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29.02.2008
60 nationalistische figuren
60 nationalistische figuren
Dat het nationalisme in de Lage Landen, het natiegevoel en de wil om hiervoor een politieke ruimte te scheppen, géén eendagsvlieg is, zoals sommigen ons wel eens willen voor houden, bewijst de jongste uitgave van Uitgeverij Egmont, “60 nationalistische figuren”. Trouwens de auteur zelf van het werkje, dr. Roeland Raes, kan eigenlijk best beschouwd worden als een emanatie van de diepe wortels van deze identitaire stroming in de Nederlanden. Hij is hoofdredacteur van het Heel-Nederlandse vormingstijdschrift Revolte.
In 1934 in Gent geboren was hij al in de jaren 50 en 60 van vorige eeuw actief – op alle mogelijke bestuursniveaus trouwens – in de Volksunie, en later, vanaf de jaren 70 en 80, in het Vlaams Blok en tenslotte in het Vlaams Belang. Hij geraakte in de politieke actualiteit met uitspraken voor de Nederlandse televisie, die vervolgd worden omwille van een zogenaamd negationistische strekking. Maar Roeland Raes is meer dan dat. Er zijn met moeite naoorlogse tijdschriften in de radicaal nationalistische beweging te vinden, waar deze auteur niet aan heeft meegewerkt. Met bijzondere interesse steeds voor de nonconformistische en tegelijk goed onderbouwde (heel- of groot-) Nederlandse strekkingen binnen de Vlaamse Beweging. En mét een zeer open oog voor wat in Europa gebeurde. Kan het iemand verwonderen dat Roeland Raes een regelmatige redacteur werd van Dietsland-Europa (van de organisatie Were Di) of van Revolte (van de actiegroep Voorpost) en dat hij jarenlang de Vlaamse spil was waarop het bannelingentijdschrift De Schakel draaide?
Het is voor de nationalistische jongeren, van Voorpost, van de N.S.V. of het K.V.H.V. dat hij de verschillende teksten schreef, vanuit de vaststelling dat men toch heel weinig weet van de Vlaamse Beweging van de 19de of de 20ste eeuw. Met de vraag in hoeverre “(…) de namen van Vlaams-nationale leiders en militanten, hoe verdienstelijk ook, nog een echo oproepen bij jongeren vandaag”.
Of zoals inleider Johan Vanslambrouck terecht opmerkt: “Wij leven en werken vandaag, maar als nationalisten beseffen we dat we niet uit het niets komen. Ons collectief verleden bepaald mede wie we vandaag zijn, hoe we leven en werken. Daarom blijft een basiskennis van dat verleden voor ons zo belangrijk. Geschiedenis wordt gemaakt door mensen en dus is het van belang om de hoofdrolspelers goed in hun context te kunnen situeren. Daartoe levert dit boek een bijdrage”.
Hierin veel bekende, maar ook minder bekende Vlamingen en Nederlanders (Buls, Willem de Vreese, Jacob Heremans, Lucien Jottrand). Veel op het eerste gezicht bekende namen ook, waarop de auteur door ongekende typeringen toe te voegen, een nieuw licht werpt (Wouter Lutkie, Remi Piryns, René De Clercq, Kamiel Van Damme, Jaak Moerman, Karel Dillen).
Deze uitgave, die in de lijn ligt van hetgeen Jean Mabire in Frankrijk presteerde met zijn reeks “Que Lire”, schreeuwt gewoon om een voortzetting in een deel 2. Het zou trouwens voor de auteur een (ondankbare?) opgave moeten zijn om nog meer min of meer vergeten figuren uit de jaren 50 en 60 van de vorige eeuw terug voor het voetlicht te brengen. De moeilijke heropbouw van de nationalistische beweging in die jaren is eigenlijk maar mogelijk gebleken door de inzet van deze tientallen onbaatzuchtige werkers, en die nu in de vergetelheid verzeild dreigen te geraken. Kinderen van ons volk.
Voor jongeren is dit boekje hopelijk een aanzet naar méér. Daarom is het spijtig te noemen dat een (min of meer uitgebreide) bibliografie of lijst met verwijzingen helemaal achterwege is gebleven. Misschien wordt dit euvel in deel 2 uit de wereld geholpen? Maar laat u hierdoor niet tegenhouden om deze uitgave te kopen en aan jongeren door te geven.
60 nationalistische figuren
Raes Roeland
ISBN 978–78898–07–8
2008, Uitgeverij Egmont, Brussel,
222 pagina
Richtprijs: 12,50 euro
(P.L.)
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Hommage à Monique Crokaert

Robert STEUCKERS:
Discours d'hommage à Monique Crokaert, épouse de Marc. Eemans, lors de ses obsèques (janvier 2004)
Chers parents, chers amis,
Il est l’heure de prendre congé définitivement de Monique, aujourd’hui, en cette triste journée de janvier. Monique, la fille de Jacques, cet esprit politique génial, jamais remplacé et surtout irremplaçable, Monique l’effrontée, Monique la poétesse, Monique la compagne de Marc, Monique qui aimait la vie mais qui n’en avait plus le goût depuis la mort de son grand artiste de mari, nous a quittés, il y a un peu plus d’une semaine.
Une page d’histoire se termine ainsi, trop abruptement. Des souvenirs poignants et incommunicables viennent de s’effacer. Une époque de créativité extraordinaire, artistique, littéraire et philosophique, s’éteint encore un peu plus, avec la disparition de Marc et de Monique à quelque cinq ans d’intervalle, plongeant ce Pays encore un peu plus dans la froide obscurité du Kali Youga.
La langueur qui s’était emparée de Monique depuis le 28 juillet 1998, quand Marc s’est éteint, est sans nul doute empreinte d’une immense tristesse, mais elle nous interpelle, aujourd’hui, au-delà de sa mort. En effet, cette langueur est un appel, qu’elle a lancé à nous tous sans toujours cherché à bien se faire comprendre, un appel pour que nous continuions à œuvrer pour faire connaître, pour défendre la mémoire des peintures, des poèmes, de la pensée mystique de Marc, pour nous souvenir à jamais des poèmes de Monique, pour nous replonger dans l’œuvre politique de Jacques Crokaert.
Car tel était bel et bien le message de cette langueur, et parfois de cette rage, qui a progressivement exténué Monique au cours de ces cinq dernières années. Il serait incorrect de ne pas y répondre, car c’était, au fond, son vœu le plus cher. Que cette formidable mobilisation de l’intellect, de la volonté, de la sensibilité, de l’esprit n’ait pas été qu’un simple passage voué au néant. Que ce formidable feu d’artifice ne soit pas qu’une beauté éphémère. Qu’il y ait pour lui un lendemain. Une réhabilitation totale et définitive.
Tel était le contenu de mes conversations avec Monique au cours de ces cinq dernières années.
Je vous demande donc à tous, selon vos moyens, de réaliser son vœu, si ardent, si noble, si pressant, et de le lui promettre, ici, devant sa pauvre dépouille, devant celle qui ne pourra plus jamais nous parler, nous enjoindre de travailler, ou, même, —et je le dis avec tendresse— de nous « engueuler » parce que les choses ne bougent pas assez vite à son gré. Justement parce que la verdeur occasionnelle de son langage ne sera plus, pour aucun d’entre nous, un aiguillon ou un agacement, je vous demande de continuer ce travail.
Adieu, Monique, nous allons tous regretter tes poèmes, ta nostalgie de Marc, ta fidélité très difficile, vu les circonstances, à son œuvre, nous allons aussi regretter ta verdeur langagière, tes remontrances corsées, comme nous avons aimé les rouspétances de Marc, aigri d’être sans cesse boycotté par les Iniques.
Adieu, donc, et nous travaillerons, pour que les « Fidèles d’Amour » reprennent le flambeau et leur rôle de guide d’une humanité régénérée, pour que les « Lumières archangéliques et michaëliennes » resplendissent à nouveau, comme l’a voulu Marc pendant de longues décennies de combat mystique et philosophique.
Adieu, Monique, tu nous manqueras, parce que tu incarnais, tant bien que mal, parfois en tâtonnant, parfois en te débattant, plusieurs pages sublimes de l’histoire de notre pays. Adieu, mais, pour ne pas t’oublier, nous parlerons et reparlerons de ce qui t’a été si cher au cœur.
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28.02.2008
José Vasconcelos

28 février 1882: Naissance à Oaxaca au Mexique de José Vasconcelos, romancier, philosophe, pédagogue et homme politique. Recteur de l’Université de Mexico, puis ministre de l’Education entre 1920 et 1924, il réforma de fond en comble l’enseignement de base dans son pays, impulsa le mouvement politico-artistique national-révolutionnaire du muralisme mexicain. Sa philosophie repose sur la notion de “monisme esthétique”, terme qui tente d’exprimer son enthousiasme pour l’unité cosmique, perdue par le rationalisme occidental, avatar d’un dualisme qui rejette a fortiori une partie du réel. Les peuples d’Amérique latine, en puisant dans leur passé indien, pourront ainsi transcender les étroitesses que génèrent ce rationalisme et ce dualisme mutilant. On lira cette thèse, à fortes connotations indigénistes, en parallèle avec celles d’un grand dissident anglais, passionnément amoureux du Mexique : David Herbert Lawrence. En 1925, Vasconcelos publie La raza cosmica, ouvrage où il appelle cette synthèse cosmique et moniste sud-américaine, à la fois amérindienne et hispanique. En 1934, il écrit Bolivarismo y Monroismo, opposant la conception de Bolivar à celle de Monroe sur l’unité panaméricaine (Robert Steuckers).
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L'apothéose de Céline

Marc LAUDELOUT:
L’apothéose de Céline
Un double DVD, un livre sur l’exil danois et la réédition de la correspondance à Marie Canavaggia. Ces trois parutions ont suscité une presse abondante qui contraste singulièrement avec la façon dont Céline était traité par la critique dans les dernières années de sa vie. Petit aperçu.
Le Nouvel Observateur, organe de la gauche bien-pensante, n’est pas le moins dithyrambique : « Cinquante ans bientôt que l’écrivain est mort. Son œuvre n’a jamais été aussi vivante. (…) Comment ne pas être attiré par un bonhomme pareil, n’avoir pas envie d’aller y jeter un œil, dans ses livres qui suscitent pareils intérêts ? » ¹ Le quotidien Libération est également séduit : « On ne lit pas les lettres de Céline pour les croire ou s’en indigner. On les écoute. Ce sont d’abord des expériences musicales, de petites notes rapides, joyeuses et surprenantes qui font descendre et monter les tristes portées de la condition humaine. Les romans sont des concertos, des symphonies ; les lettres, c’est sa musique de chambre » ². Philippe Sollers, qui a le mérite de l’antériorité, n’est pas en reste : « Les lettres de Céline sont des chefs-d’œuvre, sa correspondance complète devrait être réunie un jour, magnifique volume électrique, au niveau (et ce n’est pas peu dire) de Voltaire et de Flaubert. » ³ Hélas, l’édition d’une correspondance générale semble relever de l’utopie. Car c’est bien une anthologie de cet océan que proposera cette année le cinquième et dernier volume de La Pléiade consacré à Céline.
Le double DVD « Céline vivant », centré sur ses dernières années, offre une image saisissante de l’écrivain qui n’a pas fini de retenir l’attention. « On reste hypnotisé par les monologues hallucinés de l’ermite de Meudon. (…) Ce clochard génial, dont toute la vie aura consisté à “ mettre par écrit l’émotion du langage parlé ” ensorcelle la caméra ». 4 C’est, en effet, peu dire que Céline captive les spectateurs : « Parmi les grands moments des “pièces” offertes par celui que l’un des témoins surnomme le “comédien du martyre”, il y a cette façon de revendiquer un raffinement inné et de déplorer l’accablante “lourdeur de l’homme”, son plaidoyer pour les auteurs qui inventent un style et mettent leur “peau sur la table”, ses diatribes et invectives contre la vulgarité, les plagiaires ». 5 Un constat s’impose : « On rit, car il est drôle et méchant. Céline maîtrise donc ses interviews comme il maîtrise ses livres, son style ». 6 Mieux : « À l’oral et dans ses écrits, Louis-Ferdinand Céline possède un style qui fait assurément de l’effet à ses interlocuteurs et lecteurs. Parler, écrire, ressentir… et danser sur un volcan ! Tel fut le destin tragique d’un homme libre dont la vie et l’écriture sont inséparables, et qui confesse ne pas croire en Dieu, mais « ne demanderait pas mieux d’y croire ». Sous le masque du tragique, apparaît alors le visage d’un grand créateur et dispensateur de vie » 7 Une belle conclusion assurément pour celui qui se disait du « parti de la vie ».
M. L.
1. Delfeil de Ton, « Voyage au bout de la télé. Céline, bête d’écran », Le Nouvel Observateur, 22 novembre 2007.
2. Philippe Lançon, « Céline et la “vache matière” », Libération, 29 novembre 2007.
3. Philippe Sollers, « Céline », Le Journal du Dimanche, 28 octobre 2007.
4. Jérôme Dupuis, « D’une caméra l’autre », L’Express, 2 novembre 2007.
5. Jean-Luc Douin, « Céline, par lui-même et ses proches », Le Monde, 29 novembre 2007.
6. Camille Aranyossy, « Céline vivant », Le littéraire.com, 12 novembre 2007
7. Arnaud Guyot-Jeannin, « Quand Céline crevait l’écran », Le Choc du mois, novembre 2007.00:25 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.02.2008
A. Romualdi: Introduccion a Gobineau
Introduccion a: Arthur de Gobineau; la desigualdad de las razas
Adriano ROMUALDI
Hay libros que actúan sobre la realidad de muchos de los hechos políticos y que, saliendo del círculo estrecho de la discusión, se convierten en idea-fuerza, mitos, sangre que alimenta los procesos históricos. El más típico es indudablemente El Capital de Marx, un estudio histórico-económico que se ha convertido en dogma religioso, arma de batalla, evangelio del vuelco mundial de todos los valores cumplimentado por la casta servil. A estos libros pertenece el Ensayo sobre la desigualdad de las razas humanas del conde de Gobineau, ignorado durante el tiempo que el autor vivió pero que - difundido en Alemania después de su muerte - fue destinado a transformarse en un de las más poderosas idea-fuerza del siglo XX: el mito de la sangre del nacionalsocialismo alemán.
Arturo de Gobineau nace en Ville d’Avray en el 1816 de una familia de antiguo origen normando. Poco antes de morir, en el Histoire d’Ottar Jara él revivirá los hechos del conquistador vikingo que arribó a las costas de Francia dando origen a su familia. El padre de Gobineau fue capitán en el Guardia Real de Carlo X. Después de la revolución del 1830 se apartó a vivir en Bretaña mientras el hijo fue a estudiar a Suiza. Aquí Gobineau aprendió el alemán y tuvo modo de asomarse a las vastas perspectivas que la filología germánica abrió en aquellos años. Ya Federico Schlegel en su Ueber die Sprache und Weisheit der Inder enseñó la afinidad entre las lenguas europeas y el sánscrito planteando una migración aria de Asia a Europa; en 1816, Bopp con su gramática comparada del griego, sánscrito, persa, griego, latino y gótico fundó la filología indoeuropea; por su parte, los hermanos Grimm redescubrieron el Edda y poesía germánica haciendo revivir el antiguo heroísmo y la primordial mitología germánica mientras Kart O. Müller halló en los dorios (Die Dorier, 1824) el alma nórdica de la antigua Grecia. Así, Gobineau tuvo modo que familiarizarse desde la adolescencia con un mundo que la cultura europea iba lentamente asimilado.
En 1834 Gobineau va a París. No es rico, y trata de hacerse paso como escritor y periodista. De sus obras literarias de entonces, Le prisionnier chancheux, Ternote, Mademoiselle Irnois, Les aventures de Nicolas Belavoir, E’Abbaye de Thyphanes, muchas páginas han resistido la usura del tiempo.
Un artículo aparecido en la Revue de deux mondes lo puso en contacto con Alexis de Tocqueville, el famoso autor de La democracia en América, también él de antigua estirpe normanda. Esta amistad les unió toda la vida a pesar de las fuertes diferencias de opinión entre los dos hombres: Tocqueville, el aristócrata que se resigna, y - sea incluso con melancolía - acepta la democracia como una realidad del mundo moderno y Gobineau, el aristócrata que se rebela e identifica la civilización con la obra de una raza de señores.
Fue Tocqueville, nombrado Ministro de Exteriores, quien llamó al amigo como jefe de gabinete. En vísperas del golpe de estado napoleónico Tocqueville dimitió; En cambio Gobineau hizo buen cara al cesarismo que - si bien no le reportaba a la predilecta monarquía feudal - al menos colocaba las esposas a la democracia y al parlamentarismo. Entró en diplomacia y fue como primer secretario a tomar la delegación de Berna. Es en Berna que escribió el Essai sur el inégalité des races humaines, cuyos dos primeros volúmenes aparecieron en el 1853, los segundos en 1855.
El ensayo retoma los movimientos del gran descubrimiento de la unidad indoeuropea, es decir de una gran familia aria extendida desde Islandia hasta la India. La palabra latina pater, el gótico fadar, el griego patér, los sánscritos pitar se revelan como derivaciones de un único vocablo originario. Pero si ha existido una lengua primordial de la que se han ramificado varios lenguajes, también habrá existido un estirpe primordial que - moviendose desde su patria originaria - difundirá este lengua en el vasto espacio existente entre Escandinavia y el Ganges. Es el pueblo que se dio el nombre de ario, término con el que los dominadores se designaban a sí mismos en contraposición a los indígenas de las tierras conquistadas (compara el persa y el sánscrito arya = noble, puro; el griego àristos = el mejor; el latino herus = dueño; el tudesco Ehre = honor).
Es aquí donde se encauza el razonamiento de Gobineau, movilizando a favor de sus tesis los antiguos textos indios nos muestra a estos arios prehistóricos - altos, rubios y con los ojos azules - penetrando en la India, en Persia, en Grecia, en Italia para hacer florecer las grandes civilizaciones antiguas. Con una demostración muy forzada también las civilizaciones egipcia, babilonia y china son explicadas con el recurso de la sangre aria. Cada civilización surge de una conquista aria, de la organización impuesta por una elite de señores nórdicos sobre una masa.
Si comparamos entre si a las tres grandes familias raciales del mundo la superioridad del ario nos aparecerá evidente. El negro de frente huidiza lleva en el cráneo "los índices de energías groseramente potentes". "Si sus facultades intelectuales son mediocres - Gobineau escribe - o hasta nulas, él posee en el deseo… una intensidad a menudo terrible". Consecuentemente, la raza negra es una raza intensamente sensual, radicalmente emotiva, pero falta de voluntad y de claridad organizadora. El amarillo se distingue intensamente del negro. Aquí los rasgos de la cara son endulzados, redondeados, y expresan una vocación a la paciencia, a la resignación, a una tenacidad fanática, pero que él diferencia de la verdadera voluntad creadora. También aquí tenemos que ver a una raza de segundo orden, una especie infinitamente menos vulgar que la negra, pero falta de aquella osadía, de aquella dureza, de aquella cortante, heroica, inteligencia que se expresan en el rostro fino y afilado del ario.
La civilización es pues un legado de sangre y se pierde con el mezcolanza de la sangre. Ésta es la explicación que Gobineau nos ofrece de la tragedia de la historia del mundo.
Su clave es el concepto de la degeneración, en el sentido propio de esta palabra, que se expresa en el alejamiento un género de su tipo originario (los alemanes hablarán de Entnordung, de desnorcización). Los pueblos antiguos han desaparecido porque han perdido su integridad nórdica, e igualmente puede ocurrir a los modernos. "Si el imperio de Darío todavía hubiera podido poner en campo a la batalla de Arbela persas auténticos, a verdaderos arios; si los romanos del basto Impero hubieran tenido un senado y una milicia formadas por elementos raciales iguales a los que existieron al tiempo de los Fabios, su dominación no habría tenido nunca fin."
Pero la suerte que ha arrollado las antiguas culturas también nos amenaza. La democratización de Europa, iniciada con la revolución francesa, representa la revuelta de las masas serviles, con sus valores hedonísticos y pacifistas, contra los ideales heroicos de las aristocracias nórdicas de origen germánico. La igualdad, que un tiempo era sólo un mito, amenaza de convertirse en realidad en el infernal caldero donde lo superior se mezcla con lo inferior y lo que es noble se empantana en lo innoble.
El Essai sur el inégalité des races humaines, si en muchos rasgos aparece hoy envejecido, conserva una sustancial validez. Gobineau tiene el gran mérito de haber afrontado por primera vez el problema de la crisis de la civilización en general, y de la occidental en particular. En un siglo atontado por el mito plebeyo del progreso, él osó proclamar el fatal ocaso de cada cultura y la naturaleza senil y crepuscular de la civilización ciudadana y racionalista. Sin el libro de Gobineau, sin los graves, solemnes golpes que repican en el preludio del Ensayo sobre la desigualdad de las razas humanas, y en aquellas páginas en que se contempla la ruina de las civilizaciones, toda la moderna literatura de las crisis de Spengler, a Huizinga, a Evola resulta inimaginable.
Falta valorar la solución que Gobineau ha ofrecido problema de la decadencia de la civilización. A menudo es simplista. El mito ario, queda como indispensable instrumento para la comprensión de la civilización occidental, no se puede explicar mecánicamente el nacimiento de las varias civilizaciones del globo. Gobineau se encarama sobre los espejos para encontrar un origen ario a las civilizaciones egipcia, babilona, chino. Aunque muchos recientes estudios ayudarían a sus tesis (piénsese en la hipótesis de un Heine-Geldern sobre una migración indo-europea de la región póntica a China, o a la comprobación de un elemento ario en el seno a los casitas que invadieron Babilonia y a los hyksos que dominaron Egipto), queda el simplismo de los métodos demostrativos gobinianos. Además, los materiales arqueológicos y filológicos de que él se servirá son completamente inadecuados frente a la masa de los datos de que disponemos hoy (1).
Y sin embargo, la idea de un diferente origen de las razas está demostrada por los estudios más recientes en la materia (Véase Coon. L’origene delle razze, Bombiani 1970), mientras que las estadísticas sobre los cocientes de inteligencia asignan un valor cuantitativo inferior a los negros con respecto de los blancos y a los amarillos. Mientras la civilización blanca arrastra en su movimiento a los pueblos de color, ellos se revelan en su mayor parte imitadores y parásitos, de lo que no hay duda que de que el mestizaje de la humanidad blanca conduciría a un estancamiento, si no a un retroceso. La crisis de las cepas germánicas y anglosajonas, a cuya voluntad e iniciativa se debe el dominio euro-americano sobre el mundo, y que en el tipo blanco representan el elemento más puro, es seguro la más dramática situación desde los principios de la historia.
La gran obra del Ensayo sobre la desigualdad de la razas fue terminada. Pero la cultura francesa no se dio cuenta.
Tocqueville intentó consolar a Gobineau profetizando que este libro sería introducido en Francia desde Alemania: fue en efecto una respuesta a un problema surgido en la cultura alemana, y de ella habría regresado a Francia, desde Alemania: fue en efecto una respuesta a problemas surgidos en la cultura alemana, y en ella habría sido discutida. De Berna, Gobineau pasó a Fráncfort, luego - como ministro plenipotenciario - a Teherán, Atenas, Rio de Janeiro y Estocolmo. El tiempo que estuvo en Persia le permitió dedicarse a sus predilectos estudios orientalísticos. El Traité des écritures cuneiformes, La Historie des Perses, Réligions et philosophie dans l’Asia centrale. También escribió las Nouvelles Asiatiques y, siempre en literatura, la novela Adelaida, el poema Amadis, el fresco histórico sobre La Renassance y la que es quizás su novela mejor lograda: Les Pleiades.
La guerra franco-prusiana le sorprende en el castillo de Trye que formaba parte del antiguo dominio de Ottar Jara y que él adquirió. No se hacía graciosas ilusiones (un biógrafo suyo cuenta: "El canto de la Marsellesa, los gritos: a Berlín!, repugnaron a su naturaleza. No le dio el nombre de patriotismo a esas sobreexcitaciones peligrosas, demasiado ayuntamientos con las razas latinas. Donde divisó síntomas funestos"), pero en su calidad de alcalde organizó la resistencia civil contra el invasor. Sobrevenidos los prusianos, se comporta con gran dignidad y, aunque se valiera de la lengua alemana como la suya propia, nunca quiso hablar con ellos otra que el francés.
El desastre del los años 70 y la suspensión de su candidatura a la Academia de Francia le disgustaron completamente. La misión a Estocolmo, en aquella Escandinavia que quiso como a una segunda patria, le fue de algún consuelo, hasta que en el 1877 fue jubilado anticipadamente. Para Gobineau transcurrieron los últimos años de su vida entre Francia e Italia. En Venecia conoció a Richard Wagner el cual dijo de él: "Gobineau es mi único contemporáneo". Un reconocimiento basado en una recíproca afinidad. Ambos advirtieron el atractivo romántico de los orígenes primordiales: los tonos profundos que se vislumbran en los abismos del caudal de El oro del Rin son los mismos que repican en el Essai sur el inégalité des races humaines. Fue Wagner quien presentó a Gobineau al profesor Schemann de Freiburg, el cual fundaría el Gobineau-Archiv.
Gobineau murió de repente en Turín en el octubre de 1882. Nadie pareció darse cuenta de su desaparición. Fue universalmente admirado como un hombre de espíritu y como brillante conversador. Años después, fue cuando en la universidad comenzaron a haber cursos sobre de él, Anatole France dijo: " Je el ai connu. El venait chez el princesse Matilde. Ello était un grand diable, parfaitement simple et très spirituel. On savait qu'il écrivait des livres, maíz personne de ello les avait lus. ¿Alors, el avait du génie? Comme c’est curieux."
Fueron los alemanes los que lo valorizaron. Wagner le abrió las columnas del Bayreuther Blätter: ahora el wagneriano Hans von Wolzogen, Ludwig Schemann, Houston Stewart Chamberlain anunciaron su obra. Fue Ludwig Schemann quien fundó el culto a Gobineau instituyendo un archivo cerca de la universidad de Estrasburgo, entonces alemana. En el 1896 Schemann fundó el Gobineau-Vereinigung que difundiría el gobinismo en toda Alemania. En el 1914 pudo contar con una red influyente de protectores y amistades; el Kaiser mismo la subvencionó y buena parte del cuerpo enseñante fue influido por sus ideas.
Sobre la estela de la obra de Gobineau nació el racismo: Vacher de Lapouge, Penka, Pösche, Wilser, Woltmann, H. S. Chamberlain y luego - después de la guerra - Rosenberg, Hans F. K. Günther, Clauss retomaron las intuiciones gobinianas y las amplificaron en un vasto organismo doctrinal. En el 1933 el Nacionalsocialismo - asumiendo el poder en Alemania - reconoció oficialmente la ideología de la raza. Se realizó así lo que Wittgenstein había profetizado a Gobineau: "Vos os decís un hombre del pasado, pero en realidad sois un hombre del futuro."
El batalla de Gobineau no fue en vano. Él escribió: "Quand la vie n'est pas un bataille, ell n'est rien."
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Las citas aquí indicadas están sacadas del primer libro del Ensayo sobre la desigualdad de las razas humanas, Ediciones de Ar, Padua 1964.
(1) Una exposición moderna de las migraciones arias y su importancia para la civilización he tratado de exponerla en mi "Introduzzione al problema indoeuropeo" en el prólogo al libro de Hans F. K. Günther, Religiosità indoeuropea, Edizioni de Ar, Padua 1970. A ella me remito para quién de este ensayo sobre Gobineau le llevara el deseo de conocer los puntos de vista más recientes en arqueología, filología y antropología.
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26.02.2008
Guerre froide et globalisation: deux stratégies américaines

John KLEEVES :
Guerre Froide et globalisation : deux stratégies américaines pour dominer le monde
Depuis leur fondation en 1787, les Etats-Unis poursuivent une politique de “balance of powers” en Europe. Elle se synthétise parfaitement par la fameuse formule de George Washington : « Les malheurs de l'Europe sont autant d'avantages pour les Etats-Unis ». Pour la politique américaine, l'équilibre des puissances en Europe est une nécessité, pour éviter que ne se forme, sur ce sous-continent de la grande masse continentale eurasiatique, des agrégations de puissance, qui conduiraient à créer une entité capable de dominer facilement le commerce mondial. L'objectif suprême des Etats-Unis est de dominer pour leur propre bénéfice le commerce mondial. Les Etats-Unis ont d'abord voulu dominer le commerce avec la Chine : ce fut la fameuse question du “marché d'Orient”. Cette politique du “marché d'Orient” a toujours été d'une importance cardinale pour les Etats-Unis, tant et si bien qu'on peut dire que leurs interventions dans les deux guerres mondiales, mais surtout dans la seconde, a été la nécessité, à leurs yeux, de sauver le “marché d'Orient”, c'est-à-dire le marché chinois, de la mainmise japonaise, devenue réalité depuis l'invasion nippone de la Chine en 1937.
La conclusion de la seconde guerre mondiale a été une tragédie pour les Etats-Unis : en Europe, la sphère d'influence russe (soviétique) s'étendait jusqu'à l'Elbe, rendant théoriquement possible la formation d'un bloc hégémonique en Europe, ce que refusait la politique traditionnelle américaine. En Extrême-Orient, les Etats-Unis, après l'élimination du Japon, n'étaient pas parvenus à s'emparer de la Chine. Face à cette double situation, il leur fallait :
◊ 1. Tenter de détruire la Russie, en tirant profit de leur avantage militaire : ils étaient les seuls, à l'époque, à posséder l'arme nucléaire. Il fallait obliger la Russie a se maintenir sur la défensive sur ses frontières.
◊ 2. Il leur fallait intervenir dans la guerre civile chinoise. Mais Mao gagne la guerre. L'objectif est alors de le renverser.
◊ 3. Empêcher les pays d'Europe occidentale de développer un activisme commercial trop important.
◊ 4. Profiter de la faiblesse des pays européens de l'Ouest après les affres de la guerre pour s'installer dans le tiers monde et pour soumettre la plus grande majorité possible de pays de cette zone à une politique néo-coloniale.
Comment faire ? Comment mettre les choses en œuvre pour réaliser ce programme sans révéler leurs propres intentions? Pour atteindre leurs objectifs, les Américains devaient évidemment dissimuler leurs intentions de dominer le monde, sinon le monde entier se serait rebellé et leurs efforts se seraient avérés vains.
Ils ont organisé leur politique selon les critères spécifiques de la Guerre Froide, qui a pourtant été étudiée et réétudiée. Cette politique pose comme axiome premier que l'URSS, en tant qu'Empire communiste, est l'Empire du Mal, parce qu'il veut exporter son idéologie et asseoir de la sorte son hégémonie dans le monde entier : les Etats-Unis doivent dès lors s'opposer de toutes leurs forces à ce projet dangereux, non pas pour satisfaire leurs intérêts nationaux, mais par devoir moral, car ils se posent comme l'incarnation de l'Empire de la Liberté et du Bien, parce qu'ils sont viscéralement hostiles au communisme. Ce théâtre était pure comédie, une mise en scène planétaire, orchestrée par l'établissement le plus rusé et le plus comédien que l'histoire ait jamais vu. L'une des expressions de cette capacité de mettre de telles comédies en scène est bien entendu Hollywood. Les Américains savaient pertinemment bien que l'URSS ne cultivait pas d'intentions agressives. De plus, ils n'avaient rien à redouter de l'idéologie communiste, au contraire de ce qu'ils faisaient croire, mais craignaient seulement les effets de cette idéologie sur les multinationales américaines : les pays qui devenaient communiste se fermaient ipso facto aux trafics et aux spéculations internationales.
En montant ce théâtre, les Etats-Unis atteignirent leurs objectifs : avec le prétexte qu'il fallait bloquer l'avance du communisme, ils opposèrent artificiellement, en Europe, les Russes aux Européens de l'Ouest, ce qui leur permettait d'avoir les mains libres, dans le reste du monde, pour subvertir les pays qui leur résistaient et pour pratiquer leur politique néo-colonialiste. Le processus néo-colonialiste, mise en branle par les Etats-Unis, s'est fait par le biais de guerres, d'opérations de “counter-insurgency”, d'escadrons de la mort, de quelque 500 coups d'Etat, etc., qui ont provoqué la mort d'environ 30 millions de personnes entre 1945 et 1990. En Europe, l'OTAN servait à :
◊ 1. Faire croire à la “menace” russe, bien que l'OTAN ait été créée en 1949 et le Pacte de Varsovie en 1956…
◊ 2. Contrôler étroitement, influencer en profondeur voire subvertir les pays membres de l'OTAN, via des réseaux comme Gladio, etc.
◊ 3. Introduire dans la future Union Européenne leur cheval de Troie, la Grande-Bretagne.
Ce qu'il convient de bien souligner aujourd'hui, c'est que, pendant tout le temps qu'a duré la Guerre Froide, personne, en dehors du cercle restreint de ses metteurs en scène anglo-saxons, n'a jamais compris la véritable nature de comédie, d'instrumentalisation que revêtait cette Guerre Froide. Une comédie qui ne servait, en ultime instance, que les seuls intérêts américains. En Europe, politiciens et intellectuels (la “fine fleur” des journalistes, des philosophes, des politologues…) s'efforçaient de prendre très au sérieux les arguments avancés par les Américains. Certains faisaient du zèle : ils s'ingéniaient à trouver la meilleure formule pour lutter contre le “danger communiste”, comme, en Italie, des intellectuels comme Indro Montanelli, Arrigo Levi ou Enzo Biagi. Alors que la Guerre Froide était essentiellement une guerre anti-européenne! Non, jamais ces intellectuels et politiciens n'ont compris le truc au cours de ces 45 années. Cet aveuglément est dû à la perfection, il faut le dire, et à la cohérence de la mise en scène américaine. Par le truchement de l'USIA (United States Information Agency), véritable Ministère de la Propagande avec ses 30.000 employés, les Etats-Unis parvinrent à mobiliser et à uniformiser tous les médias américains : les écrivains, les universitaires, les acteurs (depuis 1953, Hollywood est sous le contrôle direct de l'USIA). Donc en dehors du cercle restreint, que je viens d'évoquer, peu nombreux furent ceux qui ont vraiment compris comment s'agençaient les choses. J'en fais partie —sans vouloir en tirer orgueil— et c'est en Italie qu'est paru mon livre sur les modi operandi des Etats-Unis : cf. Vecchi trucchi (Ed. Il Cerchio, Rimini, 1991). Or ma démonstration est limpide et logique; les critiques l'ont admis, mais tacitement seulement, car personne ne veut admettre de s'être trompé pendant quarante-cinq ans sans interruption. Plus personne ne parle aujourd'hui de l'anti-communisme déployé par les Américains pour en faire le moteur de la Guerre Froide.
Pire : si personne ne tire les leçons de la Guerre Froide, personne ne sera en mesure de comprendre les mécanismes de la globalisation, à l'œuvre aujourd'hui.
Récapitulons. Avec la Guerre Froide, tout allait bien pour l'Oncle Sam. Mais la perestroïka annule ce ronron. Que représentait-elle pour les Etats-Unis? Ceci : avec la perestroïka, la voie était aplanie pour une alliance entre l'Europe occidentale et la Russie. La Russie, de fait, n'était plus l'ennemie, mieux, elle pouvait devenir une alliée, dont l'arsenal nucléaire constituait un atout pour faire front aux Etats-Unis sur tous les marchés mondiaux et pour leur soustraire bon nombre de pays sous statut néo-colonial. En compensation, la Russie aurait bénéficié des technologies et des investissements européens. Ce rapprochement, s'il se réalisait, aurait été mortel pour les visées hégémoniques américaines. Les Américains ont tout de suite compris le danger et se sont mis à penser une politique alternative, devant remplacer la logique et les pratiques de la Guerre Froide. Il leur fallait forger une nouvelle politique, présentant d'autres motivations de façade, leur permettant de poursuivre substantiellement leur politique éternelle. L'objectif des Américains était de faire en sorte que :
◊ 1. L'Europe Occidentale soit dissuadée de faire ce qui correspond à ses intérêts; faire en sorte qu'elle ne s'allie pas à la Russie, au contraire, il fallait mettre tout en œuvre pour qu'elle s'oppose à Moscou, souhaite la dissolution de la Fédération de Russie, voire sa destruction.
◊ 2. Les Etats-Unis trouvent un autre prétexte pour remplacer l'anti-communisme devenu inutile, afin de subvertir le tiers monde et le maintenir sous statut néo-colonial.
Ils vont réussir leur pari et infléchiront les choses dans le sens voulu, en inventant le concept de “globalisation”. Mais qu'est-ce que la globalisation, autrement dit le mondialisme? C'est avant toute chose une nouvelle comédie, une nouvelle mise en scène pour illusionner les nigauds. Pour être plus précis, c'est une comédie en deux actes, pour deux publics différents, mais dont la finale reste une surprise.
L'acte premier
Le premier acte a pour public le monde dans son sens le plus vaste. Il consiste à faire croire à ce vaste monde que la globalisation n'est rien d'autre qu'un projet d'amélioration généralisée de nos conditions. Les Américains s'empressent de nous dire qu'elle est une idée généreuse, désintéressée. C'est un système où le monde fonctionnera mieux, disent-ils. Pour éviter des conflits, des effusions de sang, des affrontements ethniques et religieux, des tentatives expansionnistes, des révolutions, des régimes despotiques, des économies dysfonctionnantes, etc., comme on en a vus à profusion depuis toujours, il faut imposer au monde, pour son bien, certaines règles fondamentales, valables pour tous. Pour être bref, il s'agit des règles de la démocratie parlementaire, du libre marché et des droits de l'homme : si tous les Etats de la planète finissent par respecter ces règles, les maux de notre monde cesseront un à un d'exercer leurs ravages. Mais pour que tous les Etats les respectent, ces règles, il faut absolument mettre sur pied une “force internationale” qui puisse punir, le cas échéant, les déviants, ou mettre un holà à leurs pratiques haïssables. Le champ d'intervention de cette “force internationale” ne connaît évidemment pas de frontières. Cette “force internationale” ne peut être que celle de l'Occident (donc l'OTAN, puisque l'OTAN = Etats-Unis + Europe occidentale), puisque c'est l'Occident qui a intégré au mieux ces règles jusqu'ici, comme le démontre son succès économique, technologique et moral (cet Occident a inventé les droits de l'homme), bref, comme le démontre le “Progrès”. En d'autres termes, cet Occident, sous la houlette de l'Amérique, se fait un point d'honneur à mettre le monde sur le droit chemin, celui qu'il a lui-même emprunté. Afin, bien entendu, d'améliorer la vie de tous les Terriens.
Mais ce discours est mensonger, car le monde ne s'est pas amélioré. Tout au contraire. Que se passerait-il si cette globalisation serait partout en acte? La “démocratie parlementaire” apporterait partout le règne du grand capital, parce que les élections dépendent toujours des médias et que les médias dépendent de leurs propriétaires. Toutes les protections érigées au fil des décennies de lutte sociale pour les citoyens les plus démunis tomberaient. Le “libre marché” jetterait bas toutes les structures d'aide sociale; dans les pays les plus faibles, le développement cesserait aussitôt; tout enracinement local de l'industrie se verrait extirpé. Les catégories les plus pauvres de la population, dans les pays faibles (formant la majorité dans le monde) augmenterait en nombre, jusqu'à la démesure; elles seraient oubliées de leurs gouvernants. En compensation, les droits de l'homme seraient respectés en tous lieux : la liberté d'expression, mais uniquement pour louer le système parce que les propriétaires des médias ne permettraient pas d'autres discours; la liberté de vote également, mais pour des citoyens qui n'auront été informés que par les mêmes médias; la liberté de religion, mais uniquement pour les religions qui respectent les droits de l'homme : l'Islam devrait abandonner le tchador. En substance, nous aurons une misère accrue et une chute dans la barbarie pour la majeure partie de l'humanité.
Mais alors où se trouve l'erreur conceptuelle de la globalisation, si nous partons du principe qu'elle est une idée désintéressée? Elle se trouve dans la formulation même des droits de l'homme : ceux-ci ne prévoient le droit fondamental à la vie et au travail. Ce droit élémentaire, vital, pour l'homme, n'a pas été inscrit dans les droits de l'homme, tout simplement parce que, pour le respecter, les Etats auraient dû, [comme l'avait prévu Fichte en son temps - ndt], protéger leurs économies par des barrières douanières et maintenir de puissantes législations sociales, ce qui postule l'installation d'une autocratie ou d'une démocratie parlementaire parfaite, où n'existerait aucun médium privé, où le vote serait obligatoire pour tous, selon le mode de la proportionnelle absolue, etc. En effet, les droits de l'homme, tels que nous les connaissons, ont été formulés en ne tenant compte que des exigences du capitalisme le plus sinistre : les droits de l'homme sont en effet leur masque moral.
Acte second
Le second acte concerne l'Europe occidentale. Les Américains lui disent : vous avez compris que notre discours n'est qu'un tissu d'historiettes pour nigauds. Mais faire fonctionner le monde de cette façon ne convient qu'à nous, pays occidentaux, car nous utilisons déjà plus ou moins le même système et nous avons acquis un avantage en agissant au sein du libre marché, lequel ne fera plus que se dilater démesurément. En particulier, ce système convient à nos multinationales qui ont toujours rêvé de pouvoir agir sans l'obstacle des frontières. Nous avons des milliers de multinationales, mais vous aussi, vous en avez, n'est-ce pas? Bref, nous pouvons agir de concert, dans la mesure où nous respectons le jeu de la concurrence. L'idéologie de la globalisation donne aux Occidentaux l'excuse de subvertir les pouvoirs politiques ailleurs et d'intervenir partout pour leurs intérêts.
Comme les pays occidentaux sont tous aux mains des cénacles du grand capitalisme, dominés à leur tour par les multinationales, ils ont accepté les arguments des globalistes car, à terme, ils sont gagnants. Pour réaliser ce projet, ils doivent abandonner l'idée d'une alliance opérative avec la Russie, idée qui avait été envisagée entre 1990 et 1998 en Italie, en France et en Allemagne. Ils devront dès lors se retourner contre elle pour l'émietter territorialement et pour conquérir, avec les Américains, les marchés qu'elle recèle. Ensuite, viendra le tour de la Chine. Ce projet a pris forme : le rapprochement avec la Russie a été interrompu brusquement et les premiers actes d'hostilité ont eu lieu, lors de l'attaque de l'OTAN contre la Yougoslavie.
La finale est une surprise. Elle concerne l'Europe occidentale. Déjà, au moment de l'attaque par l'OTAN de la Yougoslavie, les Etats-Unis avaient l'intention de déclencher un affrontement nucléaire en Europe, qui aurait éliminé et la Russie et l'Europe occidentale. Mais même si tout va bien pour les Européens et que la globalisation euro-américaine progresse, cela ne signifie pas que les multinationales américaines ont l'intention de partager le monde avec les Européens. Aujourd'hui, l'Europe occidentale sert à éliminer la Russie, mais dès que les Américains auront atteint leur objectif de rester la seule et l'unique superpuissance nucléaire, ils diront adieu à l'Europe, laissant pantois les nigauds qui auront cru à leurs boniments. Les multinationales européennes finiront une à une par être absorbées par leurs homologues américaines. L'Europe deviendra ainsi un gigantesque Guatemala. Enfin, la Grande-Bretagne restera la dernière alliée des Etats-Unis mais sera trahie à son tour.
Voici ce qu'est la globalisation. Jadis les politiciens et les intellectuels européens ont gobé les fables qui se profilaient derrière la comédie de la Guerre Froide. Jusqu'à satiété! Aujourd'hui, ils chantent les louanges de la globalisation, jusqu'à l'indigestion. Il faudra à l'avenir mieux sélectionner les hommes d'influence au sein des médias. Il n'est pas nécessaire, à cette fin, d'instituer des procédures complexes pour examiner leurs curricula, leurs titres académiques, leurs références, etc. : il suffirait de leur faire passer un simple test d'intelligence…
John KLEEVES.
(article paru dans Orion, octobre 1999).
00:10 Publié dans Affaires européennes, Défense, Définitions, Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.02.2008
De zegeningen van de globalisering
Peter W. LOGGHE :
De zegeningen van de globalisering
Dat wij van de Deltastichting vraagtekens plaatsen bij de globalisering en vooral bij het neoliberaal pleidooi voor het volledig open stellen van de grenzen en voor een onvoorwaardelijk vrij verkeer van goederen, diensten, kapitalen en mensen, mag duidelijk zijn. Recente berichten in de Nederlandse pers sterken ons nog eerder in onze achterdocht.
Enkele jaren geleden werd de Europese Unie uitgebreid met een aantal voormalige Oostbloklanden. Toen reeds voorspelden allerlei kritische geesten massale migratiebewegingen en ontwrichtingen van zowel de oude lidstaten als van de nieuwkomers, voor zover de arbeidsmarkten onvoorwaardelijk zouden worden open gezet.
Groot-Brittannië en Ierland zetten hierop de poorten wagenwijd open. Op enkele maanden tijd kwamen zo’n 800.000 Polen Groot-Brittannië binnen en Ierland zelf trok er ook zo’n 500.000 aan. In Dublin lijken ganse straten “verpoolst”. Andere Oost-Europese ethnieën volgden in snel tempo. In NRC Handelsblad (09.01.2008) trekken verschillende voormalige Oostbloklanden ondertussen aan de alarmbel: het eigen land geraakt namelijk ontwricht. Zo meldt de Nederlandse krant: “De uitbreiding van de EU en de openstelling van de grenzen heeft zelfs voor een van de grootste migratiebewegingen sinds de Tweede Wereldoorlog gezorgd. De gevolgen voor de nieuwe EU-lidstaten zijn tamelijk desastreus; Delen van het platteland van de Baltische staten lopen leeg. Litouwen heeft sinds de toetreding tot de EU 10% van zijn bevolking naar het Westen zien vertrekken. In Bulgarije en Roemenië zijn dorpen waar alleen nog wat bejaarden wonen. Roemenië zoekt in China naar gastarbeiders voor zijn textielindustrie.”
Gevolg van het onvoorwaardelijk openen van de grenzen is een migratie zonder weerga. Dit leidt dus in het emigratieland tot leegloop en ontwrichting. Op zijn beurt trekken deze fenomenen dan weer een nieuwe migratie op gang richting emigratieland. Dat de natte droom van de liberalen – de markt die zichzelf perfect organiseert en reguleert zonder staatstussenkomst – blijkt een grote, vette illusie. NRC Handelsblad wijst er verder fijntjes op dat het argument van de arbeidskrapte om nieuwe migratie toe te laten, eigenlijk ook al op ‘onwaarheid’ berust. Immers: “het is ook niet zo dat er in het Westen geen arbeidsreserve meer is. Toen Nederland in 1964 gastarbeiders ging werven, had het 25.000 werklozen, een absolute schaarste dus. Nu zijn het er 320.000”.
Misschien zou Europa best proberen zijn “eigen” werklozen aan het werk te krijgen? Of zien we het weer té simpel?
(Peter Logghe)
00:35 Publié dans Définitions, Economie, Politique, Théorie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
1500: Naissance de Charles-Quint

Naissance de Charles-Quint à Gand
25 février 1500 : Naissance à Gand de Charles, second fils de Jeanne de Castille et de Philippe de Bourgogne. Il est le petit-fils de Maximilien I d’Autriche, Empereur d’Allemagne, et des Rois Catholiques, Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon. Sa naissance fusionne les traditions et, partant, les projets politiques du Saint Empire, du lotharingisme bourguignon et de l’Espagne, purgée du joug des Maures. Son règne sera malheureux, ses projets buteront contre la ténacité de ses ennemis, mais, en dépit de ces revers, constitue toutefois une apogée de puissance pour les états, unis par sa personne et par la spiritualité mystique et militaire de l’Ordre de la Toison d’Or. Et son héritage doit nous conduire à vouloir réunir à nouveau ce faisceau de puissance et à ruiner ceux qui l’ont anéanti, par un esprit, des attitudes et des politiques anti-traditionnelles. Pour nous, il s’agit d’abord de restaurer les anciens Pays-Bas dans leur intégralité territoriale, avec les comtés et duchés voisins et alliés, tels la Lorraine, l’Alsace, la Franche-Comté, la Bresse, la Savoie et la Provence. Ce n’est pas une utopie : il suffit de le vouloir, d’avoir la patience et le sens de la durée ; il suffit d’agir comme si les entorses et les blessures faites au bel ensemble impérial lotharingien (au sens maximal de la Lotharingie de 843) et espagnol avaient toujours été nulles et non avenues. Imitons les Irlandais : affirmer haut et clair l’existence de ce que l’on veut qui soit. Et cela adviendra. La survie de l’Europe en dépend : ou bien l’Empire avec ses alliés bourguignons et espagnols redevient le modèle à suivre et offre au continent un esprit de continuité ou bien le processus de déliquescence, de désordre, d’éparpillement se poursuivra jusqu’à la mort spirituelle et physique de nos peuples.00:30 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Les souverainistes ont-ils vraiment lu Maurras?
Maurras père putatif des souverainistes.
Mais l'ont-ils seulement lu?

Le début du processus de ratification par voie parlementaire du traité de Lisbonne a commencé ces 15 et 16 septembre à l'Assemblée nationale. Ne doutons pas que les groupes souverainistes de droite et de gauche vont chercher, ils en ont déjà commencé la démarche, à développer une agitation sur le thème du recours référendaire croyant possible de renouveler le rejet de 2005 si largement occasionné par l'impopularité et les maladresses de Chirac.
Indépendamment de toute évaluation du rapport de force entre cette campagne et le pouvoir d'État, – lequel ne saurait se soustraire aux obligations européennes qu'il a souscrites, et largement annoncées lors de la campagne présidentielle de 2007, – il nous paraît intéressant d'évoquer la logique ultime, la doctrine sous-jacente des actuels souverainistes.
Contrairement à ce que l'on entend si souvent il peut difficilement être invoqué une filiation gaullienne. C'est le général De Gaulle qui, à partir de 1958, a joué le rôle décisif dans la ratification et la mise en œuvre du traité de Rome, et dans son évolution vers le concept de "construction européenne" dont tout découle. C'est son successeur immédiat et son collaborateur le plus fidèle Georges Pompidou qui a accepté, et fait avaliser par voie référendaire en 1971 l'entrée de la Grande Bretagne dans cette Europe en gestation. Ne parlons même pas du traité de 1963 associant la Turquie à l'union douanière dont, 30 ans plus tard, sous l'impulsion de M. Alain Juppé elle a été acceptée en tant que membre à part entière.
Ainsi donc le souverainisme d'aujourd'hui, en tant que courant de rejet de ce que ses sympathisants appellent "l'Europe de Jean Monnet", ne saurait se réclamer du gaullisme d'hier.
Il existe sans doute un souverainisme de gauche : il prend racine sans difficulté dans la filiation qui mène du jacobinisme de 1793 au parti communiste français tel qu'il fut relooké et rebaptisé après la liquidation formelle du Kominterm par Staline en 1943.
Nous pensons qu'un très petit nombre de nos lecteurs seaient éventuellement amenés à se poser des questions quant à la pertinence de ce dévoiement du patriotisme.
En revanche on peut s'interroger quant à la parenté possible du souverainisme et du maurrassisme.
Tel est donc mon propos du jour.
D'abord, reconnaissons que beaucoup de choses nous séparent de Maurras.
En relisant son Dictionnaire politique et Critique édité en 1932, nous mesurons à quel point certaines de ses ambiguïtés comme de ses imprécations sont devenues hors d'âge voire odieuses quand il s'en prend aux prétendus Quatre états confédérés. Inutile d'épiloguer : sur son antisémitisme nous nous permettrons quand même de rappeler que Marx et son compère Engels ont écrit encore pire.
Reste que l'ombre de Maurras plane encore, en bien comme en mal, sur la pensée politique française.
1° En négatif, n'hésitons pas à souligner son inculture économique absolue.
Quand en 1926 par exemple au plus fort du cartel des gauches "plusieurs milliers de commerçants et d'industriels réunis salle Wagram avaient émis le vœu que le parlement soit privé de tout pouvoir financier" (1), à cette préoccupation légitime dans son contexte de fiscalisme grandissant, ambiguë par sa formulation, Maurras répond doctement, par des considérations historico-littéraires.
Et il conclue par cette proposition inouïe : "le transfert du pouvoir financier d'une Chambre souveraine aux états particuliers, et le cas échéant aux États Généraux est devenue l'idée qui flotte dans l'air". On se rapproche ainsi de ce qui s'appellait déjà, depuis 1922, la Synarchie, drapée dans les plis de la corporation, ou plutôt dans l'illusion d'un ordre corporatiste, autre idée surannée. Mais Maurras et l'Action française trouvent cela très bien.
Il poursuit donc "la logique de la Nature, plus forte, plus vive et plus pénétrante que celle de l'Esprit, est en train de la fortifier, de la propager, de l'accréditer" [permettez-moi de trouver la phrase aussi belle que l'idée me semble fausse, et profondément païenne]. Et Maurras conclut : "elle l'imposera".
Myopie historique évidente ! L'idée dangereuse qui se fait jour au cours des années 1920, dans divers pays européens, et qui durera une dizaine d'années, avant de dégénérer, tendait alors à ce qu'on appelait la dictature du ministère des Finances. Avec sa dérivation corporatiste et antiparlementaire la droite française va se fourvoyer dans ce sens.
On n'accablera pas non plus l'absence de sensibilité musicale d'un auteur dont la "Musique intérieure" reste malheureusement paralysée par sa surdité – dont il décrira lui-même non sans esprit "la tragi-comédie". Hélas cette infirmité l'empêchera de comprendre quoi que ce soit à l'Allemagne, en laquelle il ne veut voir que la terre des "nuées philosophiques".
2° En bien, au contraire, on reconnaîtra à cet héritage la volonté d'une nécessaire rupture avec le jacobinisme.
Une première curiosité toutefois : la place finalement petite et tardive (l'Action française est née en 1899) de l'analyse du fait révolutionnaire. Car contrairement à tous les auteurs monarchistes du XIXe siècle, de toutes nuances, contrairement à un Hippolyte Taine qui consacre la deuxième partie de ses "Origines de la France contemporaine" à la "Conquête jacobine", contrairement au magistral Charles Freppel, Maurras n'a pas écrit véritablement de critique générale ou d'étude systématique de la Révolution française.
L'intéressant volume intitulé "Réflexions sur la révolution de 1789" ne date que de 1948, c'est-à-dire, de la fin de sa vie, certes consacrée à la lutte contre les idées révolutionnaires, mais tout cela ne constitue qu'un recueil de textes disparates. Cette compilation d'articles épars se révèle parfois éclairante, consacrés à Jean-Jacques Rousseau, à la démocratie en général, etc… Mais les périodes si contradictoires de la Constituante, de la Législative, des diverses phases de la Convention, du Directoire, du Consulat et de l'Empire ne semblent guère le préoccuper.
Pour lui comme pour Clemenceau "la Révolution est un bloc".
En 1932 lorsque paraît l'immense Dictionnaire politique et critique aucun article ne répond à la question du jacobinisme. À la lettre "J" on trouvera en revanche un article instructif consacré à l'inoubliable Janicot Gustave, etc…
Ce sont ses deux principaux disciples Léon Daudet d'une part avec "Deux idoles sanguinaires. La Révolution et son fils naturel Bonaparte" publié en 1939 et Jacques Bainville avec son magistral "Napoléon" en 1931 qui nous fournissent les meilleurs éclairages sur le sujet.
3° Au total, cependant, cet héritage contrasté ne saurait se voir en aucun cas assimilé ou annexé à ce qu'on appelle aujourd'hui le souverainisme qui n'exprime jamais que la synthèse dégénérée des filiations jacobines et bonapartistes, en aucun cas la continuation du félibre de Martigues et du Chemin de Paradis.
En 1900 Maurras reconnaît admirablement, selon moi:
"Je ne sais pas du tout en quoi réside la souveraineté, ni si elle réside en quelques-uns.
"Les lois de l'Univers sont seules souveraines et quand aux "droits du peuple", "droits imprescriptibles et inaliénables", cette mythologie très pure ne me dit rien". (2)
En 1912 Maurras écrit :
"Ni implicitement, ni explicitement nous n'acceptons le principe de la souveraineté nationale". (3)
N'oublions quand même pas que ce "nationaliste", mot totalement dénaturé de nos jours, distingue très fortement sa pensée de celle de Déroulède et de sa Ligue des patriotes. Sous sa plume le terme"nationaliste" a donc un sens précis, fort différent de celui auquel s'attendent les lecteurs actuels. Rappelons que jusqu'à son dernier souffle, celui qui disait "Je suis de Martigues, je suis de Provence, je suis de France, je suis Romain, je suis humain" appartenait au Félibrige, association des poètes de langue provençale, généreusement étendue aux Occitans, et c'est en langue provençale rhodanienne qu'il publia depuis sa prison son Breu de Memori (5) pour répondre devant cette académie poétique et régionaliste illustrée par Mistral et Roumanille de sa politique pendant l'occupation.
Il y a dans Maurras un sens des libertés beaucoup plus aigu que ne le laissent deviner ses disciples. Il y a dans Maurras un sens particulièrement élevé des liens culturels que la France peut entretenir avec l'Italie, l'Espagne, la Roumanie, le Portugal et certains pays d'Amérique latine, et bien entendu avec la Grèce. Aucun Grec bien né ne saurait l'ignorer. Et je ne passe jamais par Athènes sans rendre une petite visite à la statue de son disciple et ami Jean Moréas dans le petit paradis ombragé du Jardin national.
Ce qui demeurera vivant de cette pensée se situe donc aux antipodes du chauvinisme, imbécillité exaltée par la gauche au XIXe siècle, reprise on ne sait pourquoi par la droite, et depuis quelques années sous l'étiquette, putride à force d'ambiguïté de "souverainisme".
JG Malliarakis (http://www.insolent.fr/2008/01/maurras-pre-put.html )

Notes
- cf. L'Action française 1er.3.1926
- cf. Le Soleil 20.5.1900.
- cf. L'Action française 10.6.1912
- (Abrégé d'un Mémoire) "par Carle Maurras, ancien majourau dou felibrige, ancian membre de l'académi franceso, coundana de la cour d'injustici de Lioun".
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24.02.2008
Sur Gustave Ratzenhofer (1842-1904)

Robert STEUCKERS :
Sur Gustave RATZENHOFER (1842-1904)
Né à Vienne le 4 juillet 1842, le sociologue et Maréchal des armées impériales autrichiennes Gustav Ratzenhofer fut l'exemple même du self-made-man. Fils d'horloger, orphelin très tôt, Ratzenhofer devient cadet dès l'âge de seize ans, en 1859. Sa volonté, son entêtement opiniâtre, ont triomphé des barrières sociales strictement hiérarchisées de l'Autriche-Hongrie du XIXième. L'œuvre de Ratzenhofer est un reflet de cette lutte constante qu'il mène, lui, le fils d'horloger, pour s'imposer aux aristocrates de l'état-major et de la bonne société viennoise. Il gravira tous les échelons de la hiérarchie militaire et terminera sa carrière comme président du tribunal militaire suprême de Vienne en 1898 et comme Feldmarschall-Leutnant en 1901, année de sa retraite. Les idées et les notions sociologiques défilent dans ses livres comme des troupes à la parade et s'imposent au lecteur comme les ordres indiscutables d'un commandeur à ses troupes. Sa philosophie politique et sa sociologie font irruption dans l'histoire des idées comme un retour du romantisme politique de Fichte et de Schelling, mais sous les auspices d'une autre méthode, en l'occurrence la méthode biologique, en vogue depuis l'émergence des écoles darwiniennes. Chez Ratzenhofer, en effet, la méthode dialectique fait place à la méthode biologique.
Après avoir entamé une carrière d'écrivain militaire, Ratzenhofer se tourne vers la sociologie et la philosophie politique, armé des théories positivistes de Comte, Mill et Spencer et des idées de Ludwig Gumplowicz sur la lutte des races. Son premier ouvrage, Wesen und Zweck der Politik, als Teil der Soziologie und Grundlage der Staatswissenschaften (Essence et but de la politique en tant qu'élément de la sociologie et assise des sciences politiques), paru en trois volumes à Leipzig en 1893, est d'inspiration résolument comtienne, à la différence que, pour Comte, la philosophie positive débouche sur la sociologie, tandis que la Weltanschauung de Ratzenhofer, elle, se base sur la sociologie. Partant de la formule héraclitéenne polemos pathr pantwn, Ratzenhofer déduit que l'inimitié absolue est la force motrice primordiale de la politique. L'histoire humaine n'est pas seulement un cas spécial de l'histoire naturelle générale. L'homme est un élément de la nature globale: il n'est donc pas seulement soumis aux lois générales de la nature dans ses mécanismes et ses chimismes mais aussi dans son vécu intérieur, dans son psychisme.
Autre perspective développée par l'œuvre politique et sociologique de Ratzenhofer: l'évolution des divers types d'associations humaines. Une évolution réduite, par la méthode biologisante de Ratzenhofer, aux dimensions physiques, chimiques et biologiques des pulsions de l'âme humaine. Deux pulsions principales animent les hommes, les poussent à l'action: l'auto-conservation, soit la concurrence entre les sociétés pour les denrées alimentaires (Brotneid), et le sexe, pierre angulaire des liens de consanguinité (Blutliebe). Dans le monde des hordes primitives, le conflit, la règle de l'hostilité absolue, sont l'essence des relations entre les hordes. A l'intérieur d'une horde particulière, l'hostilité absolue est tempérée par les liens de consanguinité. L'Etat survient quand il y a conquête d'un territoire et de sa population par une ethnie forte: les vaincus sont réduits en esclavage et contraints d'exécuter les travaux de la sphère économique. La multiplication des contacts entre sociétés, favorisée par le commerce, atténue la rigueur des ordres sociaux nés des conquêtes violentes: c'est la civilisation.
Essence et objectif de la politique en tant que partie de la sociologie et fondement des sciences de l'Etat
Wesen und Zweck der Politik, als Theil der Sociologie und Grundlage der Staatswissenschaften, 3 vol., 1893
Cet ouvrage en trois volumes débute par une définition des fondements sociologiques de la politique. Les rassemblements humains commencent au niveau de la horde; ensuite, vient le stade la communauté, fermée sur le monde extérieur mais où l'on repère déjà les gentes et les clivages entre dominants et dominés. Le stade suivant est celui de l'Etat, porté par le peuple (Volk), ouvert par nécessité sur le monde —et par nécessité seulement— et organisé par un gouvernement, expression de la personnalité sociale. Le stade ultime, venant immédiatement après celui de l'Etat, est le stade du Kulturkreis, de l'aire culturelle, laquelle est hypercomplexifiée et présente des ramifications sociales multiples. La lutte sociale est le produit du contact entre la société et les éléments qui lui sont étrangers. La vie sociale conduit à une différenciation continue des individualités sociales.
D'où Ratzenhofer déduit les lois essentielles de la sociologie: les sociétés politiques structurées tempèrent la lutte sociale mais cette temporisation n'est pas éternelle; les structures temporisatrices finissent pas s'essouffler et pas se révéler caduques. Elles doivent alors faire place à de nouvelles structures, mieux adaptées aux nécessités que la société doit affronter. Ensuite, Ratzenhofer constate que les Etats en phase de croissance cherchent l'adéquation de leurs institutions politiques avec les exigences de la société qu'ils policent. Les Etats en déclin sont ceux qui subissent le choc d'éléments culturels nouveaux, c'est-à-dire les Etats dont les structures sont progressivement disloquées par le choc de l'innovation et doivent céder le terrain à de nouvelles individualités politiques, mieux adaptées aux nécessités. Toutes les expressions de la vie sociale doivent conduire à des actes politiques. De ce fait, la sphère politique peut et doit tirer profit des développements de la science sociologique. Une bonne connaissance des rythmes et des diversités de la société conduit les serviteurs de l'Etat à adapter et à moderniser continuellement les structures politiques et à assurer de la sorte leur durée.
Ratzenhofer affirme ensuite que les lois de la société sont les mêmes que celles de la nature. Ainsi, le concept de politique équivaut à la Lebensklugheit, c'est-à-dire l'intelligence intuitive des lois de la vie qui perçoit sans détours les nécessités politiques et opère sans cesse un recours sans illusion à l'environnement naturel. Cette Lebensklugheit, ajoute Ratzenhofer, est le fait de l'homme libre, non de celui qui est contraint d'obéir pour survivre. L'égoïsme, dans la sphère du politique, est égoïsme collectif car l'homme politique véritable est celui qui est capable de mettre sa propre Lebensklugheit au service d'une instance collective, poussé par l'impératif éthique.
La célèbre loi de l'hostilité absolue, pierre angulaire du système sociologique de Ratzenhofer, nous révèle que les pulsions égoïstes, individuelles ou collectives, sont les moteurs des mouvements sociaux. Egoïsmes moteurs qui contredisent les théories eudémonistes du social car l'action politique, aux yeux de Ratzenhofer et de son inspirateur Ludwig Gumplowicz, n'est pas de dévoiler le sublime qu'il y a dans l'homme mais de mesurer très objectivement les forces, les dynamismes qui agissent dans le tissu social. Ces forces, ces pulsions sont la source de la puissance politique d'une nation. L'objectif du politique, c'est de les harmoniser et de les canaliser dans le sens de l'idée motrice, du mythe mobilisateur qui fait la personnalité politique de la nation. Il faut donc comprendre les pulsions des hommes, puis les classer selon qu'elles appartiennent à telle ou telle «personnalité politique». Faire de la politique, c'est mobiliser les pulsions et prévoir les conséquences d'une mobilisation circonstantielle de telle ou telle pulsion. L'énergie de la volonté donne son plein rendement aux pulsions politiques et les poussent vers la créativité.
L'objectif réel de toute lutte politique c'est l'acquisition d'espace. Pour Ratzenhofer comme pour Ratzel, le but des conflits politiques, c'est de conquérir de l'espace (Raumgewinn) ou d'acquérir des moyens pour mettre son espace propre en valeur (esclaves, avantages commerciaux, etc.). Ensuite, deuxième objectif du conflit: asservir d'autres hommes pour assouvir des besoins (le Dienstbarmachen).
Le droit en politique est facteur de puissance, comme l'a démontré, avant Ratzenhofer, Rudolf von Ihering. Dans cette optique, le droit acquis constitue le socle des pulsions politiques. Le droit en vigueur constitue l'assise sur laquelle se déroule la lutte politique. Il est contesté mais détermine les règles d'action des antagonistes tout en favorisant, en dernière instance, le pouvoir de ceux qui détiennent l'autorité.
Dans toutes les sociétés, on trouve des principes de progression et des principes de régression. Les forces ou les personnalités politiques jouent sur les deux types de principes pour avancer leurs pions à leur avantage. Les mouvements autonomistes visent la dissolution de certaines structures en place, tandis que les mouvements centralisateurs cherchent à renforcer et à simplifier la puissance politique en place. Ces idées-forces sont en fait des instruments manipulés par des personnalités organisées en corps (ou en corporations). De ce fait, la politique n'est rien d'autre qu'un effet des forces de la nature. Ratzenhofer définit ensuite l'essence de la politique sociale. La société est un tissu d'associations et d'organisations, basées sur les communautés de sang (les groupes de descendants d'un même ancêtre ou des mêmes ancêtres), les communautés locales, les nationalités, les communautés confessionnelles et les Stände (les états).
Cette hétérogénéité conduit à une multitude d'«opérations politico-sociales» contradictoires et antagonistes. Les communistes agissent et s'organisent sur base d'une pulsion humaine très ancienne: donner aux éléments sociaux dépourvus de propriétés et de droits un accès à la propriété et au droit. La noblesse n'a eu de fonction sociale que jusqu'au XIIIième siècle, où elle détenait les fonctions juridiques, exécutives et militaires. Après son rôle a été de moins en moins pertinent, jusqu'à l'inutilité complète; d'où l'aristocratisme militant est stérile, surtout en France. Le grand capital tente de s'emparer de tout le pouvoir. Les classes moyennes sont trop hétérogènes pour pouvoir s'organiser de façon cohérente. Les nationalités, les ethnies, forment des parentés de langue et de mœurs et trouve leur point culminant dans les mouvements pangermaniste, panromaniste et panslaviste. L'Eglise tente de s'emparer d'un maximum de pouvoir dans les Etats modernes. Les Juifs veulent conserver les droits qu'ils ont acquis depuis leur émancipation mais ne forment pas un bloc homogène: ils sont divisés, notamment, entre assimilés et orthodoxes. Le rôle de l'Etat, c'est de contrer les opérations socio-politiques menées par tous ces groupes.
Toute doctrine du politique procède d'une étude psycho-pathologique de l'homme, ce qui n'est pas toujours enthousiasmant. Conclusion: la civilisation consiste en un pouvoir croissant de la société sur les individus. Avec elle, le général triomphe du particulier. Toute éthique repose sur nos devoirs sociaux, sur la maîtrise de nos pulsions individuelles au profit d'un projet collectif. Toute éthique déduite de l'intériorité de l'individue, comme celle de Schopenhauer, est dépourvue de valeur sociale et néglige une dimension essentielle de notre existence. de l'intériorité de l'individualeur sociale et néglige la essentielle de notre existence, c'est-à-dire notre imbrication dans une collectivité. Le postulat kantien («agis toujours de façon à ce que la maxime de ta volonté puisse être en même temps le principe d'une loi générale») correspond pleinement à la volonté ratzenhoferienne d'imbriquer l'éthique dans les réflexes collectifs.
Wesen und Zweck der Politik nous explique également la différence entre civilisation et barbarie. La civilisation est un effet de la production de biens et de valeurs; elle est un développement culturel de l'humanité sous l'influence constante de la politique, qui crée et consomme forces et biens de façon équilibrée. La barbarie a pour caractéristique de consommer de façon effrénée, sans compenser par une production réparatrice. La barbarie est ainsi marquée par le déficit permanent, le gaspillage désordonné des forces. D'où, les objectifs pratiques de la politique «civilisante» sont 1) de limiter le principe d'hostilité absolue en circonscrivant la lutte politique au terrain du droit (but: la paix politique); 2) de favoriser l'égalité de tous devant le droit; 3) d'accorder la liberté par des lois, sous réserve que les individus se soumettent aux nécessités collectives; 4) d'accroître les sources de production de façon à assurer l'avenir de la collectivité; 5) de promouvoir le développement des sciences; 6) de promouvoir le développement des arts, afin de sublimer la nature et ses formes; 7) de laisser se déployer us et coutumes naturels; 8) de laisser se déployer la religiosité intérieure, laquelle exprime des aspects insaisissables de la nature); 9) de promouvoir l'hygiène afin d'allonger l'espérance de vie; 10) de favoriser une conscience éthique, de façon à ce que tous connaissent clairement leurs droits et leurs devoirs.
L'autorité libère les hommes du sort peu enviable que leur laisserait l'hostilité absolue et les pulsions brutes, non bridées. De ce fait, pour Ratzenhofer, l'autorité, c'est la liberté. La politique civilisante doit s'opposer



