pas de dénoncer les professionnels des « heures sombres de notre histoire » sans même avoir lu l’ouvrage.

Chacun à sa manière, Polony et Manent constatent cet abandon de l’État par les élites politiques, économiques, médiatiques.

Autant l’annoncer d’emblée, si la lecture de Pierre Manent a été stimulante et passionnante, nous sommes plus sensibles au propos de Natacha Polony. Manent constate que l’Etat souverain a atteint ses limites, abandonné le spirituel et l’éducation. Il est devenu incapable de comprendre le fait religieux, se bornant à invoquer une laïcité brandie comme un totem, devenue caduque par son impossibilité selon l’essayiste. L’abandon de la transcendance (la Nation pour Polony, le spirituel pour Manent) et de l’éducation sont flagrants. De fait, l’État en France est décrié, délégitimé, par les actes de ses représentants mêmes, ceux qui depuis quarante ans se sont attachés avec autant d’hypocrisie que de zèle à le vider de son sens : soumission au marché via l’Union européenne au lieu de l’Europe des Nations voulue par de Gaulle, abaissement volontaire du niveau scolaire pour faire de parfaits consommateurs-producteurs stupides et manipulables, destruction de l’histoire, de la géographie et de la Nation pour obtenir des êtres parfaitement interchangeables et déracinés, n’étant plus en mesure de se défendre contre les voraces sans visage inféodés au Saint-Fric mondialisé, seul maître de nos dirigeants de gauche comme de droite aujourd’hui. Bien entendu, tout cela s’est fait en tenant le discours exactement inverse.

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Chacun à sa manière, Polony et Manent constatent cet abandon de l’État par les élites politiques, économiques, médiatiques. En revanche, si nous partageons le constat que l’État est devenu incapable de comprendre le fait religieux, la religion ayant été remplacée par le marché et la course sans fin aux droits individuels, il nous semble, avec Polony, que la laïcité est la solution, et non comme le pense Manent, qu’elle devenue illusoire, voire impossible.

La fin d’une communauté de destin

Pour nous, le problème ne se situe pas essentiellement dans la différence de culture entre l’islam et la France, mais dans l’abandon de l’assimilation républicaine et dans le rejet idéologique de la Nation telle que l’entendait Renan. Cette communauté de destin fondée sur des valeurs partagées, un héritage commun et la volonté de construire ensemble a été sacrifiée au nom des droits de l’homme et de la concurrence libre et non-faussée. La traduction dans les faits, nous l’avons évoquée plus haut et dans d’autres articles : abandon de l’exigence, du mérite, de l’éducation, substitution de l’égalité par l’égalitarisme, adoption en douce du modèle communautariste anglo-saxon au nom des droits de l’homme et en prônant l’unité indivisible de la France… La somme de ces abandons, de ces mensonges et de ces lâchetés est, bien plus que le souvenir de la colonisation ou de l’esclavage exploité à des fins idéologiques, la raison réelle de la difficulté de certains de nos compatriotes musulmans à trouver leur place.

La démocratie se fondant sur la distinction entre vie privée et vie publique, chacun est libre de conserver ses traditions et ses rites dans son cadre intime.

Sauf à considérer que le musulman est ontologiquement incompatible avec la France, ce qui est pour le moins réducteur. La France est un pays multi-ethnique, mais ce n’est pas un pays multiculturel. La République est laïque, la France est chrétienne, pour reprendre les mots du Général de Gaulle ; ce qui n’a jamais empêché la France d’accueillir des Juifs, des athées, des musulmans… Le principe qui doit nous guider est celui de l’hospitalité pour les immigrés légaux (à Rome, fais comme les Romains) et celui de l’assimilation républicaine pour les Français d’origine étrangère (seul principe qui leur évitera d’être renvoyés en permanence à leurs origines et qui permet de préserver la cohésion nationale). La démocratie se fondant sur la distinction entre vie privée et vie publique, chacun est libre de conserver ses traditions et ses rites dans son cadre intime. En revanche, la discrétion est de mise en public. Raciste me diront Médiapart, Libération, l’Obs et tutti quanti ? Alors quid de l’Arabie saoudite ? Des États-Unis ? De la Chine ? Du Japon ? Natacha Polony le montre dans son essai, l’assimilation républicaine ne détruit en rien les identités propres de chacun, elle les respecte et les laisse s’exprimer dans la mesure du respect de la loi (qui, rappelons-le, n’est pas en France l’imposition par la force d’une volonté dictatoriale à des populations faibles, mais le fruit du vote démocratique, c’est-à-dire de la volonté du peuple souverain – ou de ce qu’il en reste aujourd’hui). Cela implique effectivement que dans l’espace public, on s’empêche, comme dirait Camus (Albert, pas Renaud). Cela étant, personne – pas même les sectateurs de la liberté des femmes de porter niqab – ne se choque de cette concession faite à la société en ce qui concerne les naturistes…

Pierre Manent face à la République

C’est pourquoi lorsque Pierre Manent propose d’autoriser franchement les mœurs musulmanes, à l’exception sine qua non du voile intégral et de la polygamie, nous ne pouvons pas être en accord. Cela signerait la fin de la République une et indivisible, démocratique, sociale et laïque telle que définie par la constitution. La proposition de Manent est-elle pour autant scandaleuse ? Elle le serait si elle était le fruit d’une lâcheté ou d’une soumission, or tel n’est pas le propos de l’essayiste. Partant du constat que « c’est la réalité même qui s’est déjà rendue largement indépendante de l’ordre politique légitime – de la République ou de la laïcité », il établit que « l’institution politique légitime, telle que nous la comprenons, n’est pas en état d’opérer ce que nous attendons d’elle. Cela ne signifie pas que l’on renonce à la République, moins encore que l’on souhaite l’abolir, cela signifie plutôt que l’on cherche les moyens de ranimer l’intention du projet républicain dans ce que celui-ci a de plus essentiel, de la ranimer dans des circonstances où la forme qu’il a prise depuis deux siècles a épuisé ses vertus »[2].

C’est, depuis Giscard, la trahison des politocards qui est en marche.

Compte-tenu de cela, il serait irresponsable de ne pas réfléchir à une solution. Cependant, il nous semble que ce n’est pas le cadre politique légitime qui est en crise. C’est jeter le bébé avec l’eau du bain. Ce n’est pas le verre qui est sale, mais bien le pastis qui est frelaté. Le problème est le personnel politique dont les qualités intellectuelles, morales, patriotiques, démocratiques ne cessent de se dégrader depuis le décès de Pompidou. C’est, depuis Giscard, la trahison des politocards qui est en marche. Depuis lors, les « élites » politiciennes de gauche comme de droite et dans leur majorité ont décidé que la France était un petit pays et qu’il fallait se fondre dans la globalisation, se soumettre au marché, se renier pour survivre. La classe politicienne est le problème, pas la République ou la laïcité. Ses intérêts n’épousent ni l’intérêt général, ni le respect des choix démocratiques du peuple. Preuve en est la frilosité incroyable manifestée par les parlementaires quand il s’agit de connaître leurs sources de revenus (i. e. pour prévenir les conflits d’intérêts) : c’est la ruée contre ce populisme qui voudrait savoir pour qui roulent réellement les élus ! Si les politiciens servaient la France au lieu de se servir de la France, cette question n’intéresserait personne.

accommodements-raisonnables.jpgManent se garde bien de postuler une ontologie du musulman, comme il l’écrit : « il ne s’agit pas de postuler une essence immuable de l’islam, seulement de reconnaître son existence et pour ainsi dire sa consistance (…). Notre régime politique et nos mœurs nous incitent à ramener les masses spirituelles aux individus qui les composent, mais enfin, aussi désireux que nous soyons de ne voir partout que des sujets titulaires de droits et des individus cherchant leur intérêt, nous nous heurtons à quelques grands faits collectifs qui sont déterminants pour la vie du monde. Nous nous y heurtons chaque jour davantage. Qui a peur du scandale trébuchera sur la pierre du scandale »[3]. Par ailleurs, il constate avec raison la négligence des gouvernants quant aux masses spirituelles, aveuglés qu’ils sont par l’individualisme libéral-libertaire du toujours plus de droits. Toutefois, sa réponse ne nous paraît pas souhaitable. Si nous sommes d’accord pour dire que les humiliations sont vexatoires et inutiles, autoriser les menus confessionnels, les horaires réservés et autres « accommodements raisonnables » comme on dit dans la Belle Province revient à rompre de fait l’égalité républicaine (rien à voir avec l’égalitarisme socialiste). Le groupe social musulman est composé de citoyens égaux en dignité et en droits aux autres. Il n’a pas a bénéficier de règlements spécifiques. D’une part, la population musulmane en métropole n’en a jamais eu besoin avant la lâcheté de Jospin en 1989, quand ce dernier s’est défaussé devant l’entrisme intégriste à Creil, et d’autre part, étant de peuplement récent en France (majoritairement arrivée à partir du regroupement familial dans les années 1970), elle doit s’adapter au pays qui l’accueille et dont elle a choisi de prendre la nationalité.

Le peuple français est un peuple hospitalier pourvu qu’on le respecte dans son identité et ses choix démocratiques.

Cela implique la liberté complète d’expression, que Manent invite à rétablir, et notamment la liberté de caricaturer Mahomet et de critiquer l’islam ; cela implique l’égalité homme/femme ; cela implique l’acceptation de l’apostasie et des mariages exogènes. Comme le disait le Général de Gaulle, « Si une communauté n’est pas acceptée, c’est qu’elle ne donne pas de bons produits, sinon elle est admise sans problème. Si elle se plaint de racisme à son égard, c’est qu’elle est porteuse de désordre. Quand elle ne fournit que du bien, tout le monde lui ouvre les bras ». Le peuple français est un peuple hospitalier pourvu qu’on le respecte dans son identité et ses choix démocratiques. Cela n’en fait pas un peuple raciste, xénophobe, racialiste ou que sais-je encore… C’est juste un peuple qui a une identité, une histoire, une géographie communes et qui entend être respecté pour ce qu’il est, comme n’importe quel peuple. La proposition de Manent ne nous semble pas souhaitable pour toutes ces raisons. En revanche, il serait bon d’entendre Pierre Manent pour restaurer la République et la laïcité. Son analyse de la situation est très pertinente, et même nécessaire pour comprendre les problèmes, préalable à toute solution. Manent a raison quand il écrit que « l’affaiblissement politique et spirituel de la nation en Europe est sans doute le fait majeur de notre temps » (p.123). De même, il a raison sur le fait que « si l’islam s’étend et se consolide dans un espace dépourvu de forme politique, ou dans lequel toutes les formes du commun sont livrées à la critique rongeuse des droits individuels devenus la source exclusive de toute légitimité, alors il n’y a guère plus d’autre avenir pour l’Europe qu’une islamisation par défaut » (p.124).

La faute à l’État ?

Si la vigueur de l’islam dans le monde et l’intrusion d’un certain islam en France expliquent en partie les difficultés que peuvent éprouver un certain nombre de musulmans en France, il faut reconnaître que depuis la loi Haby, les gouvernements successifs ont tout fait pour que ni eux ni personne ne puisse se sentir Français. Natacha Polony le montre bien : l’abandon de la langue, de l’histoire, de la géographie, les perpétuels renvois idéologiques à l’esclavage, la colonisation, aux « heures les plus sombres de notre histoire » interdisent l’assimilation républicaine. La France en perte d’identité est faible du fait de l’abandon de ce qu’elle est imposé par ses dirigeants au nom des droits de l’homme et du cours de la bourse. On ne s’intègre pas à un pays ou à une culture faibles, on ne s’y assimile pas. Au mieux, on y cohabite, chaque communauté scrutant l’autre en chiens de faïence ; au pire on l’efface.

L’abandon de l’État-Nation comme cadre naturel de l’exercice démocratique et l’abandon de l’éducation au profit du mondialisme et du pédagogogisme ont conduit in fine à la situation dans laquelle nous sommes.

Sans identité, pas d’âme, pas de projet, pas de fierté à vivre ensemble dans une même Nation, pas d’intégration, pas d’assimilation, pas d’hospitalité. L’abandon de l’État-Nation comme cadre naturel de l’exercice démocratique et l’abandon de l’éducation au profit du mondialisme et du pédagogogisme ont conduit in fine à la situation dans laquelle nous sommes. Il est à craindre que les attentats se multiplient, renforçant la méfiance entre le groupe social musulman et le reste de la population, suscitant les haines et attisant les peurs. C’est le résultat de 40 années d’abandon de la France et de son peuple par ses élites. La solution, Natacha Polony la propose : retrouver ce qui fait la fierté de la France en se basant sur ce qui l’a fait envier dans le monde. À partir de là, restaurer l’État-Nation démocratique et légitime, et restaurer l’éducation. Les perspectives pour 2017 nous laissent pessimiste sur une résolution démocratique et pacifique de cette crise majeure d’identité.

Le Librairtaire

[1]Nous entendons par le barbarisme européïstes les sectateurs de l’Union européenne telle qu’elle s’exprime dans ses dérives anti-démocratique, ultra-libérale, anti-historique, dont Junker, avec son fameux « il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens ».

[2]Pierre Manent, op. cit., p. 58.

[3]Pierre Manent, op. cit., pp. 62-63.

The Ancient Spiritual Roots Of Russophobia

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The Ancient Spiritual Roots Of Russophobia

Ex: http://thesaker.is

This article was written for the Unz Review: http://www.unz.com/tsaker/the-ancient-spiritual-roots-of-...

Introduction

The term “russophobia” (the hatred and/or fear of things Russian) has become rather popular in the recent years, courtesy of the anti-Russian hysteria of the AngloZionist Empire, but this is hardly a new concept. In his seminal book “Russie-Occident – une guerre de mille ans: La russophobie de Charlemagne à la Crise Ukrainienne” (“The West vs Russia – a thousand year long war: russophobia from Charlemange to the Ukrainian Crisis”) which I recently reviewed here, Guy Mettan places the roots of russophobia as early as the times of Charlemagne. How could that be? That would mean that russophobia predates the birth of Russia by a full two centuries? And yet, Mettan is correct, although even he does not paint the full picture.

What I propose to do today is not to discuss modern russophobia which has numerous causes and forms, but to look far back into history for the ancient spiritual roots of this relatively modern phenomenon.

My thesis will probably trigger even more condescending smirks, expression of outrage and accusations of bigotry and racism than usual. That is fine. In fact, I will welcome them as a visceral reaction to what I propose to uncover below. One glaring weakness of my argument will be that I won’t bother presenting numerous sources as evidence for my assertions. Not only am I not writing an academic paper here, I simply don’t have the time and space needed to substantiate all my claims. Still, all the facts and claims I make below are easily verifiable for anybody with an Internet connection. My goal today is not to convince the naysayers, but to offer a few hopefully useful pointers to those seeking to connect the dots and see the full picture. This being, said, let’s now go far back in time.

A 2000 year old dispute

Those who believe that the Romans crucified Christ better stop reading here and go back to the comfort of ignorance. Those who have actually read the New Testament or, for that matter, the basic Judaic texts on this topic, know that Christ was accused and executed for the crime of blasphemy: He claimed to be the Son of God, the Son of Man (a messianic title), the messiah announced by the prophets and that He was God: “Verily, verily, I say unto you, Before Abraham was, I AM” (John 8:58) (this “I AM” is a direct reference to Exodus 3:14). This claim is what split the Jewish people into those who accepted Christ’s claims and believed Him and those who did not. What is interesting here, is the view which the Jews who did accept Christ had of those Jews who did not. As we all know, Saint John the Theologian wrote the famous words “I know the blasphemy of them which say they are Jews, and are not, but are the synagogue of Satan” (Rev 2:9). And Christ Himself said “If ye were Abraham’s children, ye would do the works of Abraham” (John 8:39). What we see here is the basis for a claim which was first made in the Apostolic times and which was later fully endorsed and further developed by the Church Fathers: those Jews who rejected Christ thereby lost their “Jewishness” and the “new Jews” are the Christians, regardless of ethnicity, which now have become the new “chosen people”. In our modern times of hyper-political correctness and generalized “ecumenical dialogs of love”, Christians are mostly ignorant of theses facts and, when they are, they dare not mention them in public. At a time when Popes declare that Jews are their “older brothers”, that they need not accept Christ and that Christians and Jews are awaiting the same 2nd coming of Christ, saying that Christianity denies Jews their very Jewish identity is definitely “mauvais ton”. But before the 20th century, this Christian claim that modern “Jews” were not really Jews anymore was common knowledge, both amongst Christians and amongst Jews.

[Sidebar: as I explained it in some details here, modern “Judaism” is not the religion of “Abraham, Isaac and Jacob” but the religion of Maimonides, Karo and Luria and has its roots in the teachings of the sect of the Pharisees, the Talmud and the Kabbalah. The closest modern heir to Christ-rejecting Jews of the times of Christ would be the Karaite sect. Modern “Judaism” really ought to be called “Phariseic Talmudism”. For a traditional Patristic look at Phariseic Talmudism, please see here and here]

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Conversely, Judaic teaching about Christ are not sympathetic either. A quick read of the Toldot Yeshu or, for that matter, the passages about Christ in the Talmud, will convince anyone in need of convincing that the Pharisees’ hatred for Christ was not satiated with His crucifixion. And lest anybody think that this is all racist drivel by blue-eyed Nazis, here is a good article on this topic from Ha’artez corroborating it all.

Nowadays an uninformed observer might erroneously conclude that there is a big love-fest between Judaics and Christians, but to the extend that this is true, this is solely due to the fact that most modern Christians and Judaics have long ceased to believe, think and act in accordance to their own traditions. The reality is that for traditional Christians, modern Judaics are fallen, lapsed, people who have failed to live up to their election by God and who now are determined to take by force what had been promised to them by God. For traditional Judaics, Christians are idolaters of the worst kind, as they worship a blaspheming magician, born of a promiscuous hairdresser and a Roman legionnaire, who was justly executed for his crimes and who now forever is confined to hell where he boils in excrements. And lest anybody believe that this hostility is only a matter of a long gone past, I would add that while the Judaics are still waiting for as their messiah, the Christian consensus patrum indicates that this Judaic messiah will be the very same person whom Christ and the Apostles called the Antichrist.

Why does all this matter? It matters because at the very core of it all is the claim that Gentiles have replaced Jews as the chosen people of God, that Christians are the “new Jews” and that modern day Jews are simply not Jews at all, not only because most of them are more Khazarian than Jewish, but because their faith, traditions and beliefs are not the ones of the ancient Jewish people as described in the Old Testament. In other words, Christianity says that Jews are not Jews.

A 1000 year old dispute

Western history books usually say that Rome was sacked in 410 and fell in 476. The former is true, but the latter is completely false as it conflates the city of Rome and the Roman Empire. Only the city of Rome and the western Roman Empire came to an end in the 5th century, but that very same Roman Empire continued to exist in the East for a full 1000 years (!), until the 1453 when the Ottomans finally captured the city of Constantinople. In fact, the imperial capital of the Roman Empire had been moved from Rome to the city of Constantinople, the “New Rome”, by the Emperor Constantine in 320. Thus, the Rome which, at various times, Visigoths, Vandals and Ostrogoths sacked was no longer the capital of the Roman Empire.

These two crucial dates, 476 and 1453, are often used to mark the beginning and the end of the Middle-Ages (along with other dates between the 5th and the 15th century). And since I am setting up the crucial dates for my argument, I will add another one here: 1054, the “official” date for the so-called “Great Schism” between, on one hand, Rome (the city) and, on the other, the other four Patriarchates founded by the Apostles: the Patriarchates of Alexandria, Antioch, Jerusalem, and Constantinople.

At this point, things get complicated and a halfway decent explanation of what really took place would require no less than 100 pages, including a discussion of dogmatic theology, culture, sociology and, of course, politics. The best I can provide at this point are a few bullet-point style sentences summarizing what happened:

The Franks, especially Charlemagne, decided that they would re-create the Roman Empire. To be truly Romans, the Franks also wanted to make their own, original, contribution to Christian theology. They did so by making an addition to the so-called “Symbol of Faith”, or “Credo” in Latin, a text which summarizes the key Christian beliefs. Furthermore, since they were now occupying Rome, the former imperial capital of the Empire, the Franks felt that they were in control of the spiritual capital of the Christian world and that, therefore, the rest of the Christian world ought to accept the primacy of the bishop of Rome – called the “Pope” – and his right to impose a new dogma on the entire Christian world. Following roughly 200 years of tensions between the (Frankish-occupied) Rome and the (still free) eastern Roman Empire the final separation took place in 1054 when the Pope excommunicated the Patriarch of Constantinople who then returned him the favor. What is important for our purposes is this: not only did the Frankish invasion of Rome mark the end of the Roman civilization in the West, it also cut-off the western world from the Roman Empire which continued to exist for another ten centuries. The process of severance between the two parts of the Empire began in the 5th century following the fall of the city of Rome and continued throughout the following centuries. During the 10th century, Rome suffered during the so-called dark ages (saeculum obscurum) and the so-called the “Rule of the Harlots” (pornokratia). At a time when the Roman Empire in the east was almost at the apex of its glory, the Franks were indulging in an orgy of destruction and corruption which completely changed the face of the western part of the European continent and completely severed the vital cultural and spiritual ties which had kept the Roman Empire together in the past centuries.

During the following 1000 years while the Roman Empire continued its existence in the East, the European Middle-Ages slowly and painfully gave birth to a new civilization, the West European civilization, which really took its first mature shape during the Renaissance with it’s re-discovery of the ancient Greek and Roman world. Whatever form this so-called “re-discovery” took, it is a fact that the 1000 years of the Middle-Ages separate modern western civilization from the Roman civilization and that modern Europe was born not of the Romans, but of the Franks. The (Orthodox) East, however, has never known any “Middle-Ages” and has maintained a cultural and religious continuity to the ancient Christian world and the Roman Empire.

rusofob_pic32.jpgIn the West, the so-called “Roman Catholic Church” (another misnomer – there is nothing Roman or “catholic” – meaning “universal” – about the Papacy as it is Frankish and local) likes to present itself as the original Church whose roots and traditions go back to the Apostolic times. This is simply false. The reality is that the religion which calls itself “Roman Catholic” is a relatively new religion, younger than Islam by several centuries, which was born in the 11th century of a rejection of the key tenets of the 1000 year long Christian faith. Furthermore, from the moment of its birth, this religion has embarked on an endless cycle of innovations including the 19th century (!) dogmas of the Papal infallibility and the Immaculate Conception. Far from being conservative or traditionalists, the Latins have always been rabid innovators and modernists.

Nowadays there are many Christian denominations out there, but only the Orthodox Churches can testify to the fact that the Frankish local Church is neither Roman, nor Catholic, that it’s roots are not in the Apostolic times, but in the (dark) Middle-Ages and that far from being a heir to the 2000 year old faith “which the Lord gave, was preached by the Apostles, and was preserved by the Fathers” to use the words of Saint Athanasios, the Latin faith is nothing but a collection of deviations from the original Christian faith.

The feared and hated witness

Now we see a pattern here. Both for the Judaics and for the Latins, the Orthodox Christians are the only witnesses out there who can (and do!) openly challenge not only their legitimacy, but their very identity. From an Orthodox perspective (and here I am referring to the traditional, Patristic, point of view) modern Jews are not Jews and the Catholics are not catholic. In both cases, we are dealing with very successful frauds, but frauds nonetheless. Orthodox Christians believe that they, and they alone, are both the real Jews and the real Catholics. Modern Jews are nothing but Pharisees while Latins are simply heretics. Jews were called to be the Chosen People while Rome used to be recognized as the “first amongst equals” by the other Patriarchates. Alas, in both cases a tragic fall from grace occurred in a manner reminiscent of Lucifer’s fall from Heaven (“How art thou fallen from heaven, O Lucifer, son of the morning!” Isa 14:12). And to those who would say that such a claim is preposterous, Orthodox Christians would simply point at the immense corpus of Patristic writings which has always supported that claim. The only option for somebody rejecting this claim is to reject Christianity itself.

My argument here is not a historical or theological one. Regardless of whether one accepts or not the Orthodox view of modern “Judaism” and “Roman Catholicism” – it is certain that both Judaics and Latin were quite aware of this view (there were plenty of polemical texts written over the centuries by all sides to this dispute) and that this challenge to their very legitimacy and identity was perceived as a monumental affront and, when supported by an immense and powerful empire like the Russian one, a mortal enemy which had to be either conquered or eliminated.

[Sidebar: Islam. It is interesting to note here that Orthodox Christianity, which Muslims called “Rum” as in Rome, in no way challenges the legitimacy or identity of Islam. While Islam and Christianity have plenty of irreconcilable theological differences, Muslims do not claim to be Jews or Christians. As for Orthodox Christians, they obviously do not claim to be the true or original, Muslims. Thus the co-existence of these two religions is not logically mutually exclusive even if their theologies are fundamentally incompatible].

The modern dispute

It would be ridiculous to claim that the cause(s) modern fear and/or hate of things Russian can all be explained by ancient theological arguments. In reality, neither Russia nor the West are all that religious nowadays. And while there is definitely a religious rebirth taking place in Russia, it remains also true that only a minority of Russians are truly religious or well-versed in Orthodox theology. Furthermore, there are plenty of reasons why some hate/fear Russia which have absolutely nothing to do with religion, including the fact that Russia is, and has always been, an unconquered military superpower, that the Soviet regime has oppressed millions of people in Eastern Europe and in the Soviet Union and that any more or less sovereign and independent regime in Russia stands as the main obstacle for the West to take control of Russia’s immense resources and many other reasons. As for (truly religious) Judaics and Latins, they are a small minority compared to the vast majority of largely agnostic people around them. In reality, modern russophobia has numerous independent “vectors” all contributing to a grand “sum vector” expressed in the West’s current policies towards Russia. And yet.

rusofob_pic27.jpgRegardless of the actual level of religiosity in Russia, Russia remains the objective historical and cultural heir to the Roman Empire: the First Rome fell in 476, the Second Rome fell in 1453 while the Third Rome fell in 1917.

[Sidebar: A Fourth Rome cannot happen simply because, unlike what happened with the First and Second Rome, the Third one could not “pass on” its role to a hypothetical Fourth one. Seventy years of Communist rule will forever remain and unsurmountable barrier between Russia the Third Rome and modern Russia and no true succession is now possible]

To ignore the historical importance of a Christian Roman civilization which lasted from the 4th to the 20th century would be a major oversight. Those 16 centuries have had a huge impact on the Russian culture, even upon those Russians who are only superficially religious or outright agnostic, and they still can be felt today. The same is true for what is called the “West” nowadays: what is the AngloZionist Empire if not the cultural continuation of the British Empire with the Zionist (and, thus, Judaic) element recently added to it? And don’t let the fact that Protestants and Anglicans are not “Roman Catholics” distract you from the reality that Protestantism itself is just the offspring from the spiritual intercourse between its Latin and Judaic parents, just as Freemasonry – the dominant ideology and worldview today – is the offspring resulting from the spiritual intercourse between of Protestantism and Phariseic Judaism. Whether we are aware of it or not, we live in “civilizational realms” which have ancient roots and our worldview and outlook on life are often shaped by a past which we often know very little about.

Conclusion

There is a clash of civilizations taking place. It does not primarily oppose a putative “Christian West” to Islam. For one thing, the modern “West” has long ceased to be Christian and should now be categorized as post-Christian. Furthermore, the Muslim world is not united and does not have the resources to meaningfully oppose the AngloZionist Empire. Until China, Latin America or some other civilization truly rises up to be able to challenge the current world order, Russia is the only country which will dare to openly challenge the very legitimacy of the western political system and the ideology it has been built upon. Modern Russia is both capable and willing to challenge the dominant western ideology (from Capitalism to the belief that homosexuality is a normal and healthy variation of human sexuality) precisely because of her position as the heir to, and continuator of, the Christian Roman Empire. True, for the past 300 years or so, Russia has been ruled by a generally westernized ruling elite, but that elite itself has always remained a foreign superstructure imposed upon the Russian nation which never truly identified with it. With Putin Russia has finally found a leader who does not represent the interests of the elites, but rather the interests of the vast majority of the population – hence Putin’s stratospheric popularity ratings. And that too frightens the West, especially the western elites who now feel that their rule is threatened by a nuclear superpower which is determined not to let them take over our entire planet. It is impossible to predict what will happen next. But it does appear likely to me that this ancient conflict between two fundamentally opposed spiritualities and civilizations will come to some kind of a resolution, for better or for worse, in the near future.

The Saker

09:12 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, russophobie, russie, europe, affaires européennes | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Battle for the ages: Protectionist Trumponomics vs. Neoliberalism

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Battle for the ages: Protectionist Trumponomics vs. Neoliberalism

by Pepe Escobar

Ex: http://thesaker.is

Donald Trump’s red wave on Election Day was an unprecedented body blow against neoliberalism. The stupid early-1990s prediction about the ‘end of history’ turned into a – possible – shock of the new.

The new global nativism? Perhaps a new push towards democratic socialism? Too early to tell.

Once again. A body blow, not a death blow. Like the cast of The Walking Dead, the zombie neoliberal elite simply won’t quit. For the Powers That Be/Deep State/Wall Street axis, there’s only one game in town, and that is to win, at all costs. Failing that, to knock over the whole chessboard, as in hot war.

Hot war has been postponed, at least for a few years. Meanwhile, it’s enlightening to observe the collective American and Eurocrat despair about a world they can’t understand anymore; Brexit, Trumpquake, the rise of the far-right across the West. For the insulated financial/tech/think-tank elites of liquid modernity, criticism of neoliberalism – with is inbuilt deregulation, privatization a-go-go, austerity obsession – is anathema.

The angry, white, blue collar Western uprising is the ultimate backlash against neoliberalism – an instinctive reaction against the rigged economic casino capitalism game and its subservient political arms. That’s at the core of Trump winning non-college white voters in Wisconsin by 28 points. Blaming “whitelash”, racism, WikiLeaks or Russia is no more than childish diversionary tactics.

The key question is whether the backlash may engender a new Western drive towards democratic socialism – read David Harvey’s books for the road map – or just nostalgic nationalism raging against the neoliberal Washington/EU/NAFTA/ globalization machine.

Read my lips: much lower taxes

Trump is proposing to turn the tables on the neoliberal game. Throughout his campaign he criminalized free trade – the essence of globalization – for decimating the American working class, even as US businesses blamed free trade for forcing them to squeeze workers’ wages.

So let’s see how Trump will be able to impose his priorities. In parallel to addressing the appalling structural decline in US manufacturing, he wants to pull a China: a massive $1 trillion infrastructure project over 10 years via public-private partnerships and private investments encouraged by lower taxes. That’s supposed to create a wealth of jobs.

Lower corporate taxes in this case translate into a whopping $3 trillion over 10 years, something like 1.6 percent of GDP. That would be the way to incite huge multinationals to repatriate the hundreds of billions of dollars in profits stashed abroad. This fiscal shock would create 25 million jobs in the US over the next 10 years, and propel a 4 percent growth rate.

And then there’s the protectionist drive that will renegotiate NAFTA and kill TPP for good. Not to mention raising import tariffs over manufactured products (many by de-localized US multinationals) imported from China and Mexico.

It’s open to fierce debate how Trumponomics will manage to square the circle; with more economic growth fueled by less taxes, imports will rise to satisfy internal demand. But if these products are subjected to stiffer tariffs, they will become more expensive, and inflation will inevitably rise.

Anyway, the bottom line of protectionist Trumponomics would be a huge blow against global trade. Deglobalization, anyone?

Asia braces for impact

Predictably, the heart of deglobalization will be the Trump-China relationship. Throughout the campaign, Trump blamed China for currency manipulation and proposed a 45 percent tariff on Chinese imports.

In Hong Kong banking circles, no one believes in it. Key argument: the already strapped basket of “deplorables” simply won’t have the means to pay more for these Chinese imports.

Another thing entirely would be for Trumponomics to find mechanisms to hurt US companies that de-localize in Asia. That would translate into serious problems for outsourcing Meccas such as India and the Philippines. Outsourcing in the Philippines, for instance, serves mostly US companies and attracts revenue as crucial to the nation as total Filipino worker remittances from abroad, something like 9 percent of GDP.

It’s quite enlightening in this context to consider what Narayana Murthy – founder of Indian IT major Infosys – told the CNBC TV-18 network; “What is in the best interest of America is for its corporations to succeed, for its corporations to create more jobs… to export more… so I’m very positive.”

Some months ago Nomura Holdings Inc. issued a report titled “Trumping Asia”. No less than 77 percent of respondents expected Trump to brand China a currency manipulator; and 75 percent predicted he will impose tariffs on exports from China, South Korea and Japan.

So no wonder all across Asia the next months will be nerve-wracking. Asia – and not only China – is the factory of the world. Any Trump trade restriction over China will reverberate all across Asia.

Brace for impact: deglobalized Trumponomics vs. Neoliberalism will be a battle for the ages.

Trump président – les risques et les chances

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Trump président – les risques et les chances

 
 
 
 
 
C’est donc arrivé : Hillary n’a pas gagné ! Je dis cela au lieu de dire que «Trump a gagné», parce que je considère cet aspect même plus important que le premier. Pourquoi ? Parce que je n’ai aucune idée de ce que Trump fera ensuite. J’ai cependant une excellente idée de ce que Hillary aurait fait : la guerre avec la Russie. Trump ne la fera très probablement pas. En fait, il l’a dit expressément dans son discours d’acceptation :

"Je veux dire à la communauté mondiale que même si nous mettrons toujours en avant les intérêts de l’Amérique, nous allons traiter équitablement avec tout le monde – tous les peuples et toutes les nations. Nous chercherons un terrain commun, pas l’hostilité ; le partenariat, pas le conflit".

La réponse de Poutine a été immédiate :

"Nous avons entendu ses déclarations alors qu’il était candidat à la présidence, visant le rétablissement des relations entre nos pays. Nous nous rendons compte et nous comprenons que ce ne sera pas une voie facile, compte tenu du niveau de dégradation qu’ont atteint nos relations aujourd’hui, malheureusement. Mais comme je l’ai déjà dit, ce n’est pas notre faute si nos relations avec les États-Unis se trouvent dans cet état.

La Russie est prête et cherche à revenir à des relations pleines et entières avec les États-Unis. Permettez-moi de le dire encore une fois, nous savons que ce ne sera pas facile, mais nous sommes prêts à nous engager sur cette voie, à prendre des mesures de notre côté et à faire tout ce que nous pouvons pour remettre les relations russo-étasuniennes sur une trajectoire de développement stable.

Ce serait bénéfique tant pour les peuples russe qu’américain et aurait un effet positif sur le climat général des affaires internationales, étant donnée la responsabilité particulière que partagent la Russie et les États-Unis pour le maintien de la stabilité et de la sécurité mondiales".

Cet échange est une raison suffisante pour que la planète entière se réjouisse de la défaite de Hillary et de la victoire de Trump.

Trump aura-t-il maintenant le courage, la volonté et l’intelligence de purger l’exécutif étasunien de la cabale néocon qui l’a infiltré depuis des décennies ? Aura-t-il la force d’affronter un Congrès et des médias extrêmement hostiles ? Ou essayera-t-il de les rencontrer à mi-chemin et espérera-t-il naïvement qu’ils n’utiliseront pas leur pouvoir, leur argent et leur influence pour saboter sa présidence ?

Je ne sais pas. Personne ne sait.

L’un des premiers signes à observer sera les noms et les origines des gens qu’il nommera dans sa nouvelle administration. En particulier son chef d’état-major et son secrétaire d’État.

J’ai toujours dit que le choix du moindre mal est moralement faux et pragmatiquement erroné. Je le crois encore. Dans ce cas, cependant, le plus grand mal était la guerre thermonucléaire avec la Russie et le moindre mal pourrait bien se révéler être que l’Empire cède progressivement pour sauver les États-Unis, plutôt que de les sacrifier aux besoins de l’Empire. Dans le cas de Hillary contre Trump, le choix était simple : la guerre ou la paix.

trumpivanka16280638357.jpgTrump peut déjà être crédité d’un immense succès : sa campagne a contraint les médias dominants étasuniens à montrer leur vrai visage – le visage d’une machine de propagande mauvaise, menteuse et moralement corrompue. Par son vote, le peuple américain a récompensé ses médias avec un gigantesque «Allez vous faire foutre !», un vote de défiance et de rejet total, qui détruira à jamais la crédibilité de la machine de propagande de l’Empire.

Je ne suis pas naïf au point de ne pas comprendre que le milliardaire Donald Trump fait aussi partie du 1%, un pur produit de l’oligarchie étasunienne. Mais je ne suis pas non plus si ignorant de l’Histoire pour oublier que les élites se dressent les unes contre les autres, en particulier lorsque leur régime est menacé. Ai-je besoin de rappeler à tout le monde que Poutine est aussi venu des élites soviétiques ?

Idéalement, la prochaine étape serait que Trump et Poutine se rencontrent, avec tous leurs ministres importants, pour une longue semaine de négociations dans le style de Camp David, au cours de laquelle tout, tous les différends en cours, pourrait être mis sur la table et un compromis recherché dans chaque cas. Paradoxalement, cela pourrait être assez facile : la crise en Europe est totalement artificielle, la guerre en Syrie a une solution absolument évidente et l’ordre international peut facilement s’accommoder d’États-Unis qui «traiteraient équitablement avec tout le monde – tous les peuples et toutes les autres nations» et «chercheraient un terrain commun, pas l’hostilité, le partenariat, pas le conflit». La vérité est que les États-Unis et la Russie n’ont pas de raisons objectives de conflit – seulement des problèmes idéologiques résultant directement de l’idéologie insensée de l’impérialisme messianique de ceux qui croient, ou prétendent croire, que les États-Unis sont une «nation indispensable». Ce que le monde veut – ce dont il a besoin – ce sont des États-Unis comme pays normal.

Le pire des cas ? Trump pourrait se révéler une tromperie totale. J’en doute personnellement beaucoup, mais j’admets que c’est possible. Il est plus probable qu’il n’aura pas la clairvoyance et le courage d’écraser les néocons et qu’il essayera de les apaiser. S’il fait comme ça, c’est eux qui l’écraseront. C’est un fait que, tandis que les administrations ont changé tous les 4 ou 8 ans, le régime au pouvoir ne l’a pas fait, et que les politiques intérieure et extérieure des États-Unis ont été étonnamment constantes depuis la fin de la Deuxième Guerre Mondiale. Trump amènera-t-il finalement non seulement une nouvelle administration mais un véritable «changement de régime» ? Je ne sais pas.

Ne vous méprenez pas – même si Trump finit par décevoir ceux qui ont cru en lui, ce qui est arrivé aujourd’hui a porté un coup mortel à l’Empire. Le mouvement Occupy Wall Street n’a pas réussi à réaliser quelque chose de tangible, mais la notion de «gouvernement du 1%» est issue de ce mouvement et elle est restée. C’est un coup direct à la crédibilité et à la légitimité de tout l’ordre socio-politique des États-Unis : loin d’être une démocratie, c’est une ploutocratie/oligarchie, presque tout le monde l’admet plus ou moins aujourd’hui. De même, l’élection de Trump a déjà prouvé que la presse américaine est une prostituée et que la majorité des Américains haïssent leur classe dirigeante. Là encore, c’est un coup direct à la crédibilité et à la légitimité de l’ordre socio-politique tout entier. L’un après l’autre, les mythes fondateurs de l’Empire américain s’écroulent et ce qui reste, c’est un système qui ne peut gouverner que par la force.

Alexandre Soljenitsyne disait que les régimes pouvaient être mesurés sur un spectre allant des régimes dont l’autorité est leur pouvoir, aux régimes dont le pouvoir réside dans leur autorité. Dans le cas des États-Unis, nous pouvons maintenant voir clairement que le régime n’a pas d’autre autorité que son pouvoir et cela le rend à la fois illégitime et non viable.

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Finalement, que les élites étasuniennes puissent l’accepter ou non, l’Empire américain touche à sa fin. Avec Hillary, nous aurions eu un déni du genre Titanic jusqu’au dernier moment, qui pourrait bien être arrivé sous la forme d’un champignon thermonucléaire au-dessus de Washington DC. Trump, cependant, pourrait utiliser ce qui reste de puissance aux États-Unis pour négocier leur retrait mondial dans les meilleures conditions possibles pour son pays. Franchement, je suis quasiment sûr que les dirigeants mondiaux importants comprennent que c’est dans leur intérêt de faire des concessions (raisonnables) à Trump et de travailler avec lui, plutôt que de traiter avec les gens qu’il vient d’évincer du pouvoir.

Si Trump peut tenir ses promesses de campagne, il trouvera des partenaires solides et fiables dans Vladimir Poutine et Xi Jinping.  Ni la Russie, ni la Chine n’ont quoi que ce soit à gagner à une confrontation ou, moins encore, à un conflit avec les États-Unis. Trump aura-t-il la sagesse de le comprendre et d’en faire usage au bénéfice des États-Unis ? Ou continuera-t-il avec sa rhétorique anti-chinoise et anti-iranienne ?

Seul le temps le dira.

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Cath pour le Saker francophone