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mardi, 07 avril 2026

Le paradigme iranien

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Le paradigme iranien

Andrea Marcigliano

Source: https://electomagazine.it/il-paradigma-iraniano/

Il est peut-être trop fréquent, et avec une insistance excessive, que je parle de la guerre en Iran.

En réalité, il existe d’autres motifs de tension dans notre monde. Bien sûr, l’Ukraine, mais aussi Taïwan… et je pourrais continuer en regardant vers les Balkans. La Transnistrie, la Moldavie. La Serbie.

Cependant, la guerre en Iran représente un cas exemplaire. Et pas seulement parce qu’elle remet en question l’approvisionnement en gaz et en pétrole, en faisant monter les prix.

Cela, d’ailleurs, n’est qu’un aspect. Une conséquence, dans laquelle, par ailleurs, il faudrait prendre en compte la part du jeu très sale de la spéculation.

Non. La guerre en Iran est, avant tout, un paradigme.

Un paradigme qui remet en question les équilibres auxquels nous sommes, peut-être depuis trop longtemps, habitués.

Les États-Unis, si vous préférez le président Trump, ont attaqué sans raison impérieuse. Et, il faut le rappeler, sans tenir compte des négociations en cours entre eux et la direction iranienne. Qui semblaient déjà bien avancées.

Une attaque, donc, préméditée. Avec pour but déclaré de provoquer un changement de régime et de mettre l’Iran sous leur contrôle total.

Que cela ait été décidé par la volonté de Trump, qui n’aurait pas écouté les conseils de prudence venus de son propre entourage, ou sous la pression d’Israël, de Bibi Netanyahu, cela compte certes, mais seulement jusqu’à un certain point.

Ce qui importe vraiment, c’est l’échec substantiel de l’opération.

Tellement substantiel que Trump lui-même a dû clairement revoir ses prétentions.

Plus de changement radical de régime. Plutôt, le début d’une phase difficile de nouvelles négociations avec le régime des ayatollahs. Qui a résisté, et s’est montré capable d’étendre la zone du conflit, mobilisant tous ses alliés au Moyen-Orient. Du Hezbollah du Liban aux Houthis du Yémen.

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Au-delà d’hypothèses d’une future offensive américaine terrestre, qui sera difficile et risquée, un fait apparaît désormais évident.

L’Iran a montré sa capacité non seulement à résister à l’offensive américaine et israélienne, mais aussi, et surtout, à susciter une forte réaction parmi les populations du Moyen-Orient élargi.

Obtenant la solidarité, et peut-être à terme un soutien concret, du Soudan, de la Tchétchénie, du Pakistan…

Et mettant en grave difficulté ces principautés sunnites de la péninsule arabique qui ont fourni les bases pour l’attaque américaine.

La Russie et la Chine, sans intervenir directement – ce qui aurait déclenché une guerre mondiale – soutiennent de toutes les manières Téhéran.

Et font pression politiquement pour mettre fin à l’agression américaine.

Israël, par ailleurs, semble en grande difficulté, car il est frappé, de façon inattendue, par les bombardements iraniens. Et, malgré la détermination du gouvernement Netanyahu, il traverse une période où règne une peur diffuse. Qui pousse la bourgeoisie israélienne productive à fuir.

Trump lui-même apparaît en grande difficulté intérieure. Sa majorité se désagrège. Le président, de plus en plus seul, se rend compte qu’il doit absolument sortir du tunnel dans lequel il s’est fourvoyé.

Il est difficile, pour l’instant, de prévoir l’évolution de la situation.

Cependant, une chose semble évidente.

L’échec de l’opération américaine entraîne un réveil de toute la région du Moyen-Orient.

Un réveil qui remet lourdement en question tout le système, considéré comme consolidé, des équilibres mondiaux.

Tous les équilibres. Y compris ceux de l’Europe et de l’OTAN, qui connaît une crise sans précédent.

Une crise qui pourrait en provoquer la fin, ou un changement radical.

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L'Atlantisme est-il en voie de disparition, et Trump sera-t-il le fossoyeur de l'Empire américain?

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L'Atlantisme est-il en voie de disparition, et Trump sera-t-il le fossoyeur de l'Empire américain?

Franz Ferdinand

Source: https://www.unser-mitteleuropa.com/194689

La guerre contre l’Iran, déclenchée par Donald Trump, a entraîné une rupture nette entre les États-Unis et l’Union européenne. Même dans le conflit en Ukraine, la chimie entre l’Amérique et l’Europe ne fonctionne plus.

Dans les médias mainstream, la guerre contre l’Iran est, pour la première fois, qualifiée d’agression illicite selon le droit international, ce qui est bien sûr le cas, mais le proclamer est sans nul doute une nouveauté. Jusqu’à présent, toutes les guerres d’agression américaines ont toujours été présentées comme en quelque sorte justifiées. Mais cette fois, ça suffit. Même la fameuse belliciste, Mme Marie-Agnes Strack-Zimmermann, a exprimé une position critique! Cela veut vraiment la peine de le mentionner!

On peut même supposer que la colère qui règne au sein de la direction de l’UE est décrite de manière assez édulcorée dans les médias.

Il faut bien réaliser ce que cette guerre signifie pour l’UE.

Pour mémoire: la guerre en Ukraine a été initialement provoquée par le coup d’État de Maidan et par le non-respect des accords de Minsk. C’était en quelque sorte un projet commun de l’UE et des États-Unis pour dépecer la Russie et encercler la Chine. Le plan, à travers cette guerre, de remplacer Poutine par un vassal occidental docile, a échoué. Donald Trump a déjà, il y a quelque temps, dans des moments de lucidité, compris qu’il n’y avait aucun sens à continuer cette guerre pour une moitié d'oblast ukrainien.

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Seule l’UE souhaite continuer cette guerre par pure folie des grandeurs, et aussi pour ne pas perdre la face après avoir dépensé des milliards d’aide, sans compter, pour soutenir le corrompu Zelensky !

Avec la guerre contre l’Iran, Donald Trump laisse l’UE sur place sans l'avoir avertie, voire lui tourne carrément le dos. Donald Trump s’est obstiné, résistant à tout, dans le même piège dans lequel Poutine est enfermé depuis quatre ans. La durée de cette guerre contre l’Iran est totalement incertaine. Ce qui est certain, c’est que la Russie et la Chine feront tout pour qu’elle dure le plus longtemps possible et pour affaiblir au maximum les États-Unis.

Cela signifie toutefois qu’un soutien américain à la guerre en Ukraine n’est plus à prévoir. L’UE doit désormais assumer seule cette guerre. De plus, les missiles, censés assurer la défense de l'Europe otanienne, missiles tout aussiessentiels dans la guerre en Ukraine, sont désormais utilisés en Israël et dans les États du Golfe.

En outre, la résistance acharnée, asymétrique, de l’Iran dans le détroit d’Ormuz conduit à une crise énergétique et économique gravissime. Si l’UE s’était déjà tirée une balle dans le pied avec ses sanctions contre la Russie, elle se trouve soudainement, et de façon inattendue, sanctionnée aussi par l’Iran, qui considère l’UE comme un groupe d’États ennemis.

Il faut craindre que toutes ces destructions en Iran, que Donald Trump célèbre actuellement comme une « victoire », finissent par être payées, en quelque sorte, par une sorte de péage pour passer le détroit d’Ormuz, péage qui sera imposé par la communauté internationale. Il est fort probable que cette taxe ne sera perçue que par des navires d’États ennemis de l'Iran, ce qui ne pèsera donc que sur ces économies-là!

La crise économique prolongée qui s’annonce affaiblira plutôt les partis politiques mainstream du « Monde occidental » et fera tomber définitivement leurs coalitions fragiles, plutôt que de faire tomber le régime des mollahs. Ce dernier a été renforcé par les bombardements criminels et illicites selon le droit international qui sont perpétrés par Israël. En fin de compte, les plus stupides d'entre nos concitoyens ont compris qu’il existait un lien entre la violence brutale qui a coûté la vie à des milliers de personnes (dont des forces de sécurité) et les bombardements, lors desquels, par exemple, 170 fillettes d'une école primaire ont été tuées.

Du point de vue de l’UE, il aurait sûrement été « plus raisonnable » de d’abord mettre fin à la guerre en Ukraine dans un sens favorable à l’Ukraine, avant de s’occuper de l’Iran. Au lieu de cela, Donald Trump, de manière unilatérale, et motivé par Netanyahu, un homme recherché par la Cour pénale internationale de La Haye comme criminel de guerre, a déclenché la guerre contre l’Iran sans consulter ses partenaires européens. Il se comporte ainsi comme une sorte de dictateur mondial, pris dans un délire césarien, auquel tous doivent obéir sans discuter.

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La question qui se pose désormais est de savoir si cette rupture atlantique pourra se résorber après la fin du régime de Trump ?

Probablement pas, car la furie trumpiste va bouleverser irréversiblement l’ordre mondial existant jusqu’à la fin du mandat de Trump. Un retour au point de départ d’avant l’arrivée de Trump ne sera plus possible. De plus, déjà sous Biden, la relation entre les États-Unis et l’UE n’était pas aussi amicale qu’elle était décrite dans les médias, si l’on pense notamment à l’attaque terroriste contre le gazoduc Nord Stream, annoncée par Biden lui-même!

Ce qui peut au moins être considéré comme certain, c’est que la Russie, durant cette période, ira conquérir les quelques milliers de kilomètres carrés restants dans l’oblast de Donetsk, et la guerre en Ukraine se terminera victorieusement pour la Russie. L’UE sera humiliée. Elle devra peut-être même supplier Poutine pour du pétrole et du gaz afin de maintenir son économie à flot. Poutine exigera alors un prix politique (par exemple la reconnaissance internationale des conquêtes).

Il est possible que l’UE finisse par reconnaître que la Russie serait le partenaire naturel de l’UE, comme Gorbatchev et même Poutine l’avaient proposé, avec une Europe commune de Lisbonne à Vladivostok.

Les États-Unis seront encore affaiblis par une guerre prolongée contre l’Iran. Il se pourrait même que les monarchies du Golfe expulsent les États-Unis de leurs territoires et concluent la paix avec l’Iran. Sinon, ces monarchies ne seront plus viables. Si changement de régime il y aura, il faudra plutôt l'attendre dans ces pays-là!

La guerre en Iran expose la brutalité du réel: les États-Unis seraient écrasés dans un conflit avec la Chine

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La guerre en Iran expose la brutalité du réel: les États-Unis seraient écrasés dans un conflit avec la Chine

Par NewRulesGeo (Telegram)

Quelques semaines après le début de la guerre en Iran, Washington souffre déjà de pénuries de missiles, de lacunes en défense aérienne, de pressions navales et de ruptures logistiques. Ce qui devait être une campagne limitée révèle des failles structurelles profondes.

De la défense aérienne aux chaînes d’approvisionnement, le message est clair: si se battre contre l’Iran coûte aussi cher, une guerre avec la Chine serait dévastatrice.

Voici comment l’Iran expose les limites des États-Unis – et pourquoi si la Chine était attaquée, ce serait bien pire :

Les défenses ont été épuisées instantanément – (https://t.me/newrulesgeo/1715?single ). L’Iran a brûlé près de 40 % des intercepteurs THAAD américains en 16 jours et a fait passer des drones au-delà des défenses aériennes. L’arsenal de missiles et de drones plus grand et plus intelligent de la Chine (https://t.me/newrulesgeo/1674 ) submergerait les systèmes américains par le volume, la précision et des essaims d’IA (https://t.me/newrulesgeo/1674 ) qui réduiraient les temps de réponse à quelques secondes.

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Les porte-avions et les bases neutralisés – (https://t.me/newrulesgeo/1700?single ). Les frappes iraniennes ont forcé les navires de guerre américains à rester sur la réserve et ont détruit un E-3 (photo) au sol. La doctrine de l’US Air Combat Element (ACE) échoue déjà. Face aux systèmes A2/AD en couches de la Chine (https://t.me/newrulesgeo/1705 ), les avions américains seraient détruits avant même de décoller — les porte-avions et les bases sont laissés vulnérables à des milliers de kilomètres.

Les munitions épuisées, l’industrie incapable de suivre – (https://t.me/newrulesgeo/1666 ). Des centaines de Tomahawks utilisés en Iran épuisent les réserves destinées à un éventuel scénario similaire à Taïwan. Les États-Unis ne peuvent pas remplacer les armes de précision assez rapidement — des années (https://t.me/newrulesgeo/1632 ) de production contre quelques jours de guerre. Pire encore, les armes américaines dépendent des terres rares chinoises (https://t.me/newrulesgeo/1615 ), ce qui donne à Pékin une emprise directe.

FBeiDou-Navigation-sat-emblem-1024x677.jpgLa Chine s’adapte en temps réel – (https://t.me/newrulesgeo/1599 ) – Tandis que les États-Unis sont occupés en Iran, la Chine évolue, apprend de chaque opération américaine. Beidou fournit (https://t.me/newrulesgeo/691 ) une capacité de ciblage en temps réel sur de vastes distances. Avec une fusion avancée des capteurs comme MizarVision (https://t.me/newrulesgeo/1596 ), la Chine s’adapte plus rapidement aux tactiques américaines et reste un pas en avance.

Si l’Iran expose les fissures, la Chine serait le test de résistance qui ferait sauter le système.

@NewRulesGeo - Suivez-nous sur X (https://x.com/NewRulesGeo?t=6cJ2ZyQr-1f_lBvKPNggKw&s=09 )

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Donald Trump, le détroit d'Ormuz et la stratégie de l’«État profond»

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Donald Trump, le détroit d'Ormuz et la stratégie de l’«État profond»

Elena Fritz

Quelle: https://t.me/global_affairs_byelena#

Lorsqu’on a affaire à Donald Trump, ce serait une erreur d’exclure catégoriquement quoi que ce soit. Chez lui, les situations, les priorités et les tonalités changent souvent à une vitesse surprenante. C’est précisément pour cela qu’il vaut la peine d’adopter une perspective stratégique.

De mon point de vue, le véritable objectif de ces forces qui ont poussé Trump dans le conflit avec l’Iran – appelons-les simplement «l’État profond» ou l’establishment mondialiste – ne résidait pas uniquement dans des frappes militaires contre Téhéran. L’objectif stratégique était plutôt le blocage du détroit d’Ormuz. Car c’est là que se trouve le véritable levier; une fermeture d’Ormuz aurait plusieurs effets simultanés: elle affecterait la marge de manœuvre énergétique et financière des États du Golfe, affaiblirait leur indépendance croissante, mettrait sous pression leurs arrangements en ressources avec la Chine, et agirait en même temps comme un déclencheur d’une plus grande secousse économique. C’est là que réside la véritable mèche géopolitique.

C’est pourquoi nous vivons une situation étrange: beaucoup de choses se produisent, mais l’essentiel reste non résolu. On parle d’opérations, de débarquement dans des îles comme celle de Kharg, d’options militaires et de moyens de pression. Mais on ne répond pas à la question principale: qui contrôle en fin de compte la situation dans le détroit d’Ormuz ?

Trump, semble-t-il, comprend très bien ce qu’il ne doit pas faire. Car la situation, dans laquelle il se débat, est contradictoire. S’il tente d’ouvrir militairement le détroit d’Ormuz – c’est-à-dire faire passer en force ses effectifs aéronavals et terrestres, c'est-à-dire ce que ses adversaires ont peut-être anticipé –, alors les États-Unis risquent d’être entraînés plus profondément dans une guerre régionale avec un lourd tribut en vies humaines: pour les soldats américains, pour les populations de la région, ébranlant ainsi la stabilité tout entière du Moyen-Orient. Mais s’il ne le fait pas, le défaut de stratégie demeure. Il aura alors contribué à une escalade sans résoudre le problème central.

C’est là que réside le piège: Trump est d’abord poussé dans la guerre, puis dirigé vers un corridor de sortie étrange, peu avantageux politiquement: une fin du conflit militaire sans avoir réglé la question principale, celle qui a été créée par cette escalade. Ses adversaires peuvent l’attaquer dans les deux cas. S’il ouvre le détroit d’Ormuz militairement, il risquera de s’enliser dans un bourbier régional très coûteux en vies de militaires américains. S’il laisse la situation non résolue, on lui reprochera un échec stratégique. Telle est la véritable architecture de cette crise.

L’enjeu n’est donc pas seulement de savoir si Trump mènera la guerre contre l’Iran ou jusqu’où s’étendront les opérations. La question cruciale est de savoir si la crise d’Ormuz est exploitée en toute conscience omme un mécanisme pour atteindre plusieurs objectifs simultanément: la déstabilisation des flux énergétiques, une pression sur les monarchies du Golfe, la perturbation des intérêts chinois, et le déclenchement d’un choc économique plus large.

Vu sous cet angle, le conflit ne se limite plus à une simple escalade entre Washington et Téhéran. Il apparaît plutôt comme un levier dans une lutte de pouvoir bien plus large, avec Trump englué dans une position où chaque issue possible entraînerait des coûts politiques importants.

#geopolitik@global_affairs_byelena