samedi, 13 décembre 2025
Le C5, modèle MAGA de la multipolarité - Une alternative à la domination mondiale de l’ordre unipolaire

Le C5, modèle MAGA de la multipolarité
Une alternative à la domination mondiale de l’ordre unipolaire
Alexandre Douguine
Alexandre Douguine commente la tentative de l’Amérique de construire un ordre multipolaire de grandes puissances en marge du G7 et du mondialisme.
L’idée du C5, ou « Core Five » (le Noyau des 5), en tant qu’alternative au G7, est un projet qui découle directement de l’approche politique et géopolitique du mouvement MAGA dans la politique mondiale. C’est du réalisme politique; c’est un rejet de la mondialisation; c’est la construction d’une nouvelle architecture internationale basée sur les véritables centres de souveraineté dans le monde contemporain.
Lorsque, il y a un peu moins d’un an, j’ai publié mon livre La Révolution Trump (qui a déjà été traduit dans de nombreuses langues), je lui ai donné le sous-titre suivant: «Un nouvel ordre de grandes puissances». Mais qu’est-ce que «l’Ordre des Grandes Puissances»? C’est précisément la construction d’un système international dans lequel la souveraineté authentique n’appartiendra qu’aux civilisations-États qui possèdent leur propre idéologie, leur propre économie et leur propre géopolitique—des entités véritablement souveraines qui ont déjà prouvé leur viabilité.
C’est, si vous voulez, la version MAGA d’un monde multipolaire. C’est exactement ce dont parlait autrefois le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Cela faisait partie des plans énoncés par plusieurs idéologues du mouvement MAGA comme, par exemple, Steve Bannon. C’était soutenu et étayé—de façon assez critique à l’égard de Trump lui-même—par John Mearsheimer, un excellent représentant du réalisme politique américain. Il s’agit d’une approche froide et dure du concept de souveraineté. La souveraineté ne devrait appartenir qu’aux grandes puissances: «Un nouvel ordre des grandes puissances». En d’autres termes, c’est la version américaine, trumpiste, d’un monde multipolaire, qui diffère assez nettement du modèle BRICS.
Première différence: le groupe BRICS n’inclut pas les États-Unis ni l’Occident; il est construit comme une alternative à eux. Cela est tout à fait logique, car jusqu’à Trump, l’Amérique fonctionnait comme le bastion de l’ordre mondialiste unipolaire. J’ai déjà dit qu’une place pour l’Amérique au sein de BRICS reste ouverte—en fait, en quelque sorte réservée—mais seulement pour une Amérique qui rompe avec la mondialisation.
Deuxième différence: Le groupe BRICS accepte des civilisations qui ne sont pas encore complètement formées. Le monde islamique, qui n’a pas encore atteint l’unité dans le développement d’une stratégie civilisationnelle commune; l’Amérique latine, qui stagne également sur le chemin de l’intégration; et le continent africain. Toutes ces civilisations sont représentées dans le groupe BRICS. En d’autres termes, le groupe BRICS est une multipolarité bienveillante « avec de la place pour croître ». Il inclut à la fois des civilisations-États déjà formées et celles qui doivent encore s’unir. C’est, pour ainsi dire, un «projet d’avenir».
Par conséquent, la différence entre «l’Ordre des Grandes Puissances» et le projet BRICS est que seules les civilisations-États existantes sont reconnues comme souveraines: les États-Unis, la Russie, la Chine et l’Inde. Le Japon y est aussi inclus—je pense que c'est pour équilibrer l'ensemble face à la Chine. Le Japon est en effet un pays puissant. S’il pouvait obtenir son indépendance vis-à-vis de l’Amérique, il pourrait très bien devenir un pôle souverain à part entière. Le C5 représente la version américaine de la multipolarité. Dans la dernière version publiée de la Stratégie de sécurité nationale des États-Unis, cette idée est clairement et directement exposée.
L’idée de créer le C5, le « Core Five » (le Noyau des 5), selon la vision des stratèges américains du mouvement MAGA (je souligne: il ne s'agit pas des néoconservateurs, pas des globalistes), signifie donner à cet «Ordre des Grandes Puissances» une sorte de statut de club. Pas encore les bases du droit international, mais un club—cette fois construit de manière totalement différente du G7, qui était rempli de divers nains occidentaux qui ne représentaient rien, comme le Canada.
Tant le G7 que le G20 étaient des clubs mondialistes dominés par l’agenda mondialiste. C’est pourquoi ils sont aujourd’hui complètement insignifiants. Et c’est précisément pour cela que la création d’un club multipolaire véritablement pertinent—le C5—est désormais à l’étude.
Mais comment la stratégie du mouvement MAGA l’envisage-t-elle? Très probablement, les États-Unis voient la création du C5 comme une alternative au groupe BRICS. Cependant, cela peut également être considéré comme un complément au groupe BRICS. Car qu’est-ce qui est fondamentalement important ici? L’absence de l’Europe, de la Grande-Bretagne, du Canada et de l’Australie.
C’est-à-dire l’absence de ces régimes qui, dans leurs derniers spasmes, s’attachent désespérément au projet mondialiste. C’est une géopolitique MAGA authentique, qui—à sa manière—reconnaît la multipolarité.
C’est pourquoi le C5 est une proposition très sérieuse. Bien sûr, elle peut être critiquée; on peut dire que le projet BRICS est meilleur. C’est ce que je pense aussi: le projet BRICS est meilleur à tous égards, sauf un: les États-Unis n’y sont pas. Et tant que les États-Unis et l’Occident n’y seront pas, personne à l’intérieur du groupe BRICS n’ose vraiment défier l'hégémonie mondiale de front. Mais ici, Trump et le mouvement MAGA font un pas en avant qui est intéressant: «Au lieu de se consolider contre nous, rejoignez-nous pour construire ensemble la multipolarité». C’est une question de grande importance et qui exige la plus haute attention. Voyons ce qui peut en sortir.
Nous vivons maintenant à un moment où Trump commence à revenir à sa stratégie MAGA d’origine, dont il s’était éloigné ces derniers mois, à une distance sidérale. Mais le moment du retour est venu. Il n’est pas fortuit qu’à ce moment précis, une proposition ait émergé pour envisager la création du club C5 (Core Five)—un développement extrêmement important, révélateur et extraordinairement intéressant.
L’essentiel est que cette proposition n'englobe pas l’Union européenne, les globalistes, ces Messieurs Soros et Schwab, le forum de Davos, l'inénarrable Macron… Ils sont tous jetés à la poubelle, avec Zelensky et le nazisme ukrainien. C’est vraiment un moment fascinant, où l’Amérique est contrainte de reconnaître la multipolarité, même si elle propose sa propre version de celle-ci.
20:03 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, politique internationale, c5, core five, multipolarité, alexandre douguine |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook
Point sur la crise de la Dermatose dans les Pyrénées

Point sur la crise de la Dermatose dans les Pyrénées
Laurent Ozon
Source: @LaurentOzon (X)
La dermatose nodulaire contagieuse (DNC) est une maladie virale des bovins à très faible mortalité (1 à 5 %, rarement plus). La morbidité est très variable selon les souches et les conditions environnementales.
Le premier foyer déclaré en France date du 29 juin 2025 en Savoie. Les premiers cas dans les Pyrénées-Orientales datent du 15 octobre, suivis d'une progression rapide vers l’Ariège (9/12), les Hautes-Pyrénées (10/12) et les Pyrénées-Atlantiques (zone réglementée depuis le 11/12).
Le mode de propagation dominant est vectoriel, via des insectes piqueurs (mouches des étables, moucherons piqueurs ou taons), et non par les mouvements d’animaux.Ce point est essentiel. Le virus circule largement dans l'environnement et peut progresser de plusieurs dizaines de kilomètres par semaine, en dehors des couloirs de transport des animaux.

Le vaccin homologué en France, Lumpyvax, réduirait fortement les formes cliniques graves et préserverait la productivité (lait, croissance), mais il n’est pas stérilisant. En clair, les animaux vaccinés peuvent être infectés, devenir porteurs asymptomatiques et continuer à transmettre le virus aux insectes vecteurs. C'est un vaccin productif plus que sanitaire. Il sauvegarde la santé du troupeau mais ne bloque pas la circulation du virus.
Du fait du mode de contamination et de l'efficacité limitée du vaccin, la stratégie officielle d’abattage total suscite une opposition large chez les petits éleveurs. Selon la réglementation européenne (catégorie A, Règlement UE 2016/429), tout foyer confirmé entraîne l’abattage et la destruction de l’intégralité de l’élevage, même si une seule bête est atteinte.
La justification officielle est que cette méthode coupe la source virale locale en éliminant les porteurs cachés. Pourtant, si la circulation du virus est vectorielle, cette stratégie de dépopulation totale semble largement inadaptée. Selon la réglementation, ce serait pourtant la seule façon de maintenir le statut « indemne » nécessaire aux exportations de bovins vivants, de viande etc. – bien que des suspensions d'exportations soient déjà en vigueur hors UE en raison des zones réglementées actuelles (109 foyers au 9 décembre).
Lorsque la transmission est essentiellement vectorielle et généralisée (comme actuellement dans le sud-ouest), l’abattage total, prônée par une technocratie quasi-militarisée, suscite la colère. De nouveaux foyers apparaissent régulièrement sous le vent, indépendamment des élevages abattus. Le modèle belge de 2021 (abattage ultra-rapide ayant stoppé net une introduction unique par camion transportant des animaux) n’est pas transposable. Le virus circule et circulera dans l'environnement. Par ailleurs, la question de l'exportation sera bientôt réglée puisque, quoi que fasse la technocratie, les restrictions liées aux zones réglementées (rayon de 50 km autour des foyer) limiteront drastiquement les exportations dans les mois à venir.
On voit donc apparaître une divergence d'intérêts entre les éleveurs orientés vers le marché intérieur (petites exploitations, circuits courts, production laitière locale), qui subissent des pertes lourdes et les filières export (grands groupes intégrés dont la FNSEA est l'émanation), qui cherchent à maintenir le statut indemne pour conserver leurs marchés (Maghreb, Moyen-Orient, Asie).
Plus fondamentalement, la charge symbolique, en situation de tension sociale, économique et identitaire, de petits éleveurs contraints par une mobilisation de moyens exceptionnels de la force publique, de faire tuer leur troupeau pour satisfaire à des normes technocratiques européennes inadaptées, peut mettre le feu aux poudres. D'autant plus que s'est installé dans une partie de l'opinion l'idée que cette crise n'était qu'une partie d'une guerre plus large menée par les technocraties managériales mondialisées contre l'autonomie alimentaire et la typicité de production des peuples.
19:43 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, épidémies, bovins, france, europe, affaires européennes, dermatose, élevage |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook
L’ordre mondial, instauré en 1945, touche à sa fin

L’ordre mondial, instauré en 1945, touche à sa fin
Carlos X. Blanco
Source: https://socialismomultipolaridad.blogspot.com/2025/12/el-...
Ce bref essai, résumé de ce que j’ai exposé dans plusieurs ouvrages, vise à présenter une critique exhaustive et radicale de l’ordre international dirigé par les États-Unis depuis 1945. Il argue que cet ordre est en train de vivre un processus terminal d’agonie, comparable à celui d’un malade en fin de vie, causant misère et désastre autour de lui. Il s’articule autour de plusieurs axes d’analyse :
1. L’ordre d’après-guerre et le rôle de l’URSS :
Après la défaite du IIIème Reich en 1945, les États-Unis imposèrent leur Pax Americana, mais de façon incomplète en raison du contrepoids soviétique. Le rôle crucial de l’Union soviétique dans la défaite du nazi-fascisme en Europe et dans l’évitement d’une Troisième Guerre mondiale immédiate contre les puissances anglo-américaines, y est souligné et a eu un coût humain énorme. L’URSS a créé un «Deuxième ordre mondial» qui a regroupé des pays en processus de décolonisation, en opposition aux prétentions universelles américaines.

2. L’idéologie comme instrument et le concept de « totalitarisme » :
Dans mes textes, je démonte la primauté de l’idéologie dans l’analyse géopolitique, la présentant comme un facteur mobile et utile. Je signale que le capitalisme impérialiste anglo-saxon a initialement financé des régimes comme ceux d’Hitler et de Staline, puis les a diabolisés comme «totalitaires» dès que le conflit a éclaté. Le concept de «totalitarisme», élaboré par des intellectuels comme Hannah Arendt, y est analysé comme une arme conceptuelle de l’Occident libéral. Sa véritable fonction n’est pas de décrire des similitudes structurelles entre le nazisme et le bolchevisme (des régimes différents, séparés par des abîmes), mais de stigmatiser comme «totalitaire» tout régime non libéral et non soumis à l’hégémonie américaine. Cela est habile, et cette synonymie est essentielle pour comprendre la Guerre froide et sa poursuite.
3. L’évolution après la chute de l’URSS :
Avec la disparition de l’URSS (1989–1991), l'«Hégémon» libéral (première théorie politique, selon Alexandre Douguine) a perdu son contrepoids socialiste (deuxième théorie politique). L’arsenal philosophico-politique accumulé a été réorienté pour présenter le fascisme (troisième théorie politique) comme la seule alternative au monde «libre», simplifiant le discours jusqu'à poser l'alternative suivante: «libéralisme ou barbarie (fasciste)». Tout pays qui ne s’aligne pas sur les États-Unis peut être qualifié de «totalitaire» ou d'«autocratique», comme c’est le cas aujourd’hui, selon le contexte, avec la démocratie multipartite russe ou le système politique chinois.

4. La décadence et le caractère prédateur de l’Occident :
Le capitalisme occidental, notamment dans sa version tardive et financière, est décrit comme étant en phase d’épuisement. C’est un système improductif, basé sur la dette et parasitaire, dont la crise de 2008 a révélé la nature «génocidaire et inviable». Les États-Unis, en tant que débiteur maximal, soumettent d’autres pays par ce système. La mondialisation n’a pas été la création d’un creuset mondial, mais l’imposition du mode de vie américain, un processus qui, conjointement avec la «religion holocaustique» (la sacralisation de l’Holocauste juif transformé cyniquement en religion civile universelle, conférant simultanément une impunité morale au sionisme), a servi à l’endoctrinement et à la domination.
Le mythe de la supériorité morale, technologique et militaire de l’Occident s’effrite. Sur le plan moral, les États-Unis violent le droit international; sur le plan technologique, ils prennent du retard face à l’Asie, en particulier la Chine ; militairement, ils manquent de capacités de combat terrestre et de résilience comme la Russie, qui possède une expérience de guerres défensives pour sa survie, contrairement aux campagnes impérialistes ratées des États-Unis (Vietnam, Afghanistan).
5. L’OTAN comme instrument agressif et dangereux pour l’Europe :
Créée en 1949 comme alliance « défensive », l’OTAN est devenue une organisation agressive et expansionniste, compromettant la souveraineté et la sécurité des peuples européens. Le bombardement de la République fédérale de Yougoslavie en 1999, avec des milliers de civils morts et l’utilisation d’uranium appauvri, a marqué un tournant, montrant que l’OTAN attaque des États souverains européens. La guerre en Ukraine (commencée en 2014 avec Euromaidan) en est une autre manifestation. Être dans l’OTAN ne garantit pas la sécurité, mais éveille la peur, car cela oblige les États membres à se militariser à nouveau et à s’enliser dans des conflits (comme en Ukraine) qui servent les intérêts de Washington, pas ceux de l’Europe. L’OTAN et l’UE ont perdu toute légitimité morale pour donner des leçons sur les droits de l’homme.
6. Le nouveau modèle de domination: les États artificiels-terroristes (les «porte-avions statiques») :
Face à leur déclin et leur incapacité à mener des guerres conventionnelles victorieuses, l’Empire occidental adopte un modèle de «guerre hybride» qui ressemble au terrorisme d’État. Le modèle est Israël: un État artificiel, fortement militarisé et agressif, qui fonctionne comme un «porte-avions statique» incrusté dans une région stratégique. Ce modèle se reproduit avec des entités comme le Kosovo, l’Ukraine post-Euromaidan ou le «Grand Maroc». Ce sont des «États-poubelle» ou «États faillis», créés ou instrumentalisés pour semer le chaos, affronter des ennemis (Russie, Chine, Iran) et servir de plateformes d’agression. Le Maroc, avec le soutien des États-Unis, de la France et d’Israël, se présente comme la partie d'une tenaille qui se complète avec Israël, pour étrangler la Méditerranée, ce qui constitue une grave menace pour l’Espagne et le sud de l’Europe.

7. La destruction culturelle et sociale auto-destructive de l’Europe occidentale :
L’Europe occidentale a été victime d’un changement culturel massif orchestré par les États-Unis: l’«americanisation» ou la « mondialisation ». Cela a mené à:
- a) L’arrêt de l’activité productive : délocalisations industrielles, domination de la financiarisation (fonds comme BlackRock) et une économie basée sur la dette et le tourisme cancérigène (exemple : Espagne).
- b) L’arrêt de l’activité reproductrice : hiver démographique, remplacement de la population par une migration massive (parfois utilisée comme arme contre l’Espagne, par exemple par le Maroc), trafic d’êtres humains et perte de l’identité culturelle.
- c) La défaillance de la capacité défensive : dépendance militaire à l’OTAN, forces armées nationales affaiblies et engagées dans des missions étrangères, tandis que les frontières réelles (Ceuta, Melilla, côtes méditerranéennes face à l’Afrique) restent non protégées.
L’« âme » de l’Europe est morte, car le triptyque fondamental: produire, avoir des enfants et manier des armes pour la défense nationale légitime, a été brisé.
8. Conclusion et perspectives :
L’ordre mondial unipolaire touche à sa fin. Face à la décadence occidentale, émergent des modèles alternatifs (comme le capitalisme planifié ou le socialisme de marché de la Chine) et un bloc potentiel comme les BRICS. L’Europe doit se réveiller, rejeter la soumission aux États-Unis et à l’OTAN, et retrouver sa souveraineté, sa capacité productive, son identité culturelle et restaurer sa défense nationale. Elle doit cesser d’être «Occident» et se redécouvrir comme une civilisation parmi d’autres, avec le droit à son histoire et à ses traditions. La voie actuelle mène à la guerre, à la destruction et à la colonisation intérieure. Mes textes publiés se terminent souvent par une mise en garde contre la création de futurs «États-artificiels» (comme une Catalogne indépendante), qui pourraient servir de nouveaux «porte-avions» pour soumettre des populations appauvries et aliénées. L’avenir dépendra de la capacité de l’Europe à refuser la guerre, le génocide et l’exploitation, et à reprendre le contrôle de son destin.
14:09 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, affaires européennes, europe, déclin européen |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook
La peur de Washington

La peur de Washington
Andrea Marcigliano
Source: https://electomagazine.it/la-paura-di-washington/
Les États-Unis sont inquiets. Très inquiets. Pour l'avenir de l'Europe.
Cela peut nous sembler étrange, étant donné que Washington est désormais dirigé par une administration qui semble très éloignée de l'Europe. Tant dans son style que dans son contenu.
Une administration bien représentée par Donald Trump. Non pas un cow-boy excentrique, comme continue de le définir une certaine partie de notre cirque médiatique. Mais plutôt l'homme qui incarne et donne une voix à l'Amérique profonde. Loin, très loin de la « sensibilité européenne » proclamée et autoréférentielle (et presque onaniste).
Et pourtant, c'est précisément cette Amérique qui est préoccupée. Parce qu'elle voit avec une lucidité détachée la dérive européenne. Et elle est consciente de ce que cela pourrait entraîner dans un avenir immédiat. Même, et surtout, pour les États-Unis.
C'est ce que nous disent les analystes russes. De plus en plus attentifs à ce qui se passe dans le camp occidental. Dans le camp, disons-le clairement, de «l'ennemi».
C'est une nouvelle qui a eu très peu d'importance dans nos médias, trop occupés à étudier ou à contempler des choses vraiment intéressantes. Comme les disputes télévisées entre Meloni et Schlein sur des questions fondamentales telle le genre. Ou les logorrhées de certains représentants de la majorité sur les chats errants de Cosenza. Ou celles de Picierno et de ses compagnons sur l'antisémitisme rampant et les crèches non inclusives. Des choses de cet acabit. Des choses sérieuses. Il n'y a pas de temps d'antenne ou de place dans les colonnes des quotidiens pour des futilités comme le déclin de l'Europe selon Washington.
À tel point que j'ai trouvé cette information, fournie par un analyste russe, sur Internet, grâce à mon ami Corrado Caldarella. Un autre vieux schnock, comme moi, qui perd son temps avec ce genre de préoccupations.
Quoi qu'il en soit, comme je le disais, Washington est très inquiet. Car, si cela continue ainsi, l'Europe va complètement se dénaturer. Ou, plus simplement, disparaître.


La vague montante d'immigrants en provenance du sud du monde. La chute vertigineuse de la natalité. L'augmentation de l'âge moyen des citoyens... qui, soit dit en passant, a atteint 50 ans en Italie. Et puis, il y a ce génie de Crosetto qui voudrait réintroduire le service militaire obligatoire...
Des futilités, comme je le disais. Mais qui inquiètent Trump et son entourage. Car ils doivent commencer à raisonner comme si l'Europe n'existait plus.
Des millénaires d'histoire effacés en peu de temps, par la folie de la Commission et des gouvernements subordonnés aux intérêts financiers et spéculatifs.
La perspective d'un vide, qui sera comblé par les Asiatiques, les Africains... comme c'est déjà le cas en Grande-Bretagne.
Les États-Unis commencent à se sentir de plus en plus seuls.
Isolés dans leur périphérie, certes vaste, du monde.
Seuls. Face à la marée montante de l'Eurasie russe. De peuples encore jeunes, peut-être sauvages. Mais qui représentent l'avenir.
Comme les barbares de Kavafis.
Mais ne vous inquiétez pas. Ce qui compte vraiment, ce sont les droits des homosexuels unijambistes, des remboursements médicaux pour les candidats transgenre et autres absurdités de ce genre.
12:35 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, europe, affaires européennes, étants-unis |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook
La logique cynique de la stratégie de sécurité des États-Unis – L'Europe paie la facture
La logique cynique de la stratégie de sécurité des États-Unis – L'Europe paie la facture
Markku Siira
Source: https://geopolarium.com/2025/12/09/yhdysvaltojen-turvalli...
La nouvelle stratégie nationale de sécurité des États-Unis (National Security Strategy, novembre 2025) ne modifie pas les grandes lignes de la politique étrangère et de sécurité, mais elle abandonne leur déguisement idéalisé et exprime les choses de manière exceptionnellement directe. La rhétorique précédente, qui prônait la diffusion mondiale de la démocratie et les interventions, a été remplacée par une politique réaliste froide, qui place la souveraineté, la puissance économique et les intérêts américains au centre.
Le message principal est simple: sous Trump, les États-Unis se concentrent principalement sur le renforcement de leur puissance, de leur économie et consolident leur contrôle sur les régions voisines, révélant ainsi une version moderne de la doctrine Monroe. L’ordre mondial ne sert Washington que dans la mesure où il soutient ces priorités internes. La stratégie décrit le monde comme un jeu de somme zéro, quoique compétitif, dans lequel les alliés ne sont utiles que s’ils prennent leur part — de préférence celle que les États-Unis eux-mêmes ont fixée.
La menace principale, et en même temps le défi, se trouve dans la région indo-pacifique. La Chine est clairement désignée comme le principal adversaire, dont la montée économique et militaire menace la position de leader mondial de l’Amérique. Selon la stratégie, la réponse n’est pas une confrontation militaire directe, mais une dissuasion systématique: strangulation technologique, restrictions à l’exportation, renforcement du réseau d’alliés et rapatriement des chaînes de valeur critiques.
Par ailleurs, la stratégie met en garde contre la propagation de l’influence chinoise en Amérique du Nord, en Afrique, et justifie un contrôle plus strict de l’Amérique sur son propre continent. La sécurité aux frontières, les cartels de drogue et l’ingérence étrangère sont considérés comme des questions fondamentales relevant de la sécurité nationale. Tout cela signifie un déplacement clair des ressources vers le Pacifique et vers l'arrière-cour des États-Unis, hors d’Europe et du Moyen-Orient.

L’Europe est traitée de manière ferme mais calculée. Le continent est décrit comme souffrant d’une démographie déclinante, d’une immigration incontrôlable, de divisions internes et de dépenses de défense chroniquement faibles. Le document insiste sur le fait que l’Europe doit désormais assumer la principale responsabilité de sa propre sécurité. Cela implique la réalisation de l’objectif de dépenses militaires de 5% du PIB d’ici 2035, ainsi que la prise en charge principale du financement et des garanties de sécurité pour la guerre en Ukraine.
Voici le cœur cynique de la stratégie: les États-Unis créent délibérément une atmosphère d’incertitude pour amener l’Europe à accepter ce fardeau économique historique. La menace de réduire le soutien de l’OTAN et de souligner la faiblesse européenne obligent les Européens à réduire leurs services publics pour financer un conflit qui sert la grande stratégie des États-Unis. Une contradiction flagrante renforce cette manipulation: les actions américaines, telles que le rapatriement des chaînes de valeur et la compétition énergétique, sape en même temps l’économie européenne, qui doit supporter ces énormes dépenses militaires.
Les États-Unis proposent donc à l’Europe une position encore plus subordonnée qu'auparavant dans le système d’alliances. L’objectif est de geler le conflit ukrainien et de clouer la Russie à la frontière, faisant de l’Europe une zone tampon géostratégique. Parallèlement, les Etats-Unis concentreront leurs ressources militaires et économiques principalement sur la Chine, laissant aux alliés une simple protection nucléaire formelle. Les coûts réels de la gestion du conflit et de la défense européenne sont transférés entièrement à Bruxelles, Berlin et Paris.
Le plus grand point faible de cette nouvelle stratégie est sa myopie et ses contradictions. L’Amérique de Trump veut se retirer du rôle de policier mondial, tout en conservant le droit de fixer les règles. Cette attitude de leadership sans responsabilité, cette vision transactionnelle des alliés et cette mentalité de somme zéro affaiblissent à long terme les réseaux d’alliances sur lesquels repose l’influence américaine. Si la coopération se réduit à un accord de partage des coûts, la loyauté s’évanouit. Une realpolitik trop froide peut se retourner contre elle: elle engendre rancune et éloignement stratégique, affaiblissant ainsi la position des États-Unis.
Les dirigeants et citoyens européens peuvent-ils voir au-delà de la rhétorique superficielle de l’administration Trump? Le but est que l’Europe supporte les coûts de cette mise en scène géopolitique contre la Russie, alors que Washington se concentre principalement sur son principal adversaire, la Chine. Si cela n’est pas compris et si cela n’est pas abordé politiquement, l’Europe pourrait se réveiller dans les années 2030 dans une situation où elle aurait sacrifié son économie, son avenir et ses réserves énergétiques à un conflit qui n’a jamais été dans ses intérêts. À ce moment-là, ceux qui paieront la facture constateront que le mantra « America First » signifiait en réalité « Europe Last ».
12:14 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, europe, affaires européennes, états-unis, otan, atlantisme |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook

