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vendredi, 03 avril 2026

Erdogan entre dans le jeu

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Erdogan entre dans le jeu

Andrea Marcigliano

Source: https://electomagazine.it/erdogan-entra-in-gioco/

Dites ce que vous voulez, mais il est certain que Recep Tayyyp Erdogan n’est pas un homme qui se contente de demi-mesures diplomatiques.

Il parle et il parle très clairement. Et, en général, il agit en conséquence.

La situation qui est en train de se créer avec la guerre en Iran, déclenchée par Washington et Israël, ne lui plaît pas du tout. Pour toute une série de raisons.

Avant tout, le fait que le Mossad israélien arme les Kurdes iraniens pour les utiliser contre le régime de Téhéran.

Et cela, pour Ankara, constitue un gros problème. En fait, une véritable menace.

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Le parti kurde iranien, le PJAK, est en effet une branche du PKK, le parti communiste kurde turc, toujours en conflit contre Ankara.

Et la Turquie a beaucoup peiné au fil des années pour réprimer, sinon éliminer complètement, la guérilla kurde sur son territoire.

Il est donc évident qu’Erdogan craint que le soutien d’Israël au PJAK, pour l’utiliser à des fins anti-iraniennes, se traduise par une nouvelle révolte des Kurdes de Turquie.

Un risque, rappelle Erdogan, déjà couru en Syrie. Et il rappelle justement qu’Ankara était alors intervenue militairement. Et lourdement contre les Kurdes syriens. Indifférent aux jeux d’alliances et au soutien que ceux-ci recevaient de Washington.

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Erdogan ne mâche pas ses mots. Le soutien aux Kurdes est une menace pour la Turquie. Donc, si Israël continue sur cette voie, Ankara interviendra militairement. En demeurant totalement indifférent aux alliances liant ces Kurdes à Washington et sans tenir compte des contraintes de l’OTAN.

Car, certes, la Turquie fait partie de l’OTAN. En fait, elle représente la deuxième armée de l’Alliance atlantique. Dépourvue d’armes nucléaires, mais dotée d’une force redoutable.

Mais, pour les Turcs, faire partie de l’alliance ne signifie pas être serviles et soumis.

Cela ne signifie pas subir des choix qui nuisent à ses propres intérêts.

Comme l’a fait, rappelons-le, l’Italie en Libye. Et, à bien des égards, même avant, en Serbie.

Par ailleurs, il faut noter que l’alliance étroite, peut-être trop étroite, entre Washington et Tel-Aviv – qui ne fait pas partie de l’OTAN – commence à devenir un gros problème pour l’Alliance atlantique.

Dans un certain sens, cela pourrait en devenir la tombe.

Déjà l’Espagne a pris ses distances, ce qui a mis Trump en colère. Et la dissidence face à la politique américaine au Moyen-Orient est apparue aussi à Paris et, fait plus notable, à Londres.

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Ici, cependant, nous avons la deuxième puissance militaire de l’OTAN qui se prépare à entrer en scène contre ces Kurdes qui sont utilisés par Israël et, par corrélation logique, par Washington.

Peut-être pouvons-nous commencer à raisonner selon des paramètres différents. L’OTAN est désormais une vieille chose. Le vestige d'une guerre (froide) du passé. Un instrument devenu complètement inutile.

Erdogan le fait comprendre clairement. Et tous, même à Rome, devraient commencer à s’en rendre compte.

17:52 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, erdogan, turquie, iran, kurdes, moyen-orient | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Les États-Unis comme éternel ennemi de l’Europe

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Les États-Unis comme éternel ennemi de l’Europe

Raphael Machado

Source: https://telegra.ph/Gli-Stati-Uniti-come-eterno-nemico-del...

Si les États-Unis sont les amis de l’Europe, alors l’Europe n’a pas besoin d’ennemis.

Nous nous sommes habitués à considérer la relation entre les États-Unis et les pays européens, notamment ceux d’Europe occidentale, comme une alliance irréprochable, une véritable amitié entre les peuples. D’ailleurs, le discours dominant parle d’une seule « civilisation occidentale », qui unit l’Amérique du Nord et l’Europe, fondée sur les mêmes « valeurs judéo-chrétiennes ».

Cette perspective, partagée par de nombreux atlantistes et anti-impérialistes, est erronée en raison de sa myopie. Elle repose sur une lecture limitée de l’histoire, qui ne prend en compte que le monde depuis la seconde moitié du 20ème siècle jusqu’aux dernières années.

Ainsi, face aux événements contemporains qui témoignent d’un certain mépris, voire d’une hostilité, des États-Unis envers l’Europe, certains restent stupéfaits. Peut-être les Européens eux-mêmes, mal informés et victimes d’ingénierie sociale, restent-ils déconcertés, sans comprendre ce qui se passe.

187d7101a131fa2a95c4fcca498fea0f.jpgAu-delà de la politique étrangère britannique elle-même, qui a toujours été anti-européenne, la fondation même des États-Unis s’est faite dans une perspective anti-européenne. Pour les « pères pèlerins », les pays européens étaient tyranniques, oppressifs et hédonistes. Le papisme était le siège même de l’Antéchrist. Même les pays protestants comme les Pays-Bas étaient critiqués et condamnés comme libertins et insuffisamment religieux.

Extrêmement sectaires, les puritains qui allaient fonder les États-Unis ne considéraient même pas possible de continuer à respirer le même air que les Anglais, les Hollandais et, en général, les Européens d’autres confessions chrétiennes. Le gouverneur de Plymouth, William Bradford, également l’un des premiers écrivains américains, le précise très bien dans son ouvrage Of Plymouth Plantation où il commente, par exemple, que « Satan semble avoir suivi une méthode similaire en ces derniers jours, puisque la vérité a commencé à émerger et à se répandre après la grande apostasie de cet homme du péché, l’Antéchrist papal ».

Il n’est donc pas surprenant que dès le XIXe siècle, les États-Unis fassent leurs débuts sur la scène internationale avec une politique étrangère spécifiquement anti-européenne, visant à forcer l’expulsion des Européens de leurs derniers territoires en Amérique latine afin de remplacer la présence européenne par la leur. L’objectif principal à l’époque était l’Espagne (et dans ce cas, même la foi catholique espagnole jouait un rôle dans la propagande américaine).

Après avoir achevé l’expulsion des Européens (à l’exception des Anglais et, en partie, des Français) des Amériques, la politique étrangère américaine s’est concentrée sur l’ingérence permanente dans les affaires européennes, visant toujours à étouffer l’émergence de toute puissance capable de défier sa force croissante. À l’ombre de l’Empire britannique, qui au début du 20ème siècle commençait déjà à montrer des fissures, les États-Unis ont attisé la Première Guerre mondiale pour liquider quatre empires à la fois: les empires allemand, austro-hongrois, ottoman et russe, et affaiblir également la France et le Royaume-Uni.

caricature-sdn.jpgLa Société des Nations, quant à elle, fut créée pour permettre aux États-Unis d’influencer la politique européenne via les votes de leurs représentants latino-américains, sans que les États-Unis eux-mêmes ne se soumettent à son mandat.

On pourrait ici rappeler brièvement le rôle de Wall Street dans le soutien initial à la montée d’Hitler en Allemagne, mais même sans tenir compte de cet aspect, il est de notoriété publique et bien connu que l’OTAN a été conçue non seulement comme une arme pour tenir l’URSS hors d’Europe, mais aussi comme une structure d’occupation pour garantir la soumission des Européens et cimenter l’occupation militaire américaine du continent européen.

Maintenir l’Europe sous tutelle a toujours été un objectif principal des États-Unis, qu’ils poursuivent encore aujourd’hui.

Il est nécessaire d’insister sur cette dimension historique afin que l’on soit conscient de l’horizon radicalement anti-européen de la politique étrangère américaine. Prenons, par exemple, l’épisode de la naissance de l’euro en 1999. Malgré les critiques répandues contre l’Union européenne et l’euro de la part des souverainistes, on tentait encore parfois d’orienter le projet d’intégration européenne dans une direction qui défierait l’hégémonie économique et financière des États-Unis. Autrement dit, pendant une courte période, on tenta de considérer l’euro comme une possible voie vers la dédollarisation.

Mais juste après la naissance de l’euro, les États-Unis ont lancé une guerre en Europe, bombardant la Serbie sans aucune justification légitime, si ce n’est celle d’écraser les Serbes (alliés historiques de la Russie). L’impact immédiat pour le reste de l’Europe fut un effondrement immédiat de l’euro, car les investisseurs le vendaient pour acheter des dollars, et une baisse significative sur tous les marchés boursiers européens, autrement dit une fuite de capitaux. Un simple dommage collatéral… ou l’intervention en Serbie avait-elle été pensée dès le départ aussi comme un coup contre l’Europe ?

Le moment actuel de tension entre les États-Unis et l’Europe n’est donc pas un simple accroc dans ces relations.

Récapitulons ce qui s’est passé ces dernières années.

Les États-Unis ont convaincu les dirigeants européens d’allumer le feu en Ukraine, avec le Maïdan et la préparation d’une guerre contre la Russie. La réaction russe avec l’opération militaire spéciale a immédiatement entraîné la plus grande vague de sanctions de l’histoire de l’humanité, mais le principal perdant fut l’Europe, qui a perdu l’accès à des sources d’énergie extrêmement bon marché venant de Russie.

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L’impact économique fut immédiat, avec une hausse de l’inflation et un ralentissement de l’activité économique. Des pays comme la Bulgarie, la Slovaquie, la Finlande, la République tchèque et la Lituanie ont vu leur PIB diminuer entre 2 et 5 %.

L’attentat contre le gazoduc germano-russe Nord Stream a encore aggravé la situation, en particulier pour l’Allemagne qui, à partir de ce moment, est simplement entrée en récession, avec un PIB en baisse de près de 1% par an jusqu’à la stagnation à partir de 2025. Parallèlement, le secteur industriel allemand s’est réduit, avec une perte d’emplois allant jusqu’à 200.000 unités. Pendant ce temps, bien que l’Allemagne ait réussi à remplacer le gaz russe par du gaz naturel liquéfié, les coûts restent environ 80% plus élevés que le gaz russe, avec des répercussions sur l’économie et les prix.

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En d’autres termes, la “locomotive” économique de l’Europe a déraillé. Il s’agit de l’Allemagne même qui, dans la géopolitique classique (que les stratèges atlantistes connaissent très bien), a toujours été considérée comme un allié naturel et complémentaire de la Russie. En effet, depuis au moins 200 ans, l’un des objectifs principaux de la géopolitique atlantiste a été d’empêcher une alliance entre l’Allemagne et la Russie.

Pendant ce temps, très vite, les États-Unis, déjà sous Trump, ont commencé à exercer une pression encore plus forte sur l’Europe, avec la question du Groenland, les droits de douane et les tentatives de faire supporter aux Européens les coûts d’un conflit principalement géré à Washington.

Pour empirer les choses, depuis 2022, les États-Unis ont exercé des pressions pour éliminer tout achat de gaz russe par les Européens. Cet objectif a été pratiquement atteint début 2026. Peu après, les États-Unis ont déclenché une guerre dans le Golfe, provoquant la paralysie de l’industrie pétrolière régionale et une envolée des prix du baril de pétrole. Une grande partie du pétrole, du GNL et de certaines autres matières premières dont dépendait l’économie européenne provenait justement du Golfe…

Si les États-Unis sont les amis de l’Europe, alors l’Europe n’a pas besoin d’ennemis.

Article original : Strategic Culture Foundation

Autarcie plutôt que dépendance: pourquoi nous devons enfin devenir adultes en matière de politique énergétique

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Autarcie plutôt que dépendance: pourquoi nous devons enfin devenir adultes en matière de politique énergétique

Un jeune député régional de l’AfD demande une réorientation de la politique énergétique et environnementale et plaide pour plus d’autarcie, une exploitation des ressources et un pragmatisme technologique. Mike Grener esquisse ici un agenda qui va bien au-delà de la simple critique.

Par Maximilian Gerner

Source: https://www.freilich-magazin.com/politik/autarkie-statt-a...

Je suis donc le nouveau venu ici, dans le rédaction de freilich-magazine.com. Maximilian Gerner est mon nom, et si vous ne me connaissez pas encore – ce qui est assez probable, sauf si vous me suivez déjà depuis longtemps sur Instagram grâce à mes contributions sur les dégustations de bières nationales et internationales ou les matchs du VfB Stuttgart –, cela devrait bientôt changer. En effet, j’ai été élu lors des élections régionales du 8 mars 2026 pour l’AfD au Parlement du Bade-Wurtemberg, et je compte bien y instaurer un nouveau style politique. Tant selon les critères généraux que pour l’AfD. Cela semble ambitieux ? Mais ce n’est peut-être pas tant que ça, car la barre n’est souvent pas très haute.

imgmages.jpgMais commençons par le début: je suis né en 1998, intéressé par la politique depuis au moins 1999, j’aime autant troller hors ligne qu’en ligne, et je pense que la consommation d’alcool et la musculation sont deux facettes d’une même médaille. En 2017, je suis devenu membre de l’AfD – sobre, je tiens à le préciser – et depuis 2022, je suis conseiller parlementaire pour l’environnement, le climat et l’économie de l’énergie au sein du groupe AfD au Parlement du Bade-Wurtemberg. En étant placé 22ème sur la liste, je suis désormais passé de collaborateur à député, et je vais donc coûter encore plus d’argent aux contribuables à l’avenir. Merci à tous les électeurs – je donnerai tout pour que ceux-ci puissent dire dans cinq ans: ce type vaut notre argent !

Entre ambition et réalité

Au cours des quatre dernières années, j’ai, de par mon métier, traité quotidiennement des questions de politique environnementale et énergétique, et je suis convaincu que ce domaine doit occuper une place bien plus centrale dans notre travail politique. Cela concerne aussi bien la politique énergétique pure que les questions environnementales. Les deux sont souvent liées, mais il existe également des questions importantes de protection de l’environnement qui n’ont rien à voir avec la production d’énergie. Ici, nous avons, en tant que représentants de l'AfD – et je le dis sur le mode de l'autocritique – encore des progrès à faire.

Trop souvent, les figures politiques de l’AfD ne parlent avec passion de la protection de l’environnement que lorsqu’ils peuvent l’opposer, par exemple, aux éoliennes. Je veux changer cela, car la protection de l’environnement n’est pas un vêtement de circonstance qu’on enfile tous pendant quelque temps puis qu’on range ensuite dans le placard, mais la condition de base pour assurer une existence digne aux générations présentes et futures. Comme je suis quelqu’un qui aime passionnément se retrouver dans la nature, j’en suis peut-être plus conscient que d’autres. Je veux porter cette conscience non seulement au Parlement, mais aussi dans mon propre parti.

Car selon moi, il ne suffit pas de critiquer les éoliennes dans les régions peu venteuses ou au milieu de la flore et de la faune fragiles. Il ne suffit pas de produire de l’énergie solaire uniquement sur des surfaces déjà imperméabilisées et de ne pas vouloir voir ces installations sur des espaces verts. Si nous voulons faire notre travail correctement en tant que mandataire de l'AfD, nous devons offrir plus. Oui, nous voulons revenir sur la sortie du nucléaire – mais cela ne se fait pas du jour au lendemain. Oui, nous voulons maintenir provisoirement les centrales à charbon dans le cadre d’un mix énergétique équilibré. Mais que se passera-t-il après ?

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Pourquoi l’autarcie est importante

Nous vivons une époque incertaine. Et c’est un euphémisme. Nous sommes témoins de bouleversements géopolitiques historiques. À la frontière orientale de l’Europe, la guerre fait rage. La volonté affichée de la Chine de s’emparer de Taïwan menace les chaînes d’approvisionnement mondiales. Ce n’est pas seulement le cas pour l’industrie des semi-conducteurs, mais aussi pour le secteur important des terres rares.

Et aux États-Unis, le président est imprévisible: aujourd’hui, il pourrait imposer des tarifs absurdes contre tout et n’importe qui, demain faire kidnapper le chef d’État d’un pays voisin, ou après-demain envahir le Groenland – rappelons que cette terre appartient au Danemark et que le Danemark est membre de l’OTAN !

Il serait négligent, face à tout cela, de ne pas se préparer de manière aussi diversifiée et autarcique que possible, surtout en ce qui concerne l’approvisionnement énergétique. Ce n’est pas seulement vrai depuis la pénurie de gaz, il y a quelques années. Et c'est dès lors clair: nous ne devons pas dépendre de monopolistes étrangers – peu importe si le monopoliste actuel semble encore bienveillant envers nous aujourd’hui.

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Exploiter les ressources nationales

Selon moi, cela signifie ce qui suit: nous avons besoin d’une vision globale pour que notre pays puisse couvrir autant que possible ses besoins en énergie et en matériaux par lui-même. Cela inclut, par exemple, des installations de biogaz décentralisées, tout comme une sortie contrôlée de l’interdiction de fait du fracking, afin de ne pas devoir importer le gaz pour nos centrales à gaz. Il s’agit également d’explorer les gisements nationaux de lithium, par exemple dans la fosse rhénane. De même il faut se préparer à l’extraction de l’uranium dans les Monts Métallifères, une fois que sera lancée la reprise du nucléaire – notamment avec de petits réacteurs décentralisés. Ce sont des points qui n’ont jusqu’à présent aucune place dans le débat public, ni n’ont été abordés de manière offensive par l’AfD. Je m’engagerai de toutes mes forces pour que cela change.

Il serait court-termiste de laisser de côté ces sujets. La ministre de l’Économie Katherina Reiche (CDU) a récemment souligné que l’Allemagne dispose de ses propres gisements de gaz et a déclaré: «Du gaz peut être extrait ici». Cette déclaration a vite été éclipsée par l’attaque américano-israélienne contre l’Iran. Mais elle montre que le sujet finira par arriver sur la table. Nous devons y être préparés.

La question de la crédibilité politique

Ce serait très contradictoire si, faute de préparation, les sections locales de l’AfD venaient à empêcher l’exploitation des ressources nationales par une attitude «pas dans mon jardin», alors que le parti ne cesse de revendiquer leur utilisation dans la production énergétique. Il faut bien sûr « peser avec beaucoup de sensibilité les intérêts environnementaux et l’approvisionnement en ressources », pour citer à nouveau Mme Reiche – mais on ne peut pas, d’un côté, refuser l’importation de gaz liquéfié des États-Unis pour des raisons soi-disant écologiques (en remplacement du gaz russe), et de l’autre, bloquer l’exploitation de nos propres gisements ici. On ne peut pas réclamer le retour du nucléaire tout en dépendant naïvement du marché étranger pour l’approvisionnement en uranium – surtout venant du Kazakhstan, proche de la Russie et de la Chine, qui, en cas de conflit mondial majeur (le mot-clé, ici, est Taïwan), agirait probablement dans l’intérêt de ces puissances.

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Ce ne sont là que deux exemples parmi tant d’autres. Mais vous l’aurez sans doute compris à ce stade: je suis sérieux quand je parle de résilience, de diversification et d’autarcie. L’idée et surtout la mise en œuvre concrète peuvent être inconfortables, mais c’est la seule réponse sensée aux grands défis de notre époque, tout en respectant la durabilité. Nous devons en finir avec le petit jeu étriqué et aller vers un concept global cohérent. J’y apporterai ma contribution. Sauf si je suis au bar, au stade, dans la nature ou à l’entraînement.

À propos de l’auteur Maximilian Gerner

Maximilian Gerner, né en 1998, est sommelier de bière et connaisseur du football. Depuis 2026, il est député de l’AfD au Parlement du Bade-Wurtemberg.

Le pouvoir du mythe - Souvenirs de Joseph Campbell

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Le pouvoir du mythe

Souvenirs de Joseph Campbell

(26 mars 1904 – 30 octobre 1987)

John Morgan

Source: https://counter-currents.com/2026/03/remembering-joseph-c...

Joseph Campbell, le célèbre professeur de mythologie comparée, est né in 26 mars en 1904. Pour de nombreux lecteurs, moi y compris, il a été une «drogue initiatrice » non seulement pour découvrir une nouvelle façon de regarder les mythes, mais aussi pour acquérir une manière non matérialiste de concevoir le monde. Et bien que Campbell soit resté, en tant que figure publique, majoritairement apolitique, des éléments de sa vie privée montrent qu’il était au moins nominalement un « homme de droite ».

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Campbell est né dans une famille catholique irlandaise à White Plains, New York. Il a fréquenté le Dartmouth College, puis l’Université Columbia, où il a étudié la littérature anglaise et médiévale. Ce n’était pas un intellectuel uniquement tourné vers les livres, il était aussi un athlète accompli, et en fait, pendant son séjour à Dartmouth, il était considéré comme l’un des coureurs de demi-fond les plus rapides du monde.

411tOS3nDkL._AC_UF1000,1000_QL80_.jpgC’est pendant ses voyages en Europe et en Asie dans les années 1920 et 1930, ainsi qu’à travers de nombreuses lectures, alors qu’il vivait dans une cabane à Woodstock, dans l'Etat de New York, que Campbell a développé son intérêt pour la mythologie mondiale. Il a également découvert les idées de C. G. Jung, qui allaient influencer profondément toute son œuvre. Il a participé à de nombreuses conférences historiques des cercles Eranos en Suisse, aux côtés de Jung lui-même, mais aussi de figures telles que Mircea Eliade, Karl Kerényi et Henry Corbin, parmi beaucoup d’autres. En 1934, Campbell fut engagé comme professeur au Sarah Lawrence College à New York, poste qu’il occupera jusqu’à sa retraite en 1972, après quoi il s’installa avec son épouse à Honolulu, dans les îles Hawaii.

Fait intéressant concernant la Seconde Guerre mondiale: Campbell était un fervent non-interventionniste (comme son ami, le poète Robinson Jeffers), même après l’attaque de Pearl Harbor. Il donna d’ailleurs une conférence publique à Sarah Lawrence trois jours après l'attaque japonaise, exhortant ses étudiants à ne pas céder à l’hystérie de guerre et à poursuivre leurs études plutôt que de rejoindre l’armée. Il était si passionné par ce sujet qu’il en envoya une copie au romancier allemand Thomas Mann, qui à l’époque travaillait à convaincre les Américains de rejoindre la lutte contre le Troisième Reich, alors qu'il était exilé en Californie (Mann lui répondit de façon très véhémente).

joseph-campbell-a-fire-in-the-mind-9780892818730_hr.jpgSelon le biographe de Campbell, Stephen Larsen, dans ses journaux, il apparaît comme l’un des premiers « théoriciens du complot » sur Pearl Harbor, soulignant que l’administration Roosevelt cherchait à provoquer les Japonais depuis des années, et il mentionnait que la Marine américaine avait reçu des informations relatives à une attaque imminente, mais que ces avertissements furent ignorés — peut-être délibérément.

Bien que Campbell ait donné de nombreuses conférences publiques et publié de nombreux livres, dont Le Héros aux mille et un visages en 1949, qui était la synthèse la plus complète de ses idées principales, et son opus en quatre volumes Les Masques de Dieu (1959–1968), où il tenta de résumer toutes les mythologies du monde, il resta relativement méconnu en dehors des cercles académiques jusqu’à la fin de sa vie.

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Sa célébrité tardive est largement due à l’appui de deux de ses plus grands admirateurs. L’un est Jerry Garcia du groupe Grateful Dead (photo), qui invita Campbell à assister à un concert à Berkeley, en Californie, en février 1985 (Campbell rapporta avoir été impressionné, le comparant aux anciens festivals dionysiaques et aux célébrations de Pâques en Russie).

En novembre 1986, Campbell et Garcia se partagèrent le podium lors d’une conférence à l’UC de Berkeley. L’autre participant était George Lucas, qui a souvent cité la conception du mythe de Campbell dans des interviews comme l’une de ses principales inspirations pour l’écriture des films Star Wars. En effet, dans les années 1980, Lucas invita Campbell à son Skywalker Ranch pour visionner la trilogie entière (Campbell en fit un éloge prudent), et contribua à la réalisation du facteur clé de la renommée tardive de Campbell: la série La Puissance du Mythe de Bill Moyers.

08026300_power-of-myth.jpgMoyers, figure respectée de la télévision, filma une série d’entretiens avec Campbell au milieu des années 1980, principalement au Skywalker Ranch, montés en six épisodes d’une heure diffusés sur PBS en 1988, accompagnés d’un livre du même nom. La série présente et détaille les idées de Campbell de manière accessible et divertissante. Elle fut très populaire, lors de sa première diffusion comme en rediffusion et en vidéo, et consacra Campbell comme un intellectuel influent et respecté dans la conscience populaire américaine.

Les ventes de ses livres explosèrent également. Malheureusement, il n’a pas vécu assez longtemps pour voir cela, étant décédé l’année précédente, mais il a laissé derrière lui une vaste œuvre où il avait déjà exposé sa vision du monde.

Comme c’est souvent le cas pour les hommes blancs célèbres qui ne se conforment pas à la correction politique: après leur mort, dont celle de Campbell, certains anciens collègues et connaissances ont commencé à l’accuser de racisme et d’antisémitisme. Cette accusation apparut dans un article de Brendan Gill dans le numéro du 28 septembre 1989 de The New York Review of Books, intitulé « The Faces of Joseph Campbell », où il invoquait des preuves purement anecdotiques pour soutenir l’idée que Campbell était antisémite, notamment sa position sur la guerre, le fait qu’il ait loué le germanique Jung tout en dédaignant le juif Freud, et l’amour de la culture allemande ainsi que le rejet général des religions abrahamiques dans son travail — tout cela est indéniablement vrai.

Dans les lettres publiées en réponse, certains défendirent Campbell tandis que d’autres poursuivirent l’attaque, dont un collègue de Sarah Lawrence qui affirma que Campbell avait réagi avec horreur à la politique d'intégration raciale de l’école (encore une fois, aucune preuve n’a jamais été produite). Ses amis indiquèrent que Campbell n’a jamais caché ses sympathies conservatrices, et soulignèrent que le fait qu’il soit favorable à la culture allemande et « païenne » tout en dédaignant le judaïsme et le christianisme n’était pas une preuve de racisme.

Le-heros-aux-mille-et-un-visages.jpgNéanmoins, ces accusations ont constamment pesé sur l’œuvre de Campbell, même si elles n’ont pas eu d’effet notable sur la popularité de ses travaux (j’ai entendu parler de cette controverse peu après avoir découvert Campbell, alors que je lisais Le Héros aux mille et un visages dans un restaurant à Ann Arbor, Michigan, en 1995, lorsqu’un serveur passant près de moi m’a demandé: «Tu lis Joseph Campbell, l’ancien antisémite, hein?». J’ai ensuite appris que le serveur était étudiant à l’Université du Michigan.)

En aparté, concernant la question de Campbell homme de droite, j’ai découvert récemment grâce à un commentaire sur une publication antérieure de cette commémoration que Campbell avait été rédacteur associé de Mankind Quarterly, un journal universitaire consacré à l’anthropologie et à la science de la race, publié depuis 1960. Parmi ses rédacteurs, de nombreux noms familiers aux lecteurs de Counter-Currents, dont Edward Dutton, Richard Lynn et Roger Pearson.

mq_cover1.jpgMankind Quarterly n’a jamais cédé à la correction politique et est aujourd’hui vilipendé dans les médias comme étant un « journal suprémaciste blanc », etc. Le fait que Campbell ait accepté d’y associer son nom montre qu’il s’intéressait à la réalité raciale et qu’il n’était pas intimidé par le risque que des personnes mal intentionnées utilisent cette association pour ternir sa réputation.

Qu’elles soient fondées ou non, les accusations d’antisémitisme contre Campbell suivent un schéma typique que doit affronter tout artiste ou érudit qui refuse de se conformer à la ligne officielle.

Si Campbell s’était consacré à « déconstruire » la mythologie, à montrer que le Mahabharata ou les légendes arthuriennes n’étaient que des «récits» exprimant le patriarcat et la répression sexuelle par exemple, ses lacunes personnelles aux yeux du monde académique auraient été ignorées. Ce qui gêne véritablement les universitaires dans l'oeuvre de Campbell, comme dans celles de Jung, de Mircea Eliade ou de René Guénon, c’est qu’ils ont osé affirmer qu’il existe un sens essentiel aux choses, ce qui implique qu’il pourrait exister des valeurs et des traditions dignes d’être préservées.

awLTnrK-show-poster2x3-QdSNwHv.jpegJ’ai découvert la série La Puissance du Mythe en vidéo dans ma bibliothèque locale en 1995, à une période où je cherchais un nouveau sens et une nouvelle direction dans ma vie. J’avais 22 ans, et comme la plupart des Américains, j’avais été éduqué dans une conception strictement matérialiste du monde. Pendant quelques années, je m’étais considéré comme un athée nietzschéen et existentialiste (bien que je n’aie compris qu’à moitié Nietzsche et les existentialistes). Mais j’ai vite trouvé cette position insuffisante en entrant dans l’âge adulte et en commençant à mieux comprendre la complexité de la condition humaine.

C’est la découverte de Colin Wilson, dont j’ai parlé par ailleurs, et de Campbell à cette époque (et, à travers ce dernier, de son propre maître, Jung) qui m’a convaincu qu’il existe plus dans la réalité et dans la vie que ce que l’on peut connaître par les cinq sens. Même si j’ai ensuite trouvé d’autres maîtres et intérêts qui, à certains égards, les dépassent, je resterai toujours reconnaissant envers ces deux figures pour m’avoir «converti» à autre chose qu’au modèle matérialiste moderne.

61SOMMXR34L._AC_UF1000,1000_QL80_.jpgLe Puissance du Mythe m’a frappé comme une révélation et m’a poussé à lire les autres livres de Campbell. Comme beaucoup aujourd’hui, j’avais toujours pensé que les mythes n’étaient que des histoires pittoresques, avec une simple leçon morale à en tirer. Campbell affirmait que ces mythes sont en réalité des reflets d’une réalité beaucoup plus profonde, à la fois métaphysique et reflétant des processus psychologiques profonds dans notre inconscient qui transcendent l’individu et sont liés à notre mémoire raciale.

Plus important encore, Campbell m’a d’abord montré que le sens était ancré dans quelque chose d’extérieur à nous-mêmes, ce qui était très différent de ce qu’on m’enseignait dans la plupart de mes cours de littérature à l’université. J’ai rapidement commencé à voir tout d’un point de vue « campbellien », et je doute que j’aurais eu l’enthousiasme nécessaire pour terminer mes études sans l’inspiration qu’il m’a apportée.

717otEG2R3L._AC_UF1000,1000_QL80_.jpgLe cœur de la vision du monde de Campbell est l’idée de ce qu’il appelait le «monomythe». Il postule qu’au-dessous de toutes les mythologies du monde, il existe une structure unique qu’elles suivent plus ou moins toutes. Cette structure est intemporelle, car elle est inscrite dans notre conscience, et on la retrouve dans les meilleures œuvres d’art et de littérature modernes — Campbell lui-même aimait particulièrement James Joyce, et le terme «monomythe» vient justement de Finnegans Wake — tout autant que dans les anciens mythes.

Campbell croyait que ce monomythe était l’expression de la réalité métaphysique unique qui se cache derrière la simple apparence des choses, et que chaque culture et chaque époque développe ses propres récits pour exprimer cette réalité immuable selon «la conscience non forgée de sa race», pour paraphraser Joyce. En ce sens, il partage des points communs avec les traditionalistes comme Guénon et Julius Evola. Je ne sais pas si les traditionalistes ont commenté Campbell directement, mais ils le critiqueraient sûrement pour les mêmes raisons qu'ils critiquent Jung: à savoir qu’il comprenait les mythes comme contenant des symboles psychologiques et des « archétypes », et comme des représentations de processus psychiques, plutôt que comme des expressions d’une réalité objective (ce que tout « vrai croyant » pourrait reprocher à la conception jungienne du mythe).

Une grande part du succès de La Puissance du Mythe, comme ce fut le cas pour moi, vient du fait que Campbell apparaît dans ses entretiens et conférences enregistrés comme un homme extrêmement sympathique, doté d’un don pour communiquer des idées complexes et des récits avec un langage simple. Il était aussi un conteur magistral. Il incarnait l’image de votre professeur préféré, qui (on l’espère) vous a ouvert aux merveilles du monde des idées et vous a donné la passion ardente d’apprendre davantage sur un sujet particulier. Comme les meilleurs enseignants, ce que vous apprenez de lui n’est que le point de départ d’une longue odyssée qui vous conduit à d’autres idées et à d’autres horizons dans la vie.

md31238194283.jpgIl existe certainement de nombreuses critiques sur la conception des choses de Campbell. Outre les objections des traditionalistes déjà évoquées, certains chercheurs ont affirmé que non seulement Campbell, mais tous ceux qui œuvrent dans les domaines de la mythologie comparée ou de la religion comparée, sont dans l’erreur en mettant l’accent sur les points communs entre les traditions du monde au détriment des particularités qui les distinguent, présentant ainsi un faux universalisme. Il y a peut-être un fond de vérité là-dedans, mais il me semble que cela témoigne surtout du désintérêt postmoderne pour tout ce qui affirme qu’il existe un sens essentiel aux choses, préférant étudier chaque sujet isolément plutôt que comme partie d’un tout. Après tout, comment une histoire vieille de trois mille ans venant de la Grèce antique pourrait-elle enseigner à un Américain d’aujourd’hui plus qu’un roman de Toni Morrison ? En réalité, ces anciennes histoires pourraient même être nuisibles, puisqu’elles dépeignent un mode de vie qui renforce des ordres sociaux anciens plutôt qu’insister sur l’égalité raciale ou la fluidité du genre.

Lors de son procès d’après-guerre pour avoir promu le fascisme, Evola a dit à propos de ses convictions: «Mes principes ne sont que ceux qu'avant la Révolution française toute personne bien née considérait comme sains et normaux». Je soupçonne que Campbell pensait quelque chose de similaire, même s’il n’a jamais formulé cela en des termes aussi provocateurs. Quand on regarde les histoires anciennes, qu’elles soient européennes, indiennes, chinoises, amérindiennes ou autres, il y a incontestablement une vision commune qui défie directement les normes et valeurs que nous considérons comme normales dans le monde moderne.

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Et c’est peut-être là la valeur ultime de Campbell selon notre point de vue. Il existe sans doute des érudits plus grands de la mythologie et de la religion à lire. Mais surtout pour les nouveaux venus, il sait ouvrir le monde primordial, intemporel, pré- et anti-moderne de la sagesse qui continue de résider au fond de notre âme et de façonner nos vies, que nous en soyons conscients ou non. Nous faisons tous partie d’une histoire commencée bien avant notre naissance et qui continuera bien après notre mort. Campbell met en lumière cette histoire et notre place en elle comme peu d’autres le peuvent. Et c’est, au fond, ce que la « vraie droite » représente réellement.

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