samedi, 21 mars 2026
Adieu à Umberto Bossi, l’homme qui a bouleversé la politique italienne
Adieu à Umberto Bossi, l’homme qui a bouleversé la politique italienne
par Domenico Bonvegna
Source: https://www.destra.it/home/addii-umberto-bossi-luomo-che-...
Umberto Bossi, fondateur de la Ligue du Nord et figure clé de la Seconde République italienne, est décédé. Bossi a marqué la politique italienne par son fédéralisme padan, son anti-centralisme romain et des slogans comme « Rome la voleuse ». Umberto Bossi a incarné une époque de l’histoire politique italienne, le passage de l’ère des idéologies à la soi-disant postmodernité, que le cardinal Ratzinger a si bien définie comme la « dictature du relativisme ». En effet, la Ligue est aujourd’hui le plus ancien parti présent au Parlement, car c’est le premier à être post-idéologique, alors que tous les précédents, du parti communiste à la Démocratie chrétienne en passant par le parti socialiste, n’existent plus.
« Bossi avait hérité du leader de l’Union Valdôtaine, Bruno Salvadori (1942-1980), la passion pour les mouvements autonomistes de l’arc alpin, qui n’étaient alors que de petits groupes d’intellectuels défendant les dialectes et préservant la mémoire historique des territoires, sans organiser autre chose que de modestes initiatives culturelles locales. Son mérite fut de donner un “habit” politique à cet ensemble, en unissant les Vénitiens de la Liga, qui existait déjà avant celle de Lombardie, à la Ligue lombarde et à celles du Piémont, de la Ligurie et d’Émilie-Romagne. Cette initiative touchait un nerf à vif de l’histoire italienne : son origine centralisatrice par l’unification de 1861, peu respectueuse des traditions locales, qui voulait “faire les Italiens” en leur imposant une idéologie d’État, nationaliste et libérale. » (Marco Invernizzi, Umberto Bossi, 20.3.26, alleanzacattolica.org).
En 2004, un AVC l’a profondément marqué. Ces dernières années, il est resté une voix « sage » et écoutée du Carroccio. Un franc-tireur, comme toujours. « Courage, génie, passion, effort, amour, révolution, racines, liberté. J’avais 17 ans quand je t’ai rencontré et tu as changé ma vie. Aujourd’hui, j’en ai 53 et je te dis adieu, le jour de la fête des pères, avec une larme mais aussi avec la même gratitude, la même fierté et la détermination de ne jamais abandonner, comme tu nous l’as appris. Ton immense peuple te rend hommage et continuera de marcher sur la route que tu as tracée : celle de la liberté. Salut, Chef. Adieu. » Par ces mots, Matteo Salvini, secrétaire de la Ligue, a voulu rendre hommage au senatur. « Umberto Bossi, par sa passion politique, a marqué une étape importante de l’histoire italienne et a apporté une contribution fondamentale à la formation du premier centre-droit. En ce moment de grande douleur, j’adresse tout mon soutien à la famille et à sa communauté politique », a déclaré la Première ministre Giorgia Meloni.

« C’est lui, au début des années quatre-vingt-dix, qui a révélé la crise italienne, pressenti le changement d’époque, le tournant de l’histoire italienne, c’est lui qui a soulevé la question du Nord, provoquant la colère des soi-disant classes cultivées. Le lion du Nord collait des affiches, fumait mille cigarettes, perdait et retrouvait la voix mille fois dans les vallées. » (Mario Sechi, Umberto Bossi et ce dimanche à Pontida il y a 33 ans, 20.3.26, Libero)
« La grande presse dite “sérieuse” le dépeignait comme un clown, une figure folklorique, alors qu’elle avait en face d’elle un grand homme politique, celui qui avait vu et prévu la “rupture” de l’Italie […] Bossi était une force de la nature, il avait l’instinct, le flair de l’animal politique, ses discours parlementaires à l’époque du grand krach de la Première République étaient comme une épée : le portrait d’une nation égarée, avec la question méridionale inversée en question septentrionale […] Il parlait de sécession, mais ne la pratiquait pas du tout, c’était un fleuve rhétorique destiné à secouer l’arbre, à en faire tomber des fruits et de nouvelles graines.

Bossi recueillait les paroles des entrepreneurs, des artisans, du peuple des indépendants, des familles sans rente qui souhaitaient la fin du gaspillage public pour en tirer seulement un gain privé. “Se détacher de Rome” était une idée portée au nom du fédéralisme, de l’autonomie. Bossi se sentait plus italien que bien des Italiens, avec leur bonne éducation en surface et leur corruption cachée, il a essayé de donner à l’Italie une forme de fédéralisme, il n’y est pas parvenu à son âge d’or, mais ce travail n’a pas été vain, le flambeau est passé à ses héritiers et cette idée est aujourd’hui plus proche qu’elle ne l’était il y a trente ans, dans la boue de Pontida. » La longue expérience politique de la Ligue doit être rappelée pour sa tentative d’exprimer un fédéralisme effectif dans notre pays, j’en parlerai dans ma prochaine intervention.
19:31 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Hommages | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : umberto bossi, italie, padanie, fédéralisme, europe, hommage, affaires européennes, lega, lega nord |
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