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mercredi, 07 février 2007

Ludwig Klages et son temps

Martin KIESSIG

Ludwig Klages et son temps - L'influence d'un penseur de notre siècle

Lors du centième anniversaire de Ludwig Kla-ges (1972), on s'est rappelé en Allemagne l'exis-tence de ce philo-so-phe mort en Suisse en 1956, dont la renommée connut son apogée au début des années trente, mais qui, après 1945, som-bra progressivement dans l'oubli. Il n'était réapparu  ‹le pauvre‹ que dans les polé-miques émo-tionnelles et politisées: on l'avait ainsi étiqueté "préfasciste" et con-sidéré comme un ennemi de la civilisation intellectuelle et un défenseur trou-ble de l'"état prélogique", d'une cons-cien-ce "préhistorique"; bref, un homme sourd à toute sen-si--bilité intellectuelle.

L'Allemagne, en effet, a connu, a-près 1945, une sorte de nouvelle vague de rationalisme, et, dans cette foulée, tout ré-sidu de romantisme, toute réflexion sur la validité philo-so-phique des senti-ments, apparurent soudain suspects; un logisme et un rationalisme arides ont ainsi pris le pou-voir et cette aridité, pour se justifier, se procla-mait "antifascis-te". Regardée à travers le prisme desséchant des néo-mar-xistes, sociologues et lin-guistes, la vie menaçait d'être ré-duite à un sys-tème de concepts morts. Un contre-courant a bien porté le nom de "nostalgie", mais une sen-timentalité beaucoup trop ramollie y dominait le jeu.

Le retour discret de Ludwig Klages

Tout vrai sérieux de réflexion en était absent. En ce qui con-cerne le philosophe Klages, le ch¦ur de ceux qui s'ex-primèrent en 1972 pour la fête de son centenaire, était ainsi caractérisé par un curieux et aigre mélange de légitimation, de mécon-nais-san-ce, de suspicion; Klages était ren--du inoffen-sif: à son égard on adoptait une position "neutre", dé-ga-gée de toutes valeurs fondatrices. Toutefois, il y avait là un point po-sitif: Klages revenait au centre du débat; sa po-sition de penseur, chercheur et critique com-men-çait à se préciser; il devenait urgent qu'un phi-losophe de son envergure soit pris au sé-rieux, que la discussion qu'il avait lan-cée à pro-pos des émotions qui sous-tendent les dé-marches et idéo-logies politiques soit clarifiée, que le reproche qu'on lui adressait ‹avoir été un précurseur de la barbarie culturelle‹ soit discuté, relativisé voire réfuté, parce que, bien souvent, il n'était que la misérable conséquence d'une hostilité, tou-te de hargne et manifestement erronée.

Pour ce débat indispensable, concret et scienti-fique, un travail préalable de préparation a été accompli depuis lors; les documents de base ont été passés au crible, clairement remis dans leur vaste contexte et interprétés par l'un des meil-leurs connaisseurs, et cela avec une honnêteté intellectuelle admirable, une hauteur sereine, scientifique, et s'il le fallait, avec une fermeté et une dignité courageuses non dépourvue de cha-leur humaine. Nous rendons hommage, ici, à l'ouvrage considérable Ludwig Klages im Wi-derstreit der Meinungen  (= Ludwig Klages dans le conflit des opinions) de Hans Kasdorff, à qui nous devons déjà l'importante introduction en deux volumes à l'¦uvre de Klages (ac-compagnée d'une bibliographie  com-mentée et cir-constanciée) Ludwig Klages, Werk und Wir-kung  (= Ludwig Klages, ‘uvre et influen-ce).  L'ouvrage nouveau présente et examine les inci-dences qu'ont eues les enseignements et les li-vres de Klages sur quasi tous les domaines de la vie intellectuelle, dès la première apparition publique du philosophe (1895) jusqu'à sa mort. Par la souveraine maîtrise du sujet, l'abondance des documents présents pour la recherche sur Klages, les trois ouvrages de Kasdorff ne doi-vent plus faire défaut. Le fait que Kasdorff connaît pour ainsi dire toute la littérature secon-daire sur Klages et y fait brillamment référence en un résumé concis, ses travaux acquièrent une valeur toute particulière.

Mais à cela s'ajoute encore autre chose qui dé-passe le strict domaine de la recherche scienti-fique et rejoint l'histoire universelle des idées au vingtième siècle. En cela le livre de Kasdorff, par endroits, est un maître-instrument pour sai-sir l'histoire intellectuelle si cap-tivante de l'Allemagne de ce siècle. Cela vaut d'abord pour deux époques de la vie de Klages: sa jeunesse après la fin de ses études à Munich où il joua un rôle dans le Schwabing d'alors (le quartier des artistes et des poètes à Munich), parmi ceux que l'on appelait les "Cosmiques" et s'inscrivaient dans le sillage de Stefan George, et l'époque du National-Socialisme, pendant laquelle Klages vivait en Suisse où il s'était installé dès 1915.

Klages: le fondateur de la graphologie scientifique

Disons d'abord un mot au sujet de la recherche scientifique et de la quête philosophique de Kla-ges: il est le fondateur de la graphologie scien-tifique; de cette discipline ‹méprisée jus-qu'a-lors et considérée comme une pseudo-science obscure nullement "présentable"‹ il a fait un sec-teur de la psychologie universitaire.

Cet itinéraire est lié à ses études sur l'expression et la caractérologie; avec Kasdorff, on peut tran-quillement affirmer qu'il n'avait jamais été question, avant Klages, de caractérologie scien-tifi-que; dans le cadre de ses vastes recherches et de sa philosophie, Klages lui-même tenait pour central son enseignement de la réalité des "ima-ges". Mais c'est précisément cette démarche qui a rendu Klages suspect, qui a fait de lui un grand contempteur de l'"esprit" (Geist);  c'est aus-si la raison pour laquelle ses concep-tions ont été accusées de superficialité et de lé-gèreté.

Son ¦uvre philosophique maîtresse s'intitule, comme chacun sait, Der Geist als Widersacher der Seele ("L'esprit en tant qu'antagoniste de l'âme"); ce titre a en effet quelque chose de pro-voquant et, par l'im-pression qu'il suscite, il est presque du tape-à-l'¦il, il s'apparente au slogan et à la thèse programmatique. Mais grâce à cette formulation choc, il a pénétré plus largement dans les consciences. Aussi, Klages lui-même n'est pas responsable de la "légèreté" qu'on lui a attribuée et les erreurs d'interprétations provien-nent bien plutôt des caricatures de son ¦uvre, formulées par ses détracteurs.

Les concepts "esprit" et "âme" (ou "esprit" et "vie", ce qui pour Klages revient au même)  sont rarement distincts, même dans la pensée philosophique, et sont parfois employés comme synonymes. Les différences s'estompent et, là où elles demeurent visibles, in-ter-viennent des systèmes de valeurs que Klages ne par-tage pas (comme dans le christianisme, où l'esprit est tenu pour valeur suprême, voire pour la divinité elle-même).

Klages englobe de préférence dans le concept d'"esprit" (à la différence de Schopenhauer) la volonté consciente qui naît de la puissance et de la domination et s'exprime dans un activisme égoïste fébrile. Face à cela se dresse la vie-mère, serviable, prête aux sacrifices ("pathi-que") et douée d'une âme (vie qui paraît polarisée dans le corps comme dans l'âme). L'intellectualisation et, par conséquent, la mé-cani-sa-tion et la technicisation de la vie mettent en danger voire tuent celle-ci: cette appréhension de Klages, nous la vivons chaque jour de façon effroyablement évidente. Ce conflit toujours latent entre la vie douée d'une âme et l'esprit humain, entre la substance et le "je", Klages le tenait pour sa découverte cardinale et nommait l'émergence de la pensée conceptuelle, "le secret le plus discutable de l'histoire uni-verselle".

Redécouverte du romantique Carus et critique radicale du christianiasme

Il découvrit en effet au cours de ses investigations que le conflit esprit/vie avait déjà été formulé par ce grand contemporain de Goethe, Carl Gustav Carus. Il est incontestable que c'est à Klages que revient le mérite d'avoir redécouvert Carus, ce penseur éminent du romantisme (et cela dès 1904). Depuis lors, il a cherché des précurseurs de sa pensée dans l'histoire philosophique européenne et a trouvé des traces chez Héraclite, puis surtout chez le grand expert du mythe, Bachofen, et essen-tiellement dans le romantisme allemand qui, grâce à lui, a été l'objet d'une nouvelle ap-proche, de par la profondeur de ses analyses.

Klages a formulé en outre une critique du christia-nisme, parce que c'est, selon lui, une religion de l'es-prit née de l'ancienne pensée judaïque, généralement logocentrique. Lui-mê-me n'était nullement a-religieux, mais au con-traire ‹comme l'affirme Kasdorff‹ d'une nature profondément religieuse, assurément phi-losophique et spirituelle, qui se serait par-fai-tement retrouvée dans le monde pré-chrétien. Ainsi les sentiments qu'il formule reflètent une sorte de piété païenne, telle que Goethe l'avait réclamée pour lui-même. Cela n'a naturellement rien à voir avec un retour insensé et artificiel à de lointaines religions païennes historiques. Kla-ges n'a pas songé non plus à un quelconque retour à des formes de vie propres à l'humanité préhistorique non civilisée, aux "Pé-las-ges".

Ce serait donc folie de déduire de tels sim-plismes de son ¦uvre. Il est un point, toutefois, que Klages, partial comme tout grand penseur, n'a pas vu ‹et Kasdorff cite l'un de ses cri-tiques‹  c'est la force de l'amour dans le christia-nisme. Mais Kasdorff laisse à penser que ce n'était pas précisément cette valeur-là qui a déterminé principalement l'histoire du monde chrétien. Et quiconque réagit en chrétien se doit de le reconnaître avec émotion et douleur.

L'impact d'Alfred Schuler

La plus forte influence qui s'exerça sur le jeune Klages fut celle d'Alfred Schuler, un person-nage, un phénomène remarquable, souvent énigmatique, qui fascinait les grands esprits animant le Schwabing du tournant du siècle. Cette personnalité fut centrale dans le cercle des "Cosmiques". Schuler, qui est mort en 1923, n'a lui-même rien publié mais il s'est profilé à travers quantité de conférences. C'est Klages qui, plus tard, publia ses manuscrits à titre posthume.  Il faisait preuve d'un profond dis-cerne-ment, d'une grande compréhension des cultures passées et se sentait lié viscéralement à des mondes enfouis, surtout à l'antiquité ro-maine. Quelque chose d'oublié depuis fort longtemps avait repris vie en lui, autrement dit, le monde des morts était pour Schuler réalité vivante et agissante. Klages comme Schuler avaient la certitude que les forces de la vie cosmique agissaient sur nous; c'était davantage une croyance de type religieux qu'un jugement d'ordre philosophique. Schuler a exercé une très forte influence sur Rilke, qui a très souvent écouté ses conférences, et aussi sur Norbert von Hellingrath, ce spécialiste de Hölderlin, tombé au feu lors de la première guerre mondiale, qui désignait Klages comme un "métaphysicien de haut niveau". Kasdorff constate que Klages n'était pas étranger à ses deux conférences sur Hölderlin, qui furent à l'origine d'une renaissance de ce poète.

Klages a également influencé un poète excep-tionnel, oublié à tort aujourd'hui: Friedrich Huch, un cousin de Ricarda. On trouve en effet des traces de son influence dans le roman de Huch Peter Michel  et dans ses deux livres Träume  ("Rêves"). Toute découverte impor-tante, qu'elle soit philosophique ou idéologique, incite facilement à une formulation exagérée: c'est là une mode didactique pour la mettre en évidence avec acuité et lui assurer un impact. Ensuite, la discussion philosophique doit se tenir loin des extrêmes; elle doit osciller entre celles-ci et ordonner les rapports de conflic-tualité. Dans le cas de Klages, l'idée de vouloir abolir l'"esprit" serait totalement insensée et nulle part il n'est question de cela dans son ¦uvre. Klages attire l'attention sur les dangers qui menacent la vie inconsciente quand s'exerce la toute-puissance de l'esprit, mais il montre également la nécessité d'un compromis entre l'esprit et la vie. L'esprit échoit fatalement à l'homme et la mission de cette instance, son but suprême, c'est de s'inscrire dans la totalité de la vie. Nous devons chercher à prévenir son penchant à dominer et assujettir la vie.

L'homme, la Vie, la Terre

L'esprit doit être au service de la vie, il se transforme alors en principe culturel créateur. Quand cela n'est pas le cas, c'est toujours au détriment de la vie, de la Terre Mère sacrée, cela aboutit à l'exploitation sans scrupules de ses trésors, à la destruction du paysage dans lequel nous vivons.

Avoir énoncé tout cela, comme personne avant lui, de manière radicale, avec une clairvoyance prophétique, nous avoir averti avec tout le sérieux voulu: voilà ce que nous devons à Klages. De nos jours où la question de la pollution est devenue si actuelle, son message devrait pouvoir jouir d'un regain d'intérêt. Klages a formulé sa critique dans l'essai Der Mensch und die Erde  ("L'homme et la terre") publié en 1913 dans la brochure commé-morative d'une manifestation de la Freideutsche Jugend ("La jeunesse allemande libre") et qui, d'après Kasdorff, est resté jus-que au-jourd'hui son texte le plus connu.

Assurément, Klages n'affronterait pas sans critique les écologistes actuels; il leur repro-cherait d'élever la voix non pas en raison d'un amour altruiste de la nature mais d'abord en raison d'un angoisse existentielle égoïste.

Ludwig Klages et Stefan George

Outre Schuler et Klages, le cercle des "Cos-miques" à Munich comptait aussi parmi ses membres le poète Karl Wolfskehl, lui aussi ami de Stefan George. C'est ainsi que George entra dans le "cercle cos-mi-que" mais Klages, en revanche, n'était pas ‹comme on peut parfois le lire‹ membre du cercle de George. Klages, qui lui-même dans sa jeunesse avait écrit des poèmes, publia à plusieurs reprises des textes dans les Blätter für die Kunst  ("Feuillets pour l'art") de George. Ses relations avec George ont connu des mutations abruptes; elles ressemblent fort à celles entre Nietzsche et Richard Wagner. Nietzsche voyait à l'origine en Wagner l'incar-nation de son idée du musicien dionysiaque et il le magnifiait mais sa vénération se changea plus tard en récusation hostile. Klages vit à l'orgine en George l'incarnation de son idée de poète visionnaire, dionysiaque, instruit de la vie et il écrivit sur lui un petit livre élogieux; mais il s'en éloigna de plus en plus jusqu'à le rejetter totalement lorsqu'il crut reconnaître chez lui des tendances toujours plus manifestes d'une vo-lonté orientée vers la puissance et la domi-na-tion.

L'autre époque de la vie de Klages, qui aujourd'hui agite les esprits, est celle marquée du sceau du National-Socialisme. On sait à quel point le Troisième Reich a courtisé les grands esprits de l'Allemagne d'alors et a essayé de s'en servir. George devait  devenir le poeta laurea-tus, et pourtant (il vivait alors à l'étranger), il n'a pas estimé que ces invitations intéressées mé-ritaient réponse.

De la même façon, les autorités nationales-socialistes auraient aimé voir Thomas Mann revenir au pays, avec sa gloire internationale. On sait comment cela échoua. Elles voulaient élever Albert Bassermann au rang de premier acteur d'Etat mais à une condition: jouer à l'avenir sans sa femme qui était juive; et lui aussi refusa et resta à l'étranger. Klages également (dont les idées "anti-intellectualistes" et l'exaltation des forces du sang peuvent être considérées comme des principes incontesta-blement nationaux-socialistes et recevaient de ce fait bon accueil) serait sûrement devenu un philosophe officiel. Heidegger, on le sait, était recteur national-socialiste de l'Université de Fribourg.

Klages sous le national-socialisme

Kasdorff démontre que Klages, dès le début, a méprisé l'hitlérien ordinaire et a mis en garde contre lui. De plus, il fut attaqué et rejeté par Rosenberg si bien que son aura officielle sous le Troisième Reich fut pour le moins controversée. Toujours est-il qu'on fit appel à lui sous le Troisième Reich pour prononcer des confé-ren-ces à l'université de Berlin (lui qui n'avait jamais obtenu de chaire). Il y trouva un très large écho parmi les étudiants (aux dépens du philosophe national-socialiste Alfred Bäumler qui professait alors). Kasdorff montre combien il est difficile d'appréhender la diversité de toute l'époque hitlérienne et combien il est ardu de porter un jugement global et honnête sur les événements de l'époque, parce qu'il n'est plus possible de reconstruire quelque chose aujour-d'hui avec objectivité. En tout cas, Klages a mis en exergue, dans le National-Socialisme, la "volonté de puissance" et l'a récusée avec détermination. Naturellement, il y  avait sous le Troisième Reich, y compris au sein des ins-tances officielles, des hommes d'opinions politiques et de sensibilités différentes. Il faut donc tenir compte des opportunismes et des tra-vestissements dictés par la prudence et la ruse. En tout cas, le chercheur, qui se penche sur le passé, découvrira maints rapports entre Klages et ses disciples non seulement avec des groupes nationaux-socialistes mais aussi avec des grou-pes de résistance poursuivis par la suite. Il n'est pas un disciple de Klages, devenu célèbre, à qui l'on ait épargné les remarques soupçonneuses, le mouchardage, l'inter-diction de travail, les pour-suites. Klages lui-même ne s'est jamais reconnu dans le National-Socialisme. Le juger "pré-fas-ciste" ne peut être que de la calomnie malveil-lante. Aujourd'hui, la plupart des critiques sé-rieux s'accordent pour reconnaître qu'il n'appar-te-nait pas à cette mouvance.

Fait significatif: c'est l'historien marxiste de la littérature, Georg Lukacs, qui a énoncé la thèse selon laquelle Klages serait responsable de l'idéologie nationale-socialiste. Assurément, on trouve dans ses écrits des remarques critiques à l'encontre de la judéité; dans l'introduction au "testament" de Schuler, publiée par lui en 1940, il y a quelques réflexions dont le ton est for-tement antisémite et que l'on a décrites par la suite comme une "erreur indélébile" et un "regrettable écart de langage" de la part d'un philosophe septuagénaire. Kasdorff tente, il est vrai, de donner une explication psychologique: Klages était agressif, il agissait parfois sous la dictée d'une rage froide; souvent hyper-sensible à la critique inadéquate, il réagissait sans mesure, presque inconciliable dans la dispute; Klages se sentait attaqué injustement par des membres israëlites du cercle George. De plus, Klages était un homme avec ses contradictions et il possédait d'étranges traits de caractère. Klages qui, autrefois, avait cru avec Schuler à une régénération  de la vie, fut, à la fin, secoué par un pessimisme profond en ce qui concerne le développement ultérieur de l'humanité. Il ne croyait pas aux bienfaits du progrès et prévoyait un chute quasi apocalyptique. Il partageait avec Karl Jaspers ‹que Klages a hautement apprécié en dépit de toutes leurs différences philo-sophiques‹ la conviction que l'optimisme n'é-tait plus justifié. L'influence de Klages a donc été très grande, quand bien même elle ne fut pas toujours notoire et reconnue.

L'impact de Klages

Ses idées ont porté leurs fruits dans les domaines les plus divers (pédagogie, médecine, investigation du conte, éthique, littérature, his-toire de l'art, linguistique, art populaire, pour n'en citer que quelques-uns). Ses adversaires éga-lement se sont servis de ses idées. C.J. Buckhardt a déclaré que Klages avait été le premier à montrer la destruction de la substance spirituelle et en 1952, voici ce qu'il lui écrivit: "on vous a pillé, comme l'homme tombé aux mains des brigands". Herman Hesse, Max Weber et Walter Benjamin, entre autres, font partie de ces hommes reconnaissants qui ont attesté son influence et reconnu son importance.

Etre controversé, c'est aussi détenir pour soi un critère d'importance. Personne n'entame de débat au sujet d'esprits dénués d'importance. Il faut citer encore un témoignage de poids: le dessinateur Alfred Kubin a dit de Klages qu'il était un "phénomène fascinant, un chercheur de premier ordre, pour moi, le psychologue le plus important d'aujourd'hui".

Klages mérite notre reconnaissance et nous devrions lui rendre justice. Notre monde privé de dieux, abandonné des dieux va sombrer: ce n'est pas une raison pour oublier les génies d'antan. La décadence, on ne peut l'affronter qu'avec une courageuse affliction. C'est dans ce sens que conclut Kasdorff avec ces mots si humains et si saisissants: "Il est certain que le souvenir tisse encore ses fils; et il y a peu de temps encore, il y avait Mozart, Goethe et Caspar David Friedrich. Mais à chaque prin-temps, moins d'hirondelles nous reviennent. Les signes sont mauvais. Même le profane le voit et le sent: le désert croît et maintes choses an-noncent l'ère de la glaciation intérieure. La "com-munication" que souhaitent nos socio-lo-gues devrait bientôt connaître des difficultés. Mais pendant un temps, il sera encore permis de se souvenir et nombreux sont ceux qui plantent encore un arbre".

Martin KIESSIG.
(article paru dans  Criticón, n°51, Jan.-Feb. 1979; traduction française: Marie-France Gi-rod; Adresse actuelle de Criticón: Knöbel-straße 36/0, D-8000 München 22; tel.: (089) 29 98 85.
 

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Commentaires

une traduction française serait la bienvenue... en vue du 100e anniversaire (ça laisse un peu plus de trois ans pour traduire) :
MENSCH UND ERDE
Ludwig Klages

Jede Zeit und zumal die unsre hat ihre Schlagworte, mit denen sie ihre Tendenzen gleichwie mit Trommelwirbeln verlautbart, die Stimme des Zweifels in den Reiben ihrer Anhänger betäubend und aus den Unparteiischen immer neue Züge um ihre Fahne scharend. Die drei stärksten der heutigen lauten "Fortschritt", "Kultur" und "Persönlichkeit", so jedoch, daß der Fortschrittsgedanke als allein der Gegenwart eigentümlich die beiden andern trägt und ihnen im herrschenden Denken die charakteristische Farbe leiht. Sie meint also, sich überlegen zu fühlen so den Naturvölkern als nicht minder den ihr voraufgegangenen Geschichtsabschnitten, und hat auf die Frage, worauf sie das gründe, die Antwort bereit: die Wissenschaft stehe auf nie zuvor erreichter Höhe, die Technik beherrsche die Natur, vor der jede frühere Menschheit ratlos zuriickgewichen sei, aus den unerschöpflichen Vorräten der Erde speise sie planmäßig das allgemeine Wohl, Baum und Zeit durchdringe mit der Fernsprechenden Ätherwelle der Geist und sogar das grenzenlose Luftmeer habe nun endlich sein Erfindergenie "erobert". Nicht für überzeugte Bekenner dieses Glaubens, die mit ihm sterben werden, wohl aber für ein jüngeres Geschlecht, das noch fragt, wollen wir versuchen, wenigstens an einer Stelle den Schleier zu lüften und die bedrohliche Selbsttäuschung aufzudecken, die er verhüllt.
Auch wem die furchtbaren Folgen noch fremd geblieben, die der Leitgedanke des "Fortschritts" gezeitigt hat, müßte angesichts jener Gründe stutzig werden. Dem antiken Hellenen war Höchsterwünsdites die "Kalokagathie", das ist die innere und äußere Menschenschönheit, die er im Bilde der Olympier sah; dem Mittelalter das "Heil der Seele", worunter es die geistige Erhebung zu Gott verstand; dem Goetheschen Menschen die Vollkommenheit der Haltung, die "Meisterschaft" lm Wechsel der Geschicke; und, wie verschieden solche Ziele, wir verstehen ohne weiteres das tiefe Glück in der Erreichung eines jeden. Worauf aber der Fortsthrittler stolz ist, sind bloße Erfolge, sind Machtzuwachse der Menschheit, die er gedankenlos mit Wertzuwachsen verwechselt, und wir müssen bezweifeln, ob er ein Glück zu würdigen fähig sei und nicht vielmehr nur die leere Befriedigung kenne, die das Bewußtsein der Herrschaft gibt. Macht allein ist blind gegen alle Werte, blind gegen Wahrheit und Recht und, wo sie diese noch zulassen mull, ganz gewiß blind gegen Schönheit und Leben. Wir knüpfen bei unsrer Gegenrechnung an Wohlbekanntes an.
Die Höhe der Wissenschaft sei zugegeben, wie wenig sie auch vor jeder Anfechtung sicher ist; die der Technik steht außer Zweifel. Was aber sind davon die Früchte, nach denen wir gemäß einem weisen Bibelwort den Wert alles menschlichen Tuns ermessen sollen? Beginnen wir mit solchen Erscheinungsformen des Lebens, deren Lebendigkeit niemals bestritten wurde, mit den Pflanzen und Tieren. Die alten Völker träumten von einem verlorenen "goldenen Zeitalter" oder Paradiese, wo der Löwe friedlich mit dem Lamm, die Schlange als prophetischer Schutzgeist mit dem Menschen hauste. Das sind so ganz nicht Träume gewesen, wie es uns jene Irrlehre glauben macht, die aus der Natur immer nur eines herauslas, den schrankenlosen "Kampf ums Dasein".
Polarforscher erzählen uns von der furchtlosen Zutraulichkeit der Pinguine, Rentiere, Seelöwon, Robben, ja der Möwen beim ersten Erscheinen des Menschen. Pioniere der Tropen werden nicht müde, uns mit Erstaunen die Bilder kaum betretener Steppen zu entrollen, wo in friedlicher Gesellung durcheinander wimmeln Wildgänse, Kraniche, Ibisse, Flamingos, Reiher, Störche, Marabus, Giraffen, Zebras, Gnus, Antilopen, Gazellen. Von den eigentlichen Symbiosen vollends wissen wir, daß sie durch das ganze Tierreich und über die ganze Erde verbreitet sind. Wo aber der Fortschrittsmensch die Herrschaft antrat, deren er sich rühmt, hat er ringsumher Mord gesät und Grauen des Todes. Was blieb bei uns z.B. von der Tierwelt Germaniens? Bär und Wolf, Luchs und Wildkatze, Wisent, Elch und Auerochs, Adler und Geier, Kranich und Falke, Schwan und Uhu waren zur Fabel geworden, ehe noch der moderne Vernichtungskrieg einsetzte. Der aber hat gründlicher aufgeräumt. Unter dem schwachsinnigsten aller Vorwände, daß unzählige Tierarten "schädlich" seien, hat er nahezu alles ausgerottet, was nicht Hase, Rebhuhn, Reh, Fasan und allenfalls noch Wildschwein heißt. Eber, Steinbock, Fuchs, Marder, Wiesel, Dachs und Otter, Tiere, an deren jedes die Legende uralte Erinnerungen knüpft, sind zusammengeschmolzen, wo nicht schon völlig dahin; Flußmöwe, Seeschwalbe, Kormoran, Taucher, Reiher, Eisvogel, Königsweib., Eule rücksichtsloser Verfolgung, die Robbenbänke der Ost- und Nordsee der Vertilgung preisgegeben. Man kennt mehr als zweihundert Namen deutscher Städte und Dörfer, die vom Biber stammen, ein Beweis für die Ausbreitung des fleißigen Nagers in früheren Zeiten; heute gibt es noch wenige Restkolonien: in der Elbe zwischen Torgau und Wittenberg, die auch schon verschwunden wären ohne gesetzlichen Schutz! Und wer gewahrt nicht heimlicher Angst die von Jahr zu Jahr schnellere Abnahme unserer lieblichen Sanger, der Zugvögel! Noch vor knapp einem Menschenalter war selbst in den Städten zur Sommerszeit die blaue Luft vom Schwirren der Schwalben und Segler voll, ein Laut, durch den die Verne und aller Wandertrieb zu ziehen scheint. Damals zählte man in einem Vorort Münchens an dreihundert bewohnte Nester, heute sind es noch vier oder fünf. Sogar auf dem Lande ist es unheimlich still geworden, und es schlagen auch nicht mehr wie an jedem taufrischen Morgen in den jubelnden Dichtungen Eichendorffs "unzählige Lerchen". Schon muss man es zu den Glücksfällen rechnen, wenn man auf entlegener" Waldespfad aus sonnigem Wiesengrunde einmal wieder den lichten und ahnungsvollen Ruf der Wachtel hört, die früher zu Tausenden und Aber-tausenden die deutschen Gaue erfüllte und in Liedern des Volkes wie der Dichter lebt. EIster, Specht, Pirol, Meise, Rotschwänzifhen, Grasmiicke, Nachtigall, sie alle schwinden, wie es scheint unaufhaltsam dahin.1
Die Mehrzahl der Zeitgenossen, in Großstädten zusammengesperrt und von Jugend auf gewöhnt an rauchende Schlote, Getöse des Straßenlärms und taghelle Nächte, hat keinen Maßstab mehr für die Schönheit der Landschaft, glaubt schon Natur zu sehen beim Anblick eines Kartoffelfeldes und findet auch höhere Ansprüche befriedigt, wenn in den mageren Chausseebäumen einige Stare und Spatzen zwitschern. Rührt aber doch einmal vom Klingen und Duften deutscher Landschaft, wie sic noch vor etwa siebenzig Jahren war, aus Wort und Bild jener Tage ein Hauch die verödeten Seelen an, so gibt es alsbald wieder wetterfeste Redensarten genug von "wirtschaftIicher Entwicklung", Erfordernissen des "Nutzens", unvermeidlichen Nöten des kulturellen Prozesses, um den mahnenden Vorwurf zu bannen. Da ist es denn nötig, daß wir den Kreis unsrer Betrachtung etwas erweitern.
Wir lassen dahingestellt, woher denn die dürre Nützlichkeit das Recht nimmt, sich zum obersten Grundsatz alles Handelns und die traurigsten Verheerungen berechtigt zu machen. Wir wollen auch nicht wiederholen, was bald Gemeingut des Wissens ist, daß in keinem, aber auch keinem Falle der Mensch die Natur mit Erfolg korrigieren konnte. Wo die Singvögel schwinden, vermehren sich maßlos blutsaugende Insekten und schädliche Raupen, die oft schon in wenigen Tagen Weinberge und Wälder kahl gefressen; wo man die Bussarde abschießt und die Kreuzottern ausrottet, kommt die Mauseplage und verdirbt durch Zerstörung der Hummelnester den zu seiner Befruchtung auf diese Insektenart angewiesenen Nee; das größere Raubzeug besorgte die Auslese unter dem Jagdwild, welches durch Fortpflanzung kranker Stücke entartet, wo seine natürlichen Feinde fehlen; und so geht es fort bis zu den schlimmeren Rückschlägen der verwundeten Natur exotiseher Länder in Gestalt jener furchtbaren Seuchen, die sieh an die Ferse des "zivilisierenden" Europäers heften. Entstand doch z.B. die ostasiatische Pest wesentlich infolge des massenhaften Vertriebs keimebergender Teile dortiger Nager, wie des sibirischen Murmeltiers. Das alles wollen wir beiseite lassen, um mit wenigen Beispielen nur den einen und entscheidenden Punkt zu beleuchten, daß der Nutzen, auf den man pocht, nicht das mindeste mit stofflicher Notdurft zu schaffen hat.
Was der Reichsdeutsche Hochwald nennt, ist jung aufgeforstetes Stangenholz; der wirkliche Hochwald aber, der bei uns zur frommen Sage wurde, geht auf dem ganzen Erdball seinem Ende entgegen. Das zur Indianerzeit waldreichste aller Festländer, Nordamerika, muß seinen Holzbedarf heute durch Einfuhr decken; und die einzig noch ausführenden Länder, Ungarn, Rußland, Skandinavien und Kanada, werden bald ihres Oberflusses ledig sein. Die "fortgeschrittenen" Völker, im ganzen genommen, brauchen alljährlich rund dreihundertfünfzigtausend Tonnen Holz zur Papierbeschaffung, damit durchschnittlich alle zwei Minuten ein Buch und mindestens jede Sekunde nine Zeitung erscheine, so groß nämlich ungefähr ist die Erzeugung dieser Artikel im Umkreis der "Zivilisation". Man beweise uns die Notwendigkeit, daß die Menschheit mit Milliarden schlechter Zeitungen, Schmähschriften, Schauerromanen überschwemmt werde; und wenn man es nicht kann, so ist die Rodung der Urwälder nackter Frevel.2 Die Italiener fangen und morden auf grausame Weise alljährlich Millionen an ihren Küsten erschöpft einfallender Zugvögel; und was sie davon nicht selbst verspeisen, das füllt ihre Beutel durch Ausfuhr nach England und Frankreich, Da Zahlen deutlicher sprechen; ein einziger Schiffstransport brachte 1909 beispielsweise zweiundsiehzigtausend lebende Wachteln, in enge Käfige gepfercht, nach England, wo die armen Tiere in kläglichem Zustande für die Liebhaber geschlach¬tet wurden. Auf der Sorrentiner Halbinsel fängt man ihrer lebendig Jahr für Jahr his zu fünfhunderttausond. Die durchschnittliche Vernichtungszif¬fer für Ägypten beläuft sich auf ungefähr drei Millionen, nicht gerechnet die unzähligen Lerchen, Ortolane, Grasmücken, Schwalben, Nachtigallen!3 Dem Wohlleben und dem Geschäft, nicht aber dem Hunger fallen die gefiederten Sanger zum Opfer.4 Noch weit grauenvollere Verheerungen richtet die Mode an, will sagen die Gewinnlust einiger Schneider und Händler, deren dürftige Erfindungsgabe vom Satan selber eingeblasen erscheint. Hier ein Auszug aus dem "Cri de Paris"5: "Die Pariser Putzmacherinnen verarbeiten jedes Jahr bis zu vierzigtausend Seeschwalben und Möwen. Ein Londoner Händler verkaufte im vorigen Jahr zweiunddreißigtausend Kolibris, achtzigtausend verschiedene Seevögel und achthunderttausend Paar Vogelfliigel der verschiedensten Arten. Man darf annehmen, daß jedes Jahr nicht weniger als dreihundert Millionen Vögel für die Frauenmode geopfert werden. Es gibt Länder, die bestimmte Vogelarten, welche eine besondere Erscheinung der betreffenden Gegenden bildeten, vollständig verloren haben. Damit die Schwungoder Flaumfedern ihren Glanz bewahren, darf man nur lebende Vögel rupfen; man macht daher auf die armen Tiere nicht mit der Flinte Jagd, sondern mit dem Netze. Der unmenschliche "Jäger" reißt den gefangenen Vögeln die Federn vom Leibe, und die unschuldigen Opfer der Mode müssen die größten Martern erdulden, ehe sie unter krampfhaften Zuckungen den Tod finden." Dergleichen haßt die Menschheit, die sich die gesittete nennt, stumpfsinnig geschehen, und während ein unerhörtes Morden sich um die Erde wälzt, prunken die Frauen gedankenlos mit den traurigen Trophäen einher. Es braucht nicht betont zu werden, daß alle aufgezählten Arten und viele andre, darunter der farbenstrahlende Paradiesvogel und der schwingenmächtige Albatros, dem Aussterben nahe sind. Und das gleiche Schicksal droht über kurz. oder lang alien Tiergeschlechtern, soweit sie der Mensch nicht gezüchtet oder verhäuslicht hat. Die Milliarden Pelztiere Nordamerikas, die unzähligen Blaufüchse, Zobeltiere, Hermeline Sibiriens erliegen den Exzessen der Mode. Seit im Jahre 1908 in Kopenhagen eine Aktiengesellschaft entstand "zum Betrieb von Walfischfang in großem Stile und nach einer neuen Methode", nämlich mit schwimmenden Fabriken, welche die erlegten Tiere sogleich verarbeiten, wurden im Laufe der beiden folgenden Jahre rund fünfhunderttausend dieses größten Säugers der Erde hingeschlachtet, und der Tag ist nahe, wo der Wal der Geschichte und den Museen angehört. Jahrtausendelang durchstreifte zu Millionen der amerikanische Büffel, das liebste Jagdwild des Indianers, die Prärie. Kaum aber, daß der "fortgeschrittene" Europäer das Land betreten, so begann ein entsetzliches und sinnloses Morden, und heute ist es mit dem Bison aus und vorbei, Das nämliche Trauerspiel wiederholt sich zur Zeit in Afrika. "Um die sogenannte Kulturmenschheit mit Billardkugeln, Stockknöpfen, feinen Kämmen und Fächern und ähnlich ungeheuer nützlichen Gegenständen zu versehen, werden nach den neuesten Berechnungen des Pariser Forschers Tournier achthunderttausend Kilogramm Elfenbein jährlich verarbeitet, Das ist gleichbedeutend mit der Niederrnetzelung von fünfzigtausend der gewaltigsten Tiere der Welt. Nach den neuesten Mitteilungen hat von dem Augenblick an, wo der Kongostaat die Verwaltung des Bezirks Lade aufgab, eine englische Jagdgesellschaft eine Elefantenherde von achttausend Köpfen umzingelt und niedergemacht, die Weibchen und Jungen eingeschlossen."6 Im gleichen Stil werden schonungslos hingemor¬det Antilopen, Nashörner, Wildpferde, Känguruhs, Giraffen, Strauße, Gnus in den tropischen, Eisbären, Moschusochsen, Polarfüchse, Walrosse, See¬hunde in den arktischen Zonen. Eine Verwiistungsorgie ohnegleichen hat die Menschheit ergriffen, die "Zivilisation" trägt die Züge entfesselter Mordsucht., und die Fülle der Erde verdorrt vor ihrem giftigen Anhauch. So also sehen die Früchte des "Fortschritts" aus!
Sie sind, wie gesagt, bekannt. Wohlmeinende und warmherzige Männer haben in den letzten zehn Jahren wieder und wieder die warnende Stimme erhoben und suchen durch Natur- und Ileimatschutzbünde dem Übel zu steuern; nicht bekannt aber ist die tiefste Ursache und die ganze Tragweite des Unheils. Bevor wir jedoch darauf eingehen, fahren wir in. unserer Anklage fort.
Wir brauchen es nicht zu entscheiden, ob das Leben über die Welt der Eigenwesen hinausreiche oder nicht, ob die Erde, wie es der Glaube der Alten wollte, ein lebendes Wesen oder aber (nach der Ansicht der Neueren) ein unfühlender Klumpen "toter Materie" sei; denn soviel steht fest, daß Gelände, Wolkenspiel, Gewässer, Pflanzenhülle und Geschäftigkeit der Tiere aus jeder Landschaft ein tieferregendes Ganze wirken, welches das Einzellebendige wie in einer Arche umfängt, es einverwebend dem großen Geschehen des Alls. Im Tönesturm des Planeten unentbehrliche Akkorde sind die erhabene Öde der Wüste, die Feierlichkeit des Hochgebirges, die ziehende Wehmut weiter Heiden, das geheimnisvolle Weben des Hochwaldes, das Pulsen seeblitzender Küstenstriche. Ihnen betteten sich ein oder es blieben träumend mit ihnen ver¬sclrrnoizen die ursprünglichen Werke des Menschen. Ob wir den Blick auf den mahnenden Tiefsinn richten der Pyramiden, Sphinxreihen, lotosknäufigen Säulen Ägyptens, auf die scheinhafte Zierlichkeit chinesischer Glockentürme, die gegliederte Klarheit hellenischer Tempel oder auf die warme Heimlichkeit des niederdeutschen Bauernhauses, die Steppenfreiheit des Tatarenzeltes, sie atmen ein jedes und offenbaren die Seele der Landschaft, aus der sie emporgewachsen. Wie sich die früheren Völker gern Erdentsprossene nannten, so ist in Form und Farbe erdentsprossen alles, was sie schufen, von den Wohnstätten an bis zu den Waffen und Hausgeräten, den Dolchen, Speeren, Pfeilen, Axten, Schwertern, den Ketten, Spangen und Ringen, den formschönen und zierdereichea Gefäßen, den Kiirbisnäpfen und Kupferschalen, den tausendfältigen Geflechten und Geweben. Schrecklicher noch, als was wir bisher gehört, wenn auch vielleicht nicht ganz im gleichen Maße unverbesserbar, sind die Wirkungen des "Fortschritte" auf das Bild besiedelter Gegenden. Zerrissen ist der Zusammenhang zwischen Menschenschöpfung und Erde, vernichtet für Jahrhunderte, wenn nicht für immer, das Urlied der Landschaft. Dieselben Schienenstränge, Telegraphendrähte, Starkstromleitungen durchschneiden mit roher Geradlinigkeit Wald und Bergprofile, sei es hier, sei es in Indien, Ägypten, Australien, Amerika; die gleichen grauen vielstöckigen Mietskasernen reihen sich einförmig aneinander, wo immer der Bildungsmensch seine "segenbringende" Tätigkeit entfaltet; bei uns wie anderswo werden die Gefilde "verkoppelt", d.h. in rechteckige und quadratische Stücke zerschnitten, Gräben zugeschüttet, blühende Hecken rasiert, schilf¬umstandene Weiher ausgetrocknet; die blühende Wildnis der Borste von ehedem hat ungemischten Beständen zu weichen, soldatisch in Reihen gestellt und ohne das Dickicht des "schädlichen" Unterholzes; aus den Flußläufen, welche einst in labyrinthischen Krümmungen zwischen üppigen Hängen glitten, macht man schnurgerade Kanäle; die Stromschnellen und Wasserfälle, und wäre es selbst der Niagara, haben elektrische Sammelstellen zu speisen; Wälder von Schloten steigen an ihren Ufern empor, und die giftigen Abwässer der Fabriken verjauchen das lautere Naß der Erde, kurz, das Antlitz der Festländer verwandelt sich allgemach in ein mit Landwirtschaft durchsetztes Chicago! „O mein Gott”, rief schon vor hundert Jahren der ritterliche Achim von Arnim aus, "wo sind die alten Bäume, unter denen wir noch gestern ricrteten, die uralten Zeichen fester Grenzen, was ist damit geschehen, was geschieht? Fast vergessen sind sie schon unter dem Volke, schmerzlich stoßen wir uns an ihren Wurzeln. Ist der Scheitel hoher Berge nur einmal ganz abgeholzt, es wächst da kein Holz wieder; daß Deutschland nicht so verwirtschaftet werde, sei unser Bemühen!" Und Lenau faßte die landschaftlichen Eindrücke, die er in unserer Heimat empfangen, in die Worte zusammen, man habe die Natur an der Gurgel gepackt, daß ihr das Blut aus allen Poren spritzte. Was würden diese Männer heute sagen! Heute zögen sie es vielleicht vor, gleich Heinrich von Kleist eine Erde zu verlassen, die ihr ent¬arteter Sohn, der Mensch, solchermaßen geschändet hat. "Die Verwüstungen des Dreißigjährigen Krieges haben nicht so gründlich in Stadt und Land mit dem Erbe der Vergangenheit aufgeräumt wie die Übergriffe des modernen Lebens mit seiner rücksichtslos einseitigen Verfolgung praktischer Zwecke."7 Was aber das heuchlerische Naturgefiihl der sogenannten Touristik anlangt, so brauchen wir wohl kaum noch auf die Verwüstungen hinzuweisen, welche die "Erschließung" weltfremder Küsten und Gebirgstäler nach sich zog. Das alles wurde ja wieder und wieder, obwohl vergeblich, ausgesprochen, mustergültig schon 1880 durch den trefflichen Rudorff, auf dessen Aufsatz "Über das Verhältnis des modernen Lebens zur Natur" (wiederabgedruckt in der Zeitschrift für Heimatschutz 1910, Heft 1) wir jedermann nachdrücklich hinweisen wollen.
Aber mit alledem nicht genug, die Wut der Vertilgung hat auch durch die Menschheit ihre blutige Furche gezogen. Dahingeschwunden sind ganz oder nahezu, weil entweder niedergemacht und ausgehungort oder zu hoffnungs¬losem Siechtum verurteilt durch die Geschenke des "Fortschritts": Branntwein, Opium, Syphilis, die Naturvölker. Aus und vorbei ist es mit den Indianern, vorbei mit den Urbewohnern Australiens, vorbei mit allen besten der polynesisehen Stämme; die tapfersten Negervölker widerstreben und erliegen der "Zivilisation"; und soeben erlebten wir es, daß Europa gleichmütig zusah, wie sein letztes Urvolk, die Albaner, die "Adlersöhne", die ihren Stamm bis auf die sagenhaften "Pelasger" zurückführen, von den Serben zu Tausenden und Abertausenden planmäßig umgebracht wurden.Wir täuschten uns nicht, als wir den "Fortschritt" leerer Machtgelüste verdächtig fanden, und wir sehen, daß Methode im Wahnwitz der Zerstörung steckt. Unter den Vorwänden von "Nutzen", "wirtschaftlicher Entwicklung", "Kultur" geht er in Wahrheit auf Vernichtung des Lebens aus. Er trifft es in allen seinen Erscheinungsformen, rodet Wälder, streicht die Tiergeschlechter, löscht die ursprünglichen Völker aus, überklebt und verunstaltet mit dem Firnis der Gewerblichiceit die Landschaft und entwürdigt, was er von Lebewesen noch überläßt, gleich dem "Schlachtvieh" zur bloßen Ware, zum vogelfreien Gegenstande eines schrankenlosen Beutehungers. In seinem Dienste aber steht die gesamte Technik und in deren Dienste wieder die weitaus größte Domäne der Wissenschaft.
Hier halten wir einen Augenblick inne. Irgendwie gehört zur Natur auch der Mensch; manche meinen sogar, er gehöre ihr völlig zu, was zwar, wie wir sehen werden, ein Irrtum ist; jedenfalls aber Iebt doch auch er, und wenn etwas in ihm mit dem Lehen streitet, so stritte es nicht zuletzt mit ihm selbst. Unsre Beweiskette müßte des wichtigsten Gliedes entbehren, wenn wir nicht auch noch Beispiele böten für die Selbstzersetzung des Menschentums.
Die Totenliste, die hier zu schreiben ware, um auch nur das Widitigste namhaft zu machen, überträfe noch weit die der Tiere, daher es genügen mag, aufs Geratewohl ein paar Haupttatsachen herauszugreifen. Wo sind die Volksfeste und heiligen Bräuche geblieben, dieser jahrtausendelang unversiegbare Born für Mythos und Dichtung: der Flurumritt zum Gedeihen der Saaten, der Zug der Pfingstbraut, der Fackellauf durch die Kornfelder! Wo der verwirrende Reichtum der Trachten, in denen jedes Volk sein Wesen, dem Bilde der Landschaft eingepaßt, zum Ausdruck brachte! Für die reichen Gehänge, bunten Mieder, gestickten Westen, metallschweren Gürtel, leichten Sandalen oder die togaartigen Überwürfe, faltigen Turbane, fließenden Kimonos beschert die "Zivilisation" auf der ganzen Erde den Männern das Grau des Sakko¬anzuges, den Frauen die neueste Pariser Mode! Wo endlich blieb das Volkslied, der uralt ewig neue Liederschatz, der alles Menschenwerden und vergehen sänftigend wie ein silbernes Gespinst verbarg! Hochzeit und Leichen-feier, Rache, Krieg und Untergang, Zetherübermut und Wandersinn, Reiterkeckheit, Kindsgefühl und Mutterlust atmeten und strömten in unerschöpflichen Liedern, bald zu heißer Tat entfachend, bald in den Schlummer des Vergessens wiegend. Man dichtete und sang heim Tanz, beim vollen Becher, bei Abschied und Wiederkehr, bei Weihung und Zauberspruch, im Dümmer der Spinnstuben, vor der Schlacht, an der Bahre des Gefallenen, man reizte sich auf durch Spottlieder, focht Zwiste in Wettgesängen aus, umwob mit dunkelheller Poesie Gebirge, Quell und Strand), Haustier, Wild und Pflanze, Wolkenzug und Regenguß. Und, was uns heute nachzufühlen fast schon versagt ist, sogar die Arbeit wurde zur Feier. Nicht im Wandern und bei festlichen Gelagen nur, man sang auch beim Winden des Ankers und zum Rhythmus des Rudersehiages, beim Tragen schwerer Lasten und beim Treideln der Schiffe, beim Binden der Fässer, zum Takt des Schmiedehammers, heim Streuen der Saat, beize. Muhen, Dreschen, Mahlen der Körner, beim Flachsbrechen, Weben und Flechten. Nicht nur ergrauen ließ der "Fortschritt" das Lohen, er hat es auch stumm gemacht. Doch nein wir vergaßen, daß er demtoten Urgesang den Gassenhauer folgen ließ, die Operettenmelodie und süßliche Weise des Kabaretts, daß er die urgewachsenen Tonwerkzeuge wie die spanische Gitarre, italienische Mandoline, finnische Kantele, südslawische Gusle, russische Balalaika durch Klavier und Grammophon ersetzte!8 So hätten wir denn beisammen die Früchte des "Fortschritts"! Wie ein fressendes Feuer fegte er über die Erde hin, und wo er die Stätte einmal gründlich kahl gebrannt, da gedeiht nichts mehr, solange es noch Menschen gibt! Vertilgte Tier- und Pflanzenarten erneuern sich nicht, die heimliche Herzenswärme der Menschheit ist aufgetrunken, verschüttet der innere Born, der Liederblüten und heilige Feste nährte, und es blieb eintürrischkaiter Arbeitstag, mit dem falschen Flitter, lärmender "Vergnügungen" angetan. Kein Zweifel, wir stehen im Zeitalter des Unterganges der Seele.
Wie gäbe es aber unter solchen Umständen noch, große Persönlichkeiten! Wir verkennen gewiß nicht den Wert der Erfindungsgabe an den Meistern der Technik, nicht des Rechentalents an den Fürsten des Großgewerbes; aber auch, wenn man dergleichen auf die nämliche Stufe höhe mit lebendiger Schöpferkraft, so bleibt es doch sicher, daß es niemals imstande wäre, das Leben zu bereichern. Die gescheiteste Maschine hat nur Bedeutung im Dienste eines Zweckes, nicht an sich selbst, und der umfangreichste Gewerbeverband der Gegenwart ist in tausend Jahren ein Nichts, indes die Gesänge Homers, die Weisheitsworte Heraklits, die Tonwerke Beethovens zum nie veraltenden Schatz des Lebens gehören. Wie traurig aber sieht es jetzt mit unserem Denker- und Dichtertum aus, das man einst mit Recht an uns rühmte! Wen haben wir noch, seit die Veteranen des Geistes und der Tat auf allen Gebieten von uns schieden: die Burckhardt, Böcklin, Bachofen, Mommsen, Bismarck, Keller, seit auch Nietzsche, einem letzten Auflodern alter Gluten vergleichbar, spurlos und ohne Nachfolge dahinging! Leer ist es auf dem Parnaß, in der Politik und in der Weisheitslehre geworden, von der ganz verrotteten Kunst zu schweigen. Steigen wir gar auf den Plan des Alltags herab, so enthüllt sich die Redensart von "Persönlichkeit" und "Kultur" in ihrer ganzen Nichtigkeit.
Die meisten leben nicht, sondern existieren nur mehr, sei es als Sklaven des "Berufs", die sich maschinenhaft im Dienste großer Betriebe verbrauchen, sei es als Sklaven des Geldes, besinnungslos anheimgegeben dem Zahlendelirium der Aktien und Gründungen, sei es endlich als Sklaven großstädtischen Zerstreuungstaumels; ebenso viele aber fühlen dumpf den Zusammenbruch und die wachsende Freudlosigkeit. In keiner Zeit noch war die Unzufriedenheit größer und vergiftender. Gruppen und Grüppchen schließen eich riieksichtslos zusammen um Sonderinteressen, im zähen Erhaltungskampfe stoßen hart aufeinander Gewerbe, Stände, Völker, Rassen, Bekenntnisse und innerhalb jedes Verbandes wieder voll Eigensucht und Ehrgeiz die Einzelmenschen. Und da der Mensch sich die Welt stets nach dem Bilde des eigenen Zustandes deutet, so glaubt er auch in der Natur ein wüstes Ringen um Macht zu sehen, wähnt sich im Recht, wenn er allein im "Kampf ums Dasein" überblieb, malt sich die Welt nach dem Gleichnis einer großen Maschine, wo immer die Kolben nur stampfen, die Rüder schnurren müssen, damit "Energie" man sieht nicht zu welchem Ende umgesetzt werde; und bringt es mit einem geschwätzigen sogenannten Monismus fertig, das billionenfältige Leben aller Gestirne umzufälseben und herabzuwerten zum bloßen Sockel des menschlichen Ichs. Wie man friiher einmal die Liebe gepriesen oder die Entsagung oder gotttrunkene Entrücktheit, so treibt man heute eine Art Erfolgsreligion und verkündet auf dem Grabe der Vorwelt jenen Kleinleuteglauben, den Nietzsches glühender Hohn vorweggenommen, als er seinen "letzten Menschen" mit Augenblinzeln sagen ließ: "Wir haben das Glück erfunden!"
Die seichten Irrtümer all dieser Systeme, Sekten und Richtungen werden freilich nicht von langer Dauer sein. Die Natur kennt keinen "Kampf ums Dasein", sondern nur den aus der Fürsorge für das Leben. Viele Insekten sterben nach dem Begattungsvorgang, so wenig legt die Natur auf Erhaltung Gewicht, wenn nur in ähnlichen Formen die Woge des Lebens weiterrollt. Was ein Tier das andre jagen und töten läßt, ist das Bedürfnis des Hungers, nicht Erwerbssinn, Ehrgeiz, Machtgeliiste. Hier klafft ein Abgrund, den keine Entwicklungslogik je überbrücken wird. Nie wurden denn Arten durch andre ausgerottet, da jedem Zuviel auf der einen Seite alsbald der Riicicsclhlag folgt, indem durch stärkere Lichtung der Beute dem Feinde die Nahrung ausgeht; sondern ihr Wechsel vollzog sich in riesenhaften Zeiträumen aus planetarischen Gründen und führte eine beständige Vermehrung der Unterformen her-hei. Die Vertilgung Hunderter von Arten in wenigen Menschenaltern läßt keine Vergleichung zu mit dem Aussterben etwa der Saurier oder des Mahnmuts. Ganz geistverlassen vollends ist die Übertragung physikalischer Mengengesetze wie dessen von der Erhaltung der Kraft auf Fragen des Lebens. Noch hat die Retorte keine lebende Zelle hervorgebracht, und wenn sie es täte, so geschähe es nicht durch eine Verknüpfung von "Kräften", sondern weil auch die chemischen Stoffe schon Leben bargen. Leben ist bestfindiger Wiedererneuerung fähige Form; löschen wir diese aus, indem wir die Art vertilgen,so ist die Erde für alle Zeiten um sie verarmt, unbeschadet der sogenannten Erhaltung der Kräfte. Solche Irrlehren werden, wie gesagt, verschwinden, nicht aber die Folgen des realen Ereignisverlaufes, von dem alle Lehrbegriffe ja doch nur der gedankliche Schatten sind. In nichts findet die Meinung derer eine Stütze, welche die geschehene Zerstörung für den Nebenerfolg vorüber-gehender Zustände halten, auf die eine wiederaufbauende Tätigkeit folgen werde. Damit kommen wir zum Sinn einer Vorgangsfolge, die man die "Weltgeschichte" zu heißen pflegt.
Man verfehlt ihn gründlich, wenn man ihn sucht in den Leistungen des "reinen Verstandes", Wir müssen uns der allzu harmlosen Ansicht entschlagen lernen, die Erkenntnis wachse durch die Gelehrten aus sich selbst und jedes Folgegeschlecht mehre in Wissen und Können nur eben die Erbschaft aller verflossenen. Daß die Griechen nicht drahten, kabeln und funken konn¬ten, erklärt das gewöhnliche Vorurteil aus ihrem Minder an physikalischer Wissenschaft. Allein sie bauten Tempel, meißelten Bildsäulen, schnitten Gemmen von einer Schönheit und Zartheit, wie sie uns nicht mehr beschieden ist, die wir doch künstlichste Instrumente zusammenfügen! Ohne Versuche zu machen und gestützt auf alltägliche Wahrnehmungen, hinterließen sie Lehr¬gebäude der Weisheit, die das Denken. der abendländischen Menschheit anderthalb Jahrtausende völlig und noch jetzt zum großen Tail bestimmen. Die lehrbare Tugend des Sokrates kehrt etwas magerer wieder im "kategorischen Imperativ" Kants, die platonische Ideenlehre in der Ästhetik Schopenhauers, das Gedankengerüst der chemischen Atomistik stammt von Demokrit! Ist es angesichts dessen wahrscheinlicher, daß sie Physik nicht trieben aus Unvermögen oder aber, weil sie es garnicht wollten, und dürfte nicht ihre Mystik mancherlei Einsicht bergen, die wir verlernten?! Ein andres Beispiel: Dem uralten Kulturvolk der. Chinesen wären noch heute alle neuzeitlichen Erfin¬dungen fremd, hätten nicht wir sie ihm aufgenötigt. Schlagen. wir aber einen ihrer großen Philosophen auf, die vor drittehalb Jahrtausenden blühten, einen Laotse oder Liä Dsi, so spricht uns ein solcher Tiefsinn der Weisheit an, daß in Vergleichung damit sogar ein Goethe zum Stümper wird. Wenn sie die Wissenschaft nicht besaßen, mit deren Hilfe man Kanonen baut, Gebirge sprengt, künstliche Butter macht, so liegt die Annahme näher, daß sie daran kein Interesse hatten. Hinter der Erkenntnisbemühung stehen fordernd und lenkend die Zwecke der Menschheit, und nur aus der Richtung dieser können wir jene verstehen. Damit die fortschrittliche Forschung der Neuzeit einsetzen konnte, mußte der große Gesinnungswandel vollzogen sein. dessen Ausübungsweise man Kapitalismus nennt.
Daß die glänzenden Errungenschaften der Physik und Chemie einzig dem Kapital gedient, darüber besteht für denkende Köpfe heute kein Zweifel mehr; aber nicht einmal schwer zu erweisen wäre die gleiche Richtung in den herr¬schenden Lehren selbst. Die unterscheidend besondere Leistung der neueren Wissenschaft, die Ersetzung aller Arteigenschaften durch das bloße Mengenverhältnis, wiederholt nur im Sinne der Erkenntnisgestaltung das Grund¬gesetz einer Willensführung, welche den sehimmarnden Farbenreichtum seelischer Werte: des Blutes, der Schönheit, Würde, Inbrunst, Anmut, Wärme, Miitterlichkeit dem erschlichenen Wert jener eingebildeten Macht geopfert, die sich meßbar verkörpert im Geldbesitz. Man hat ja dafür auch das Wort "Mammonismus" geprägt; allein wohl nur wenige sind sich bewußt geworden, daß dieser Mammon ein wirkliches Wesen ist, das sich der Menschheit als eines Werkzeugs bemächtigt, um das Leben der Erde auszutilgen. Darüber sei noch ein aufsehlußgebendes Wort erlaubt.
Wenn schon "Fortschritt", "Zivilisation", "Kapitalismus" nur verschiedene Seiten einer einzigen Willensrichtung bedeuten, so mögen wir uns erinnern, daß deren Träger ausschließlich die Völker der Christenheit sind. Nur innerhalb ihrer wurde Erfindung auf Erfindung gehäuft, bltihte die "exakte", will sagen die zahlenmäßige Wissenschaft und regte sieh riieksichtslos der Erweiterungsdrang, der die außerchristlichen Rassen knechten und die gesamte Natur verwirtschaften will. Im Christentum also müssen die nächsten Ursachen des weltgeschichtlichen "Fortschritts" Iiegen. Nun hat zwar das Chri¬stentum immer Liebe gepredigt, allein man betrachte diese Liebe genauer, und man wird finden, daß sie im Grunde nur mit überredendem Wort vergoldet ein bedingungsloses "Du sollst" der Achtung, und zwar allein des Menschen, des Menschen in vergötterter Gegenstellung zur gesamten Natur. Mit Menschheitsgeltung oder "Humanität" verschleiert das Christentum, was es eigentlich meint: daß alles übrige Leben wertlos sei, außer sofern es dem Menschen diene! Seine "Liebe" hat es vordem nicht gehindert, mit tödlichem Haß den Naturdienst der Heiden zu verfolgen, und hindert es heute nicht, mit Geringschätzung die heiligen Bräuche kindlicher Völker abzutun. Der Buddhismus verbietet bekanntlich die Tötung von Tieren, weil auch das Tier mit uns desselbigen Wesens sei; der Italiener, dem man mit solchem Einwand käme, wenn er Tiere zu Tode martert, antwortet "senza anima" und "non e christiano", denn für den gläubigen Christen gibt es ein Daseinsrecht nurmehr des Menschen. Den altertümlichen Frommsinn, der auch mit dieser Lehre einmal einhergegangen und immer noch Sprossen treibt in den Hütten des Volkes, verwehrte sie ihren Bannerträgern und erweckte hingegen und ließ zu weltverfinsternder Macht gedeihen jenen furchterregenden Größenwahn, dernoch den blutigsten Frevel am Leben für zulässig, ja geboten hält, wofern er nur menschlichen "Nutzen" fördert. Der Kapitalismus samt seinem Wegbereiter, der Wissenschaft, ist in Wirklichkeit eine Erfüllung des Christentums, die Kirche gleich ihm nur ein Interessenverband, und das "Monon" einer entgötterten Sittlichkeit meint ebendieselbe Eins des lebenverfeindeten Ichs, die im Namen der alleinigen Gottheit des Geistes der nicht auszuzählenden Götter vielheit der Welt den Krieg erklärte, nur aber heute mit einem erblindeten All-Gedanken verkuppelnd, was ehedem wenig¬stens wahrheitsgemäß mit drohender Richtergebärde dem All gegenübertrat.
„Alle jene Blüten sind gefallen
Von des Nordes schauerlichem Wehn.
Einen zu bereichern unter allen,
Mußte diese Götterwelt vergehn.”
Der eine aber, der sich bereichert wähnte, wenn er die Blüten in den Staub trat, ist, wie nun deutlich wurde, der Mensch als Träger des rechenverständigen Aneignungswillens, und die Götter, die ex vom Baume des Lebens trennte, sind die immer sich wandelnden Seelen der Sinnenwelt, von der er sich losgerissen. Die Bilderfeindschaft, die das Mittelalter selhstgeißlerisch im Innern nährte, mußte nach außen treten, sobald sie ihr Ziel erreicht: den Zusammenhang aufzuheben zwischen dein Menschen und der Seele der Erde, In seinen blutigen Streichen gegen sämtliche Mitgeschöpfe vollendet er nur, was er zuvor sieh selbst getan: das Verwobensein in die bildernde Vielgestalt und unerschöpfliche Fülle des Lebens hinzuopfern für das heimatlose Darüberstehen einer weltabscheidenden Geistigkeit. Er hat sich zerworfen mit dem Planeten, der ihn gebar und nährt, ja mit dem Werdekreislauf aller Gestirne, weil er besessen ist von einer vampyrischen Macht, die in den „Gesang der Sphären” als ein schneidender Mißton fuhr. An dieser Stolle aber wird es klar, daß in einem noch viel älteren Entwicklungsgange das Christentum nur eine Epoche bedeutet, durch die ein lange zuvor Begonnenes ruckartig seinen Abschluß und zumal für Europa die werbende Form empfing.
Die Kraft nämlich, die aus dem Menschen sich gegen die Welt aufbäumt, ist genau so alt wie die "Weltgeschichte"! Der "Geschichte" genannte Entwicklungsgang, der aus der Kreisbahn des Geschehens hinausführt und fürder nicht zu vergleichen ist dem Schicksal sonstiger Lebewesen, beginnt in eben dem Augenblick, wo der Mensch den Zustand des "Paradieses" verliert und unversehens mit entfremdeten Blicken in nüchterner Helle draußen steht, ent¬rissen dem unbewußten Zusammenklange mit Pflanzen und Tieren, Wässern und Wolken, Felsen, Winden und Sternen. Die Sagen beinahe aller Völker der Welt Iassen uns blutige Kämpfe schon in vorgeschichtlicher Zeit vermuten zwischen den eine neue Ordnung bringenden "Sonnenhelden"” und den chthonischen Schicksalsmächten, die in der Folge müssen hinuntertauchen in eine lichtverlassene Unterwelt. Bat doch ein Jesuit in wunderlicher, aber lehrreicher Verkehrung des Sachverhalts die Sage von den Taten des griechischen Flerakles des vorwegnehmenden Diebstahls bezichtigt am Lebensgange des christlichen Erlösers! Dies aber ist überall der eine und selbe Sinn jener Neugestaltung, mit der die "Geschichte" anfängt: daß über die Seele sich erhebe der Geist, über den Traum die begreifende Wachheit, Fiber das Lehen, welches wird und vergeht, ein auf Beharrung gerichtetes Wirken. Im Jahrtausende vorher eingeleiteten Werdegang der Geistesentfaltung war das Christentum nur der letzte und entscheidende Schuh, demzufolge die Entwicklung aus dem Zustand der noch ohnmächtigen Erkenntnis heraustretend dem Zustande des "gefesselten Prometheus", den Heraldes frei machte! Nun auch den Willen durchdrang und in den mörderischen Taten, von denen seither die Geschichte der Völker ununterbrochen widerhallt, für jeden nicht völlig Verblendeten offenbarte: daß eine außerweltliche Macht in die Sphäre des Lebens einbrach.
Dafür die Augen zu öffnen, ist das einzige, was wir vermögen. Wir sollten endlich aufhören zu vermengen, was im Tiefsten gespalten ist: die Mächte des Lebens und der Seele mit denen des Verstandes und des Willens. Wir sollten einsehen, daß es zum Wesen des "rationalen" Willens gehört, den "Schleier der Maya" in Petzen zu reißen, und daß eine Menschheit, die sich solchem Willen anheimgegeben, in blinder Wut die eigene Mutter, die Erde, verheeren muß, bis alles Leben und schließlich sie selbst dem Nichts überliefert ist.
Keine Lehre bringt uns zurück, was einmal verloren wurde. Zur Umkehr hülfe allein die innere Lebenswerde, die zu bewirken nicht im Vermögen von Menschen liegt. Wir sagten oben, die alten Völker hätten kein Interesse gehabt, die Natur durch Versuche auszuspähen, sie in Maschinen hineinzuknechten und listig durch sich selbst zu besiegen; jetzt fügen wir hinzu, sie hätten es als ciai(leta, Verruchtheit, verabscheut. Wald und Quell, Fels und Grotte waren für sie ja heiligen Lebens voll; von den Gipfeln hoher Berge wehten die Schauer der Götter (darum, nicht aus Mangel an, "Naturgefühl", bestieg man sie nicht!), Gewitter und Hagelschlag griffen drohend oder verheißend in das Spiel der Schlachten ein. Wenn die Griechen einen Strom überbrückten, so baten sie den Flußgott für die Eigenmächtigkeit des Menschen um Verzeihung und spendeten Tankopfer; Baumfrevel wurde im alten Germanien blutig gesühnt. Fremd geworden den planetarischen Strömen, sieht der heutige Mensch in alledem nur kindlichen Aberglauben. Er vergißt, daß die deutenden Phantasmen verwehende Blüten waren am Baum eines Innenlebens, welches tieferes Wissen barg als all seine Wissenschaft: das Wissen von der weltschaffenden Webekraft allverbindender Liebe. Nur wenn sie in der Menschheit wiederwüchse, möchten vielleicht die Wunden vernarben, die ihr muttermörderisch der Geist geschlagen.
Kaum hundert Jahre sind es her, daß sie, wie aus heimlichen Brunnen der Tiefe in vielen Herzen wirklich aufs neue emporgequollen, die unvergeßlichen Träume jener jünglingshaften Weisen und Dichter trug, die man missverstehend "Romantiker" nennt. Ihre Hoffnungen trogen, der Sturm ist verrauscht, ihr Wissen verschüttet, die Flut verebbt und "die Wüste wächst". Aber gleich ihnen bereit, an Wunder zu glauben, wollen wir es für möglich halten, daß ein kommendes Geschlecht doch noch verwirklicht sieht, wovon mit den Wor¬ten des Sehers die Geburtswehen Eichendorff in "Ahnung und Gegenwart" also geschildert hat: "Mir scheint unsre Zeit dieser weiten, ungewissen Dämmerung zu gleichen! Licht und Schatten ringen noch ungeschieden in wunderbaren Massen gewaltig miteinander, dunkle Welken ziehn verhängnisschwer dazwischen, ungewiß ob sie Tod oder Segen führen, die Welt liegt unten in weiter, dampfstiller Erwartung. Kometen und wunderbare Himmelszeichen zeigen sich wieder, Gespenster wandeln wieder durch diese Nächte, fabelhafte Sirenen selber tauchen wie vor nahen Gewittern von neuem über den Meeresspiegel und singen, alles weist wie mit blutigem Finger warnend auf ein großes, unvermeidliches Unglück hin. Unsre Jugend erfreut kein sorglos leichtes Spiel, keine fröhliche Ruhe wie unsre Väter, uns hat frühe der Ernst des Lebens gefaßt. Im Kampfe sind wir geboren und im Kampfe werden wir, überwunden oder triumphierend, untergehn. Denn aus dem Zauberrauche unsrer Bildung wird sich ein Kriegsgespenst gestalten, geharnischt, mit bleichem Totengesicht und blutigen Haaren; wessen Auge in der Einsamkeit geübt, der sieht schon jetzt in den wunderbaren Verschlingungen des Dampfes die Lineamenie dazu aufringen und sich leise formieren. Verloren ist, wen die Zeit unvorbereitet und unbewaffnet trifft; und wie mancher, der weich und aufgelegt zu Lust und fröhlichem Dichten sich so gern mit der Welt vertrüge, wird wie Prinz Hamlet zu sich selber sagen: Web, daß ich zur Welt, sie einzurichten, kam! Denn aus ihren Fugen wird sie nodal einmal kommen, ein unerhörter Kampf zwischen Altem und Neuem beginnen, die Leidenschaften, die jetzt verkappt schleichen, werden die Larven wegwerfen, und flammender Wahnsinn sich mit Brandfackeln in die Verwirrung stiirzen, als wäre die Hölle losgelassen, Becht und Unrecht, beide Parteien, in blinder Wut einander verwechseln. Wunder werden zuletzt geschehen um der Gerechten willen, bis endlich die neue und doch ewig alte Sonne durch Greuel bricht; die Donner rollen nur noch fernab an den Bergen, die weiße Taube kommt durch die blaue Luft geflogen, und die Erde liebt sich verweint wie eine befreite Schöne in neuer Glorie empor."
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Notizen
1. Anm. d.H., Laut Notiz in seinem Handexemplar wollte Klages in einer 1951 geplanten aber nicht erschienenen 6. Auflage des Sammelbandes an dieser Stelle und auf Seite 618 je eine Fußnote einfügen. Der Text der beiden Fußnoten liegt nicht vor, wohl aber der Textentwurf für ein Vorwort der Neuauflage. In ihm heißt es: "Da die durchweg nicht zeitbedingten Abhandlungen aus den Jahren 1913, 1915, 1916, 1917, 1918, 1919 und 1925 Mammon, hätte jede Änderung eine Beeinträchtigung ihres Gehalts bedeutet, Was aber den führenden Aufsatz "Mensch und Erde" betrifft, so haben sich die Verbältniese inzwieehen nicht etwa gebessert, sondern verschlimmert, worüber zwei Anmerkungen Auskunft oben."
2. Anm, d, II. — Irn Abdruck dieses Aufsatzes in dem Bändchen Der Mensch und das Leben (Jena: Diederiths 1937) wurde an dieser Stelle in einer Fußnote auf den Anhang verwiesen.
3. Vgl. Guenther, Der Naturschutz, S. 103.
4. Anm. d.H. Vgl. die Anm. d.H. auf Seite 00.
5. Zitiert nach Ankenbrand, Naturschutz und Naturschutzparke.
6. Deutsche Tageszeitung.
7. Aus dem Gründungsaufruf des Bundes für Heimatschutz.
8. Wer noch Sinn fuer des Volkslied hat, dem möchten wir ans Herz legen das warmfühlende Buch von Böckel, Psychologie der Volksdichtung.

Écrit par : Arthur84 | mardi, 20 octobre 2009

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