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lundi, 03 février 2014

Noël Syrie

18:06 Publié dans Actualité, Evénement | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : événement, lyon, syrie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

A. Chauprade: sur l'Ukraine


Ayméric Chauprade:

L'Ukraine, nouvelle étape dans la stratégie de domination américaine

par realpolitiktv

Heidegger over de richtingloze mens

 

“De poging om planmatig een ordening aan de aardbol op te leggen is tevergeefs als de mens zichzelf niet schikt naar het toespreken van de landweg. Het gevaar dreigt dat de hedendaagse mensen doof blijven voor zijn spreken. Tot hun oor dringt alleen nog maar het lawaai van apparaten door, die ze bijna voor de stem van God houden. Aldus raakt de mens verstrooid en richtingloos. (…) Het Eenvoudige is ontvlucht. Zijn stille kracht is verdord.”

 

Voor Heidegger is de mens ingebed in een groter gebeuren waar hij geen vat op heeft, maar die zich wel af en toe laat onthullen. De vrijheid van de mens ligt in het feit dat hij de grond sticht waarop een wereld wordt ontworpen. Op deze manier brengen wij de zijnden in de wereld aan het licht. Daarom verstaat Heidegger het begrip waarheid als een dynamisch spel waarin verhulling en onthulling elkaar afwisselen. De techniek verstoort de mens echter in dit spel, blijkt uit bovenstaande citaat. Hij is als het ware zijn centrum verloren waaraan hij zijn stabiliteit in dit dynamische spel verleent.

 

P.

 

HEIDEGGER, Martin, De landweg, Budel: Uitgeverij DAMON, 2001, 20.

Ex: http://prachtigepjotr.wordpress.com

00:05 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : philosophie, enracinement, martin heidegger | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Snowden va-t-il faire exploser Washington?

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Snowden va-t-il faire exploser Washington?

Ex: http://www.dedefensa.org

D’abord, ceci est comme un symbole ... Après la publication du “conseil de surveillance des libertés civiles” (PCLOB, voir le 23 janvier 2014), la “réponse” du président Obama qui dirige le gouvernement dont le PCLOB fait institutionnellement partie a été aussi brève et abrupte que piteuse, – paradoxe de la situation que ce contraste entre l’aspect tranchant de la réponse et le caractère “piteux” qu’on est nécessairement conduit à lui attribuer, – comme si Obama n’avait plus d’argument à proposer que celui de tenir sa position de refus dictée part le Système. Selon les mots de son porte-parole, BHO est “[tout] simplement en désaccord”, montrant par là, “simplement”, qu’il ne peut pas ne pas prendre position sur un tel acte politique émanant de ses propres rangs, que cette position ne peut être que négative, et qu’il n’a nul autre argument que de dire nyet, sans aucune tactique, sans aucune capacité d’autorité, simplement parce qu’il est coincé... Selon Antiwar.com le 23 janvier 2014 :

«President Obama has tried his darnedest to ignore such reports in the past, even when they came from review panels he appointed. There’s no ignoring this one, however. The White House responded to a 238 page report filled with legal and constitutional arguments about the crimes of bulk surveillance with a statement saying President Obama “simply disagrees.”»

• Ceci, par contre, est plus qu’un symbole, tout en l'étant en partie. Lors d’une émission sur la chaîne TV MSNBC, bastion du “libéralisme” démocrate absolument pro-BHO, le ministre US de la justice Eric Holder a parlé en termes patelins et amicaux de la possibilité d’un accord d’une pseudo-amnistie, ou de semi-amnistie d’Edward Snowden, pour lui permettre de rentrer aux USA. Le langage est ouvert et presque aimable pour Snowden, la perspective est évidemment très confuse avec toutes les chausse-trappes cousues de fil blanc qu’on peut imaginer ; la conclusion, elle, est que cette intervention reflète plus la panique qui caractérise aujourd’hui la direction politique US dans cette crise Snowden/NSA qu’une intention maîtrisée et constructive de parvenir à une situation spécifique du whistleblower Snowden plus juste et plus conforme au climat général, tout en tentant de limiter ce qu’il reste de dégâts à attendre encore de cette affaire. Même si des rumeurs continuent à suggérer que telle ou telle équipe d’une quelconque CIA ou apparentés chercherait à exécuter sommairement Snowden, – le Système est assez considérablement stupide pour nourrir de tels projets, – le climat général est, lui, considérablement favorable à Snowden. Le Guardian, notamment, rapporte la tentative de Holder, ce 23 janvier 2014, presque avec des trémolos d’espérance réconciliatrice dans la plume. (L’approche générale de l’article montre combien la tendance libérale-progressiste, mais toujours tendance-Système éventuellement interventionniste qui caractérise le quotidien, apprécierait que saint-BHO se montrât magnanime et conforme aux idéaux de ce courant d’idées.)

«The attorney general, Eric Holder, has indicated that the US could allow the national security whistleblower Edward Snowden to return from Russia under negotiated terms, saying he was prepared to “engage in conversation” with him. Holder said in an MSNBC interview that full clemency would be “going too far”, but his comments suggest that US authorities are prepared to discuss a possible plea bargain with Snowden, who is living in exile in Russia...»

Le même jour, ou quasiment, Snowden “répondait” à Holder. S’il répétait le principe (un peu trop mis en exergue, sans les réserves, par le Guardian) selon lequel l’issue préférable pour lui serait de rentrer aux USA, c’était pour aussitôt répéter (il a déjà dit tout cela) que les conditions actuelles de la justice aux USA, et du comportement du gouvernement, ou disons de l’État de Sécurité Nationale (National Security State, ou NSS), rendaient cette perspective improbable, sinon impossible. Cette “réponse” de Snowden se faisait au cours de la deuxième conférence de presse qu’il a donnée à Moscou, qui est notamment rapportée par Russia Today le 24 janvier 2014 :

«Returning to the US, I think, is the best resolution for the government, the public, and myself, but it’s unfortunately not possible in the face of current whistleblower protection laws, which through a failure in law did not cover national security contractors like myself. The hundred-year old law under which I’ve been charged, which was never intended to be used against people working in the public interest, and forbids a public interest defense. This is especially frustrating, because it means there’s no chance to have a fair trial, and no way I can come home and make my case to a jury. Maybe when Congress comes together to end the programs the PCLOB just announced was illegal, they’ll reform the Whistleblower Protection Act, and we’ll see a mechanism for all Americans, no matter who they work for, to get a fair trial.»

• A ce point, il importe d’en venir à l’observation essentielle caractérisant la situation générale de Washington, – après avoir bien fixé dans l’esprit que tout ce qui précède est absolument le signe de la panique et du désespoir du pouvoir washingtonien devant l’extension et l’incontrôlabilité de la crise Snowden/NSA. Cette observation est parfaitement comprise et exposée par Justin Raimondo, de Antiwar.com, le 24 janvier 2014. Il importe de comprendre ici que Raimondo n’est plus une voix “marginale”, dont le propos intéressant devait être tout de même jugé selon l’éclairage de la polémique... (On ne s’adresse pas ici aux experts politologues et autres robots-Système chargés de répercuter la narrative sur la situation politique US qui permette aux dirigeants européens de continuer à dormir sur leurs lauriers.) Il importe de comprendre que Raimondo parle désormais comme un des commentateurs éminents, influents et combattifs de la tendance libertarienne, hier marginale à Washington, aujourd’hui en pleine expansion d’influence, à l’image de Snowden, lui-même libertarien.

Ce n’est pas qu’il soit devenu pontifiant, qu’il ait changé enfin, mais la situation générale à Washington a subi un tel “changement tectonique” depuis le 6 juin 2013 (date de la première publication-Snowden) que la parole de Raimondo a désormais ce poids politique. Et ce qu’il nous dit, justement, est que la situation washingtonienne a tellement changé en six mois qu’on se trouve au bord de bouleversements fondamentaux, essentiellement pour ce qui concerne le parti démocrate ici, apparentant les remous à Washington à ceux de l’époque du Vietnam à partir de 1967-1968. (Mais certes, avec à l’esprit, pour notre compte, que tout cela se passe dans un environnement général de “crise d’effondrement du Système” infiniment plus tragique et déstabilisant.)

«We haven’t seen anything like this since the Vietnam war era: an administration caught red-handed illegally and systematically spying on Americans in the midst of an increasingly unpopular war. At that time, too, the political class was badly divided, with the hard-liners circling their wagons against the rising tide of popular outrage and the dissenters auguring a new and not-so-Silent Majority.

»While the Vietnam conflict dragged on for years without much protest aside from a marginal group of extreme leftists, as more troops were sent and the conflict expanded in scope the massive demonstrations against the war began to shake the heretofore solid unity of center-left liberals who constituted the electoral base of the Democratic party. The cold war liberalism of the Arthur Schlesingers and the George Meanys was the main intellectual and political bulwark of the war’s defenders, but that fortress was stormed and taken by the “new politics” crowd, who took over from the defeated supporters of Hubert Humphrey and LBJ’s old gang and handed the party’s nomination to George McGovern.

»With the news that the Privacy and Civil Liberties Oversight Board (PCLOB) has handed in a report declaring the National Security Agency’s meta-data dragnet flat out illegal it is clear that Edward Snowden’s revelations have badly split a political class that was once pretty much united in its fulsome support for the national security status quo. This comes on the heels of a new poll that shows the majority of Americans oppose the NSA’s data dragnet – with an even larger majority contending that the main danger to their welfare is their own government.»

On observera une chose : dans toutes ces nouvelles, si la NSA semble être la question en toile de fond, on voit passer Snowden et son effet politique au premier plan et la NSA devenir effectivement toile de fond en perdant peu à peu le contrôle qu’elle exerçait sur la substance de la crise, en la cantonnant aux seules questions techniques avec leurs conséquences au niveau civique... Snowden prend plus d’importance que la NSA à cause de sa fonction de production d’un “effet” sensationnel (“The Snowden Effect and the Liberal Implosion», titre notre ami Justin). Ce glissement sémantique n’est pas indifférent et constitue le symbole même de la politisation ultime produit par la crise Snowden/NSA. La question ne concerne plus toute la problématique autour de la NSA, déjà certes considérable mais tout de même limitée à son domaine, mais le domaine de la politique washingtonienne ultime dans laquelle la NSA est incluse mais pas seulement, puisque désormais la question du National Security State aux USA, et donc la question de la substance même du Système et de la structuration du système de l’américanisme, sont posées à Washington, D.C. Comme Raimondo l’affirme presque péremptoirement, lui qui s’est montré assez prudent et mesuré dans ses commentaires sur l’importance de la crise jusqu’ici, c’est le terrible cas de la division, de la rupture au sein de la classe politique jusqu’alors constituée en “parti unique”, qui apparaît... «At that time, too, the political class was badly divided... Snowden’s revelations have badly split a political class that was once pretty much united in its fulsome support for the national security status quo.»

Du coup, l’argument de Raimondo n’est plus  : va-t-il y avoir bouleversement de la classe politique, va-t-il y avoir un “Snowden Effect” ? ... Mais plutôt : tout cela étant fait, il s’agit de s’organiser, nous libertariens, pour ne pas voir notre formidable avancée politique confisquée par un courant populiste démocrate en train de prendre forme à une très grande vitesse. Ce que constate Raimondo, c’est que la rupture déjà acquise au sein du GOP (républicains), entre mandarins à la dérive (d’un Boehner à l’inénarrable paire McCain-Graham), et “révolutionnaires-libertariens” (depuis le Père Fondateur Ron Paul jusqu’au bulldozer Amash, l’autre Justin, le “Syrien du Congrès”), cette rupture est en train de se faire à grande vitesse du côté démocrate. Le sémillant BHO-saint représente l’aile des “mandarins”, les LBJ-Humphrey de notre époque, tandis que se dégage une aile marchante “révolutionnaire-progressiste”, qui pourrait trouver son totem dans la très solide Elisabeth Warren. (Les démocrates “populistes”, ou néo-populistes, s’“européanisent” du point de vue dialectique, paraît-il, en écartant, selon Justin, le liberal anglo-saxon pour un “progressive” nettement plus politique et “révolutionnaire” : «Liberalism isn’t what it used to be: liberals don’t even call themselves liberals anymore. Today they’re “progressives”...».) Tout cela nous fait penser que le malheureux BHO-ex-saint n’a pas tort de laisser comprendre à ses hagiographes qu’il n’espère plus rien des trois années à venir, car le premier à être balayé par la tempête qui monte, ce sera lui, la baudruche pleine de vent, impuissant à exploiter l’effet qu’il avait créé lors de sa campagne de 2008 et dont le seul acte “révolutionnaire” resterait alors d’avoir été le premier président à la peau café-au-lait, – belle vertu, en vérité, alors qu’à côté on ne fait pas plus serviteur-Système, ou bien dira-t-on avec une ironie macabre et désolée esclave-Système, que ce président-là... (Le seul bien qu’on souhaite à la communauté Africaine-Américaine des USA, c’est de s’apercevoir le plus vite possible de quelle façon elle a été bernée par l’élection à la présidence de ce sénateur black devenu le plus efficace des kapos de leur communauté. Pas étonnant que BHO soit un admirateur du Lincoln-à-la-sauce-Spielberg...)

C’est peu dire que la crise Snowden/NSA est devenue “crise haute”, en entrant dans sa troisième période (voir le 19 décembre 2013). Elle est en train de devenir une crise nationale du système de l’américanisme, une sorte de reprise de la crise des années-Vietnam, en infiniment plus grave dans ses effets potentiels, tant le monde de 2013-2014 n’a plus rien à voir avec le monde de 1968-1972, tant il semble s’être écoulé durant ces quarante années comme l’espace de plusieurs siècles de turbulence jusqu’à l’extrémité du temps historique, avec la contraction du temps et l’accélération de l’Histoire, avec le passage de la surpuissance à l’autodestruction.

L'hiver chez les anciens scandinaves

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L'hiver chez les anciens scandinaves

Joëlle Delacroix *
Ex: http://www.metamag.fr

L'année viking se découpe en deux saisons ou misseri : le misseri d'été commence mi-avril et dure jusqu'à mi-septembre. Le misseri d'hiver correspond à l'autre semestre. L'hiver s'installe mi-novembre et les mois qui le constituent (ýlir, jólmánađr, þorri, gói) sont durs. La neige, la glace, le vent et la nuit étreignent l'univers des Vikings. Ull, dieu de l'hiver, tient le monde entre ses mains. C'est un dieu Ase, fils de Sif, adopté par Þórr. Excellent chasseur, adepte des sports d'hiver, il habite Ydalir, la vallée des Ifs, un pays de montagnes enneigées. Son épouse Skadi est une géante du froid et de la montagne. C'est un dieu important de la mythologie scandinave dans les temps anciens, mais son rôle a été amoindri au profit d'Óđinn.
 
La grande fête du solstice d'hiver, Jól, coupe heureusement cette période. Elle célèbre l'allongement des jours et l'espérance en la saison nouvelle. Elle est entourée de tout un ensemble de croyances liées au panthéon des dieux scandinaves. Lors de la christianisation des Vikings, l'église a remplacé cette fête par les fêtes de Noël.

La saison de l'hiver chez les anciens Scandinaves.

A l'approche de la mauvaise saison, le bóndi, homme libre de la société viking, a pris soin de rentrer du bois et de la tourbe qui serviront à chauffer sa maison. Il a veillé également à remettre en état les différents bâtiments de sa ferme. Le foin est rentré ; les animaux, notamment les moutons, ont été rassemblés ; les réserves de viande salée et de poissons séchés sont constituées. Maintenant que l'hiver est venu, l'activité se concentre dans la skáli, bâtiment principal de la ferme scandinave.

Les femmes se consacrent aux travaux de tapisserie, de broderie et de tissage, qui font partie de leurs prérogatives. Frigg, la femme d'Óđinn, file elle-même. Elle connaît le destin de chaque homme et chaque dieu, mais elle ne partage ce savoir avec personne. A ce titre, elle tisse le fil utilisé par les Nornes (Urd - le passé -, Verdande - le présent - Skuld - l'avenir) pour construire la destinée des mortels.

Les hommes veillent à réparer les outils endommagés. Ils s'adonnent aux travaux de sculpture du bois ou de forge qui permettront de construire et parer bateaux, traîneaux ou chariots. Ils s'occupent des bêtes, rentrées dans la bâtisse adjacente. Pour se détendre, la maisonnée joue à des jeux de tables ou aux dés. Hommes et femmes racontent des histoires, des contes, les histoires des dieux ou évoquent les souvenirs de leurs expéditions. Dans la demeure du chef viking, le scalde récite les poésies qui louent les exploits de son maître.

S'il doit sortir, le Viking chausse ses skis ou ses patins. Il peut aller chasser ou pêcher, ceci en creusant un simple trou dans la glace. Ces sports d'hiver donnent lieu également à des jeux voire à des compétitions.

La fête de Jól.

La fête de Jól, qui dure plusieurs jours, survient pour rompre l'isolement et fêter le solstice d'hiver. Cette réjouissance est l'occasion d'un sacrifice, le blót, au cours duquel un porc engraissé pour l'occasion ou un cheval est sacrifié. Le sang de l'animal sacrifié est recueilli dans un récipient spécial, le hlautbolli, et sert ensuite à la consultation des augures. Plus spécialement, le blót permet au Viking, non pas d'influencer son destin en le connaissant par avance, car il sait que « nul ne survit d'un soir à la sentence des Nornes », mais plutôt à capter des forces bénéfices. En l'occurrence, lors du sacrifice de Jól, il s'agit de forces bénéfiques liées aux puissances de la fertilité et du renouveau, les forces des Alfes.

Un grand festin est apprêté au cours duquel on boit la bière brassée spécifiquement pour cette fête – la jólaöl -, et l'on mange la chair bouillie de l'animal sacrifié. Des toasts sont portés en l'honneur des ancêtres et des dieux. On boit beaucoup ; on mange copieusement. Sans doute, au tout début du banquet, les invités se sont-ils juré de ne pas tenir compte des paroles prononcées sous l'emprise de l'ivresse, comme le veut la coutume. Toutes sortes de divertissements, poèmes, danses, chants, jeux se succèdent. La fête de Jól, à l'instar des fêtes dédiées au solstice d'hiver, est donc liée aux puissances de la fertilité et du renouveau, représentées dans le panthéon scandinave par les Alfes, des divinités anciennes, énigmatiques, placées apparemment au même rang que les Vanes et les Ases. Ces divinités régissent les forces de la fertilité, de la végétation et du renouveau. Elles sont également liées au culte des ancêtres.

Grímnismá - les dits de Grímnir - l'un des poèmes mythologiques de l'Edda poétique présente Freyr comme le seigneur du Álfheimr, la demeure des Alfes. C'est un dieu Vane, le frère de Freyja, la déesse de l'amour. Il est lui-même dieu de la fertilité et l'un des dieux les plus populaires, avec Þórr. Il a reçu Álfheimr et le royaume associé en cadeau, lorsqu'en enfant, il a perdu sa première dent. Il possède un sanglier magique aux soies d'or, qu'il peut chevaucher ou atteler à son chariot. Ainsi, le porc ou sanglier et encore le cheval sont les animaux qui lui sont les plus couramment associés. C'est en son honneur qu'ils sont donc sacrifiés lors des fêtes de Jól. De nos jours, d'ailleurs, le jambon traditionnellement servi à Noël en Suède rappelle ces offrandes faites à Freyr. Dans les campagnes, on continue de brasser la bière spécifiquement pour Noël.

 
La fête de Jól est aussi liée au culte des ancêtres, culte que véhiculent également les Alfes. A cette occasion, Óđinn traverse le ciel, suivi de sa Chasse Sauvage, assemblée composée des guerriers morts au combat qui, la nuit venue, retournent à la Vallhöll, le palais du dieu, pour festoyer. Óđinn, lui-même, chevauche Sleipnirr, son cheval à huit pattes ; des chiens et des chevaux noirs l'escortent. Curieux banquet, auquel assistent toutes les nuits les Einherjar, les guerriers morts au combat et choisis par les Valkyries, filles d'Óđinn, pour gagner la Valhöll. Ils ne manquent ni d'hydromel ni de viande. La boisson est fournie en abondance par la chèvre Heiđrún, qui, juchée sur le toit de la Vallhöll, broute les jeunes feuilles du frêne Yggdrasil. Le cuisinier fait bouillir chaque nuit la chair du sanglier Sæhrímnir qui ressuscite ensuite.

Dans cette Chasse Sauvage du solstice d'hiver, Óđinn est parfois décrit comme étant accompagné par Dame Hölle ou Holda, qui tire avec elle un chariot peuplé d'enfants en bas âge. Ce personnage, parfois associé à Frigg l'épouse d'Óđinn en raison de son activité de filage ou à Hel, la déesse de la mort, à cause de son aspect effroyable, dispose chez elle d'un lac dans lequel elle dépose les âmes des enfants morts.

En savoir plus :
• Boyer Régis, La vie quotidienne des Vikings (800-1050), Editions Hachette
• Boyer Régis, Les Vikings, Editions Plon
• Marillier Bernard, BA.BA Vikings, Pardès
• Anne-Laure d'Apremont, BA.BA Tradition Nordique, volume 2
• Jean Renaud, Les dieux des Vikings, Ouest France Editions

* article paru sur le site Histoire pour tous

Syrie, CentrAfrique, Ukraine : la stratégie des bons sentiments

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Halte à l’impérialisme démocratique!

Syrie, CentrAfrique, Ukraine : la stratégie des bons sentiments

Jean Bonnevey
Ex: http://metamag.fr

Il n’y a pas de révolution spontanée. La conférence de Genève prouve que la guerre civile syrienne est bien une guerre internationale. La reprise des émeutes en Ukraine montre l’extrémisme des manifestants sans nier la répression du régime. L’élection d’une femme à la présidence à Bangui ne gomme pas les  racines religieuses et ethniques d’un bourbier africain.

Dans chacun  de ces conflits, l’occident atlantique a décrété le bien et le mal par rapport au dogme démocratique. Il se condamne à être partial et à n’avoir qu’une compréhension partielle des problèmes. Partout on reproduit les erreurs inexpiables du Rwanda ou de l’Irak et on ne tire leçon de rien. Il aura fallu des mois à la communauté internationale pour convaincre la Coalition nationale syrienne (CNS), principal conglomérat de l'opposition syrienne à l'étranger, de se retrouver dans la même pièce que le régime syrien.

Genève 2 est avant tout une tentative pour l'ONU et les grandes puissances de masquer leur incapacité à enrayer la descente aux enfers de la Syrie depuis près de trois ans. L’opposition très divisée au régime d'Assad veut obtenir un départ du pouvoir qu’il refuse et l'un des participants régional majeur du conflit, l’Iran, est exclu, ce qui est objectivement une erreur.

Si les débats entre le régime syrien et l'opposition se dérouleront à huis clos à partir de vendredi, la séance d'ouverture de la conférence de paix sur la Syrie, baptisée Genève II, a permis de donner une idée plus précise de l'empoignade à venir. Et ceux qui spéculaient sur la bonne volonté de Damas pour négocier un transfert du pouvoir à une autorité de transition sont désormais fixés.

En position de force sur le terrain face à une rébellion en proie à de graves querelles intestines, 1400 morts dans une guerre interne en un mois, le chef de la diplomatie syrienne a rejeté tout départ de Bachar el-Assad. En réponse au secrétaire d'État américain John Kerry, qui venait de rappeler que le président syrien ne ferait pas partie d'un gouvernement de transition, Walid Mouallem a répondu vertement : «Monsieur Kerry, personne au monde n'a le droit de conférer ou de retirer la légitimité à un président [...], sauf les Syriens eux-mêmes». Qui peut dire le contraire.

En Ukraine, le gouvernement qui pensait avoir repris la main a commis une erreur. En promulguant la loi contre les rassemblements, il n'a fait que provoquer une radicalisation. Aujourd'hui, il est beaucoup plus difficile de maîtriser cette contestation du régime.
 
De son côté, l'opposition est dépassée par la radicalisation du mouvement. Ils pensaient passer par la voie légale pour trouver une issue à la crise, mais ils se demandent s'ils ne vont pas être obligés de suivre les manifestants dans leur mouvement. C'est la légitimité du pouvoir qui est mise en cause, alors que Viktor Ianoukovitch vise clairement la réélection, notamment avec la signature des accords avec la Russie. La Russie est en fait l'objectif des occidentaux avec une volonté de diaboliser Poutine avant les Jeux Olympiques de Sotchi.

Quand au Centrafrique, une femme est élue à la présidence pour la joie des journalistes femmes et féministes, dont acte, mais cela ne résoudra pas le fond du problème. Il est ailleurs. Dans ce pays, où la France est intervenue le 5 décembre, «nous avons sous-estimé l'état de haine et l'esprit revanchard, l'esprit de représailles», a admis le ministre français Le Drian. «Il y a un mandat des Nations unies qui prévoit en particulier que les forces africaines de la Misca se renforcent pour arriver à 6.000 militaires», a rappelé M. Le Drian. «Elles sont en train de se constituer, même si ça a pris un peu de temps, et je pense qu'avec l'arrivée des soldats rwandais et des soldats du Burundi, on aura là une force significative», a dit le ministre.

Dans chaque cas les forces auto-proclamées du bien sous-estiment la haine des autres et font donc des analyses fausses aux conséquences terrifiantes pour les populations concernées. L'impérialisme démocratique est peut-être démocratique, mais c’est avant tout un impérialisme et le pire qui soit, celui de l idéologie au mépris des réalités.
 

Noir, histoire d'une couleur

Noir, histoire d'une couleur

Recension:

Michel Pastoureau, Noir : histoire d’une couleur, Seuil, 2008

Ex: http://cerclenonconforme.hautetfort.com

Historien fort réputé tant par le sérieux de ses écrits que par l’originalité de ses thèmes phares (les couleurs, l’héraldique, le bestiaire médiéval…), Michel Pastoureau est un médiéviste que nous apprécions tout particulièrement au CNC (nous avions d’ailleurs déjà chroniqué son magistral L’Ours, histoire d’un roi déchu ici). Il a sorti, il y a quelques semaines Vert : histoire d’une couleur mais c’est son étude, un peu moins récente, sur la couleur noire qui va nous occuper maintenant.noir.jpg

Pastoureau part d’une idée de base : les couleurs et leurs symboliques sont culturelles et dépendent des époques, des peuples ou encore des systèmes de valeurs. La manière dont elles sont utilisées et perçues peuvent donc fortement différer d’une société à l’autre même s’il faut souligner, pour le noir en l’occurrence, que l’on trouve parfois de sérieuses similitudes entre nombre de cultures. En effet, depuis le néolithique (et même avant), le noir est logiquement associé aux ténèbres des origines, à la nuit, à la peur. C’est une couleur inquiétante qui caractérise les divinités de la nuit (Nyx en Grèce, Nott chez les Germains…) ou de la mort (en Egypte, le dieu embaumeur Anubis a les chairs noires) mais également les lieux souterrains comme les grottes, les cavernes ainsi que les enfers, l’Hades grec en étant le meilleur exemple. A Rome, c’est logiquement la couleur de la mort qui habille, dès la République, les magistrats participant aux funérailles, origine en Europe du noir porté pour le deuil. Le noir, c’est aussi, dès l’origine, la couleur de la fertilité, de la terre, des déesses noires. Elle symbolise donc, dans le système trifonctionnel antique et médiéval, les artisans et les producteurs (le blanc étant en général la couleur des prêtres et le rouge, celle des guerriers).

Dans les sociétés traditionnelles européennes, le noir est une couleur impressionnante, certes, mais pas forcément négative. C’est tout différent de ce que l’on trouve dans la Bible où cette couleur est honnie, mauvaise, sale, signe de péché alors que le Blanc est son parfait contraire dans son symbolisme de vie et de pureté. Le noir, c’est Satan, les enfers, la marque du négatif (les animaux de cette couleur sont donc forcément peu recommandables…). Le christianisme en Europe reprend, en  grande partie, les considérations de la Bible sur le noir même si cette couleur peut parfois représenter quelques vertus (elle est par exemple signe d’humilité et de tempérance, raison pour laquelle des ordres religieux comme les bénédictins l’adoptent pour leur habit). L’époque féodale est celle où le noir est au summum de son caractère négatif, c’est la grande période du « mauvais noir » et parallèlement celle où le diable et ses suppôts deviennent extrêmement visibles en Europe. Dans le système des 7 péchés capitaux qui se met en place autour du 13ème siècle, le noir représente en outre l’avarice et la colère. Le noir n’aura cependant pas aussi mauvaise presse durant tout le Moyen Age car, à partir du 14ème siècle, il devient populaire et est notamment promu par la mode vestimentaire de l’époque. Même s’il reste une couleur associée aux diableries, il est porté par les grands de l’époque (le duc de Bourgogne Philippe le Bon en premier lieu) qui en font un signe de luxe mais il habille également les officiers des villes et des princes.  Si la noirceur a longtemps été un caractère de vilainie et de grande laideur (les femmes aux cheveux noirs par exemple), il devient un peu plus accepté dans l’apparence physique. Les considérations sur les peaux sombres changent et elles ne sont plus l’apanage des seuls traîtres tels Judas, des réprouvés de la société (usuriers, sorciers…) ou des sarrasins.  On les retrouve désormais dans les représentations de personnages éminemment positifs comme le Prêtre Jean, Balthazar le roi-mage ou Saint-Maurice.

La toute fin du Moyen Age voit le noir –comme le blanc d’ailleurs- devenir de plus en plus visible en Europe tout en étant considéré, finalement, comme une « non-couleur ». Avec la révolution de l’imprimerie, les images circulent abondamment et toujours en noir et blanc. Cela contribue à la « naissance d’un monde en noir et blanc » pour reprendre l’auteur qui souligne à quel point les images moyenâgeuses étaient, à l’inverse, polychromes. La période moderne voit en effet le noir triompher à tous niveaux. Promu au plus haut point par la réforme protestante (dans la mode vestimentaire par exemple où il est signe de simplicité, de discrétion et de refus du luxe), il accompagne également les mutations de sensibilités de cette époque. La mode du noir continue dans les sociétés européennes et devient surtout la couleur phare du christianisme dans ses manifestations temporelles. Il drape la foi et est présent tant chez les protestants et les puritains que chez les jésuites et les jansénistes. La religion s’habille alors en Europe de noir comme pour accompagner l’intolérance qui sévit partout, surtout au 17ème siècle. C’est la grande époque des croyances et des superstitions, des affaires sorcellerie et des manifestations du diable. Ce dernier est évidemment toujours associé à la noirceur, ses messes sont noires, ses serviteurs ont la peau sombre, les animaux qui sont censés y participer sont noirs (chats, boucs…)…

Si le noir sera parfois rejeté temporairement par effet de mode, dans l’habillement en France à certaines périodes du 18ème siècle ou par certains peintres, il va continuer, durant la période contemporaine, à être de plus en plus présent dans la société européenne. On le retrouve énormément durant la Révolution Française où il habille l’honnête citoyen. Globalement, il est un signe d’austérité, de sérieux ou d’autorité, on le retrouve sur ceux qui ont un pouvoir ou un savoir (juges, avocats, médecins…), qui portent un uniforme (policiers, douaniers) ou qui sont dans le monde des affaires. Dans capitalisme industriel et financier qui se met en place à partir du 19ème siècle des deux côtés de l’Atlantique, on retrouve nombre de protestants chez qui, on le sait, le noir est de mise. Ceux-ci vont par exemple longtemps l’imposer, consciemment ou non, dans leur production d’objets de la vie quotidienne qui resteront noirs ou sombres, alors qu’on avait les connaissances pour les colorer davantage. Tout cela est habillé de considérations éthiques et morales et un homme célèbre, comme Henri Ford par exemple, refusa toute sa vie de vendre et de produire des voitures de couleurs autres que noire… Le noir est aussi la couleur prédominante du quotidien des millions d’Européens depuis la seconde révolution industrielle. C’est la couleur de la fumée, de la crasse, de la pollution, des mines et de leurs « gueules noires ». Des régions entières changent d’aspect et le noir est la seule couleur à laquelle on pense lorsqu’on évoque des villes comme Londres au 19ème siècle. A cette époque, il devient emblématique de la vague romantique, de sa fatalité, de sa mélancolie et de son attirance pour la mort. Une culture nouvelle se crée et le met au premier plan, elle va des débuts de la littérature gothique en Angleterre au courant fantastique en passant par une œuvre telle le « Faust » de Goethe.

Au 20ème siècle, le noir est synonyme avant tout de cinéma (et de photographie). Là encore, ilmussolini.jpg dominera longtemps avant d’être détrôné par la couleur. S’il doit faire face à cette concurrence dans divers autres aspects, il n’en reste pas moins fort présent et apprécié dans la mode et le stylisme. Il est, en outre, la couleur rebelle par excellence (même si il devient de plus en plus commun et n’impressionne plus autant qu’avant) qui était celle des pirates quelques siècles auparavant et que l’on retrouve désormais chez les rockeurs par exemple. Son aspect politique est primordial et il se retrouve rarement porté par des modérés… Anarchistes, nihilistes, fascistes l’utilisèrent (et l’utilisent parfois encore…) et la SS en fera sa couleur phare. Malgré tout, Pastoureau estime que le noir se normalise peu à peu même s’il reste indéniablement associé aux superstitions anciennes ou actuelles… Même les changements de mentalité ne peuvent effacer la symbolique profonde d’une couleur qui a été parmi les plus importantes dans le système symbolique européen et que nous, au CNC, avons logiquement choisie pour nous représenter.

Rüdiger

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