mardi, 14 avril 2026
Orban a (massivement) perdu

Orban a (massivement) perdu
Martin Sellner
Bron: @MSellnerAdmin (Telegram)
Avec une victoire écrasante, le Tisza, soutenu par l'UE, a obtenu une majorité des 2/3 et peut désormais démanteler progressivement le travail de construction du Fidesz depuis 2010.
Peut-être réécrivent-ils même la constitution de Pâques d'Orban — et transforment-ils la Hongrie en un État modèle, selon les critères du libéralisme de gauche.
Alors que la Hongrie de Magyar s'assimile dans l'UE, il est probable que le pays soit inondé de fonds et qu'une période de grâce lui soit accordée pour la redistribution des demandeurs d'asile, la censure des discours de haine et l'endoctrinement en matières de genre — afin d'éviter toute agitation dans le pays. À quoi cela est-il dû?
Je ne suis pas d'accord avec de nombreux analystes dits de droite:
Orban était, économiquement parlant et dès le départ, sans aucune chance. Un petit État enclavé sans ressources ni tourisme, étouffé par l'UE suite à des sanctions et à la suspension de fonds, ne peut pas offrir à son peuple une économie attrayante. La corruption, qui doit être condamnée en tant que telle, n'est probablement ni plus ni moins présente que dans tout autre pays bénéficiaire net.
La seule façon pour Orban d’échapper à ce "traitement" aurait été d’ouvrir les frontières et de jouer le jeu géopolitique. Mais cela n'aurait pas conduit à un mieux comme dans n'importe quelle autre satrapie de l'UE.
Quant à l'approche d'Orban envers des "puissances étrangères", on ne peut guère lui en faire reproche parce qu'il était sous cette contrainte. Il devait essayer de créer des options alternatives pour satisfaire les attentes de prospérité de ses électeurs. Mais il n’a manifestement pas réussi.
Orban a certainement aussi commis des erreurs. Mais même s'il n'avait pas fait d'erreurs, il aurait eu peu de chances à long terme sous une telle pression. Les forces libérales de gauche dans l'UE sont encore trop fortes. La Hongrie n’a pas pu tenir suffisamment longtemps.
Contre l'offre de Magyar: lutte contre la corruption, critique de la migration + fonds européens, Orban est vraiment impuissant. Il n’y a pas non plus de reproche à faire aux électeurs. Il est compréhensible qu'ils aspirent à un changement et à une amélioration de leurs conditions de vie.
C’est là toute la perversité de l'"arme des sanctions", qui crée une opposition politique par l’appauvrissement ciblé.
Voici maintenant l’épreuve qui s'ensuivra: Orban a investi délibérément dans des structures métapolitiques en dehors du parlement. Avec ces structures, une hégémonie peut même "survivre" à une défaite électorale. À condition que la phalange des intellectuels de droite organiques puisse rapidement passer en mode opposition.
Ce fut également suite à une défaite électorale en 2002, que le travail métapolitique d'Orban a commencé. La liste Kubatov doit être réactivée. Une phase d'opposition peut justement, pour un milieu métapolitique fort, avoir un effet revitalisant.
Le besoin pousse à l’ingéniosité. Hölderlin l’appelle la "grande maîtresse".
"Le vieil homme Faust a rajeuni;
Elle arrive, comme la foudre de Dieu,
Et détruit des montagnes rocheuses,
Et déploie sa voie sur les géants."
Que le besoin qui s'installera dans les années à venir puisse rajeunir, activer, et faire revenir encore plus fort le bloc national hongrois !
13:41 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, actualité, hongrie, viktor orban, fidesz, europe, affaires européennes, europe centrale, europe danubienne |
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États-Unis et Iran: aucun accord, aucune paix, aucune solution

États-Unis et Iran: aucun accord, aucune paix, aucune solution
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena#
Les négociations entre Washington et Téhéran se sont terminées sans résultat. Le vice-président américain J. D. Vance a quitté Islamabad après 21 heures de négociations, sans qu’un accord ait été conclu. Son message a été aussi bref qu’éclairant: les États-Unis ont présenté leur dernière position, l’Iran ne l’a pas acceptée.
Ce n’est pas une simple note de bas de page. Cela montre plutôt à quel point le conflit est profondément bloqué sur les points essentiels. Car il ne s’agissait pas de questions de détail, mais des véritables enjeux de pouvoir.
Premier point : l’Iran ne veut pas perdre le contrôle du détroit d’Ormuz et semble également vouloir en tirer un avantage économique.
Deuxième point : Téhéran n’est pas prêt à renoncer à l’enrichissement d’uranium.
Troisième point : l’Iran réclame de facto une sorte de compensation pour les destructions causées par la guerre, la politique de pression et les sanctions.
Washington rejette tout cela.
Il n’est donc pas surprenant que les négociations échouent dans ces conditions. Ce qui est plutôt remarquable, c’est autre chose: Trump a déclaré par la suite que les résultats des négociations n’étaient pas décisifs pour lui, car les États-Unis avaient déjà atteint leurs objectifs. Cela ne ressemble pas à de la confiance en soi, mais plutôt à une tentative de justifier a posteriori l’absence de résultats politiques comme un succès.
Car le vrai constat est différent: Washington ne veut apparemment pas d’une nouvelle grande guerre, mais ne peut pas non plus contraindre Téhéran à signer un accord selon ses conditions. C’est précisément là que réside le cœur stratégique de la situation.
Qu'en découle-t-il? Pas de paix. Mais probablement pas non plus un grand conflit immédiat. Plus vraisemblable, un état que l’on peut décrire comme une impasse sensible durable: un cessez-le-feu plutôt qu’un ordre régional nouveau, une dissuasion plutôt qu’une entente, des menaces plutôt qu’une solution.
Ce contexte offre des marges à l’Iran. Téhéran cherchera probablement à renforcer son influence autour d’Ormuz, tant sur le plan politique qu’économique. Et il y a également de fortes raisons de penser que le programme nucléaire iranien continuera — peut-être de manière plus occulte, plus prudente, mais ne sera probablement pas abandonné.
Par ailleurs, il est presque aussi prévisible que les États-Unis et Israël procéderont à des frappes limitées contre les sites nucléaires iraniens dès qu’ils auront l’impression que Téhéran dépasse une ligne rouge. Ce n’est pas une voie vers la paix, mais la logique d’un conflit à la demande.
Sur le plan intérieur, le régime iranien a plutôt traversé cette crise qu’il ne l’a subie. La pression extérieure ne l’a pas déstabilisé, mais plutôt renforcé. Et là aussi, c’est une vérité désagréable à entendre et à constater pour l’Occident.
Pour Trump, ce résultat est donc difficile à qualifier de succès. Si l’on ne veut pas de guerre, mais que l’on n’obtient pas non plus de percée politique, il ne reste à la fin que la gestion longue d'un conflit non résolu. C’est exactement ce que nous voyons se dessiner ici.
Mais ce qui est encore plus important, c'est la ligne géopolitique plus large: les États-Unis perdent visiblement en influence au Moyen-Orient. Ils peuvent menacer, sanctionner, bombarder. Mais ils sont de moins en moins capables de façonner l’ordre politique de la région selon leurs souhaits. C’est le vrai contexte de ces négociations ratées.
13:00 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : états-unis, iran, golfe persique, moyen-orient, actualité |
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Leçon de Hongrie

Leçon de Hongrie
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena#
La Hongrie est bien plus qu’un simple message électoral. C’est une leçon sur les limites de la politique nationale dans un système qui tolère la déviation au niveau national uniquement tant qu’elle reste sans conséquence.
La défaite d’Orbán montre qu’en Europe, il ne suffit plus de gagner des élections, de former un gouvernement et de se référer à la souveraineté dans des discours. En effet, le vrai pouvoir se trouve souvent plus en profondeur: dans des réseaux, des institutions, des flux financiers, des milieux médiatiques et des terrains idéologiques qui se sont largement affranchis du contrôle démocratique.
C’est précisément là que réside le problème fondamental de tous les gouvernements qui s’opposent à la ligne dominante sans toucher aux structures sur lesquelles cette ligne repose. On peut s’attaquer à Bruxelles, critiquer la politique migratoire, refuser le courant dominant, mais aussi longtemps que les strates clés d’influence et d’interprétation restent dans le même vieil ordre, toute résistance demeure précaire. Alors, ce n’est pas l’État qu’on dirige, mais seulement sa surface visible.
Orbán a été pendant des années la figure symbolique d’une contradiction limitée apportée sur le théâtre européen. Il incarnait la tentative de préserver un espace d’action national au sein de l’UE. Mais cette tentative avait dès le départ ses limites: elle contredisait le système sans véritablement sortir de ses mécanismes de pouvoir. La Hongrie est restée profondément intégrée, sur le plan financier, institutionnel, sécuritaire et idéologique, dans le bloc occidental. Dans de telles conditions, tout conflit avec Bruxelles devient un combat dans une arène dont les règles ont déjà été fixées par d’autres.
Le problème réside dans la structure même de l’UE. Car l’Union européenne n’est plus vraiment l’Europe des nations libres que l'on a autrefois vendue à ses citoyens. Elle est devenue un espace de gouvernance politique où la conformité est récompensée et la déviance est sanctionnée. Pas toujours par des moyens ouverts, pas toujours avec une pression bruyante, mais avec une grande cohérence. Par des structures de financement, par des ONG, par un cadrage médiatique, par une étiquetage moral, par des blocages institutionnels et par la tentative permanente de présenter toute politique nationale indépendante comme suspecte.
C’est précisément là que réside la finesse de ce modèle. Il n’est plus nécessaire d’imposer des interdits ouvertement. Il suffit de façonner les conditions du concours politique de façon à isoler, épuiser et délégitimer progressivement l’écarté. En apparence, tout reste propre, démocratique et conforme aux règles. En revanche, à l’intérieur, un appareil agit en connaissance de cause, en sachant quelles forces encourager et lesquelles combattre.
La forme moderne de désarmement ne s’appuie plus sur des chars, mais sur la maîtrise du discours, la pression par réseaux et l’épuisement institutionnel. La défaite d’Orbán est donc bien plus qu’un événement propre à la Hongrie. Elle est un signal à tous les acteurs politiques qui pensent qu’il est possible d’agir durablement en souverain dans cette architecture de pouvoir européenne, sans remettre en question ses fondements.
Cela ne concerne pas seulement l’Europe centrale et orientale. Au fond, cela concerne chaque acteur politique, qui veut hiérarchiser ses intérêts nationaux par rapport aux injonctions d’un système transnational technocratique. Celui qui ne remporte que des gouvernements, mais pas les centres de pouvoir qui se profilent derrière ces gouvernements, reste une figure passagère.
C’est pourquoi la lecture de ce phénomène dépasse également l’Europe. Car le motif est toujours similaire: des figures de leadership populistes ou résistantes entrent en confrontation avec un ordre de pouvoir qui va plus profondément que les cabinets, partis ou campagnes électorales. Elles peuvent mobiliser, irriter, freiner. Mais elles échouent tandis que les appareils permanents restent intacts. Le cas d’Orbán n’est donc pas seulement hongrois. Il est un cas exemplaire pour tous.
L’autodétermination nationale n’est que partiellement prévue dans l’UE d’aujourd’hui. Orbán n’a pas seulement perdu une élection. Il a échoué face à la réalité d’un système qui ne tolère la démocratie nationale que tant qu’elle ne touche pas à l’ordre du pouvoir.
11:25 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, actualité, europe, affaires européennes, hongrie, europe danubienne, europe centrale, viktor orban |
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