Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mercredi, 08 avril 2026

Pourquoi les Kurdes ne sont-ils pas allés à la guerre contre l’Iran?

000_TM7SZ-e1508996595518_440429_540309.jpg

Pourquoi les Kurdes ne sont-ils pas allés à la guerre contre l’Iran?

Source: https://www.facebook.com/empirep.federal

« Les Américains et les Israéliens veulent que nous attaquions l’Iran. Ce n’est pas notre guerre. Nous ne mourrons pas pour eux. » (Khaledian, 2026)

Malgré les contacts initiaux entre plusieurs dirigeants kurdes et Washington, entre décembre 2025 et janvier 2026, les groupes kurdes ont finalement décidé de rester en dehors du conflit armé contre la République islamique. Bien qu’il y ait eu une coordination préliminaire avec les États-Unis et Israël, et même la livraison d’armes par la CIA, la participation kurde ne s’est jamais concrétisée. Les raisons principales étaient internes, stratégiques et liées à la survie.

En premier lieu, une profonde division est apparue entre la haute hiérarchie et la base combattante. Plusieurs capitaines et chefs d’unité kurdes ont filtré des informations révélant que leurs dirigeants négociaient avec l’administration Trump et avec le gouvernement israélien de Netanyahu. Cependant, la majorité des commandants intermédiaires et des troupes refusaient de mourir dans une guerre qu’ils percevaient comme étrangère, un conflit essentiellement motivé par les intérêts de Washington et de Tel-Aviv. Ils n’étaient pas prêts à devenir de « la chair à canon » pour renverser le régime iranien sans garanties claires que, une fois l’objectif atteint, les aspirations kurdes à l’autonomie ou à l’autodétermination seraient respectées. Cette fracture entre l’élite politique-militaire et les combattants de terrain a paralysé toute opération conjointe.

Ce manque d’unité interne a contraint la Coalition (formée récemment par plusieurs partis kurdes) à adopter une position de neutralité pragmatique. Malgré l’armement initial fourni par Israël et les États-Unis, les dirigeants kurdes ont compris qu’ils ne disposaient pas du soutien suffisant de leurs propres rangs pour lancer une offensive. Forcer leur participation aurait créé un risque réel de fracture interne ou même de soulèvements, ce que aucun commandement ne pouvait se permettre dans un contexte déjà volatile.

En second lieu, la crainte de représailles dévastatrices de la part de l’Iran, et potentiellement de la Turquie, pesait lourdement. Les Kurdes, historiquement divisés entre quatre pays (Iran, Irak, Turquie et Syrie), connaissent mieux que quiconque le prix à payer pour défier des puissances régionales sans soutien solide. Conscient de ce risque, l’Iran a lancé des attaques ciblées contre des positions kurdes dans le nord de l’Irak, précisément pour dissuader toute implication. Ces bombardements ont servi de message clair: toute tentative d’ouvrir un front kurde depuis le territoire irakien serait réprimée avec force. La menace d’une escalade plus grande, pouvant également impliquer Ankara (historiquement hostile à tout renforcement kurde), a renforcé la prudence.

« Nous n’attaquerons pas l’Iran, ni ne défendrons le régime actuel. Nous avons choisi une troisième voie… notre cause est différente. » (Haftan, 2026)

Enfin, le calcul stratégique des dirigeants kurdes de haut niveau les a conduits à écarter toute opération offensive. La première et la deuxième livraison d’armes par Israël et les États-Unis sont restées inutilisées sur le front iranien. Ce fait a suscité la controverse, car le propre président Trump a déclaré que les Kurdes avaient gardé les armes envoyées par son gouvernement, ce qui reflète la frustration américaine face à l’échec du plan.

 

20:30 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, kurdes, kurdes d'iran, iran, moyen-orient | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Iran. Trump prend ses distances avec Netanyahu et les néoconservateurs et accepte la trêve

7703124.jpg

Iran. Trump prend ses distances avec Netanyahu et les néoconservateurs et accepte la trêve

C'est la Chine qui a soutenu les efforts diplomatiques de son allié le Pakistan, fer de lance des pays ayant tenté de mettre fin à cette folie, grâce aux relations entre Islamabad et les Gardiens de la révolution.

par Davide Malacaria

Source: https://www.piccolenote.it/mondo/iran-trump-si-sgancia-da...

Le cessez-le-feu a été accueilli avec un soulagement quasi mondial, où l'adverbe «quasi» a son importance, mais pas aujourd’hui, jour où l’Armageddon s’est évaporé. La Chine a joué un rôle décisif, a déclaré Trump à juste titre. Pékin, en effet, était le convive de pierre durant cette guerre, puisqu’on voulait affaiblir la Chine en frappant le cordon ombilical qui la lie au Moyen-Orient, même si l’impulsion décisive est venue de Netanyahou, dans son rêve de démolir l’antagoniste régional pour faire d’Israël une puissance mondiale.

En effet, c’est la Chine qui a soutenu les efforts diplomatiques de son allié le Pakistan, fer de lance des pays qui ont tenté de mettre fin à cette folie, grâce aux relations entre Islamabad et les Gardiens de la révolution. Un travail qui a finalement produit les résultats escomptés, notamment grâce à un élément qui semblait hors du champ de cette guerre, mais qui avait un poids décisif.

Un facteur passé sous silence, mais qui existait bel et bien, au point de surgir de temps à autre ces derniers jours comme une possibilité, même si elle semblait lointaine; une possibilité qui a explosé hier dans tout son potentiel catastrophique, lorsque Trump a menacé de «rayer la civilisation» iranienne de la carte.

Des mots que beaucoup ont imaginé, à juste titre, comme préludant à l’utilisation de la bombe atomique. Il en était ainsi: l’Empereur, au nom de l’establishment impérial, le véritable Pouvoir, autre que l’administration américaine provisoirement aux commandes, a averti, en des termes inacceptables (le pape Léon a tranché définitivement sur le sujet), que la poussée vers l’utilisation du nucléaire était irrépressible.

L’Amérique, en effet, peut accepter une défaite à la manière de l’Afghanistan, résorbable d’une manière ou d’une autre, mais pas une défaite stratégique catastrophique, de nature à marquer le déclin irrévocable de son hégémonisme, de son destin manifeste, si le conflit s’était poursuivi.

854026064ec5749ec53047d2a2be8c92.jpg

Toutes les options susceptibles d’apporter à l'Empire une victoire, ou un semblant de victoire, ayant échoué ou été écartées – le changement de régime, l’invasion de l’île de Kharg, le prélèvement d’uranium enrichi –, il ne restait plus que l’option atomique, qu’elle soit américaine ou israélienne.

C’est pourquoi la médiation pakistanaise était nécessaire, car c’est le seul pays islamique capable d’opposer à la bombe atomique de l'hegemon une force de dissuasion équivalente, limitant ainsi le risque d’un conflit mondial sous-tendu par une dissuasion chinoise ou russe.

Une dissuasion non brandie, celle du Pakistan, tout comme l’arme atomique de la partie adverse n’a d’ailleurs pas été explicitement brandie, mais qui a eu un poids, et quel poids, car, même si elle est insignifiante par rapport à la puissance américaine, elle ne l’est pas par rapport à cet allié du Moyen-Orient que l’Empire, du moins à ce jour, doit protéger à tout prix, comme le montre d’ailleurs l’agression contre l’Iran.

Ainsi, la déclaration insensée de Trump hier était, à sa manière (une manière tout à fait exécrable), un ensemble de choses: un ultimatum, évidemment, mais aussi une alerte et, en même temps, une hallucination rhétorique pour afficher sa servilité envers l’establishment et ainsi éviter ses foudres tandis que, en coulisses, il cherchait une issue par des voies confidentielles (à propos de médiations en coulisses: il y a quelques jours, le chef des services de renseignement russes, Sergueï Narychkine, a déclaré que son agence était en contact avec la CIA au sujet de l’Iran…).

Trump n’a eu d’autre choix que d’accepter, comme base de négociation, la proposition iranienne, en la faisant passer pour une victoire: 10 points sur lesquels les délégations des deux pays devront négocier dans les prochains jours. Une capitulation, mais aussi une victoire, non pas sur l’Iran, dont la résilience a prévalu, mais sur Netanyahou et les néoconservateurs, dont il a finalement réussi à se dégager.

La colère de Netanyahou en est la preuve: il s’est immédiatement lancé dans une campagne de sabotage en affirmant que la trêve ne concernait pas le Liban, alors qu’il est inclus dans les 10 points (un point critique que les négociations devront aborder). Mais cela se voit aussi dans la manière dont les médias de l'hegemon, le New York Times et le Washington Post, ont rendu compte de la nouvelle du cessez-le-feu: malgré son importance quasi historique, ils y ont accordé peu d’importance et ont utilisé un ton modéré.

0ce82012-fd61-4574-80c4-6b6d29ab92ed_1920x2934.jpg

Le NYT se distingue particulièrement à cet égard, surtout parce qu’il a été le média de l’establishment le plus critique à l’égard de la guerre. Voici son commentaire déconcertant: «L’accord laisse un gouvernement théocratique, soutenu par le brutal Corps des Gardiens de la révolution islamique, à la tête d’une population intimidée et martyrisée par les missiles et les bombes [comme s’il s’agissait d’engins iraniens… sic]… Il laisse intact l’arsenal nucléaire iranien, y compris les 440 kilogrammes de matière quasi-nucléaire qui, en théorie, constituaient le casus belli de la guerre».

Trump doit «prouver aux États-Unis et au monde entier que ce conflit valait la peine d'être engagé. Et pour ce faire, il devra prouver qu’il a éliminé l’emprise iranienne» sur le détroit d’Ormuz et «la possibilité que l’Iran puisse un jour construire une arme nucléaire […] s’il ne parvient pas à obtenir un accord pour que l’Iran limite la taille de son arsenal de missiles entamé ou la portée de ses missiles, il aura échoué».

Un cri de douleur, donc. Ce n’est pas pour rien que, dans la conclusion, Richard Fontaine, PDG du Center for a New American Security et ancien collaborateur de feu le sénateur John McCain, figure de proue des néoconservateurs, tire la sonnette d’alarme: «Peut-être que tout ira bien. Mais il est possible que la situation, pour les États-Unis et pour le monde entier, soit pire qu’avant». Tout comme si l’on devait à nouveau attaquer l’Iran, comme si de rien n’était…

Si nous mettons en évidence la réaction des médias pacifistes de l’establishment américain, c’est pour souligner à quel point le pouvoir de l’Empire se passe de l’Empereur et de ses tragiques contradictions. Et qu’aujourd’hui, malgré le passé, s’il y a une chance que les négociations aboutissent, cela dépend davantage du fou de Trump et de ceux, au sein de son administration, qui ont poussé dans ce sens – à commencer par J.D. Vance – que de l’establishment qui, jusqu’à présent divisé entre partisans et détracteurs, est prêt à faire front commun pour faire capoter les négociations de concert avec Netanyahou.

Note en marge. Hier, le Hezbollah libanais a libéré une journaliste américaine enlevée il y a quelques jours, signe que les négociations avançaient. Hier également, la Maison Blanche a fait l’éloge du secrétaire à l’Armée Dan Driscoll, proche de Vance, dont on disait qu’il allait démissionner, une information que l’intéressé n’a démentie qu’après ces louanges… l’équipe favorable aux négociations tient bon.

19:50 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, donald trump, iran | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Heinrich Rickert et le principe hétérologique

1_Heinrich_Rickert_I.jpeg

Heinrich Rickert et le principe hétérologique

Troy Southgate

Source: https://troysouthgate.substack.com/p/heinrich-rickert-and...

L'une des figures les plus méconnues de la philosophie allemande est un néo-kantien du nom de Heinrich Rickert (1863-1936). Si vous avez suivi mes précédents articles sur le sujet, vous aurez remarqué que j'ai exploré les idées d'Emmanuel Kant (1724-1804) sur ce qu'on appelle la «double nature de l'esprit» et sa division en domaines phénoménal et nouménal. J’ai également fait valoir que Friedrich Schelling (1775-1854) avait peut-être bien résolu le problème de la séparation entre le sujet et l’objet en replaçant l’homme-en-tant-que-«sujet» dans la nature-en-tant-que-«objet». Si l’humanité a toujours fait partie de la nature, elle ne peut en aucun cas considérer le reste de celle-ci d’un point de vue subjectif. Rickert, influencé par les idées de Kant, a ensuite créé une unité entre «réalité et valeurs» en réunissant l’histoire et les sciences naturelles.

M02858163804-source.jpgDans son ouvrage Der Gegenstand der Erkenntnis (1892), Rickert nie l’existence d’une rupture entre le jugement nomothétique (universel) et le jugement idéographique (particulier). Cela signifie qu’au lieu d’examiner l’histoire selon l’une ou l’autre de ces deux approches – l’individualisation ou la généralisation –, la première peut être utilisée pour renforcer la seconde, et vice versa. Individualiser l’histoire selon un schéma universel est inefficace par rapport au fait de la relier à un environnement particulier et, ainsi, de reconnaître son propre développement unique. Son ouvrage de 1926, Kulturwissenschaft und Naturwissenschaft, le montre clairement :

«La réalité devient nature si nous la considérons par rapport à ce qui est général; elle devient histoire si nous la considérons par rapport au particulier ou à l’individuel».

3078990-M.jpgAppliquer une théorie plus générale à une discipline historique revient donc à l’aborder avec une sorte de propagande injustifiée. Rickert estimait que pour mieux comprendre l’histoire, il fallait l’examiner sous l’angle de la culture. Comme il l’explique également dans Die Grenzen der naturwissenschaftlichen Begriffsbildung (1921):

«La culture est l’affaire commune dans la vie des nations; c’est le patrimoine de valeurs grâce auquel les individus conservent leur importance aux yeux de tous les peuples, et les valeurs culturelles qui se rattachent à ce patrimoine sont donc celles qui guident la représentation historique et la formation conceptuelle dans la sélection de ce qui est le plus essentiel».

On pense aux géopolitologues et à leurs efforts constants pour mettre en œuvre le modèle politique, social et économique occidental au détriment des peuples autochtones et de leurs propres particularités. Le fait que Rickert ait souhaité créer un lien entre la science (Natur) et l’histoire (Geist) s’apparente à la distinction opérée par Kant entre l’inter-relationnalité des domaines phénoménal et nouménal, mais bien que Rickert ait souligné l’importance d’examiner l’histoire en termes particularistes, il estimait que la science était, quant à elle, plus universelle :

«La réalité empirique devient nature lorsque nous la concevons par rapport au général. Elle devient histoire lorsque nous la concevons par rapport au distinctif et à l’individuel».

front-medium-4188606880.jpgRickert a développé ce qu’on appelle le principe hétérologique, qui visait à unir des idées mutuellement exclusives. En effet, alors que le monde est censé représenter une multiplicité de concepts et de disciplines, seule une petite partie de chacun d’entre eux est jamais révélée; pour obtenir une image plus complète et plus réaliste, il est donc nécessaire de considérer les opposés comme complémentaires. Ce n’est qu’en examinant deux notions qui semblent diamétralement opposées que nous pouvons commencer à les comprendre l’une par rapport à l’autre et par rapport au monde dans son ensemble. Nous ne pouvons saisir le véritable sens des êtres vivants, par exemple, qu’en nous familiarisant avec les objets inertes. De cette manière, Rickert a réuni l’universalisme de la science et le particularisme de l’histoire.

Plutôt que d’adopter la distinction kantienne entre l’esprit et la matière, Rickert a cherché à combiner la réalité empirique et la valeur. En fin de compte, cela suggère qu’en unifiant des paires d’opposés, nous permettons à tout ce qui existe dans le monde de se classer dans l’une ou l’autre catégorie. Dans un sens plus politique, le rêve de Rickert de créer une universalité à travers la particularité est le mieux représenté par l’anarchisme national. Bien que nous soutenions une pléthore infinie de communautés diverses, chacune ayant sa propre vision du monde, on peut dire que notre vision incarne une idée universaliste. Vivant séparément, peut-être, mais s’autonomisant et se renforçant mutuellement à un niveau plus transcendant.

19:05 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : philosophie, heinrich rickert, néokantisme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Dialogue entre la figure de proue de l’opposition taiwanaise et la République Populaire de Chine

taichwan.jpg

Dialogue entre la figure de proue de l’opposition taiwanaise et la République Populaire de Chine

par Luca Bagatin

Source: https://amoreeliberta.blogspot.com/2026/04/dialogo-fra-la...

La présidente du Kuomintang (KMT), Cheng Li-wun, accompagnée d’une délégation de 14 membres de son parti, est arrivée en Chine continentale, sur invitation du président Xi Jinping et du Comité Central du Parti Communiste Chinois (PCC).

Le dialogue entre la Chine continentale et Taiwan est donc ouvert. Ou, plus précisément, il ne s’est jamais interrompu.

La présidente Cheng et son parti, contrairement au Parti Progressiste Démocratique actuellement au pouvoir à Taiwan, qui promeut des activités séparatistes, se sont toujours opposés à l’indépendance de Taiwan, et Cheng Li-wun a déclaré, fièrement: «Je suis chinoise».

imchlwages.jpgLa visite de la présidente Cheng a été intitulée «Voyage de Paix 2026» et vise le dialogue ainsi que la réaffirmation du principe d'«une seule Chine», inscrit également dans ce qu’on appelle le «Consensus de 1992», établi en 1992 entre les représentants du Parti Communiste Chinois, au nom de la République Populaire de Chine, et ceux du Kuomintang, parti nationaliste de la République de Chine (Taiwan).

La visite des représentants du Kuomintang vise donc à stigmatiser toute forme d’activité séparatiste à Taiwan, à contrer toute ingérence extérieure, et à renforcer les relations entre les deux rives du détroit, fondées sur un développement pacifique.

Selon les données, l’année dernière, les résidents de Taiwan ont effectué 4,8918 millions de visites en Chine continentale, soit une augmentation de 21,6% par rapport à l’année précédente, et les résidents de Chine continentale ont effectué 557.700 voyages à Taiwan, soit une hausse de 47,4% par rapport à l’année précédente.

Tant la Chine continentale que Taiwan ont des liens historiques profonds, fondés sur la coopération, les liens économiques et commerciaux, qui se sont renforcés ces dernières années.

La Chine considère que la question de Taiwan est une affaire exclusivement interne, et c’est dans cette optique qu’il faut voir les dialogues entre le Kuomintang et le Parti Communiste Chinois.

9db4a8e43d8beca6049177c0414a26d2.jpg

Le Kuomintang a été fondé en 1894 par le réformateur social Sun Yat-sen, premier président de la Chine moderne en 1912, et leader de la révolution démocratique de 1911 qui mit fin à la dynastie impériale Qing.

Le Kuomintang a gouverné la Chine en tant que seul parti de 1928 à 1949, année où il fut vaincu par les communistes dirigés par Mao Tse-Tung, qui fondèrent la République Populaire Chinoise.

Depuis lors, les membres du Kuomintang gouverneront uniquement Taiwan, c’est-à-dire la République de Chine, et ce, de manière ininterrompue, jusqu’en 2000, année où les élections furent remportées par le Parti Démocrate Progressiste (DPP), avec lequel le pouvoir alternera au fil des années.

Le DPP, parti d’orientation nationaliste libérale, dont certains membres ont souvent été condamnés pour corruption et détournement de fonds publics, a, contrairement au KMT, toujours promu des activités sécessionnistes et séparatistes par rapport à la Chine, activités souvent soutenues par les États-Unis.

La présidente du Kuomintang (KMT), Cheng Li-wun, avocate née en 1969, a été, dans sa jeunesse, une activiste indépendantiste et une députée du Parti Démocrate Progressiste de 1996 à 2000.

Elle s’éloigna de ce parti en 2002, notamment en raison des divers scandales de corruption qui frappèrent cette formation politique, et entra en 2005 dans le Kuomintang.

Elle adopta ainsi le principe d'«une seule Chine» et qualifia de «fasciste» l’indépendantisme taiwanais.

Bien qu’elle prône des relations plus étroites entre Taiwan et les États-Unis, elle estime que l’île ne doit pas devenir «une pièce d’échange pour Trump».

Dans une interview, Cheng Li-wun a déclaré que le conflit russo-ukrainien avait été déclenché par l’élargissement de l’OTAN à l’Est, précisant également que Taiwan ne doit pas devenir «une nouvelle Ukraine». Elle a aussi souligné que «les États-Unis pourraient traiter Taiwan comme un pion aux échecs, une pièce, pour provoquer stratégiquement le Parti Communiste Chinois au moment opportun».

Luca Bagatin

www.amoreeliberta.blogspot.it

18:44 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chine, taiwan, kuomintang, asie, affaires asiatiques | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Les réflexions de Kenneth Waltz sur l'Homme, l'État et la Guerre

6e53453310c5da71f24e20290fc04b7b.jpg

Les réflexions de Kenneth Waltz sur l'Homme, l'État et la Guerre

Raphael Machado

Source: https://www.facebook.com/profile.php?id=100069794930562

Nous savons tous que l’homme guerrier existe depuis des millénaires et continue de faire la guerre jusqu’à aujourd’hui. Héraclite a dit à propos de la guerre qu’elle est « la mère de toutes choses » (dans une intuition qui, évidemment, dépasse ce qui est dit littéralement). Mais pourquoi en est-il ainsi ?

Le théoricien politique et spécialiste des relations internationales, Kenneth Waltz, y réfléchit dans L’Homme, l’État et la Guerre, un texte datant de plusieurs décennies qui est devenu l’une des œuvres fondatrices de l’école réaliste des relations internationales.

Waltz explique sa méthodologie comme étant celle d’une circumscription de toutes les réflexions historiques sur le sujet en trois cadres ou images, en s’appuyant sur le noyau explicatif des origines de la guerre: l’homme, la société ou le contexte international. En d’autres termes, il divise les thèses entre celles selon lesquelles la guerre existe en raison de la nature humaine, de la structure des sociétés ou des conditions imposées par le cadre international.

waltz-800x445-1-3323815236.jpg

71xL75SoXVL._SL1500_-3635019939.jpg

Ceux qui voient la racine de la guerre chez les individus sont divisés, selon Waltz, entre optimistes et pessimistes. Les optimistes sont ceux qui — croyant que l’origine de la guerre est une faute ou une insuffisance chez l’homme (due au tribalisme, au sentiment de possession, à l'égoïsme, etc.) — pensent qu’il est possible d’améliorer l’homme jusqu’à un stade où disparaissent les impulsions menant à la guerre. Les pessimistes, naturellement, sont ceux qui refusent la possibilité de réformer ou d’améliorer la nature humaine.

Des optimistes comme Bertrand Russell, par exemple, croyaient qu’il était possible, par l’éducation (intellectuelle et morale), de bâtir une société libérale, cosmopolite et pacifiste dans le monde entier. Waltz mentionne également la pathologisation du sujet tout au long du 20ème siècle, avec des efforts d’ingénierie sociale et de rééducation visant à « réparer » l’homme. Ni l’absence de projets de « paix mondiale » à travers l'« amélioration » de l’homme, ni leur échec ne manquent. Cependant, on peut aussi critiquer le volontarisme des pessimistes comme Hans Morgenthau, qui attribuent la guerre presque exclusivement à l’égoïsme humain, raison pour laquelle Waltz poursuit son analyse.

Il passe alors à l’analyse des thèses selon lesquelles la racine de la guerre ne se trouve pas dans l’homme, mais dans la structure de la société. Par exemple, le fait qu’une société soit autoritaire serait pour les libéraux-démocrates la racine de la guerre. «Les démocraties ne font pas la guerre», disent-ils. Pour les marxistes, quant à eux, les guerres naissent des incursions impérialistes ou des rivalités entre empires, toutes deux ayant leur racine dans le mode de production capitaliste. Avec la triomphe international du socialisme, diraient les marxistes, les guerres prendraient fin.

0a9d8a144331322d5479ee9d08e44db0.jpg

Dans cette catégorie se trouvent un grand nombre d’intellectuels influents, allant de figures comme Adam Smith, Jeremy Bentham et John Stuart Mill, à Immanuel Kant et Woodrow Wilson, jusqu’à Karl Marx. À travers de nombreux modèles explicatifs différents, tant libéraux que marxistes, ils croyaient que certaines structures sociales sont intrinsèquement «mauvaises» et tendent à provoquer des conflits, en proposant différents types de réformes qui, en éliminant les défauts de ces États, conduiraient à la paix. Depuis l’harmonie entre États par la complémentarité économique, jusqu’à l’obéissance, par tous les États, à un même ensemble de principes moraux absolus, en passant par l'universalisation de la démocratie, jusqu’à l'internationalisme prolétarien et l’extinction de l’État en tant que tel.

Pour atteindre le résultat souhaité, certains soutenaient l’effort réformiste constant (Bentham, Mill), tandis que d’autres prônaient la révolution sans frontières (Marx), ou encore une adhésion par pression ou persuasion rationnelle (Kant), ou une croisade mondiale (Wilson).

Encore une fois, il s’agit d’une perspective insuffisante et réfutée par l’histoire. Le monde ne tend pas à l’harmonie, il n’existe pas réellement de complémentarité économique entre les États, les démocraties peuvent être aussi belliqueuses que les régimes fascistes, et il n’y a aucune indication que le socialisme soit apte à mettre fin à la guerre. Sur ce dernier point, Waltz analyse spécifiquement les positions des divers défenseurs du marxisme (révolutionnaire ou réformiste) entre la fin du 19ème siècle et la Première Guerre mondiale, notamment Jaurès, Kautsky, Bebel, Bernstein et Lénine, pour montrer le choc que fut pour la théorie marxiste l’adhésion du prolétariat à la guerre, ainsi que la reformulation tactique de Lénine basée sur les faits.

Enfin, Waltz en arrive à expliquer la guerre, telle qu'elle est fondée sur la propre nature des relations internationales entre États: c'est la position qu'il défend lui-même. Pour cela, il s’appuie principalement sur Jean-Jacques Rousseau pour défendre l'idée que le cadre international est anarchique et que, même dans les conditions idéales où pourraient se trouver les structures de l’État, celui-ci peut encore entrer en une guerre injuste pour étendre son pouvoir.

La seule solution à cela serait la soumission de tous les États à une autorité supérieure. Sinon, il y aura toujours la guerre, indépendamment du modèle des États ou des projets philanthropiques et éducatifs.

Naturellement, Waltz reste sceptique quant à cette solution, plaidant comme scénario le plus plausible l’établissement d’un équilibre des pouvoirs à l’échelle internationale, de façon à stabiliser le système international et à réduire la fréquence et l’intensité des guerres par la rivalité entre quelques grandes puissances.

L’œuvre de Waltz, publiée initialement en 1959, est importante pour comprendre la logique du réalisme et possède des réflexions intéressantes et encore actuelles, dont certaines peuvent même être exploitées dans une théorie multipolaire, malgré les limitations conceptuelles intrinsèques du réalisme.