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samedi, 29 novembre 2014

USA: Bons baisers du post racisme

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USA: Bons baisers du post racisme
 
Obama, Président noir des émeutes raciales

Jean Bonnevey
Ex: http://metamag.fr
 
Il faudrait rechercher les analyses sur la fin de la fracture raciale aux Usa, après l’élection d’Obama. Il faudrait surtout que ceux qui ont écrit des niaiseries, par idéologie, reconnaissent leurs erreurs. On peut toujours rêver.

L’évidence est là! La communauté noire se sent toujours discriminée même en ayant son président à la Maison blanche.  Elle dénonce l’attitude de la police blanche. Elle se dit victime de violences racistes. Et les émeutes raciales se multiplient avec pillages. Il ya sans doute des bavures, mais, sorties du contexte américain de la criminalité, cela ne veut rien dire. « C’est toujours les mêmes que l'on tue ». On connait l’argument, mais il y a le contexte.

La population carcérale s’élevait l’an dernier aux Etats-Unis à quelque 2,3 millions de personnes, sur une population adulte de 230 millions, soit le taux le plus élevé dans l’histoire américaine, selon le Pew Center. Les statistiques sont particulièrement frappantes parmi les minorités : alors qu’un adulte américain blanc sur 106 est incarcéré, c’est un Hispanique sur 36 et un Afro-américain sur 15 qui sont en prison.

Alors une communauté persécutée ou  plus criminogène ? Dans la tranche d’âge de 20 à 34 ans, c’est un jeune Noir sur neuf qui est derrière les barreaux. 20 % des Noirs américains (Afro-Americans) nés entre 1965 et 1969 ont fait de la prison, contre seulement 3 % des Blancs nés pendant la même période. Le racisme de la police blanche n’explique pas tout et même, au regard du danger permanent, s’explique.

Mais la conséquence, c’est le retour sur le devant de la scène politique américaine de la fracture raciale. Et Obama n’a rien changé, pire cela s’est aggravé. Darren Wilson, le policier qui a abattu en août dernier à Ferguson le jeune Noir Michael Brown, dit avoir la « conscience tranquille » car il estime avoir « effectué son travail dans les règles », dans une interview accordée à ABC News en partie diffusée mardi 25 novembre. M. Wilson, qu'un grand jury a décidé de ne pas inculper, explique qu'il n'aurait pas pu agir autrement lors de son altercation avec Michael Brown, qui a abouti à la mort de cet adolescent de 18 ans.



Après les émeutes et les pillages de lundi, des dizaines de manifestations ont été organisées à travers les Etats-Unis, mardi, pour protester contre la relaxe du policier…. Les émeutes sont raciales et donc racistes. «Pas de justice, pas de paix», scandaient les manifestants en colère, sourds aux appels au calme lancés dans la soirée par le président Barack Obama et la famille Brown. Devant la Maison Blanche, la foule brandissait des pancartes réclamant «Justice pour Mike Brown» et scandait «les mains en l’air, ne tirez-pas». Pour ceux qui doutent, heureusement, il ya le tweet de notre Taubira nationale si on ose dire. "Quel âge avait #Mickael Brown ? 18 ans. #Trayvon Martin ? 17. #Tamir Rice ? 12. Quel âge le prochain ? 12 mois ? Tuez-les avant qu'ils ne grandissent Bob Marley" a écrit la ministre de la Justice ce mardi matin.

Une phrase polémique qui pourrait bien choquer aux Etats-Unis. Invitée à expliquer ce tweet sur France Info ce mardi matin, elle a indiqué qu'elle voulait simplement exprimer sa "solidarité". «Je ne porterai pas de jugement de valeur sur les institutions des États-Unis. Cependant, il est évident que, lorsque le sentiment de frustration est aussi fort, aussi profond, aussi durable et aussi massif, il y a à s'interroger sur la confiance dans ces institutions, et donc la capacité des institutions à assurer cette paix sociale» a-t-elle dit avant d'ajouter «il est évident qu'on se rend compte que ça n'arrive qu'aux mêmes. Ce sont des gamins afro-américains, donc il y a le problème d'un certain nombre de clichés, de représentations, de préjugés qui peuvent créer des réflexes terribles. Quand ce sont des réflexes d'injures, c'est déjà difficile à supporter, quand ce sont des vies qui sont arrachées ainsi, c'est encore plus insupportable».

Retour à Ferguson et au “ remplacement” à l'américaine

Devenue le centre de l'attention médiatique américaine, la petite ville de Ferguson ne comptait que 21 203 habitants en 2010, selon les chiffres officiels. Parmi eux, 67% de Noirs et 29% de Blancs. Les effectifs du commissariat de Ferguson sont très loin d'être représentatifs de la diversité de la population de la ville. En effet, 94% des policiers de la ville sont blancs et seulement 6% noirs, selon le maire (blanc) et le chef de la police (blanc, avant d'être remplacé par un Noir), cités respectivement, le 13 août, par les chaînes KSDK et CBS. «Nous recrutons tous ceux que nous pouvons», a expliqué le maire, pour qui «beaucoup de jeunes Afro-Américains ne veulent pas entrer dans la police». 

La mort de Michael Brown  a donc ravivé le débat sur l’attitude des forces de l’ordre et les relations raciales aux États-Unis, 22 ans après l’affaire Rodney King et les émeutes qui avaient embrasé Los Angeles, après l’acquittement de quatre policiers blancs filmés en train de passer à tabac cet automobiliste noir.

Dans son message, le président Obama a d’ailleurs mis en garde contre la tentation de «dissimuler les problèmes» liés au racisme aux États-Unis. «Dans trop de régions du pays, il existe une profonde défiance entre les forces de l’ordre et les communautés de couleur», a-t-il souligné. «C’est une chose qu’ils ont toujours faite. J’ai 63 ans, j’ai vu cela à l’époque de Martin Luther King. Ils n’ont pas changé et ne changeront jamais», déclarait un homme interrogé par l’AFP dans une rue de Ferguson.

Entre le racisme réel et le racisme ressenti c’est comme pour le froid à la météo…mais en tout cas aux Usa, malgré l’astre Obama, période glaciaire dans les relations raciales.

mardi, 22 juin 2010

Etats-Unis: être Noir et conservateur

Archives de Synergies Européennes - 1997

Etats-Unis: être Noir et conservateur

 

Le conservatisme des Noirs, aux Etats-Unis n'est plus un paradoxe, on n'est plus automatiquement de “gauche” quand on est Noir, ni hostile aux Noirs quand on est conservateur. Une enquête menée récemment par le Washington Post  a établi que 26% des Noirs américains s'identifient politiquement comme con­servateurs, c'est-à-dire veulent limiter le pouvoir du gouver­ne­ment fédéral, diminuer les impôts, introduire une répression plus mus­clée de la criminalité, réformer la sécurité sociale et favoriser l'ini­tiative personnelle. Certes, ces Noirs se félicitent des acquis moraux et légaux du Mouvement des Droits Civils, entrainé jadis par Martin Luther King, mais les porte-paroles de ces dynamiques Afro-Américains conservateurs rejet­tent le dis­cours répétitif sur l'inégalité, dont ils seraient automati­quement des victimes parce qu'ils sont Noirs, et critiquent sévère­ment les rituels au­to-référentiels du Mouvement des Droits Civils actuels et institutionalisés, figés et éta­blis. Les conserva­teurs afro-américains défendent tout un é­ven­tail d'idées, ils sont divers dans leurs expressions politiques et dans leurs va­riantes conservatrices, mais, en règle générale, acceptent une vision “positive et humaniste” du projet américain, tout en s'opposant à cette lancinan­te et lourde insistance sur la “victimisation” raciale, qui fait les choux gras des bien-pensants de la gauche libérale. Le livre de Stan Faryna, Brad Stetson et Joseph G. Conti présente les idées prin­ci­pales de fi­gures comme le Juge noir Clarence Thomas, l'ancien dé­puté Gary Franks, les écrivains Shelby Steele et Glenn Loury (tant dans des articles d'exégèse de leurs discours que dans des textes émanant directement de leur plume). Le conservatisme noir aux Etats-Unis rejette donc les politiques gouvernementales visant d'abord à victimiser l'ensemble de la population noire puis de généraliser des politiques sociales faisant des Noirs autant d'objets de pitié et de sollicitude, générant ainsi un racisme à rebours et toute une série d'attitudes finalement insultantes. Les Noirs ne doivent plus dès lors prendre la parole en tant que Noirs, que “pauvres Noirs”, mais doivent parler d'eux-mêmes et de leurs propres réalisations. Pour le conservatisme noir, la race con­ditionne la vie d'un individu mais ne saurait en aucun cas la définir totalement. Le conservatisme noir n'est pas révolutionnaire, il ne proclame pas une sécession implicite comme Garvey jadis ou Farrakhan aujourd'hui, il ne fait pas appel au boycott ou à la violence, mais refuse la position que les idéologies dominantes assignent irrémédiablement aux Noirs, celle d'être toujours des victimes, des pauvres, des paumés ou des criminels.

 

Benoît DUCARME.

Stan FARYNA, Brad STETSON, Joseph G. CONTI (ed.), Black and Right. The Bold New Voice of Black Conservatism in America, Praeger Trade, Greenwood Publishing Group (88 Post Road West, PO Box 5007, Westport, CT 06.881-5007, USA), 1997, 192 p., $19.95, ISBN 0-275-95342-4.

00:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, etats-unis, afro-américains, conservatisme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook