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jeudi, 25 mai 2017

Réélection de Hassan Rohani en Iran

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Réélection de Hassan Rohani en Iran

par Jean-Paul Baquiast

Ex: http://www.europesolidaire.eu 

Cette réélection est une bonne nouvelle pour tous ceux qui, en Iran, jeunes et femmes notamment, cherchent à se dégager du carcan de la République Islamique traditionnelle.
 
Elle sera également considérée comme une bonne nouvelle en Europe par tous ceux qui, gouvernements, hommes d'affaires et citoyens, souhaitant pouvoir se comporter avec la société et le gouvernement iraniens comme ils le font avec d'autres pays, Russie et Chine notamment, qui ne partagent pas nécessairement toutes les valeurs et intérêts européens, mais qui sont généralement aujourd'hui considérés par les Européens comme des partenaires stratégiques essentiels. Il en sera désormais de même, souhaitons-le, pour l'Iran.

Mais la réélection de Rohani sera considérée comme une mauvaise nouvelle par Donald Trump. Parmi les erreurs politiques de celui-ci, dont l'accumulation entraineront sans doute sa perte, figure le fait que, dès sa campagne électorale, il avait déclaré qu'il considérait l'Iran comme une ennemie des Etats-Unis. Il n'a pas changé de point de vue. Certains militaires américains évoquent ainsi périodiquement, avec son approbation, la possibilité de bombarder des sites industriels iraniens.

Sans doute Trump a-t-il cédé en cela aux pressions de l'AIPAC, dit lobby juif américain, qui relaie sans nuances les craintes d'Israël à l'égard de Téhéran. Il a cédé aussi  aux pressions de certains intérêts américains, pétroliers notamment, qui craignent de plus en plus la concurrence d'une Iran dégagée des « sanctions » précédemment imposées par Washington.

Lors de son entrevue du 20 mai avec le roi Salman d'Arabie saoudite et un grand nombre de représentants de pétromonarchies et pays arabes sunnites, Donald Trump a confirmé, à la vive satisfaction de ses hôtes, sa volonté de considérer l'Iran comme une ennemi. Ce faisant, il n'a pas craint les réactions hostiles de la Russie et de Damas pour qui l'Iran de Rohani est et demeurera un allié essentiel dans la mise en place d'un axe chiite capable de lutter avec efficacement contre le terrorisme islamique, principalement d'origine sunnite.

Espérons qu'en ce qui concerne le nouveau président français, celui-ci renoncera aux fantasmes de guerre avec Téhéran entretenus par son prédécesseur. Il est temps pour la France, comme l'Allemagne l'a fait depuis longtemps, de traiter l'Iran de Hassan Rohani en partenaire de première grandeur. Certes l'Iran demeurera une société islamique rigoureuse dans laquelle les Français, pour l'essentiel laïcs et féministes, ne souhaitent pas, sauf exception, vivre durablement. Mais ce ne devrait pas être une raison pour la traiter, comme le fait Donald Trump, d'ennemie fondamentale.

Note. Sur les futures relations de l'Iran et de la Russie, voir http://theduran.com/putin-welcomes-rouhani-re-election/

 

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