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mardi, 08 septembre 2009

Albanokosovares responsables del agravamiento de la situacion

Albanokosovares responsables del agravamiento de la situación

El portavoz del Ministerio de Asuntos Exteriores de Rusia, Andréi Nesterenko, declaró hoy que los albanokosovares son los responsables del agravamiento de la situación en la provincia serbia de Kosovo.

“Los albanos de Kosovo son los responsables del continuo agravamiento de la situación en esa provincia”, manifestó el diplomático ante la prensa.

En la ciudad de Kosovska Mitrovica, en el norte de Kosovo, se registraron varios enfrentamientos en dos semanas después que varias familias albanesas decidieran volver a la parte serbia (norte) de la ciudad. Varias personas recibieron heridas en los enfrentamientos.


El descontento de los serbios se debe a que los albaneses intentan restaurar sus casas destruidas durante el sangriento conflicto interétnico de 1998-1999. Según los serbios, esas casas se encuentran en la parte serbia de la ciudad.

La policía kosovar y las fuerzas de la misión de la Unión Europea en Kosovo (Eulex) intervienen frecuentemente para detener los enfrentamientos.

“Los albanokosovares quieren restaurar sus casas, pero ese mismo derecho se les niega a los serbios haciendo reducir aún más su espacio étnico”, explicó Nesterenko.

Los serbios kosovares afirman que, en principio, no se oponen al retorno de los albaneses a la parte norte de Kosovska Mitrovica, pero insisten en que la devolución de los bienes inmuebles a los unos y otros sea equitativa y que se garantice la seguridad a los serbios que también deseen regresar a sus casas abandonadas hace años.

“Es tarea de las misiones internacionales presentes en Kosovo de mantener la seguridad en esa provincia y prevenir las provocaciones antiserbias porque el problema de Kosovo representa uno de los mayores retos a la seguridad en los Balcanes”, señaló el portavoz de la diplomacia rusa.

Extraído de RIA Novosti.

A qui profite la déstabilisation de l'Ossétie du Sud?

A qui profite la déstabilisation de l’Ossétie du Sud ?

Dmitri Babitch / http://www.geostrategie.com    

A qui profite la déstabilisation de l’Ossétie du Sud ?

Une explosion a eu lieu mercredi à Tskhinvali: quelqu’un a visiblement tenté de torpiller les festivités dans la capitale sud-ossète. La république célébrait l’anniversaire de la reconnaissance de la république par la Russie, ainsi que le lancement du gazoduc Dzouarikaou-Tskhinvali.

Ce tube, un des plus élevés du monde (il traverse les régions de haute montagne), est destiné à approvisionner en gaz toute l’Ossétie du Sud en éliminant sa dépendance envers les livraisons de gaz géorgien et permettra de créer de nouveaux emplois dans le pays.

Le gaz géorgien était acheminé jusqu’à tout récemment à Tskhinvali sous une pression très faible (0,6 atmosphère au lieu de 5 atmosphères). Tbilissi souhaitait priver la république de tout combustible, mais le gaz destiné aux villages géorgiens situés près de Tskhinvali passait par le centre de distribution de la capitale sud-ossète. C’est pourquoi la Géorgie octroyait à la république certains volumes d’hydrocarbures. Ainsi, cela dément indirectement les déclarations de Tbilissi sur la fuite de la totalité des Géorgiens du territoire de l’Ossétie du Sud.

Qui plus est, le service russe de protection des frontières affirme que près de 6.000 réfugiés géorgiens sont revenus dans la république suite à la stabilisation relative de la situation dans la région frontalière. Pourtant, les volumes de gaz fournis par les autorités géorgiennes n’assuraient pas le fonctionnement normal de l’industrie sud-ossète et ne suffisaient pas non plus à satisfaire les besoins des habitants de la république.

Qui a voulu gâcher la fête? Les hypothèses sont nombreuses. Les forces du ministère sud-ossète de l’Intérieur ont été consignées en cas de provocations éventuelles et de sabotages provenant de la frontière géorgienne. Tout le monde se souvient des nombreux tirs, explosions et actes de subversion qui ont précédé l’année dernière l’invasion des troupes géorgiennes le 8 août 2008.

Certains experts notent également des signes d’instabilité à l’intérieur de la république. On sait très bien que les parties en opposition avec le président Edouard Kokoïty ont obtenu des résultats très faibles aux élections législatives du 31 mai. Privée de moyens légaux d’exprimer son désaccord au parlement, l’opposition pourrait-elle tenter des actions violentes dans la rue?

« Non », estime Raouf Verdiev, coprésident du Congrès russe des peuples du Caucase et auteur du livre « Les particularités de l’Ossétie contemporaine ». Il explique son opinion de la manière suivante: « Les républiques de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie sont de jeunes pays en état de gestation. Ce processus se déroule sans opposition, c’est pourquoi cette dernière est pratiquement inexistante ».

Rappelons pourtant que les élections législatives ont réuni en mai des forces politiques importantes. Accusant M.Kokoïty des lenteurs accusées dans la reconstruction des 650 maisons rasées par les troupes de Saakachvili, le parti Fydybasta (Patrie) semblait assez populaire. Le Parti populaire, non-admis à participer aux élections et scindé par un « putsch » intérieur, jouissait du soutien d’Albert Djoussoïev, homme du jour actuel, chef de la société Stroïprogress qui a été le maître d’oeuvre de la construction du gazoduc Dzouarikaou-Tskhinvali.

M.Djoussoïev s’est ouvertement opposé à la nomination de Vadim Brovtsev, ancien directeur général de la compagnie russe de bâtiment Vermikoulit, au poste du premier ministre de la république. De plus, cette opposition était loyale envers la Russie: le Kremlin ne pouvait pas, selon Albert Djoussoïev, approuver la candidature de M.Brovtsev.

Tout cela constitue des divergences normales entre des leaders puissants qui restent dans le cadre des processus démocratiques, bien que la guerre et la propagation consécutive de la culture politique russe sur le territoire de l’Ossétie du Sud aient naturellement renforcé le parti au pouvoir d’Edouard Kokoïty.

Ni la Russie, ni l’Ossétie du Sud ne sont en mesure d’influer sur le régime de Mikhaïl Saakachvili afin de prévenir ses provocations armées suivies d’une campagne informatique massive en Occident visant à imputer à Moscou la responsabilité de ces démarches. Les contribuables russes ont cependant déjà accordé à l’Ossétie du Sud un soutien de 10 milliards de roubles (317 millions de dollars): 1,5 milliards en 2008 et 8,5 milliards en 2009. En échange, la Russie a le droit d’exiger de la république au moins la stabilité politique nécessaire à l’utilisation raisonnable de ces fonds. Et les procédures démocratiques constituent le moyen le plus fiable d’obtenir une véritable stabilité politique. La Russie ne pourra donc pas accepter la situation où l’équipe d’un « leader puissant » ignore les engagements de l’équipe du leader précédent sans rendre compte de l’agent dépensé et cherche à placer ses candidats à tous les postes importants.

Les autorités sud-ossètes doivent rester fidèles au plan de développement national, exposé dans l’article des présidents Edouard Kokoïty et Sergueï Bagapch publié dans le journal Guardian: « Au cours des deux dernières décennies, nos pays se sont assidument employés à occuper une place digne dans la communauté des nations à l’aide du développement de l’édification de la construction de la société civile, de l’encouragement la presse libre et de l’organisation d’élections compétitives permettant à nos citoyens de choisir leurs leaders. Et on ne peut pas dire la même chose de la Géorgie, dont les deux derniers leaders sont arrivés au pouvoir grâce aux révolutions ».

Il ne suffit pas d’être fier de telles réalisations, il faut aussi les soutenir.

Source : RIA Novosti

Mértapolitique - La perspective Michéa

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Métapolitique - La perspective Michéa

par Pierre Le Vigan / sur: http://www.europemaxima.com/


Jean-Claude Michéa, philosophe auteur de nombreux ouvrages (Impasse Adam Smith, L’Empire du moindre mal, La double pensée, …) défend des idées hostiles au libéralisme qui le rattachent à la fois à l’antilibéralisme de droite et à celui de gauche sans le réduire à aucune des formes passées de ces antilibéralismes. L’homme Michéa est un esprit libre. Il n’a, ainsi, pas hésité à expliquer que le libéralisme ne pouvait être dépassé par la gauche. Il n’a pourtant rien d’un homme de la vieille droite ni de la droite extrême. Il doit beaucoup au M.A.U.S.S. (Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales) (Alain Caillé, Serge Latouche…) ou encore à Jacques Godbout ou à Jean-Pierre Voyer. L’originalité de Jean-Claude Michéa est de défendre l’idée d’un caractère exceptionnel du capitalisme, contingent, évitable. Cette vision est très différente de celle des marxistes pour qui le capitalisme était et est inévitable de même que son dépassement « socialiste », même si les marxistes doivent convenir que ce dépassement se fait singulièrement attendre.

Un autre point important que souligne Michéa est que le libéralisme politique a toujours besoin du libéralisme économique. Le libéralisme politique ne postule en effet aucun bien commun. De là apparaît nécessaire d’expliquer que le bien commun, en un sens, se réalise par le libre déploiement des forces économiques et est, en somme, autoproduit par la technique et les progrès matériels qu’elle génère, progrès matériels qui constituent au fond un progrès de l’homme lui-même. En conséquence, seul le libéralisme économique peut légitimer la privatisation de la morale qui est au cœur du libéralisme politique, puisque ce libéralisme postule l’absence de bien commun à rechercher et à mettre en œuvre ensemble. Le libéralisme est un hyper-relativisme. C’est pourquoi il y a aussi un lien obligé entre le libéralisme économique et le libéralisme culturel : les libéraux tendent à devenir libertaires au plan des mœurs et les libertaires se découvrent vite au fond des libéraux (cf. Cohn-Bendit). Charles Péguy écrivait : « On oublie trop souvent que le monde moderne, sous une autre face, est le monde bourgeois, le monde capitaliste. C’est même un spectacle amusant de voir comment nos socialistes antichrétiens, particulièrement anticatholiques, insoucieux de la contradiction, encensent le même monde sous le nom de moderne et le flétrissent, sous le nom de bourgeois et de capitaliste. » (De la Situation faite au parti intellectuel, 1907). Comme l’idée d’une « vie bonne » ne peut être complètement évacuée, la « vie bonne » pour le libéralisme, c’est le marché. Si le libéralisme politique peut difficilement se passer dans la durée du libéralisme économique, l’inverse n’est pas vrai : le libéralisme économique peut coexister avec le refus du libéralisme politique, du moins provisoirement (cf. le Chili de Pinochet).

Il est particulièrement important de rappeler que le libéralisme a prétendu dépasser les guerres. Il a en fait transférer les luttes à l’intérieur même des sociétés, il a d’ailleurs fait autant de guerres que les régimes non libéraux mais au nom de principes universels : le droit international, c’est-à-dire le respect de principes édictés par les plus forts, les droits de l’homme, etc.

Face à cela, Michéa refuse l’anthropologie libérale comme fausse et « faussante ». Sa philosophie vient d’une vision réductrice de l’homme, évacuant les dimensions du don, et par ailleurs tend à réduire de fait l’homme à ces dimensions de calcul et d’échange à l’opposé du don. Pour recouvrer les dimensions de l’homme que le libéralisme a réduit, il faut selon Michéa retrouver la common decency, une notion que l’on trouve chez Orwell, et ce non plus dans une société de croissance illimitée mais dans une société d’équilibre, mot que Michéa juge peut être plus adapté que celui, sans doute trop dogmatique, de décroissance. À la formule de Beaumarchais, « demander, recevoir et prendre » (« voilà le secret en trois mots » disait-il), J.-C. Michéa oppose comme bonne voie « donner, recevoir et rendre ». Michéa ne croit pas au socialisme en ce sens qu’il ne croit pas aux essences des systèmes mais à leur logique. C’est pourquoi il a plus écrit une histoire philosophique des idées, et notamment des idées libérales qu’il n’a écrit une histoire des idées philosophiques.

La common decency dont parle souvent Michéa suppose une certaine lenteur, une durabilité opposée à l’éphémère, une démobilisation opposée à la mobilisation totale. La common decency est ce qui a été détruit par ce qu’on appelle « l’évolution des mœurs » et qui est devenue en bonne part la barbarisation dont témoignent le langage et l’attitude de nombre de « jeunes de banlieue » et l’indifférence avec laquelle réagit (et surtout ne réagit pas) la société.

Ce projet post-croissant, sinon décroissant, touche aussi bien au cadre de vie, donc à l’urbanisme, un enjeu essentiel (ce n’est pas moi qui dirait le contraire) qu’à la nécessité d’un revenu maximum - une thèse que je défends aussi depuis des années. On peut bien sûr opposer telle ou telle idée d’Adam Smith à la logique libérale telle qu’elle est devenue, ou comme Alain Caillé estimer que Michéa fait un peu l’impasse sur… la Théorie des sentiments moraux (1758) d’Adam Smith. Mais la compréhension de l’histoire nécessite moins l’étude détaillée des écrits de tel ou tel - qui a bien sûr son intérêt du point de vue des biographies intellectuelles - que la compréhension des logiques à l’œuvre.

Le libéralisme plus la technique et la croyance à l’inéluctabilité du progrès par le développement des échanges a produit notre monde : une dictature de la mode remplaçant le poids des traditions comme l’avait bien vu Christopher Lasch, un monde à la fois « libéral » et profondément conformiste, un globalisme totalitaire s’opposant à tout localisme. L’État des droits de l’homme s’est transformé en un État où l’abus de droit devient la règle, où des personnes restent six mois en prison avant qu’on ne les libère faute de charges qui pèsent sur eux. L’individu autonome, l’individu sujet – une évolution sur laquelle on ne reviendra pas car le temps n’est plus celui du holisme fusionnel ni du traditionalisme rigide – s’est transformé en individu atomisé. Reste évidemment bien des questions. Par quoi dépasser le capitalisme ? Certainement pas par un « anarchisme autoritaire » tel que le fut le national-socialisme. Pas non plus par l’anarchisme classique, car il y a toujours un lieu du pouvoir. Par le retour au local ? Bien sûr, mais à quel niveau ? Les régions, les nations, l’Europe ? L’intérêt de la réponse de Michéa est que, sans nier la nécessité du politique et de l’action de la puissance publique, qui doit redevenir démocratique, ce qu’elle a pour l’essentiel cessé d’être, notre auteur explique que la priorité n’est pas de déterminer le stade ultime du processus (la République européenne par exemple) mais la méthode et les briques de base.

La révolution selon Michéa suppose une révolution morale de l’homme lui-même : « ne plus dépendre des caprices de son ego », selon la formule de Benjamin Barber. Il faut ensuite partir des niveaux les plus locaux possibles. Pourquoi ? Je dirais pour ma part : parce qu’il n’y a pas d’accès à l’universel sans partir du particulier. Il me parait que Michéa ne dit pas vraiment autre chose. C’est en ce sens que Michéa est pour le principe de subsidiarité qui n’est, à mon sens, aucunement compatible avec la République, puisque la République est la condition même de la common decency (exemple : la République c’est qu’il y a la mixité partout et qu’il n’y a pas d’horaire de piscine réservé à des femmes qui, parce que musulmanes, ou par pseudo-féminisme, refuseraient de se mélanger aux hommes). C’est cette problématique absolument capitale du dépassement du capitalisme pas à pas en partant du local mais avec une idée commune de l’être-ensemble que Jean-Claude Michéa nous aide à penser, un peu seul de son espèce.

Pierre Le Vigan

 

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Les mentions de l'oeuvre de Christoph Steding dans les écrits d'Evola

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Archives de SYNERGIES EUROPEENNES - 1991

Robert STEUCKERS :

Les mentions de l'œuvre de Christoph Steding dans les écrits d'Evola

 

Christoph Steding (1903-1938), jeune érudit issu d'une très ancienne famille paysanne de Basse-Saxe, reçoit en 1932 une bourse de la Rockefeller Foundation pour étudier l'état de la culture et les aspirations politiques dans les pays germaniques limitrophes de l'Allemagne (Pays-Bas, Suisse, Scandinavie). Cette enquête monumentale prendra la forme d'un gros ouvrage, posthume et inachevé, de 800 pages. La mort surprend Steding, miné par une affection rénale, dans la nuit du 8 au 9 janvier 1938. Un ami fidèle, le Dr. Walter Frank (1905-1945), classe et édite les manuscrits laissés par le défunt, sous le titre de Das Reich und die Krankheit der europäischen Kultur  (= Le Reich et la maladie de la culture européenne). Le thème central de cet ouvrage: l'effondrement de l'idée de Reich à partir des traités de Westphalie (1648) a créé un vide en Europe centrale, lequel a contribué à dépolitiser la culture. Cette dépolitisation, pour Steding, est une pathologie qui s'observe très distinctement dans les zones germaniques à la périphérie de l'Allemagne. Toutes les productions culturelles nées dans ces zones sont marquées du stigmate de cette dépolitisation, y compris l'œuvre de Nietzsche, à laquelle Steding adresse de sévères reproches. L'Europe n'est saine que lorsqu'elle est vivifiée par l'idée de Reich. Les traités de Westphalie font que la périphérie de l'Europe tourne le dos à son noyau central, qui l'unifiait naturellement, par l'incontournable évidence de la géographie, sans exercer la moindre coercition. La Suisse se replie dans sa «coquille alpine»; la Hollande amorce un processus colonial qu'elle ne peut parachever par manque de ressources; la France devient grande puissance en pillant ce qui reste du Reich, en annexant l'Alsace, en ravageant la Franche-Comté comme le Palatinat et en ruinant la Lorraine; l'Angleterre tourne résolument le dos au continent pour dominer les mers. Ce processus d'extraversion contribue à faire basculer toute l'Europe dans l'irréalisme politique. Commencée dans la violence par les colonisateurs anglais et hollandais, cette extraversion, qui disloque notre continent, se poursuit dans la défense et l'illustration d'un libéralisme politique, culturel et moral délétère, qui corrompt les instincts. Ce phénomène involutif s'observe dans les littératures ouest-européennes du XIXième et du XXième siècles, où le psychologique et le pathologique sont dominants au détriment de tout ancrage dans l'histoire. Les énergies humaines ne sont plus mobilisées pour la construction permanente de la Cité mais détournées vers l'inessentiel, vers la réalisation immédiate des petits désirs sensuels ou psychologiques, vers la consommation.

Evola, dans une recension parue dans la revue La Vita italiana  (XXXI, 358, janvier 1943, pp. 10-20; «Funzione dell'idea imperiale e distruzione della "cultura neutra"»; trad. franç. de Ph. Baillet, in Julius Evola, Essais Politiques,  Pardès, Puiseaux, 1988), n'a pas caché son enthousiasme pour les thèses de Steding, pour sa critique de la culture «neutre» et dépolitisée, pour son plaidoyer en faveur d'un prussianisme rénové renouant avec l'éthique impériale, pour sa volonté de redonner une substance politique au centre du sub-continent européen. Evola formule deux critiques: il juge Steding trop sévère à l'encontre de Bachofen et de Nietzsche. «Certaines critiques de Steding, on l'a vu, pèchent par leur côté unilatéral: pour dénoncer l'erreur, il en vient parfois à négliger ce que certains auteurs ou certaines tendances pourraient offrir de positif à ses propres idées. Lorsqu'il évoque les "divinités lumineuses du monde du politique" opposées à la religion obscure des mythes, des symboles et des traditions primordiales, il court par exemple le risque de finir, à son corps défendant, dans le rationalisme, alors qu'il conçoit parfaitement la possibilité d'une exploration du monde spirituel qui aurait les mêmes caractères d'exactitude et de clarté que les sciences naturelles. Nombre des accusations portées contre Bachofen par Steding sont carrément injustes: on trouve au contraire chez Bachofen bien des éléments susceptibles de conforter, précisément, l'idéal "apollinien" et viril d'un Etat "romain" opposé au monde équivoque du substrat naturaliste et matriarcal. Et, au bout du compte, Steding subit en fait souvent l'influence salutaire des conceptions de Bachofen» (Essais politiques,  op. cit., p. 155). «A l'égard de Nietzsche, l'attitude de Steding est pareillement unilatérale. Il est extrêmement discutable que la doctrine nietzschéenne du surhomme exprime réellement, comme le croit Steding, une révolte contre le concept d'Etat. Ce serait plutôt le contraire qui nous paraîtrait exact, à savoir qu'Etat et Empire ne sont guère concevable sans une certaine référence à la doctrine du surhomme, celle-ci exaltant une élite, une race dominatrice porteuse d'une autorité spirituelle précise. De fait, seule une élite ainsi conçue peut fonder cette primauté que revendique Steding pour l'Etat en face de ce qui n'est que simple "peuple"» (Essais politiques,  op. cit., pp. 155-156). Evola conclut: «…l'ouvrage de Steding constitue un pas en avant digne d'être noté  —surtout en Allemagne—  sur le plan d'une clarification des idées, d'un alignement des positions, d'une reprise consciente de cette idée impériale qui, Steding l'a précisément montré, s'identifie à la réalité de la meilleure Europe»  (p. 156).

Dans Sintesi di dottrina della razza,  Evola avait déjà, dans un sens proche de la pensée de Steding, appelé à un dépassement de la conception neutre de la culture. Nous lisons, p. 25: «Est également combattu le mythe des valeurs "neutres", qui tend à considérer toute valeur comme une entité autonome et abstraite, alors qu'elle est en premier lieu l'expression d'une race intérieure donnée et, en deuxième lieu, une force qu'il convient d'étudier à l'aune de ses effets concrets, non sur l'homme en général, mais sur les divers groupes humains, différenciés par la race. Suum cuique: à chacun sa "vérité", son droit, son art, sa vision du monde, en certaines limites, sa science (dans le sens d'idéal de connaissance) et sa religiosité...».   En évoquant le suum cuique,  principe de gouvernement de la Prusse frédéricienne, Evola se place dans une optique très ancrée dans la Révolution conservatrice. En refusant l'autonomisation des valeurs, c'est-à-dire leur détachement du tout qu'est la trame historique du peuple ou de l'Empire, Evola est sur la même longueur d'onde que Steding, qui combat les mièvreries de la culture «neutre», psychologisante et dépolitisante, et que Bäumler qui voit, dans le mythe, la sublimation des expériences vécues d'un peuple, mais une sublimation qu'il attribue à l'action des valeurs telluriques/maternelles, contrairement à Evola.