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dimanche, 25 avril 2021

Le Nounours géant de Marseille, oeuvre d'art ou "logo" idéologique?

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Le Nounours géant de Marseille, oeuvre d'art ou "logo" idéologique?

par Frédéric Andreu-Véricel

Un ourson géant pour rassurer les gens en cette période incertaine, voici le motif officielle d’une œuvre exposée depuis quelques jours en plein milieu de l’esplanade piétonne de Marseille. Un projet drapé des intentions les plus louables mais qui contient aussi, comme tout ce qui est porté par l’art, plusieurs niveaux d’interprétations. D’ailleurs - insiste l’artiste - l’ours est conçu comme un Janus «biface», une face tournée vers le passé incertain et l’autre vers le futur souriant et libérateur. (L’idéologie du progressisme faite œuvre, serions-nous tenté d’ajouter...).

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Au-delà des motivations (feintes ou non) à l’origine, bref la mythographie explicative, elle capte aussi « l’air du temps » en cela qu’elle manifeste le non-manifesté (voire le non-dit?) d’une époque et d’un lieu. Les anthropologues diraient que se juxtaposent dans l’œuvre le discours «etic» (construit à partir d’un point de vue) et le discours « emic ». Le lieu choisi n’est pas non plus anodin : Marseille, ville où le virus n’est pas plus létal qu’ailleurs, est la ville du controversé professeur Raoult.

L’œuvre exprimerait donc deux « niveaux de fréquence », celle de l’artiste et celle de la société façonnée par une époque particulière dont elle serait une sorte d’ « image reflet ».

Le site internet de l’artiste regorge de photos et d’anecdotes sur l’œuvre: « J’étais accro aux ours en chocolat Haribo et je le reste» mais à côté de ces révélations d‘une importance vitale, l’œuvre exprime autre chose, les lignes de forces psychiques de l’époque libérale que nous traversons; j’aime à ce propos le mot du sculpteur Maxime Descombin: «l’œuvre est centrale d’énergie psychique».       

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Pour capter cette image-reflet, il arrive (parfois) que la première impression soit la bonne. Regardez l’œuvre et demandez-vous ce qu’elle dérange immédiatement en vous. Pour moi, l’aspect de cet ours exprime la logique libéral du « logo », de la marque à l’air de la reproductibilité sérielle, soit le contraire de ce qu’elle prétend être : les systèmes n’ont rien de rassurant, ils sont au contraire mécaniques et s’imposent à tous et en tous lieu. Vous trouverez le même ours dans plusieurs grandes villes du monde. Mais l’artiste joue très habilement sur les signifiants : la peluche môle mâchonnée par l’enfant se transforme ici en sculpture géante de béton mais conserve les mêmes traits formels du nounours : une grosse tête ronde avec des petits yeux, les traits enfantins et les bras grands ouverts. La couleur orange criarde est celle, dit-il, du soleil, pourquoi pas ? mais c’est aussi la couleur de synthèse de la chaîne de restauration rapide Mac Donald ou celle de la firme de téléphonie éponyme. A noter également que le nom de l’œuvre «ours jayet» est le nom de l’artiste, écrit sans majuscule, et dont le prénom est inconnu...

Bref, une entreprise de com., au demeurant très réussie, qui joue sur les signifiants captatifs de l’enfance selon des procédés éprouvés de la publicité. Devant cette statue, on se retrouve tous fils putatifs de Edward Bernays, neveu de Sigmund Freud. A l’endroit de l’ours jayet, je préfère parler de slogan habillé en art plutôt que d’art habillé en slogan.

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Pourquoi ? Parce qu’il ne suffit tout simplement pas à un objet exposé dans l’espace public, désigné comme une œuvre d’art, pour en être. L’art est une sécrétion subtile captée par une société et non pas un produit marketing reproductible. L’art parle d’abord - et mystérieusement - à l’âme, à l’affect ensuite, à la raison enfin et éventuellement.

Il y a une différence entre une œuvre d’art et un slogan, comme il y a une différence entre le miel secrété par les abeilles et un carré de sucre issu de l’industrie sucrière. De même, il y les sucres lents contenus dans les légumes et les fruits et les sucres rapides contenus dans les sodas.

A y voir de plus près, cette œuvre biface qui nous promet des lendemains meilleurs, a aussi un côté effrayant, voire obscure. Même si le nounours est le symbole du monde de l’enfance, il est l’ « objet transitionnel » du rapport à la mère selon l’interprétation connue de Winnicott - ici objet transitionnel au grand marché ouvert ? mais l’ours est aussi l’animal de la force brutale. En cela, il reflète parfaitement l’ère du macronisme intégral : à la fois l’immaturité politique et la force répressive contre les Gilets Jaunes et autres «français réfractaires». 

Bref, si l’ours jayet exprime quelque chose, c’est peut être aussi l’astralité du libéralisme régnant de notre époque : Nous maintenir dans l’infantilisme d’un côté et nous matraquer de l’autre. Voici, pour moi, les deux faces cachées de ce gentil ourson marseillais.

Frédéric Andreu

fredericandreu@yahoo.fr

13:25 Publié dans Actualité, art | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ours jayet, arts plastiques, marseille | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

samedi, 28 juin 2014

Conférence à Marseille

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dimanche, 09 juin 2013

19 juin: conférence à Marseille

00:01 Publié dans Evénement, Musique, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rap, musique, événement, conférence, marseille | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

samedi, 06 octobre 2012

Pierre Vial: Douce France!

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DOUCE FRANCE !

Pierre Vial

A Marseille, dans le XVe arrondissement (les « quartiers Nord », où règne la loi des Kalashnikov), des « habitants » ont chassé sans ménagement des Roms qui s’étaient installés au pied de leurs immeubles, avant de mettre le feu à leur campement. Ils ont agi ainsi, disent-ils, parce que les vols et l’insalubrité étaient devenus insupportables, tandis qu’autorités locales et forces de police faisaient preuve d’une totale inertie, malgré force réclamations. Détail important : les « habitants » en colère sont des Maghrébins, comme tout un chacun a pu le constater sur les écrans de télévision (l’info en direct a du bon). Les ligues de vertu antiracistes sont dans l’embarras (le mot est faible) : on ne peut, malgré les évidences, accuser de racisme des Maghrébins, n’est-ce pas ? Mais on peut difficilement les approuver… Il est donc urgent de ne rien faire.

Le plus important, dans cette affaire, est ce qui est sous-jacent à l’incident. A savoir le message que celui-ci véhicule : quand les Gaulois sont incapables, par veulerie et ethnomasochisme, de faire régner l’ordre, les Maghrébins, eux, sont capables de le faire. Conclusion : braves gens, si vous voulez vivre dans la tranquillité, faites confiance à l’islam. Avec lui – et bien sûr si vous acceptez de vous soumettre à lui – vous n’aurez plus de problème, la charia sera un garant de paix.

Echirolles, à côté de Grenoble : deux jeunes hommes, l’un Noir l’autre Maghrébin, ont été poignardés à mort par une quinzaine d’autres « jeunes », venus d’un quartier voisin. Règlement de compte dont le procureur de la République dit ne pas arriver à comprendre la raison, puisqu’au départ il y a eu simplement « un mauvais regard » jeté par un adolescent à un autre. Cet abruti ne voit pas – ou refuse de voir, au nom du politiquement correct – qu’il s’agit là, simplement, d’un nouvel épisode illustrant ce que nous disons depuis longtemps : une société multiraciale est une société multiraciste, au sein de laquelle des bandes de quartiers s’affrontent pour des questions de domination territoriale et de contrôle des trafics en tous genres qui brassent beaucoup, beaucoup d’argent. Les media se sont dépêchés, dès que l’info du double assassinat est tombée, de répéter en boucle que les deux victimes étaient des gens au-dessus de tout soupçon, sans aucune implication dans des affaires louches. Peut-être… Mais attendons la suite de l’enquête (si ses conclusions ne sont pas discrètement étouffées).

mercredi, 06 octobre 2010

Les Hellènes en Mer du Nord

Les Hellènes en Mer du Nord

 

Germ350_B23757-9_U1D.gifAprès bien des tâtonnements, confinant à l’archéologie-fiction, l’itinéraire de l’expédition grecque de Pythéas en Mer du Nord, autour des Iles Britanniques et le long des côtes norvégiennes vient d’être reconstitué par une équipe de chercheurs de la « Technische Universität Berlin ». La tradition des hellénistes rapporte, en effet, que Pythéas a quitté Massalia (Marseille), vers 330 avant J. C., pour cingler vers le nord et atteindre, dit-on, la mystérieuse île de Thulé, que les Anciens considéraient comme l’extrémité septentrionale du monde. C’est ici que les spéculations allaient bon train : cette île de Thulé était-elle l’Islande, la Norvège (prise erronément pour une île), les Shetlands, les Orcades ou les Féroé ?

 

L’équipe des chercheurs berlinois s’est concentrée sur l’étude des longitudes et latitudes et sur tous les éléments issus des textes antiques et signalant une durée de voyage, une distance évaluée par les marins de Massalia. L’équipe pluridisciplinaire, comptant des mathématiciens, des spécialistes de la géodésie et des historiens de l’antiquité, a pu finalement décrypter, grâce à tout un éventail de technologies modernes, ce que fut le trajet accompli par Pythéas et ses compagnons.

 

Le résultat est aussi intéressant que révolutionnaire. Après avoir contourné la péninsule ibérique par cabotage, Pythéas a traversé la Manche de Brest aux Cornouailles, pour poursuivre sa route, toujours par cabotage, le long de la face occidentale de la Grande-Bretagne, jusqu’aux Shetlands. De là, il a pris le risque de s’aventurer en haute mer, poussé par les vents, pour arriver en Norvège dans le Fjord de Trondheim. D’après les sources antiques, ce voyage des Shetlands à Trondheim, la Thulé des Grecs anciens, aurait duré six jours (soit 90 km par journée de trajet). Cette durée paraît réaliste, d’autant plus que cela correspond à la journée quasi boréale que décrit Pythéas : « le soleil, là-bas, ne prend que deux à trois heures de repos ». Tel est effectivement le cas, en été, dans la région de Trondheim.

 

On suppose que Pythéas a entrepris son expédition vers le nord pour le compte des marchands grecs de Massalia, afin de repérer des sites où se procurer de l’étain (Cornouailles) ou de l’ambre (que l’on trouve partout dans la région baltique et le long des côtes danoises de la Mer du Nord), deux matières jugées utiles ou précieuses dans l’antiquité et introuvables dans le bassin méditerranéen.  

 

(source : « Der Spiegel », n°32/2010, p. 109).

 

Les résultats obtenus par l’équipe berlinoise peuvent se lire dans un ouvrage paru auprès d’un prestigieux éditeur scientifique :

 

- A. KLEINEBERG, C. MARX, E. KNOBLOCH, D. LELGEMANN, Germania und die Insel Thule, Wissenschaftliche Buchgesellschaft, Darmstadt, 176 p., 29,90 euro.

 

Notice de l'éditeur

 

Kleineberg, Andreas / Marx, Christian/ Knobloch, Eberhard / Lelgemann, Dieter
Germania und die Insel Thule

Die Entschlüsselung von Ptolemaios’ ›Atlas der Oikumene‹

Forschung
2010. 131 S. mit 4 farb. Vorsatzkt., 8 s/w Kt. u. 10 Tab., Sachverz. u. Index. 17 x 24 cm, Fadenh., geb. mit SU.
Lieferbar
B 23757-9


Langtext
»It is one of the most puzzling riddles of antiquity« galt seit 1952 für den Weltatlas des Klaudios Ptolemaios aus dem zweiten Jh. n. Chr. Doch was ist daran so rätselhaft? Die Schrift des großen Mathematikers und Geographen enthielt mutmaßlich keine Landkarten, wohl aber mehrere Tausend Städtenamen mit Angabe ihrer geographischen Koordinaten, deren heutige Lage bislang nicht entschlüsselt werden konnte. Durch interdisziplinäre Zusammenarbeit zwischen Geodäten und Wissenschaftshistorikern ist es einem Forscherteam der TU Berlin gelungen, die Angaben für ›Germania Magna‹ und der sagenhaften Insel Thule zu decodieren. Das Ergebnis ist nichts weniger als revolutionär, weil sich praktisch Hunderte Verortungen erstmals schlüssig klären lassen. Das Weltbild der Antike muss hierdurch mit völlig neuen Augen betrachtet werden!

Autoreninfo

Christian Marx, geb. 1976, ist wissenschaftlicher Mitarbeiter am Institut für Geodäsie und Geoinformationstechnik der TU Berlin.

Dieter Lelgemann, geb. 1939, ist emeritierter Professor für astronomische und physikalische Geodäsie an der TU Berlin. Er beschäftigt sich u. a. mit der Geschichte der antiken Geodäsie in den hellenistischen und chinesischen Kulturen. Sein 2009 bei der WBG erschienenes Buch ›Die Erfindung der Messkunst‹ fand breite Beachtung in der wissenschaftlichen Fachwelt. Zudem war er an dem 2010 bei der WBG erschienenen Buch ›Germania und die Insel Thule‹ als Autor beteiligt.

Eberhard Knobloch, geb. 1943, ist emeritierter Professor für Geschichte der exakten Wissenschaften und der Technik an der TU Berlin und Projektleiter an der Berlin-Brandenburgischen Akademie der Wissenschaften. Von 2001 bis 2005 war er Präsident des deutschen nationalen Komitees für Wissenschaftsgeschichte. Seit 2006 ist er Präsident der European Society for the History of Sciences.

Andreas Kleineberg, geb. 1970, ist wissenschaftlicher Mitarbeiter am Institut für Geodäsie und Geoinformationstechnik der TU Berlin.