mardi, 06 janvier 2026
Entre désordre plaisant et tradition chiante...

Entre désordre plaisant et tradition chiante...
Pierre Robin
Source: https://www.facebook.com/pierre.robin.121
Il nous faut bien revenir à Bardot. Sur un point sociologique, politique, moral même. Cela s'est imposé à moi en revoyant un extrait du film fondateur de sa carrière et de son mythe, Et Dieu... créa la femme de son mari Vadim en 1956, où elle incarne à elle toute seule les nouvelles aspirations juvéniles et féminines. " Libertaires ", individualistes, hédonistes. Loin, très loin de l'éducation classique-catho-bourgeoise qu'elle avait reçue en tant que Brigitte de Passy.
Et Dieu abandonna les catholiques...
Dans l'extrait en question Juliette/Brigitte, jeune femme de 20 ans à peine, autocentrée et calmement amorale ou post-morale (au sens de morale normative classique), "girly" avant la lettre quoi, tient à Saint-Tropez une boutique de journaux et papeterie familiale pour se faire quelques sous. Elle reçoit la visite de ce qu'on appelait naguère une "dame d'oeuvres" catholique, carrément déléguée de l'évêque local. Qui sous le prétexte d'acheter un journal (bien pensant) lui fait un sermon sur ses mauvaises moeurs et son mauvais esprit, et lui propose en prime un examen médical. S'attirant une réplique assez drôle de Juliette (sans doute due au dialoguiste, soit Vadim lui-même).
C'est très clairement un choc de générations, de mentalités voire de civilisation, en ces années 50 où commence la grande mutation: Juliette est sexy, la coiffure et la vêture provocantes; la dame de l'évêché est plutôt disgraciée physiquement, a une voix désagréable et une élégance étriquée. Vadim a clairement réparti les rôles, avec de nouveaux bons et de nouveaux méchants sociologiques.

On sait quelles ont été les conséquences globales de cette révolution sexuelle et culturelle: de bons moments et de belles images, payées aujourd'hui d'un assez complet effondrement, d'un individualisme forcené et d'un relativisme désintégrateur. Jusqu'à arriver au woke.

Causes vite perdues...
Et je repense à l'ado de droite que j'étais et à d'autres chocs des cultures. Ainsi, en janvier 1970 la manifestation de l'Armée du Salut devant le théâtre de la Porte-Saint-Matin à Paris où se jouait avec succès l'adaptation française de la comédie musicale américaine Hair, illustration sonore de la nouvelle culture hippie, sexuellement libérée, anti-autoritaire, anti-traditionnelle. Je voyais bien que les Salutistes, avec des gueules échappées à un casting de Jean-Pierre Mocky, leurs uniformes tristes et sans prestige, et leurs slogans gnangnans perdraient la guerre contre la troupe et le public de Hair, et le charme de Julien Clerc. Je me souviens encore d'une photo dans la presse ou deux dames salutistes coiffées de leur pittoresque petit chapeau de secte américaine protestante jetaient des regards éperdues, entourées qu'elles étaient de lecteurs rigolards de Charlie Hebdo ou de Hara Kiri, en train de baisser leurs pantalons devant elles. Ajoutons que j'aimais assez la chanson de référence de Hair, ce Laissons entrer le soleil dont la virilité et la mélodie faisaient oublier la niaiserie hippie.

Re-belote en 1974, plus précisément à l'élection présidentielle de 1974, où la candidature du maire divers droite de Tours Jean Royer, sorte d'anticipation d'Eric Zemmour (le talent journalistique en moins) à physique de grand inquisiteur, finit dans la confusion et le ridicule: opposé à l'avortement, Royer avait - courage ou inconscience communicante - préconisé dans un discours le coitus interruptus, en appelant les hommes au self-control en quelque sorte. Du coup ses meetings devinrent le rendez-vous de toutes les espèces de gauchismes post-68, avec lâchers de préservatifs et slogans ricanants, la grande presse, déjà acquise au grand changement, faisant son miel de cette déconfiture politique traditionaliste.
Bref j'étais, bien que réac (pour faire trop simple), empêché de défendre les salutistes ou Jean Royer du fait de leur désespérante ringardise, tout simplement inadaptée aux nouveaux temps. Nouveaux temps dont j'étais, aimant les jupes courtes et bientôt le rock de ces années 70 (exactement comme un Zemmour ayant exprimé sa nostalgie de ses années de lycée, mises en ondes musicales par les Rolling Stones).
On sait que BB, celle par qui le scandale arriva et se consolida, a rapidement dénoncé cette nouvelle société sans repères ni frontières, dans laquelle malgré tout elle ne se reconnaissait pas. Quel enseignement tirer de tout ce désordre, de toutes ces contradictions ? Eh bien, "vu de droite", il faudrait tenter de concilier une certaine rigueur idéologique "anti-moderne" (ou anti-contemporaine plutôt) avec un certain "fun" culturel. Etre ferme et pop à la fois: Salvador Dali est à peu près arrivé à ça par exemple. En politique c'est sans doute plus malaisé. Je me suis toujours efforcé quant à moi de me tenir sur cette "ligne de crête". Peut-être aurait-il fallu imaginer, je sais pas moi, des salutistes plus sexy, des Stéphane Audran droitistes et des David Bowie bonapartistes...
12:39 Publié dans Réflexions personnelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : réflexions personnelles, brigitte bardot, années 50, années 60 |
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jeudi, 01 janvier 2026
BB "vue de droite"...




18:20 Publié dans Hommages | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hommage, brigitte bardot, france, cinéma, droites, droites françaises |
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Brigitte Bardot (1934-2025)

Ma jeunesse s'en souviendra!
Brigitte Bardot (1934-2025)
Pierre Robin
Source: https://www.facebook.com/pierre.robin.121
C'était là le grand rdv que je redoutais, ces mauvais temps-ci. Peut-être par paresse "littéraire", si je puis dire, car que raconter, qu'écrire d'Elle, après? Oh, on peut déjà rappeler que c'était l'autre grand astre français survivant après son ami Delon, et cet astre il brille bien au-delà du cinéma, bien au-delà d'une vie, d'une époque. Il y a trop de Bardot en vérité: la Femme créée soudain par Dieu au beau milieu de la peu sexy IVème République. Bardot en Notre-Dame du désir moderne (j'ai dû collecter, mâle vieillissant et complétiste, pas loin de mille photos d'elle et s'il y en a une vingtaine où elle n'est pas troublante...), vierge folle qui a démodé tout (et toutes) autour d'elle. Bardot et son féminisme pro-mecs (jetables ou un peu durables), à gêner rétrospectivement toutes les Adèle Haenel et les Judith Godrèche d'Occident wokeux ou, plus tôt, les miss Météo formatées de Canal+. Quoi encore ? Bardot et l'antique civilisation (disparue de son vivant) de Saint-Trop'. Bardot et le binôme Islam-Immigration (la même que Bardot imprécatrice, parfois maladroite toujours courageuse). Bardot et Gainsbourg avec tous les émouvants scopitones que cette aventure à suscités (et aussi ce bel hymne à l'amour, Initials BB). Bardot et les animaux bien sûr, quand elle attendit moins du genre humain...

Indépassable désirable...
Bardot et le cinéma au fait. Je crois qu'elle s'en foutait un peu du Septième Art même si elle lui doit tout. On pouvait toujours ricaner de sa voix nunuche, mais quand elle dansait en 1956 dans Et Dieu... ce mambo signalant des temps nouveaux - oh d'ailleurs le film n'est pas le navet qu'on a dit, avec son casting solide et ses dialogues marrants. Du reste BB a tourné pas mal de films "marrants", qui étaient souvent de bonnes comédies - revoyez seulement Voulez-vous danser avec moi de Michel Boisrond (1959) ou même Les Femmes de Jean Aurel (1969), ou encore L'Ours et la Poupée de Michel Deville (1970).

Ah vous voulez du grand art tragique, comme chez les Grecs antiques et Jean Vilar ? Dans En cas de Malheur d'Autant-Lara (1958), où elle affronte un Gabin installé, elle est une splendide racaille blanche qui montre (sous René Coty !) ses fesses et apporte le chaos dans la bourgeoisie et puis la Mort ; et dans La Vérité de Clouzot (1960) son personnage de bombe sexuelle malheureuse se suicide, juste avant qu'elle-même tente de le faire pour de vrai, éprouvée par le difficile tournage et sans doute pas mal de déceptions de superstar - elle joue à cet égard son propre rôle de super-vedette victime de sa gloire dans le moyen Vie Privée de Louis Malle (1962) .

C'est vrai, Clouzot n'était pas gentil, et Jean-Luc Godard non plus sur le tournage du Mépris (1963), lui peut-être par frustration de timide. Quelle frustration inspirée ! Bardot, cheveux noirs ou cheveux blonds, est à tomber, elle a là sa plus belle moue méprisante (ça tombe bien) pour le personnage d'amant de Piccoli ou le dragueur yankee Jack Palance, et tout ça se passe dans le bleu hellénistique de Capri, sur le blockhaus inspiré de la Villa Malaparte, et aux accords du beau thème triste de Camille signé Georges Delerue. Et puis citons encore les westerns foutraques, 2ème degré, de Viva Maria (1965) de Louis Malle en Pétroleuses de Christian-Jaque (1971) en passant par Shalako d'Edward Dmytryck (1968), avec leurs bagarres et leur révolution pour rire - et l'immense Sean Connery reparti la queue basse ! Et à chaque fois, quoiqu'elle joue, toujours sexy - j'allais écrire "bandante" mais je me suis retenu à temps !

Bon, j'en oublie sûrement, des films et des amants de prestige. Mais on retiendra qu'elle a quitté tout ça, un beau jour de l'an 73, pour ne pas faire un film de trop, de plus. Après, les bébé phoques et la défense de tout le genre animal, la croisade contre l'Islam migratoire et la sainte colère contre les "élites" politiques et médiatiques de sa deuxième moitié de vie, je ne les mettrais certes pas au passif de cette vie. C'est méritoire de persister à être clivante quand on pourrait se contenter d'être une icône rituellement vénérée par tous les cool-nomenklaturistes de l'époque, je trouve. C'est méritoire et puis c'est tout simplement courageux.
Bon Dieu Brigitte Bardot est morte ! Le Troisième millénaire peut officiellement commencer avec juste un quart de siècle de retard, un peu comme le XXème siècle a débuté en 1914. Sa France, la mienne par la même occasion, est officiellement morte elle aussi...
18:00 Publié dans Hommages | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hommage, brigitte bardot, cinéma, france |
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jeudi, 02 octobre 2014
Bon anniversaire Brigitte

Le billet de Patrick Parment
Ex: http://synthesenationale.hautetfort.com
Cessons deux minutes dʼêtre sérieux et soyons futiles. Renvoyons les socialos-umpéistes dans les eaux fangeuses où se roule comme des porcs tout ce petit personnel qui sous Louis XIV nʼaurait tout juste été bon qu’à porter les sceaux dans les couloirs de Versailles pour que nous pissions en paix.
Non, l’événement du jour, c’est l’anniversaire de Brigitte Bardot. Quatre-vingt balais au compteur et une pugnacité jamais démentie. Non seulement la dame pense – et plutôt bien – mais encore elle pense tout haut ce que l’ensemble des Gaulois tait en général. Par lâcheté ? Allez savoir. Elle l’écrit même, ce qui lui vaut quelques ennuis avec la justice. Mais elle s’en fout ! Bon, d’accord, de temps en temps, avec ses animaux, elle nous gonfle, mais j’ai pris le parti depuis longtemps de tout lui pardonner. Il n’y a qu’une Bardot et... des millions de ploucs. Il faut tout pardonner à BB parce que les hommes de ma génération se sont quand même bien astiqués le poireau en fantasmant sur son corps de rêve. Elle a vraiment incarné la beauté dans ce qu’elle a de plus violent et de plus bestial.
BB, c’est tout de même autre chose que toutes ces pétasses qui se trémoussent dans des films sans intérêt tournés en général par des imbéciles, la fesse triste et le sein pendant... quand il y en a. Je parle, bien sûr, du cinéma français (Anémone et sa tête d’autruche, Casta, sa niaiserie et ses dents de travers ! pour ne citer qu’elles). Toutes ces petites connes n’inspirent aux foules qu’un sentiment de pitié, pas même une érection.
Tandis que Bardot, on se précipitait, et on aurait même payé pour remplacer Jean Gabin dans je ne sais quel navet ! Sortez vos DVD et regardez Babette s’en va en guerre, vous m’en direz des nouvelles. Bardot, c’est de la gonzesse, de la vraie, comme on les aime. Gainsbourg, qui était loin d’être un sot et qui avait du talent, ne s’y était pas trompé. Il était tombé dans le panneau, avant d’épouser sa planche à pain, et lui avait concocté des chansons qui prouvaient qu’il était soudain passé de la bandaison ordinaire au priapisme incontrôlé.
Bardot chantant, c’est tout d’un coup le technicolor qui jaillit dans votre vie, au risque de coller une torgnolle à votre bourgeoise dès fois qu’elle aurait l’audace de vous faire une crise de jalousie. Et puis Bardot, c’est le symbole d’une France qu’on a aimé, presque insouciante, avec ses clochers et ses curés en soutane, ses facteurs à vélo, ses gardes- champêtres roulant le tambour. Tout ça n’est pas de la nostalgie mais des images que nous renvoie Brigitte Bardot qui incarna une certaine image de la beauté française.
Bon anniversaire, Madame.
00:05 Publié dans Actualité, Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : brigitte bardot, actualité, cinéma, france |
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