jeudi, 24 septembre 2026
«Le nouvel ordre mondial est déjà là»: les prévisions de Jiang Xueqin

«Le nouvel ordre mondial est déjà là»: les prévisions de Jiang Xueqin
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena
L’analyste chinois Jiang Xueqin, parfois surnommé le « Nostradamus chinois » sur les réseaux sociaux, défend la thèse selon laquelle les bouleversements géopolitiques actuels ne seraient nullement l’expression d’un chaos incontrôlé. Il y voit plutôt les éléments d’une réorganisation fondamentale du système international, dont les processus décisifs seraient déjà à l’œuvre.
La Chine occupe une place centrale dans son analyse. Avec l’initiative «Belt and Road» – les Nouvelles Routes de la soie –, Pékin chercherait à édifier un contrepoids économique et infrastructurel au système commercial mondial jusqu’ici dominé par les États-Unis. Selon Jiang, cette initiative pourrait, conjointement avec la Russie et l’Iran, donner naissance à un vaste bloc de puissance économique, militaire et diplomatique.
Une telle alliance eurasiatique faciliterait l’accès de la Chine et de ses partenaires à l’Europe, au Moyen-Orient, à l’Afrique et à la région Asie-Pacifique. Les États-Unis courraient dès lors le risque stratégique de voir le centre économique et politique du monde se déplacer progressivement vers l’Eurasie, tandis que Washington se retrouverait davantage cantonné à l’hémisphère occidental.
C’est également dans ce contexte que Jiang interprète la politique américaine à l’égard de l’Iran. Il y voit une tentative de Washington de réorienter davantage les flux énergétiques mondiaux vers l’hémisphère occidental, notamment en y intégrant les réserves pétrolières du Venezuela. Une telle réorganisation de l’approvisionnement énergétique pourrait toutefois provoquer de graves perturbations dans l’économie mondiale.
Selon son raisonnement, le Japon serait particulièrement vulnérable en raison de sa forte dépendance aux importations énergétiques en provenance du Moyen-Orient. Des perturbations des chaînes d’approvisionnement pourraient exercer une pression sur l’économie japonaise et sur le yen. Si le Japon devait alors vendre d’importantes quantités de bons du Trésor américain, cela pourrait à son tour accroître les coûts de financement des États-Unis.
Jiang relie à cette hypothèse sa prévision suivante: une possible crise de la dette publique américaine. Si les investisseurs étrangers achetaient moins de bons du Trésor américain, Washington devrait offrir des rendements plus élevés. Avec une dette publique avoisinant les 40.000 milliards de dollars, même des hausses modérées des taux d’intérêt pourraient considérablement alourdir les coûts annuels de financement. À long terme, Jiang y voit l’un des principaux risques structurels pesant sur l’ordre économique américain.
Parallèlement, il observe un rapprochement stratégique croissant entre Israël et l’Inde. Sa thèse plus poussée, selon laquelle Israël pourrait utiliser de manière ciblée l’immigration en provenance d’Inde comme instrument démographique — y compris à l’égard d’autres États de la région —, demeure toutefois hautement spéculative et nécessite une vérification indépendante.

D’une manière générale, Jiang interprète la migration avant tout sous un angle économique. Selon lui, les mouvements migratoires des pays pauvres vers les pays plus prospères seraient également l’expression d’un modèle économique mondialisé reposant sur une offre aussi abondante que possible de main-d’œuvre bon marché. Les entreprises et les investisseurs profiteraient ainsi d’un afflux continu de migrants disposés à travailler dans des sociétés occidentales vieillissantes.

Son diagnostic sociopolitique est encore plus fondamental. Jiang établit un parallèle avec la célèbre expérience «Universe 25» de l’éthologue américain John B. Calhoun. Au cours de cette expérience, un environnement caractérisé par une nourriture abondante et l’absence de pression extérieure a entraîné, à long terme, de graves troubles du comportement social chez les souris, puis l’effondrement de la population. Jiang transpose ce modèle aux sociétés occidentales prospères et soutient que l’abondance matérielle, lorsqu’elle s’accompagne de la disparition d’objectifs communs et de liens sociaux, pourrait favoriser à long terme une dégénérescence de la société.
Il prévoit également d’importants problèmes d’approvisionnement en Afrique, en Inde et dans certaines régions d’Asie. L’interruption d’importantes voies commerciales et de transport — notamment en raison de perturbations dans le détroit d’Ormuz ou à Bab el-Mandeb — pourrait entraver l’acheminement de l’énergie, des denrées alimentaires et des engrais. Combinées à la pénurie d’eau, ces perturbations pourraient provoquer de nouveaux mouvements migratoires vers le nord.
Ses prévisions pour la seconde moitié de la décennie sont encore plus alarmantes. Pour les années 2027 et 2028, Jiang estime possibles des pannes de courant à grande échelle dans les métropoles américaines. Selon lui, un effondrement prolongé de l’approvisionnement en électricité pourrait rapidement compromettre également l’approvisionnement en eau et en denrées alimentaires, et provoquer des troubles sociaux.
Le déclin démographique le préoccupe également. Jiang juge envisageable que certains États, confrontés à une chute spectaculaire des taux de natalité, adoptent à l’avenir des mesures natalistes beaucoup plus fortes — pouvant aller jusqu’à des interventions étatiques aujourd’hui considérées comme difficilement imaginables.

Il voit un autre risque dans l’essor actuel de l’intelligence artificielle. Les valorisations élevées de nombreuses entreprises, les participations croisées ainsi que les coûts considérables liés à la construction, à l’alimentation énergétique et à l’exploitation des centres de données pourraient, selon lui, avoir créé une bulle spéculative. Si, parallèlement, les flux de capitaux provenant des riches États du Moyen-Orient venaient à diminuer, cela pourrait provoquer une importante correction des marchés.
Enfin, l’intérêt que porte Jiang aux récits relatifs aux ovnis et aux extraterrestres nous conduit clairement sur le terrain des scénarios spéculatifs. Il affirme que certaines composantes des élites mondiales pourraient un jour utiliser la mise en scène d’une menace extraterrestre pour légitimer de profonds changements économiques et sociaux. Il associe cette idée au conflit générationnel opposant les baby-boomers fortunés aux jeunes générations, auxquelles il devient de plus en plus difficile de se constituer un patrimoine comparable. Il n’apporte toutefois aucune preuve solide à l’appui de cette thèse.
Son affirmation selon laquelle les alunissages américains auraient été mis en scène est tout aussi problématique. Jiang soutient que de véritables avancées technologiques devraient nécessairement entraîner de profonds changements dans la vie quotidienne. Ne constatant pas de telles conséquences des missions Apollo, il met en doute leur authenticité. Cette conclusion contredit toutefois l’abondante documentation historique et scientifique attestant la réalité des alunissages.
Indépendamment de la solidité de chacune de ses prévisions, une idée directrice claire traverse l’argumentation de Jiang: l’affrontement décisif du XXIe siècle ne se joue pas seulement entre différents États, mais entre des systèmes économiques, commerciaux, énergétiques et financiers concurrents.
De son point de vue, nous ne vivons donc pas simplement une série de crises indépendantes les unes des autres. Nous assistons à la tentative de différents centres de pouvoir de redéfinir les règles du futur ordre mondial.
#géopolitique@global_affairs_byelena
19:09 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, prévisions, jiang xueqin |
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samedi, 27 décembre 2025
Les six raisons pour lesquelles l’Occident périra selon Jiang Xueqin

Les six raisons pour lesquelles l’Occident périra selon Jiang Xueqin
de Riccardo Paccosi
Source : Riccardo Paccosi & https://www.ariannaeditrice.it/articoli/i-sei-motivi-per-...
Puisque ce fut Noël tout récemment, que Noël est une tradition, et que la tradition est quelque chose que la culture néolibérale dominante en Italie et en Europe considère comme “de droite”, essayons de faire un post de Noël qui fasse le point sur ce type de problèmes.
Dans une vidéo très intéressante, dont les réflexions émises dans l’espace des commentaires – et en vérité peu rassurante concernant les scénarios de guerre futurs – l’analyste géopolitique chinois Jiang Xueqin (photo) énumère les raisons pour lesquelles le système occidental est arrivé à la fin de sa propre existence.
La réflexion, bien sûr, reprend la thèse d’Oswald Spengler selon laquelle chaque civilisation est soumise à un cycle de naissance, de maturation et de mort. De plus, certaines des critiques énumérées coïncident avec celles exposées par Emmanuel Todd dans son récent essai La Défaite de l’Occident.
Je pense qu’il vaut la peine de mettre en lumière la liste établie par le chercheur chinois en précisant cependant que la division aujourd’hui se fait entre ceux qui considèrent les phénomènes historiques/antropologiques rapportés ci-dessous comme des problèmes, et ceux qui, au contraire, leur donnent une lecture positive ou nient leur existence.
Je pense également que ceux qui considèrent leur position sur ces questions selon le schéma droite-gauche ne font qu’exprimer une fausse conscience et une mystification rhétorique.
Ces phénomènes, au contraire, ont détruit la raison d’être des catégories de droite et de gauche lorsque le concept de progrès apparaît aujourd’hui déconnecté de celui de justice sociale, alors que le concept de justice sociale exprime une exigence de conservation dès qu’il est évoqué.
Revenant à Jiang Xueqin, il affirme que “ce qui se passe en Occident, ce n’est pas un déclin dont on pourrait peut-être se relever dans quelques décennies, mais une phase terminale, un lit de mort”.
Il énumère ensuite les raisons de cette conviction :
1. L’hyperurbanisation, c’est-à-dire le pourcentage croissant de la population qui s’entasse dans des mégapoles finissant par avoir, par rapport au reste de la nation environnante, une fonction parasitaire (c'est là un problème réel – je tiens à le noter – mais qui ne concerne pas uniquement l’Occident.)
2. La répulsion pour la famille et la procréation, en partie générée par le sentiment de précarité et en partie par l’exaltation philosophique de l’individu seul et privé de tout lien. Or, si le rejet de la famille implique la dissolution des fondements de la cohésion sociale, le refus de la procréation constitue tout simplement une condamnation à mort par effondrement démographique.
3. L’inégalité sociale, qui fait qu’au-delà de la part toujours plus élevée de la classe moyenne entraînée dans la pauvreté, il existe un 0,1% de riches capables de contrôler toutes les ressources et tous les actifs stratégiques.
4. Le fait que, pour faire la guerre, l’Occident doit – à l’instar de l’Empire romain à son stade terminal – recourir à des barbares et des mercenaires (les djihadistes en Libye et en Syrie, les Ukrainiens face aux Russes, etc.).

5. La décadence générale exprimée par des phénomènes comme OnlyFans, où plus de 10% des jeunes femmes vendent leur nudité, et où, en même temps, la culture libérale-progressiste qualifie cet acte d’émancipation (note personnelle: ce point est lié au point 2, car OnlyFans est un phénomène de clôture de la sexualité dans le marché, avec une désexualisation parallèle de la culture mainstream, ainsi qu’un effondrement statistiquement constaté de l’activité sexuelle chez les jeunes.)
6. Enfin, le problème de l’immigration sans limite. Aujourd’hui, ce phénomène explose dans les métropoles occidentales non pas tant pour des raisons liées aux graves problèmes du travail, mais surtout en raison d’une question anthropologique que, bien qu’évidente, l’idéologie dominante a réussi à dissimuler pendant trente ans: une société où ses différentes composantes ne partagent ni langue, ni coutumes, ni surtout mémoire historique, est simplement une non-société, un amas informe où des segments sociaux totalement étrangers les uns aux autres cohabitent de force.
Pour donner un cadre philosophique à tous ces phénomènes, il y aurait la vision qui est à la racine de la pensée libérale, selon laquelle on peut se passer du passé ou même le supprimer.
Mais cela fera l’objet d’une autre contribution.
18:02 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jiang xueqin, occident, décadence, déclin, déclin occidental |
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