Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mardi, 26 mai 2026

Schröder comme médiateur? La vraie question est: à quoi sert l’Allemagne? 

bnePeople_Germany_Gerhard_schroeder__Cropped_1.jpg

Schröder comme médiateur? La vraie question est: à quoi sert l’Allemagne? 

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena

Dès que le nom de Gerhard Schröder a été évoqué, le rituel bien connu à Berlin commence: indignation, distanciation, rejet moral. Mais la toute première question à poser pour une politique étrangère allemande cohérente devrait être beaucoup plus sobre: 

Un canal de dialogue avec Moscou est-il utile pour l’Allemagne: oui ou non? 

Car l’Allemagne n’est pas spectatrice dans cette guerre. L’Allemagne est l’un des principaux pays concernés: économiquement, énergétiquement, en matière de sécurité. 

- Notre industrie en paie le prix.

- Nos contribuables financent des paquets de milliards.

- Notre sécurité ne devient pas plus grande avec l’escalade, mais au contraire plus fragile.

Il n’est pas nécessaire d’aimer Schröder. Il n’est pas nécessaire de défendre ses liens avec la Russie. Mais une évidence demeure: il dispose d’un canal de dialogue avec Moscou. Et en diplomatie, les canaux de communication ne sont pas une question de beauté morale. Ce sont des outils. 

C’est précisément cela que Berlin semble avoir oublié.

Aujourd’hui, la politique étrangère est souvent traitée comme si elle était un engagement moral. Ceux qui veulent négocier sont suspects. Ceux qui expriment le désir de défendre les intérêts de l'Allemagne sont considérés comme manquant de solidarité. Ceux qui soulignent le coût de l’escalade sont réprimandés. 

Mais la politique étrangère n’est pas un séminaire où l'on doit chercher affirmation de soi.

C’est l’art d’éviter que le pays ne subisse des dommages.

original-800x520.jpg

La proposition de Schröder révèle donc un vide: ces dernières années, l’Allemagne a presque vidé de leur valeur tous ses canaux diplomatiques avec Moscou. La vieille Ostpolitik n’a pas été poursuivie, mais délibérément mise de côté au nom de critères soi-disant "moraux". Reste, par suite, une politique qui montre beaucoup de postures, mais peu de leviers. 

Et c’est là que se trouve le cœur du problème:

L’Allemagne n’a pas besoin d’une politique symbolique. Elle a besoin de capacité de négociation.

Pour l’intérêt national ! 

L’Allemagne se trouve au centre de l’Europe. Elle a besoin de marchés stables, d’une énergie abordable, d’une substance industrielle et d’un ordre de sécurité qui ne force pas notre pays dans une logique de confrontation permanente.

Celui qui refuse tout canal de dialogue doit expliquer quelles alternatives il possède. 

Qui doit parler avec Moscou ?

Qui y a encore accès ?

Qui possède de l’expérience, du poids et une familiarité politique ? 

La liste est effrayamment courte. Gerhard Schröder n’est pas la solution à cette guerre. Mais la réaction qui se produit quand on évoque son nom montre à quel point l’Allemagne est éloignée d’une politique étrangère souveraine.

L’Allemagne doit redevenir partie négociatrice. 

Car celui qui ne peut même plus examiner si un canal de dialogue pourrait être utile ne mène plus de diplomatie, mais sa propre incapacité à parler. 

#géopolitique @affaires_mondiales_byelena

Écrire un commentaire