lundi, 01 décembre 2008
L'Europe en 2025 selon les Américains
L’Europe en 2025 selon les Américains
Une immigration toujours plus forte
Concernant la situation de l’immigration sur le continent européen, le rapport confirme les prévisions émises par certains mouvements politiques comme le Front national. Selon lui, en 2025, la part des « minorités extra-européennes pourraient atteindre des proportions significatives - 15 % ou plus - dans presque tous les pays d’Europe de l’ouest » et ces populations auront une « structure d’âge substantiellement plus jeune que la population de souche ».
Plus loin, le document affirme que d’ici 2025, « l’Europe est devenue la destination de choix pour plus d’un million de migrants chaque année et le foyer de plus 35 millions d’individus nés à l’étranger - beaucoup provenant de pays à majorité musulmane, en Afrique du nord, au Moyen-Orient et en Asie du sud ».
Concernant spécifiquement la « population musulmane d’Europe de l’ouest », un encadré leur est consacré. Il indique que la population française comporte actuellement la plus forte proportion de musulmans en Europe (5 à 6 % de la population totale soit 5 millions de personnes). Ces derniers seraient 3,5 millions en Allemagne et 1,8 millions au Royaume-Uni. Il assure que « si les modèles actuels de l’immigration et de la fécondité des populations musulmanes, supérieure à la fécondité moyenne, continuent », alors, « l’Europe de l’ouest pourraient comporter 25 à 30 millions de musulmans d’ici 2025 ».
Des conséquences graves
Le rapport détaille les répercussions de cette immigration : « étant donné le mécontentement grandissant envers la proportion actuelle d’immigrés parmi les européens de souche, de telles augmentations [du nombre d'immigrés] intensifieront probablement les tensions ».
De plus, « les pays avec un nombre grandissant de musulmans, connaîtront un rapide changement dans leur composition ethnique, particulièrement autour des aires urbaines », ce qui « compliquera potentiellement les efforts » entrepris pour « faciliter l’assimilation et l’intégration ». Le document poursuit : en l’absence d’un nombre suffisant « d’emplois convenables », cette « concentration grandissante [dans les aires urbaines] pourraient mener à plus de tensions et de situations instables, telles que les émeutes de 2005 dans les banlieues parisiennes ». En outre, toujours selon le rapport : « en dépit d’une couche sociale non négligeable de musulmans intégrés, un nombre grandissant - conduit par un sens de la séparation, de la rancune, et de l’injustice - va probablement attacher d’avantage d’importance à l’isolement de zones qui auront des pratiques religieuses et culturelles spécifiques à l’Islam ».
Les implications politiques sont également expliquées dans le rapport : « l’immigration et la politique d’intégration » ainsi que « les affrontements avec les musulmans conservateurs sur l’éducation, les droits des femmes et le rapport entre l’État et la religion, vont probablement renforcer les formations politiques de centre-droit, et scinder les coalitions politiques de centre-gauche qui furent utiles dans la construction et le maintien des systèmes de protection sociale des pays européens ».
Enfin, le document du NIC souligne que « même si les communautés immigrées n’obtiendront probablement pas une représentation parlementaire suffisante pour dicter la politique intérieure ou étrangère d’ici 2025, les sujets relatifs aux musulmans soulèveront une attention croissante sur la scène politique européenne ». Concernant la politique étrangère, et c’est bien là ce qui inquiète les Américains : « les tensions continues, sociétales et politiques, à propos de l’intégration des musulmans, rendront probablement les responsables européens plus sensibles aux répercussions potentielles intérieures qu’engendreront leurs politiques étrangères au Moyen-Orient », comme par exemple un « alignement trop important sur la politique [étrangère] américaine vue comme pro-israélienne ».
L’entrée de la Turquie dans l’Union européenne
Selon le rapport, les « doutes croissants à propos des chances de la Turquie [de rentrer dans l'UE] vont sans doute ralentir la mise en œuvre de ses réformes sur les droits de l’homme ». En forme d’avertissement, le document poursuit : « tout refus catégorique risque d’avoir de larges répercussions, renforçant les arguments du monde musulman - y compris des minorités musulmanes d’Europe - à propos de l’incompatibilité entre l’Occident et l’Islam ».
L’Union européenne, un « géant boiteux »
Une bonne nouvelle tout de même, selon ce rapport, l’Union européenne aura fait en 2025 des « progrès limités dans la réalisation du rêve des leaders et des élites européennes [à savoir] : un acteur global cohérent, intégré et influant ». L’UE aura alors toujours « besoin de combler un fossé démocratique entre Bruxelles et les citoyens européens » et ses dirigeants auront du mal à « convaincre le public sceptique, des bénéfices d’une plus grande intégration économique, politique, et sociale ».
Il est à noter que toutes ces prévisions restent hasardeuses tant il est vrai que les peuples peuvent encore changer l’orientation politique de leur pays s’ils le décident. Et cela passe en premier lieu par le vote aux élections européennes de juin prochain.
Les passages entre guillemets sont une traduction libre depuis l’anglais, effectuée par NP Info.
Consulter le rapport complet (120 pages en anglais, au format pdf)
Les articles de NP Info sont libres de copie et de diffusion sous réserve de mention de la source d’origine http://www.nationspresse.info/
00:35 Publié dans Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : immigration, europe, union européenne, etats-unis |
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L'obésité, symbole du capitalisme terminal
L'obésité, symbole du capitalisme terminal
" L'obésité n'est que le résultat d'un modèle de développement devenu fou, privatisé au bénéfice d'une oligarchie. Il ne s'agit donc pas de stigmatiser les obèses, mais de voir dans leur corps martyrisé la métaphore du capitalisme terminal. L'accumulation des calories ne faisant que refléter l'accumulation du capital. Obésité de la population, boulimie des marchés financiers, hypertension boursière, bulle immobilière. C'est tout un système menacé d'infarctus et d'éclatement."
Gabriel Rivière, Opération Globésité, in Le Choc du mois n°26 (octobre 2008)
00:05 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : pathologies, médecine, philosophie, sociologie |
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Gentile/Evola: une liaison ami/ennemi

Gentile/Evola: une liaison ami/ennemi
Stefano ARCELLA
Evola n'a jamais émis que des jugements âpres et sévères sur Giovanni Gentile, le philosophe de l'actualisme. Pourtant, il a entretenu avec une lui une correspondance cordiale et a collaboré à l'Enciclopedia Italiana, monument culturel commandité par le régime de Mussolini et placé sous la houlette de Gentile. Nous avons découvert les preuves de cette étrange relation, occultée jusqu'ici...
Les rapports entre Evola et Gentile ont toujours été perçus sous l'angle conflictuel, sous l'angle des différences profondes entre les orientations philosophiques respectives des deux hommes. Evola, dans sa période spéculative (1923-27), avait élaboré une conception de l'individu absolu, représentant un dépassement décisif de la philosophie idéaliste dans ses multiples formulations, dont, notamment, l'idéalisme de Croce et l'actualisme de Gentile. Evola, en arrivant au bout de ses spéculations, approchait déjà ce point de passage vers la Tradition, comprise et perçue comme ouverture à la transcendance, et vers l'ésotérisme (en tant que voie expérimentale pour la connaissance et la réalisation du moi). Sa période spéculative à été donc une étape nécessaire dans son cheminement vers la Tradition.
Pourtant, dans l'histoire des rapports entre les deux penseurs, il y a un élément demeuré totalement inconnu jusqu'ici: si on en prend connaissance, on acquiert une vision plus claire, plus directe et plus complète du lien qui a uni les deux hommes, en apparence ennemis. Cet élément, c'est la correspondance entre Evola et Gentile, que l'on peut consulter désormais, grâce à la courtoisie dont fait montre la Fondazione Gentile. Cette correspondance date des années 1927-1929, à l'époque où Evola dirigeait la revue Ur, publication visant à mettre au point une science du Moi, et qui fut, par la suite, sous-titrée «revue des sciences ésotériques».
C'est à la même époque que Gentile, avec ses collaborateurs, préparait une œuvre de grande importance scientifique: l'Enciclopedia Italiana, dont il fut le premier directeur. Le premier volume de cette œuvre gigantesque, commanditée par le régime mussolinien, est paru en 1929. Les tomes suivants paraissaient à un rythme trimestriel.
La lettre la plus significative, du moins sous l'angle historico-culturel, est celle qu'Evola adresse à Gentile le 2 mai 1928 (année où fut publié Imperialismo pagano). Cette lettre est sur papier à en-tête de la revue Ur; elle remercie vivement Gentile d'avoir donné suite à son désir de collaborer à l'Enciclopedia Italiana —et Evola, dans la foulée, fait référence à son ami Ugo Spirito— pour les domaines qui pourraient être de sa compétence.
Cette collaboration est confirmée dans une lettre du 17 mai 1929, dans laquelle Evola rappelle à Gentile que celui-ci a confié la rédaction de quelques entrées à Ugo Spirito, qui, à son tour, les lui a confiées. Dans cette lettre, Evola ne spécifie pas de quelles entrées il s'agit exactement, ce qui rend notre travail de recherche plus difficile. Actuellement, nous avons identifié avec certitude une seule entrée, relative au terme “Atanor”, signée des initiales “G.E.” (Giulio Evola).
Ces notes peuvent être vérifiées dans le volume Enciclopedia Italiana. Come e da chi è stata fatta, publiée sous les auspices de l'«Istituto dell'Enciclopedia Italiana» à Milan en 1947. Dans la liste des collaborateurs, Evola est mentionné (“Evola Giulio”, p. 182) et on mentionne également les initiales qu'il utilisaient pour signer les “entrées” de sa compétence (“G. Ev.”), de même que le domaine spécialisé dans lequel se sont insérées ses compétences: «l'occultisme». Ce terme désigne la spécialisation du penseur traditionaliste et non une entrée de l'Encyclopédie. De plus, les mentions, que signale ce petit volume introductif à côté de la matière traitée, indiquent le tome auquel Evola a collaboré plus spécialement: soit le tome V, publié en 1930, dont la première entrée était “Assi” et la dernière “Balso”.
Actuellement, on cherche à identifier précisément les notes préparées par Evola lui-même, pour ce volume. On tient compte du fait que bon nombre d'entrées ne sont pas signées et que le matériel préparatoire de l'Encyclopédie doit sans cesse être reclassé et mis en ordre, sous les auspices de l'«Archivio Storico dell'Enciclopedia Italiana», parce que ces masses de documents ont été dispersées au cours de la seconde guerre mondiale. En effet, une partie de la documentation avait été transférée à Bergamo sous la “République Sociale”.
Un autre élément nous permet de vérifier la participation d'Evola à cette œuvre de grande ampleur: Ugo Spirito mentionne dans un texte de 1947 le nom d'Evola parmi les rédacteurs de l'Encyclopédie dans les domaines de la philosophie, de l'économie et du droit. Des indications identiques se rencontrent dans le tome V de 1930.
Sur base de ses données, d'autres considérations s'imposent. Le fait qu'Evola écrive à Gentile sur du papier à en-tête d'Ur, le 2 mai 1928, n'est pas fortuit.
Evola n'était pas un homme qui agissait au hasard, surtout quand il fallait se mettre en relation avec un philosophe du niveau de Gentile, figure de premier plan dans le panorama culturel italien de l'époque. Evola ne s'est donc pas présenté au théoricien de l'actualisme à titre personnel, mais comme le représentant d'un filon culturel qui trouvait sa expression en Ur, revue dont il était le directeur. Evola tentait de la sorte d'officialiser les études et les sciences ésotériques dans le cadre de la culture dominante, au moment historique où triomphait le fascisme mussolinien. Ce dessein se devine tout de suite quand on sait que la discipline attribuée tout spécialement à Evola dans l'Encyclopédie a été l'«occultisme».
Gentile accepte donc la collaboration d'Evola, ce qui constitue, de fait, une reconnaissance avouée des qualifications du théoricien de l'individu absolu, ainsi qu'un indice de l'attention portée par Gentile aux thématiques traitées dans Ur, au-delà des convictions qui opposaient les deux hommes et des différences irréductibles d'ordre philosophique qui les séparaient. La collaboration d'Evola à l'Encyclopédie dirigée par Gentile prouve que ce dernier l'acceptait parmi les scientifiques de haut rang, dont le prestige culturel était incontestable dans l'Italie de l'époque. De ces rapports épistolaires entre Evola et Gentile, nous pouvons déduire, aujourd'hui, un enseignement que nous lèguent de concert les deux philosophes: ils se montrent tous deux capables d'intégrer harmonieusement des cohérences qui leur sont étrangères, des cohérences qui contrarient leurs propres principes, ce qui atteste d'une ouverture d'esprit et d'une propension au dialogue, à la confrontation fertile et à la collaboration, même et surtout avec ceux qui expriment une forte altérité de caractère et d'idées. La cohérence est une force positive: elle n'est pas la rigidité de celui qui s'enferme dans un isolement stérile. Un fair play qu'il convient de méditer à l'heure où d'aucuns réclament à tue-tête l'avénement d'une nouvelle inquisition.
Depuis cinquante ans, on assiste à une démonisation a-critique, fourvoyante et infondée de nos deux penseurs, on constate un fossé d'incompréhension, des barrières qu'heureusement on peut commencer à franchir aujourd'hui, vu les processus de transformation qui sont à l'œuvre dans le monde culturel. Il n'empêche que l'avilissement du débat culturel dans le sillage de l'anti-fascisme ou de l'esprit de parti est une réalité malheureuse de notre époque. Pour inverser la vapeur, il convient de remettre en exergue ces liens entre Evola et Gentile, entre deux philosophes appartenant à des écoles totalement différentes et opposées, afin de relancer un débat à l'échelle nationale italienne, de réexaminer les racines de notre histoire récente, de récupérer ce qui a été injustement étouffé après 1945 et gommé de nos consciences à cause d'une fièvre aigüe de damnatio memoriae.
En conclusion, outre la piste que nous offre la consultation des Archives Laterza pour explorer les rapports entre Croce et Evola, nous devrions aussi compulser les lettres de Croce, mais, hélas, les Archives Croce nous ont textuellement dit que «ces lettres-là ne sont pas consultables». C'est une politique diamétralement différente de celle que pratique la Fondazione Gentile, qui permet, elle, de consulter sans difficultés les lettres dont je viens de vous parler.
Stefano ARCELLA.
(traduction française : Robert Steuckers).
00:05 Publié dans Traditions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : traditionalisme, italie, fascisme, philosophie, actualisme, années 20, années 30 |
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