jeudi, 16 avril 2026
La guerre en Iran reconstruit-elle accidentellement l'Empire ottoman?

La guerre en Iran reconstruit-elle accidentellement l'Empire ottoman?
Les Ottomans n'ont pas dominé le monde uniquement par la conquête. Ils ont dominé en contrôlant les routes commerciales terrestres eurasiatiques et de vastes parties de la Méditerranée. La guerre en Iran pourrait être en train de positionner la Turquie pour reconstruire cette même combinaison.
Depuis des décennies, le détroit d'Ormuz transportait près de 20% de l'approvisionnement mondial en pétrole et en GNL. La guerre en Iran a créé une ouverture pour des routes alternatives — et la Turquie se trouve à l'intersection de plusieurs options plausibles:
- Le gaz turkmène via la Trans-Caspienne dans le réseau TANAP — à travers la Turquie vers l’Europe, en contournant entièrement le Golfe.
- Le pipeline Irak-Turquie étendu jusqu’à Bassora — pouvant transporter jusqu’à 1,5 million de barils par jour vers les marchés méditerranéens, hors de portée iranienne.
- Le gaz qatari via l’Arabie saoudite, la Jordanie, la Syrie et la Turquie — directement vers les terminaux de GNL européens, entièrement par voie terrestre.
Pendant 400 ans, l’Empire ottoman se trouvait au carrefour de l’Est et de l’Ouest, non pas parce qu’il avait tout conquis, mais parce que tout ce qui avait de la valeur passait par là. Si ces trois routes sont établies, une part importante de l’énergie circulant du Golfe vers l’Europe transiterait par le territoire turc.
Les Ottomans comprenaient cette formule: contrôler les routes, contrôler le commerce. Et ils la soutenaient avec une marine qui, à son apogée, dominait la Méditerranée. La Turquie est en train de reconstruire cette même combinaison.
41 navires de guerre sont en cours de construction simultanément, et 120 navires avec 15.000 personnels ont récemment achevé l’exercice Blue Homeland-2026 sur trois mers. Cette flotte croissante permet à la Turquie de projeter sa puissance à travers la Méditerranée orientale — une région déjà encombrée par des intérêts énergétiques concurrents.



Pourquoi cela importe-t-il ?
La Méditerranée orientale devient un hub gazier en soi.
- De grandes découvertes de gisements (Leviathan, Tamar, Aphrodite, Zohr) ont transformé Israël, l’Égypte et Chypre en fournisseurs potentiels pour l’Europe.
- Ces pays développent des terminaux de GNL offshore et des pipelines sous-marins.
- 98 % du commerce extérieur israélien dépend de la navigation en Méditerranée — y compris sa capacité à exporter du gaz.
La Turquie cherche désormais activement à dominer cette mer. En se positionnant à la fois comme un corridor énergétique et comme une puissance navale en Méditerranée orientale, Ankara pourrait, à terme, influencer qui expédie quoi, où et selon quelles conditions.
Source:
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20:21 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : géopolitique, turquie, méditerranée, méditerranée orientale, erurope, affaires européennes, gaz, gaz naturel, hydrocarbures |
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lundi, 14 avril 2025
Vers des élections parlementaires passionnantes en Norvège

Vers des élections parlementaires passionnantes en Norvège
Peter W. Logghe
Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94
Il y a quelques décennies, le paysage politique en Norvège était relativement prévisible: le parti conservateur, le Høyre, et le parti social-démocrate se maintenaient mutuellement dans un équilibre précaire. Un jour, c'était l'un qui arrivait au pouvoir, le lendemain, c'était l'autre. L'arrivée du parti de droite, le Fremskrittspartiet (FP), a perturbé cet équilibre, et plusieurs coalitions gouvernementales incluant le FP ont même vu le jour. La popularité du FP a diminué ces dernières années, le parti atteignant généralement 10 à 12% des voix.
Fin janvier 2025, le gouvernement minoritaire du parti travailliste norvégien (Ap) et du Senterpartiet est tombé à propos de l'incorporation de la législation européenne sur la politique énergétique. Car bien que la Norvège ne soit pas membre de l'UE, elle doit tout de même transcrire la législation européenne dans ses lois. Le Senterpartiet étant plutôt eurosceptique, a retiré son soutien au gouvernement. Depuis lors, le gouvernement norvégien ne se compose que de sociaux-démocrates. Les élections parlementaires sont fixées au 8 septembre. Et dans les sondages, le FP populiste monte en flèche.
L'immigration est également le thème principal dans les pays scandinave.
Selon des sondages récents, les conservateurs du Høyre reculeraient pour passer tout juste sous la barre de 20% des voix, les sociaux-démocrates conserveraient entre 26 et 27%. Le parti centriste Senterpartiet pourrait s'affaiblir et le Fremskrittspartiet ou parti du progrès pourrait voir son pourcentage doubler pour atteindre 22 %. L'attrait qu'exerce la présidente du parti, Sylvi Listhaug (photo), jouera certainement un rôle dans cette percée que l'on annonce d'ores et déjà. Le premier ministre norvégien, le social-démocrate Jonas Gahr Støre, a déjà désigné le FP comme son principal adversaire.

Sylvi Listhaug n'est pas une inconnue en politique norvégienne : elle a été ministre de l'Agriculture, puis de la Migration, et plus tard ministre de la Justice dans le gouvernement de coalition du premier ministre conservateur Erna Solberg. Le FP peut s'attendre à un succès croissant car il s'est opposé pendant des années à la politique migratoire laxiste de la Norvège – la Norvège affiche actuellement le taux de migration le plus élevé de tous les pays scandinaves. La première ministre danoise, Mette Frederiksen (social-démocrate), a lancé un appel à ses collègues norvégiens lors d'une réunion inter-scandinave dans la capitale norvégienne, Oslo, pour qu'ils s'engagent enfin à mener une politique migratoire restrictive. Les sociaux-démocrates de Jonas Gahr Støre ne répondent donc pas à cet appel.
Six mois avant les prochaines élections parlementaires en Norvège semblent longs. Pourtant, les nerfs sont déjà à vif.
19:33 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : norvège, scandinavie, politique, erurope, affaires européennes |
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