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jeudi, 23 avril 2026

"Superautoritaire" : Règlement de comptes avec la reine de Bruxelles

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"Superautoritaire": Règlement de comptes avec la reine de Bruxelles

Par Karl Brüning

Source: https://www.compact-online.de/superautoritaer-abrechnung-...

Ursula von der Leyen règne sur l’Europe comme une souveraine absolue. Maintenant, son compagnon de longue date se lâche. Une femme extrêmement dangereuse, dont le casier judiciaire a été compilé dans l’édition de COMPACT intitulée "La dictatrice – La guerre éclair contre les peuples". Plus important que jamais ! Découvrez-en plus ici: https://www.compact-shop.de/shop/compact-magazin/compact-5-2025-die-diktatorin-blitzkrieg-gegen-die-voelker/.

Pendant cinq ans, Charles Michel et Ursula von der Leyen ont travaillé côte à côte à la tête de l’Union européenne. Mais ce que dit maintenant l’ancien président du Conseil européen et Premier ministre belge en public ressemble à une véritable liquidation. Dans une interview accordée au Brussels Times, Michel ne mâche pas ses mots à l’encontre de son ancienne collègue :

    « Il y a une gestion superautoritaire. Les commissaires européens ne jouent plus aucun rôle. »

Alors que von der Leyen est devenue célèbre en Allemagne sous le nom de Flintenuschi (ministre de la Défense - "Ushi Carabine"), elle a reçu dans l’appareil de l’UE un autre surnom : Queen of Brussels (Reine de Bruxelles). Cela n’a jamais été une flatterie. La querelle entre elle et Michel dure depuis des années.

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Deux carrières, une lutte pour le pouvoir

Michel et von der Leyen sont tous deux issus de l’establishment européen. Le premier, fils d’un politicien européen belge, a dirigé son pays de 2014 à 2019 en tant que Premier ministre, avant d’être élu président du Conseil européen, l’organe qui rassemble les chefs d’État et de gouvernement des États membres.

Von der Leyen, fille de l’ancien ministre-président de Basse-Saxe Ernst Albrecht (CDU), décédé en 2014, au départ médecin et ancienne ministre de la Défense sous Angela Merkel, a pris en 2019 la tête de la Commission. Tous deux ont été reconduits en 2024 pour un second mandat. Michel a démissionné prématurément pour se porter candidat aux élections européennes. Il a échoué.

La Commission européenne, dirigée par von der Leyen, est l’exécutif de l’UE, elle propose des lois, supervise leur mise en œuvre et gère le budget. Les 27 commissaires, un par État membre, doivent y participer de façon équitable. La Conseil européen, que Michel a dirigé jusqu’en 2024, représente les chefs d’État et de gouvernement des États membres et fixe les orientations politiques. Les deux institutions doivent se contrôler mutuellement. Mais selon Michel, von der Leyen a systématiquement démantelé cet équilibre.

Il l’accuse de concentrer tous les pouvoirs dans son propre bureau et de réduire les commissaires à de simples fonctionnaires administratifs. Michel ne mâche pas ses mots : « Jamais dans le passé, je n’ai rencontré un collègue posant autant de difficultés dans la collaboration. Jamais. »

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Sofagate et plans pour les services secrets

Les tensions ont éclaté dès avril 2021, lors de l’incident "Sofagate" à Ankara, lorsque Michel a pris la seule chaise disponible à côté du président turc Erdoğan, tandis que von der Leyen a été reléguée sur un canapé sans siège réservé. Elle avait alors évoqué un sexisme. Michel dément encore aujourd’hui :

    « Le protocole a été parfaitement respecté. La Commission a décidé d’instrumentaliser cet incident pour accroître son pouvoir et s’immiscer dans des affaires qui ne relèvent pas de sa responsabilité. »

La fracture s’est creusée. Lors de la crise au Moyen-Orient en 2023, von der Leyen s’est rendue en Israël sans concertation et a parlé publiquement au nom de toute l’Union. Michel a organisé en parallèle une conférence de presse au Caire. Le historien britannique et expert de Bruxelles Peter Ludlow qualifiait déjà, il y a plusieurs années, cette petite guerre entre les deux de «gaminerie». Par la suite, ils ont systématiquement évité de faire des apparitions communes. Lorsque le Premier ministre indien Modi, venait en visite, Michel était exclu. Lorsque ce dernier rencontrait le président chinois Xi, elle restait à l’écart.

Les accusations de Michel ne sont en rien isolées. La haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, aurait qualifié von der Leyen en interne de «dictatrice». Son prédécesseur, Josep Borrell, l’a accusée d’avoir «systématiquement dépassé ses compétences» en matière de politique extérieure.

L’ancien commissaire au marché intérieur Thierry Breton l’a aussi accusée de «gestion douteuse» de ses fonctions et a affirmé qu’elle agissait dans son dos pour le pousser à la démission. Sur le plan structurel, il faut ajouter qu’elle aurait tenté de créer une nouvelle cellule des services secrets pour contourner le centre existant de l’UE, et de s’approprier l’autorité au détriment du service diplomatique de l’Union.

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Pfizergate et quatre motions de censure

Pendant la pandémie de Covid-19, von der Leyen a négocié personnellement via SMS avec le patron de Pfizer, Albert Bourla, des contrats de milliards d’euros pour les vaccins, qu’elle a déclarés comme une priorité absolue. Lorsque le New York Times a exigé d’accéder à ces échanges, la Commission a refusé de les rendre publics.

En mai 2025, la cour de l’UE a jugé que l’affirmation selon laquelle ces messages étaient introuvables était tout simplement peu plausible. Les SMS ont disparu jusqu’à ce jour. En janvier 2026, elle a survécu à sa quatrième motion de censure au Parlement européen.

Bruxelles bruisse. Reste à voir si ces accusations auront des conséquences. Von der Leyen s’est jusqu’à présent tenue silencieuse face au règlement de comptes commis par Michel.

Elle a survécu à plusieurs motions de censure et veut maintenant renforcer son pouvoir. Mais elle ne doit pas s’en sortir si facilement : il faut en finir avec la dissimulation et la secretomanie ! COMPACT présente le dossier d’accusation contre Ursula von der Leyen. Notre édition "La dictatrice" démasque durablement la présidente de la Commission européenne. Pour toute commande voir le lien supra. 

mardi, 27 avril 2021

Deux fauteuils pour trois

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Deux fauteuils pour trois

par Georges FELTIN-TRACOL

Stupeurs ! Effrois ! Horreurs ! Le Berlaymont, siège de l’eurocratie, n’en revient toujours pas. Le 6 avril dernier, le président du Conseil européen, Charles Michel, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, se rendent à Ankara afin de relancer les discussions avec la Turquie. Devant les caméras, le président turc Recep Tayyip Erdogan accueille le duo et l’invite à prendre place. Les deux hommes s’installent dans les fauteuils. Stupéfaite, Ursula von der Leyen se contente d’un sofa un peu mis à l’écart et en face du ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Çavuşoğlu. Le « Sofagate » vient d’éclater.

Dans les heures suivantes, un déluge de réactions négatives submerge la Toile. La médiasphère tient enfin la preuve incontestable de la misogynie et du machisme d’Erdogan. Ce n’est pas pour rien si la Turquie vient de se retirer de la Déclaration d’Istanbul qui instaure une tyrannie féministe larvée en Occident. Les folliculaires droitiers partagent pour une fois l’avis de l’extrême gauche et des centristes : le président Erdogan outrage l’Union européenne, la femme moderne et l’égalité paritaire (ou la parité égalitaire). Au XIXe siècle, un tel mépris aurait aussitôt provoqué une intervention armée vengeresse. On aurait aimé que les mêmes va-t-en-guerre eussent la même détermination belliciste au moment de la reconquête martiale azérie de l’Artsakh… Or, il faut reconnaître que pour la circonstance le dirigeant turc n’est que la victime collatérale du « Sofagate », habile prétexte pour cacher les dysfonctionnements institutionnels initiaux de l’Union pseudo-européenne. L’unité de commandement turque découvre in vivo la multiplicité du commandement, ses tiraillements permanents et l’effarante polysynodie propres à l’incurie eurocratique. L’antagonisme virulent entre Ursula von der Leyen et Charles Michel accentue l’impuissance générale.

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Les rapports entre les deux têtes de l’exécutif dit européen sont détestables dès leur entrée en fonction. Charles Michel a été de 2014 à 2019 Premier ministre fédéral belge tandis qu’Ursula von der Leyen n’a occupé que trois postes ministériels, dont la Défense, ce qui dans une Allemagne à la souveraineté limitée, n’est pas un portefeuille prestigieux. La cohabitation très courtelinesque entre le libéral belge et la chrétienne-démocrate allemande s’agrémente d’un haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité en la personne du socialiste espagnol Josep Borrell. Ce dernier a d’ailleurs connu, quelques semaines plus tôt, une sévère déconvenue bien méritée à Moscou.

Ursula von der Leyen et Charles Michel rêvent chacun de régenter à leur profit l’entité euro-atlantiste. Charles Michel a pris un léger avantage en respectant le protocole. Le président du Conseil européen a en effet le rang de chef d’État, d’un État qui n’existe pas. Selon ces mêmes règles et les textes en vigueur, la présidente de la Commission européenne a le statut de chef de gouvernement même si la Commission n’est pas un vrai gouvernement. Ne le savait-elle pas ? À moins qu’elle cherche à se faire passer pour une pauvre victime d’affreux mâles… Charles Michel aurait-il pu lui laisser son fauteuil et ainsi entériner un coup d’État institutionnel interne ? Le duo aurait-il dû rester debout devant le président turc assis ? L’interprétation découlant aurait fait penser au maître d’école turc sermonnant deux élèves turbulents. On peut reprocher à Ursula von der Leyen de n’avoir pas eu le courage de s’asseoir sur les genoux de Charles Michel, voire sur ceux du président turc. Craignait-elle peut-être de provoquer l’ire des féministes jamais contentes ? Quant à mettre en face du président Erdogan deux fauteuils, cela aurait déséquilibré la photographie au désavantage des eurocrates.

En se servant du protocole, les diverses têtes de l’hydre pseudo-européenne démontrent que l’Union dite européenne est plus qu’un tigre de papier, c’est un formidable paillasson sur lequel n’importe qui peut s’essuyer. Conçue comme un espace de libre échange économique anticipant un monde uni par le doux commerce et la belle musique du pognon-roi, l’Union supposée européenne a renoncé dès sa naissance à la puissance stratégique, militaire et géopolitique. Elle préfère rester sous la protection interlope de l’OTAN. La souveraineté européenne chère au gamin de l’Élysée demeure fictive tandis qu’à rebours du discours souverainiste, la souveraineté nationale des États membres se dissipe.

L’anecdote d’Ankara révèle le caractère chimérique de l’actuelle Union européenne. Les Européens ne réaliseront pas leur unité historique à travers des transactions bancaires, des virements financiers et des échanges économiques. Leur unité ne se forgera que par le fer, le feu et le sang dans la plus grande imprévisibilité historique.

Georges Feltin-Tracol

• « Chronique hebdomadaire du Village planétaire », n° 211, mise en ligne sur TVLibertés, le 20 avril 2021.