mardi, 20 janvier 2026
Quels droits humanitaires en Venezuela et en Iran? Les changements de régime servent à sauver le petrodollar

Quels droits humanitaires en Venezuela et en Iran?
Les changements de régime servent à sauver le petrodollar
De Glauco Benigni
Source: https://comedonchisciotte.org/ma-quali-diritti-umanitari-...
Il est très difficile de défendre pleinement à la fois le gouvernement de Maduro et celui des ayatollahs de Téhéran… Les raisons pour lesquelles les États-Unis cherchent à évincer le premier et planifient en ce moment même de réattaquer et d’éliminer le second sont multiples et de nature variée. Restons-en aux motifs « éthiques, humanitaires » et « économiques, géopolitiques ».
La narration dominante est que l’Occident, dirigé par son shérif affairiste, veut rétablir l’ordre et la Pax Americana dans ces nations pour des raisons humanitaires. Malheureusement, cette argumentation, même si elle est partiellement vraie, n’est qu’un prétexte et permet d’ouvrir un débat médiatique qui détourne de la véritable raison principale, à savoir le motif économique et géopolitique, basé sur la « crise du dollar américain et l’immense dette publique de l’empire ».
Tant que l’Occident considérera que 38 trillions de dollars de dette publique ne sont pas aussi scandaleux qu’un régime autoritaire, mais tolérables pour la planète, le focus restera uniquement sur le premier aspect : « intervenir pour redonner la liberté aux peuples opprimés », un mantra qui ne convainc plus personne sauf ceux qui animent les talk-shows et qui titrent dans les journaux.
La réalité est différente : la dette publique américaine doit, pour continuer à tenir debout, même avec des béquilles et en vacillant, avoir un dollar qui conserve sa caractéristique de « monnaie de réserve mondiale ». C’est seulement ainsi qu’il y aura encore quelqu’un qui achètera des obligations américaines, contribuant à justifier l’existence d’une dette publique monstrueuse. Mais pour rester « hégémonique », le dollar américain doit continuer à être utilisé comme monnaie privilégiée dans les échanges commerciaux mondiaux, notamment pour l’achat et la vente de matières premières et de ressources énergétiques, en premier lieu le pétrole. C’est ainsi depuis 50 ans !

Cette « pratique », appelée « la loi du petrodollar », imposée en 1973-74 aux pays de l’OPEP puis au reste du monde, suite à un accord entre Kissinger et le monarque saoudien de l’époque, a justifié l’émission à l’envi de dollars par la Fed parce que chaque trésorerie devait disposer de billets verts pour faire face aux urgences et aux achats énergétiques, acceptant ainsi d’acheter les «fiches dollar – monnaie imprimée».
Les deux premiers dirigeants qui ont tenté de briser cet accord, en proposant de vendre du pétrole dans d’autres monnaies, furent Saddam Hussein et Kadhafi. Vous vous souvenez de ce qu’il est advenu d’eux?
En 2012, l’Iran a commencé à vendre du pétrole en roubles et en yuans, et quelques analystes américains importants ont écrit «c’est la fin d’une ère». Par la suite, d’autres pays producteurs de pétrole, dont la Russie, ont commencé à vendre en monnaies différentes du dollar. Le Venezuela vend depuis des années en yuan à la Chine, et depuis 2024, l’Arabie saoudite, qui a refusé de renouveler le pacte du petrodollar après 50 ans, vend aujourd’hui du pétrole en diverses monnaies.
Il se trouve aussi que tous ces pays occupent des positions importantes dans la zone BRICS+ : le conglomérat géopolitique qui se révèle être l’Antagoniste du IIIe millénaire par rapport à l’Empire américain d’après la Seconde Guerre mondiale.
Faites le calcul : si le Venezuela et l’Iran, deux des plus grands producteurs de pétrole au monde, continuent à vendre leur «or noir» dans d’autres monnaies que le dollar, et si (comme actuellement) ils vendent via la Chine aux pays de la zone BRICS+, et si, de plus, la part du yuan dans le commerce mondial continue de croître… combien de temps l’hégémonie du dollar américain pourra-t-elle encore durer avant que Washington ne soit ensevelie sous la montagne de papier que seraient les dollars?

Voici donc la véritable raison qui oblige, littéralement « force », les États-Unis, à tenter un changement de régime, tant en Venezuela qu’en Iran, dans l’espoir d’enrayer l’hémorragie qui a frappé leur monnaie.
L’objectif était aussi de changer de régime en Russie en l’encercant, mais ils se sont enlisé avec toute l’OTAN. L’idée est : « Changer aussi de régime en Arabie saoudite ? » Je ne sais pas. Mais si cela continue ainsi, rien n’est exclu.
Bien entendu, si la situation évolue ainsi, la Chine et la Russie ne resteront pas à regarder. Nous pourrions être très proches de la fin. Jusqu’à la chute de Maduro, on aurait dit que les trois tsars avaient tracé les contours d’un nouveau Yalta. Aujourd’hui, on ne sait plus si Trump est contraint de faire ce qu’il fait, avec toutes les conséquences que cela implique. Attachez votre ceinture, car nous entrons dans une zone de fortes turbulences.
Espérons que tout ira bien.
20:22 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : regime change, iran, venezuela, petrodollar, actualité |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook
Joseph Stiglitz et le déclin de l’Europe

Joseph Stiglitz et le déclin de l’Europe
Andrea Marcigliano
Source: https://electomagazine.it/stiglitz-e-il-declino-delleuropa/
Joseph Stiglitz n’utilise pas de périphrases. Il ne tourne pas autour du sujet. Il va droit au cœur de la question.
L’euro a échoué dans sa seule et essentielle mission: favoriser l’unification, politique et économique, de l’Europe.
Et il a échoué parce qu’il a été totalement soumis aux intérêts particuliers des lobbies financiers et des pays individuels, totalement indifférents à l’intérêt commun.

Au contraire, ils ont agi dans le sens opposé à celui de l’intégration européenne. Ils ont exploité l’euro sans jamais initier un processus d’intégration politique, pourtant nécessaire.
Une évaluation extrêmement sévère. Surtout parce qu’elle ne vient pas d’un quelconque idéologue, mais d’un Prix Nobel d’économie. De plus, d’origine démocratique, avec Keynes comme référence.
Bien sûr, Stiglitz a reçu le Nobel pour la microéconomie.
Mais, avec le temps, il a commencé à s’intéresser de plus en plus aux grands problèmes, économiques certes, mais aussi politiques et sociaux.

Il est devenu une référence pour tous ceux, notamment en Europe, qui contestent cette union… abstraite. Qui ne tient pas compte des peuples et des hommes réels.
Aujourd’hui, Stiglitz, qui est de formation démocrate, est considéré comme une référence aussi bien par les formations populistes/conservatrices européennes que par la gauche radicale. Autrement dit: par ceux qui ne sont pas du tout satisfaits de cette Europe.
Il n’a pas changé, cependant. Il reste, fondamentalement, un démocrate américain, influencé par la pensée de Keynes. Et totalement éloigné de ceux qui, d’un côté ou de l’autre, voudraient le pousser vers une dérive politique.
Après beaucoup d'errances et de réflexions, Stiglitz en est arrivé à une conclusion:
L’Europe, l’Union européenne, a échoué dans sa mission. Et trahi son destin.
Il ne reste donc que deux options.
La première est très improbable. Pour ne pas dire impossible. Réformer radicalement l’Union européenne. Lui donner une autre forme. Faire de l’euro un instrument d’unification politique.
Ce qui est empêché par la volonté des pays européens eux-mêmes. Trop liés à leurs intérêts particuliers. Un petit commerce fermé.
Surtout celle de l’Allemagne et des pays du Nord. Qui ne veulent pas la croissance économique et politique du Sud, des pays en développement.

Et donc, à défaut de cette option, il ne reste que l’autre:
Renoncer à l’euro. Mettre fin à l’expérience de la monnaie commune. Qui s’est révélée pire qu’un échec. Qui s'est révélée néfaste.
Cette décision, selon Stiglitz, n’est ni facile ni indolore. Mais elle est possible, car l’euro n’a que vingt ans. Peu, mais suffisamment pour en constater l’échec.
Il faut donc mettre fin à cette expérience négative. En payant, certes, un prix élevé. Mais moins coûteux et douloureux que de continuer sur une voie erronée.
Abandonner l’euro, donc. Et repartir à zéro.
Vingt ans, dit-il, ce n’est pas grand-chose. Presque rien. Nous sommes encore à temps pour inverser cette tendance au déclin.
Avant qu’elle ne devienne un précipice.
19:54 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : joseph e. stiglitz, actualité, europe, euro, affaires européennes, économie, union européenne |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook
L’Inde propose d’interconnecter les monnaies numériques pour contourner le dollar

L’Inde propose d’interconnecter les monnaies numériques pour contourner le dollar
Source: https://mpr21.info/india-propone-interconectar-las-moneda...
La Reserve Bank of India a présenté une proposition au gouvernement de New Delhi pour relier les monnaies numériques des banques centrales des pays du BRICS, facilitant ainsi les transactions commerciales et touristiques entre ces économies émergentes. Cette initiative, qui pourrait figurer à l’ordre du jour du sommet des BRICS de cette année, qui se tiendra en Inde, représente une étape supplémentaire dans la quête du bloc pour une autonomie financière par rapport au système monétaire international dominé par le dollar.
La proposition de la banque centrale indienne intervient à un moment où les technologies financières numériques se positionnent comme des alternatives crédibles aux systèmes de paiement traditionnels. La banque recommande que ce sujet soit au centre du prochain sommet des BRICS, ce qui pourrait constituer la première fois qu’un tel projet est officiellement débattu au niveau des chefs d’État et de gouvernement du bloc.

L’interconnexion permettrait aux monnaies numériques émises par les banques centrales de chaque pays membre de communiquer entre elles, créant ainsi un réseau de paiement transfrontalier direct. Les secteurs du commerce bilatéral et du tourisme font partie des bénéficiaires potentiels immédiats de ce système, qui élimine les multiples conversions de devises et réduit les coûts de transaction pour les entreprises et les voyageurs se déplaçant entre ces pays.
L’initiative s’inscrit dans un mouvement plus large vers une plus grande indépendance vis-à-vis des mécanismes financiers établis. Depuis leur création, les pays membres du bloc partagent le désir commun de construire un ordre mondial distinct, défiant l’hégémonie des puissances occidentales dans les affaires internationales. Leur objectif principal est de rééquilibrer la dynamique de pouvoir au sein des institutions financières mondiales, en particulier le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, où leur poids économique et démographique réel n’est pas proportionnellement reflété dans les processus décisionnels.

Les pays du bloc défendent les principes de souveraineté et de non-ingérence, s’opposant notamment à l’utilisation des systèmes de paiement internationaux comme instruments de pression politique. Les sanctions économiques occidentales, qui dépendent en grande partie du contrôle des flux financiers en dollars, ont renforcé la détermination des BRICS à développer leur propre infrastructure. La création de la Nouvelle Banque de Développement en 2014 a déjà été une manifestation concrète de cette stratégie d’autonomie financière, permettant aux pays émergents de financer leurs projets de développement sans dépendre exclusivement des institutions occidentales.
Ce type de coopération dépasse les questions purement monétaires et vise à établir des plateformes alternatives pour l’échange économique et politique, réduisant progressivement la dépendance structurelle aux monnaies et systèmes de paiement traditionnellement dominants.
La proposition indienne se base sur les conclusions du sommet des BRICS de 2025 à Rio de Janeiro, où les pays ont explicitement demandé à renforcer l’interopérabilité entre les systèmes de paiement nationaux des États membres. Cette déclaration collective a posé les bases d’une coordination accrue dans le domaine de l’infrastructure financière numérique, en reconnaissant le potentiel transformateur des technologies de monnaies numériques.

Plusieurs pays du bloc ont déjà réalisé des avancées significatives dans le développement de leurs propres monnaies numériques émises par des banques centrales. La Chine expérimente depuis plusieurs années avec son yuan numérique, tandis que l’Inde a lancé son roupie numérique en phase pilote. Ces expérimentations créent les conditions techniques nécessaires pour envisager une intégration régionale des systèmes.
La Banque centrale indienne a déclaré publiquement que ces efforts ne visent pas à promouvoir la dédollarisation du commerce international, une déclaration très prudente qui contraste avec l’impact potentiel évident de ce système sur l’utilisation du dollar américain dans le commerce entre économies émergentes. Il s’agit d’une stratégie diplomatique visant à éviter une confrontation directe avec Washington.
19:35 Publié dans Actualité, Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, économie, inde, dédollarisation, brics |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook
Asservie, dépouillée, déshonorée: comment l'Europe est devenue un jouet des États-Unis

Asservie, dépouillée, déshonorée: comment l'Europe est devenue un jouet des États-Unis
Günther Burbach
Source: https://overton-magazin.de/hintergrund/politik/erpressbar...
L'Europe se trouve en 2025 à un tournant géopolitique, et personne ne semble vraiment vouloir l'admettre. Le nouvel accord commercial avec les États-Unis, orchestré par la présidente de la Commission Ursula von der Leyen et ratifié par le chancelier Friedrich Merz, montre crûment ce qui est désormais une réalité : l'Europe n'est plus un partenaire, mais une suppliante.
Et Donald Trump ne le cache pas. Au contraire: il nous le montre en direct, sans aucune politesse diplomatique, sans souci de perdre la face. Et le pire dans tout ça: nos gouvernements applaudissent. Cela aurait pu être encore pire, pense-t-on, mais est-ce vraiment le cas? Il ne s'agit plus de tarifs douaniers, que certains messieurs à Washington annoncent à leur guise devant les caméras de télévision. Il s'agit de l'Europe, autrefois puissance économique majeure. Il s'agit du fait que cette ancienne puissance économique n'a rien d'autre à offrir qu'Ursula von der Leyen, qui vend une humiliation totale comme un bon accord.
1. Le nouvel accord : capitulation annoncée
Le 27 juillet 2025, Trump et von der Leyen ont présenté un traité commercial censé protéger l'UE de tarifs plus élevés. En réalité, il s'agit d'un traité unilatéral en faveur des États-Unis. Alors que l'Europe devra désormais importer du gaz de schiste américain pour une valeur de 750 milliards de dollars et s'engage à investir 600 milliards, les produits américains restent en grande partie sans droits de douane. En échange, l'UE accepte des droits de douane punitifs de 15 % sur ses principales exportations: voitures, machines, semi-conducteurs. Trump parle de «balance», mais en vérité, c'est un tribut. Il reste à voir comment notre industrie automobile déjà fragilisée pourra s'en sortir.
Ce « compromis » a été salué par les médias transatlantiques comme une concession. En réalité, c'est l'expression d'une soumission totale. L'Europe paie pour ne pas être punie, et elle vend encore cette situation comme un succès diplomatique.

2. La protection militaire comme arme – La menace du parapluie
Les États-Unis assurent la défense militaire de l'Europe, notamment nucléaire, ce qui constituait un consensus tacite depuis des décennies. Mais Trump a brisé ce consensus publiquement. Déjà en 2020, il mettait en doute l'OTAN, et en 2024, il exigeait que «les pays qui ne paient pas se débrouillent eux-mêmes». Aujourd'hui, il exige clairement: l'Europe doit payer, sinon le parapluie sera replié.
Que cela signifie-t-il?
- L'accès aux armes nucléaires américaines reste entièrement sous contrôle de Washington.
- Les garanties en matière de cybersécurité sont également politiquement conditionnées.
- La logistique militaire, les satellites, les systèmes d'alerte précoce, sans accès américain, sont pratiquement inaccessibles.
L'Europe dépend, sur le plan militaire, d'une pompe à essence. Et cette pompe est maintenant utilisée pour forcer une soumission politique et économique. Et cela va encore s'aggraver, car avec ces nouveaux accords d'armement, on deviendra encore plus dépendant des États-Unis. On se demande vraiment dans quelles têtes de telles affaires peuvent avoir un sens. Des logiciels américains contrôlent tout, et le grand frère est dans chaque PC, chaque caméra ou autre système en Europe. Ce que cela signifie, nous en avons un aperçu avec Trump. Mais tout cela semble sans effet, non, cela ne fait que rapprocher encore plus l'Europe du grand frère. L'Europe attend apparemment d'être punie par Trump par le biais de nouvelles escapades.
3. La séparation prévue : comment les États-Unis ont détaché l'Europe de la Russie
Ceux qui pensent que la guerre en Ukraine est une escalade accidentelle se méprennent sur les intérêts stratégiques de Washington. Depuis 2014, la politique étrangère américaine a travaillé à couper la Russie de l'Europe, en déployant des efforts colossaux.
- Après Maidan, plus de 5 milliards de dollars ont été investis dans la «promotion de la démocratie» en Ukraine (Victoria Nuland, 2014).
- Les États-Unis ont fourni des armes, formé l'armée ukrainienne selon des tactiques occidentales, et ancré la doctrine de l'OTAN dans le dispositif de sécurité du pays.
- De nombreuses ONG, think tanks et conseillers proches des États-Unis ont été systématiquement installés à Kiev. Le pays a été politiquement, économiquement et médiatiquement intégré à l'Occident, sans adhésion à l'OTAN, mais avec une orientation claire.
- Depuis 2016, des centaines de millions de dollars d'aide militaire ont été versés chaque année. Avec la guerre de 2022, cette aide a atteint des montants à deux chiffres en milliards, incluant des bombes à dispersion, des systèmes Patriot, des entraînements Black Hawk.
La Russie a été isolée, Nord Stream a été saboté, les canaux diplomatiques coupés, l'objectif étant de séparer durablement l'UE de Moscou. Gagnants: les États-Unis. Perdants: l'Europe, qui, depuis lors, achète du gaz de schiste américain à des prix exorbitants et perd sa base industrielle.

4. La classe politique : gestion d'une impuissance
Que font les principaux politiciens européens? Ils gèrent, dissimulent, masquent, mais ne contestent pas. Ursula von der Leyen, qui est très bien connectée transatlantiquement, agit comme une ambassadrice de Washington. Friedrich Merz, ancien de BlackRock, aujourd'hui chancelier, défend les tarifs de Trump comme une «impulsion de modernisation». Emmanuel Macron critique prudemment, mais reste finalement muet. Critique de l'OTAN, des sanctions américaines ou de la désindustrialisation par les prix de l'énergie? Nada.
Les élites européennes font ce qu'elles ont perfectionné depuis des années: afficher une posture, sans agir. Elles emploient un vocabulaire bienveillant, qui se brise face à la réalité. Et elles confondent loyauté transatlantique avec irresponsabilité envers leur propre population.
5. Dépendance totale dans tous les secteurs
- L'Europe utilise quasi systématiquement l'infrastructure logicielle américaine : Microsoft, Amazon Web Services, Palantir.
- Défense : F-35, systèmes de défense antimissile, avions de transport, tout est américain.
- Énergie : le gaz liquéfié américain domine les projets de construction à Wilhelmshaven, Brunsbüttel, et ailleurs.
- Finances : le dollar reste la monnaie de référence, tandis que SWIFT et les sanctions américaines dictent ce que les banques européennes peuvent faire.
Chacun de ces secteurs est une arme potentielle, et Trump le sait. Il ne menace même pas subtilement. Il le dit ouvertement. Et l'Europe? Elle reste silencieuse.
6. Et si tout s'arrêtait vraiment demain ?
Imaginons que Trump exige: «Deux mille milliards d'euros par an, sinon il n'y aura pas de protection». Pas d'accès à l'infrastructure militaire. Pas de dissuasion nucléaire. Pas de bouclier cybernétique. Pas de satellites. Pas d'accès aux plateformes économiques américaines. Pas de coopération avec les services de renseignement militaires.
Que reste-t-il à l'Europe? La dépendance pure et simple. Pas de plan B, pas d'autonomie stratégique, pas d'alliance en dehors du périmètre américain. La France? Seule. L'Allemagne? Désarmée sur le plan militaire. L'OTAN? Un corps creux sans noyau américain.

7. L'Europe doit agir maintenant – ou sombrer
Le temps de l'hésitation est terminé. Soit l'Europe comprend enfin qu'elle ne survivra qu'en tant qu'acteur indépendant, soit elle restera un protectorat. Les mesures :
- Construire une structure de défense souveraine avec la France, l'Italie, la Scandinavie.
- Créer un commandement européen cybernétique sans technologie américaine.
- Autonomie énergétique grâce à des partenariats stratégiques avec l'Afrique, l'Asie, l'Amérique latine.
- Souveraineté numérique avec ses propres clouds, puces, standards.
- Névrose diplomatique : rétablir des canaux diplomatiques avec la Russie, sans œillères idéologiques.
Conclusion : Trump n'est pas le problème. Il est le miroir. Le reflet d'une Europe qui a oublié comment fonctionne l'indépendance. Nous nous sommes dégradés en partenaire junior, par peur, par confort, par inertie idéologique. Il est désormais trop tard pour la politesse.
L'Europe doit sortir de sa dépendance, sinon elle deviendra une coquille vide sur le plan géopolitique. L'Europe ne doit rien à personne, sauf à ses citoyens.
Sources :
Victoria Nuland, 2014: https://2009-2017.state.gov/p/eur/rls/rm/2014/mar/222718....
RAND Corporation, 2019: „Extending Russia“ https://www.rand.org/pubs/research_reports/RR3063.html
AP News, Juli 2025: https://apnews.com/article/cb323423c4317c89410c0dee3d389753
FT zu US-Zollpolitik: https://www.ft.com/content/11aa3964-5460-405f-981b-9d284f...
The Guardian, 28.07.2025: https://www.theguardian.com/commentisfree/2025/jul/28/eu-...
Günther Burbach, né en 1963, est informaticien, journaliste et auteur. Après avoir tenu sa propre chronique dans un hebdomadaire, il a travaillé à la rédaction du groupe Funke Mediengruppe. Il a publié quatre livres consacrés principalement à l'intelligence artificielle et à la politique intérieure et étrangère allemande. Dans ses textes, il allie une compréhension technique à une vision sociopolitique, toujours dans le but de susciter des débats et d'aiguiser le regard sur l'essentiel.
11:13 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, europe, affaires européennes |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook

