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dimanche, 19 avril 2026

Surprise pour la direction des syndicats allemands! Les membres de ces syndicats votent plus souvent pour l’AfD que les non-membres

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Surprise pour la direction des syndicats allemands! Les membres de ces syndicats votent plus souvent pour l’AfD que les non-membres

Peter W. Logghe

Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94 

Au cours de ces dernières années, les syndicats allemands ont fait de "la lutte contre l’extrême droite", et plus précisément contre l’AfD, un point important de leur programme. Et voici maintenant que claque un coup de tonnerre dans un ciel syndical tout bleu: selon une analyse du groupe de recherche Wahlen, les membres des syndicats en Allemagne votent plus fréquemment pour la droite conservatrice qu'est l'AfD que les non-syndiqués et d’autres catégories de la population allemande. C’est ce que révèle Reinhard Bispinck (photo), ancien directeur scientifique du service de documentation du DGB (= Union syndicale allemande), sur le site tarifpolitik.info.

Reinhard Bispinck s’est basé sur les résultats des dernières élections régionales en Allemagne, celles du Bade-Wurtemberg et de la Rhénanie-Palatinat. D’après l’analyse des résultats dans le Bade-Wurtemberg, 24% des syndiqués ont voté pour l’AfD, alors que le parti a obtenu en moyenne 18,8% dans ce Land. Qui plus est: 18% des travailleurs non syndiqués ont voté pour l’AfD. Ce fait est d’autant plus remarquable que les syndicats jouent un rôle important aux côtés des groupes d’extrême gauche dans la lutte contre l’AfD classée à droite: ainsi, la présidente actuelle du DGB, Yasmin Fahimi (ancienne députée SPD), est l’une des opposantes les plus acharnées à l’AfD.

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(Texte: Ne vous laissez pas abuser quand on vous dit qu'exiger des alaires plus élevés conduit nécessairement à l'inflation. Cela ne peut se déduire des statistiques qui nous ont été présentées).

L’AfD a trois fois plus de soutien chez les syndiqués que la SPD…!

Ces résultats doivent aussi inquiéter le syndicat, qui est traditionnellement proche de la SPD: selon l’étude, en moyenne, seulement 8% des syndiqués ont voté pour la SPD en Bade-Wurtemberg: ça fait mal! Avec cela, les «camarades» sociaux-démocrates n’ont recueilli qu’un tiers des voix qui sont allées à l’AfD, dite d’extrême droite. Chez les syndiqués, les Grünen sont arrivés en tête dans le Bade-Wurtemberg, avec 29%. Ensuite vient l’AfD, avec 23%, puis la CDU en troisième position avec 23%. Die Linke n’a recueilli que 6%.

En Rhénanie-Palatinat, l’AfD occupe également la deuxième place parmi les électeurs syndiqués. Dans ce Land, 23% d’entre eux ont voté pour l’AfD, alors qu’en moyenne, le parti a obtenu 19,5% dans cette région. Le parti le plus fort parmi les membres des syndicats en Rhénanie-Palatinat reste la SPD, avec 32%. La CDU, qui a obtenu 31% dans ce Land, reçoit peu de soutien chez les membres syndicaux, avec seulement 21%.

Dans ces deux Länder, l’AfD est clairement devenue le deuxième parti politique parmi les travailleurs syndiqués. Et ce qui est important à noter: l’AfD a recueilli plus de voix chez les syndiqués que la moyenne. Quant à savoir si cette étude apportera plus de réalisme aux syndicats, c'est malheureusement peu crédible.

vendredi, 17 mai 2019

Syndicats : soumission ou révolution ? Conférence de Louis Alexandre

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Syndicats : soumission ou révolution ?  Conférence de Louis Alexandre

Louis Alexandre. Rédacteur de la revue Rébellion. Militant pour un socialisme révolutionnaire et patriote.
 

samedi, 13 janvier 2018

Les grèves en Allemagne

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Les grèves en Allemagne

par Jean Paul Baquiast

Ex: http://www.europesolidaire.eu

Environ 160.000 travailleurs allemands du secteur industriel, VW, Porsche, Daimler, Bosch, Thyssen Krupp entre autres. sont engagés aujourd'hui dans des grèves partielles. C'est le syndicat IG Metall Union qui a lancé le mouvement. Il négocie actuellement un nouveau contrat de travail pouvant intéresser près de 4 millions de travailleurs du secteur. Apparemment, ces négociations piétinent.

Le patron de IG Metall, Jörg Hofman, a menacé de grèves plus étendues si l'industrie ne fait pas davantage de concessions. Le syndicat demande une hausse des salaires de 6% et plus généralement, le passage de la semaine de travail de 35 à 28 heures pour ceux qui le souhaitent, avec compensation partielle du manque à gagner salarial par l'employeur. La formule serait valable deux ans au maximum et l'employeur devrait garantir un retour à un poste à plein temps.

Il est surprenant de voir un tel mouvement de grève s'étendre dans un pays qui est devenu le leader européen en matière industrielle et dont de ce fait l'excédent à l'exportation bat des records, contrairement par exemple au déficit français qui ne cesse de s'accroitre.

On peut s'étonner en outre du fait  que les syndicats s'engagent dans ce mouvement alors qu'ils soutiennent actuellement la formation d'un gouvernement de Grande Coalition (CDU, CSU et SPD). Il n'est pas certain que ce futur gouvernement, malgré la présence du SPD social démocrate, prête une oreille attentive aux revendications des travailleurs, alors qu'il sera nécessairement au service des intérêts industriels qui ont toujours financé la Grande Coalition.

Les grèves s'expliquent parce que les travailleurs allemands ont vu depuis des années s'accroitre les inégalités dont ils souffrent au regard de l'enrichissement des autres catégories sociales. Les revenus des allocataires ne cessent de diminuer, alors que s'accroissent les couts des dépenses médicales. Dans le même temps, les dividendes payés aux actionnaires se sont accrus dans le secteur industriel d'environ 10% depuis 3 ans (12% en 2016) alors que les salaires nominaux n'avaient cru que de 2 à 3 %, ce qui est ressenti comme un gel des salaires.

En dépit de l'actuelle semaine de 35h, environ 20% des salariés du secteur industriel travaillent, selon les syndicats, plus de 40 h, y compris pendant les jours de congé. Beaucoup d'entreprises ont été délocalisées en Europe de l'Est. Les salariés sont par ailleurs de plus en plus confrontés à la concurrence de travailleurs temporaires turcs ou fraichement immigrés.

IG Metall est bien obligé de tenir compte des revendications croissantes des travailleurs de la base. Ceux ressentent concrètement la disproportion croissante, même et surtout en Allemagne, entre le 1% des super-riches et les autres. L'avenir proche dira s'ils ont une chance de se faire entendre. L'expérience sera suivie sans doute attentivement par les autres salariés européens.