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mardi, 06 janvier 2026

Epiphanie, rois et galettes

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Epiphanie, rois et galettes
 
Source: https://www.facebook.com/profile.php?id=100063508030909
 
Il faut d’abord rappeler un point fondamental : ni Noël ni l’Épiphanie ne sont datés dans les évangiles.
Les récits de la naissance du Christ et de la visite des mages, tels qu’ils apparaissent dans l’Évangile selon Matthieu, ne proposent aucun repère calendaire.
 
Ils ne mentionnent ni saison, ni jour, ni mois. Le texte n’a pas vocation à fonder une fête annuelle; il expose un message théologique, non un rythme liturgique.
 
Les mages eux-mêmes y sont secondaires: ils ne sont ni nommés, ni comptés, ni définis comme rois, et leur rôle doctrinal est limité. Ils servent avant tout à signifier que l’événement dépasse le cadre strictement juif et concerne le monde dans son ensemble.
 
Cela implique une conséquence décisive: le calendrier chrétien n’est pas issu du texte biblique, mais lui est appliqué ultérieurement.
 
Le christianisme, en se répandant, ne crée pas ex nihilo un calendrier sacré autonome; il s’insère dans des rythmes du temps déjà existants, d’origine cosmique, agricole et rituelle.
 

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Le récit chrétien devient alors un habillage symbolique posé sur des moments de l’année déjà porteurs de sens pour les païens.
Dans le monde romain tardif, le cœur de l’hiver est marqué par des fêtes solaires majeures.
 
Le 25 décembre correspond notamment à la célébration du Sol Invictus, fête du soleil invaincu, qui célèbre la reprise de la course solaire après le solstice.
 
Fixer la naissance du Christ à cette date ne répond à aucune donnée évangélique, mais à une convenance symbolique évidente: le Christ peut être présenté comme la lumière nouvelle qui surgit lorsque la nuit commence à reculer.
 
Il ne s’agit pas de supprimer un rite solaire, mais de le requalifier.
 
Le 6 janvier relève d’un processus tout aussi manifeste.
 
C'est une date de renouvellement tardive et concurrente, issue du monde gréco-oriental et reprise ensuite par le christianisme ancien.
 
Dans l’Antiquité tardive, notamment en Égypte et en Orient méditerranéen, cette date marque une manifestation cosmique et divine associée à la lumière, à l’eau et au recommencement du temps.
 
Le christianisme oriental en fait très tôt la grande fête de l’Épiphanie (manifestation du divin), englobant naissance et baptême du Christ, avant même l’institution de Noël. Lorsque Rome fixe la Nativité au 25 décembre (en concurrence avec le Sol), le 6 janvier est conservé comme fête secondaire mais demeure, dans de nombreuses régions de l’Empire puis de l’Europe médiévale, un début d’année symbolique, parfois qualifié de Hochneujahr, correspondant aussi à la clôture des douze nuits.
 

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Il s’agit donc d’un Nouvel An saisonnier et cosmique, non administratif, distinct du 1er janvier romain dédié à Janus, et sans fondement biblique direct.
 
Or cette période est, dans les calendriers nord-alpins et germaniques, un temps hors du temps, hérité d’un calendrier lunisolaire. Ces douze nuits correspondent à l’intervalle instable entre l’ancienne année et la nouvelle : l’ordre cosmique y est suspendu, l’avenir encore incertain, le monde non totalement "recalé".
 
La nouvelle année ne commence pas véritablement au solstice ; elle commence lorsque la lumière a repris suffisamment de force pour garantir la continuité du cycle. Placer l’Épiphanie à ce moment revient à dire que le sens se manifeste lorsque l’ordre du monde redevient lisible.
 
Le terme même d’epiphaneia (manifestation, apparition) correspond parfaitement à cette fonction.
 
Nous sommes face à une superposition fonctionnelle, non à une invention arbitraire.
 
Le récit des mages s’insère alors sans difficulté dans ce cadre.
 
Ces figures renvoient clairement à un arrière-plan oriental ancien : sages, astrologues, interprètes des signes célestes, tels qu’on en trouve dans les traditions assyriennes, babyloniennes ou iraniennes. Dans ces cultures, la naissance ou l’avènement d’un roi est presque toujours accompagné de signes cosmiques lus par des spécialistes.
 
Le christianisme ne crée pas ce langage ; il l’emploie pour exprimer la portée universelle de l’événement.
 
Le fait que les mages deviennent trois est une construction tardive.
 
Le texte ne le dit pas.
 
Le nombre s’impose parce que les dons sont trois : or, encens et myrrhe.
 
Or ce triptyque n’est pas arbitraire.
 
Il couvre l’ensemble du monde :
* l’ordre matériel et social (l’or),
* la relation à l’invisible et au sacré (l’encens),
* la mort, la conservation et la renaissance (la myrrhe).
 
À travers ces dons, ce n’est pas seulement la personne du Christ qui est qualifiée, mais le monde tout entier qui est symboliquement reconnu et ordonné.
 
C’est ici que la résonance avec la tripartition indo-européenne apparaît avec le plus de netteté.
 
Cette structure organise à la fois la société, le panthéon et le cycle de la vie.
 
Dans le monde germanique, elle s’incarne de manière très claire dans la triade Freyr / Thor / Odin.
 
Freyr préside à la renaissance de la vie : il ouvre la terre apparemment morte, trace le sillon, engage la promesse du futur.
 
Thor assure la tenue du monde vivant : pluie, orage, soleil, régularité des éléments, grâce auxquels le grain germe et mûrit.
 
Odin gouverne le temps hivernal, non comme une destruction, mais comme une mise en réserve : le grain récolté contient déjà la vie future, mais doit traverser l’ombre et la latence.
 
Ce schéma correspond exactement au cycle agricole annuel : semailles, croissance, attente hivernale.
 
Il correspond aussi aux trois saisons fonctionnelles et aux trois âges de la vie.
 
Dans un tel contexte mental, voir apparaître trois mages, trois dons, puis une Trinité chrétienne stabilisée en Occident ne provoque aucune rupture.
 
Il ne s’agit pas d’un emprunt conscient, mais d’une compatibilité structurelle profonde.
 

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La galette de l’Épiphanie en fournit une autre image concrète.
 
Elle est totalement étrangère au texte biblique, mais demeure centrale dans la pratique.
 
Sa forme circulaire, dorée, son partage rituel, la fève dissimulée, l’élection d’un roi par le sort relèvent d’une symbolique solaire et calendaire très ancienne.
 
L’élection par la fève n’est pas un simple jeu : elle prolonge l’idée d’un choix rituel du détenteur symbolique de l’ordre pour l’année nouvelle, attestée bien avant le christianisme.
 
Le christianisme n’explique pas la galette ; il la tolère et l’absorbe, parce qu’elle ne contredit pas le récit appliqué.
 
Le rite demeure, l’interprétation change.
 
Le roi de la galette n’est plus un souverain cosmique ; il devient une figure ludique, mais la structure symbolique subsiste.
 

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Le rite des Sternsinger consiste en une tournée rituelle de maison en maison effectuée par des enfants déguisés en trois rois, qui chantent à l’entrée des foyers, recueillent une offrande et tracent à la craie sur le linteau le signe C + M + B accompagné de l’année nouvelle.
 
Cette inscription, dont l’interprétation demeure discutée (initiales de Caspar, Melchior, Balthazar ou acrostiche tardif de Christus Mansionem Benedicat, c'est-à-dire Christ bénisse cette demeure) fonctionne avant tout comme un marquage apotropaïque destiné à protéger la maison après la période instable des Douze Nuits.
 
La quête repose sur un échange rituel ancien classique (chant et bénédiction contre don matériel).
 
Le choix d’enfants comme acteurs est déterminant : par leur statut, encore non engagés dans les serments, la violence ou les responsabilités sociales, ils peuvent franchir les portes sans danger et refermer symboliquement l’espace domestique pour l’année à venir.
 
Le rite agit ainsi par la combinaison du parcours, du chant, du don et du signe tracé, indépendamment d’une interprétation théologique, et relève d’une logique de protection et de réintégration du foyer dans l’ordre restauré du temps.
 
Au total, le mécanisme est clair : le moment du monde précède le récit.
 
Lorsque le christianisme s’impose, il cherche des points d’ancrage.
 
Dès lors qu’un parallèle symbolique existe, le récit chrétien est appliqué par convenance. Ce n’est ni arbitraire ni cynique : c’est la condition même de la transmission dans le temps long.
 
L’Épiphanie apparaît ainsi comme un syncrétisme pleinement fonctionnel : récit chrétien minimal, héritages orientaux anciens, rites romains de nouvelle année, calendrier lunisolaire germanique, Douze Nuits, renaissance de la lumière, tripartition indo-européenne et cycle agricole annuel.

19:04 Publié dans Traditions | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : épiphanie, galette des rois, traditions, rois mages | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

samedi, 06 janvier 2018

Tradition du jour des Rois et galette de l'Epiphanie

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Tradition du jour des Rois et galette de l'Epiphanie

Si nos lointains aïeux mangeaient lors de l’Épiphanie une simple « galette de ménage », la galette feuilletée telle que nous la connaissons aujourd’hui nous viendrait des croisades, la confection de cette friandise étant un temps source de discorde entre pâtissiers et boulangers, et la fève étant d’abord souvent un haricot.

Les chercheurs de traditions ont tenté de fixer de mille façons savantes l’origine de cette fête de famille et de la coutume du Roi boit. Voici ce qu’un auteur du XVIIIe siècle avançait comme explication, s’élevant avec une plaisante indignation contre l’habitude qu’on a de se réunir à cette époque pour festoyer en commun :

« Il s’est glissé, dit-il, dans toutes nos provinces, une très méchante et détestable coutume, qu’en la veille des Rois on fait des assemblées, où sont invités pêle-mêle hommes, femmes, ecclésiastiques ou laïques pour souper tous ensemble.

« On préparer un festin magnifique et on tire au sort un Roi et une Reine ; et les offices de leur cour sont aussi distribués de la même façon à tous les conviés. Après quoi, le Roi et la Reine, ayant pris le haut bout, chaque fois qu’ils boivent, tous les assistants crient à gorge déployée : Le Roi boit ! La Reine boit ! »

Et ici se place l’originale explication de notre auteur : « Les libertins, ajoute-t-il, ont accoutumé d’apporter, pour raison de cette bouffonnerie, que les Mages, entrant dans l’étable, aperçurent le divin Enfant qui prenait pour lors la mamelle et qu’ils se mirent à crier : le Roi boit !... »

Il est fort improbable que ce soit là réellement l’origine de la fête des Rois. Mais, ce qui est certain, c’est que cette fête est très ancienne, et que la galette de l’Épiphanie est un mets des plus vénérables. On la mangeait déjà au temps de Hugues Capet. Il est vrai que cette galette n’avait rien de commun avec celle d’aujourd’hui. C’était une pâtisserie lourde et compacte.

Quant à la galette feuilletée, elle daterait des croisades, et nous en devons, paraît-il, la recette aux Turcs. Constantinople compte d’innombrables marchands de galettes, et cette galette est toute pareille à celle qui se vend dans nos boutiques. De temps immémorial, en Turquie et en Perse, on mange le « bourreck », qui n’est autre chose que la galette. On le mange seul, entre les repas, en guise de pain. Les chevaliers de France, prisonniers chez l’infidèle, durent trouver le « bourreck » à leur goût et en rapporter la recette à leurs dames ; à moins que la galette n’ait été introduite à Paris plus tard par les coqs ou cuiseniers turcs, qui y pullulèrent sous les règnes de Louis XIII et Louis XIV.

Quoi qu’il en soit de ces deux opinions, un fait subsiste indéniable : la galette feuilletée nous vient d’Orient. Mais, avant de connaître cette friandise, nos pères mangeaient d’une autre galette, celle dont la recette s’est perpétuée sous le nom de « galette de ménage » ou « galette de plomb ». Si haut qu’on puisse remonter dans l’histoire de la bombance, il n’y eut pas de festin d’Épiphanie sans galette.

Au Moyen Age, les souverains, aussi bien que le populaire, ne manquaient pas de se réjouir à l’occasion de l’Épiphanie. Chez les ducs de Bourgogne se déroulaient des fêtes somptueuses où les pauvres et le menu peuple avaient leur large part. En Frane, les corporations tiraient au sort de la fève un roi qui, toute l’année, gardait cette dignité. Les clercs de la basoche, du Parlement et de la Chambre des comptes allaient en cortège porter des gâteaux aux conseillers et dignitaires, et la fête, dépassant le cadre de famille, s’épanchait à travers les rues de la grande ville.

À l’époque de François Ier, on regardait comme une heureuse chance d’être roi de la fève et, suivant Montluc, il était d’usage de s’aborder, au début de l’année, par ces mots : « Je suis aussi ravi de vous avoir rencontré que si j’étais roi de la fève. » Henri IV fut un fidèle observateur de la fête des Rois. Loiuis XIV, qui fut le plus gros mangeur de son royaume, ne manqua jamais de la célébrer brillamment et bruyamment. Il conviait ce soir-là tous ses courtisans à sa table.

On mangeait force victuailles, et, lorsque au dessert apparaissait la galette, le roi donnait le signal du vacarme. Dangeau nous a rapporté le souvenir de ces soirs de fête des Rois où le souverain — que l’histoire nous présente trop volontiers comme un personnage rogue et figé dans sa dignité — frappait et faisait frapper chacun de sa fourchette ou de son couteau contre son assiette et menait le charivari « comme dans un franc cabaret ».

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Au début du XVIIIe siècle, il y eut un grave conflit entre deux corporations parisiennes, à propos de la galette. Jusqu’alors, la fabrication du gâteau des Rois avait été l’apanage des pâtissiers-oublieurs, fabricants de pain d’épice. Mais voilà qu’en 1714, les boulangers, qu’on nommait alors talmisiers ou talemeliers, s’avisèrent de faire des galettes et de les envoyer en cadeaux à leurs clients.

Les pâtissiers virent dans ce fait une atteinte à leurs privilèges et réclamèrent, au nom de leurs droits, contre ce qu’ils regardaient comme un empiètement. La boulangerie refusa de céder ; la pâtisserie s’entêta. Si bien qu’il fallut en appeler au Parlement. Celui-ci mit gravement la main à la pâte et rendit deux arrêts par lesquels il était fait aux boulangers défense absolue « de fabriquer et donner à l’avenir aucune espèce de pâtisserie, d’employer du beurre et des œufs dans la pâte et même de dorer leur pain avec de l’œuf. » Les pâtissiers triomphaient. Jusqu’à la Révolution, ils eurent seuls le droit de fournir Paris de galette des Rois.

Les auteurs de Mémoires du XVIIIe siècle nous ont gardé de savoureuses descriptions des fêtes des Rois à cette époque. Comment ne pas rappeler, par exemple, l’anecdote relative au dîner des Rois organisé à l’intention du cardinal de Fleury par son valet de chambre Barjac, lequel avait eu l’habileté de réunir autour de la table du cardinal onze convives, tous plus âgés que lui, bien qu’il eût alors quatre-vingt-douze ans, de sorte que ce fut au vieux ministre qu’échut l’honneur de tirer le gâteau comme étant le plus jeune ?

On conte encore, bien que ceci est soit légende, qu’en 1774 les trois petits-fils de Louis XV ayant tiré les Rois, la fève se trouva brisée en trois morceaux. Chacun d’eaux, par hasard, eut le sien. Les faiseurs de pronostics en conclurent que les trois frères, alors âgés de vingt, dix-neuf et dix-sept ans, se succéderaient sur le trône. Et, en effet, l’aîné, Louis XVI, fut roi la même année, et les deux autres régnèrent plus tard sous les noms de Louis XVIII et de Charles X.

Sous l’ancienne monarchie, il y eut cependant une année, une seule, où le gâteau des Rois fut officiellement supprimé. C’était en 1711 : la France, ruinée, envahie, affamée, était à deux doigts de sa perte : le blé était rare. Aussi le Parlement, en raison de la famine, prit-il un arrêt défendant d’employer la farine à faire de la galette des Rois. Mais, l’année suivante, Villars triomphait à Denain : la royauté était sauvée et la galette des Rois renaissait avec l’abondance et la paix.

La Révolution, impitoyable pour les réjouissances coutumières du régime déchu, essaya d’abolir la fête des Rois. Mais l’habitude en était si bien enracinée qu’elle ne put y parvenir. En vain Manuel, en 1792, réclama-t-il l’interdiction de cette « réjouissance anticivique et contre-révolutionnaire » : la Convention se contenta de passer à l’ordre du jour. Tout au plus décida-t-elle que le gâteau des Rois s’appellerait désormais « gâteau de l’Égalité », et que, dans le calendrier nouveau, l’Épiphanie deviendrait la « Fête du bon voisinage ». Mais ces changements furent vains : la fête et le gâteau continuèrent de s’appeler comme auparavant, et, en pleine Terreur, il se trouva des pâtissiers pour vendre, et des clients pour acheter des « gâteaux des Rois ».

Ainsi la tradition de la galette est venue jusqu’à nous, et l’éphémère royauté de la fève, plus forte que les souverainetés de droit divin, a bravé les bouleversements politiques et les révolutions.

L’Épiphanie était encore au XXe siècle l’occasion d’une réjouissance intime et familiale ; et il n’était pas une seule région de France où elle ne fû célébrée. En certaines contrées, on avait gardé la belle tradition charitable du temps passé, et, dans les familles aisées, le premier morceau du gâteau, le plus gros, était réservé pour les pauvres, qui attendaient à la porte en chantant :

Honneur à la compagnie
De cette maison !
Nous souhaitons année jolie
Et biens en saison.
Nous sommes d’un pays étrange
Venus en ce lieu
Pour demander à qui mange
La part du bon Dieu.

Naguère, on ne mettait dans les gâteaux, pour désigner le roi, qu’une fève ou un haricot ; mais, comme il se trouvait des convives peu scrupuleux qui les avalaient pour se soustraire aux devoirs quelquefois coûteux de leur éphémère royauté, on remplaça plus tard ces simples végétaux par un bébé de porcelaine d’une digestion infiniment moins facile.

Paris a toujours adoré la galette. Au commencement du XIXe siècle florissait l’établissement de la Mère Marie, situé non loin de la barrière de Fontainebleau. La vogue de ses galettes était telle que l’on y épuisait jusqu’à vingt sacs de farine par jour.

Une autre gloire de la galette parisienne était le Père Coupe-Toujours, le marchand de galette du Gymnase. On contait, avant la Première Guerre mondiale qu’en moins de vingt ans la maison avait passé en plusieurs mains et que tous ces « Pères Coupe-Toujours » s’étaient retirés après fortune faite en de belles villas à Saint-Cloud ou à Ville-d’Avray. La maison, en effet, atteignait un chiffre d’affaires dont on aura une idée quand on saura que trois mille kilos de papier suffisaient à peine, chaque année, pour envelopper les morceaux de galette distribués aux consommateurs.

09:31 Publié dans Traditions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tradition, galette des rois, épiphanie, janvier | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook