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jeudi, 17 décembre 2015

Le dangereux Cerbère turc des Etats-Unis

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Le dangereux Cerbère turc des Etats-Unis

par Albert A. Stahel, Institut für Strategische Studien, Wädenswil

Ex: http://www.horizons-et-debats.ch

Le 24 novembre, un intercepteur F-16 turc a abattu un chasseur-bombardier Su-24 russe. Selon la défense aérienne turque, l’équipage du Su-24 aurait été averti 10 fois en cinq minutes de sa violation de l’espace aérien turc au dessus de la province d’Hatay.1 La partie russe nie qu’un bombardier russe y ait pénétré. En fait, le Su-24 s’est écrasé en territoire syrien.2 Le site du crash a également été présenté et commenté le 24 novembre 2015 (à Moscou) à la télévision russe. Le pilote et l’officier des systèmes d’armes ont réussi à se faire éjecter à temps. Alors que ce dernier a pu être sauvé par les troupes syriennes, avec le soutien des Spetsnaz russes, le pilote a été abattu et tué par des «combattants irréguliers» turkmènes à l’aide d’armes d’infanterie.3 Puis, les Turkmènes ont obligé un hélicoptère de transport russe Mi-8, arrivé dans la zone de combat pour sauver l’équipage, à atterrir à l’aide de leurs armes d’infanterie. A cette occasion, un soldat de la marine a été tué.

Finalement, ils ont détruit l’hélicoptère au moyen d’un missile antichar américain TOW.4
Vu l’emplacement du crash du chasseur bombardier, il semble évident que la version russe est la bonne. En outre, il faut prendre en compte que la Turquie soutient politiquement et probablement aussi par la livraison d’armes,5 notamment l’opposition turkmène luttant contre le régime d’Assad dans la région de Jabal al-Turkman de la province syrienne de Lattaquié. Ankara a protesté a plusieurs reprises contre les attaques air-sol russes contre les Turkmènes et Erdogan a publiquement revendiqué un droit à la défense des Turkmènes par la Turquie. Le président russe Vladimir Poutine avait déclaré que l’équipage du chasseur-bombardier Su-24 abattu avait la mission d’attaquer des combattants dans cette région.6 Vladimir Poutine a déclaré la destruction de l’appareil comme «un coup de poignard dans le dos», et le ministre russe des Affaires étrangères Lavrov l’a désigné comme une «provocation planifiée».7


Quels sont les effets immédiats de ce crash? Sur ordre du ministre de la Défense russe, tous les chasseurs-bombardiers seront protégés lors de leurs missions par des intercepteurs Su-30.8 Le fait que le Su-24 abattu n’avait pas une telle escorte peut être considéré comme imprudent, vu la situation dans cette région en guerre. Selon une information de la télévision russe du 25 novembre, une batterie du système de défense aérienne S 400 moderne a en outre été installée sur la base aérienne russe d’Hmeimim près de Lattaquié. A l’avenir, tout avion de combat menaçant un chasseur-bombardier russe pourrait être abattu par un Su-30 ou un S 400.


Poutine a exigé des excuses d’Erdogan. Celui-ci a refusé en déclarant que c’est à la Russie de s’excuser pour l’intrusion dans l’espace aérien turc.9 Prenant une mesure urgente, la Russie a stoppé l’importation de denrées alimentaires turques et a réintroduit l’obligation de visa pour l’entrée en Russie des Turcs. Le financement russe pour la construction d’une centrale nucléaire en Turquie est susceptible d’être gelé. Il est bien probable que la Russie prenne encore d’autres mesures économiques envers la Turquie.


Barack Obama a, jusqu’à présent, commenté très prudemment la destruction du chasseur-bombardier russe, tout en faisant preuve d’un parti pris excessif face à son allié en soulignant le droit de la Turquie de protéger et défendre son espace aérien.10 Compte tenu du fait que dans un avenir proche, les tensions dans la zone de guerre le long de la frontière syro-turque pourraient augmenter, les Etats-Unis et leurs alliés seraient bien avisés de revoir leurs relations avec la Turquie. Pour éviter une nouvelle escalade belliciste dans cet espace aérien, les Etats-Unis devraient reprendre en laisse leur Cerbère, ayant jusqu’à présent toujours loyalement protégé les intérêts américains au Moyen-Orient. Mais, face à l’indifférence évidente d’Erdogan de combattre sérieusement l’Etat islamique (EI), cela pourrait s’avérer être une tâche ardue.     •

Source: Institut für Strategische Studien, www.strategische-studien.com du 29/11/15
(Traduction Horizons et débats)

1     Oliker, O. et J. Mankoff: Turkey’s Downing of a Russian Jet, Center for Strategic & International Studies, CSIS, Washington DC, 25/11/15, p. 1
2     Stratfor, Russia, Turkey: Two Versions
of the Same Story, 25/11/15, 20:18
3     Oliker, O. et J. Mankoff, p. 1
4     Stratfor, What to Expect After the Dowing
of a Russian Fighter Jet, 24/11/15, 19:47
5     Oliker, O. et J. Mankoff, p. 2
6     Oliker, O. et J. Mankoff, p. 2
7     Oliker, O. et J. Mankoff, p. 2
8     Oliker, O. et J. Mankoff, p. 2
9     Ostroukh A., Dagher S., Abdulrahim R., Alakraa M.N., Lubold G. et J. Barnes: Turkey Downs Russian Jet; Ankara claims fighter violated airspace; Moscow says it was over Syrian territory,
in: The Wall Street Journal, 25/11/15, p. A1/A4
10     Stratfor, U.S., France: Presidents Respond
to Downed Russiand Fighter Jet, 24/11/15, 18:14

Qui avec qui contre qui?


Lors de la conférence de presse avec le président Hollande, le président Poutine a précisé une fois de plus que la Russie informe, comme convenu, les Etats-Unis de tous les plans de vol et des objectifs de toutes les attaques planifiées en Syrie: «The US-led coalition, which includes Turkey, was aware of the time and place where our planes would operate. And this is exactly where and when we were attacked.» Suite à cette information, les affirmations de propagande claironnées à travers le monde concernant une «violation de l’espace aérienne de 17 secondes» devraient prendre fin: la destruction de l’avion russe est survenu suite à une embuscade que les forces aériennes d’Erdogan n’auraient pas pu perpétrer sans soutien américain. Il est bien probable que le coordinateur américain pour la Syrie, le général John Allen (ennemi d’Obama et néoconservateur), ait donné son accord pour cette attaque.


Source: www.broeckers.com/tag/syrien
du 29/11/15

Los ataques del 13 de noviembre, la política y el futuro de Francia, en cuestión

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Los ataques del 13 de noviembre, la política y el futuro de Francia, en cuestión

por Youssef Hindi*

Ex: http://paginatransversal.wordpress.com

¿Está la sumisión de Francia al campo atlantista en el origen de los atentados?

Una cosa es cierta, Francia no ha sido golpeada por el terrorismo debido a su lucha contra él, sino indirectamente a causa de su apoyo a los terroristas. Esos rebeldes considerados moderados como los de Al-Nusra, alias Al Qaeda, sobre quienes Laurent Fabius nos dijo en diciembre de 2012, que estaban haciendo “un buen trabajo”. En términos más generales, los franceses pagaron el precio de la política interior y exterior de Francia, que se alinea con la de sus enemigos objetivos: los Estados Unidos y sus aliados históricos.

El punto de partida de este análisis se sitúa a finales de los años noventa (podríamos remontarnos también al final de la Segunda Guerra Mundial), cuando Zbigniew Brzezinski, uno de los geoestrategas estadounidenses más influyentes, publicó su libro seminal, Le grand échiquier [El Gran Tablero Mundial] (1997). En ese momento, el geopolítico estadounidense veía lo que quedaba residualmente del espíritu de independencia entre los líderes franceses, bajo la presidencia de Chirac, como un obstáculo a la hegemonía estadounidense. El objetivo era entonces, de acuerdo a la lógica de Washington, el de someter imperativamente a Francia a los Estados Unidos. En 1997, Brzezinski escribió que había que “hacer de Europa uno de los pilares fundamentales de una gran estructura de seguridad y de cooperación bajo la égida estadounidense y extendida a lo largo de Eurasia“. Y continuaba: “Para decirlo sin rodeos, Europa Occidental sigue siendo en gran medida un protectorado estadounidense y sus Estados recuerdan lo que antaño eran los vasallos y los tributarios de los antiguos imperios[1]; para hacerlo proponía “oponerse tácticamente a las posiciones francesas y apoyar el liderazgo alemán[2]. Para los estadounidenses, Alemania se convirtió, especialmente desde la introducción del euro en 2002 (que ayudó positivamente a la balanza comercial alemana), en el pequeño imperio regional que somete a Europa a la dominación estadounidense – una condición sine qua non de su liderazgo europeo – para la neutralización de Francia, económica (con la moneda única que contribuyó a la destrucción de la industria francesa, que ya había comenzado la política del franco fuerte para preparar el país para el euro en la segunda mitad de los años 90) y diplomáticamente. Francia que ha sido, hasta hace poco, la nación europea con una visión, un peso y una ambición geopolítica relativamente autónomas. Brzezinski citaba, como ejemplo de esta clase política neo-gaullista, a Alain Juppé, el cual defendía en mayo de 1995 en la Asamblea Nacional, un afinamiento de la vocación de poder mundial de Francia, lo que Brzezinski calificaba de ilusión [3].

Esta “ilusión” desapareció completamente en mayo de 2007 con la llegada al poder de Nicolás Sarkozy y todo un lote de atlantistas, e incluso neoconservadores, al Quai d’Orsay [Ministerio de Asuntos Exteriores] y otros ministerios clave. No voy a mencionar aquí uno por uno a todos los políticos y los líderes de opinión franceses y europeos cooptados por los Estados Unidos a través de organizaciones como la French-American foundation [Fundación franco-americana] y el programa de los Young Leaders [Jóvenes Líderes] [4].

Fue en 2011 cuando vimos realizarse en la práctica el proyecto de Brzezinski, cuando el atlantista Sarkozy, después de haber reducido definitivamente a Francia a un estado vasallo de los Estados Unidos, atacó Libia, y Bernard -Henry Levy cortocircuitó al ministro de Asuntos Exteriores, Alain Juppé, para comprometer a Francia en un conflicto liderado por la OTAN. Una guerra que ha costado la vida a más de un centenar de miles de libios y para el cual el contribuyente francés ha invertido más de 300 millones de euros. Esta es por otra parte una de las utilidades de la OTAN, la de hacer asumir a los vasallos europeos el coste de las guerras de Washington en lugar de a los Estados Unidos.

Pero el apoyo de Francia a los grupos terroristas es obvio (y bien documentado) desde la Guerra del Golfo de Sidra. El gobierno de Sarkozy envió agentes de la DGSE [**] para dirigir sobre el terreno a los mercenarios financiados por Qatar, y coordinar los ataques aéreos desde el territorio de los falsos rebeldes pero verdaderos terroristas que, en principio, luchaban por la libertad contra la tiranía etc. El gobierno de Hollande continuó el impulso al armar a grupos terroristas en Siria, como el ASL, una rama de la Hermandad Musulmana que comenzó la guerra en 2011 contra el gobierno de Damasco.

El 14 de agosto de 2014, Laurent Fabius, lejos de revertir su declaración de diciembre de 2012, anunció en un tweet que armas muy poderosas estaban a punto de ser entregadas a los combatientes en Siria; desde entonces, no es sorprendente ver a los miembros del Daesh, en las imágenes, portando el rifle de asalto Famas, un arma de fabricación francesa. En efecto, contrariamente a lo que pudiera pensarse, no hay fronteras ni oposición real entre las docenas de grupos terroristas que operan en Siria e Irak. Los terroristas “moderados” del ASL le entregan al Daesh, en particular a través de su aliado Al Nusra, las armas que reciben de Occidente cuando el Daesh no se beneficia de entregas directas.

Con la llegada de Sarkozy a la presidencia Francia ha tenido los dos pies en el ámbito de influencia del campo atlantista, y también se le ha visto convertirse de facto en un aliado de los principales proveedores del terrorismo internacional: Arabia Saudita y Qatar… Las dos petromonarquías con las que un cierto número de hombres y mujeres, políticos tanto de izquierdas como de derechas, mantienen vínculos particularmente estrechos…

Pocos días después de la masacre del 13 de noviembre, Manuel Valls declaró, en absoluta contradicción con la realidad de los hechos, que Qatar y Arabia Saudita, que según él combaten al Daesh, estaban decididos a luchar contra el terrorismo. Llegó incluso  a señalar con el dedo los vínculos entre “el régimen de Bashar” y el Daesh.

¿Hace falta recordar que los ingleses, y los estadounidenses después de ellos, han apoyado el wahhabismo y a los sauditas desde sus primeras embestidas expansionistas en Arabia, y que han contribuido en gran medida a la difusión de la doctrina wahhabita en todo el mundo? La doctrina del terrorismo que los occidentales se sorprenden de ver influenciar a tantos jóvenes musulmanes y nuevos conversos.

¿Deberíamos también repetir que el terrorismo wahhabita ha sido desde su origen una herramienta geoestratégica de los británicos y de los Estados Unidos en contra de sus enemigos? Además, Zbigniew Brzezinski, entonces Consejero de Seguridad Nacional de los Estados Unidos bajo la presidencia de Jimmy Carter, fue el promotor de una maniobra de coordinación de la CIA con los servicios pakistaníes y saudíes con el fin de financiar y armar a los futuros terroristas, incluyendo a Bin Laden, a finales de los años setenta, para atraer a la Unión Soviética al cementerio afgano [5].

El terrorismo doméstico, ¿para qué sirve?

Curiosamente, de lo que nos atrevemos a hablar menos es del uso del terrorismo dentro del marco de la política interior, muy particularmente en tiempos de crisis. Está en efecto muy mal visto suponer que un estado occidental, “democrático” y “liberal” pueda recurrir al arma del terrorismo contra su propio pueblo; pero en lo concerniente, por ejemplo, a la reciente serie de atentados que afectaron a Turquía, grandes periódicos franceses y expertos mediáticos no han dudado en hablar de la probable implicación de los servicios secretos turcos, poniendo en evidencia, como hizo el diario Le Point, una “connivencia del poder” con los terroristas, y hablar de “dudas [en cuanto a las competencias] de los servicios de inteligencia turcos, fuertemente criticados por no haber sido capaces de prevenir el ataque mortal en Ankara[6].

Las mismas acusaciones podrían hacerse en contra del poder francés y de los servicios de inteligencia franceses a sus órdenes. Por otra parte, el mismo periódico revelaba en 2012 las graves deficiencias de la DCRI [***] en el caso Merah. Mohamed Merah, que tenía un oficial de enlace en el DCRI y que, con toda probabilidad, trabajaba para la inteligencia nacional [7].

Porque cuando nos fijamos en los tres principales casos de terrorismo que han afectado a Francia desde 2012, se observan hechos recurrentes como documentos de identidad y pasaportes encontrados en la escena del crimen, individuos seguidos estrechamente y bien conocidos por los servicios de inteligencia, a lo que se añade el hecho de que los servicios franceses fueron advertidos en varias ocasiones por servicios extranjeros de la preparación de atentados, los de Charlie Hebdo como los del 13 de noviembre.

El turbio papel de los servicios secretos franceses en el asunto Merah llevó a una investigación parlamentaria en 2013 [8], cuyo informe revela, entre otras cosas, que los servicios actúan fuera del marco de la ley y que sus medios son risibles; lo que contrasta con el celo del gobierno en la aplicación de la ley de inteligencia (el equivalente francés de la Patriot Act I y II), cuyo objetivo aparente es más la vigilancia de la población y de los opositores políticos que la prevención el terrorismo.

De hecho, a raíz de los recientes atentados, nos enteramos por medio del antiguo director de la DCRI, Bernard Squarcini, que Manuel Valls, entonces ministro del Interior, había rechazado la lista de yihadistas franceses que quería comunicar los servicios de inteligencia sirios. Tras los atentados de 13 de noviembre, el actual ministro del Interior, Bernard Cazeneuve, reafirmó la negativa a cooperar con los servicios sirios. Así que si el ejecutivo no permite los atentados, en todo caso tampoco hace nada por prevenirlos.

attent544184.jpgDesde entonces, según un experto de la cuestión terrorista y ex instructor del ejército alemán, Christoph Hörstel [9], asistiríamos en Francia a una gestión del terror consistente en  fabricar o dejar hacer atentados para distraer a la población y sobre todo desviar su ira. Este experto afirma que todos los gobiernos miembros de la OTAN mienten, debido a que los autores de los atentados serían, según él, en el 95% de los casos, bien conocidos por los servicios de seguridad.

En 2009, durante una entrevista, François Hollande, entonces primer secretario del Partido Socialista, hizo acusaciones extremadamente graves. Declaró: “en el nombre de la lucha contra el terrorismo, estamos haciendo una amalgama y una confusión … uno que no está en la norma, que tiene una conducta desviada puede ser equiparado con un terrorista. Esto puede ser un grave ataque a las libertades“. Fue más lejos todavía al afirmar que “hay una voluntad política de la autoridad para dar la sensación de que existe una amenaza y que la autoridad responde, para justificar su intervención en la seguridad pública“, que describió “como una deriva de la seguridad pública que justifica leyes represivas en nombre de una amenaza que a veces es real, pero que a veces es sólo virtual, o incluso inexistente“. El propósito de esta maniobra, según François Hollande, sería “demostrar una eficacia que es deficiente en el plano económico y social…“.

El poder político y una serie de medios amalgama o confunde a sabiendas la lucha contra el terrorismo y la reducción de las libertades fundamentales [10]; ahora bien, como hemos visto, el número de atentados no disminuye gradualmente a medida que la vigilancia de la población y los opositores políticos aumenta, sino todo lo contrario…

Podemos finalmente entender este fenómeno sólo si analizamos la evolución de un régimen político que ya no es capaz de absorber la contestación y que por lo tanto corre así el riesgo de volar en pedazos, de implosionar debido a su endurecimiento, esto en el contexto de una creciente deslegitimación de la casta política francesa [11]. El peligro principal hoy es la activación de las tensiones intercomunitarias, es decir, de una confrontación horizontal que desviaría a la población francesa del verdadero objeto de contestación y de una eventual rebelión. Una eventualidad para la cual el ejecutivo se preparó el 30 de junio de 2011 (alrededor de 8 meses antes del caso Merah) mediante un decreto que autoriza a los representantes del estado, los funcionarios y los militares, a disparar munición real sobre la población para el mantenimiento del orden público [12].

Prospectiva y soluciones

La estrategia estadounidense para hacer de Europa la cabeza de puente geoestratégica fundamental de los EEUU (según Brzezinski), para penetrar profundamente en el continente ha tenido éxito a través de la ampliación de la Unión Europea y de la instalación de bases de la OTAN hasta las fronteras rusas.

Hoy, Francia está en la encrucijada.. Dada la profunda crisis política (y no la amenaza terrorista) que podría conducir a un colapso del régimen, Francois Hollande propone concederse plenos poderes por la aplicación del artículo 16 y el artículo 36 de la Constitución, mientras se modifica, ya que el artículo 36 prevé específicamente transferir los poderes a las autoridades militares [13]. Francia da pues un paso hacia una dictadura socialdemócrata policial, en particular apartando al ejército como único capaz de deponer al Presidente y de destituir al gobierno en caso de guerra civil y / o desestabilización del poder. Curiosamente, en 2014 el Senado votó la posibilidad de destituir al Presidente de la República por incumplimiento de sus deberes [14].

Si lo consideramos con amplitud de miras y corremos el riesgo de hacer un análisis en la frontera de la paranoia, podríamos inferir que el presidente Hollande y su gobierno están tratando de caer en una trampa que hacen como que no ven. Porque el camino seguido en la actualidad debería conducir lógicamente a abolir el Estado como tal, en vista a una transferencia definitiva del poder al Politburó de Bruselas.

Escenario que se corresponde perfectamente con los fines de la estrategia estadounidense cuyo objetivo es neutralizar definitivamente a Francia, único país de Europa que puede reorientar la evolución del subcontinente europeo, actuando para establecer un eje estratégico con Rusia… París – Berlín – Moscú. Este es el deseo expresado por el ministro de Asuntos Exteriores francés, Hervé de Charette, en 1996, cuando declaró: “Si Francia quiere jugar un papel internacional, se beneficiará de la existencia de una Rusia más fuerte. Debe ayudarla a reafirmar su poder… “. A lo que respondió favorablemente su homólogo ruso [15]… La peor pesadilla de Estados Unidos, como escribió Brzezinski: “Si los lazos transatlánticos se relajan, sería el fin de la supremacía de los Estados Unidos en Eurasia. Su control del Océano Atlántico, su capacidad de penetrar profundamente en el continente estarían entonces muy limitados[16].

La desestabilización de Francia, si no conduce a su desaparición en tanto que estado soberano bajo dominación transatlántica UE/EEUU, bien pudiera abrir una ventana providencial a una nueva élite francesa capaz de poner de nuevo a Eurasia en su ámbito geopolítico natural, de Brest a Vladivostok y no de Washington a Tel Aviv.

Tal es la base de la estrategia contra-atlantista que hay que establecer. No hay que olvidar que la geopolítica determina la política nacional y no a la inversa.

04/12/15

* Youssef Hindi es escritor e historiador.

Notas

[1] Zbigniew Brzezinski, Le grand échiquier, 1997, p. 88.

[2] Zbigniew Brzezinski, Le grand échiquier, 1997, p. 104.

[3] Zbigniew Brzezinski, Le grand échiquier, 1997, p. 92.

[4] Ver el sitio de la French-American Foundation : http://french-american.org/

[5] Ver la entrevista a Brzezinski: http://michelcollon.info/034-Pourqu…

[6] Le Point, Attentat d’Ankara: une enquête accablante pour la Turquie, 14/10/2015: http://www.lepoint.fr/monde/attenta…

[7] Ver el artículo de Le Point, Mohamed Merah travaillait pour les RG, 07/06/2012: http://www.lepoint.fr/societe/merah…

[8] Ver el resumen del informe: http://www.france24.com/fr/20130517…

[9] Ver entrevista en Russia Today: https://www.youtube.com/watch?v=hZh…

[10] Ver el artículo de Le Point, 84% des Français acceptent une limitation des libertés en échange de plus de sécurité, le 17/11/2015.

[11] Ver la obra de Emmanuel Todd sobre la desaparición de la democracia en Francia, Après la démocratie, 2008.

[12] Décret n° 2011-795 du 30 juin 2011 relatif aux armes à feu susceptibles d’être utilisées pour le maintien de l’ordre public, ver: http://www.legifrance.gouv.fr/jopdf…

[13] Ver el artículo del periódico Le Monde del 16 de noviembre de 2015: http://www.lemonde.fr/les-decodeurs…

[14] Ver el artíuclo de Le Figaro de 22/10/2014: http://www.lefigaro.fr/politique/le…

[15] Le Nouvel Observateur, 12/08/1996.

[16] Zbigniew Brzezinski, Le grand échiquier, 1997, p. 88.

(Traducción Página Transversal)

Fuentes: Geopolintel y Égalité & Réconciliation.

Notas de la traducción:

[**] Direction Générale de la Sécurité Extérieure – Dirección General de Seguridad Exterior, agencia de inteligencia francesa.

[***] Direction Centrale du Renseignement Intérieur, sustituida en 2014 por la  Direction Générale de la Sécurité Intérieure (DGSI) .

Raconter les âges sombres

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Raconter les âges sombres

par André WAROCH

L’effondrement de la littérature française, au cours des dernières décennies, ne fait aucun doute. On ne voit guère que Houellebecq, avec essentiellement deux livres publiés il y a maintenant une vingtaine d’années, qui ait pu être pris au sérieux. Invoquer, pour expliquer cet effondrement, une conjonction de facteurs indépendants les uns des autres ne relève que de la paresse intellectuelle, de la même façon qu’expliquer la chute de l’Empire romain d’Occident par un affaiblissement spirituel s’ajoutant à des problèmes économiques dus à de mauvaises récoltes, elles-mêmes coïncidant avec des décisions funestes prises par deux ou trois souverains dégénérés, tout cela aggravé par la pression des Germains poussés à l’assaut des terres impériales par un hiver plus rude que d’habitude ou par les Huns d’Attila, revient à dire que cette catastrophe, peut-être la plus grande de l’histoire de l’humanité, fut un accident de la circulation. Ça se trouve comme ça, nous disent les génies appointés éclos dans les couveuses du CNRS. C’est dommage. C’est la faute à pas de chance, nous susurrent-ils de la voix mielleuse et satisfaite des crétins. Ainsi le couvercle se referme-t-il sur les vérités fondamentales de notre époque.

 

De même qu’Edward Gibbon avait clairement établi la raison profonde de la chute de Rome avant que les historiens officiels, à l’unanimité, ne rejettent ses thèses comme fantaisistes, exagérées, relevant du romantisme et de l’amateurisme, pour lui préférer, de loin, la conjonction des facteurs, de même il faudra bien qu’un jour quelqu’un se dévoue pour établir la raison profonde de la chute de la littérature française, et, par extension, de l’ensemble de la culture européenne.

 

Selon Philippe Muray, la question fondamentale qui sous-tend toute littérature digne de ce nom est la suivante : que se passe-t-il ?

 

Cette question, est, au cours des quarante années qui viennent de s’écouler, la question interdite par excellence. La poser, c’est déjà un peu y répondre, donc commencer à arracher le voile que nos Maîtres ont tendu entre nous et le monde qui nous entoure. Pourtant, les changements, pour la plupart abominables, que subit la société depuis le début des années soixante-dix, se produisent au vu et au su de tous, sans que leurs auteurs essaient de les dissimuler, bien au contraire : depuis le début de leur règne sans partage, ils n’ont de cesse de nous expliquer qu’il serait absolument impensable de considérer ces changements autrement que comme l’avènement programmé d’une nouvelle ère de félicité, qui sera aussi la dernière, un last age dans lequel le bonheur sera obligatoire, les guerres interdites, les différences effacées, une plage infinie où l’histoire des hommes s’échouera pour ne plus jamais repartir. Rien ne sera jamais plus comme avant, nous lancent-ils en nous regardant dans les yeux, nous mettant au défi de ne pas nous réjouir de ces hideuses métamorphoses, de ne pas applaudir à la destruction du monde humain que nous avions reçu en héritage des siècles passés. Voilà quarante ans que nous sommes l’objet de ce processus de normalisation forcée, basé sur la logique du fait accompli, de la sidération et de la terreur. Voilà quarante ans qu’on nous explique que nous ne voyons pas ce que nous voyons. Voilà quarante ans que les réfractaires qui s’obstinent à le voir, et à dire qu’ils le voient, sont socialement et politiquement éliminés, exclus à jamais de l’agora, relégués dans les égouts de la « République ».

 

Les élites, déconnectées du peuple ? C’est exactement le contraire. Sauf que cette  connexion ne fonctionne que dans un sens. Les images surgissent des télévisions comme autant de décharges électriques envoyées par des milliers de Pavlov. Et l’homme occidental, le cerveau atrophié, erre comme un somnambule dans ce monde qu’il ne peut plus comprendre, qu’il ne peut même plus voir. Quelque chose s’interpose entre lui et la réalité, et ce quelque chose est un écran, dont je m’étonne ici que, dans le camp hétéroclite des réfractaires, personne n’ai jugé bon de rappeler la vraie définition : tout ce qui arrête le regard, qui dissimule, empêche de voir.

 

Les actuels romanciers, ne pouvant se baser sur une réalité frappée d’interdit, et ne pouvant non plus se baser sur la réalité virtuelle des médias (à laquelle il devient très difficile de continuer à croire — sans parler de la faire croire aux autres — en essayant la coucher par écrit sur trois cent pages, c’est-à-dire en la détaillant et en essayant de la rendre crédible, ce qui est le principe du roman), ont choisi tout simplement de l’éviter. Les romans actuels ont en commun le fait de ne jamais se dérouler ni ici, ni maintenant. Nous sommes sous la domination des écrivains new-yorkais (Marc Lévy, Guillaume Musso, Katherine Pancol, Joel Dicker, avec une variante californienne : Philippe Besson), des écrivains de la Seconde Guerre mondiale, celle-ci d’ailleurs toujours réduite à la question juive (Colombe Schneck, Pierre Assouline), des écrivains de l’enfance volée (Angot), etc.

 

La littérature et les littéraires se sont couchés, comme tout le reste et comme tout le monde. Il suffit de voir comment ces derniers fondent sur le déviant qui prétend écrire et penser le monde hors de leur idéologie, et ce quelque soit la qualité littéraire des écrits en question. C’est là qu’arrachant leurs masques, ils nous montrent ce qu’ils sont vraiment : pas du tout des écrivains et des critiques, mais des commissaires politiques préposés à la culture, imposant leur loi par la délation, les pétitions, la terreur et l’intimidation.

 

La tâche de tout romancier doit être de saisir cette réalité dont on ne veut surtout pas qu’il s’occupe, ce nouveau monde qui n’en finit pas de grignoter l’ancien, à un rythme tel que chaque génération y naît et y grandit comme dans un nouvel univers que ne peut déjà plus comprendre la génération précédente.

 

Tout roman écrit non à partir de cette réalité, mais à partir du monde virtuel décrit dans les médias est nulle et non avenue. Le littérateur doit arracher ce voile, briser l’écran, pour raconter enfin ces âges sombres où nous sommes nés.

 

André Waroch


Article printed from Europe Maxima: http://www.europemaxima.com

URL to article: http://www.europemaxima.com/?p=4633

 

Sept films à voir ou à revoir sur les Nations sans Etat

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Sept films à voir ou à revoir sur les Nations sans Etat

Ex: http://cerclenonconforme.hautetfort.com

Depuis la fin de la période de décolonisation amorcée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale jusqu'au milieu des années 1970, les notions d'éternité et d'intangibilité des frontières nationales sont durablement inscrites dans la représentation mentale collective. Or, ces derniers mois, les aspirations à l'indépendance de l'Ecosse et de la Catalogne bouleversent ces certitudes qui n'avaient pas été aussi ébranlées, au sein des Etats piliers de l'Union européenne, depuis de nombreuses décennies. De nombreux Etats européens ne masquent pas leurs craintes que ces exemples ne créent un lourd précédent. En réalité, qu'est-ce qu'une frontière continentale si ce n'est une limite issue d'un traité de guerre ou d'une union par mariage ? Ainsi, les luttes indépendantistes constituent-elles un légitime moteur de l'Histoire. Depuis la dissolution de l'ancien bloc soviétique au début de la décennie 1990, qui a favorisé l'accession ou la ré-accession à l'indépendance de nombre d'anciennes républiques soviétiques, ce ne sont pas moins de six pays qui sont parvenus à l'indépendance ces vingt dernières années : de l'Erythrée en 1993 au Soudan du Sud en 2011, en passant par le micro-Etat du Pacifique des Palaos, le Timor Oriental et le Monténégro. Il nous sera permis d'être plus circonspect concernant le sixième cas. Car si de nombreux Etats européens ne masquent pas leurs craintes de voir leurs frontières remises en cause, ces Etats-dit-Nations, si prompts à se crisper sur leur intégrité territoriale avaient su se montrer plus favorables, en 2008, à soutenir l'indépendance de l'Etat-mafieux islamiste du Kosovo-et-Métochie, au détriment du caractère de berceau originel que représente le Kosovo pour une Nation serbe qui n'avait pas voulu se plier aux injonctions du Nouvel Ordre mondial... Mauvais apprentis sorciers, les arroseurs sont aujourd'hui les arrosés. "Aujourd'hui la Serbie, demain la Seine-Saint-Denis, un drapeau frappé d'un croissant flottera sur Paris".... La chanson prophétique Paris-Belgrade du groupe de rock In Memoriam fait dramatiquement écho aux récents événements survenus dans la très jacobine Nation française.

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LA BATAILLE DE CULLODEN

Titre original : The Battle of Culloden

Film anglais de Peter Watkins (1964)

16 avril 1746, à Culloden, des membres des différents clans rebelles écossais des Highlands, menés par le Prince Charles Edouard Stuart, font face aux troupes anglaises du Roi George II de Grande-Bretagne, que commande le Duc de Cumberland. Il ne faut pas plus d'une heure pour que le destin de la bataille soit scellé. Les Ecossais, mal organisés, sont mis en pièce par l'armée royale mieux équipée. Le combat terminé, la pacification du gouvernement britannique est d'une férocité sans nom. L'objectif avoué est de totalement annihiler le système clanique et, ainsi, de prévenir toute nouvelle rébellion dans les Hautes terres. Ils seront plus de deux mille Ecossais à périr dans la lande marécageuse ce jour-là...
Watkins a curieusement opté pour un montage singulier. Aussi, le film se présente-t-il comme un documentaire d'actualités tourné caméra à l'épaule. Le réalisateur se balade donc sur le champ de bataille et interviewe les combattants çà-et-là sans manquer pas de commenter le déroulé de la bataille en voix off. Choix risqué mais, ô combien, magistralement réussi ! Tourné avec des comédiens amateurs et un maigre budget, on est loin de la grande production peu avare en mélodrame. Et voilà tout le charme de Watkins, le drame brut l'emporte sur le pathos, finalement assez anachronique. Culloden, c'est un peu un Braveheart réussi ! Un chef-d'œuvre !

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BRAVEHEART

Film américain de Mel Gibson (1995)

En cette fin de treizième siècle, l'Ecosse est occupée par les troupes d'Edouard 1er d'Angleterre. Rien ne distingue un certain William Wallace de ses frères de clan lorsque son père et son frère meurent opprimés. Bien au contraire, Wallace souhaite avoir le moins d'ennuis possibles avec la soldatesque anglaise et s'imagine parfaitement en modeste paysan et époux de son amie d'enfance, Murron MacClannough. C'est en secret que les amoureux se marient afin d'épargner à la belle de subir le droit de cuissage édicté par la couronne anglaise. Mais Murron est bientôt violentée par un soldat anglais, provoquant la fureur de Wallace. La jeune femme est étranglée devant ses yeux. Wallace ne pense plus qu'à se venger. La garnison britannique du village est massacrée, première bataille d'une longue série de reconquête des clans écossais à l'assaut des Highlands...
Oui, Braveheart est un beau film ! Oui, les scènes de bataille sont fabuleuses ! Oui, le personnage de Wallace, imaginé et interprété par Gibson, ferait se soulever n'importe quel militant et s'enhardir du courage nécessaire lorsqu'il n'y a plus d'autre solution que le combat. Oui, Wallace est un héros nationaliste qui ne laisse pas indifférent. Oui, Gibson maîtrise toutes les ficelles du Septième art dès son deuxième long métrage. Oui, il est normal que vous ayez irrésistiblement eu une furieuse envie de casser la figure de Darren, brave étudiant londonien en Erasmus, qui vous tient lieu de pourtant si amical voisin. Oui, oui, oui et pourtant... Braveheart ne parvient pas au niveau de la réalisation de Watkins. La faute à un pathos romantique trop exacerbé et une idylle absolument mal venue avec Isabelle de France, bru du Roi Edouard 1er. Il est néanmoins impensable de ne pas le voir et l'apprécier.

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FLB

Documentaire français de Hubert Béasse (2013)

En quatorze années d'existence, de 1966 à 1980, le Front de Libération de la Bretagne a commis pas moins de deux centaines d'attentats. Par tous les moyens, les F.L.B. entreprennent de défaire l'annexion de la Bretagne à la France, héritée du mariage de la Duchesse Anne, alors seulement âgée de douze ans, et du Roi de France Charles VIII. Les nombreux attentats visent l'ensemble des pouvoirs régaliens et symboliques de la France. Le plasticage de l'antenne de retransmission télévisée de Roc'h Trédudon, privant la Bretagne de télévision pendant plus d'un mois, et le dynamitage de la Galerie des glaces du château de Versailles comptent parmi les actions les plus spectaculaires menées par les mouvements indépendantistes en France. Evidemment, la répression ne tarde pas à frapper l'Emsav...
Divisé en deux parties, Les Années De Gaulle et Les Années Giscard, le remarquable documentaire de Béasse donne la parole à nombre d'anciens F.L.B., dont le témoignage est assorti de nombreux documents inédits. Provenant d'horizons politiques, parfois les plus opposés, l'extension du F.L.B. ne pouvait que rimer avec scission. S'ouvrant aux thèses socio-économiques anticapitalistes, l'Armée Révolutionnaire Bretonne entend marier ses initiales au sigle F.L.B. et lutter pour une Bretagne plus progressiste. Béasse, par bonheur, entend tendre le micro à toutes les tendances des F.L.B., et ce, avec une objectivité appréciable dans le traitement des témoignages. Les pendules sont remises à l'heure pour ceux qui ont la mémoire courte ou la dent dure sur la réalité du mouvement breton. Parfaitement intéressantes que ces deux heures documentaires.

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GENERATION FLNC

Documentaire français de Samuel Lajus (2004)

fnlc$_35.JPGEté 1975 sur l'Ile de beauté, Edmond a finalement choisi entre la canne à pêche et le fusil. Dès l'année suivante, différents groupuscules unissent leurs forces et créent le Front de Libération Nationale Corse et célèbrera joyeusement sa naissance par une spectaculaire nuit bleue. Le sigle F.L.N.C. se popularise très rapidement au-delà des côtes corses et inquiète fortement les services français. Les nombreuses arrestations et mises en détention n'entament en rien la progression de l'idée nationaliste en Corse. Aussi, est-il inconcevable de ne pas attribuer au Front les avancées des revendications corses. Si la lutte armée contre le trafic de drogue divise la population, tous les Corses, à l'exception de certains propriétaires fonciers peu regardants, approuvent le plasticage des résidences construites sur le littoral, afin que la Corse ne devienne pas la Costa del Sol. Pourtant, les tensions grandissent et les nationalistes s'engluent dans les affaires jusqu'à l'assassinat du préfet Erignac qui consomme un certain divorce entre partisans de la lutte armée et peuple corse.
Il est dit que l'omerta règne en Corse. Pas dans ce passionnant et poignant documentaire en tout cas. De nombreuses images d'archives enrichissent les témoignages d'une trentaine d'ex-militants quinquagénaires du Front, de représentants du nationalisme corse mais également de hautes personnalités, tel le commissaire Robert Broussard, Jean-Louis Debré ou Charles Pasqua. La langue de bois n'est ainsi pas de mise, y compris sur les sujets les plus sensibles, des règlements de compte entre partisans de la même cause aux négociations secrètes entre les clandestins et l'Etat, mais aussi sur la dérive mafieuse de certaines factions. Finalement, ce sont les représentants de l'Etat qui en disent le moins ; tant il est vrai qu'ils n'ont pas les fesses complètement propres sur ces sujets. Deux années de tournage pour achever ce document, extraordinaire de décorticage d'un sentiment identitaire. Indispensable pour qui s'intéresse au sujet.

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L'ORDRE ET LA MORALE

Film français de Mathieu Kassovitz (2011)

1988, loin de l'hexagone, sur l'île kanake d'Ouvéa, quatre gendarmes sont abattus dans l'assaut de leur caserne et vingt-sept autres retenus par des membres du mouvement indépendantiste du Front de Libération National Kanak et Socialiste. La situation se dégradait depuis de nombreux mois. Trois cents militaires sont dépêchés sur l'île calédonienne pour libérer les otages. Philippe Legorjus, patron de l'élite des gendarmes d'intervention, et Alphonse Dianou, leader des preneurs d'otages, partagent bien des valeurs communes, l'honneur surtout. Legorjus sent qu'il peut maîtriser la situation sans effusion de sang mais la France est alors à deux jours du premier tour des élections présidentielles. Dans le combat qui opposera Jacques Chirac et François Mitterrand en pleine cohabitation, la morale ne semble pas être la première préoccupation des deux candidats.
Tiré de l'ouvrage La Morale et l'action de Legorjus, le film ne manqua pas de faire scandale. Film militant pro-indépendantiste selon les partisans de la vérité d'Etat, film inutile pour de nombreux Kanaks estimant la réouverture des cicatrices inutile. C'est certainement Legorjus qui constitue la source la plus fiable pour expliquer ce bain de sang. Manipulation des faits pour de basses considérations électives, réalité d'un néo-colonialisme français, fortes rivalités entre de hauts gradés, la prise d'otages de la grotte ne pouvait connaître d'issue sereine. Les exécutions sommaires de militants indépendantistes fait prisonniers sont là pour le rappeler. Parfois manichéen dans sa caricature des militaires français, le film de Kassovitz demeure néanmoins extrêmement convaincant. A voir absolument !

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15 FEVRIER 1839

Film québécois de Pierre Falardeau (2001)

14 février 1839, sous le régne de la Reine Victoria, deux héros québécois de la lutte pour l'indépendance, Marie-Thomas Chevalier de Lorimier et Charles Hindelang, apprennent que la sentence de mort par pendaison sera appliquée le lendemain. Voilà deux années que ces hommes comptent parmi huit cents détenus emprisonnés à Montréal dans des conditions dégradantes après l'échec de l'insurrection de 1837, dont une centaine a été condamnée à mort par les autorités colonialistes anglaises. Entourés de leurs compagnons d'infortune, vingt-quatre heures les séparent de leur funèbre destin. De vagues sursauts d'espoir affrontent la peur et le doute. Une seule chose est sûre, affronter la mort sera leur dernier combat. Et ils ne regrettent rien...
Malgré une parenté historique et linguistique évidentes, que connaît-on aujourd'hui du Québec en France et de son aspiration à la liberté ? Inspiré de faits réels, Falardeau rompt avec sa filmographie satirique et a à cœur de rendre hommage aux luttes indépendantistes qui ont enflammé le pays québécois au 19ème siècle. Le réalisateur livre un huis-clos sombre de toute beauté. D'un parti pris indépendantiste évident, le film a légitimement été fortement égratigné par la critique anglophone dénonçant un déferlement de haine antibritannique. Quelques approximations historiques ne nuisent pas à un ensemble prodigieux.

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SALVATORE GIULIANO

Film italien de Francesco Rosi (1961)

5 Juillet 1950, le corps criblé de balles du bandit indépendantiste sicilien Salvatore Giuliano est découvert dans la cour d'une maison du village de Castelvetrano. Si l'homme était traqué par la police et l'armée italiennes, il semblerait qu'il ait été retrouvé avant eux. Le constat du décès est dressé par un commissaire tandis que les journalistes sont à l'affût du moindre renseignement. La mort achève une existence intrépide commencée en 1945 lorsque Giuliano s'engage dans la lutte violente, avec l'appui de la Mafia, pour l'indépendance de son île. Le 1er mai 1947, il avait été notamment impliqué dans l'assassinat de militants socialistes. Son corps est bientôt exposé dans sa commune natale de Montelepre, où sa mère et les habitants viennent se recueillir avec une dévotion non simulée. Tous les regards convergent alors vers Gaspare Pisciotta, lieutenant de Giuliano, que tous soupçonnent de l'avoir trahi et assassiné...
Film subversif et engagé à plus d'un titre ! Rosi utilise un curieux procédé scénographique pour évoquer la vie de ce curieux personnage historique sicilien, moitié bandit indépendantiste, moitié Robin des Bois dont le souhait était de voler les riches pour donner aux pauvres et arracher l'île à la domination italienne pour en faire le quarante-neuvième Etat d'Amérique. Ainsi, le récit anarchique de Rosi parvient-il à ne pas être brouillon sans aucun ordre chronologique. Autre point fort, Rosi est l'un des premiers à dénoncer les rapports étroits de la Cosa nostra avec le pouvoir politique sicilien. Enfin, le réalisateur n'a pas hésité à faire appel à des acteurs non-professionnels, renforçant le caractère authentique de l'œuvre. Un grand film politique par l'un des maîtres du cinéma italien.

Virgile / C.N.C.

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