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vendredi, 11 janvier 2013

L’immigration, cheval de Troie des puissances étrangères...

L’immigration, cheval de Troie des puissances étrangères...

Jean-Yves Le Gallou

Boulevard Voltaire cliquez ici

L’immigration est un boulet. Un boulet pour l’économie : elle pèse sur les déficits, elle aggrave le chômage. Un boulet social : elle tire les salaires à la baisse. Un boulet sécuritaire : inutile d’en dire plus… L’immigration est aussi devenue un vecteur d’influence pour les puissances étrangères.

Les grandes métropoles régionales et les principales villes moyennes se couvrent de minarets coiffant de grandes mosquées. Cet islam conquérant n’est en rien spontané. Derrière chaque construction et chaque imam, il y a l’argent et l’influence d’une puissance étrangère : Maroc, Algérie, Turquie, pétromonarchies du Golfe persique.

Le petit Qatar – peuplé à plus de 80 % d’immigrés sans le moindre droit — est encore allé plus loin : il s’est engagé à financer le développement d’entreprises ethniques en Seine-Saint-Denis.

Mais les pays musulmans ne sont pas les seuls à jouer à ce petit jeu. L’hyperpuissance américaine est aussi omniprésente dans les banlieues françaises. Nommé à Paris, en 2009, par Obama, l’ambassadeur Rivkin s’est donné pour priorité d’exercer l’influence des États-Unis sur les banlieues de l’immigration. Les sites islamiques Oummah et Saphir ont reconnu leurs bonnes relations avec l’ambassade américaine. Le Bondy blog, qui bénéficie d’une notoriété médiatique parfaitement artificielle, a reçu la visite médiatisée de l’ambassadeur américain accompagné de l’acteur noir Samuel Johnson. Les voyages transatlantiques payés par le département d’État ou les agences américaines se multiplient : rappeurs américains venant en banlieue, jeunes pousses économiques et politiques invitées aux États-Unis. La ministre Najat-Belkacem est elle-même un produit de la French American Foundation.

Dans son activité d’influence en direction des milieux immigrés, l’ambassadeur est assisté par Mark Taplin : un diplomate d’expérience spécialiste du soft power qui a exercé ses talents en Russie (à l’époque d’Eltsine) puis en Ukraine, Moldavie et Biélorussie de 1999 à 2004 (à l’époque de la « révolution de couleur » en Ukraine). Voilà qui est clair !

Egobody: la fabrique de l'homme nouveau

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Robert Redeker : Egobody

La fabrique de l’homme nouveau

par François-Xavier Ajavon

Ex: http://www.actu-philosophia.com/

Depuis plusieurs dizaines d’années le philosophe Robert Redeker frappe de sa sagacité des sujets aussi divers que le sport [1] ou le progressisme [2], et n’hésite pas à explorer des thématiques singulières telles que le sens d’un gimmick électoral (le « Yes we can » d’Obama) [3] ou la question du rapport entre philosophie et état dépressif [4]. Ecrivant de longue date dans Les Temps Modernes (la revue fondée par Sartre et dirigée par Claude Lanzmann), le philosophe s’est toujours inscrit dans une démarche humaniste et voltairienne, particulièrement cohérente, qui l’a conduit en 2006 à dénoncer – dans les colonnes du Figaro à travers une tribune vitriolée [5] - les intimidations islamistes récurrentes visant à atteindre le principe de laïcité qui fonde notre République. La suite est connue et a fait, contre son gré, de Redeker une figure médiatique : un débat public passionné autour de la libre parole sur les religions, une hystérie médiatique inextinguible [6], et surtout l’efflorescence nauséabonde de maintes menaces de mort à l’encontre du philosophe. Frappé d’une « fatwa » prise très au sérieux par les autorités, Redeker a été placé depuis le début de l’ « affaire » sous constante surveillance policière. Ayant été contraint de renoncer à son poste d’enseignant, Redeker poursuit son travail philosophique solitaire dans le contexte du CNRS. Dans les colonnes du journal régional La Dépêche du Midi il expliquait en mai dernier ses conditions de vie : « Pendant mes vacances dans le Gard, l’été dernier, trois policiers m’ont accompagné dans tous mes déplacements privés (…) Je travaille beaucoup chez moi. J’ai un bracelet électronique. S’il m’arrive quelque chose, cela se sait immédiatement… » [7] C’est dans ces révoltantes conditions de vie et de travail que le philosophe traqué, vivant comme un fugitif, a rédigé la matière de son piquant essai Egobody, la Fabrique de l’homme nouveau paru chez Fayard. Raison de plus pour s’y intéresser. Prolongeant le propos énoncé dans un article publié par Le Monde dès 2009 [8], Robert Redeker a l’ambition dans cet ouvrage de donner le portrait le plus exact de l’homme moderne, tel qu’il le perçoit dans la plus appréciable des lucidités : l’egobody, confondant son âme et son moi avec son corps. La démarche de l’auteur, s’intéressant aux multiples facettes de la vie contemporaine qui sont susceptibles de forger le nouvel « homme nouveau » (par l’alimentation, le sport, la publicité, les médias, etc.), s’inscrit dans un projet intellectuel ayant pour ambition de « reconstruire l’anthropologie philosophique » [9]. Redeker constatant que depuis trop longtemps la philosophie, « honteuse d’elle-même » [10], ne s’approprie plus directement la question de l’homme en la laissant à la science, estime qu’elle doit reprendre la main, et en revenir à l’horizon des Lumières et de Kant, pour qui l’interrogation « Qu’est-ce que l’homme ? » était centrale.

Pour Redeker, répondre à cette question, c’est d’abord comprendre quelles mutations ont pu conduire au développement d’egobody et à sa fulgurante multiplication, sous toutes les latitudes et longitudes du globe, du fait de l’horreur artificielle et presque industrielle de sa reproductibilité universelle et absolue. L’egobody (dont Redeker « scanne » [11] bien des aspects dans son essai et en livre maints visages : depuis la quinquagénaire obsédée par son apparence, ivre de jeunisme et refusant de vieillir, jusqu’aux interchangeables créatures du showbiz, ultra-formatées, en passant par les sportifs ayant renoncé à l’âme pour un vulgaire « mental »…) n’obéit pas à une logique politique, mais purement industrielle. En ce sens il n’y a pas de lien entre ce pathétique egobody, et le sinistre « homme nouveau » tel que les théoriciens du III ème Reich, par exemple, le rêvaient. « Le corps nouveau contemporain n’est pas sculpté par le volontarisme politique, mais s’est développé à l’écart du politique » [12]. La « dictée du corps », selon la belle expression de Redeker ne vient plus d’une église imposant des normes, des interdits, ou bien de l’idéologie d’un parti, projetant le déploiement de cohortes unifiées d’individus-objets ; cette dictée vient de la publicité (entendue en ces termes par l’auteur : « Tout ce qui est mis en scène devant un public dans un espace collectif ouvert (sport, télévision, show-business, érotisme commercial, cinéma) » [13]). Redeker nous fait donc le portrait d’un homme nouveau vivant à travers le « miroir » des écrans. Non seulement dépendant des productions médiatiques, mais puisant dans cet imaginaire souvent formaté par le marketing et le langage des annonceurs, des clés pour mener sa propre barque dans le monde : « le téléspectateur est un pervers narcissique téléchargeant son logiciel comportemental. En regardant ces écrans, il se donne inconsciemment un objectif : je dois coller à mon image, telle qu’elle apparaît sur ces écrans » [14]. Ailleurs, et sur la base d’une analyse parfois moins pertinente, l’auteur voit egobody comme prisonnier de l’informatique (et spécifiquement d’Internet) et de leurs logiques de flux informationnels traversant perpétuellement les individus. En tant qu’homo numericus [15], l’homme moderne se croit hyper-connecté à une vie sociale qui est en réalité absente : « Dans les cybercafés, il décline son identité collective comme geek. On le voit rivé à des écrans, relié, même dans la rue, à des câbles dont il paraît un prolongement, pianotant des SMS, communiquant partout et toujours » [16]. Egobody, dont le corps a englouti l’âme, et dont le corps même est réduit à un petit tas d’octets [17] trouve son existence ultime – et la moins consistante - sous la forme d’un avatar de réseau social. Redeker analyse même en détail, sur tout un chapitre, le phénomène Facebook : « (ceci) cristallise la révolution anthropologique dont traite ce livre » [18]. Egobody tombe dans le piège que lui tend la cybernétique et feint de croire que l’informatique est un simple outil, à la neutralité inoffensive, alors que – d’après l’auteur – ces nouvelles technologies réorganisent en profondeur nos façons de penser, et influent sur nos grilles de lectures du monde.

 

Mais egobody est avant tout transformé directement dans sa chair, et doit se saisir comme un individu qui a presque muté. Un individu devenu OGM par l’effet, d’abord, de la nourriture qu’il ingère : « Par le biais de la nourriture, le monde industriel a pénétré, par capillarité, dans notre moi biologique, a pris possession de notre corps et l’a transformé » [19]. Les aliments modernes, à la fois sur-contrôlés sur le plan des risques sanitaires, aseptisés, comportent aussi un certain nombre d’additifs chimiques dont ne connaît pas toujours les effets à long terme ; et qui« maçonnent » [20] savamment le corps d’egobody, sans que ce dernier en ait toujours conscience. Enfermé dans un culte délirant de son enveloppe charnelle, l’homme nouveau exige que la santé apporte à ce corps sacralisé une jeunesse éternelle. La santé rêvée par egobody doit – en somme – abolir la perspective de la maladie, du vieillissement, de la déchéance et de la mort. « Dangereuse santé qui voudrait jeter aux oubliettes notre condition humaine, qui voudrait nous faire oublier que nous ne sommes que des hommes » [21]. A travers sa mystique de la santé, egobody en rupture avec le christianisme, ne vise pas une immortalité post mortem par la voie de la résurrection, mais une forme « d’immortalité ante mortem » [22] matérialiste.

pt.jpgDès lors, débarrassé du souci fondamental de vivre, c’est-à-dire essentiellement de se préparer à l’idée de mourir, egobody, réduit à un corps formaté par les écrans, n’a plus qu’à simplement jouir. Jouir par le divertissement qui est son « tropisme principal » et l’enfonce toujours plus dans un quotidien « lunaparkisé » [23], hyperfestif et faussement joyeux. Jouir aussi par la sexualité, dont egobody est sommé d’en faire un « étendard » [24]. Redeker se moque des dernières déclarations de l’Abbé Pierre, se sentant obligé de révéler que malgré sa grande fidélité à Dieu, et à ses vœux de jeunesse, il avait cédé dans la fraîcheur nécessairement positive de son adolescente au plaisir de faire l’amour [25]. « Dernier substitut trouvé au Salut, la sexualité a en effet été récupérée par le discours hygiéniste, qui le présente comme un facteur de santé ». Fini, donc, pour egobody, ce délicieux et inégalable sentiment de se perdre dans la luxure… Egobody ne croit plus en Dieu, ni au diable, ni au péché originel. Il n’est plus qu’une enveloppe corporelle, et la sexualité ne devient pour lui qu’une simple fonction possible de ce corps-outil.

Se dégage de ce parcours le constat de l’émergence au XXème siècle d’un « homme planétaire » (chapitre XIX), uniformisé, standardisé, co-produit par les médias et les logiques de la société de consommation. Loin de l’idéal d’homme universel rêvé par les Lumières dans le contexte d’un authentique « projet » politique ou philosophique, cet homme planétaire « (résulte) du maillage médiatico-technologique (radio, télé, internet), industriel et commercial, recouvrant toute la terre » [26]. L’homme planétaire – reproductible et interchangeable – ne vit donc même plus pour vivre, mais pour simplement consommer. Mieux, pour faire consommer son corps. Et cela dans la perspective d’une obsessionnelle vie sans fin – inspirée par les médias et veillée par la santé - où les différences individuelles se lisseraient progressivement en un seul et unique type humain. Certainement le dernier de tous [27].

De l’art de dépeindre la modernité. Montaigne décrivait son propre style – et sa façon de faire cheminer sa pensée – comme étant « à sauts et à gambades ». On peut regretter que le fil de la pensée de Robert Redeker soit parfois difficile à suivre par une tendance à la versatilité, quand ce n’est même au papotage. L’auteur a parfois tendance à embarquer dans le flot de sa pensée (dont l’élan est toujours extrêmement stimulant) un nombre abondant de notions et de références hétéroclites – issues d’horizons très divers [28]- qui ne sont pas toujours clairement définies, et dont l’emboitement parfois artificiel pourrait conduire les grincheux à n’être pas convaincus.

Mais c’est là une tendance propre à l’ « essai » d’aller par sauts et gambades, même quand les grands écarts et les entrechats ne sont pas exécutés avec la grâce stylistique d’un Montaigne. Le cheminement que propose Redeker n’en demeure pas moins extrêmement stimulant : le philosophe s’engage dans une démarche parfaitement nécessaire de critique de la modernité, et du modèle humain qu’il engendre, egobody. C’est en ceci que la référence à Philippe Muray inscrite un peu crânement sur l’accroche de la quatrième de couverture se justifie pleinement ; Redeker – sans l’humour et la truculence de l’auteur du XIXème siècle à travers les âges, mais avec des intuitions singulièrement brillantes – fait un salutaire effort de compréhension de l’homme moderne qui, en rupture avec une forme de négativité archaïque, en guerre contre la mort, en révolte contre la vie intérieure, formaté par le sport et les modèles d’humanité inconsistante véhiculées par le show-business, se vautre dans le bonheur artificiel d’une vie sous assistance festive, et dans le fantasme d’une humanité réduite à sa seule vie corporelle. Espérons que Redeker pourra poursuivre avec bonheur sa réflexion plutôt lucide sur le monde moderne, lui qui – ne l’oublions pas – vit comme un fugitif pour avoir cru qu’il était encore possible d’exprimer une opinion libre sur tous les sujets.

Notes

[1] Robert Redeker, Le sport contre les peuples, Editions Berg International, 2002 ; Le sport est-il humain ? Editions du Panama, 2008.

[2] Robert Redeker, Le Progrès ou L’Opium de l’histoire, Editions Pleins Feux, 2004.

[3] « Yes we can », Slogan électoral, Editions Pleins Feux, 2009.

[4] Robert Redeker, Dépression et philosophie : Du mal du siècle au mal de ce siècle, Editions Pleins Feux, 2007.

[5] « Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ? », Le Figaro, 19 septembre 2006.

[6] Dans une « Chronique de la philosophie médiatique » publiée ici même en 2008 nous nous étions intéressé à la pression médiatique pesant sur Redeker « Robert Redeker devant le tribunal du people » : http://www.actu-philosophia.com/spi...

[7] « Redeker : ‘Je vis comme un semi-clandestin’ », La Dépêche du Midi, 12 mai 2010.

[8] « Le nouveau corps de l’homme entre sport, publicité et pornographie », Le Monde, Mercredi 19 août 2009.

[9] Robert Redeker, Egobody, La fabrique de l’homme nouveau, 2010, Fayard, p. 58.

[10] Ibid. p. 57

[11] Le mot est de l’auteur. Ibid. p. 158. Un travail de synthèse rendu obligatoire par ce constat (p. 8) : « Depuis trois décennies s’est imposée l’image d’un homme éparpillé en mille tessons épars ».

[12] Ibid. p. 22

[13] Ibid. p. 23

[14] Ibid. p. 92

[15] Ibid. p. 159

[16] Ibid. p. 86

[17] Malraux parlait de sa vie intime comme d’un « petit tas de secrets ».

[18] Ibid. p. 161

[19] Ibid. p. 16

[20] Ibid. p. 19

[21] Ibid. p. 130

[22] Ibid. p. 114

[23] Ibid. p. 87

[24] Ibid. p. 45

[25] Ibid. p. 46

[26] Ibid. p. 185

[27] A l’appui de sa démonstration concernant « l’homme planétaire » on peut regretter la tentative de réhabilitation opérée par Redeker à propos de l’œuvre de Gobineau, auteur du fameux Traité sur l’inégalité des races humaines (1853), qu’il voit (p. 189) comme un « grand et beau livre ». Difficile de le suivre dans son invitation à « ôter le substrat racialiste hiérarchisant de sa pensée », même si cette dernière permet d’illustrer la question du métissage. Une figure du métis que Redeker illustre d’ailleurs de manière un peu irritante – à plusieurs reprises – par la figure du président américain Barak Obama. (par exemple p. 30)

[28] Que les âmes sensibles se préparent d’ailleurs, dans l’exploration de l’horizon d’egobody à rencontrer ce que l’on pourrait appeler des « gros bouts » de réalité triviale parfois pénibles tels que : « les Ken et les Barbie » (le mot est de l’auteur) des chaînes d’info continue (p. 29) ; la télé-réalité, Loft-Story « zoo humain » (p. 37) ; la série télé Plus belle la vie (p. 88) ; l’insipide « Cerise » de la pub Groupama (p. 90) ; la série Desperate Housewives (p. 119) et même le film Le grand bleu de l’insupportable Luc Besson, convoqué pour illustrer le sentiment d’ « extase régressive » (p. 155) provoqué par une séance de « surf » sur Internet. Mais c’est peut-être au prix de ces références là que l’on s’approche au plus près de l’univers infernal d’egobody.

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"Egobody" de Robert Redeker

"Egobody" de Robert Redeker

Homo novus festivusque

http://www.lecture-ecriture.com/

egobody---.jpgProfesseur de philosophie et écrivain, R. Redeker se lance dans une virulente polémique: il entend "passer au scanner" l'homme contemporain – baptisé "Egobody"– que nous serions tous devenus "à des degrés divers". Il dissèque cet homme nouveau en l'opposant à l'ancien, disparu selon lui, dans les années 1970. Les riches références philosophiques et religieuses, évitant l'écueil de la déploration moralisante, visent à nous convaincre que nous vivons une "véritable révolution anthropologique": celles du "des-humain", du "neg-humain". Toutes les valeurs, idéaux et interdits qui liaient les hommes et donnaient du sens à l'existence individuelle et collective ont disparu : les 18ème et 19ème ont annoncé la mort de Dieu, du diable et du péché originel; le 20ème celle de l'homme et des idéologies politiques... Face à cet horizon amputé de toute verticalité, de toute métaphysique, la publicité, les industries du divertissement, les nouvelles technologies ont eu le champ libre pour "fabriquer" Egobody: ayant perdu son "âme" – son for intérieur –, il ne distingue plus son "moi" de son corps: ego=body.
   
   • Le philosophe Redeker ramène l'homme moderne à un organisme biologique consommateur et soucieux de sa seule apparence; à un "noeud de connexions" relié par des prothèses (téléphones portables, internet). Son intelligence se réduit à son "mental", asservie à des objectifs productivistes dans l'entreprise, utilitaristes dans l'enseignement. Conditionné à consommer aliments et divertissements industriels, Egobody a perdu toute conscience du temps et de l'espace et ne vit que dans le présent, éternel "adolescent aux cheveux gris"
    
 tumblr_lcgyzwvfTM1qc01tho1_500.jpg  • Prenons du recul! Pour nous alerter, Redeker nous provoque: il cultive l'excès, multiplie les généralisation hâtives et sans nuances, se fait pamphlétaire; toutefois le propos mérite réflexion. "Je suis mon corps" croit Egobody; publicité, champions, mannequins en donnent à voir une image standard: chacun tente de s'y conformer car notre corps constitue notre horizon – limité – : notre projet ne serait que de le garder jeune, séduisant et quasi-immortel. Redeker nous met en garde: cette dictature de l'apparence, les nouvelles technologies, exterminent l'intériorité de l'homme. Convaincus que l'on ne peut plus changer le monde ni se changer soi-même, nous en serions venus à n'avoir pour idéal que notre "épanouissement" personnel, dès que s'interrompt le stress du "labeur" qui, à l'inverse du travail, nous transforme en boule d'énergie sans projet. Or, se prendre soi-même pour fin ne signifie pas être heureux souligne l'auteur. Matérialiste et narcissique, consommateur d'événements festifs propres à combler son vide intérieur, Egobody ne sait plus lutter contre ses travers ni leur résister. Il s'épanouit donc au détriment d'autrui; ainsi le sport est-il dangereux qui, en développant un mental de "gagnant", transforme les partenaires en autant d' ennemis.
   Egobody ploie sous "les" soucis, mais n'a plus conscience "du" souci; il s'éparpille dans "les" loisirs, mais ignore "le" loisir. Il n'entend plus sa voix intérieure qui rappelait à l'homme ancien que la vie est souci, gravité, détresse métaphysique, car permanente conscience de notre mortelle condition. Egobody ignore la valeur du silence et de l'ennui, terreau de la liberté de pensée.
   
   • Cette mutation anthropologique du 21ème siècle aboutit à une négation de l'homme occidental devenu planétaire: désormais tout en corporéïté, en apparence, Egobody n'est plus qu'un "sac de peau" vide.
   Le lecteur balance entre rire et irritation. Certes, exagérer l'impact des tendances contemporaines aide à prendre conscience des risques encourus; mais le propos de Redeker tend à la caricature tant il nie systématiquement toute avancée bienfaitrice de la modernité: on s'interroge lorsqu'il déplore que le pouvoir politique, à défaut d'idéal, ait fait de la santé son objectif, ou que l'on cherche à supprimer la douleur... Mais c'est là aussi le regard nécessaire d'un philosophe sur notre temps: sans doute oublions-nous trop souvent que l'homme n'est, selon Pascal, qu'un "roseau", un corps faible et mortel; mais un "roseau pensant": sa force, propre à lui seul, c'est son "âme", sa voix intérieure, qui lui permet de trouver du sens à son passage sur cette terre.

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Japan op ramkoers met buren

shinzo abe1De Japanse kiezers hebben de conservatieve Liberaal-Democratische Partij (LDP) een erg ruime parlementaire meerderheid bezorgd. Premier Shinzo Abe kan vrijuit een nog meer liberale en militaristische koers varen. Hij zal zonder veel problemen de grondwet kunnen herschrijven om alle pacifistische resten te verwijderen en van Japan een militaire grootmacht te maken, evenwel (voorlopig?) zonder atoomwapens. Buren China, Zuid- en Noord-Korea en Taiwan hebben gegronde redenen tot bezorgdheid.

Hebben de Japanners vooral rond de economische problemen gestemd? Als we de campagne bekijken, ging het nauwelijks over de nucleaire kwestie, Fukushima leek ver weg. De economie, ja, maar Japan zit nu al twintig jaar in de problemen. Sinds de vastgoedzeepbel uit elkaar spatte, kent het vroegere mirakel vooral stagnatie. De jongste tijd wordt het wel erger, met grote industriereuzen die in zware problemen zitten. Maar de campagne draaide ook voor een groot deel rond nationalistische thema’s, en de uitslag weerspiegelt dat.

Militarisme

Abe’s boodschap kwam erop neer dat Japan moet optornen tegen het gevoel van neergang. China verdrong Japan als economische macht van twee naar drie, China bouwt een sterke marine uit terwijl Japan is gehandicapt door een grondwet opgesteld om een herleving van het militarisme te beletten. De buren kijken Japan op de vingers omwille van zijn schoolboeken geschiedenis. Elk bezoek van hooggeplaatsten aan de tempel van Yakasuni, waar ook de stoffelijke overschotten van oorlogsmisdadigers zijn, lokt woedende reacties uit in Oost-Azië.

Die nationalistische campagne sloeg aan. Laten we even de uitslagen bekijken. De Kamer van volksvertegenwoordigers heeft twee soorten gekozenen: er zijn 300 zetels aangeduid per district, met één zetel per district volgens Brits systeem (“winner takes all”). De andere 180 zetels zijn verdeeld volgens nationale lijsten. Vooral met die laatste kan men de percentages van elke partij bekijken.

De LDP haalt met die lijsten 27,8 %, zijn bondgenoten van Komeito (politieke arm van een invloedrijke boeddhistische groep) 11,9 %, samen bijna 40%. Maar de Partij van Nationaal Herstel van de ultranationalistische ex-gouverneur van Tokyo, Shintaro Ishihara, en van de burgemeester van Osaka, Toru Hashimoto, haalt met haar chauvinistische en sterke anti-Chinese campagne 20,5 %. Een groot succes voor een partij die nauwelijks twee maanden bestaat en die de LDP zwaar onder druk zette.

 De Democratische Partij (DP) die drie jaar regeerde en soms als centrumlinks wordt geklasseerd, 15,5 %, de Communistische Partij 6,2%, de Sociaaldemocratische 2,4%. De centrumrechtse “Uw Partij”, afsplitsing van de LDP, staat er met 8,8%.

Ontgoocheld

Dit is een bijzonder rechtse nationalistische uitslag. Veel heeft te maken met de zware ontgoocheling van veel kiezers in de DP die in 2009 een grote meerderheid haalde. Toen was er de grote hoop dat die partij een einde zou maken aan een halve eeuw bijna onafgebroken LDP-bewind. Maar de DP sloeg die hoop de bodem in, het verschil met de LDP was niet groot. De beloofde herziening van de banden met de VS kwam er niet, de staatsbureaucratie bleef oppermachtig, de crisis met de ramp van Fukushima werd zeer halfslachtig aangepakt, de partij was geen echte partij maar bleef een kartel van diverse groepen, de ene afkomstig uit de LDP, anderen van de Socialistische Partij.

Daar kwam bovenop de internationale financieel-economische crisis waar Japan ook de gevolgen van ondervond. De vraag naar Japanse producten stagneerde of daalde, grote bedrijven als Panasonic en Sony raakten in moeilijkheden. Intussen steeg de staatsschuld tot 230% van het BNP en steeg het begrotingstekort tot 10%. Dat 16% van de bevolking onder de armoededrempel leeft en 34 % van de werkenden in een precaire arbeidssituatie verkeert, kwam in de campagne nauwelijks aan bod.

Boeman China

Tot overmaat van ramp leden de Japanse ondernemingen de voorbije maanden ook sterk onder de slechtere relaties met China. Het conflict over de omstreden eilandengroep Senkaku/ Diaoyu leidde aan weerszijden tot hyper nationalistische explosies én tot een gevoelige daling van Japans uitvoer naar China.

Daarmee duiken weer de oude spanningen op. In China werd deze maand de 75e verjaardag van de slachting in Nanjing, waarbij de Japanners volgens Peking 300.000 mensen ombrachten, herdacht. De Volkskrant, spreekbuis van de Chinese Communistische Partij, somde in neen reactie op de verkiezingsuitslagen in Japan drie punten op waar Tokyo moet op letten om goede relaties met zijn buren te hebben: de bezoeken aan Yakasuni, symbool van het Japans imperialisme, stopzetten; geen provocaties rond de betwiste eilanden; niet raken aan de grondwet. Peking had daar kunnen aan toevoegen: de geschiedenisboeken in het Japanse onderwijs waarvan sommige edities ronduit negationistisch zijn, de Japanse oorlogsmisdaden worden gewoon uitgeveegd.

In Tokyo gaat men er echter vanuit dat de nieuwe Chinese leider Xi Jinping op dezelfde anti-Japanse lijn zit als zijn “promotor”, gewezen leider Jiang Zhemin. Of dan toch tenminste wil inspelen op de zeer levendige anti-Japanse gevoelens in China. Dat is immers gesneden brood voor de Chinese leiders die zelf graag een nationalistische toon aanslaan. Dat nationalisme is het ideologisch cement dat de verdwijning van de maoïstische ideologie (zelf ook al nationalistisch) moet opvullen.

Zakelijk

Maar nu in Japan de campagne achter de rug is en de LDP minder rekening moet houden met de Partij voor Nationaal Herstel, kan Abe misschien weer dezelfde pragmatische politiek volgen als toen hij in 2006 een eerste keer premier werd. De Japanse zakenwereld heeft als investeerder en uitvoerder grote belangen bij die buur, vanuit die hoek zal er allicht op matiging worden aangedrongen.

Anderzijds is Abe een ideologische nationalist. Hij heeft de grootste bewondering voor wijlen zijn grootvader Nobusuke Kishi die minister van Handel en Industrie was toen Japan in 1941 Pearl Harbor aanviel. Kishi werd na de oorlog opgepakt als oorlogsmisdadiger, maar in 1948 met Amerikaanse zegen vrijgelaten. Van 1957 tot 1960 was hij premier.

Zoals zijn grootvader geeft Abe prioriteit aan de banden met de VS. Zijn eerste bezoek gaat naar Washington waar men niets liever vraagt dan nog nauwere militaire banden. Want Japan is een koninginnestuk in de Amerikaanse strategie van “containment” van China. Heeft Japan dan zelf geen kernwapens, de VS hebben er naar believen op en rond Japan.

Dutschkes deutscher Weg zum Sozialismus

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Dutschkes deutscher Weg zum Sozialismus

Gespräch mit Professor Dr. Bernd Rabehl, einst engster Vertrauter des Studentenführers

(Oktober 2004)

Ex: http://sachedesvolkes.wordpress.com/

Ein Interview mit Bernd Rabel aus dem Jahr 2004. Veröffentlicht in der Nationalzeitung.

Im Dezember 2004 jährt sich der Todestag Rudi Dutschkes zum 25. Mal. Zum 20. Jahrestag seines Todes hatten Grüne, SPD und PDS im Berliner Abgeordnetenhaus beschlossen, Dutschkes Grab auf dem Zehlendorfer St. Annen-Friedhof zum Ehrengrab zu erklären. Alle drei Parteien würden Dutschke gerne ihrer Ahnengalerie hinzufügen. Das dürfte kaum mehr möglich sein, seit Professor Dr. Bernd Rabehl, ehemals engster Vertrauter des Studentenführers, in seiner 2002 erschienenen Dutschke-Biografie „Rudi Dutschke – Revolutionär im geteilten Deutschland“ dargestellt hat, wie Dutschke dachte und fühlte. Rechtsanwalt Gerhard Frey hat mit Professor Rabehl gesprochen.

„Man würde ihn gerne vereinnahmen“

Herr Professor Rabehl, wie wird das bundesdeutsche Establishment mit dem 25. Todestag Rudi Dutschkes umgehen, nachdem Sie mit Ihrer Dutschke-Biografie klarstellten, dass sein Hauptinteresse nicht dem Internationalismus, sondern der deutschen Frage galt?

Rabehl: Man würde ihn ja gerne vereinnahmen und aus Dutschke einen Helden der Sozialdemokratie oder einen Legendenmann der Grünen machen. Aber das wird nicht gelingen. Deshalb habe ich die Biografie geschrieben – damit er nicht vereinnahmbar ist für eine Partei ohne Tradition und ohne Persönlichkeiten.

Wurde in den anderen Werken über Dutschke dessen nationale Einstellung aus Ihrer Sicht bewusst unterschlagen?

Rabehl: Es war den Autoren einfach peinlich. Wobei Michaela Karl in ihrer Dissertation „Rudi Dutschke – Revolutionär ohne Revolution“ schon darauf hinweist. Die anderen wollten das nicht. Das war ein Thema, das ihnen nicht passte.

Die „taz“ sieht in Ihnen, Herr Professor Rabehl, einen deutlichen Beleg für die „dunkle Seite der deutschen 68er“. Was sagen Sie zu dem Vorwurf?

Rabehl: Ich bin darüber erstaunt. Wieso dunkle Seite? Das ist eigentlich die typische Seite.

Das ist manichäistisch gedacht: Hie die Guten, da die Bösen – und Sie gehören zu den Bösen.

Rabehl: Klar. Aber das ist Quatsch.

Sie waren am Tag des Attentats auf Dutschke, dem 11. April 1968, an dem Marsch auf den Springer-Konzern in Berlin maßgeblich beteiligt. Ein Agent provocateur des Verfassungsschutzes, Peter Urbach, verteilte damals Molotowcocktails, mit denen dann Fahrzeuge angezündet wurden. Hat die Kriminalisierung der Revolte das Genick gebrochen?

Rabehl: Urbach hat eine Tendenz unterstützt, die schon da war. Es war eine Gewalttätigkeit da, auch eine Verzweiflung. Man wollte aus dem legalen Rahmen ausbrechen. Und ich glaube, diese Tendenz, die man sicherlich im Verfassungsschutz diskutiert hat, hat der Urbach provokativ eingesetzt, um die APO in diese Richtung zu drängen – was auch gelungen ist.

Meinen Sie, dass Urbachs Chef, der Berliner Innensenator, der damals auf dem Dach des Springer-Hochhauses stand, über die Aktion, die unten ablief, informiert war.

Rabehl: Ich vermute, ja.

„Der KGB trachtete ihm nach dem Leben“

Rudi Dutschke war davon überzeugt, dass der sowjetische oder der DDR-Geheimdienst hinter dem Attentat auf ihn stand. Teilen Sie diese Auffassung?

Rabehl: Ja, ich teile diese Auffassung. Ich habe in den Akten eine entsprechende Anfrage eines Verfassungsschutzmitarbeiters gefunden. In der Stellungnahme eines Stasi-Offiziers heißt es dazu: Nach unseren Kenntnissen sind wir mit dieser Sache nicht befasst. Man vermutete dahinter offenbar die Sowjetunion, den KGB. Dutschke muss einen Hinweis darauf gehabt haben, dass der sowjetische Geheimdienst dahinter steckte. Man trachtete ihm nach dem Leben, weil sich bei ihm der Zorn gegen den Despotismus entwickelte.

„Er hat sich mit Thomas Müntzer identifiziert“

Rudi Dutschke hat geschrieben, er sehe keinen Gegensatz zwischen Christentum und Sozialismus. Er war auch christlich geprägt. Wie stand er zur Gewalt? Hat er sich wirklich immer von terroristischen Aktionen klar abgegrenzt?

Rabehl: Er hat sich mit Thomas Müntzer identifiziert, dem Anführer im Bauernkrieg, Gegenpol Martin Luthers. Da hat Dutschke schon mit der Gewalt geliebäugelt. Aber die APO sollte nach seiner Ansicht darauf achten, die Legalität zu wahren, denn sie konnte sich mit dem Staatsapparat nicht anlegen. Sozusagen an der Grenze der Legalität, aber in deren Rahmen. Das war diese komplizierte Dialektik von Legalität und Illegalität. Dutschke hat dann auch die Unterscheidung entwickelt: Gewalt gegen Sachen ja, aber nicht gegen Personen. Das war natürlich reine Scholastik. Aber man merkt: Er wollte eigentlich diesen Schritt nicht machen.

Was war denn aus Ihrer Sicht das Besondere an Dutschkes deutschem Weg zum Sozialismus?

Rabehl: Einmal sein radikaler Antisowjetismus, der sich entwickelte und nach dem Attentat besonders stark wurde. Dann sein Bezug auf die Bibel – er war Christ unter Atheisten – und der Versuch, aus der deutschen Geschichte, auch gerade aus der Thomas-Müntzer-Geschichte, Gemeinschaften anzudenken, die in Deutschland als Alternative entstehen sollten.

Rudi Dutschke und Sie waren an der Konzipierung einer grünen Partei beteiligt. Was würde Dutschke Ihrer Meinung nach zu den heutigen Grünen sagen?

Rabehl: Die heutigen Grünen sind eine Art FDP, Liberale. Sie repräsentieren die Staatsanwälte, Richter, Advokaten, Architekten, die aus ’68 hervorgegangen sind und einen hohen Lebensstandard genießen. Außerdem sind sie eine proimperialistische Partei geworden, die sich für Israel und vor allem die USA einsetzt und die nicht Rechenschaft darüber gibt, warum ihr Antiimperialismus plötzlich in Proimperialismus umgeschlagen ist. Auch ist zu vermuten, dass einige der Akteure schlicht gekauft wurden.

Aber dagegen, dass die Grünen Liberale seien, spricht, dass sie die Bannerträger der zunehmenden Tabuisierung sind, die Sie beklagen.

Rabehl: Das hat ja nichts mehr mit dem ursprünglichen Liberalismus zu tun. Die Grünen sind liberal im FDP-Sinn: eine Position zu besetzen, die einen bestimmten akademisch-intellektuellen Mittelstand repräsentiert. Die Grünen wollen die Rolle der FDP übernehmen, sowohl als Zünglein an der Waage als auch hinsichtlich der Klientel.

„Katastrophal, wie man mit Hohmann umgegangen ist“

In jüngster Zeit haben Sie den Bundestagsabgeordneten Martin Hohmann verteidigt. Was hat Sie bewogen, für ihn einzutreten?

Rabehl: Dass er einer Hetze ausgesetzt war. Er hat die Frage jüdischer Täter in der Tscheka und im KGB und die Rolle von Juden in der bolschewistischen Revolution diskutiert, wie darüber ja auch in Russland selbst diskutiert wird, von Solschenizyn besonders. Und ich fand die Art und Weise, wie man mit Hohmann umgegangen ist, katastrophal.

Rudi Dutschke ging nach dem Motto vor: “Ohne Provokation werden wir überhaupt nicht wahrgenommen.“ Ist Provokation in der gegenwärtigen Zeit fortschreitender Tabuisierung nicht ein besonders naheliegendes und reizvolles Mittel? Oder sind die Strafen zu drastisch, die dann ausgeteilt werden?

Rabehl: Man muss provozieren, weil alles so zugedeckt ist, dass bestimmte Sachen gar nicht mehr reflektiert werden können. Es sind so viele Tabus aufgebaut worden, dass man über einige Themen gar nicht mehr nachdenken kann. Man muss diese Tabus brechen, um überhaupt einen Raum zu finden, darüber zu sprechen. Gleichzeitig ist die Bestrafung besonders einschneidend: Gerüchte entstehen, Denunziationen werden veranstaltet, die einen kaputtmachen sollen.

Also eine schwierige Gratwanderung. Aber die Maxime “Ohne Provokation werden wir überhaupt nicht wahrgenommen“ ist nach wie vor zutreffend?

Rabehl: Ja, genau.

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Le Nil, un enjeu géostratégique et de puissance

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Le Nil, un enjeu géostratégique et de puissance

par Quentin CALLIES
 
 
Le passage d’un fleuve ou d’un cours d’eau sur ses terres procure de nombreux avantages à la nation traversée. On peut citer les avantages économiques, pour l’irrigation des terres arables ou pour permettre à la population de s’abreuver, logistique, pour la circulation des marchandises, ou encore environnementaux avec un climat plus « tempéré » à l’approche d’un fleuve. Pour en profiter pleinement, cela impose d’avoir la maîtrise du fleuve et de ses sources. En effet, le rapport de force entre pays au niveau des sources d’eau douce se calque sur leurs parcours. On distingue donc l’amont et l’aval. Plus le pays est proche de la source, plus son emprise sur le fleuve sera grande. Nous pouvons citer les exemples du Mékong et de la région de l’Ancienne Mésopotamie. Les sources du fleuve Mékong se trouvent sur les hauts-plateaux tibétains, maitrisés par les Chinois. Tout au long du parcours, des barrages ont été construits pour développer la production hydroélectrique. Ces infrastructures et leur utilisation ont drastiquement diminué le débit du fleuve, et certaines zones plus en aval (Vietnam, Laos, Cambodge) sont touchées par la sécheresse due à cette baisse, ce qui débouche invariablement sur des tensions transfrontalières. D’autres projets de barrage sont encore à l’étude aujourd’hui et contribuent à envenimer les relations entre ces pays.

Du côté du Tigre et de l’Euphrate, la Turquie, qui maîtrise les sources venant du Taurus (zone de hauts plateaux), a développé un gigantesque projet hydroélectrique pour le développement de la région kurde. Ce ne sont pas moins de 22 barrages (1) qui sont sortis de terre et qui a donné ce surnom à la Turquie : Le robinet du Proche Orient. Le pays a donc mis sous pression les pays plus en aval, la Syrie et l’Irak. Des menaces de guerre ont plusieurs fois pesé sur la région, notamment lors des différents remplissages des lacs de retenue qui réduisent à peau de chagrin le débit des fleuves.

Mais cette domination des pays amont sur les pays en aval à une exception, le Nil. Il représente l’exemple inverse de l’idée développée ici. L’Egypte se situe à l’embouchure à du Nil (le plus en aval), et contrôle le fleuve ainsi que ses voisins. Le pays tente par tous les moyens de garder cette position dominante sur le fleuve, indispensable à sa survie. Le Nil possède deux sources, l’une au lac Victoria (le Nil Blanc) et l’autre au Lac Tana (Nil Bleu) en Ethiopie, qui se rejoignent à Khartoum, capitale du Soudan. Le Nil Bleu fournit le débit le plus important. Tout ce qui touche de près ou de loin au niveau d’eau de ces lacs, ou au débit du Nil tout au long de son parcours, est névralgique pour chacun des pays traversés. Nous accentuerons cette étude sur les trois pays suivants : L’Egypte, l’Ethiopie, le Soudan.

Le Nil est un enjeu géostratégique pour les pays qui se trouvent sur son parcours, en particulier pour l’Egypte, l’Ethiopie et le Soudan. L’Egypte et le Soudan ont une pluviométrie annuelle très faible (2). Le Nil est ainsi l’unique pourvoyeur de l’eau consommée dans ces deux pays. Nous excluons le cas des réserves fossiles non renouvelables dans les profondeurs du désert car elles ne constituent pas une réserve durable. Le Nil apporte l’eau dont la population a besoin, permet l’irrigation et la fertilisation (le limon) des terres arables pour l’agriculture, la production d’électricité et le développement des industries,… Il est à la fois le cœur et le poumon de ces deux pays. Sans lui, rien ne serait possible. Sa maîtrise est donc un enjeu majeur pour les gouvernements qui se succèdent, et ce depuis l’Antiquité.
Le statut de l’Ethiopie est foncièrement différent, car elle possède une pluviométrie parmi les plus élevées d’Afrique, plus précisément sur ses hauts-plateaux (plus de 3 000mm de pluie annuelle). Dans l’utilisation du Nil Bleu, l’Ethiopie doit faire avec le bon vouloir de ses deux voisins au Nord. Chacun de ses projets de barrage pour retenir une eau précieuse en cas de sécheresse, est accueilli avec réticence. Ils sont sources de tensions entre ces trois pays. Pour le contrôle du Nil, l’Ethiopie est soumise à la puissance de l’Egypte et du Soudan.

Le Nil est source de velléités. Les conflits pour le contrôle du Nil font partie intégrante de son histoire. Indéniablement, l’Egypte et le Soudan ont une position hégémonique sur le cours du Nil. D’où vient-elle ? La peur qui habite l’Egypte depuis l’Antiquité est de voir les peuples voisins contrôlés le débit ou les rives du Nil. Dès l’Antiquité, les Egyptiens ont poussé très loin au Sud pour contenir les incursions des peuples nomades et des pillards, pour garder intact le potentiel agricole et le pouvoir du pays. Certains monarques du Sud ont même menacé de détourner les eaux du fleuve. Plus proche sur l’échelle chronologique, la fin du XIXème siècle dans cette région fut marquée par une tentative d’annexion de l’Ethiopie par l’Egypte afin de s’assurer le contrôle des sources du Nil Bleu. Cette échec lance un processus de contrôle au moyen de traités dans une relation dominant/dominé, avec la menace d’une annexion pour les pays non signataires. Ce sera le cas pour l’Ethiopie (1902) qui s’engage à ne pas retenir ou dérouter le Nil. A cette époque, le colon britannique assure à l’Egypte une place souveraine dans la gestion du fleuve. En 1929, un traité partage le débit du Soudan (8%) et de l’Egypte (92%), et accorde à cette dernière un droit de veto sur les éventuelles constructions de barrages en amont. Le Soudan tentera de renégocier le traité en 1959, mais se heurta à une vive réaction de l’Egypte. L’Ethiopie réapparaît sur l’échiquier à la fin de la Seconde Guerre Mondiale et sa prise d’indépendance vis-à-vis de l’Italie vaincue, et inquiète une nouvelle fois le gouvernement égyptien. Celui-ci décide alors de changer radicalement sa stratégie de régulation du Nil et de ses crues, parfois dévastatrices, à l’extérieur des frontières. Il se recentre sur son propre territoire. Cette stratégie précède la construction en 1958 du Barrage Nasser et de son lac de retenue avec une capacité d’une année complète des besoins du pays entier. Au cœur de la Guerre Froide, l’Egypte va orienter sa vision vers le Proche Orient et ses alliés arabes, et non plus vers le sud. Le Soudan aussi changera sa stratégie, en commençant à produire du pétrole à destination des pays occidentaux. Une fracture se forme, entre deux pays arabes, se détournant de « l’Unité de la vallée du Nil »(3) et s’orientant vers l’Occident et le Proche Orient, et les pays non arabes « africains ».

Le fleuve est aussi source de coopération. En 1999, une coopération est entérinée entre les pays traversés par le Nil (sauf l’Erythrée), l’Initiative du Bassin du Nil (IBN), chapeautée par le Programme des Nations Unies aux Développement (PNUD). L’objectif est maintenant d’assurer une gestion durable et équitable du Nil, et de renforcer les liens qui unissent les signataires. Mais la fracture perdure. Les anciens Etats hégémoniques (Egypte, Soudan) s’appuient sur leur droit « historique » alors que les pays non-arabes demandent un meilleur partage et une possibilité d’utiliser le Nil à leur convenance, notamment par le biais de constructions hydroélectriques. L’Egypte conserve le contrôle mais perd du terrain par rapport à ses voisins africains. Les pays entourant le lac Victoria (Ouganda, Tanzanie, Kenya, Rwanda) et l’Ethiopie signent, en 2010, un nouveau partenariat, le River Nile Cooperative Framework. Pour la première fois, l’Egypte et le Soudan ne sont pas représentés. Des nouveaux termes apparaissent,  la nécessité d’éviter une situation de « stress hydrique », amène les contractants à évoquer la construction d’infrastructures hydroélectriques, puis de canaux d’irrigation. L’Egypte et le Soudan ne sont même pas consultés.

Le Nil est très clairement un enjeu de puissance entre deux puissances historiques vacillantes, minées par des problèmes internes extrêmement graves, et les pays africains misant sur le fleuve pour se développer et se rassembler en une seule et même entité. En effet, la Révolution arabe, la mise en place d’un nouveau gouvernement et la lutte contre le terrorisme dans le Sinaï, ainsi que la partition et les affrontements avec le Sud-Soudan, obligent l’Egypte et le Soudan a « lâché du lest » sur la question du Nil. Les signataires du RNCF ont convaincu d’autres pays de parapher le traité. Tour à tour, le Burundi et la République Démocratique du Congo rentrent dans le groupe. L’arrivée du Sud-Soudan et de l’Erythrée, comme observateurs, implique une redistribution des cartes et oblige une renégociation complète des différents traités. Les gouvernements égyptiens et soudanais savent désormais que le rapport de force s’est inversé. Ils doivent viser une harmonisation des différents traités pour la gestion du Nil et essayer de garder une position permettant leur croissance, sachant que le Sud-Soudan se rangera sûrement aux côtés des pays en amont. L’idéal serait, dans un premier temps, de se mettre d’accord sur les projets hydroélectriques car non-consommateurs d’eau, tout en essayant de préserver le débit du fleuve au maximum, et de capitaliser sur la question de la pollution car le fleuve est l’un des plus pollués au monde, notamment à cause des rejets d’eaux usées.

Quentin CALLIES

1. Article tiré du Monde, « Turquie, Syrie, Irak : les barrages de la discorde », 16/03/2009 par Guillaume Perrier. 

2. Carte de l’Atlas de l’Eau en Afrique sur le niveau de pluviométrie annuelle en Afrique, fait par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, 2011.

3. Citation d’Emilie Lavie – dans son article « Coup de théâtre dans le Bassin du Nil » publié le 25 mai 2011 sur le site Gafe-geo.net