lundi, 11 mai 2026
Le Kazakhstan à l’ère du numérique — Intelligence artificielle et Accords d’Abraham

Le Kazakhstan à l’ère du numérique — Intelligence artificielle et Accords d’Abraham
Markku Siira
Source: https://markkusiira.substack.com/p/kazakstanin-digivalta-...
Le Kazakhstan s’est récemment positionné sur deux plans qui se renforcent mutuellement dans le débat international. Le pays construit un vaste système de surveillance basé sur l’intelligence artificielle et la biométrie, tout en ayant pris une décision géopolitique importante en rejoignant les accords d’Abraham, conclus par les États-Unis et Israël.
Ces deux évolutions ne sont pas indépendantes, mais étroitement liées. Elles reflètent la redéfinition d’un État d’Asie centrale où la modernisation technologique, les choix en matière de sécurité et les intérêts économiques s’entrelacent sans couture.
Le Kazakhstan se transforme en une société numérique, conformément à la tendance internationale, tout en devenant un État de surveillance où citoyens et visiteurs étrangers peuvent de plus en plus être identifiés biométriquement et suivis.
L’été dernier, un système de reconnaissance faciale basé sur l’intelligence artificielle, implanté à l’aéroport le plus fréquenté du pays, a classé un voyageur dans la base de données des personnes recherchées comme un «activiste citoyen», alors qu’il n’avait commis aucune infraction. La fiche comprenait une photo, un prénom, un patronyme, une classification en tant qu’activiste, ainsi que l’unité administrative ayant saisi l’information. Les autorités ont expliqué cet incident comme une erreur technique et ont nié disposer d’une base de données distincte pour les activistes. Cependant, des critiques ont questionné la précision de cette classification.
Cette plateforme est développée par la société technologique kazakhe TargetAI. Selon l’entreprise, le système est déjà en service dans huit régions, essentiellement dans les plus grandes villes du pays. À Almaty, qui compte environ 2,3 millions d’habitants, plus de 120.000 caméras de surveillance sont reliées à ce système, utilisé pour des opérations policières préventives et rapides. Par ailleurs, de plus en plus de bâtiments résidentiels sont équipés de dispositifs de reconnaissance faciale remplaçant les clés traditionnelles.

Le développement a été exceptionnellement rapide. En janvier, le président Kassym-Jomart Tokayev a signé le premier code numérique du pays, qui établit le cadre juridique pour l’utilisation à grande échelle de l’intelligence artificielle et de la reconnaissance biométrique. Ce code définit les situations dans lesquelles la biométrie peut être utilisée et garantit aux citoyens le droit de demander une réévaluation des décisions automatisées par une personne en chair et en os.
Ces nouvelles règles entreront en vigueur dans les semaines à venir. Tous les services à distance et en ligne des banques, des prestataires de paiements, ainsi que de plus en plus de services publics numériques, requièrent une authentification biométrique. Le système utilise, en plus de la reconnaissance faciale, la reconnaissance de la paume de la main et de la main dans son ensemble. Les vérifications biométriques des mouvements naturels, telles que le mouvement de la tête ou le clignement des yeux, empêchent les tentatives de tromperie.
La surveillance ne se limite pas aux seuls citoyens kazakhs. Depuis début 2026, le Kazakhstan a élargi son programme de résidence numérique, permettant aux étrangers d’obtenir une carte d’identité numérique à distance. Cela donne accès aux marchés boursiers, aux plateformes de cryptomonnaies, aux comptes bancaires et aux services des autorités fiscales, sans avoir à se rendre physiquement dans le pays. Cette solution est économiquement attrayante, mais elle expose également une nouvelle population à la surveillance.
Le système est géré par le ministère de la Cybersécurité et des Affaires numériques, qui le maintient à un niveau élevé de protection. Cependant, des vulnérabilités ont été identifiées au niveau local: des lacunes systématiques dans les systèmes de caméras de surveillance et dans les bases de données administratives montrent que l’infrastructure numérique a évolué plus rapidement que la sécurité en tant que telle.
Dans ce contexte de surveillance croissante, l’approche du Kazakhstan vis-à-vis des accords d’Abraham prend une importance particulière. Fin avril, le président Tokayev a accueilli la visite du président israélien Isaac Herzog à Astana. Il a décrit ces accords comme ayant « profondément modifié l’architecture géopolitique du Moyen-Orient », tandis qu’Herzog a salué la «décision courageuse» du Kazakhstan de s’y joindre.
La visite a été accompagnée d’une délégation de haut niveau en matière de technologie, et les discussions ont principalement porté sur la coopération en toutes matières d'intelligence artificielle, de numérisation et de cybersécurité. Tokayev a proclamé 2026 comme étant «l’année de la numérisation et de l’intelligence artificielle». Ce choix n’est pas fortuit: Israël est un acteur clé dans le développement de l’IA et de la cybersécurité, et le Kazakhstan recherche des partenaires qui n’imposent pas de conditions strictes en matière de droits humains ou de démocratie pour le transfert technologique.
Mais il faut se demander à quelle sorte de partenariat le Kazakhstan se dirige réellement. Israël poursuit depuis un an et demi ses bombardements de Gaza. En septembre 2025, une commission d’enquête de l’ONU a accusé Israël de génocide. Le nombre de victimes civiles en Cisjordanie et à Gaza dépasse déjà largement tous les repères établis dans la période d’après-guerre.

Par ailleurs, des hauts responsables israéliens ont évoqué un déplacement massif de Palestiniens et la réoccupation de Gaza. Dans ce contexte, les accords d’Abraham apparaissent non seulement comme un processus de paix, mais surtout comme un mécanisme permettant à Israël de normaliser ses relations avec des régimes autoritaires, tandis que ses propres actions, en droit international, deviennent de plus en plus contestables.
La visite d’Herzog à Astana est révélatrice en ce qu’elle a presque totalement ignoré la question palestinienne. Cela renforce l’idée que pour le Kazakhstan, les droits humains et le droit international sont secondaires par rapport à la technologie, aux investissements et à la coopération sécuritaire. La politique transactionnelle de Trump, qui considère tout comme une simple affaire commerciale, est également perceptible ici.
Les relations du Kazakhstan avec l’Iran se sont tendues lorsque, en février de cette année, les États-Unis et Israël ont lancé une attaque contre l’Iran. Tokayev n’a pas condamné ces frappes contre Téhéran, mais a personnellement appelé les dirigeants des Émirats arabes unis, de l’Arabie saoudite et du Qatar, tout en critiquant les répliques iraniennes. Aucune aide directe n’a été apportée au gouvernement iranien — seuls des messages de condoléances ont été envoyés aux victimes civiles.
À ce stade, se dessine une divergence claire. La transformation numérique et la ligne des accords d’Abraham se renforcent mutuellement. Attirer la technologie occidentale nécessite une crédibilité géopolitique, et l’alliance avec Israël signale une ouverture à la coopération occidentale — sans que le pays ferme ses portes à la Russie ou à la Chine.
Tokayev a aussi souligné que le judaïsme, malgré son caractère minoritaire et marginal, fait partie des quatre religions officielles du Kazakhstan, et qu’il n’y a pas d’antisémitisme dans le pays. Le message est surtout symbolique et culturel: il souligne l’identité multiethnique du Kazakhstan ainsi qu’une démarche calculée pour obtenir la reconnaissance de certains cercles internationaux.

Le pays poursuit sa politique multi-vectorielle: il construit des ponts vers l’Est et l’Ouest, mais s’appuie de plus en plus sur une surveillance avancée par IA en interne, sans libéralisation politique. Le Kazakhstan construit une économie cognitive, où l’écosystème basé sur l’IA est associé à des mécanismes de régulation stricts. L’objectif est non seulement de devenir la puissance numérique dominante en Asie centrale, mais aussi d’éviter une stagnation économique.
Le Kazakhstan est-il ainsi une vitrine pour l’avenir, où l’efficacité et la sécurité remplacent les principes et la liberté traditionnelle — un exemple d’autoritarisme numérique qui finira par obtenir l’acceptation de la communauté internationale parce que le reste du monde évolue dans la même direction ?
19:23 Publié dans Actualité, Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : actualité, digitalisation, numérisation, intelligence artificielle, kazakhstan, asie centrale, asie, affaires asiatiques, actualité, digitalisation, numérisation, intelligence artificielle, kazakhstan, asie centrale, asie, affaires asiatiques |
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Le Kazakhstan à l’ère du numérique — Intelligence artificielle et Accords d’Abraham

Le Kazakhstan à l’ère du numérique — Intelligence artificielle et Accords d’Abraham
Markku Siira
Source: https://markkusiira.substack.com/p/kazakstanin-digivalta-...
Le Kazakhstan s’est récemment positionné sur deux plans qui se renforcent mutuellement dans le débat international. Le pays construit un vaste système de surveillance basé sur l’intelligence artificielle et la biométrie, tout en ayant pris une décision géopolitique importante en rejoignant les accords d’Abraham, conclus par les États-Unis et Israël.
Ces deux évolutions ne sont pas indépendantes, mais étroitement liées. Elles reflètent la redéfinition d’un État d’Asie centrale où la modernisation technologique, les choix en matière de sécurité et les intérêts économiques s’entrelacent sans couture.
Le Kazakhstan se transforme en une société numérique, conformément à la tendance internationale, tout en devenant un État de surveillance où citoyens et visiteurs étrangers peuvent de plus en plus être identifiés biométriquement et suivis.
L’été dernier, un système de reconnaissance faciale basé sur l’intelligence artificielle, implanté à l’aéroport le plus fréquenté du pays, a classé un voyageur dans la base de données des personnes recherchées comme un «activiste citoyen», alors qu’il n’avait commis aucune infraction. La fiche comprenait une photo, un prénom, un patronyme, une classification en tant qu’activiste, ainsi que l’unité administrative ayant saisi l’information. Les autorités ont expliqué cet incident comme une erreur technique et ont nié disposer d’une base de données distincte pour les activistes. Cependant, des critiques ont questionné la précision de cette classification.
Cette plateforme est développée par la société technologique kazakhe TargetAI. Selon l’entreprise, le système est déjà en service dans huit régions, essentiellement dans les plus grandes villes du pays. À Almaty, qui compte environ 2,3 millions d’habitants, plus de 120.000 caméras de surveillance sont reliées à ce système, utilisé pour des opérations policières préventives et rapides. Par ailleurs, de plus en plus de bâtiments résidentiels sont équipés de dispositifs de reconnaissance faciale remplaçant les clés traditionnelles.

Le développement a été exceptionnellement rapide. En janvier, le président Kassym-Jomart Tokayev a signé le premier code numérique du pays, qui établit le cadre juridique pour l’utilisation à grande échelle de l’intelligence artificielle et de la reconnaissance biométrique. Ce code définit les situations dans lesquelles la biométrie peut être utilisée et garantit aux citoyens le droit de demander une réévaluation des décisions automatisées par une personne en chair et en os.
Ces nouvelles règles entreront en vigueur dans les semaines à venir. Tous les services à distance et en ligne des banques, des prestataires de paiements, ainsi que de plus en plus de services publics numériques, requièrent une authentification biométrique. Le système utilise, en plus de la reconnaissance faciale, la reconnaissance de la paume de la main et de la main dans son ensemble. Les vérifications biométriques des mouvements naturels, telles que le mouvement de la tête ou le clignement des yeux, empêchent les tentatives de tromperie.
La surveillance ne se limite pas aux seuls citoyens kazakhs. Depuis début 2026, le Kazakhstan a élargi son programme de résidence numérique, permettant aux étrangers d’obtenir une carte d’identité numérique à distance. Cela donne accès aux marchés boursiers, aux plateformes de cryptomonnaies, aux comptes bancaires et aux services des autorités fiscales, sans avoir à se rendre physiquement dans le pays. Cette solution est économiquement attrayante, mais elle expose également une nouvelle population à la surveillance.
Le système est géré par le ministère de la Cybersécurité et des Affaires numériques, qui le maintient à un niveau élevé de protection. Cependant, des vulnérabilités ont été identifiées au niveau local: des lacunes systématiques dans les systèmes de caméras de surveillance et dans les bases de données administratives montrent que l’infrastructure numérique a évolué plus rapidement que la sécurité en tant que telle.
Dans ce contexte de surveillance croissante, l’approche du Kazakhstan vis-à-vis des accords d’Abraham prend une importance particulière. Fin avril, le président Tokayev a accueilli la visite du président israélien Isaac Herzog à Astana. Il a décrit ces accords comme ayant « profondément modifié l’architecture géopolitique du Moyen-Orient », tandis qu’Herzog a salué la «décision courageuse» du Kazakhstan de s’y joindre.
La visite a été accompagnée d’une délégation de haut niveau en matière de technologie, et les discussions ont principalement porté sur la coopération en toutes matières d'intelligence artificielle, de numérisation et de cybersécurité. Tokayev a proclamé 2026 comme étant «l’année de la numérisation et de l’intelligence artificielle». Ce choix n’est pas fortuit: Israël est un acteur clé dans le développement de l’IA et de la cybersécurité, et le Kazakhstan recherche des partenaires qui n’imposent pas de conditions strictes en matière de droits humains ou de démocratie pour le transfert technologique.
Mais il faut se demander à quelle sorte de partenariat le Kazakhstan se dirige réellement. Israël poursuit depuis un an et demi ses bombardements de Gaza. En septembre 2025, une commission d’enquête de l’ONU a accusé Israël de génocide. Le nombre de victimes civiles en Cisjordanie et à Gaza dépasse déjà largement tous les repères établis dans la période d’après-guerre.

Par ailleurs, des hauts responsables israéliens ont évoqué un déplacement massif de Palestiniens et la réoccupation de Gaza. Dans ce contexte, les accords d’Abraham apparaissent non seulement comme un processus de paix, mais surtout comme un mécanisme permettant à Israël de normaliser ses relations avec des régimes autoritaires, tandis que ses propres actions, en droit international, deviennent de plus en plus contestables.
La visite d’Herzog à Astana est révélatrice en ce qu’elle a presque totalement ignoré la question palestinienne. Cela renforce l’idée que pour le Kazakhstan, les droits humains et le droit international sont secondaires par rapport à la technologie, aux investissements et à la coopération sécuritaire. La politique transactionnelle de Trump, qui considère tout comme une simple affaire commerciale, est également perceptible ici.
Les relations du Kazakhstan avec l’Iran se sont tendues lorsque, en février de cette année, les États-Unis et Israël ont lancé une attaque contre l’Iran. Tokayev n’a pas condamné ces frappes contre Téhéran, mais a personnellement appelé les dirigeants des Émirats arabes unis, de l’Arabie saoudite et du Qatar, tout en critiquant les répliques iraniennes. Aucune aide directe n’a été apportée au gouvernement iranien — seuls des messages de condoléances ont été envoyés aux victimes civiles.
À ce stade, se dessine une divergence claire. La transformation numérique et la ligne des accords d’Abraham se renforcent mutuellement. Attirer la technologie occidentale nécessite une crédibilité géopolitique, et l’alliance avec Israël signale une ouverture à la coopération occidentale — sans que le pays ferme ses portes à la Russie ou à la Chine.
Tokayev a aussi souligné que le judaïsme, malgré son caractère minoritaire et marginal, fait partie des quatre religions officielles du Kazakhstan, et qu’il n’y a pas d’antisémitisme dans le pays. Le message est surtout symbolique et culturel: il souligne l’identité multiethnique du Kazakhstan ainsi qu’une démarche calculée pour obtenir la reconnaissance de certains cercles internationaux.

Le pays poursuit sa politique multi-vectorielle: il construit des ponts vers l’Est et l’Ouest, mais s’appuie de plus en plus sur une surveillance avancée par IA en interne, sans libéralisation politique. Le Kazakhstan construit une économie cognitive, où l’écosystème basé sur l’IA est associé à des mécanismes de régulation stricts. L’objectif est non seulement de devenir la puissance numérique dominante en Asie centrale, mais aussi d’éviter une stagnation économique.
Le Kazakhstan est-il ainsi une vitrine pour l’avenir, où l’efficacité et la sécurité remplacent les principes et la liberté traditionnelle — un exemple d’autoritarisme numérique qui finira par obtenir l’acceptation de la communauté internationale parce que le reste du monde évolue dans la même direction ?
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dimanche, 16 mars 2025
Des experts réclament l'arrêt de la politique éducative numérique et des écoles sans smartphones

Des experts réclament l'arrêt de la politique éducative numérique et des écoles sans smartphones
Source: https://opposition24.com/politik/experten-fordern-stopp-d...
Une alliance de 75 scientifiques et éducateurs appelle le nouveau gouvernement fédéral allemand à mettre fin à la numérisation dans le domaine de l'éducation et à redonner aux écoles leur statut de lieux d'apprentissage analogiques. Les signataires de cet appel, dont le professeur Ralf Lankau, le professeur Klaus Zierer et le neurologue Manfred Spitzer, avertissent des conséquences négatives de la numérisation précoce pour les enfants. Ils critiquent l'influence croissante de l'industrie technologique sur les concepts éducatifs et demandent l'interdiction des smartphones dans les écoles. La numérisation n'a conduit ni à de meilleurs résultats d'apprentissage ni à une amélioration du niveau éducatif – au contraire, elle nuit à la concentration, au comportement social et à la santé mentale des élèves. Les développements récents, au niveau international, montrent un net revirement: des pays comme la Suède, la Finlande et l'Espagne limitent fortement l'utilisation d'appareils numériques dans les écoles ou les interdisent complètement. L'Allemagne doit suivre cet exemple.
Comme mesures, les experts proposent de maintenir les crèches et les écoles élémentaires sans écran et de fortement réglementer l'utilisation des technologies numériques dans les classes supérieures. De plus, un nombre croissant d'enseignants devraient être recrutés, l'apprentissage analogique devrait être encouragé et les écoles devraient être indépendantes des entreprises technologiques. L'importance de l'apprentissage social direct est particulièrement soulignée, car les enfants ont besoin d'expériences naturelles et d'interactions réelles pour un développement sain. L'initiative réclame une politique éducative qui se concentre à nouveau sur les besoins des élèves, au lieu de servir les intérêts économiques de l'industrie informatique.
14:54 Publié dans Actualité, Ecole/Education | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : école, éducation, digitalisation, école numérique, informatique |
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mercredi, 15 mars 2023
La numérisation de l'éducation et de la connaissance : un vol au détriment des citoyens

La numérisation de l'éducation et de la connaissance: un vol au détriment des citoyens
Carlos X. Blanco
L'analyse de la connaissance aboutit au résultat évident suivant, en plein 21ème siècle : la connaissance se meurt. La conception de la science comme savoir est mise à l'écart, voire ridiculisée. Ce qui n'est plus que de la technologie se fait passer pour de la science, tant à l'université que dans l'enseignement secondaire.
Ce qui est dit ici sur l'éducation doit aussi s'appliquer à tout ce qui concerne les allocations budgétaires pour la recherche et le développement de projets. Les investisseurs recherchent la technologie et les "travailleurs de la connaissance" produisent de la technologie, mais pas de la connaissance. La connaissance est réduite au triste statut d'"épiphénomène mental". Déjà en Occident, depuis de nombreuses années, une partie importante de la guilde des "philosophes de la science" (considérablement élargie par les acolytes d'inventions telles que "STS", Science, Technologie et Société) n'a pas été en mesure de produire de la connaissance.
Les héritiers du pragmatisme yankee, ainsi qu'une partie significative du matérialisme (en Espagne, du matérialisme marxiste ou du matérialisme gustavo-buenista) n'ont cessé de mépriser la "connaissance", comprise par eux comme un résidu, un terme mentaliste, un écho de la scolastique. Cette corporation de plus en plus insignifiante de la philosophie, et plus encore celle des philosophes des sciences et des techniques (et des études STS), ont balayé la voie et rendu leur tâche servile et soumise pour que la déesse Technologie l'emporte et que le Système rejette toute visée admirative et humaniste dans les travaux de la science, qu'elle soit pure ou appliquée.

La technologie est née humble, elle est aujourd'hui déesse. Le "discours" sur les "arts appliqués", qui est le sens du mot "technologie", s'est orienté à partir de la révolution industrielle vers une double exploitation : a) l'exploitation des ressources naturelles, et b) la rationalisation du travail productif. La technologie en tant qu'élément de la puissance du capital, et non en tant qu'application de la connaissance dans la sphère de la production manuelle et manufacturière, n'est pas de la connaissance. C'est une application des forces productives à des fins d'exploitation. Il n'y a pas de "savoir technologique", pas plus qu'il n'y a de fer fait de bois. Ce qui était autrefois un savoir, produit par des hommes qui ont usé leurs neurones, brûlé leurs cils, volé leurs heures de sommeil et de loisir, est aujourd'hui "aspiré" par les pompes du Capital et transformé en force d'exploitation. Nous devons commencer à voir le Capital comme une pompe à vide, comme une ventouse aliénante qui fonctionne comme un transducteur : il convertit une modalité énergétique (cognitive) en une autre (production via l'exploitation de la nature et de l'homme).
Aujourd'hui, nous sommes passés d'une production industrielle basée sur la transformation mécanique, chimique et biologique des entités, après l'application de la science dans les chaînes de production des usines, ainsi que dans la mécanisation des campagnes, la conservation des aliments, etc. à une autre phase dans laquelle l'exploitation de la "matière grise" est dominante et se transforme en exploitation au second degré.
C'est ce qui se passe dans le turbo-capitalisme : avant l'exploitation directe des travailleurs manuels et des ressources naturelles, qui se poursuit, il y a l'exploitation des travailleurs intellectuels. L'industrie mondiale a connu un degré élevé de robotisation des processus et de mécanisation des tâches. Après les armées, ce sont les multinationales qui ont copié la structure militaire pour informatiser la production et la gestion (la gestion n'étant qu'un aspect de la production). La conception même des produits et des profils professionnels, ainsi que la séquence et l'organisation de la production ont été médiatisées par l'ordinateur, un dispositif qui a la particularité non pas d'appliquer des forces mécaniques étendues, ou d'économiser le travail de l'homme, comme d'autres machines, mais d'usurper le travail cognitif humain et de le convertir en substance de la valeur d'échange. La "connaissance" ou le savoir personnel n'a guère de place dans le capitalisme informatisé et numérique. Chaque être humain possède son savoir personnel dans le monde pré-numérique et doit faire des efforts pour que les autres l'apprennent et pour que ce savoir soit enseigné. Dans le monde capitaliste numérisé, on assiste à un pillage du savoir personnel.

Actuellement, les organisations mondialistes directement impliquées dans la "gouvernance mondiale" et qui servent d'écran et de masque pour cacher les grandes entités prédatrices de la finance et de la production (principalement l'UNESCO, mais il y a aussi toute une forêt d'acronymes), s'obstinent à imposer un agenda de numérisation qui ne se limite plus exclusivement aux chaînes de production, au marketing, au recrutement et à la formation de la main d'œuvre, etc. Le système impose la numérisation à partir de la base reproductive même de la main-d'œuvre.
L'éducation numérisée, contre toute évidence scientifique, est extrêmement nocive pour les enfants et les mineurs. Ils deviennent techno-dépendants (en Espagne, surtout des téléphones portables), ce qui les détourne des contenus académiques qu'ils devraient acquérir sérieusement et rigoureusement pour devenir des personnes critiques et responsables. Nous assistons à un processus de "gamification" : il s'agit d'un anglicisme absurde qui consiste à transformer l'éducation en jeu (game), c'est-à-dire à la banaliser au point d'en faire une formation consumériste des masses, afin qu'elles se lancent tôt et sans capacité élective, dans la consommation de "produits" numériques qui alimentent les grands secteurs des GAFAM et toute l'industrie cyber-électronique qui leur est liée.
Évidemment, ce processus de dégradation planifiée et imposée de l'éducation doit être interprété en termes de lutte des classes.
La numérisation de la production et de la reproduction (lire, dans ce dernier chapitre reproductif, l'éducation) est en train d'être imposée à la planète. Qui l'entreprend ? Une super-élite mondiale qui, dans une large mesure, se réservera les méthodes classiques d'apprentissage, à savoir la mémoire, la résolution rationnelle de problèmes, la compréhension écrite et la maîtrise des mathématiques. Les masses ne pourront rien faire de tout cela, elles seront étrangères à ces capacités. Les enfants de la super-élite mondiale, en revanche, seront élevés dans l'école classique et auront le privilège de pouvoir opter pour des études supérieures véritablement formatrices et habilitantes, plus adaptées à leur intelligence et à leurs intérêts, et avec une éducation classique dans les sciences et les humanités, réservée à un petit nombre, il y aura des rejetons qui remplaceront un jour les mandarins plus âgés de l'élite capitaliste. Seuls les quelques élus recevront une véritable éducation. Les autres recevront un papillon gamifié et numérisé. Le reste, l'immense majorité de l'humanité, à force de digitalisation forcée, deviendra du bétail humain qui ne sait rien de rien et qui aspire à la retraite avant même d'avoir travaillé : on le voit déjà en Espagne aujourd'hui avec les réformes successives initiées avec la LOGSE -1991- et l'impulsion obsessionnelle donnée à la digitalisation en cette "ère Sanchez".
Le turbo-capitalisme n'admet plus les "peuples", n'admet plus la "classe ouvrière", ne tolère plus le "savoir populaire". Le capitalisme dans sa phase actuelle a besoin, en plus de travailleurs "formés", de consommateurs également "formés". Les lois elles-mêmes cessent de parler de connaissances et se réfèrent à des compétences, des normes d'apprentissage et d'autres concepts stupides conçus pour des singes et non pour des enfants, membres de l'espèce humaine.

Notez que la formation des masses, désormais assimilées à du bétail de consommation, consiste en la gestion d'applications, souvent duplicatrices (version payante, version gratuite), au profit d'un secteur privé multinational, étranger à la puissance publique. L'éducation, de la maternelle et du primaire à l'enseignement supérieur, est ainsi privatisée de manière irrépressible et secrète. Presque aucune institution éducative publique ne conçoit ses propres outils et plateformes numériques, ils sont empruntés ou "suggérés" par les grands fournisseurs de logiciels, presque aucune institution officielle d'éducation et de recherche ne fonctionne indépendamment des entreprises privées qui, généralement liées de manière ombilicale à la Silicon Valley, ont mis la main sur l'éducation publique et l'utilisent comme source de données et foyer de consommation.
La prise en charge par les États de l'enseignement public, gratuit et universel, a été partout perçue comme un acquis, un progrès. Sous les idéaux des Lumières, mais aussi sous les valeurs fondamentales du socialisme, l'objectif à atteindre par tous les pays du monde était le suivant : que le peuple ose savoir (Sapere Aude, devise des Lumières et de Kant). Que les classes paysannes et ouvrières aient les moyens et le temps de s'éduquer et d'éduquer leurs enfants, d'atteindre un niveau de connaissance égal, jamais inférieur, à celui de la bourgeoisie, tel était l'objectif. Mais aujourd'hui, le turbo-capitalisme s'emploie à creuser un fossé large et infranchissable entre la super-élite mondiale et une vaste masse non qualifiée, qui ne recevra même pas une formation élémentaire pour pouvoir utiliser (valoriser) sa force de travail. La masse sera socialisée par des appareils mobiles et toute une pléthore de dispositifs de contrôle bio-cybernétique. Il y aura un "profil" numérisé de chaque personne dans lequel les États, larbins de la super-élite mondiale, connaîtront à la perfection l'état de santé, sexuel, financier et consumériste de chaque individu. L'humanité sera réduite à un "parc" de loisirs, avec des entités zoologiques humaines, mais déshumanisées et numériquement dépendantes de l'enchevêtrement des fournisseurs d'applications.
Au fond, comprendre la numérisation de l'éducation et de la vie humaine dans son ensemble est une tâche simple à la lumière de la lutte des classes et de la transformation du capitalisme en turbo-capitalisme. Ce système ne peut exister avec des limites. C'est l'hybris, c'est l'audace orgueilleuse et débridée. C'est une marchandisation ou une réification universelle. Le système est une gigantesque machine réductrice et transductrice : il cesserait de fonctionner s'il admettait toute sphère non susceptible d'être valorisée. Le corps humain et les relations sexuelles sont déjà devenus un élément fondamental du marché : traite des êtres humains, "régularisation" de la prostitution, utérus de substitution, prothèses et chirurgies diverses pour "changer" de sexe, pornographie, tourisme pédophile international, trafic d'organes, harcèlement sexuel au travail sous peine de licenciement, droit de pernulation à l'université, etc. Mais le turbo-capitalisme ne se contente pas du corps, du sexe et des organes. La vie de l'esprit est marchandisée. Les processus de vampirisation du savoir humain et son automatisation au profit des entreprises sont accélérés.

Par exemple : lorsque, dans les cours de formation des enseignants, ceux-ci sont "invités" à partager leurs tâches et travaux numérisés, à s'habituer aux "environnements collaboratifs", à échanger des "productions" entre égaux, il est rarement expliqué ce qui se cache derrière ce prétendu socialisme numérique (la culture dite des "Creative Commons", ou l'escroquerie) : des entreprises puissantes à qui l'on a confié gratuitement tout le travail préalable de conception et de développement d'applications qu'elles proposeront ensuite au marché dans leurs deux versions types, la "premium" (payante) et la gratuite, qui n'est jamais gratuite car elle a bénéficié de l'esclavage numérique jamais reconnu par les économistes.
Aujourd'hui, la lutte des classes est plutôt un "massacre de classe". C'est un processus de prédation obscène, nu, sans complexe. Elle aggrave l'exploitation du travail salarié. Il s'agit d'un vol non seulement du surplus, non seulement de la plus-value émanant directement de l'exploitation des forces de travail transformatrices. Il s'agit du vol de la connaissance au sein d'un marché qui n'est pas seulement une pléthore de biens interchangeables, mais une richesse de données, de connaissances, de compétences, d'expériences. Les prédateurs (GAFAM et autres entreprises technologiques transnationales) obtiennent leur matière première gratuitement. Le peuple, réduit de plus en plus à une masse d'individus déclassés, est dépouillé des moyens de son auto-émancipation, il devient dépendant, technoconsommateur et techno-dépendant.
Ainsi, le savoir se meurt. Et seule la technique, c'est-à-dire la transformation universelle en marchandise, règne en maître. L'homme est déjà une marchandise.
Carlos Javier Blanco
carlosxblanco@yahoo.es
20:56 Publié dans Actualité, Ecole/Education | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : école, numérisation, digitalisation, gamification, éducation, science, technologie |
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mardi, 10 janvier 2023
L'économiste Ernst Wolff: le "Great Reset" pourrait ne pas être réalisable

L'économiste Ernst Wolff: le "Great Reset" pourrait ne pas être réalisable
Source: https://zuerst.de/2023/01/10/wirtschaftsexperte-ernst-wolff-great-reset-moeglicherweise-nicht-mehr-umsetzbar/
Berlin. Pendant l'été 2020, quelques mois après le début de la "pandémie" de Coro na, le cofondateur du Forum économique mondial (WEF), Klaus Schwab, a présenté dans un best-seller très remarqué les grandes lignes d'un nouvel ordre mondial qui, à bien des égards, marquerait une rupture radicale avec la situation d'avant 2020. Depuis, le "Great Reset" est sur toutes les lèvres. Il est désormais largement admis que le régime mondial induit par Co rona doit également être considéré dans le contexte du "grand redémarrage".
Mais: en raison notamment de la large résistance de la société, les gouvernements ont entre-temps renoncé tacitement à la mise en œuvre de l'obligation de vaccination initialement prévue. Le journaliste et auteur de best-sellers Ernst Wolff y voit un signe encourageant. Dans une longue conversation sur Youtube, lui et le journaliste Helmut Reinhardt se sont penchés sur la question de savoir quelles sont les chances actuelles du "Great Reset".

Dans ce contexte, Wolff a fait référence à l'échec récent de l'introduction de la monnaie numérique au Nigeria dans le cadre d'un essai à grande échelle et en tire la conclusion suivante : "Il semble que le moment soit venu pour les gens de prendre de plus en plus conscience de leur propre pouvoir et de leur force. Cela peut tout à fait conduire à ce que le Great Reset ne soit finalement pas applicable".
Sur la chaîne YouTube officielle de l'expert économique Ernst Wolff, on trouve entre autres un "lexique financier" audio-visuel. En outre, Wolff prend régulièrement position sur des sujets d'actualité dans la rubrique "Der aktuelle Kommentar". En raison de sa critique de l'économie financière internationale, l'encyclopédie en ligne Wikipedia certifie que les contributions de Wolff, né en 1950 à Tanjin/Chine, relèvent de la "théorie du complot" (mü).
Video:
https://www.youtube.com/watch?v=IfsYaldMoQY
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21:08 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ernst wolff, grand reset, grande réinitialisation, économie, digitalisation, actualité |
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dimanche, 27 février 2022
L'esclavage numérique et la fin de l'enseignement

L'esclavage numérique et la fin de l'enseignement
Carlos X. Blanco
Nous nous dirigeons vers un nouvel esclavage. Plus grand, si possible, que celui d'autres époques où l'on fouettait le dos nu et où l'on attachait le cou, les chevilles et les poignets avec des entraves, des anneaux et des chaînes. Aujourd'hui, le fer n'est pas nécessaire. Il existe d'autres technologies de contention. Il s'agit des technologies de l'information, de la communication et du contrôle.
Il ne s'agit pas vraiment de technologies au sens strict. Ce dont nous parlons n'est pas une "connaissance" ou un discours raisonné (logos) sur la technologie (techné). Nous parlons plutôt d'un ensemble d'appareils basés sur l'électronique et l'informatique qui permettent au fournisseur, sous prétexte de "nous faciliter la vie" avec leurs applications, de disposer d'énormes quantités de données sur la vie privée, les propensions, les affinités, les goûts, les habitudes (allant du commerce du sexe aux bibelots inutiles).
Les entreprises fournisseuses proposent leurs applications aux particuliers, aux entreprises et même aux établissements d'enseignement de manière apparemment gratuite et avec l'attrait de nous épargner du travail physique et intellectuel. Les consommateurs, de l'écolier qui entre dans une salle de classe virtuelle à l'adulte qui achète en ligne des cadeaux et des livres, par exemple, croient sincèrement qu'avec eux leur vie est "plus facile", qu'ils gagnent du temps, évitent les déplacements, évitent de stocker des objets physiques, apprennent plus vite et plus efficacement. La société qui nous fournit les applications est souvent liée à certains des géants des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft). En réalité, la vie devient plus compliquée et s'appauvrit.
Le monde de l'éducation a été totalement happé par l'engouement pour la numérisation. A l'occasion de la pandémie, le GAFAM s'est frotté les mains. De manière anarchique d'abord, puis, formellement ou non, de concert avec les administrations, les géants technologiques ont profité du choc pandémique (la "Shock Doctrine" de Naomi Klein s'applique ici à la perfection) pour usurper les fonctions pédagogiques qui n'appartiennent qu'aux parents, aux instituteurs et aux professeurs.

L'"État Papa", dans un autre cas flagrant de négligence de ses fonctions, loin de répondre aux besoins éducatifs des étudiants dans une situation de crise, dans une occasion totalement hors du commun, a confiné tout le monde chez soi et a prolongé indûment la fermeture des écoles et des universités, remplaçant la fourniture d'un service essentiel comme l'Éducation par une consommation obligatoire, compulsive et sans cervelle de ressources numériques et d'applications cybernétiques privées. Les GAFAM ont non seulement obtenu des millions de données supplémentaires sur les mineurs, mais aussi de nouveaux accros à leurs plateformes et un degré de dépendance à leurs "services" qui aura des effets dévastateurs à long terme. Toute une génération académique a ainsi été perdue, et a fourni de la sorte la base sociale de l'effondrement éducatif et culturel imparable et irréversible de l'Espagne.
A ce jour, alors que le risque de contagion dans les écoles est minime et que l'utilité et le sens de ces classes numériques et plateformes en ligne sont plus que discutables, les administrations éducatives sont toujours déterminées à promouvoir ce pseudo-enseignement. Les enseignants sont plus ou moins contraints de se "recycler" avec des cours (souvent en dehors de leurs heures de travail) sur la numérisation. Ces cours, comme cela s'est déjà produit dans d'autres secteurs tels que la banque et la vente, seront précisément la ruine de ceux qui les suivent et mettront en pratique leur formation, car la sauvegarde des emplois et le remplacement de l'enseignant par un système d'algorithmes qui quantifieront les "progrès" des étudiants seront imposés plus tôt que prévu. Avec un entêtement moutonnier, de nombreux enseignants s'enthousiasment pour cette "révolution numérique", en s'aveuglant sur l'évidence : c'est la mort même de la figure de l'enseignant et la fin de l'éducation telle que nous l'avons comprise depuis les temps de la Grèce et de Rome jusqu'à hier.
Les élèves interagissent avec un réseau, dont ils sont de plus en plus esclaves. Les enseignants et les parents sont absents du processus éducatif. L'État-providence, qui comprend un État formellement engagé dans le travail d'éducation, est également en recul. Un monde régi par les machines et une "révolution numérique" au service de puissances mondiales qui "éduqueront" à leur manière et à leur profit exclusif. L'esclavage numérique est là.
12:01 Publié dans Actualité, Ecole/Education | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : école, enseignement, éducation, numérique, enseignement numérique, actualité, digitalisation |
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