samedi, 07 novembre 2026
Midterms 2026 et élections en Israël

Midterms 2026 et élections en Israël
par Alexandre Douguine
L’Amérique est une fois de plus entre les mains des démocrates. Dès lors, malgré l’échec honteux de Trump dans l’accomplissement de sa propre mission historique — car il était le dernier espoir de toutes les couches conservatrices, en Amérique comme en Europe et dans le monde entier; après tout, il aurait pu accepter un monde multipolaire, mais non ! —, tout repose encore sur lui. Son sionisme, son sionisme chrétien, Bibi et ses propres faiblesses politiques l’ont entraîné dans ces aventures qui ont réduit à néant ses débuts prometteurs. Et pourtant, c’est précisément lui qui empêche encore le monde de sombrer définitivement.
Même un tel Trump — un Trump boiteux, un demi-Trump, un Trump tronqué, un « canard boiteux », comme on appelle les présidents américains après qu'ils ont perdu les élections de mi-mandat — reste, pour l’instant, celui sur qui repose l’équilibre mondial. Cette paix fragile repose sur une personne aussi peu fiable et aussi contradictoire que Trump. Et cela rend la situation extrêmement tendue — pour les Européens, pour les Américains et pour nous.
Présentateur : Le 27 octobre, des élections législatives ont eu lieu en Israël. Le Likoud, dirigé par Benjamin Netanyahou, a obtenu 27 sièges sur 120, tandis que le principal bloc d’opposition le talonne avec 21 sièges. Au vu de ces chiffres, Netanyahou ne dispose pas encore d’une majorité stable lui permettant de constituer un gouvernement de plein exercice; la situation ressemble à une nouvelle impasse politique extrêmement difficile à dénouer. Que va-t-il se passer maintenant en Israël? Cela signifie-t-il que l’ère historique de Netanyahou touche enfin à sa fin?
Alexandre Douguine : Remarquez : Netanyahou a gagné, en obtenant un peu plus de sièges, et son principal adversaire — lui aussi sioniste, Gadi Eisenkot (photo) — en a recueilli un peu moins. Mais, sur le fond, leurs politiques sont très semblables. La seule différence est qu’Eisenkot a critiqué Trump pour son ultraradicalisme: il estime que cette politique eschatologique de création par la force d’un «Grand Israël» est prématurée, tandis que Netanyahou considère que le moment présent est précisément le plus propice. C’est là leur principal désaccord. Il y a aussi le différend sur l’incorporation des religieux orthodoxes dans l’armée: Netanyahou y est opposé, Eisenkot y est favorable; ce dernier se présente comme un responsable politique plus laïque et nationaliste.
Mais le plus important est ailleurs: les partis arabes — la « Liste unifiée » et Ra’am — ont obtenu ensemble environ 19% des voix aux élections. Et ce poids électoral donne théoriquement à Gadi Eisenkot la possibilité de former un gouvernement. Pour cela, il devra bien entendu transiger sur certains dogmes sionistes et conclure une alliance avec les Arabes afin de devenir Premier ministre.
Si cela se produit, nous assisterons à des changements radicaux, tant en Israël même qu’en Amérique, car toute la logique des actions à venir sera profondément remaniée. Gadi Eisenkot n’est ni un pacifiste de gauche ni un démocrate libéral. C’est un sioniste agressif, qui ne le cède en rien à Netanyahou, mais sans cette dimension extrémiste et eschatologique. Il est plus laïque, plus lucide et plus pragmatique.

S’il forme une coalition avec la liste arabe — ce contre quoi une partie de la droite, notamment Lieberman, s’élève déjà —, Netanyahou est fini. Et c’est une affaire d’une gravité extrême. Cela aura des répercussions sur le monde entier, car Netanyahou est le principal moteur de l’escalade. Tout ce que fait Netanyahou est directement lié à l’attente de l’arrivée imminente du Messie, à l’édification d’un «Grand Israël», au génocide des Palestiniens et à la destruction du monde arabe. Il s’agit d’un scénario extrêmement radical autour duquel s’est construite une part importante de la politique étrangère américaine, puisque Netanyahou tente désespérément d’entraîner Trump dans une frappe nucléaire contre l’Iran.
Si Eisenkot consolide sa position, forme une coalition et devient un Premier ministre légitime, la situation évoluera sensiblement vers la désescalade — ou, du moins, ce projet eschatologique ultraradical sera reporté.
Différentes configurations restent toutefois possibles. D’un côté, les Arabes font savoir qu’ils sont prêts au dialogue, tout comme Eisenkot. De l’autre, on ne peut exclure qu’une partie de l’aile droite de Bibi — par exemple le parti religieux Shas, qui hésite constamment — décide de rallier Eisenkot, auquel cas celui-ci disposera de suffisamment de voix provenant uniquement des partis juifs. Une telle éventualité est peu probable, mais elle ne peut être exclue.
Une troisième possibilité serait que tout se bloque, qu’aucune coalition ne se forme, que Netanyahou continue, par inertie, d’assurer l’intérim à la tête du gouvernement et que de nouvelles élections soient convoquées. Mais personne ne souhaite cela en Israël. L’immense majorité tend à considérer qu’une alliance entre Eisenkot et le bloc arabe constitue une véritable issue, aussi bien pour les sionistes modérés que pour les partisans d’un scénario moins radical.
Il n’existe plus de courant démocratique ou de gauche en Israël; les analystes sont unanimes: il n’y subsiste que différentes formes d’un ultranationalisme assez dur. Mais, même dans ce contexte, Netanyahou représente le pôle le plus radical, absolument extrémiste. L’idée de faire sauter la mosquée Al-Aqsa, de s’emparer de Damas, de bâtir un «Israël d’une mer à l’autre» dans l’attente du Messie et de l’arrivée imminente du «roi des Juifs» — dont Netanyahou se considère sincèrement comme le précurseur —, c’est trop, même pour une société israélienne enfiévrée et ancrée à l’extrême droite.

Une question fondamentale est donc en train de se trancher là-bas, et son issue aura inévitablement des répercussions sur le monde entier, compte tenu de l’influence colossale de ces forces sur la scène mondiale.
Présentateur : Si Eisenkot franchit effectivement ce pas et forme un gouvernement, quelle sera la position d’Israël sur le front iranien? En quoi les approches de Netanyahou et de son adversaire diffèrent-elles concrètement sur le plan militaire?
Alexandre Douguine : La ligne directrice d’Eisenkot est que Netanyahou a commis une erreur fatale en déclenchant cette guerre. En conséquence, Eisenkot sera enclin non pas tant à retirer entièrement la question iranienne de l’ordre du jour qu’à en atténuer considérablement l’intensité. Si les Iraniens ne provoquent pas une nouvelle escalade — et ils s’en abstiendront très probablement, puisqu’ils conduisent leur politique étrangère avec une extrême rationalité —, on peut alors raisonnablement s’attendre à une désescalade.
Cela serait également extrêmement bénéfique pour les Américains et constituerait une véritable bouée de sauvetage pour Trump.
Voyez-vous, toute la logique de Netanyahou repose sur l’attente que le Messie se manifeste devant eux à cet instant précis. Si le Messie n’apparaît pas au cœur de cette situation critique et eschatologique, alors tout leur édifice commence à s’effondrer, et tout aura été vain. Voilà pourquoi ils se retrouvent dans une impasse désespérée. Je suis convaincu que la seule et dernière chance de Netanyahou de se maintenir au pouvoir est de persuader à tout prix Trump de lancer une frappe nucléaire contre l’Iran. Ce scénario est toujours sur la table ; il demeure d’actualité. Et s’il se réalise, ce sera une catastrophe absolue, colossale — avant tout pour Israël lui-même.
20:08 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : midterms 2026, états-unis, israël, élections israéliennes, levant, proche-orient |
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vendredi, 06 novembre 2026
Et maintenant, Vance?

Et maintenant, Vance?
Andrea Marcigliano
Source: https://electomagazine.it/e-ora-vance/
Parmi les décombres du Grand Old Party, après les désastreuses élections de mi-mandat, une interrogation de plus en plus lourde de sens commence à se faire jour.
Vance, le vice-président, va-t-il se décider à agir?
Car un fait est désormais évident. La très lourde défaite électorale a ouvert la voie à la succession de Trump.
Et les différentes personnalités, ainsi que les composantes très éloignées les unes des autres qui ont constitué jusqu’à présent la mosaïque de l’administration républicaine, commencent à se repositionner.
La course à la succession, en vue de la prochaine élection présidentielle, a, de fait, déjà commencé. Et elle sera, comme on pouvait s’y attendre, féroce. Tous les coups seront permis, même au-dessous de la ceinture.
Trump avait réussi à rassembler, et surtout à maintenir ensemble, des représentants d’univers extrêmement éloignés les uns des autres. Des républicains, certes, mais des républicains profondément différents par leurs choix et leurs orientations fondamentales.
La personnalité débordante et envahissante du magnat les a maintenus ensemble. Et a fait d’eux une force dominante.
Mais Trump apparaît désormais résolument sur le déclin.

Et la dispersion des rangs est inévitable.
Le moment est donc probablement venu pour Vance, lui aussi, le second par excellence, de se décider à agir. Et de parler clairement, en nous faisant comprendre ce qu’il veut faire quand il sera grand.
Autrement dit, sans la pesante tutelle de « The Donald ».
Car Vance présente des caractéristiques qui le distinguent nettement du magnat. Et qui, surtout, le placent à une distance considérable des autres prétendants républicains à la succession, quand elles ne l’opposent pas à eux.
En particulier, pour parler franchement, de Rubio. Celui-ci est né et a grandi, politiquement, sous l’aile protectrice de la famille Bush.
Avant de se repositionner stratégiquement aux côtés de Trump, lorsque l’astre de George W. et de sa famille semblait s’être éclipsé.
Il a toutefois conservé les positions de fond qui caractérisent les républicains impérialistes. Interventionniste au Moyen-Orient. Et aussi en Europe, contre les Russes, dès qu’une situation favorable se présenterait.
Vance, c’est tout autre chose. Il représente une Amérique de l’intérieur. Fort peu encline aux aventures loin de ses propres côtes.
Non qu’il soit pacifiste, loin de là.
Il semble plutôt voir ressurgir en lui de vieilles aspirations isolationnistes et, surtout, une conception de l’Amérique comme éloignée et profondément différente de la vieille Europe et de ses querelles.
De plus, Vance est croyant. Ce qui, là-bas, aux États-Unis, a un poids politique considérable.
Il est croyant. Et sa foi l’a conduit, au terme d’un parcours long et assez tourmenté, à se convertir au catholicisme.
Une foi, il faut le souligner, très éloignée de celle des protestants pro-sionistes. À tel point qu’Israël, et les lobbies sionistes américains eux-mêmes, l’ont toujours considéré avec une certaine suspicion.
Tout cela sans prétendre dresser une biographie du personnage. Simplement pour tenter de mieux cerner le vice-président.
Et d’expliquer la question initiale.
Que fera Vance, maintenant ?
Une décision fondamentale pour cet homme de quarante-cinq ans originaire de l’Ohio.
Se dissiper dans le brouillard dont il a émergé à grand-peine.
Ou entrer résolument dans l’arène. Pour rassembler et représenter cette Amérique qui, après l’échec et la trahison partielle de Trump, se retrouve aujourd’hui désorientée et dispersée.
Une décision qui doit être prise rapidement.
19:55 Publié dans Actualité, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j. d. vance, actualité, états-unis, midterms 2026 |
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mercredi, 04 novembre 2026
L’âge d’or qui n’est jamais venu: l’effondrement des républicains de Trump Guerre, trahison et mort d’«America First»

L’âge d’or qui n’est jamais venu: l’effondrement des républicains de Trump
Guerre, trahison et mort d’«America First»
Constantin von Hoffmeister
Source: https://www.eurosiberia.net/p/the-golden-age-that-never-came
Le peuple américain a rendu son verdict, et il est dévastateur. Lors des élections de mi-mandat du 3 novembre, les républicains ont été écrasés, perdant le contrôle de la Chambre des représentants comme du Sénat, tandis que l’âge d’or promis par Donald Trump s’effondrait dans l’humiliation politique. Trump avait pratiquement supplié les électeurs républicains de faire comme si son nom figurait sur les bulletins de vote. Ils ont suivi son conseil et voté en conséquence. Le résultat a été un rejet national d’une administration qui avait promis de rendre sa grandeur à l’Amérique, mais qui a ressuscité l’establishment même qu’elle était censée être venue détruire. Deux ans après son retour triomphal à la Maison-Blanche, Trump a entraîné son parti dans l’abîme. Les démocrates n’ont pas gagné parce qu’ils proposaient une magnifique alternative. Ils ont gagné parce que des millions d’Américains en avaient assez d’être trompés.
Au cœur de cette catastrophe se trouve la guerre inutile de Trump contre l’Iran, un conflit dicté par les intérêts israéliens et soutenu avec ferveur par les interventionnistes sionistes qui ont retrouvé leur influence à Washington. Trump avait promis de tenir l’Amérique à l’écart des guerres à l’étranger. Au lieu de cela, il a laissé les États-Unis s’enliser dans un nouveau désastre au Moyen-Orient, sacrifiant la prospérité américaine aux ambitions géopolitiques de Benjamin Netanyahou.
Les conséquences se sont fait sentir bien au-delà du champ de bataille. Les prix de l’essence et du gazole se sont envolés, les coûts de transport ont augmenté, et les Américains ordinaires se sont retrouvés à payer une guerre dont ils ne voulaient pas et dont ils n’avaient nul besoin. Routiers, agriculteurs, ouvriers de l’industrie et familles ont été contraints de financer une nouvelle aventure de l’establishment de la politique étrangère. Le président qui avait promis de faire passer l’Amérique d’abord avait une fois de plus placé les intérêts étrangers avant ceux de son propre peuple.

Les conséquences économiques ont été particulièrement destructrices parce que Trump avait bâti son retour politique sur une promesse simple: tout deviendrait moins cher. L’essence, les produits alimentaires, le logement, l’électricité et les biens de première nécessité étaient censés redevenir abordables. Au lieu de cela, le consommateur américain s’est retrouvé confronté à la hausse des coûts, à l’incertitude économique et au spectacle d’un président se félicitant de son action pendant que les ménages ordinaires peinaient à joindre les deux bouts.
La guerre contre l’Iran a aggravé la crise énergétique, tandis que les droits de douane et les expérimentations économiques de Washington exerçaient une pression supplémentaire. Les dirigeants républicains s’attendaient à ce que les électeurs applaudissent des slogans patriotiques tout en payant plus cher à la pompe. Mais les slogans ne remplissent pas un réservoir, et les discours sur la grandeur de l’Amérique ne paient pas les courses au supermarché. Les travailleurs américains qui avaient ramené Trump au pouvoir ont découvert que l’âge d’or existait surtout dans les discours présidentiels.

La trahison s’est étendue à l’immigration. Trump avait promis des expulsions massives, le rétablissement de la souveraineté aux frontières et une rupture décisive avec les politiques migratoires de ses prédécesseurs. Pourtant, la vaste campagne d’expulsions qu’attendaient ses partisans ne s’est jamais concrétisée à l’échelle promise. Il y a eu des opérations de contrôle, des affrontements et d’interminables déclarations de «fermeté», mais rien qui ressemblât à la transformation d’ensemble annoncée pendant la campagne. L’administration a préféré les annonces spectaculaires et les démonstrations d’autorité soigneusement mises en scène au difficile travail de restructuration fondamentale du système d’immigration. Une fois de plus, l’écart entre la rhétorique de Trump et ses réalisations est devenu impossible à dissimuler. Des millions de personnes avaient voté pour un redressement national, et non pour une nouvelle production théâtrale dans laquelle les mêmes problèmes subsistaient sous un nouvel assortiment de slogans.
L’Amérique n’a pas davantage assisté à la grande renaissance industrielle et infrastructurelle que Trump avait promise. Où étaient les magnifiques usines nouvelles, les ponts reconstruits, les chemins de fer transformés et les villes industrielles renaissant après des décennies d’abandon ? Où était le programme national de construction qui aurait témoigné d’une véritable rupture avec les politiques économiques à bout de souffle du passé ? Quels que fussent les investissements et les projets ponctuels dont l’administration pouvait se prévaloir, aucune transformation globale des infrastructures n’était à la hauteur de la grandiloquence historique employée par Trump. L’Amérique intérieure restait accablée par le déclin de ses villes et de ses communautés, le délabrement de ses équipements publics et les conséquences durables de la désindustrialisation. Plutôt que d’orienter les ressources nationales vers la reconstruction, Washington est revenu à ses priorités habituelles: la puissance militaire, la confrontation géopolitique et les exigences de puissants intérêts financiers. On avait promis à l’Amérique une renaissance; elle a eu droit à une nouvelle opération de maintien de l’impérialisme.

La plus grande tromperie a peut-être été la prétendue rébellion de Trump contre l’establishment néoconservateur. Pendant des années, les partisans de MAGA avaient dénoncé les architectes des interventions désastreuses de l’Amérique à l’étranger, la bureaucratie permanente de Washington et la classe politique qui traitait la nation américaine comme un instrument de domination mondiale. Trump prétendait incarner la destruction de ce système. Pourtant, sa seconde administration en a de plus en plus adopté les priorités. Le langage a changé, les personnes ont changé et les ornements patriotiques sont devenus plus extravagants, mais le fond est resté douloureusement familier: interventions militaires à l’étranger, soutien inconditionnel à Israël, confrontation avec des puissances souveraines comme la Russie et la Chine, et subordination de la prospérité intérieure aux ambitions stratégiques à l’étranger. La révolution promise a fini dans les mêmes conneries néoconservatrices, désormais vendues sous l’étiquette «America First». Le mouvement qui avait promis de renverser l’establishment est devenu son dernier déguisement.
La défaite républicaine révèle également la faiblesse d’un mouvement politique organisé autour de la personnalité d’un seul homme plutôt que d’un programme cohérent de renouveau national. Trump exigeait la loyauté, balayait les critiques et traitait tout désaccord au sein de son propre mouvement comme une trahison. Mais la loyauté personnelle ne saurait compenser l’échec politique. Ses partisans étaient censés excuser chaque promesse non tenue au motif que l’autre option était prétendument pire. Cet argument a fini par perdre toute efficacité. En votant contre les républicains, les Américains ne se ralliaient pas nécessairement à l’establishment démocrate, dont le bilan en matière de mondialisme, d’interventionnisme et de mauvaise gestion économique reste tout aussi désastreux. Beaucoup refusaient simplement de récompenser un président qui avait trahi les attentes qui l’avaient porté au pouvoir. Les élections de mi-mandat ont montré qu’une révolte populiste ne peut survivre indéfiniment grâce à la nostalgie, au théâtre politique et à la répétition de promesses déjà bafouées.
L’effondrement des républicains marque quelque chose de plus important qu’un nouveau changement de majorité au Congrès. Il représente la destruction d’une illusion politique qui avait captivé des millions d’Américains et inspiré des mouvements nationalistes dans tout le monde occidental.
Trump avait promis la paix et a apporté la guerre. Il avait promis la prospérité et a apporté la hausse des prix. Il avait promis des expulsions massives et n’a pas réalisé la transformation qu’attendaient ses partisans. Il avait promis une renaissance industrielle et n’a proposé aucune grande reconstruction nationale. Surtout, il avait promis de vaincre l’establishment néoconservateur et a finalement adopté son programme.
La tragédie est que les démocrates, bénéficiaires de cet échec spectaculaire, représentent dans une large mesure le même ordre politique en décomposition. L’Amérique est désormais prise au piège entre deux partis qui s’opposent dans leurs discours tout en préservant les structures essentielles de la puissance impérialiste. L’âge d’or n’est jamais venu. On avait proposé au peuple américain une révolution; il a reçu une nouvelle administration semblable à celle de l’ancien régime. La plus grande réussite politique de Trump aura peut-être été, en définitive, de détruire le mouvement qui croyait qu’il le sauverait.
11:30 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, états-unis, maga, donald trump, midterms 2026 |
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mercredi, 04 février 2026
Cinq élections qui pourraient bouleverser la donne politique en Occident

Cinq élections qui pourraient bouleverser la donne politique en Occident
Peter W. Logghe
Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94
L'année 2026 sera une année électorale et donc potentiellement une année clé pour les démocraties européennes. Qu'il s'agisse de sécurité, d'énergie, de changements géopolitiques, de souveraineté ou de migration, ces élections auront un impact sur l'UE. En avril 2026, les Hongrois éliront un nouveau parlement. Depuis 2010, Orban a réussi, avec sa coalition de centre-droit Fidesz-KDNP, à remporter quatre élections consécutives. Budapest est devenue une plaque tournante du conservatisme européen.
Orban a notamment mené une politique migratoire restrictive, ce qui lui a valu des sanctions juridiques, des pressions financières et politiques de la part de l'UE. Et pour la première fois, toute l'opposition hongroise se rallie derrière une seule figure, Peter Magyar et son parti Tisza, pour défier Orban. Tisza appartient au groupe PPE et se montre très pro-UE. Une défaite d'Orban sera perçue comme un succès stratégique des institutions et de la politique de l'UE.

Les États-Unis d'Amérique, la Suède, la Slovénie et l'Allemagne
Les élections de novembre 2026 aux États-Unis, les élections dites de mi-mandat, sont également importantes. Il s'agit d'un test crucial pour Donald Trump, car il ne dispose que d'une faible majorité à la Chambre des représentants. Il peut jouer plusieurs atouts : la croissance économique, la lutte contre l'immigration clandestine, la guerre contre la drogue, les interventions à l'étranger. Cela suffira-t-il à lui permettre de conserver sa majorité ou va-t-il la perdre ? Et surtout, quelles en seront les conséquences pour l'Europe ?

Les Suédois éliront un nouveau parlement en septembre 2026, après quatre ans de gouvernement au cours desquels les Démocrates suédois ont pu influencer la politique migratoire et sécuritaire en accordant leur soutien au gouvernement de centre-droit. Seront-ils récompensés pour cela ? Les récents sondages indiquent que les sociaux-démocrates ont la faveur des électeurs. Y aura-t-il un nouvel accord avec les conservateurs en Suède ? En Slovénie, le populiste de droite Janez Jansa (photo) espère revenir au pouvoir avec son parti SDS après les élections de mars. Cela signifierait un renforcement du bloc de droite en Europe de l'Est.
Enfin, plusieurs élections régionales auront lieu en Allemagne, où les « etablierte Parteien » (les partis établis) observent avec inquiétude la montée en puissance du parti populaire Alternative für Deutschland. Dans certains Länder est-allemands, l'AfD dépasse largement les 35% des intentions de vote, si l'on en croit les sondages. Non, nous ne nous ennuierons certainement pas sur le plan politique en 2026.
19:02 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : affaires européennes, politique, actualité, europe, hongrie, slovénie, suède, allemagne, états-unis, midterms 2026 |
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