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vendredi, 22 janvier 2010

L'Iran, futur allié des Etats-Unis et d'Israël?

L’Iran, futur allié des États-Unis et d’Israël ?

Ex: http://lalettredulundi.fr/

La République Islamique d’Iran intervient indirectement depuis trois décennies dans de très nombreux conflits au Liban, en Palestine, en Turquie, en Arabie Saoudite, en Jordanie, en Syrie, en Égypte, aux Émirats. Ces interventions prennent place sur fond de rivalité historique entre la Perse et le monde arabe qui l’entoure ; elles sont marquées, bien sûr, par l’opposition, historique elle aussi, entre musulmans chiites et musulmans sunnites. Comment cette situation peut-elle évoluer après l’élection de Barack Obama à la présidence des États-Unis et la formation probable du gouvernement de Benyamin Netanyahu, très marqué à droite, en Israël ?

Commençons par rappeler quelques données historiques de ces interventions iraniennes et des relations irano-américaines.

Les Gardiens de la Révolution, la « Garde Révolutionnaire », sont un bras armé, au sens propre du terme, de l’Iran, indépendants de l’armée et du Président, rattachés directement à l’Imam Khomeini puis à son successeur l’Imam Khamenei. Il s’agit d’une véritable armée qui a joué un rôle très important avec ses jeunes kamikazes (chez les chiites, le sacrifice est un acte valorisé) dans la guerre contre l’Irak (1980-1988), arrêtée après le constat par les généraux iraniens qu’ils n’avaient pas les moyens en armements pour la gagner.

Pendant cette guerre, la fourniture par certains pays occidentaux à l’Irak d’armements sophistiqués, alors que l’Iran était sous embargo occidental, ainsi que le silence occidental sur l’utilisation par l’Irak d’armes chimiques interdites, a engendré chez les dirigeants iraniens un profond ressentiment à l’égard des États-Unis et de leurs alliés. L’embargo occidental est toujours en vigueur. Sa suppression pourrait servir de monnaie d’échange dans le grand marchandage Iran-pays occidentaux que l’élection de Barack Obama rend envisageable.

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En 1982, lorsque Israël a envahi le Liban, l’Imam Khomeini, plutôt que d’intervenir directement dans les combats, a ordonné à la Garde Révolutionnaire d’aider les chiites libanais (les Iraniens sont majoritairement chiites) en assistant le Hezbollah dans le recrutement et l’entraînement de ses soldats. Cette assistance a débouché sur un succès militaire : Israël a dû quitter le Liban en 2000. De surcroît, les Iraniens ont durablement étendu leur influence sur le Hezbollah libanais et ses « filiales » syrienne, irakienne et jordanienne.

En utilisant les mêmes méthodes (assistance technique, aide financière et fourniture d’armements sans intervention directe visible), les Gardiens de la Révolution ont développé le Hamas et le Djihad islamique (pourtant sunnites tous les deux) en Palestine, eux-mêmes initialement suscités par les Frères musulmans (sunnites) égyptiens. Ils ont soutenu le PKK kurde en Turquie et en Irak, sans doute pour mieux le contrôler et éviter une contagion de sécession des Kurdes iraniens.

En Irak, après la défaite de Saddam Hussein par la coalition occidentale, ils ont soutenu puissamment les milices chiites de l’Armée du Mahdi, dont le chef est aujourd’hui réfugié en Iran, sous influence iranienne par conséquent. Dans le petit émirat de Bahrein, l’emprise iranienne sur la population majoritairement chiite est patente, le chef de l’État ne conservant son pouvoir que grâce à la proximité protectrice de l’armée saoudienne.

Tous ces mouvements de résistance menacent les pouvoirs en place de pays alliés des États-Unis : Égypte, Arabie Saoudite, Jordanie, Turquie, Israël, Émirats. La situation en Syrie est moins bien connue publiquement sur ce plan.

D’un autre côté, la volonté attribuée à l’Iran de se doter d’un armement nucléaire inquiète tous ses voisins et les pays déjà détenteurs de ces armements. L’Iran affirme ne préparer qu’un  nucléaire civil. Mais la construction avérée de milliers de centrifugeuses lui permettrait de fabriquer de l’uranium enrichi, dont le seul usage est militaire. La partie de cache-cache avec l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) se poursuit depuis une dizaine d’années. Le renoncement par l’Iran à l’armement  nucléaire ou sa mise sous contrôle international concomittament à celui d’Israël serait une autre monnaie d’échange.

Dans ce climat d’opposition frontale, à deux reprises au moins depuis 1982, l’Iran a collaboré avec les Américains :

  • Une première fois dans les années 1980 au Liban, occupé par Israël. L’Iran a accepté d’user de son influence sur le Hezbollah pour faire libérer des otages américains, en échange d’une promesse d’un geste américain en retour. Ce geste ne serait jamais venu, augmentant le ressentiment iranien contre les USA ;
  • Une seconde fois, au début des années 2000, en Afghanistan, alors entièrement occupé par les talibans afghans sauf la vallée du Panchir tenue par l’Alliance du Nord du commandant Massoud. Après l’assassinat de Massoud, Iraniens et Américains ont aidé l’Alliance du Nord a reconquérir la capitale Kaboul et à chasser (provisoirement !) les talibans du pays.

Le Président Obama, l’Imam Khamenei, le futur Président de l’Iran, le futur Premier ministre israélien peuvent-ils en 2009 trouver un terrain d’entente ? Dans cette hypothèse, celui-ci pourrait comporter plusieurs axes :

  • Fin de l’embargo occidental (qui empêche notamment la maintenance des avions civils iraniens et gène l’Iran dans la modernisation de ses installations pétrolières) en échange du renoncement de l’Iran à l’armement nucléaire, simultanément avec Israël (mais quid du Pakistan et de l’Inde, puissances nucléaires de cette région ?) ;
  • Reconnaissance d’une place de grande puissance pour l’Iran (un siège permanent dans un organisme international ou, solution plus radicale, gouvernance confiée à l’Iran de la partie de l’Irak qu’il contrôle de fait) contre renoncement iranien (contrôlé par qui ?) à armer les mouvements révolutionnaires ;
  • Nouvelle coopération militaire entre les États-Unis et l’Iran pour chasser définitivement les talibans d’Afghanistan et du Pakistan ;
  • Alliance secrète entre l’Iran, les États-Unis et Israël. L’Iran y gagnerait en puissance face aux Arabes, ennemis historiques de la Perse. Israël se protègerait du risque iranien et n’aurait à gérer que les menaces des pays arabes. Les États-Unis trouveraient là un renfort pour résoudre le péril taliban en Afghanistan.

N’est-il pas temps pour les Occidentaux de regarder l’Iran comme une des solutions aux problèmes que pose la République islamique à ses voisins et au monde, en associant les Iraniens à la recherche de solutions ? Le président Obama aura-t-il cette audace et cette puissance ?

Mardi
© La Lettre du Lundi 2009

Sources : débats radio et TV (janvier et février 2009) ; Robert Baer, Iran, l’irrésistible ascension ; BBC et France 3, L’Iran et l’Occident : un État marginalisé (1982-2001), Le défi nucléaire (2001-2008)

Junges Forum 9: Das andere Amerika

LATEINAMERIKA_GK_33200_Brasilienkarte_1519.jpgJunges Forum 9

Das Periodikum Junges Forum wurde 1964 als Themenheftreihe für identitäre Fragen und nonkonformes Denken gegründet. Seit 2004 erscheint es im REGIN-VERLAG mit fortlaufender Numerierung.

2009 feiert das Junge Forum ein Doppeljubiläum: 45jähriges Bestehen und überdies 5jähriges Erscheinen im REGIN-VERLAG!

Pünktlich im März 2009 ist die neue Ausgabe, Nr. 9, mit dem Themenschwerpunkt Lateinamerika erschienen:

Terra incognita – Das andere Amerika

Identitäre Strömungen und Bestrebungen in Lateinamerika



Inhalt:

● Editorial

„Die ‚Bolivarische Revolution‘ von Chávez –
eine Tendenz in ganz Lateinamerika“

von Wolfgang Bendel

„Der Bolivarismus – Südamerikas Weg zu sich selbst?“
von Dominik Schwarzenberger

„Der Integralismus in Brasilien:
Ein Beispiel lateinamerikanischer Identitätsbildung“

von Dominik Schwarzenberger

„Das Denken von Julius Evola in Brasilien“
von Cesar Ranquetat Jr.

„‚Politik ist Metaphysik in Anwendung‘:
Marcos Ghio im Gespräch mit dem JUNGEN FORUM“

Interview mit dem führenden Evola-Übersetzer und -Interpreten der spanischsprachigen Welt
→ [Eine Leseprobe finden Sie hier!]

„Anmerkungen zu Nicolás Gómez Dávila“

von Wolfgang Bendel

„Indiolateinamerika und Eurasien:
Die Säulen des neuen multipolaren Systems“

von Tiberio Graziani
→ [Eine Leseprobe finden Sie hier!]

„Mexiko – Land der Revolution und Gegenrevolution“
von Dominik Schwarzenberger

● JuFo-Kurzberichte und Meldungen zum Zeitgeschehen

● Buchbesprechungen

Die Ausgabe hat 96 Seiten, der Preis der Buchzeitschrift mit Klebebindung beträgt 9,50 Euro.

Stimmen zum Jungen Forum 9:

Iut de Asken, Band 5, Heft 2 (Herbst 2009), S. 42 (Auszug):

„Massenarmut, Regenwaldrodung, Karneval in Rio — sehr viel mehr werden die meisten Europäer mit Südamerika nicht verbinden. Der Subkontinent wirkt wie ein bloßer Wurmfortsatz des ‚Großen Bruders‘ im Norden, der USA, die alle Aufmerksamkeit für jenen Teil der Weltkarte auf sich ziehen. Dabei hat Südamerika ein ganz eigenes Gepräge, hat eigene nationale Kulturen, die sich wiederum durch gesamtkontinentale Gemeinsamkeiten auszeichnen und so eine Latino-Identität schaffen. Und vor allem ist der südamerikanische Kontinent mächtig — oder er könnte es zumindest sein!Junges Forum widmet sich der Terra incognita Lateinamerika; dabei gelingt der Zeitschrift der Spagat zwischen neurechten und traditionalen Ansätzen. Das Junge Forum — das übrigens mit dieser Lateinamerika-Ausgabe 45jähriges Bestehen feiert — ist neben der neurechten Zeitschrift Sezession, der nationalrevolutionären hier & jetzt und dem konservativen Magazin Neue Ordnung das einzige nonkonforme intellektuelle Periodikum von Rang; Schwerpunkte des Jungen Forums sind ketzerische neurechte Denkansätze, integral-tradionale Standpunkte und eurasische Geopolitik. Interessant ist dabei nicht nur, daß die aufgegriffenen Themen international sind, sondern auch die Autoren kommen aus aller Herren Länder und ihre Beiträge werden erstmalig ins Deutsche übersetzt. […]

Die aktuelle Ausgabe der Buchzeitschrift

Hervorstechend ist vor allem der Aufsatz von Tiberio Graziani, einem bekannten italienischen Rechtsintellektuellen und international reputierten Geopolitikexperten. Graziani sagt den bevorstehenden Fall der ‚einzigen Weltmacht‘ USA voraus, die von den Neocons zu einer ‚Geopolitik des Chaos‘ getrieben würden. Die Vereinigten Staaten als eine Macht, die über die Meere gebietet, haben bereits soviel an Einfluß verloren, daß mehrere Latino-Nationen ihre Hochseeflotten ausbauen konnten und enge wirtschaftliche Beziehungen mit Nationen in Eurasien (Rußland, Iran) sowie in Fernost (China) knüpfen konnten. Indiolateinamerika hat das Potential, die USA wenigstens teilweise zu beerben und kann ein zuverlässiger Partner für Eurasien sein. […]“



Leserbrief von G. K. vom 12. Juli 2009:

„[…] das Konzept des neuen Jungen Forums ist geblieben. Es hält dem traditionalen Julius Evola die Treue. Lediglich der Autor Dominik Schwarzenberger erfüllt [deshalb] in Ansätzen meine Erwartungen in Terra incognita – Das andere Amerika. Wahrscheinlich deshalb, weil er sich mit dem Nationalismus in Lateinamerika beschäftigt. Für die Dynamik des Nationalismus am Beispiel Lateinamerikas würde ich Robert Steuckers zustimmen, der treffend analysierte, daß

‚die Lateinamerikaner einen Nationalismus der kontinentalen Befreiung entwickelt haben, der uns als Vorbild dienen könnte. [...] Außer diesem Nationalismus der Befreiung bietet Lateinamerika noch:
1.) einen Nationalismus der Integration für die heterogenen Bevölkerungen;
2.) einen Nationalismus, der den ausländischen Investoren auf lateinamerikanischem Raum ablehnend gegenübersteht;
3.) einen Nationalismus, der auf die vorkoloniale Vergangenheit zurückgreift. Hinsichtlich seiner Prinzipien ist er verwandt mit dem europäischen Kulturnationalismus;
4.) einen Nationalismus, der sich aus dem städtischen, volksnahen Populismus ableitet.
Diese vier theoretischen Pfeiler des kontinentalistischen lateinamerikanischen Nationalismus lassen die konventionelle Spaltung zwischen „Rechten“ und „Linken“ verschwinden. Wenn beide sich nun zusammentäten und die falsche Aufteilung in Rechte und Linke fallenließen, indem sie eine neue Aufteilung ableiten, die diesmal zwischen Gebildeten und Ungebildeten unterscheidet, dann würden sie die Vorherrschaft der spekulierenden und ungebildeten Kaufmannskasten sprengen.‘
Aus diesem lateinamerikanischen Befreiungsnationalismus könnten auch deutsche Nationalisten in ihrer politischen Praxis in Deutschland Schlußfolgerungen ziehen.“

Leseproben zum JuFo 9 gefällig? Klicken Sie bitte hier!

Hans-Jürgen Syberberg - Leni Reifenstahl's Heir

Hans-Jürgen Syberberg – Leni Riefenstahl’s Heir

Hans-Jürgen Syberberg, b. 1935

Hans-Jürgen Syberberg, b. 1935

Hans-Jürgen Syberberg, the enfant terrible of modern or post-war German cinema, was born in 1935 of vaguely upper class stock. His father owned landed estates in Eastern Germany before the war and his son lived in Rostock until 1945.

Syberberg’s doctoral thesis — very much in the Germanic tradition — concerned the notion of existentialism or the absurd in Durrenmatt’s drama. He himself seems to have been influenced by two vast and yet ‘monstrous’ paradigms: these were Brecht’s notion of epic theatre and Wagner’s idea of the Gesamtkunstwerk — the total art-work.

Without doubt, his seminal achievement has to be Hitler: A Film from Germany (Our Hitler) which appeared in 1978. Although Syberberg was to later furnish a retrospective and documentary feel to his ideas in a non-fiction treatment, The Ister, in 2004. It comes across as a companion piece or dialectical counter-point to the previous work. It’s definitely not a mea culpa.

Hitler — ein Film aus Deutschland ran to 442 minutes and happened to be co-produced by the BBC (somewhat paradoxically). It starred Heinz Schubert and had no definite plot other than an intriguing series of tableaux. In a different set of circumstances (or primarily dealing with variegated meats) many would have found it avant-garde or occult. Its matter proved to be episodic, mannerist, arcane, and dream-like. Syberberg, its director, made extensive use of rear projection amid an orgy of declamation, dramaturgical feel, and topical onrush. Tropes are introduced, not like Natalie Sarraute, but after the fashion of a flickering magic camera or F. W. Murnau’s Nosferatu in 1924. (A film which came to be suppressed by the German authorities owing to copyright tiffs.)

The first part deals with the issue of Hitler’s personality cult; it’s dark, deliberately baroque and romantic in its aesthetic. It is quite clear that Syberberg wishes to plunge headlong into the thicket of what George L. Mosse called Nazi Culture; that’s to say, the volkish underpinnings of German ‘irrationalism’ in the nineteenth century. National Socialism emerged out of this heady stew, but contemporary Germany has repudiated it or deliberately buried this memory. It allows itself the backward glance of Elias Canetti’s Auto-da-Fe when spliced with Henze’s agit-prop.

The second part of this monumental piece of cinema (which is almost as long as Gance’s silent Napoleon from the ‘twenties) explores Houston Stewart Chamberlain’s Foundations of the Nineteenth Century in every sense.

The film’s third section deals with the Shoah and Himmler’s various attitudes towards it — the latter very much seen in vignette.

Whereas the epic’s fourth quartet — sign-posted as “We Children of Hell” — consists of a personal appearance by Syberberg as the director. This is by no means either solipsist or Hitchcock-like, merely a desire to intrude an authorial and personal insistence. Having done so, he strides around with a large Hitler puppet (ventriloquism originated in Germany) and enters into debates over the bitter harvest of German romanticism and the plight of artists in the federal republic.

What does Hans-Jürgen Syberberg hope to achieve by means of this activity? Well! his enormous filmic canvas sets up a challenge to every known rule of Hollywood cinema. Whereupon the work’s visual Weltanschauung also happens to be partly French, being strongly influenced by Henry Langois’ set designs. Likewise, the fact that the work’s stasis or static vortex involves one location — one set — brings it very close to Derek Jarman’s Caravaggio in Latin.

Influential critics pontificated about its significance upon arrival, but neither Susan Sontag or Philippe Lacoue-Labarthe could hammer out definite conclusions. Most of them miss the fact that the clue to this piece lies in its visualization: its medium is truly the message in terms of Marshall McLuhan’s hectoring.

For the film’s visual language exemplifies its deeply romantic, roseate, ethereal, Germanic race soul, anti-modernist, dream-like, oneiric, and Wagnerian climacteric. It happens to be deeply fascistic but purely on an auric or eye-sensitive level; at once happening to be lit up by a post-modern mantra. The film comes across as heroic in its anti-heroic indeterminacy.

Superficially — and with the objective part of the mind — Syberberg appears to be opposed to what Moeller van den Bruck called The Third Empire. But not really . . . since, if we enter into back-brain subjectivity, then we are dealing with a fantasy or phantasmagoria which mourns the fact of Germany’s defeat. What Syberberg is doing literally confuses the rational, practical and political mind (perforce). For, by virtue of adopting an apodictic structure, he can remain aesthetically entranced while preserving a strict ideological neutrality.

Like the Australian effort Romper Stomper, this film is ultimately neutral and neither for or against — at the level of the journalist’s page. In reality, such a transgression proves to be deeply blasphemous under Bonn’s republic . . . if we conceive of Adenauer’s construction as a second Weimar.

Moreover, the inner methodology of Syberberg’s attitude can be seen in various articles –- one in particular, “Spiritual Reactionaries after German Reunification” by Diederichsen and Cametzky, springs to mind. Likewise, Syberberg sought to clear up any confusion with his own polemic — Vom Ungluck und Gluck der Kunst in Deutschland nach dem letzten Kriege (On the Misfortune and Fortune of Art in Germany after the last War, 1990). This contained a strong attack on Bonn’s philo-semitism.

Michael Walker, the editor of Scorpion magazine and by then a German citizen, warned that Syberberg faced ‘un-person’ status as a result. For his filmography has little real appeal either on behalf of NDP supporters or contemporary liberals. In this overall regard, his visualization might be considered to be a splicing of Caspar David Friedrich and Houston Stewart Chamberlain. It’s not a tabernacle of the ruins, a la Wolfgang Borchert’s stories about the “year zero” of 1945, but an aesthetic Germanicism which remains cool, cynical, acidic, upper class, and even ‘subversive’.

Hitler: ein filme aus Deutschland appears to be “anti” on the surface of its discontinuous images; themselves a kaleidoscope of Cranach, Pacher and Kraceur’s over-flowing The Cabinet of Dr. Caligari. Yet the inner or sub-conscious mind that directs this movie proves to be spiritually, not factually, revisionist in character.

His earlier cinema history testifies to this. For example, his first effort — Romy, Anatomy of a Face (1965) — deliberates on a classic German actress’ profile. It is an exercise in phrenology which concentrates on Romy Schneider. Whereas his second example in 1966 deals with the aged actor Fritz Kortner — a star of German theater earlier in the twentieth century who specialized in one event: Shylock’s eternal scream of vengeance. Syberberg described the rushes for such an epiphany as ‘superhuman’.

You can view Hitler: ein film aus Deutschland for free online at www.syberberg.de.

From http://www.jonathanbowden.co.uk/

00:13 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, allemagne | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Les néo-socialistes au-delà de la gauche et de la droite

Archives de SYNERGIES EUROPEENNES - 1987

Les néo-socialistes au-delà de la gauche et de la droite

 

par Pierre-Jean Bernard

 

 1) Les néo-socialistes: "ni droite, ni gauche", "néos" et perspectives socialistes.

 

Si la guerre de 14/18 sonne le glas du vieux monde, des vieilles choses, des idées reçues et de la morale bourgeoise, force est de constater les mutations qu'elle entraîne dans les divers courants politiques. Mutations qui s'opèrent parallèlement à l'avènement du monde moderne. Il en est ainsi du "mouvement socialiste", nous devrions plutôt dire des  socialismes qui vont éclore et parfois s'affronter. Certes le public retiendra longtemps l'impact du dernier avatar du marxisme, à savoir le bolchévisme et l'élan que suscita la Révolution d'Octobre 1917. En France, les conséquences en sont l'apparition du PCF et la scission dans le mouvement syndical de la CGT, consécutive à la déchirante révision idéologique née du congrès "historique" de Tours. Mais finalement la conception bolchévique n'est que la "radicalisation" du courant marxiste, accompagnée d'un rejet du jeu parlementaire et légaliste.

 

Or que sait-on des courants néos opposés aux vieilles barbes de la SFIO? Que sait-on des idées de ces militants que le conflit mondial -et donc l'avènement brutal de la "modernité"- a rendu visionnaires, alors que d'autres, atteints de cécité politique, veulent absolument faire croire au public à la réalité éternelle de l'affrontement droite/gauche, hypothétiques blocs hermétiques qui symboliseraient deux conceptions du monde. L'une serait celle d'une gauche porteuse d'espérance et de générosité (mythes qui recouvrent en partie les sentiments de la classe ouvrière européenne dans ces années de capitalisme en plein essor), et l'autre celle d'une droite "fascisante et réactionnaire, ennemie de la démocratie (ce qui est vrai) et bras armé du capital, celui des deux cents familles! Ce qui est aussi partiellement vrai.

 

Mais, en réalité, qui sont donc les hommes qui refusent ce schéma trop simpliste? Leurs noms sont Georges Gressent, dit Valois, Marcel Déat, Henri De Man ou encore Marquet, Lefranc, Albertini, etc. L'absurde chaos de la "Grande Guerre", où ils se sont battus courageusement, parfois comme officiers, parfois comme simples soldats (le cas d'un Drieu la Rochelle), "les joies (sic) des tranchées" et le brassage des classes jeunes (ouvrières, paysannes, bourgeoises) dans les champs sanglants de l'Est et du Nord de la France, les ont enfin décillés. Avec l'absurdité et l'horreur, ils ont aussi connu le sens du sacrifice  -car le mot "devoir" est bien trop faible pour évoquer leur cas-  le sens également de la solidarité, de la camaraderie, rendant ineptes ou dépassés les vieux termes de droite ou de gauche, sanctionnant de manière désormais si désuète les clivages de classe. Et s'ils désapprouvent  "la guerre civile européenne", selon le mot fameux de Valery, ils ont gardé au fond de leur cœur cette mystique de l'"Union sacrée" (mais pas au sens où l'entendaient les minables politiciens bourgeois de la future chambre bleue horizon). "Ni droite, ni gauche" crie le socialiste Albertini, auquel fait écho le "droitiste" Bucard. D'où une volonté de sortir du moule trop bien huilé des partis et des "systèmes", et d'essayer autre chose...

 

 Georges Valois

 

valois.jpgG. Valois  est chronologiquement le premier dans cette série de pionniers. S'il reprend du service à l'Action Française, c'est bien dans l'espoir de voir se perpétuer et s'approfondir le rapprochement des Camelots du Roy avec les cercles proud'honiens et soréliens d'avant-guerre, bref de réconcilier la monarchie des humbles, celle de la justice des peuples, avec l'anarcho-syndicalisme révolutionnaire (cf l'œuvre de Sorel, en particulier ses réflexions sur la violence, et ses matériaux d'une théorie du prolétariat). Mais l'AF, où il occupe dans le journal la place de l'économiste, est un mouvement qui, soit dit en passant, ne "croit" pas à l'économie... (l'"économie politique" est refusée au nom du célèbre postulat maurrassien du "politique d'abord"). Le "vieux maître" de Martigues est maintenant enfermé dans son système d'idées préconçues et confond par trop la "défense" (intellectuelle et morale) de la "monarchie nationale" avec les impératifs tactiques de l'Action française, au point de courtiser la vieille droite "cléricale" et sclérosée, étouffant l'idée royaliste sous un ordre moral "macmahonien", irrespirable pour un bon nombre de jeunes intellectuels (Bernanos en est le plus célèbre, avec Maulnier, Drieu...). Très rapidement, c'est la rupture et la création, par certains anciens militants, du "faisceau" (préfiguration du fascisme français) et vite rebaptisé "fesso" pour la circonstance par le talentueux polémiste L.Daudet, fils du célèbre écrivain Alphonse Daudet, tant les haines et les agressions des fidèles de Maurras et de la tendance réactionnaire du mouvement monarchiste seront virulentes.

 

Mais G. Valois, s'il se réfère au départ à la pensée mussolinienne (celle de la première période), s'écartera assez vite du "modèle" italien (la critique d'un "modèle" de régime ne date pas de l'eurocomunisme...), modèle auquel il reproche son aspect plus "nationaliste" (puis impérialiste) que "socialiste". Le "fascisme" valoisien est précisément l'union de l'"idée nationale" -réalité née de la guerre et des hécatombes meurtrières-  et du courant socialiste français, socialisme non matérialiste, mais d'une inspiration spiritualitste et volontariste, qui doit autant à Charles Péguy qu'à l'idéologie sorélienne. Le socialisme valoisien, qui ne rejette pas les notions "économiques" de profit et de propriété, s'appuie sur une vision organiciste et non-mécaniciste (à rebours du libéralisme) de la société contemporaine. Il ajoute en outre une vériatble "mystique" du travail teintée de christianisme (cf la place qu'il accorde à l'idée de rédemption) dans un culte englobant des valeurs communautaires et "viriles" (le sport comme "pratique politique").

 

Mais la lutte que mènent désormais les partisans de l'Action Française, avec l'appui sans faille des groupes financiers catholiques qui soutiennent parallèlement les ligues d'extrême-droite et les partis droitistes, ne laissera aucun répit ni à Valois, bassement calomnié et injurié par la presse royaliste, selon une technique éprouvée qui fera "florès" lors de l'affaire Salengro, ni à ses troupes isolées. Les "chemises bleues" disparaîtront vite à la fin des années 20, et Valois ira rejoindre les rangs de la SFIO, en attendant de mourir pendant le second conflit mondial dans le camp de Bergen-Belsen, condamné à la déportation par les autorités allemandes pour fait de résistance. Là aussi, dans ce "grand dégoût collecteur", la voix de Valois rejoindra celle d'un Bernanos, celui des "grands cimetières sous la lune"...

 

Henri De Man

 

L'autre personnalité marquante du néo-socialisme est celle du Belge Henri De Man, connu internationalement pour ses critiques originales des théories marxistes, idéologie qu'il connait à fond pour y avoir adhéré dans ses premières années de militantisme. La fin de la première guerre mondiale est, pour De Man, la période des remises en question et des grandes découvertes. En s'initiant aux théories psychanalytiques de Freud et aux travaux du professeur Adler sur la volonté et le "complexe d'infériorité", il fait pour la première fois le lien entre les sciences humaines, donnant une signification de type psychologique, et bientôt éthique, à l'idéologie socialiste. Il s'agit d'une tentative remarquable de dépassement du marxisme et du libéralisme, qui est à l'opposé des élucubrations d'un W. Reich ou d'un H. Marcuse!!

 

Mais dans sa volonté de dépasser le marxisme, De Man en viendra inéluctablement à un dépassement de la "gauche" et s'intéressera aux théories néo-corporatistes et à l'organisation du "Front du Travail" national-socialiste. Cela dit, De Man préconise le recours au pouvoir d'Etat dans le but d'une meilleure régularisation de la vie économique et sociale, des rapports au sein de la société moderne industrielle, et cela grâce à un outil nouveau: le PLAN.

 

DeMan_Henri_1930_15.gifLe "planisme" connaîtra longtemps les faveurs des milieux syndicalistes belges et néerlandais et une audience plus militée en France. Il est alors intéressant de noter que De Man prévoit dans ce but l'apparition d'une nouvelle "caste" de techniciens, ayant pour tâche essentielle d'orienter cette planification. Vision prémonitoire d'une société "technocratique" dans laquelle les "néos" ne perçoivent pas les futurs blocages que l'expérience des quarante dernières années nous a enseignés. On peut également signaler l'importance, à la même époque, des idées appliquées par un certain J.M. Keynes qui verra, dans les années 30, le triomphe de ses théories économiques. Enfin, le planisme de De Man prévoit une application de type corporatiste.

 

En France, à la même époque, des hommes comme Marcel Déat, H. Marquet, M. Albertini, ou encore Lefranc, se situeront résolument dans cette mouvance. Leur insistance à refuser la "traditionnelle" dichotomie entre prolétariat et bourgeoisie (N'y a-t-il pas là une préfiguration de la critique plus récente contre la "société salariale" que Marx, Proudhon et d'autres encore, avaient déjà ébauché...) les place sans aucun doute dans ce courant des néos dont nous parlons ici. Cette division est pour eux d'autant plus dépassée que le prolétariat ne joue plus que partiellement le rôle de "moteur révolutionnaire". L'évolution de la société a enfanté de nouvelles forces, en particulier les "classes moyennes" dont la plupart sont issus. Leur confiance se reportant alors sur ces dernières qui sont les victimes de la société capitaliste cosmopolite. Le "système" rejette les classes moyenes par un mouvement puissant de nivellement des conditions et de rationalisation parcellaire du travail. Taylor est alors le nouveau messie du productivisme industrialiste... Le progrès est un révélateur de ces nouvelles forces, qui participent dorénavant de gré ou de force au mouvement révolutionnaire.

 

Désormais, au sein de la vieille SFIO, déjà ébranlée par la rupture fracassante des militants favorables au mouvement bolchévique, on assiste à une lutte d'influences entre "néos" et guesdistes; parmi ces derniers apparaissent certaines figures de proue: ainsi celle de Léon Blum. Là aussi, comme dans le cas du Faisceau de Georges Valois, les "néos" sont combattus avec violence et hargne par une "vieille garde" socialiste, qui réussit à étouffer le nouveau courant en expulsant ses partisans hors des structures décisionnaires du parti. L'avènement du front populaire sonnera le glas de leur espoir: réunir autour de leur drapeau les forces vives et jeunes du socialisme français. Certains d'entre eux, et non des moindres, se tourneront alors vers les "modèles" étrangers totalitaires: fascisme et national-socialisme allemand. De leur dépit naîtront des formations "fascisantes" ou nationales, et, pour beaucoup, la collaboration active avec la puissance occupante pendant les années 40 (Remarquons au passage que de nombreux militants "néos" rejoindront la résistance, représentant au sein de cette dernière un fort courant de réflexion politique qui jouera son jeu dans les grandes réformes de la libération).

 

En effet, si la grande tourmente de 1945 sera la fin de beaucoup d'espoirs dans les deux camps, celui de la collaboration et celui de la résistance intérieure, le rôle intellectuel des néos n'est pas pour autant définitivement terminé. Sinon, comment expliquer l'idéologie moderniste de la planification "à la française", à la fois "souple et incitative", où collaborent les divers représentants de ce qu'il est convenu d'appeler les "partenaires sociaux"? (cf. le rôle essentiel accordé par les rédacteurs de la constitution de 1958 à un organe comme le "Conseil économique et social", même si la pratique est en décalage évident avec le discours). On peut aussi expliquer pour une bonne part les idées nouvelles des milieux néo-gaullistes. Celles des idéologies de la "participation" ou celle des partisans de la "nouvelle société". La recherche d'une troisième voie est l'objectif souvent non-avoué de ces milieux. Une voie originale tout aussi éloignée des groupes de la "gauche alimentaire" que de la "droite affairiste", et appuyée davantage sur un appel au "cœur" des hommes plutôt qu'à leur "ventre".

 

 2) L'après-guerre: néosocialisme et planification "à la française".

 

La grande crise des années 30 marque dans l'histoire économique mondiale la fin du sacro-saint crédo libéral du libre-échangisme, du "laisser faire, laisser passer", caractérisant ainsi le passage de l'Etat-gendarme à l'Etat-providence, en termes économistes. Et ceci, grâce en partie aux "bonnes vieilles recettes" du docteur Keynes...

L'Etat, nouveau Mammon des temps modernes, est investi d'une tâche délicate: faire pleuvoir une manne providentielle sous les auspices de la déesse Egalité... L'empirisme du "New Deal" rooseveltien fera école. En France, une partie du courant socialiste entrevoit le rôle étatique au travers d'administrations spécialisées et de fonctionnaires zélés (cf. les théories du Groupe X), en fait simple réactualisation d'un saint-simonisme latent chez ces pères spirituels de la moderne "technocratie".

 

On trouve l'amorce de cette évolution dans les cénacles intellectuels qui gravitent autour du "conseil national de la résistance". L'idée se fait jour d'une possible gestion technique et étatique de l'économie dans le cadre d'un plan général de reconstruction du pays en partie ruiné par le conflit. L'idée ne se réfère pas à un modèle quelconque (comme, par exemple, l'URSS dans les milieux du PCF), c'est-à-dire d'un dirigisme autoritaire pesant sur une société collectiviste, mais plutôt à un instrument permettant à l'Etat une "régulation" de l'économie  -dans un système démeuré globalement attaché aux principes de l'économie libérale-  grâce notamment à une planification "incitative", souple, concertée et enfin empirique. De quoi s'agit-il?

 

Pour les générations de la guerre, le traumatisme de la violence  -et des régimes dictatoriaux qui l'ont symbolisée après la défaite des fascismes-  est souvent lié à la grande dépression des années 30. L'objectif est donc de permettre au pouvoir politique, en l'occurence l'Etat comme instance dirigeante, de régulariser les flux et les rapports économiques, donc de contrôler pour une part ses évolutions, afin de favoriser un équilibre nécessaire à une plus forte croissance, mais aussi une plus juste croissance (hausse des revenus les plus défavorisés). Un indice est la création, dès la libération, des premières grandes institutions de Sécurité Sociale. La Constitution française de 1946 intègre officiellement ce souci du "social", où domine de plus en plus l'idée de redistribution égalitaire des revenus. Dans le même temps, les responsables du pays sont confrontés à la tâche écrasante de reconstruire la nation, de moderniser l'outil industriel frappé certes par la guerre, mais aussi par l'obsolescence.

 

facteurs démographiques, commissariat au plan, ENA

 

Cette tâche apparaît difficile si on tient compte que la population française vieillit. Heureusement, ce dernier point sera éliminé dans les années 50, grâce à une vitalité du peuple français assez inattendue (phénomène connu sous le nom de "baby boom"). Cette renaissance démographique aura deux effets directs positifs d'un point de vue économique: augmentation de la demande globale, qui favorise l'écoulement de la production, et croissance de la population active que les entreprises pourront embaucher grâce à la croissance du marché potentiel et réel. Sur cette même scène, s'impose le "géant américain", en tant que vainqueur du conflit (non seulement militaire mais aussi politique et surtout économique) qui se décrète seul rempart face à l'Union Soviétique. Un oubli tout de même dans cette analyse des esprits simples: le monde dit "libre" était déjà né, non pas de l'agression totalitaire des "rouges", mais de l'accord signé à Yalta par les deux (futurs) grands. Les dirigeants français doivent justifier l'aumône "généreusement" octroyée par les accords Blum-Byrnes, et surtout le plan Marshall.

 

C'est donc dans un climat politique gagné pour l'essentiel aux idéaux socialistes (pour le moins dans ses composantes "tripartite", exception faite de quelques conservateurs trop compromis dans les actes du régime de Vichy et qui vont se rassembler autour de A.Pinay), que l'idée de la planification aboutira. Il faut souligner le rôle majeur d'un Jean Monnet, créateur du "commissariat au plan", structure nouvelle composée de techniciens de l'économie, et qui fourniront aux pouvoirs publics le maximum des données indicielles nécessaires aux choix essentiels. On peut en outre noter à la même époque la création par Debré de l'Ecole Nationale d'Administration (ENA), pépinière des futurs "technocrates" et point de départ d'une carrière qui ne passera plus exclusivement par les cursus des élections locales. La carrière de l'énarchie est celle des grands corps de l'Etat.

 

On assiste par ailleurs à la nationalisation des secteurs vitaux de l'économie française (chemins de fer, charbonnage, etc...), qui doivent être le soutien principal d'une politique économique nationale (à l'exception de Renault, nationalisée en régie d'Etat à cause de l'attitude "incivique" de son fondateur pendant l'occupation). Ce mouvement inspirera toutes les lois de nationalisation en France jusqu'en 81.

 

Planification certes, mais fondée sur la souplesse et l'incitation, qui exprime la volonté des pouvoirs publics de rendre plus cohérent le développement économique du pays. Cette volonté est claire: assurer les grands équilibres financiers et physiques, rechercher l'optimum économique qui ne soit pas simplement un assemblage de diverses prévisions dans les secteurs publics et privés. De plus, l'aspect humain n'est pas négligé, loin de là. Plus tard, passé le cap de la reconstruction proprement dite, les secondes étapes seront celles de l'aménagement du territoire et de la régionalisation (à la fin des années 60). Seront ensuite abordés les thèmes essentiels du chômage et de l'inflation. Priorité étant donnée aux thèmes les plus brûlants. Les administrations s'appuieront sur les services de l'INSEE, utilisant un nouvel "outil" privilégié: la comptabilité nationale réactualisée en 1976, puis les moyens plus récents que sont l'informatique et les techniques économétriques (plan FIFI (physio-financier), 6° Plan).

 

Planification concertée et empirique enfin, où les divers partenaires sociaux jouent un rôle non-négligeable au travers d'institutions spéciales telles le "Conseil économique et social". Le plan se veut une "étude de marché"  -sous l'impulsion d'un homme comme P.Massé-  à l'échelle nationale, imposant un axe de développement conjoncturel, éventuellement corrigé par des "indicateurs d'alerte", ou des clignotants (ex: les hausses de prix) dans un but de compétitivité internationale.

 

les risques du néo-saint-simonisme

 

Conclusion. On constate indubitablement une étatisation progressive de l'économie. Mais "étatisation" ne signifie pas obligatoirement, dans l'esprit des réformateurs et dans les faits, "nationalisation" de la production. La bureaucratisation est plutôt le phénomène majeur de cette étatitation. Relire à ce sujet l'ouvrage de Michel Crozier: La société bloquée. Cette "étatisation" se traduit en effet par la lutte de nouveaux groupes de pression: côteries politico-administratives, financières, patronales, syndicales enfin. Chacun de ces groupes étant axés sur la défense d'intérêts "corporatistes" plus que sur le souci d'intérêt national. Le jeu particulier de firmes "nationales" préférant traiter avec des multinationales, relève de cette philosophie de la rentabilité qui rejette le principe précédent.

 

La contestation de Mai 68 a pu jouer le rôle de révélateur de cette réalité. La société française, troublée par une urbanisation anarchique, une pollution croissante, a pris alors conscience de la perte d'une "qualité de vie". Enfin, au plan international, l'interdépendance croissante des économies, la dématérialisation progressive des relations financières victimes du dollar, ont pu montrer la relativité des objectifs poursuivis par les planificateurs français. Aidée en France par un courant saint-simonien de plus en plus puissant, cette évolution a précipité la dilution politique du pays; la collaboration entre les nouveaux gestionnaires et les puissances financières a aggravé incontestablement cette situation. N'y aurait-il pas alors une "divine surprise " des années 80: celle du rapprochement entre les derniers néosocialistes et les nationalistes conséquents (éloignés du pseudo-nationalisme mis en exergue récemment par les média) sous le signe du "Politique d'abord" ...

 

Pierre-Jean BERNARD.