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mercredi, 08 septembre 2021

Afghanistan : G-7 ou G-20, tel est le dilemme

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Afghanistan : G-7 ou G-20, tel est le dilemme

Ex: https://piccolenote.ilgiornale.it/52844/afghanistan-g-7-o-g-20-questo-e-il-dilemma

Il y a beaucoup de nouvelles en provenance d'Afghanistan, qui est actuellement au centre du monde. Parmi celles-ci, il convient de noter celles qui sont de première importance, c'est-à-dire celles qui ouvrent des perspectives.

La première concerne les répercussions géopolitiques du retrait : la guerre perdue par les États-Unis semble avoir ouvert de nouvelles possibilités de manœuvre pour éloigner l'Europe de Washington.

G-7 vs G-20

Elargir l'Atlantique était la mission impossible de la communauté européenne, née comme une entité autonome, mais incapable de s'écarter des lignes directrices du dogme atlantiste, d'abord par les consignations de Yalta et ensuite par la superfétation de l'Amérique comme seule puissance mondiale.

Cette mission impossible semble être soudainement devenue possible, du moins aux yeux de certains politiciens européens, après la défaite afghane. C'est ce qu'a déclaré explicitement le ministre britannique de la défense, selon lequel les États-Unis ne sont désormais "plus une puissance mondiale, juste une puissance (parmi d'autres)".

Ainsi, par exemple, l'hypothèse de la création d'une armée européenne a regagné du terrain, comme le souhaitait récemment le président Mattarella, ce qui retirerait les États-Unis de la gestion des forces armées du Vieux Continent par le biais de l'OTAN. Cette hypothèse, cependant, a toujours été reprise et toujours rejetée. Nous verrons bien.

Au-delà des suggestions d'un élargissement de l'Atlantique, l'autre controverse déclenchée par le retrait américain concerne la modalité avec laquelle l'Occident doit aborder le rébus afghan.

Il y a une véritable guerre, sous la surface, entre les deux hypothèses présentes sur le terrain. La première voit l'Occident faire pression pour que le nouveau gouvernement afghan évite d'établir des relations politiques et économiques avec la Chine et la Russie, dans l'hypothèse où le pays pourrait devenir une plaque tournante pour des actions de déstabilisation envers ces deux puissances et envers les pays asiatiques qui leur sont liés.

La seconde consiste à aborder la question afghane de manière coordonnée avec Moscou et Pékin, une démarche qui pourrait offrir de réelles opportunités de détente internationale entre les trois puissances à projection mondiale.

Aujourd'hui, la controverse sur le sujet se concentre sur la possibilité de créer un G-20 sur l'Afghanistan, ou des variantes sur le même sujet (G-7 élargi à Moscou et Pékin, etc.), ou si l'on se limite à un accord entre les seuls pays occidentaux qui inclut, au moins provisoirement, quelques pays asiatiques, en premier lieu l'Inde, le Japon et le Pakistan, mais de manière subordonnée aux diktats occidentaux.

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De ce point de vue, la tentative de Mario Draghi apparaît positive, lui qui - au nom et pour le compte des milieux européens et américains qui poussent dans ce sens - après avoir contacté Moscou, a eu ce matin, 7 septembre 2021, une conversation téléphonique avec Xi Jinping pour relancer l'hypothèse du G-20.

Résistance

Cette guerre secrète, car c'est bien de cela qu'il s'agit, se mêle à celle qui oppose ouvertement les talibans à la résistance du Panjshir, où le fils du mythique Ahmed Masoud, qui avait à l'époque stoppé l'avancée des talibans dans le pays, s'est proposé de suivre les traces de son père en créant une résistance contre le nouveau gouvernement.

Une initiative qui a trouvé un soutien chez ceux qui, en Amérique, n'ont pas accepté le retrait de Biden. Un soutien qui n'est pas seulement moral, puisque le Washington explique que la guérilla de Masoud a des "communications régulières" avec "l'équivalent afghan de la Cia et des Bérets verts", c'est-à-dire de ces franges de la sécurité afghane gérées directement par l'Agence et par les forces spéciales américaines.

Mais les demandes d'aide officielle des États-Unis, avancées par la résistance, sont tombées dans l'oreille d'un sourd : d'une part, Washington ne peut pas négocier avec le gouvernement de Kaboul, comme il le fait, et, en même temps, aider ses opposants armés.

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Elle ne semble pas non plus avoir profité de l'éloge dithyrambique de cette résistance par Bernard-Henri Lévy, le chantre des guerres néo-con, qui a légitimé de sa plume toutes les iniquités des guerres sans fin, de l'intervention en Afghanistan à la guerre en Irak, de la guerre en Libye à la guerre en Syrie.

Il ne s'agit pas de criminaliser le fils du grand général Masoud, mais seulement de rendre compte de la complexité du problème afghan et des multiples instrumentalisations possibles de ce qui s'y passe.

Et d'observer la tentative de résistance avec la relativité du cas : s'il est vrai que l'émirat afghan n'est pas une perspective réjouissante pour la population, tenter de résoudre la question par les armes ne semble pas le plus approprié, étant donné que cela ne ferait que prolonger l'interminable conflit afghan.

Cela dit, il semble que la résistance soit à bout de souffle ou même, selon les communiqués des talibans, qui affirment avoir pris le contrôle du Panjshir, qu'elle soit déjà terminée.

Masoud, le fils, ne peut pas compter sur le soutien russe et européen dont bénéficiait son père, ni sur celui de la Chine, alliée au Pakistan, qui entretient des relations profitables avec les talibans. Ni, semble-t-il, de celle de la Turquie, qui négocie avec Kaboul.

D'où la difficulté de recevoir l'aide également par le Turkménistan, le Tadjikistan, le Kirghizstan et l'Ouzbékistan, qui sont étroitement liés aux pays susmentionnés limitrophes de l'Afghanistan. Et sans lignes d'approvisionnement adéquates, il est difficile d'organiser la résistance,

En bref, la tentative de Masoud semble jusqu'à présent irréaliste, et il ne semble pas que les tentatives d'accord avec Kaboul, qui ont également été avancées, avec leurs contre-propositions restées secrètes, aient abouti,

Ainsi, malgré certains démentis, le communiqué de victoire des talibans, qui clôt cette variable, semble avoir du crédit.

Il reste donc à voir comment se terminera la véritable guerre, celle qui se déroule dans les cercles du pouvoir occidental, entre ceux qui soutiennent qu'il faut négocier avec Kaboul en accord avec la Chine et la Russie et ceux qui rêvent encore d'utiliser ce pays tourmenté dans le Grand Jeu Asiatique, en l'utilisant contre Pékin et Moscou.

Une perspective déjà perdue, après tant d'années de massacres inutiles, mais donnée factuelle à laquelle de nombreux milieux ne se résignent toujours pas.

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