dimanche, 27 octobre 2024
L’Outre-mer ne répond plus

L’Outre-mer ne répond plus
par Georges Feltin-Tracol
En 1976, Jean-Claude Guillebaud publiait aux éditions du Seuil dans la collection « L’histoire immédiate » Les confettis de l’empire. Son enquête portait sur les derniers vestiges de l’ancien empire colonial français, à savoir les possessions ultra-marines bientôt dénommées DOM – TOM (départements et territoires d’Outre-mer).

Hormis l’Asie, la France est présente sur tous les autres continents sous la forme insulaire, à l’exception de la Guyane en Amérique du Sud et de la Terre-Adélie en Antarctique. Par le jeu des ZEE (zones économiques exclusives), Paris détient derrière les États-Unis d’Amérique le deuxième domaine maritime mondial. À l’encontre d’une idée reçue, ce n’est pas la Fédération de Russie qui compte le plus grand nombre de fuseaux horaires (onze continus), mais la France avec treize (discontinus) !
Ce constat contredit par conséquent la vision d’une France « tellurocratique ». Elle détient de solides atouts en matière de thalassopolitique. Pour combien de temps encore? En effet, la présence d’Emmanuel Macron bouleverse la donne en Outre-mer. Longtemps chasse gardée de la gauche socialo-communiste et des gaullistes (Michel Debré, maire d’Amboise en Indre-et-Loire est de 1963 à 1988 député de La Réunion), les territoires ultra-marins adoptent une variété de pratiques protestataires. Au moment des Gilets Jaunes en 2018 – 2019, La Réunion dans l’océan Indien et l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon dans l’Atlantique Nord deviennent des foyers virulents des revendications. Pendant la crise covididienne, la Martinique et la Guadeloupe se caractérisent par un taux élevé de refus de vaccination des personnels soignants qui perdent leur travail. L’élection présidentielle de 2022 confirme l’adhésion des populations locales aux candidats d’opposition. Au premier tour, Jean-Luc Mélenchon arrive en tête en Martinique (53,10 %), en Guadeloupe (56,16 %), en Guyane (50,59 %) ou à La Réunion (40,26 %). Au second tour, Marine Le Pen remporte 69,60 % en Guadeloupe, 60,87 % en Martinique, 59,56 % à La Réunion, 55,42 % à Saint-Martin et Saint-Barthélémy ou 59,10 % à Mayotte.
Aux législatives de 2022, les Antilles envoient plusieurs élus qui siègent ensuite au GDR (Groupe républicain et démocrate) aux côtés des communistes ou au groupe centriste charnière LIOT (Libertés, indépendants, outre-mer et territoires). Ainsi la Polynésie française élit-elle trois députés indépendantistes. Les législatives anticipées de 2024 confirment cette tendance même si les indépendantistes polynésiens perdent deux sièges au profit des autonomistes et des macronistes. Les deux premiers députés du Rassemblement national proviennent de Mayotte et de La Réunion.
À la différence du gouvernement de Gabriel Attal qui avait placé l’Outre-mer sous l’autorité du ministère de l’Intérieur, le gouvernement de Michel Barnier a mis les affaires ultra-marines sous la tutelle directe de Matignon. Le sénateur Les Républicains du Rhône et ancien maire d’Oullins, François-Noël Buffet, en est le titulaire. On n’aimerait pas être à sa place tant la situation de l’Outre-mer est explosive.
Fragilisée par un afflux migratoire constant venu des Comores et désormais d’Afrique orientale, Mayotte est en proie à une insécurité endémique. Le maintien de l’ordre public y est problématique. Plus de la moitié de la population est dorénavant étrangère. En outre, l’archipel mahorais connaît des pénuries d’eau potable fréquentes et sort à peine d’une épidémie de choléra. La dégradation des conditions sanitaires y est manifeste.

Toujours dans l’océan Indien, le Royaume-Uni vient de rétrocéder à l’île Maurice la souveraineté effective des îles Chagos qui gardent néanmoins une base militaire stratégique étatsunienne. L’État malgache souhaiterait que la France s’en inspire pour céder les Îles éparses situées dans le canal du Mozambique ou au large de Madagascar. Or, contrairement aux Chagos où les habitants ont été déportés, Europa, Bassas da India, Juan de Nova, Tromelin et les Glorieuses sont inhabitées. Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ne s’y applique pas, à moins de faire voter les espèces animales et florales locales…
Dans les Antilles, la Martinique est en proie à des violences nocturnes. À la fin du mois d’août 2024 surgit une vive agitation (incendie d’entreprises, pillage des boutiques, affrontements avec les policiers et les gendarmes) contre les effets de l’inflation et le coût élevé de la vie quotidienne. Les biens de première nécessité coûtent 40% de plus qu’en métropole sans oublier que 80% des produits parviennent par la voie maritime. Le préfet réplique par l’imposition d’un couvre-feu et l’interdiction de toutes manifestations. Par ailleurs, le Conseil d’État vient d’annuler une délibération de l’assemblée de Martinique qui entérinait l’usage administratif de la langue créole martiniquaise. Ces tensions rappellent la protestation de la Guadeloupe en 2009 contre la « Pwofitasyon » (l'exploitation outrancière). Pour quels résultats ? De nombreuses promesses et un déversement supplémentaire de subventions publiques considérables.

La situation demeure enfin inquiétante en Nouvelle-Calédonie. Le projet de loi constitutionnelle de lever le gel du corps électoral au printemps dernier plonge le « Caillou » dans une ambiance de guerre civile larvée. Les accords de Nouméa de 1998 interdisent aux citoyens français installés en Nouvelle-Calédonie après cette date de s’exprimer aux référendums d’autodétermination et aux élections provinciales. Les Kanak craignent un « grand remplacement démographique » de la part des Européens sans se faire accuser de racisme, de xénophobie et de complotisme. Tenu en pleine période covididienne le 12 décembre 2021, le troisième référendum donne 96,50% de non à l’indépendance, mais l’abstention assumée des indépendantistes monte à 56,13%. Le 7 juillet dernier, pour la première fois depuis 1988 un indépendantiste kanak, Emmanuel Tjibaou, fils de Jean-Marie Tjibaou, co-signataire des accords de Matignon en 1988, accède au Palais-Bourbon grâce aux électeurs de la seconde circonscription de la Nouvelle-Calédonie qui s’étend à l’ensemble du territoire moins le grand Nouméa et les îles Loyauté. Le 24 septembre 2024, fête de la citoyenneté calédonienne, les responsables kanak proclament la souveraineté des chefferies sur leurs territoires coutumiers. Il faut comprendre d’abord un territoire, et donc un ancrage géographique, un enracinement, ensuite, une population structurée dans un réseau de relations organisées, au-dessus duquel se trouve le grand chef coutumier et, enfin, des alliances au-delà des seules limites foncières. N’est-ce pas un exemple à travailler ?
Les violences, les pillages et les barrages édifiés sur les principaux axes routiers de l’île plongent la Nouvelle-Calédonie dans un profond marasme économique. On observe une augmentation des départs de familles européennes vers la métropole. Outre un contexte politique instable, les activités économiques de cet archipel redoutent la faillite annoncée de l’industrie du nickel, premier pourvoyeur des revenus. Ancienne ministre macronienne et présidente de la province Sud, Sonia Backès défend la fédéralisation régionale de la Nouvelle-Calédonie dans une perspective de partition. Or la partition n’est pas une solution valable. On le voit bien avec la séparation de Mayotte du reste des Comores qui attire volontiers les Comoriens paupérisés.

Département aux infrastructures déficientes, la Guyane se confronte à deux problèmes: le vandalisme écologique dû aux garimpeiros, les orpailleurs illégaux, et une arrivée massive d’étrangers clandestins venus du Surinam et du Brésil. Il est courant de rencontrer à Cayenne des immigrés syriens ou afghans. Des réseaux de passeurs transnationaux poussent les candidats au voyage à arriver au Brésil qui n’impose aucun visa. Les migrants franchissent ensuite la frontière franco-brésilienne. Leur venue attise des tensions communautaires dans un territoire déjà marqué par une forte insécurité.
Des puissances étrangères (États-Unis, Chine, Russie, Australie, Azerbaïdjan) attisent enfin le sentiment anti-français dans les derniers « confettis » de l’Hexagone. Elles encouragent au départ définitif des Français de ces portions ultra-marines. On peut bien sûr souhaiter l’indépendance de ces possessions extra-métropolitaines. Mais, sans l’approbation référendaire des peuples concernés, cela risque d’être difficile sauf si la France sombre dans des déficits abyssaux qui la rendront moins attractive pour les populations ultra-marines. Paris ne tient plus ses périphéries. La faute à une république une et indivisible qui assassine toute solution ethno-différencialiste réaliste. Il serait temps de fonder une VIe République, une république fédérale et plébiscitaire des peuples autochtones de France.
GF-T
- « Vigie d’un monde en ébullition », n° 130, mise en ligne le 22 octobre 2024 sur Radio Méridien Zéro.
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Entretien avec Markus Buchheit: les Allemands veulent des changements fondamentaux

Entretien avec Markus Buchheit: les Allemands veulent des changements fondamentaux
Qu’est-ce que les citoyens allemands reprochent le plus à la coalition "feu tricolore": la désindustrialisation, l’aide à l’Ukraine ou la politique migratoire?
Cet article a été initialement publié sur le portail serbe « Eagleeyeexplore »
Source: https://eagleeyeexplore.com/en/2024/10/23/interview-with-markus-buchheit-germans-want-fundamental-changes/
Le mécontentement généralisé des agriculteurs fin 2023 a déclenché une série de manifestations à travers le pays. Grâce à sa machine de propagande, le gouvernement a réussi à détourner l’attention du public et à relativiser ces protestations. J’espère que d’autres groupes d’intérêt prendront enfin position contre la politique absurde de la coalition "feu tricolore" et défendront plus fermement les droits des citoyens. Il est probable que l’establishment politique qualifie à nouveau cela d’extrémisme. J'appelle cela une participation démocratique, déclare Markus Buchheit, membre d'Alternative pour l'Allemagne (AfD), membre du Parlement européen, coordinateur de la commission du commerce extérieur et membre de la délégation de l'Assemblée parlementaire euro-latino-américaine, dans une interview pour notre portail.
Qu'ont montré les élections dans trois Länder allemands - était-ce la négation des résultats du parti le plus fort - et en même temps la délégitimation de l'électeur en tant que détenteur du pouvoir souverain ? Comment les « combattants déclarés pour la démocratie » issus des rangs de la coalition "feu tricolore" expliquent-ils cette destruction des principes démocratiques ?
Les récentes élections régionales en Thuringe, en Saxe et dans le Brandebourg ont clairement montré que de plus en plus d'Allemands souhaitent un changement politique fondamental. Néanmoins, les anciens partis tentent d’exclure l’AfD de la participation gouvernementale et même des fonctions parlementaires importantes par le biais de coalitions absurdes en termes de contenu. Il n’existe aucune base argumentative qui pourrait justifier cela. Au contraire, cela jette un éclairage significatif sur la compréhension que les anciens partis ont de la démocratie et sur la mesure dans laquelle ils respectent la volonté des électeurs.
Le chef du groupe parlementaire AfD-Thuringe a déclaré: «Lors des dernières élections, nous avions 12% des voix, lors des trois dernières, nous avons obtenu 33% des voix. Jusqu’à quand comptez-vous jouer à ce jeu? La limite supérieure pourrait-elle être dépassée lors des prochaines élections et le jeu de la construction d’une coalition sans principes visant à exclure l’AfD du jeu politique pourrait-il être inutile dans de telles circonstances?
Un premier obstacle important consiste à parvenir à une minorité de blocage dans autant de parlements que possible. Les anciens partis ne pourront alors éviter de dialoguer avec l’AfD et de conclure des compromis. Cela est déjà le cas depuis longtemps au niveau local. Par exemple, tout récemment, un membre de l'AfD a été élu à Bautzen avec vingt voix de plus que le nombre de membres du groupe parlementaire de l'AfD.

Ces élections étaient une sorte de référendum pour ou contre la Russie, pour ou contre le gaz russe, c'est-à-dire pour ou contre la désindustrialisation du pays. Comment expliquez-vous que la volonté du peuple et celle du gouvernement dans une coalition ne coïncident pas du tout ?
À mon avis, ces élections n’ont pas porté exclusivement sur la question du pour ou du contre la Russie. La désindustrialisation d’origine politique était certainement un aspect des décisions électorales. Mais dans l’ensemble, il s’agit d’une politique erronée de plus en plus évidente, qui va de l’immigration de masse à la transition absurde de l’énergie et des transports en passant par des projets idéologiques tels que l’intégration de la "dimension de genre", qui sont également rejetés par de nombreuses personnes. L’AfD est le seul parti à émettre des critiques notables à ce sujet et à proposer des arguments et des solutions solides. Apparemment, de plus en plus d’électeurs l’apprécient.
Quel prix l’Allemagne paie-t-elle pour sa position irrationnelle dans le conflit ukrainien?
Je ne qualifierais pas l’attitude de la politique étrangère allemande d’irrationnelle, mais je dirais qu’elle est fausse. L’Allemagne fait partie des perdants suite aux sanctions et les représentants allemands, y compris le ministre allemand des Affaires étrangères, ont à plusieurs reprises alimenté le conflit par leurs rhétoriques. Il serait plus sage d’œuvrer à une paix rapide.

Quelles peurs hantent l'Allemand moyen: la pauvreté, la guerre nucléaire, le terrorisme...?
Il existe diverses enquêtes sur ce sujet qui, bien qu'elles montrent des chiffres différents, font pour l'essentiel les mêmes constats. La plupart des Allemands s’inquiètent de l’inflation et de l’augmentation du coût de la vie, de l’immigration massive, de la pauvreté, etc. La peur des conflits militaires joue également un rôle.
Si cette politique n’est pas corrigée, la coalition gouvernementale pourrait-elle bientôt être une nouvelle fois confrontée à des protestations citoyennes soutenues par tous les mécontents ?
Il y a déjà eu de violentes protestations lors des grandes manifestations d’agriculteurs à travers le pays fin 2023. Le gouvernement a réussi à détourner l’attention des gens de cette affaire grâce à un coup de propagande. J’espère que d’autres groupes d’intérêt s’opposeront enfin à la politique absurde du gouvernement "feu tricolore" et feront davantage usage de leurs droits de citoyens. L’establishment politique qualifiera probablement cela d’extrémisme, une fois de plus. Moi, j'appelle cela la participation démocratique.
Les élections, non seulement en Allemagne mais aussi en Autriche, montrent un fort virage à droite. Combien de temps peut-on ignorer ce fait ?
Ma crainte est que les partis établis et la majorité des journalistes de gauche vont tenter d’ignorer ce fait le plus longtemps possible. Toutefois, dans certains pays, on constate déjà un relâchement. Par exemple, les Pays-Bas veulent expulser davantage, le Danemark a également modifié sa politique migratoire et la Pologne veut même la bloquer complètement. Si cette politique prévaut dans la majorité des pays européens, elle aura également un impact sur d’autres pays.
Au Parlement Européen, l’AfD fait partie d’une alliance qui s’engage à préserver les valeurs nationales, la souveraineté et le nouveau modèle européen. Ses voix et décisions sont-elles solitaires voire dénuées de sens ?
Bien entendu, il est plus efficace de travailler en grands groupes. Mais même en tant que groupe relativement restreint, nous disposons de nombreuses possibilités d’intervenir efficacement dans le processus de prise de décision politique. Nous voulons moins de droits pour Bruxelles et davantage pour les États-nations. Nous y travaillons.
À quelles tâches l’AfD est-elle désormais confrontée?
Selon moi, l’une des tâches essentielles consiste à créer un contre-public stable. C’est la seule façon pour nous de nous défendre efficacement contre les excès de l’establishment politique et de son réseau médiatique. Nous devons veiller à ce que les citoyens fassent l’expérience directe ou équitable de nos positions et non à travers le filtre manipulateur des médias du système.
12:16 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Entretiens | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, affaires européennes, entretiens, markus buchheit, afd, allemagne, europe |
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Le voyage de l’ONU à Kazan (Canossa)

Le voyage de l’ONU à Kazan (Canossa)
Nicolas Bonnal
Il y a un an, Guterres, encore patron de l’ONU, expliquait que la planète bouillait et qu’il faudrait se priver de tout (air y compris) pour sauver le climat. Depuis il a mis de l’eau dans son vin et s’est fait rabrouer notamment par Netanyahou qui lui a expliqué que l’ONU était une succursale des USA qui sont eux-mêmes une succursale d’Israël promis par tous ses prophètes à la domination sans partage du monde. Au début de la cata Internet, je rappelais Esaïe déjà :
« 2 Voici, les ténèbres couvrent la terre, Et l'obscurité les peuples; Mais sur toi l'Éternel se lève, Sur toi sa gloire apparaît.
3 Des nations marchent à ta lumière, Et des rois à la clarté de tes rayons.
L’immense prophète ajoute même :
9 Car les îles espèrent en moi, Et les navires de Tarsis sont en tête, Pour ramener de loin tes enfants, Avec leur argent et leur or, A cause du nom de l'Éternel, ton Dieu, Du Saint d'Israël qui te glorifie.
10 Les fils de l'étranger rebâtiront tes murs, Et leurs rois seront tes serviteurs; Car je t'ai frappée dans ma colère, Mais dans ma miséricorde j'ai pitié de toi.
11 Tes portes seront toujours ouvertes, Elles ne seront fermées ni jour ni nuit, Afin de laisser entrer chez toi les trésors des nations, Et leurs rois avec leur suite.
12 Car la nation et le royaume qui ne te serviront pas périront, Ces nations-là seront exterminées. »

On poursuit gaiement :
« 13 La gloire du Liban viendra chez toi, Le cyprès, l'orme et le buis, tous ensemble, Pour orner le lieu de mon sanctuaire, Et je glorifierai la place où reposent mes pieds.
14 Les fils de tes oppresseurs viendront s'humilier devant toi, Et tous ceux qui te méprisaient se prosterneront à tes pieds; Ils t'appelleront ville de l'Éternel, Sion du Saint d'Israël. »
Et pour ceux qui craindraient pour leur sécurité (Esaïe donc, 60-62, voyez mon chapitre sur Internet entre Bible et Kabbale) :
6 Sur tes murs, Jérusalem, j'ai placé des gardes; Ils ne se tairont ni jour ni nuit. »
C’est toujours amusant de voir des crétins ne pas comprendre où mène leur judéo-christianisme. Il y aussi les imbéciles qui se jettent sur l’Apocalypse comme dans les bras de leur grand-mère, sans savoir ni comprendre pour quel agenda cet opus a été mis en place depuis notamment les débuts du judéo-protestantisme (relire Rothbard).
Mais venons-en à Kazan: Guterres y est allé comme à Canossa, et quelqu’un a compris pourquoi, une des excellentes chroniqueuses (marrant de voir que comme dans un pays non féministe comme la Russie les femmes excellent) de Ria.ru. Il s’agit d’Irina Alksnis. On l’écoute :
« Et il est extrêmement significatif que Moscou n’ait pas caché d’informations sur la visite de Guterres. Parce que s'il n'avait pas pris l'avion pour Kazan, cela aurait été un coup dur, avant tout, pour lui-même et pour l'organisation qu'il dirigeait. Et l’ONU et Guterres lui-même ont déjà subi tellement de pertes en matière de réputation, ces derniers temps, qu’ils n’en ont absolument pas besoin d’une autre, surtout d’une comme celle-ci».
Irina n’y va pas par quatre chemins: Kazan c’est Canossa et Guterres père d’une Onu socialo, écolo, woke et déconsidérée, y va pour se faire pardonner ses crimes ou tout au moins pour redresser la situ: car c’est l’Occident, vieilli et affaibli militairement et industriellement, qui s’isole, ce n’est pas Poutine, génie politique sans équivalent. Mais attention: ne comptez sur l’abruti spectateur de nos médias zombis pour l’apprendre. Il sera crevé avant, avec le dollar.

Irina encore :
« Il convient de rappeler que le dernier scandale très médiatisé s'est produit il y a moins d'un mois, lorsqu'Israël a déclaré le secrétaire général persona non grata, c'est-à-dire qu'un client des États-Unis a publiquement giflé un autre client américain . Si les relations privilégiées de Tel-Aviv avec Washington n’ont jamais été un secret, la transformation de l’ONU (plus précisément de l’appareil de l’organisation) en un vassal des Américains, au service de leurs intérêts et de leurs ordres, est devenue relativement récemment ouverte. »
Les bons peuples du sud et d’ailleurs ont enfin compris quels intérêts sert l’ONU:
«Cependant, cela semble si obscène que l’organisation internationale la plus influente et la plus importante des huit dernières décennies est en train de perdre rapidement son autorité sur la scène mondiale. En ce sens, la démarche d’Israël est très révélatrice: l’ONU est en train de se transformer en un lieu vide et son secrétaire général peut être effacé en toute impunité».
En fait les USA (imaginez un Trump élu et nerveux) pourraient se débarrasser du machin eux-mêmes :
«Et pour l’ONU, son appareil et ses dirigeants, la perte du prestige de l’organisation constitue un problème très grave. Les mêmes Américains n’en auront besoin que tant qu’il restera utile, tant qu’il sera capable d’influencer les processus mondiaux, tant que le monde écoutera leur opinion, tant qu’il sera véritablement perçu comme le cœur du système politique mondial et une plate-forme pour l'élaboration des décisions majeures de la communauté internationale».
Le laquais mondialiste n’a pas de futur :
«Et jouer le rôle de laquais de Washington détruit très rapidement tout le capital symbolique et politique acquis par l'ONU au cours des près de 80 années précédentes. Surtout maintenant, alors que les États perdent leur statut hégémonique et que l’opposition géopolitique de certaines voix faibles se transforme en un chœur amical de la majorité mondiale, qui forme activement des mécanismes alternatifs».

Les trois mousquetaires (USA et le duo franco-britannique) iront jusqu’au bout, n’en doutons pas. La classe politique y est trop nécrosée (cf. Barnier ou le reniement national) et la masse trop abrutie de télé ou de journaux (moment de relire McLuhan pour comprendre pourquoi et comment – et depuis quand…). Mais le reste comprend.
Guterres à Kazan, c’est une bonne nouvelle: mais si l’agenda impérialiste occidental est compromis, le reste des agendas est toujours là et usera comme on sait des Brics (pensez à Lula-vaccin qui n’était pas là) et du reste pour s’appliquer: lutte contre le carbone et donc la vie humaine, CBDC, contrôle informatique et totalitaire de l’humanité, vaccination high-tech pour n’importe quel bobo, etc.
Guterres à Kazan c’est comme Trump à Washington (si le Deep State le laisse repasser): une bonne et une mauvaise nouvelle à la fois. L’Adversaire mute pour la énième fois. Il ne sait faire que ça pour faire avancer sa cabale.
Sources :
https://ria.ru/20241023/guterresh-1979484954.html
https://www.biblegateway.com/passage/?search=%C3%89sa%C3%...
https://www.amazon.fr/INTERNET-SECRETS-MONDIALISATION-Nic...
https://www.amazon.fr/Internet-d%C3%A9clin-d%C3%A9mocrati...
11:32 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, onu, antonio guterres, brics, politique internationale |
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Le capitalisme de guerre fait place à la technocratie totale

Le capitalisme de guerre fait place à la technocratie totale
Markku Siira
Source: https://markkusiira.com/2024/10/24/sotakapitalismi-raivaa-tilaa-totaaliteknokratialle/
Le professeur Fabio Vighi de l'université de Cardiff, habitué à citer Jean Baudrillard et à analyser les bobards hollywoodiens, n'a au moins pas rejoint l'Occident™ dans la guerre de l'information contre le reste de l'humanité (comme l'a fait, par exemple, le « pop-philosophe » slovène et ultra-gauchiste Slavoj Žižek), mais aborde la crise actuelle du capitalisme d'un point de vue plus (dé)réaliste.
Comme le prédisaient déjà les films hollywoodiens déprimants des années 1970, à la fin «personne ne gagne, un camp perd juste plus lentement que l'autre». La méga-crise qui se dessinait déjà à l'époque était, pour Vighi, le signe d'une «catastrophe socio-économique, culturelle et psychologique structurelle et bientôt mondiale, qui entre à présent dans une phase d'escalade rapide (bien que cette fois-ci Hollywood soit en plein déni de l'effondrement)».

Vighi, qui comprend également l'économie, a répété à maintes reprises que le système cynique dans lequel nous vivons «ne survit aujourd'hui qu'en commercialisant efficacement les situations d'urgence: pandémies, conflits militaires, guerres commerciales et autres catastrophes qui attendent patiemment dans la file d'attente».
Le chaos et l'instabilité de toutes sortes sont instrumentalisés au profit du pouvoir de l'argent, car « les problèmes d'intérêt mondial sont le seul atout restant d'une civilisation qui s'effondre ». Le capitalisme est devenu dépendant d'une « série ininterrompue de chocs géopolitiques » qui servent d'alibi pour continuer à créer des « actifs » à partir de rien et à les « canaliser » sur le marché boursier.
Un système économique fondé sur l'endettement est un « jeu de simulation qui nécessite un traumatisme constant ». Le capital « cannibalise violemment son propre avenir dans une tentative désespérée de dissimuler son insolvabilité - une astuce qui ne fonctionnera que tant que la monnaie fiduciaire représentée par les obligations ne sera pas réclamée en tant que titres » (et qui le ferait?).

Vighi, également spécialiste du cinéma, estime que ce Truman Show criminel en chair et en os «approche du point où le voilier heurte le faux horizon de carton». Mais où pouvons-nous échapper à cette brutale réalité (artificielle)?
Le problème sous-jacent devrait être évident : « les champions de la mondialisation se noient dans la dette et la consommation improductive ». Pour Vighi, ce n'est pas sans ironie, puisque « l'émetteur de la monnaie de réserve mondiale est en train de mourir de la maladie même qu'il inflige aux autres pays depuis des décennies, en les asséchant ».
La nation la plus puissante du monde, les États-Unis, est « engagée dans une lutte futile et désastreuse pour empêcher l'effondrement de son hégémonie mondiale en essayant de faire circuler le fardeau de la dette, véritable roche de Sisyphe ». La superpuissance a désormais besoin de « l'aide de l'inflation pour dissimuler ses actions insoutenables à la lumière du jour » et « pour empêcher la masse croissante d'obligations de révéler leur nature de pacotille ».
Il y a donc une « lutte existentielle dans les cercles financiers, qui exige des mesures toujours plus manipulatrices, irrationnelles et destructrices ». Étant donné qu'une grande partie du monde capitaliste est collatéralisée par la dette publique américaine, il semblerait légitime de conclure, dans une litote américaine, que « la merde a frappé le ventilateur mondial ».
Le déclin de l'Occident a conduit de nombreux acteurs géopolitiques à se retirer pragmatiquement du jeu dicté par l'hôte insolvable. Le processus en cours marque la fin de la domination du dollar, mais la lutte à mort a « déclenché des conflits intra-systémiques (en Ukraine et au Moyen-Orient) qui pourraient facilement dégénérer et détruire un grand nombre de vies humaines sur la planète ».
La corporatocratie capitaliste, reposant sur l'intérêt, qui domine l'Occident cherche à maintenir son hégémonie économique en parrainant des guerres, des confrontations et d'autres urgences mondiales, dont l'objectif essentiel est de justifier l'impression irréfléchie de plus d'argent.

Il est probable que toutes les puissances, grandes et petites, s'inquiètent de la situation en coulisses, car même si nous nous dirigeons vers un « monde multipolaire », une nouvelle infrastructure économique basée sur les monnaies numériques est déjà en cours d'élaboration, dans laquelle les « amis et les ennemis », au sens défini par Carl Schmitt, malgré leurs désaccords, sont tous impliqués.
La population mondiale a déjà été préparée avec succès à l'action civique par le biais d'une urgence coronaviresque. Les technocraties du futur proche pourront manipuler les masses plus efficacement et même normaliser la violence extrême, suivie en temps réel par des citoyens engourdis sur les écrans des appareils intelligents, comme dans le cas du génocide à Gaza.

Selon M. Vighi, les gens ressemblent de plus en plus à des «zombies marchant vers leur sinistre destin», les yeux rivés sur leur smartphone. En raison de la dépendance technologique, tout peut arriver «là-bas»: de petits enfants peuvent être écrasés sous des bombes démocratiques produites par des fabricants d'armes éthiques et approuvées par des gouvernements libéraux qui ont gagné la confiance des «citoyens décents».
Vighi, après avoir répété ses arguments, tente toujours de suggérer (peut-être un peu découragé ?) que «nous devrions trouver d'urgence des moyens de déprogrammer les esprits humains», sinon «même le bruit d'une explosion nucléaire ne les fera pas sortir de leur consentement inoculé».
Pourtant, lui aussi a observé que « depuis la grande expérience coronaviresque, le village mondial est de plus en plus habité par d'étranges créatures programmées pour discuter des pronoms à attribuer (aux nouvelles catégories sexuelles) plutôt que de critiquer les processus destructeurs de la machine à tuer qu'est le capital ». Mais comment les gens ordinaires peuvent-ils avoir un impact sur les guerres des banquiers ?
11:10 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fabio vighi, capitalismede guerre, capitalisme, technocratie, actualité |
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