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samedi, 30 juin 2012

Syrie – Comment la CIA contrôle la livraison d’armes aux rebelles

Syrie – Comment la CIA contrôle la livraison d’armes aux rebelles

Financées par les pays du Golfe, ces livraisons clandestines via la Turquie sont contrôlées par l’agence américaine.

Sans armes capables de détruire les chars syriens, point de salut pour l’opposition à Bachar el-Assad. Depuis des mois, Nasser le répétait à ses amis occidentaux ou arabes. Mi-mai, cet opposant en exil affichait donc le sourire lorsqu’une quarantaine de dirigeants des conseils militaires de la révolution se sont discrètement rendus en Turquie pour recevoir un précieux arsenal.

« Nous avons surtout récupéré des roquettes RPG 7 puisées sur les stocks de l’armée saoudienne », confiait-il lors d’un récent passage à Paris. « Elles ont été acheminées par avion, jusqu’à l’aéroport d’Adana, où la sécurité turque a surveillé les déchargements avant de savoir à qui ces roquettes allaient être destinées ». Pour rassurer ses hôtes, Nasser garantit que leur utilisation allait être supervisée par « des leaders traditionnels proches des insurgés, histoire d’éviter les dérives mafieuses ».Les roquettes ont été convoyées à Douma et Harasta, dans la banlieue de Damas, Zabadani sur la route du Liban, Deraa au sud, et dans la région d’Idleb, frontalière de la Turquie.

Nasser n’en parle pas, mais, en coulisses, les agents de la CIA veillent à ce que ces nouvelles armes qui parviennent en plus grand nombre aux activistes ne tombent entre les mains de djihadistes, infiltrés en Syrie. Le New York Times va même jusqu’à affirmer que les localisations des dépôts et leurs destinataires sont déterminés en coordination avec les espions américains.

Pour les Occidentaux, qui ont beaucoup hésité avant d’accepter l’armement des insurgés, l’organisation de ces filières est une priorité : « Nous discutons même avec les Turcs de cibles à frapper », poursuit Nasser. « Et nous comptons maintenant hors de Syrie des représentants des conseils militaires qui ont chacun un relais dans une ville de l’intérieur ».

 

Ses rivaux islamistes liés aux Frères musulmans disposent eux aussi de leurs propres canaux d’approvisionnements. Et eux militent pour que ces armes aillent à leurs seuls partisans, afin d’être les grands vainqueurs de l’après-Assad. Pour les monarchies du Golfe, principaux fournisseurs en armes des rebelles, ces livraisons doivent rééquilibrer le rapport de forces sur le terrain, pour forcer Assad à accepter un compromis sur le modèle yéménite. « Les diplomates saoudiens nous répètent que tant que Bachar gardera une nette supériorité militaire sur ses ennemis, il n’aura aucun intérêt à négocier son départ », confie un diplomate français, qui rappelle que l’ex-président « Saleh au Yémen n’a discuté de sa sortie uniquement parce que l’opposition et ses partisans faisaient à peu près jeu égal ».

Ces livraisons d’armes doivent également accélérer les défections parmi les fidèles à Assad. « De nombreux militaires hésitent, mais s’ils voient qu’avec des missiles antitanks, nous infligeons de lourdes pertes aux pro-Bachar, ils seront alors plus nombreux à nous rejoindre », jure Mohannad, un membre de l’Armée syrienne libre, réfugié en Jordanie. Les premiers effets de ces approvisionnements se font sentir. Une douzaine de généraux ont rallié la Turquie, tandis que huit pilotes auraient fui en Jordanie. De leur côté, les activistes conduisent des opérations plus audacieuses, contre des hélicoptères notamment. « Avec ces armes, espère Kamal, nous pourrons également libérer des régions comme Idleb ».

Mais face à un pouvoir prêt à tout pour survivre, l’opposant se veut prudent. « L’utilisation d’armes plus sophistiquées entraînera une riposte encore plus dure. Nous aurons des pertes, et en face, nous allons détruire notre armée. Or les militaires sont nos frères, pas nos ennemis. Ces armes », dit-il, « doivent surtout faire peur à Assad ». Leur mise à disposition nourrit la lutte d’influence entre les parrains des insurgés.

« Les Français aimeraient bien être dans la salle des opérations à Adana », sourit Kamal, « mais les Turcs s’y opposent. À défaut d’armes qu’ils ne veulent pas livrer, que les Français nous donnent des équipements pour sécuriser les communications de nos combattants ». Après s’être montré hostile à la militarisation de la révolte au printemps, le nouveau gouvernement laisse faire aujourd’hui. Qu’on le veuille ou non, « les armes passent », reconnaît Laurent Fabius au quai d’Orsay. Incapables d’intervenir militairement en Syrie, les Occidentaux ne peuvent plus refuser aux rebelles des armes pour se défendre. Mais le pari de renverser Assad est encore loin d’être gagné.

Le Figaro

L’incident du F-4 vu par M K Bhadrakumar

L’incident du F-4 vu par M K Bhadrakumar

L’appréciation de l’incident du F-4 turc abattu par les Syriens, par le diplomate-devenu-commentateur, l‘Indien M K Bhadrakumar, est très intéressante, notamment à cause de ses très grandes connaissances et sources en Turquie, où il a été ambassadeur de l’Inde. M K Bhadrakumar avait déjà mis en évidence (le 30 avril 2012) les difficultés d’Erdogan avec sa politique syrienne par rapport à son opposition et à l’opinion publique. Ce facteur compte beaucoup pour l’incident du F-4, estime M K Bhadrakumar.

Les autres éléments qu’il met en évidence sont, d’une part, le jeu très appuyé de la Syrie et l’attitude extrêmement ferme de la Russie, et en constant affermissement, notamment vis-à-vis de cet incident. Pour M K Bhadrakumar, Syriens et Russes ont agi de concert, et l’incident constitue un net avertissement à la Turquie, au risque assumé d’une aggravation des relations de la Syrie avec la Turquie. De toutes les façons, pour M K Bhadrakumar, il ne semble faire guère de doute que le F-4 effectuait une mission de surveillance hors des normes internationales, et la riposte syrienne fut à mesure. M K Bhadrakumar met également en évidence que la Turquie est, dans ce jeu de la montée des tensions, assez isolée dans la région. (Son article, pour ATimes.com, est du 26 juin 2012.)

«The shooting down of a Turkish fighter aircraft by Syria on Friday has become a classic case of coercive diplomacy.

»A Turkish F-4 Phantom fighter aircraft disappeared from radar screens shortly after taking off from the Erhach airbase in Malatya province in southeastern Turkey and entered Syrian airspace. According to Syrian Arab News Agency (SANA), air-defense forces shot down the plane 1 kilometer off the coast from the Syrian port city of Latakia. A Turkish search-and-rescue aircraft rushed to the area of the crash but came under Syrian fire and had to pull out.

»The Russian naval base at Tartus is only 90 kilometers by road from Latakia. The incident took place on a day that Syrian Foreign Minister Walid al-Moualem was on a visit to Russia. It also happened within a week of Britain staging a high-profile publicity event to humiliate Russia by canceling the insurance of a ship when it was off the coast of Scotland en route to Syria from Russia's Baltic port in Kaliningrad. British Foreign Secretary William Hague scrambled to take credit for that in the House of Commons.

»The shooting down of the Turkish jet also coincides with a hardening of the Russian position on Syria. Moscow refused to comment on the incident when Turkish Foreign Minister Ahmet Davutoglu telephoned his Russian counterpart Sergey Lavrov on Sunday seeking understanding. Itar-Tass quoted the Russian Foreign Ministry as saying the two diplomats “discussed the situation around Syria, including within the context of the incident with a Turkish fighter jet”. Plainly put, Moscow was unwilling to treat Friday's incident in total isolation. Nor was it prepared to censure Damascus. […]

»It is against the totality of this background that the Syrian action against the Turkish aircraft needs to be weighed. Damascus has a reputation for “poker diplomacy”. It may have conveyed a host of signals to Turkey (and its Western allies):

»Syria's air-defense system is effective and lethal;

»There will be a price to pay if Turkey keeps escalating its interference in Syria;

»Turkey's military superiority has its limits;

»The Syrian crisis can easily flare up into a regional crisis. […]

»Davutoglu claimed that Turkey had intercepted radio communications from the Syrian side suggesting that they knew it was a Turkish aircraft. "We have both radar info and Syria's radio communications." There was no warning from Syria before the attack, he said. "The Syrians knew full well that it was a Turkish military plane and the nature of its mission.” Conceivably, Syria wanted Turkey to know that its decision to shoot down the jet was deliberate. An exacerbation of Turkish-Syrian tensions is in the cards. […]

»Knowing Erdogan's ability to whip up nationalistic sentiments, the opposition parties quickly concurred that Turkey must respond to incident. But they point out that Erdogan needlessly provoked Damascus and has destroyed Turkey's friendly ties with Syria. 

The leader of the main opposition Republican People's Party (CHP), Kemal Kilicdarglu, pointedly asked on Sunday after meeting with Erdogan: “Why have Turkey and Syria come to the brink of war?” The CHP's deputy head Faruk Logoglu, who is a distinguished former diplomat (ex-head of the Foreign Ministry and former ambassador to the US), said: “We are very critical of the way AKP [Erdogan's Justice and Development Party] is handling the situation. There should be no outside intervention of any sort and any intervention must be mandated by a resolution of the UN Security Council. In the absence of such a resolution, any intervention would be unlawful.”

»In short, the Turkish opposition will be free to dissociate from any response that Erdogan decides on, especially if things go haywire downstream… […]

»But the point is, even within Turkey, there is skepticism about what really happened. The veteran Turkish editor Yousuf Kanli wrote: “Did the plane violate Syrian airspace? ... On the other hand, why was the Turkish reconnaissance plane flying so low, in an area close to a Russian base, and why did it keep on going in and out of Syrian airspace so many times in the 15-minute period before it was downed? Was it testing the air-defense capabilities of Syria (or the Russian base) before an intervention which might come later this year?” […]

»[…T]he painful reality is that Turkey's most ardent allies in the present situation, who have encouraged Ankara on the path of intervention in Syria, are of absolutely no use today – Saudi Arabia and Qatar. They are nowhere in a position to engage Syria militarily. Turkey, in short, is left all by itself to hit back at Syria. […] […A]ny Turkish military steps against Syria would be a highly controversial move regionally. Iraqi Foreign Minister Hoshiyar Zebari (who, interestingly, visited Moscow recently for consultations over Syria) voiced the widely held regional opinion when he warned of a “spillover the crisis into neighboring countries”, including Iraq, Lebanon, Jordan and Turkey itself. […]

»The influential Turkish commentator Murat Yetkin wrote on Monday, “It is clear that the incident will result in increased pressure on Syria and its supporters, mainly Russia. But what Bashar al-Assad cares for seems to be keeping his chair and the Russian naval base in Tartus strong, whatever the cost, also knowing that neither the Turkish government, nor the opposition and people, want war.” 

Yetkin was sure that “Turkey will do everything to make Syria pay for the attack”, but “payment doesn't mean war, there are other options”.

»In reality, Damascus has put a double whammy on Turkey. It not only lost a Phantom and its two pilots but is now under compulsion to take the loss calmly, exercising self-restraint. »



 

dedefensa.org

Les législatives sans le peuple

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Les législatives sans le peuple

par Michel GEOFFROY et Andrea MASSARI

 

Les soirées électorales sont ainsi faites que les réalités concrètes y sont souvent camouflées. L’élection de Jacques Bompard à Orange avait mille fois plus de sens que la débâcle de Ségolène Royal à La Rochelle. Mais on en a moins parlé… Voici une première réaction, encore à chaud, de Polémia. Michel Geoffroy et Andrea Massari s’interrogent sur la légitimité réelle des nouvelles instances de gouvernement. Nous publierons une étude chiffrée d’Étienne Lahyre d’ici quelques jours.

 

Polémia

 

N.D.L.R. : Polémia vient de mettre en ligne cette remarquable étude d’Étienne Lahyre en format pdf, le 22 juin dernier, dans le cadre de l’article « Résultats des législatives 2012 : attention à l’intoxication médiatique ! » sous le titre de « Législatives 2012 : analyse et décryptage. Défaite politique de la droite parlementaire, victoire idéologique de la droite nationale ». Une analyse de haut vol !

 

Europe Maxima

 

1 – Une abstention record

 

Au deuxième tour de l’élection législative, le 17 juin 2012, 47,60 % des électeurs se sont abstenus ou ont voté blanc ou nul. C’est un record absolu sous la Ve République. Plus de la moitié des moins de 44 ans se sont abstenus, tout comme la majorité des employés et des ouvriers. Illustration du désintérêt pour l’élection : durant l’entre-deux-tours, les couvertures des magazines (Le Nouvel Observateur, L’Express, Marianne) titraient, non sur l’enjeu du scrutin, mais sur la guerre des concubines présidentielles (« La première femme contre la première dame », selon France Dimanche).

 

2 – Une assemblée à la représentativité douteuse

 

Avec 16,5 % des inscrits au premier tour, le Parti socialiste a la majorité absolue. Avec 2 % à l’élection présidentielle, les écologistes disposent de 18 élus. Avec 18 % à l’élection présidentielle, le Front national dispose de 2 élus.

 

On notera, en contrepoint, que les minorités ethniques disposent au titre de la « diversité » de 10 députés et de 3 ministres.

 

Précisons que la circonscription de Marine Le Pen avait été redéfinie par le gouvernement Fillon pour rendre la victoire de la gauche plus facile (avec l’ancien découpage Marine Le Pen aurait été élue avec 53 % des suffrages !).

 

Marine Le Pen (18 % à la présidentielle), Jean-Luc Mélenchon (11 %), François Bayrou (9 %) sont exclus de l’Assemblée nationale : soit trois personnalités représentatives de 38 % des électeurs.

 

3 – La stratégie centriste de Fillon, Copé, Juppé a démobilisé les électeurs U.M.P.

 

Avec la « stratégie Buisson », celle d’un langage à droite toute, Nicolas Sarkozy est parvenu à rassembler 48,5 % suffrages, le 6 mai 2012. A contrario, la mollesse de la campagne législative Copé/Fillon a accentué la démobilisation naturelle de l’électorat. L’U.M.P. ne retrouve que 44 % des suffrages, soit 4,5 points de moins qu’à la présidentielle.

 

Les reports du F.N. vers l’U.M.P. ont été découragés par les déclarations politiquement correctes des Juppé, Dati, Jouanno (tous non candidats), N.K.M. [Nathalie Kosciusko-Morizet] et autres Copé.

 

A contrario, les médias ont beaucoup glosé sur la défaite des élus U.M.P. de la « Droite populaire », sans voir que beaucoup d’entre eux partaient de situations très défavorables; pourtant, dans leurs circonscriptions, Jean-Paul Garraud, Brigitte Barèges ou Bernard Carayon, quoique battus, limitent les pertes par rapport à la moyenne nationale.

 

4 – L’union à droite, cela marche : le populiste Bompard élu à Orange

 

L’élection de Jacques Bompard à Orange a été très largement passée sous silence par les médias. Or Bompard a été particulièrement bien élu, obtenant près de 59 % des suffrages. Parti de 22 % au premier tour, il a réuni sur son nom la quasi-totalité des 40 % de suffrages dispersés sur le Front national, l’U.M.P. et les candidats divers droite. Ce brillant résultat est le fruit d’une fidélité sans faille à ses convictions politiques, d’un travail de terrain constant et d’une habile stratégie électorale. C’est dans ce contexte, propre au Comtat Venaissin, que Marion Le Pen a été élue à Carpentras avec l’aide de l’équipe de campagne de son suppléant intelligemment choisi parmi la Ligue du Sud de Bompard.

 

5 – Les reports U.M.P./F.N. ont existé et le Front national est donc entré dans un processus de normalisation politique

 

Là où le F.N. était fort, il a bénéficié de bons reports de l’U.M.P. : notamment à Hénin-Beaumont dès le premier tour; dans le Gard pour Gilbert Collard qui a même bénéficié, au deuxième tour, d’un « vote utile » en sa faveur; et aussi dans les Bouches-du-Rhône où deux candidats F.N. ont atteint 49 % : des chiffres insuffisants pour gagner mais néanmoins très significatifs, puisque supérieurs aux résultats obtenus en 1988 et 1997. De même, Florian Philippot a bénéficié de bons reports U.M.P. en Lorraine.

 

Le Front national est donc bien entré dans un processus de normalisation politique, au grand dam de la gauche et de l’oligarchie.

 

Cela tient à la fois à la personne et à l’action de Marine Le Pen, mais aussi au fait que la situation générale de notre pays et de l’Europe confirme les analyses de la droite identitaire. Le discours d’ostracisme vis-à-vis du Front national est donc de moins en moins audible, dans un pays de plus en plus en crise. Le Front de gauche, malgré un soutien systématique de l’oligarchie médiatique, a d’ailleurs été incapable de supplanter le Front national, en particulier à cause de sa position sur l’immigration.

 

6 – La partialité médiatique a une fois de plus biaisé l’élection en faveur des médiagogues

 

Il y a une grande différence entre un référendum et une élection représentative. À un référendum les électeurs votent pour des idées et des projets. À une élection représentative les électeurs votent aussi en fonction des images des candidats. Ainsi certains candidats – N.K.M. par exemple – sont angélisés. D’autres sont diabolisés, comme le furent Christian Vanneste (éliminé dès le premier tour), Nadine Morano ou Jean-Paul Garraud. Et l’opinion est, volens nolens, influencée par les personnalités les plus présentes dans les médias qui sont précisément celles qui tiennent le discours le plus convenu et le plus politiquement correct.

 

7 – Hollande : des pouvoirs réduits, une légitimité faible

 

Les médias ont glosé sur les pouvoirs rassemblés par Hollande : la majorité absolue de l’Assemblée nationale, la majorité du Sénat, la majorité des collectivités territoriales.

 

Mais ces pouvoirs sont limités par ceux des organisations internationales : l’Union européenne, l’Organisation mondiale du commerce, l’O.T.A.N. Sa marge de manœuvre est dérisoire.

 

En interne, ses pouvoirs sont limités par les organes juridictionnels : sait-on, par exemple, que depuis 40 ans, 90 % des lois et décrets sur l’immigration ne sont pas le fait des députés mais celui du Conseil d’État, de la Cour de cassation, du Conseil constitutionnel, de la Cour de justice européenne, de la Cour européenne des droits de l’homme ?

 

Hollande a été choisi (à défaut de D.S.K. [Dominique Strauss-Kahn], indisponible) comme gérant d’apparence des intérêts de la super-classe mondiale. Sa marge de manœuvre est faible. De retour de la conférence du Bilderberg (où il a séjourné, en Virginie, du 29 mai au 3 juin), Érik Israélewicz, directeur du Monde (dont Matthieu Pigasse, de la banque Lazard, est l’actionnaire de référence), fixe la feuille de route présidentielle : dans des éditoriaux à l’arrogance mal dissimulée, le patron du Monde dit au président de la République ce qu’il doit faire, sur l’euro, l’Europe, la Grèce, le redressement des comptes publics et même comment il doit recadrer sa concubine…

 

8 – Hollande, une légitimité fragile

 

Or Hollande, malgré les discours euphoriques de médias versatiles, a une légitimité faible : il n’a obtenu que 48,64 % des votants du deuxième tour, davantage par rejet de Nicolas Sarkozy que par adhésion. Et il n’a obtenu la majorité des suffrages exprimés que par le vote des minorités ethniques dont les représentants les plus agités ont fêté la victoire en agitant des drapeaux étrangers.

 

Aux législatives, on l’a dit, et là aussi malgré la mobilisation du vote ethnique en sa faveur, le Parti socialiste n’a rassemblé que 16,1 % des suffrages.

 

Jamais sous la Ve République la coupure entre le pays légal et le pays réel n’a donc été aussi profonde; l’usure du système politique français, de moins en moins représentatif, est manifeste et le clivage gauche/droite recouvre donc de plus en plus un clivage identitaire, ce qui va contribuer à radicaliser le débat politique.

 

Sur le plan du style, la « présidence normale » et son gouvernement se sont coulés dans la continuité de l’hyperréactivité émotionnelle, les morts de militaires et de gendarmes et les blessures de policier servant cyniquement de carburant électoral. C’est une stratégie médiatique efficace à court terme mais dangereuse dans la durée.

 

Bon courage, M. Hollande.

 

Michel Geoffroy et Andrea Massari

 

• Texte d’abord mis en ligne sur Polémia, le 19 juin 2012.

 


 

Article printed from Europe Maxima: http://www.europemaxima.com

 

URL to article: http://www.europemaxima.com/?p=2589

Les tactiques ” psy-ops ” de l’OTAN en Europe

Les tactiques ” psy-ops ” de l’OTAN en Europe

Ex: http://mediabenews.wordpress.com/

Il semble que les “spin doctors” américains aient déployé un arsenal médiatique sur les territoires dématérialisés de la Toile dans le but de permettre, aux Etats-Unis, de légitimer leur pré-positionnement stratégique massif sur le territoire des pays européens “alliés” au sein de  l’organisation otanienne (Allemagne, Italie, Pays-Bas, Belgique, etc.), dont le sommet de Chicago s’est déroulé le 20 et 21 mai dernier. Cette propagande, plutôt basique de contenu, montre que la tactique “psy-ops” ne se fait pas uniquement sur des “théâtres d’opérations” (hard power), mais aussi sur des “théâtres d’occupation” (soft power)…
 
 
Cette campagne intervient en parallèle au débat sur le programme de bouclier anti-missile, qui se concrétise cette année par la création du centre de commande, dont l’installation sur la base aérienne de Ramstein, en Allemagne, fait suite à l’acceptation, par la Turquie en 2011, de l’implantation d’un radar otanien à Kürecik et l’annonce du stationnement de 4 navires de types Aegis dans le port de Rota, en Espagne. Les étapes suivantes seront l’installation d’une base au sol en Roumanie, d’ici 2015, et en Pologne, d’ici 2018, année où le bouclier sera en théorie complétement opérationnel.

 


base aérienne de Ramstein

 
Il est à noter que la mise en œuvre du radar sur le sol turc a provoqué de vives contestations de la part de la population et du Premier ministre, Erdogan, qui refusent que la Turquie, pays membre de l’Otan, subvienne, selon les principes d’un accord vu comme clairement unilatéral, à la protection balistique d’Israël, pays non membre, et que ce dernier ait accès aux données produites par le système ; la Turquie a dénoncé le fait que son voisin iranien soit qualifié d’état-voyou.
 
 
Corollairement, dans le Pacifique, les Américains annoncent le retrait de 9.000 Marines, de l’île japonaise d’Okinawa, qui seront redéployés sur trois secteurs : l’île de Guam, Hawaï et l’Australie. Okinawa est une source de tensions entre le Japon et les États-Unis ; la population japonaise réclamant depuis plusieurs années la fermeture définitive de la base de Futenma, située en pleine zone urbaine.
 
 
Une place pour twitter et facebook à côté du Northrop B-2 Spirit
 
 
Une ère nouvelle numérique par le biais des réseaux sociaux permet des révolutions, permet de “ruiner” un pays en quelques clics, permet de gripper le programme de prolifération nucléaire d’un “état-voyou”. Cette ère voit aussi l’avènement d’une guerre de l’information accélérée et globalisée. Pourquoi ne pas utiliser l’extraordinaire potentialité d’influence de ces réseaux sociaux pour servir les efforts de guerres protéiformes contre des menaces dites hybrides ? Et ce sur des terrains aussi divers que l’ordinateur personnel d’un citoyen, l’esprit du soldat engagé dans une mission pour le “bien commun” avec sa capacité à alimenter de la bonne idéologie… orientée Uncle Sam?
 
 
 
 
Il est intéressant d’observer les pages et groupes du commandement de l’armée américaine en Europe (EUCOM) sur Twitter et Facebook. Tout d’abord Twitter : on y voit apparaître depuis 4 semaines un fil rouge avec l’entête “#100USAREUR”. De manière quasi quotidienne, apparaît sur la page, fondu parmi les autres tweets du jour, un insert présentant une des 100 raisons majeures qui expliquent pourquoi les Etats-Unis sont en Europe. A la date de rédaction de cet article, la dix-neuvième raison a été énoncée sur Twitter et relayée sur Facebook.
 
 
Au regard de la concision et du caractère immédiat réclamés par l’ergonomie de l’interface Twitter, il apparaît que ce vecteur sert d’amorce, de levier à la diffusion de cette légitimation. Dans le cartouche au sommet de la page siège le logo de l’entité et l’accroche qui définit le produit : “US Army Europe. Positionnée de manière unique pour mettre en avant les intérêts stratégiques américains à travers l’Eurasie, en construisant des équipes, en s’assurant des alliances et en dissuadant les ennemis”. Il s’agit donc clairement de défendre et d’étendre l’influence des Etats-Unis et ses intérêts seuls, avec le généreux concours de ses “amis” autochtones de l’Otan.
 
 
La page Facebook s’oriente davantage vers un amateurisme calculé, qui tend à rendre le contact plus convivial et plus relâché que sur l’interface Twitter. Elle sert de relais et permet, par son ergonomie plus flexible, une plus grande interactivité avec l’usager. Outre le logo des forces armées américaine en Europe en avatar, la page est ornée d’un cliché représentant 6 soldats d’Amérique du Nord et du Vieux Continent ayant pris part à l’exercice Rapid Trident 2011 (de gauche à droite : 1 Américain, 1 Canadien, 1 Britannique, 1 Biélorusse, 1 Polonais et 1 Ukrainien). Une moitié anglo-saxonne et l’autre issue de pays directement situés dans la zone d’influence stratégique et économique russe. La même accroche définissant les objectifs de la présence américaine y est insérée, faisant ainsi écho à la page Twitter.
 
 
Après avoir appréhendé le contenant, voyons le contenu, la liqueur qui nous est proposée. Comment s’articulent cette vingtaine de raisons majeures déjà publiée ?
 
 
Des camarades soldats européens qui parlent anglais
 
 
Les angles d’attaques choisis touchent différentes sensibilités et les alternent pour créer un dogme multi-facettes. Malgré une intelligence dans la conception de cette propagande, il s’avère que la plupart des raisons invoquées demeurent très creuses sur le plan argumentaire et semblent profondément ancrées dans un romantisme angélique, relié à la touche “pathos”. Les 4 premières (non numérotées) se réfèrent aux exercices communs interarmes engageant l’armée américaine “taillée pour entraîner, déployer et soutenir de multiples commandements opérationnels” et les camarades otaniens d’Europe, et des partenaires de coopération. Ce quatuor inaugural, et les autres assertions fondées sur la même thématique, font appel à la photo utilisée sur Facebook et appuie sur les touches “camaraderie”, “fraternité”, “unité d’action” forgée par un entraînement commun face aux ennemis communs, qui menacent les Etats-Unis et l’Occident.
 
 
Un entraînement qui permet un formatage des unités projetées sur des théâtres d’opérations, tant structurel, que technique lorsque tout doit être calibrés Otan (Etats-Unis) et transparaît dans les usages linguistiques. Pourquoi un groupement tactique français, un battle group, doit, une fois sur deux, arborer un sobriquet anglophone (Raptor, Tiger, Black Rock, Wild Geese) ? On ne dit plus base avancée mais forward operating base (FOB) ; on ne dit plus force opérationnelle mais task force. Tout converge vers les critères américains (Otan), afin de servir les intérêts américains (monde occidental), parce que “l’armée américaine en Europe = des milliers de soldats européens qui travaillent à nos côtés en Afghanistan” (15e raison) et que, relativement à cela, “près de 90% des forces de la coalition en Afghanistan viennent d’Europe” (9e raison).
 
 
Dans cet inventaire de légitimation, on trouve des motifs beaucoup moins teintés de fraternité car clairement américano-centrés. L’armée américaine en Europe permet à ses “soldats, civils de la défense et leurs familles de vivre des expériences inaccessibles ailleurs dans l’armée” (5e raison) et sert “à maximiser les possibilités d’entraînement, la capacité de déploiement et la qualité de vie des soldats et de leurs familles” (14e raison). Le storytelling se poursuit ici par les touches “famille” et “mode de vie”, le fameux American way of life. Une qualité de vie meilleure à préserver, dont la pérennité dépend bien sûr de la défense pré-positionnée des intérêts américains dans le monde occidental.
 
 
L’OTAN (les USA) est une mère pour l’Europe
 
 
Dans cette suite de références émotionnelles, surgit immanquablement les références naïves à l’Histoire, qui vit, de si nombreuses fois, la collaboration de la vieille Europe et des Etats-Unis se jouer sur la scène de la Liberté. En effet, “60 ans à tisser des liens ont produit des dividendes dans la Guerre froide, la guerre du Golfe, en Bosnie, au Kosovo, en Afghanistan, en Irak et en Lybie” (7e raison). A cette raison est joint un lien conduisant à un texte narrant toutes les grandes interventions et coopérations américaines en Europe, au cours du XXe siècle et dans la première décennie du nouveau siècle.
 
 
Et quelles raisons seraient plus prégnantes, plus évidentes, que celles formulées par les dirigeants américains ? Si le Président Obama ou la secrétaire d’Etat, Hilary Clinton, le disent, cela vaut toutes les justifications du monde, surtout face aux puissances économiquement “inférieures”, toutes alliées qu’elles soient. Might is right. Sobrement, Barack Obama explique que les relations américaines avec les alliés et partenaires européens sont “la pierre angulaire de notre [des Etats-Unis] engagement vis-à-vis du monde” (13e raison). Hilary Clinton pose plus directement les jalons stratégiques du positionnement militaire américain en Eurasie, en signifiant que “la sécurité européenne demeure essentielle à la politique étrangère et de sécurité des Etats-Unis” (17e raison), en particulier grâce au programme de bouclier anti-missile.
 
 
Plus généralement, même si les “coalitions sont essentielles à la lutte contre les menaces hybrides” (8e raison), comme “la guerre coûte plus chère que la paix” (18e raison), que “les amis ne sont pas gratuits, et les ennemis et pays neutres peuvent revenir chers” (16e raison), que “il est plus économique de créer des alliances que de combattre des ennemis” (20e raison, écho de la 16e), il est préférable pour le monde occidental, avide de liberté et de tranquillité face aux adversaires par-delà l’axe du Mal, de laisser faire les professionnels pour réduire les coûts et empêcher le “dilettantisme” de petites armées retarder la pacification planétaire. Sachant que “la zone de responsabilité de l’armée américaine en Europe s’étend sur 3 continents, 20 million de km2, 1/8 de la population mondiale et 1/4 du produit intérieur brut mondial” (6e raison), est-il raisonnable de nier l’évidence? We need you, America ! Please, come on !
 
 
A travers toutes les raisons invoquées jusqu’à ce jour, on distingue, par incidence, le socle indéfectible de l’idéologie civilisationnelle des Etats-Unis : le messianisme, qu’on retrouve dans le “nation building”. En tant que pays élu de Dieu, il est le seul à apporter la vérité, la connaissance et le mode de vie idoine aux nations et aux peuples “amis”, et la paix et le mode de vie idoine dans les pays qui n’arrivent pas à marquer leur autonomie. Seuls les Etats-Unis savent entraîner des troupes, choisir ses ennemis comme ses amis, ont des intérêts souverains à défendre et une mécanique régalienne à mettre en œuvre.
 
 
Devraient encore échoir 80 raisons de la présence militaire américaine en Europe. Notons qu’aucune raison n’a été publiée durant le sommet du G8 à Camp David, résidence de villégiature des présidents américains et le sommet de l’Otan à Chicago.
 
 

Sofortmaßnahmen einer griechischen Volksregierung

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Ein europäisches und internationales Problem

Das Leben ist ein Nichts, wenn es nicht allem, was kommt, die Stirn bietet. Heute scheint es aber in dieser EU so zu sein, als lebten mehr Halbtote als Lebende unter uns. Es wird hingenommen, was über einen hereinbricht, man läßt die Oligarchen schalten und walten, obwohl deren tödlichen Früchte bereits heranreifen. Die Schuldknechtschaft, die keiner wahrnehmen will, soll verewigt werden.

Es gibt aber noch aufrichtige, lautere Widerstandskämpfer, Rechts wie Links. die dagegen und gegen weitere politische und gesellschaftliche Übel ihre Stimme erheben. Zu ihnen kann Wilhelm Langthaler, ein eher unorthodoxer Linker, gezählt werden. In einem bemerkenswerten Beitrag (anläßlich der Griechenland-Krise) für die Antiimperialistische Koordination aik@antiimperialista.org setzt er sich nicht nur damit auseinander, sondern zeigt aus seiner Sicht mögliche Gegenstrategien auf.                                                                                                                                                      

Wenn es einmal hieß, es sei nicht alles falsch, was Haider sagt, so gilt natürlich auch, daß so manches richtig ist, was von Linken kommt.

Der nachfolgende Beitrag Wilhelm Langthalers möge von recht vielen Grüppchen und politisch Bewegten  trotz seiner Länge aufmerksam gelesen werden und als eine Anregung für fruchtbare Diskussionen dienen. Persönlich bin ich von dem vorgebrachten Denkanstoß dieses linken Querdenkers beeindruckt, könnten diese Überlegungen  ja doch auch weitgehend als nationalrevolutionär eingestuft werden.  Und so bietet dieser idealistische Linke dem “Establishment” also die Stirn:

***Griechenland***                                                                                                                  

Sofortmaßnahmen einer griechischen Volksregierung/                                          Überlegungen zu den Möglichkeiten und Zwängen

von Wilhelm Langthaler

Es geht nicht darum in alter, schlechter, linker Tradition Aktionsprogramme von weit weg zu verordnen und über eine nicht zugängliche konkrete Situation abstrakt drüberzustülpen. Doch Griechenland ist kein isolierter Fall. Sein Problem ist europäisch und sogar international.Dann kommt hinzu: Es ist das erste Mal seit vielen Jahrzehnten, dass in Europa die Oligarchie auf massive und frontale Opposition der Mehrheit des Volkes trifft. Es ist die Wiederauferstehung eines totgesagten Subjekts, der Voraussetzung für alternative Politik schlechthin. Auf europäischer Ebene gibt es so was nur ansatzweise in Südeuropa, im Zentrum überhaupt nur in homöopathischen Dosen.

Griechenland ist jedenfalls Ausgangspunkt und Fallbeispiel für Europa. Es kann nur von dort ausgehend diskutiert werden. Daher dieser Versuch. In einem europäischen Programm muss aber viel mehr enthalten sein, namentlich der Sprung von der Peripherie ins Zentrum – etwas, was bisher historisch bisher immer im Ansatz stecken blieb.

1) Sofortiges Schulden-Moratorium

Die allererste Maßnahme ist ein Schulden-Moratorium. Die Schulden werden mit sofortiger Wirkung nicht mehr bedient. Das bedeutet aber nicht automatisch die Streichung der Schulden, sondern auch die Bereitschaft zur Umschuldung, wenn dabei der größte Teil der Schulden erlassen wird. Für kleine Besitzer von Staatstiteln können auch günstigere Ersatzquoten vereinbart werden, denn es geht ja nicht darum, den unteren Mittelstand zu enteignen, sondern die großen Vermögen für die Allgemeinheit heranzuziehen. Auch größere inländische Gläubiger können bevorzugt behandelt werden, wenn sie zur weiteren Kooperation bereit sind und ihr Kapital nicht abziehen wollen (so wie das in Argentinien passierte).

Grundsätzlich geht es darum, die nationale Souveränität wiederherzustellen, wozu nur die Mehrheit des Volkes fähig ist, denn die griechische Oligarchie ist integraler Bestandteil der globalen Elite. Der Bruch ist mit dieser Oligarchie ist also unbedingt notwendig. Die Härte und Schärfe des Bruchs sollte konkret an die Reaktion der Herrschenden angepasst werden.                                    

Historische Vorbilder von sich auch wirtschaftlich unabhängig machenden Peripheriestaaten zeigen den totalen Vernichtungswillen der Herrschenden mit vollständigem Boykott und militärischer Invasion. Doch oft können die Eliten nicht wie sie wollten oder wollen gar nicht, weil sie denken, es gäbe andere Lösungen oder weil sie schlicht uneinig sind.                                                                                                                           

Es ist also ratsam nicht sofort alle Türen zuzuschlagen und sich Zugänge zum Welt(kapital)markt offenzuhalten. Argentinien gelang das trotz Schuldenannulierung recht gut, allerdings unter völlig anderen Bedingungen.

2) Austritt aus dem Euro

Die Geld- und Währungspolitik ist ein entscheidender Bestandteil der Wirtschaftspolitik. Der Euro wird von der europäischen Finanzoligarchie kontrolliert. Nur der Austritt ermöglicht die Währungssouveränität im Sinne der Interessen der Mehrheit. Das heißt gleichzeitig die Nationalbank unter die Kontrolle der Politik und zwar der Subalternen zu stellen.

Eine starke Abwertung im Falle des Austritts ist zweifellos unvermeidlich. Das trifft unmittelbar alle Lohnempfänger und Besitzer von kleinen Geldvermögen, die nicht außer Landes gebracht wurden. Denn die großen Geldkapitalien werden zu einem solchen Zeitpunkt das Land bereits verlassen haben.                                                                           Dagegen sind aber ausgleichende staatliche Maßnahmen möglich, die die Last auch den Reichen aufbürdet. Der Verbleib in der Eurozone würde indes fortgesetzte Austerität bedeutet, die ganz explizit die Unteren trifft.

Mit erhöhter Inflation ist natürlich zu rechnen. Doch geht diese über ein gewisses Maß nicht hinaus, ist sie kein Schreckgespenst. In der Substanz handelt es sich um Eigentumsübertragung der Geldbesitzer an den Staat, der als unter Kontrolle des Volkes stehend angenommen wird.                                                                                                            Wichtig ist nur, dass das Umkippen Richtung Hyperinflation vermeiden wird, welches zu einer massiven Kontraktion der Wirtschaftsleistung führt und damit ein Scheitern des gesamten alternativen Projekts anzeigen würde.

3) Kapitalverkehrskontrollen, Zölle

Die Kapitalflucht muss staatlich unterbunden werden. Kapital darf nicht unkontrolliert außer Landes geschafft werden. In weiterer Folge muss auch der Freihandel eingeschränkt werden und ein Zollregime wieder aufgerichtet werden. Dieses muss den politisch festgelegten wirtschaftlichen Zielen entsprechen und die eigenen Produzenten vor dem Weltmarkt schützen.

4) Enteignung und Verstaatlichung der Banken

Die Banken waren und sind das Zentrum der Umverteilung von unten nach oben. Das Finanzkapital hat im Neoliberalismus auf Kosten der Unteren gewaltige Reichtümer angehäuft und will diese in der Krise vom Staat gesichert haben. Doch dieser abermalige Schub der Umverteilung von unten nach oben darf nicht zugelassen werden. Unproduktive Sektoren können durchaus in den Bankrott geschickt und ihr Kapital ausgelöscht werden (was übrigens nichts anderes als der normale kapitalistische Prozess ist).                                                                                                                                                                Die für die Gesellschaft wichtigen Unternehmen müssen aber weiterhin finanziert werden, wofür es die entsprechenden Institute (Banken) braucht. Werden diese vom Staat rekapitalisiert, dann muss auch die Kontrolle in die Hand des Staates übergehen. Das wird für alle größeren griechischen Geldhäuser gelten.

5) Reiche und Kapital besteuern

Im neoliberal-kapitalistischen System tragen die Mittelschichten die steuerliche Hauptlast, während die unteren Schichten verarmen. Die oberen Schichten bereichern sich auch mit Hilfe des Staates ununterbrochen, ganz oben manchmal selbst in Krisenzeiten. Dieses System muss umgekehrt werden.                                                                                                   Vor allem die unproduktiven, großen Vermögen, aber bis zu einem gewissen Maß auch produktiv investiertes Kapital (es darf indes keine De-facto-Investitionssperre sein), müssen die Hauptlast des staatlichen Haushalts tragen.

Nimmt man eine kapitalistische Volkswirtschaft isoliert, vom Weltmarkt abstrahiert, d.h. man schließt die Kapitalflucht gedanklich aus, dann führt                                                            

a) Umverteilung nach unten zu mehr Konsum und Nachfrage und                                            

b) sind staatliche Investitionen zielgerichteter und ausgewogener hinsichtlich der Interessen der Mehrheit als private. Das Problem ist die globale Oligarchie und ihr Weltmarkt, gegenüber denen man strukturell der Schwächere ist.

6) Politisch-staatliches Investitions- und Wirtschaftsprogramm

Die skizzierten Notmaßnahmen entziehen der globalen Oligarchie mit einem Schlag die Kontrolle über die Wirtschaft und legen sie in die Hand der politisch-staatlichen Institutionen über die die alten Elite die Herrschaft verloren hat und auch haben muss (denn sonst sind solche Schritte gar nicht möglich).                                                                        Es bedarf also eines Wirtschaftprogramms, eines Rahmenplans. Dabei geht es um nichts weniger als um eine Alternative zur Herrschaft der globalen kapitalistischen Elite in einem Land der Peripherie, einer Problemstellung, die das ganze 20. Jahrhundert beherrschte – diesmal aber verdammt nahe am Zentrum.

a) Lebensmittel und einfache Konsumgüter können und müssen im Inland produziert werden. Dazu bedarf es des Zollschutzes und günstiger Kreditbedingungen für Produzenten. Damit kann der wirtschaftliche Kreislauf wieder in Schwung gebracht werden. Allerdings darf die staatliche Protektion nicht zur Bewahrung unproduktiver Verhältnisse führen.                                                                                                                             

Es ist ein schwieriger Gang auf des Messers Schneide zwischen Verteidigung gegen einen strukturell überlegenen Weltmarkt auf der einen Seite und dem gleichzeitigen Aussperren der Produktivitätspeitsche auf der anderen Seite. Diese soll zu spüren bleiben, aber eben abgefedert. Messbar muss das an der Verringerung des Produktivitätsabstandes sein, der aber nie ganz eingeholt werden kann. Diesen Abstand gilt es staatlich auszugleichen.

b) Der Staat muss große strategische Industrie- und Infrastrukturprojekte anstoßen, lenken, fördern oder auch selbst durchführen. Dabei ist die Kooperation mit ausländischem Großkapital oft unvermeidlich, will man nicht heillos unproduktiv sein. Dabei müssen möglichst hohe Auflagen hinsichtlich inländischer Wertschöpfung und Technologietransfer gesetzt werden.                                                                                                                          

Vielleicht kann an dieser Stelle die Tendenz zur multipolaren Welt von Vorteil sein und den zu befürchtenden politischen Boykott aufweichen.

c) Die Autarkie ist ein definitiv gescheitertes Konzept. Der Weltmarkt bleibt Messlatte auch wenn er nur sehr begrenzt erreicht werden kann. Nachdem Außenhandel unerlässlich ist, will man nicht völlig aus der Welt fallen (Treibstoffe, Elektronik, Pharma, usw.) müssen entsprechend Produkte exportiert werden, die auf dem Weltmarkt reüssieren können. Das heißt auch der Kampf um die Wettbewerbsfähigkeit.                                                                 

Als kleine Volkswirtschaft empfiehlt sich einerseits eine Strategie der Nischen- und Spezialprodukte, andererseits der internationalen Kooperation eventuell mit Kräften, die ebenfalls im Konflikt mit der globalen Finanzoligarchie stehen.

d) Investitionen in Bildung, Gesundheit und Forschung. Diese sind nicht zwar nicht unmittelbar produktiv, befriedigen aber elementare Bedürfnisse der Bevölkerung, steigern so die Loyalität und ermöglichen mittel- und langfristig die Steigerung der Produktivität und die Entwicklung der Wettbewerbsfähigkeit.

e) Die Handelsbilanz muss im Großen und Ganzen ausgeglichen sein. Nur so können notwendige Güter eingeführt und finanziert werden. Nur so kann eine gewisse Kreditfähigkeit wiederhergestellt werden, die zur Erhöhung der Produktivität durch kreditfinanzierte Investitionen notwendig ist. Nur so kann die Entwertung der Währung mit den entsprechenden sozialen Folgen hintangehalten werden und die eigene Währung eine global handelbare Ware bleiben. (Ist sie das nicht, können auf der einen Seite keine Kredite aufgenommen werden.                                                                                                         

Auf der anderen Seite verliert die Wirtschaftssteuerung über die Geldpolitik an Wirkung und der Weltmarkt kehrt als Schwarzmarkt mit all seinen negativen Folgen zurück.) Nur so kann die Inflation im Zaum gehalten werden.

f) Wie bereits angedeutet ist eine winzige Volkswirtschaft wie die griechische allein gegen die kapitalistische Oligarchie chancenlos. Kooperation mit kleinen und großen Partnern ist unerlässlich, wobei die Bedingungen nicht immer selbst bestimmt werden können, insbesondere was die großen Spieler anbelangt, die selbst kapitalistisch sind, aber eventuell trotzdem im Konflikt mit dem Zentrum stehen.                                                                         

Daher sind Verbindungen mit anderen „Schurkenstaaten“ besonders wichtig. So können beispielsweise Treibstoffe gegen Nischenprodukte zu günstigen Bedingungen ausgetauscht werden. (Venezuela hält so Kuba am Leben.)

Grundsätzliche Bemerkungen

Die angeführten Punkte sind eine Skizze, wie unmittelbare und mittelfristige Maßnahmen für den Bruch mit der Oligarchie in einem winzigen Staat der „zentralen Peripherie“ aussehen können. Die Geschichte wiederholt sich zwar nie, dennoch gibt es Analogien und die bereits angedeutet kann man auf Erfahrungen des vergangenen Jahrhunderts zurückgreifen. Ich möchte sie folgendermaßen auf den Punkt bringen:

1) Demokratische Mitwirkung und Konsens

Da man strukturell der Schwächere ist und ständig sich am Rande des wirtschaftlichen Ausnahmezustands bewegt, ist die Tendenz zur Diktatur der anfangs vom Volk mandatierten neuen politischen und in der Folge auch wirtschaftlichen Elite groß.           

Das aktive Mitwirken, die demokratische Partizipation, die ständige Erneuerung des politischen Mandats ist ein entscheidendes Kriterium des Erfolgs auch der Wirtschaft. Denn es geht darum Politik, Wirtschaft und Gesellschaft letztlich unter die Herrschaft und Gestaltungshoheit der Mehrheit zu stellen. Das ist ein gewaltiger, auch kultureller Transformationsprozess, der nur langfristig zu leisten sein wird. Doch auf die Bewegungsrichtung kommt es an.

2) Möglichst langsamer Übergang weg vom Kapitalismus

Der Bruch, die Entmachtung und die Enteignung der Oligarchie müssen sofort und blitzschnell erfolgen und auch mit der nötigen Härte und Vehemenz durchgezogen werden. Das bedeutet jedoch noch nicht automatisch den Bruch mit dem Kapitalismus als solchen. Der Übergang zu sozialistischen Formen hat sich an der Peripherie als äußert schwierig, langwierig und von tiefen, zerstörerischen Rückschlägen gekennzeichnet erwiesen.                                                                                                                                                       

Die Idee des Einholens und Überholens hat sich selbst in einem riesigen Volkswirtschaftsverbund wie der UdSSR und seines Blockes als nicht möglich erwiesen, ganz zu schweigen von kleinen Staaten. Das oligarchische Zentrum kontrolliert das kollektive Erbe der Menschheit. Solange das so ist, bleibt man wirtschaftlich unterlegen. Das Ziel kann nur sein diese Herrschaft politisch zu beenden.

Daher ist es angezeigt, einen langsamen Übergang weg vom Kapitalismus zu konzipieren. Die Brüche und Attacken kommen ohnehin, welche zu forcierten Maßnahmen zwingen, zu mehr als einem lieb sein wird. Selbst muss man schauen die kulturellen Voraussetzungen für diese Transformation zu schaffen.

3) Inhomogene Gesellschaft

Man muss die Koexistenz verschiedener kultureller, politischer, wirtschaftlicher und sozialer Formen als strukturell und unvermeidlich konzipieren. Während ein Sektor weit vorstürmt, kann es durchaus gleichzeitig andere Sektoren geben, die nicht können oder wollen und denen materiell wenig angeboten werden kann.                                                      

Es ist eine Frage von Vorbild, Bespiel und Überzeugung und nicht von Zwang, der nur kurzfristig wirkt. Der Nachteil der Inhomogenität, der Differenz, des Konflikts kann an einem gewissen Punkt zum Vorteil umschlagen, weil er auch Akzeptanz und Konsens in der Unterschiedlichkeit schafft.                                                                                                            

Es ist auch ein Moment der realen Freiheit und der Massendemokratie, was einen wesentlichen Vorteil gegenüber der Herrschaft der kapitalistischen Oligarchie ausmacht.

Anmerkung: Wenn Wilhelm Langthaler nun meint, die politische Herrschaft der Oligarchen gehöre beendet, dann müßten dazu wohl erst einmal Links und Rechts  zusammengeführt werden. Das aber werden die Oligarchen mit allen Mitteln (und Helfershelfern) zu verhindern  trachten.