samedi, 21 mars 2026
La guerre est aux portes de l’Europe

La guerre est aux portes de l’Europe
Lorenzo Maria Pacini
Source: https://telegra.ph/La-guerra-%C3%A8-alle-porte-dellEuropa...
Les dirigeants européens étaient prêts à faire la guerre contre la Russie et faisaient tout pour précipiter l'ensemble du continent dans l’abîme. Mais leurs plans ont ensuite été interrompus par la fureur israélienne, et le nouveau conflit au Moyen-Orient a changé la direction du grand plan euroïnomane.


Le conflit contre l’Iran est déjà arrivé en Europe. Le géographe Manlio Dinucci présente les structures militaires américaines et de l’OTAN présentes en Italie. Celles-ci fonctionnent à plein régime pour préparer les raids aériens contre les populations iraniennes. Chaque pays membre de l’OTAN a les mains couvertes de sang, à l’exception de l’Espagne.
Contrairement à ce qu’affirme le gouvernement, les États-Unis ne requièrent ni l’aval du gouvernement, ni celui du Parlement italien pour utiliser leurs installations en Italie, bénéficiant d’une autonomie totale pour les employer à leur guise. En utilisant Sigonella comme quartier général du renseignement dans la lutte contre l’Iran, les États-Unis s’assurent une protection, mais impliquent inévitablement l’Italie dans le conflit, l’exposant au risque d’attaques.


Le ministre de la Défense lui-même, Guido Crosetto, a décrit ainsi le conflit au Moyen-Orient en répondant à la Chambre: «Sans aucun doute, il s’est produit en dehors des normes du droit international. Il s’agit d’un conflit qui a commencé sans que le monde n’en sache rien, et auquel nous devons maintenant faire face. Notre tâche est d’affronter les répercussions d’une crise qui a éclaté et que nous n’avons pas provoquée». La Première ministre Giorgia Meloni, lors d’une émission radio, a reconnu que le conflit présente un «risque d’élargissement aux effets incalculables».
Au sujet des bases américaines en Italie, Giorgia Meloni a affirmé: «Nous respectons les accords bilatéraux de 1954». Et elle a ajouté: «En Italie, nous comptons trois complexes militaires confiés aux États-Unis grâce à des accords signés en 1954, périodiquement renouvelées». Nous demandons donc à la Présidente du Conseil de présenter au Parlement et dans les médias les documents des accords bilatéraux de 1954 entre l’Italie et les États-Unis, ainsi que leurs versions mises à jour. Opération peu aisée: ces accords sont couverts par le secret militaire dans leurs parties essentielles. Concernant l’affirmation de Meloni selon laquelle «en Italie, nous avons trois bases militaires données aux Américains», qu’elle précise ces éléments devant le Parlement et devant les médias.
Selon le rapport officiel du Pentagone, le Base Structure Report, les forces armées américaines disposent en Italie de plus de 1500 bâtiments, pour une surface totale supérieure à 1 million de mètres carrés, auxquels s’ajoutent 800 autres structures en location ou en concession, pour environ 900.000 mètres carrés. Au total, il s’agit de plus de 2300 structures sur environ 2 millions de mètres carrés, réparties dans une cinquantaine de localités. Cela ne représente qu’une fraction de la présence militaire américaine en Italie. À cela s’ajoutent les bases OTAN sous contrôle américain et les bases italiennes réservées aux troupes US/OTAN.

Au total, on estime qu’elles dépassent la centaine. L’ensemble du réseau d’installations militaires en Italie répond, directement ou indirectement, au Pentagone. Il fait partie de la «zone de compétence» du Commandement européen américain, dirigé par un général américain qui est aussi le Commandant suprême allié en Europe. En résumé: les États-Unis n’ont besoin d’aucune autorisation du gouvernement ou du Parlement italien pour cet ensemble d'installations militaires et peuvent l’utiliser librement à tout moment et de toute manière.
Avec la base américaine de Sigonella, l’Italie est impliquée dans le conflit contre l’Iran
C’est ce que prouve l’utilisation de la base de Sigonella en Sicile par les États-Unis. La Naval Air Station (NAS) de Sigonella, qui emploie quelque 7000 militaires et civils, est la principale base navale et aérienne des États-Unis et de l’OTAN en Méditerranée. En plus de soutenir logistiquement la Sixième Flotte américaine, elle sert de plateforme pour des missions secrètes, principalement (mais pas uniquement) au Moyen-Orient et en Afrique. La NAS – comme l’indique la description officielle – «accueille des appareils américains et de l’OTAN de toutes sortes». Parmi eux, des drones de reconnaissance capables de parcourir plus de 16.000 km sans ravitaillement, qui, depuis Sigonella, survolent le Moyen-Orient, l’Afrique, l’est de l’Ukraine, la mer Noire et d’autres régions.
Pour des frappes de précision (toujours secrètes), partent également de là des drones armés de missiles et de bombes guidées par satellite. La NAS Sigonella est intégrée à la base italienne d’Augusta, qui fournit carburant et munitions aux unités US et OTAN, ainsi qu’au port de Catane, capable d’accueillir neuf navires de guerre.

Sigonella est reliée à la station MUOS de Niscemi (Caltanissetta): un réseau de communications satellitaires militaires en bande ultra-haute, avec quatre satellites et quatre terminaux terrestres: deux aux États-Unis (Virginie et Hawaï), un en Australie et un en Sicile, chacun doté de trois antennes paraboliques de 18 mètres.
Ce système permet au Pentagone de relier, dans un seul réseau de commandement, sous-marins et unités navales, avions d’attaque et drones, moyens terrestres et unités d’infanterie, où qu’ils se trouvent sur la planète.

Italmilradar, portail spécialisé dans la surveillance du trafic aérien militaire, indique à partir des données radar: «Récemment, plusieurs drones MQ-4C Triton (photo) de l’US Navy ont été repérés en transit depuis et vers la base aérienne de Sigonella, actifs en Méditerranée orientale et dans des zones proches du golfe Persique. Normalement, les Triton destinés au golfe opèrent depuis des bases des Émirats, en particulier à Abou Dhabi. De là, ils peuvent effectuer des missions ISR (renseignement, surveillance, reconnaissance) sur le détroit d’Ormuz, le golfe d’Oman et le nord de l’océan Indien. L’utilisation depuis Sigonella allonge les distances, mais garantit une plateforme plus protégée et politiquement stable. En gardant les drones en Sicile, l’US Navy minimise les risques pour ses installations ISR.
Sigonella est depuis des années un nœud clé pour le renseignement américain et pour l'OTAN en Méditerranée. Dans la crise actuelle, elle semble jouer un rôle accru, comme base ISR reculée mais efficace, en soutien aux opérations de la Méditerranée orientale au Golfe». Le sens est clair: en utilisant Sigonella comme centre de renseignement pour le conflit contre l’Iran, les États-Unis se protègent, mais exposent l’Italie au conflit avec le risque d'essuyer des représailles.
Et nous y voilà. Avec l’Italie en première ligne, toujours prête à s’assurer la première place, l’Europe s’apprête à commettre une énième erreur historique. Ou pas. Peut-être n’est-ce qu’une anticipation de cet engagement militaire qui verra, à partir de 2027 et depuis la France, le début de la grande guerre continentale eurasiatique.
18:04 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : otan, atlantisme, italie, bases américaines, sicile, europe, affaires européennes, méditerranée, us air force, us navy |
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samedi, 19 décembre 2020
Les États-Unis veulent dominer l'espace

Les États-Unis veulent dominer l'espace
par Manlio Dinucci
Source : Il Manifesto & https://www.ariannaeditrice.it
Le cap Canaveral en Floride, où la NASA a lancé la fusée de la mission Apollo en 1969, est devenu le siège de la force spatiale américaine, en même temps que la base Patrick, également située en Floride.
Lors de la cérémonie inaugurale du 9 décembre, le vice-président Mike Pence a annoncé : « notre force spatiale se renforce chaque jour davantage ».
L'U.S. Space Force est une nouvelle branche des forces armées américaines, créée en décembre 2019. Sa mission est de "protéger les intérêts américains et alliés dans l'espace, acquérir des systèmes spatiaux militaires, former des militaires professionnels de l'espace, développer une doctrine militaire pour la puissance spatiale, et organiser des forces spatiales à la disposition de nos commandants combattants".
La tâche centrale de la nouvelle Force, le président Trump l'a dit explicitement, en annonçant en août 2019 sa création imminente : "Assurer la domination américaine dans l'espace, prochain champ de bataille".

Dans le sillage de la nouvelle force spatiale américaine, l'OTAN a également lancé un programme spatial militaire, préparé par le Pentagone et le leadership militaire européen étroitement lié aux principales industries aérospatiales.
L'importance de l'espace est démontrée par le fait qu'il y a aujourd’hui environ 2.800 satellites artificiels opérationnels en orbite autour de la Terre. Parmi eux, plus de 1.400 sont américains. En deuxième position vient la Chine avec plus de 380 satellites, et en troisième position, la Russie avec un peu plus de 170. La plupart des satellites, plus de 1.000, sont commerciaux. Viennent ensuite ceux destinés à un usage militaire, gouvernemental et civil (ces deux derniers types étant souvent utilisés pour des activités militaires également). En plus de ceux-ci, il y a environ 6.000 satellites qui ne fonctionnent plus et qui continuent à tourner autour de la Terre, ainsi que des millions d'objets et de fragments de différentes tailles.
L'espace est de plus en plus encombré et de plus en plus sujet à contestations. Les géants des télécommunications, les bourses, les grands groupes financiers et commerciaux y exploitent leurs satellites. Le nombre de satellites devrait être multiplié par cinq au cours de cette décennie, principalement grâce à la technologie 5G. Le réseau commercial de la 5G, construit par des sociétés privées, pourra être utilisé à des fins militaires, notamment pour des armes hypersoniques, à un coût bien moindre.
Dans ce contexte, on peut comprendre pourquoi les États-Unis ont formé cette Force spatiale. Voyant leur marge d'avantages économiques et technologiques diminuer, notamment par rapport à la Chine, la puissance américaine joue la carte de la force militaire déployée dans l'espace. L'objectif est clair : dominer l'espace afin de maintenir une supériorité non seulement militaire, mais aussi économique et technologique.
Le résultat de cette stratégie est tout aussi clair. La Russie et la Chine ont proposé à plusieurs reprises aux Nations unies, depuis 2008, un nouveau traité (après celui de 1967) qui interdit le déploiement d'armes dans l'espace, mais les États-Unis ont toujours refusé. La Russie et la Chine se préparent donc à une confrontation militaire dans l'espace, en ayant la capacité de le faire.
La création de la force spatiale américaine déclenche donc une nouvelle phase encore plus dangereuse dans la course aux armements, y compris les armes nucléaires. De l'utilisation des systèmes spatiaux pour l'espionnage, pour les télécommunications militaires, pour le guidage des missiles, des bombes et des drones, nous passons à des systèmes d'armes qui, placés dans l'espace, peuvent aveugler les satellites de l'ennemi avant de les attaquer et de détruire des cibles terrestres, comme des villes entières, directement depuis l'espace.
Tout cela est couvert par le silence des médias. Le monde politique, scientifique, universitaire et culturel n'émet aucune critique ni aucun désaccord.
Dans le même temps, les gouvernements et les industries de guerre augmentent leur financement à accorder aux instituts scientifiques et aux universités pour des recherches qui, souvent déguisées en recherches civiles, servent au développement de systèmes spatiaux militaires.
Des voix font écho à celles de la nouvelle force spatiale américaine, qui expliquent que l'espace est "essentiel pour notre sécurité et notre prospérité dans notre vie quotidienne, même lorsque nous utilisons notre carte de crédit à la station-service".
00:47 Publié dans Actualité, Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, états-unis, us air force, espace, militarisation de l'espace, satellites |
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