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mardi, 03 mars 2026

L'Allemagne et la guerre d'Iran: la question stratégique concrète

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L'Allemagne et la guerre d'Iran: la question stratégique concrète

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena#

Le débat actuel est trop abstrait: on parle de dissuasion, d’alliances ou de puissance militaire. Pour l’Allemagne, il s’agit cependant de quelque chose de très concret: les prix de l’énergie, la compétitivité industrielle et la stabilité économique.

La différence essentielle avec les conflits passés: un conflit avec l’Iran ne serait pas une campagne courte, mais une guerre d’usure à long terme avec pour enjeux l’énergie, les infrastructures et les marchés. C’est précisément là que réside sa puissance explosive sur le plan géopolitique.

L’Iran détient un levier central dans l’économie mondiale. Environ 20% du commerce mondial du pétrole transite par le détroit d’Hormuz. Même quelques attaques ou mines augmenteraient considérablement les coûts d’assurance et de transport. Les pétroliers feraient des détours, les chaînes d’approvisionnement deviendraient instables. Pour l’Allemagne, cela aurait des conséquences directes: le pétrole et le gaz deviendraient beaucoup plus chers, les prix de l’électricité augmenteraient, les investissements diminueraient. Les secteurs à forte consommation d’énergie, comme la chimie, l’acier ou la construction mécanique, seraient davantage encore sous pression.

De plus, l’Iran peut frapper l’infrastructure énergétique et industrielle dans toute la région du Golfe. Quelques drones suffisent pour paralyser temporairement des raffineries ou des terminaux. Si de telles attaques se répètent régulièrement, cela créerait une crise permanente sur les marchés de l’énergie — et représenterait un désavantage structurel pour l’Europe.

Un second effet est peu discuté. Un conflit prolongé occuperait l’attention et les ressources des États-Unis. En même temps, la pression sur l’Europe augmenterait pour qu’elle prenne plus de responsabilités militaires et financières. Concrètement, cela signifie: des dépenses dans le domaine de la défense plus élevées, davantage de dettes et moins de marge de manœuvre pour les investissements futurs dans l’économie.

Parallèlement, des pays asiatiques pourraient renforcer leur position: contrats énergétiques à long terme, nouvelles routes commerciales, sécurité dans la planification industrielle. L’Europe, en revanche, entrerait dans un état de crise permanent. Le vrai danger ne réside donc pas dans une défaite militaire.

Le danger est que l’Allemagne perde économiquement — par des prix de l’énergie durablement élevés, par l’incertitude et par une dépendance stratégique.

La question centrale n’est donc pas: qui gagnera cette guerre.

La question centrale est: comment l’Allemagne protège-t-elle sa base industrielle si la région du Moyen-Orient reste durablement instable? Une politique d’intérêts sobre devrait précisément commencer ici:

Sécurité d’approvisionnement, routes commerciales stables et désescalade. Car un conflit sur le long terme avec l’Iran serait moins une guerre régionale qu’un test de résilience économique et politique pour l’Allemagne.

Moyen-Orient: Premières fissures dans l’accord de sécurité avec les États-Unis

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Moyen-Orient: Premières fissures dans l’accord de sécurité avec les États-Unis

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena#

Un représentant du gouvernement saoudien a fait une déclaration d'une remarquable franchise lors d’une émission d’Al Jazeera:

La défense américaine se concentre en réalité sur Israël, tandis que les États arabes du Golfe — malgré les bases militaires américaines installées dans la région — ne reçoivent qu’une attention limitée.

Cette déclaration est géopolitiquement sensible, car elle touche au cœur du modèle de sécurité régional jusqu’ici en place:

Les États du Golfe fournissent territoire, infrastructure et financement — en échange, ils obtiennent des garanties de protection de Washington.

Mais ce modèle est désormais visiblement mis sous pression:

Premièrement: Au sein des élites de la région, le sentiment s’affirme que, en cas de crise, les États-Unis donneront des priorités claires. Et ces priorités ne seraient pas les monarchies arabes, mais Israël.

Deuxièmement: Cela soulève pour la première fois la question ouverte de l’utilité réelle de la présence militaire américaine. Les bases militaires ne garantissent pas automatiquement la protection. Au contraire, elles peuvent même devenir des cibles, sans qu’un bouclier défensif équivalent soit en place.

Troisièmement: Cette perception s’inscrit dans un contexte où l’Iran agit de plus en plus de manière précise et calculée. Les attaques contre les infrastructures et les alliés américains ne visent pas seulement des objectifs militaires, mais remettent également en cause la crédibilité de Washington sur le plan politique.

Avec chaque jour supplémentaire d’escalade militaire, ce malaise devrait s’accentuer.

Pour la direction américaine, cela représente un double risque:

Au plan intérieur, un conflit prolongé pourrait entraîner des pressions économiques et politiques.

Sur le plan extérieur, il y a un risque croissant de perte de confiance chez les partenaires régionaux clés.

Si cette tendance se poursuit, l’architecture de sécurité au Moyen-Orient pourrait se déplacer à long terme. Dans ce cas, les États du Golfe commenceront à diversifier leurs options stratégiques — sur le plan économique, technologique et peut-être aussi militaire.

Il ne s’agirait pas d’une rupture immédiate, mais d’un processus lent.

Mais ce genre de processus finit toujours par modifier l’ordre géopolitique.

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Iran–USA: Pourquoi Téhéran agit différemment en 2026 – et pourquoi l’issue sera décidée à Washington

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Iran–USA: Pourquoi Téhéran agit différemment en 2026 – et pourquoi l’issue sera décidée à Washington

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena#

La toute récente escalade dans le conflit irano-américain diffère nettement de la brève confrontation militaire de l’année dernière. À l’époque, l’accent était mis sur des frappes symboliques et une riposte limitée. Aujourd’hui, l’Iran adopte une logique opérationnelle différente. Ce changement explique pourquoi le conflit est politiquement plus dangereux que par le passé.

Premièrement : un changement dans l’objectif militaire.

L’année dernière, l’Iran réagissait principalement par des frappes directes mais limitées, visant à éviter une escalade. L’objectif était de démontrer la dissuasion sans déclencher une guerre plus large. Les attaques étaient calculées, limitées dans le temps et politiquement contrôlées.

En 2026, une autre approche se manifeste. Téhéran ne se concentre plus principalement sur Israël, mais sur les infrastructures militaires américaines au Moyen-Orient. Des attaques répétées contre les bases, la logistique et la défense aérienne visent à montrer la vulnérabilité plutôt qu’à frapper de manière décidée, immédiatement.

Ce mode d’action correspond à une stratégie classique d’usure: ce n’est pas la victoire militaire rapide qui importe, mais l’augmentation progressive des coûts politiques et économiques pour l’adversaire.

Deuxièmement : pourquoi cette stratégie a été choisie.

La direction iranienne a tiré des leçons des escalades précédentes. Les frappes symboliques ont eu un effet limité. Elles n’ont pas conduit à un changement durable de la présence américaine dans la région.

La stratégie actuelle s’attaque donc à un point plus sensible: la crédibilité de la projection de puissance américaine.

Lorsque les installations américaines restent sous pression, des doutes surgissent quant à la stabilité de l’ordre sécuritaire régional.

Troisièmement: la logique des coûts.

Des drones et missiles bon marché obligent les États-Unis à déployer des systèmes de défense coûteux. Chaque attaque engendre un effet financier asymétrique. Cette augmentation des coûts est centrale car elle n’agit pas seulement sur le plan militaire, mais renforce aussi les débats politiques.

Par ailleurs, cette escalade reste en dessous du seuil d’une guerre ouverte. Washington est ainsi contraint de réagir sans disposer d’une solution stratégique claire.

Quatrièmement: la composante énergie et infrastructure.

L’Iran envoie un signal en montrant qu’il peut menacer des infrastructures énergétiques clés de la région. Même quelques frappes précises pourraient perturber massivement la production et l’exportation. Cette vulnérabilité agit comme une dissuasion pour les acteurs régionaux et augmente la pression sur les États-Unis.

Cinquièmement : la dimension intérieure aux États-Unis.

Le véritable levier de cette stratégie ne réside pas seulement dans les dégâts militaires, mais dans l’impact politique. Pour la première fois, des bases militaires américaines sont aussi intensément sous attaque.

Si cette phase dure plusieurs semaines, plusieurs risques pèsent sur Washington : les pertes pourraient influencer l’opinion publique, l’incertitude économique déstabiliser les marchés, et la hausse des prix de l’énergie renforcer l’inflation.

Ce facteur devient particulièrement important à l’approche des élections de mi-mandat. Une escalade prolongée pourrait renforcer la critique à l’encontre du gouvernement et mobiliser ses opposants politiques.

Sixièmement : la pression temporelle comme facteur structurel.

D’un point de vue stratégique, il est compréhensible pourquoi un conflit court paraît plus gérable pour Washington. Plus la phase active dure, plus les coûts politiques et économiques augmentent.

Si le déroulement militaire n’aboutit pas à un succès attendu, cela accroît l’incitation à rechercher rapidement des solutions diplomatiques.

11:25 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, iran, états-unis, géopolitique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

lundi, 02 mars 2026

Ukraine et Hongrie. L’autre guerre

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Ukraine et Hongrie. L’autre guerre

Par Andrea Marcigliano

Source: https://electomagazine.it/ucraina-ungheria-laltra-guerra/

Victor Orbán ne mâche pas ses mots. Il ne cherche pas à dissimuler, avec diplomatie, ses vérités.

C’est un homme direct, parfois presque brutal dans ses déclarations.

Et, avec une franchise extrême, il a dit que la Hongrie, sa Hongrie, réagirait avec détermination aux attentats contre les lignes de gaz russes, essentiels pour son économie.

Ces attaques proviennent d’une seule source : l’Ukraine de Zelensky. Qui tente ainsi de saboter et d’empêcher les approvisionnements en provenance de Russie.

La position d’Orbán n’est pas isolée. Le chef du gouvernement slovaque, Fico, semble également décidé à réagir de manière très dure, voire militaire, face aux attentats ukrainiens.

Et il ne s’agit pas seulement de deux cas. De nombreux pays d’Europe de l’Est commencent à ressentir fortement le terrorisme ukrainien. Et, au-delà des positions variées des gouvernements, ils sont progressivement poussés à une réaction semblable à celle de la Hongrie.

C’est la pression d’une opinion publique de plus en plus inquiète, voire angoissée, face à la perspective d’un blocage total du gaz russe. Qui, au-delà de l’aspect purement économique – en payant plus de dix fois le prix du gaz pour le chauffage domestique – risque de mettre à genoux les industries locales, provoquant une crise sociale sans précédent.

Et nombreux sont ceux qui s’inquiètent.

Bulgares, Roumains, malgré un gouvernement imposé par un coup d’État et soumis à Bruxelles. Et aussi les Tchèques, qui commencent déjà à prendre leurs distances avec Washington.

Même en Pologne, le malaise social et l’aversion pour l’Ukraine deviennent de plus en plus tangibles.

Orbán, donc, donne une voix à cette dissidence croissante.

Il le fait pour protéger les intérêts hongrois contre la violence du régime ukrainien, qui est, par ailleurs, soutenu par les hautes sphères européennes et l’OTAN.

Ce faisant, il trace cependant une ligne de démarcation claire.

Et marque la fin de l’Union européenne.

Si l’Hongrie devait passer à une réaction armée contre l’arbitraire du régime de Zelensky, ce serait la fin de toute union entre les peuples d’Europe.

Le retour à une politique des nations.

Le retour à la défense des intérêts nationaux, désormais non plus sacrifiés par des cénacles corrompus, étrangers à la réalité des peuples, qui ne font semblant de gouverner que nominalement, tout en étant soumis à d’autres intérêts.

L’hétérogenèse des fins dans l’agression contre l’Iran 

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L’hétérogenèse des fins dans l’agression contre l’Iran 

par Filippo Bovo 

Source : Filippo Bovo & https://www.ariannaeditrice.it/articoli/l-eterogenesi-dei...

Maintenant que nous sommes au troisième jour du conflit,celui-ci atteint une intensité qui dépasse toutes les prévisions. Il dépasse sûrement, même si c'est négativement, celles des États-Unis ainsi que d’Israël, qui pensaient mener une opération éclair selon la doctrine militaire du « shock and awe »n « frappe et terrorise », visant à une « domination rapide » du conflit), mais aussi celles de leurs alliés en Europe et dans le Golfe. Il dépasse également celles de nombreux autres, qui, du côté opposé, regardaient ces derniers jours avec une inquiétude motivée le déploiement massif et croissant des forces américaines dans la région, en prévision d’une attaque destructrice contre l’Iran.

Plusieurs facteurs corroborent ce phénomène. Par exemple, au début des attaques, le premier jour, la thèse dominante était que le conflit ne durerait pas plus de 4 jours. Cependant, hier seulement, entre le deuxième et le troisième jour, Trump a rectifié ses prévisions en parlant d’au moins 4 ou 5 semaines, tout en mettant en garde contre le risque de nouvelles pertes parmi les forces américaines (officiellement, nous en sommes déjà à 3 morts et plusieurs blessés, dont certains très graves), ainsi que d’autres «dommages collatéraux» (par exemple, une moindre disponibilité d’hydrocarbures et l'augmentation relative de leurs prix, avec des conséquences pour l’inflation: ce n’est pas un hasard si la Maison Blanche pousse maintenant à une forte augmentation de la production de shale oil et à l’utilisation des réserves stratégiques, le Brent ayant entre-temps augmenté de +9 %, à 80 dollars).

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Il faut faire la différence entre le langage électoral et la réalité sur le terrain: les élections de mi-mandat sont très proches, et le pays est déjà en campagne électorale. En arrivant face aux électeurs avec une victoire facile, après un conflit court qui lui aurait permis de brandir d’énormes résultats (la fin, outre du « spectre » nucléaire iranien, de son programme de missiles et de ses liens avec le Hezbollah, les Houthis, les milices chiites irakiennes comme Harakat Hezbollah al-Nujaba, Asaib Ahl al-Haq, Kataib Hezbollah, l’Organisation Badr, peut-être aussi un «changement de régime» et la fin de l’opposition à Israël), Trump aurait eu la garantie d’un résultat «bulgare» pour le Parti républicain au Congrès. Avec un conflit qui s’allonge et dont l’issue est incertaine, tout cela devient beaucoup plus difficile: c’est un «marécage» qui peut entraîner des coûts humains et économiques peu «hygiéniques» dans la perspective des élections.

De plus, Netanyahu, avant de partir pour Berlin, où il a trouvé refuge contre les frappes iraniennes qui mettent sérieusement en crise le système de la défense aérienne israélienne (à cause de l’éblouissement des radars dans les bases américaines du Golfe et de la saturation, avec des drones et des missiles à bas coût, de systèmes d'interception coûteux comme Patriot, THAAD et Arrow 3, qui sont rapidement gaspillés), a déclaré à la télévision que la confrontation avec l’Iran sera longue et dure. Le Premier ministre israélien, lui aussi, repose sur une majorité fragile, et fait face à la pression de la magistrature nationale dans au moins trois affaires de corruption. La guerre devait lui assurer une longue vie politique (éradiquer une fois pour toutes la «menace» de Téhéran ferait de lui un héros national), mais pour l’instant, cela ne se passe pas comme prévu.

Puisque ni les États-Unis ni Israël n’ont l’intention de s’engager dans une crise guerrière prolongée et incertaine (les deux pays disposent de systèmes militaires orientés vers des affrontements courts et efficaces, peu enclins à des conflits de toute autre nature, encore moins une guerre asymétrique et de friction comme celle menée par Téhéran), la recherche d’une solution est évidemment saluée favorablement. L’Iran a été approché par des pays tiers, même co-belligérants (pas par hasard, les bases américaines sur leur territoire ont été frappées, comme dans d’autres pays du Conseil de coopération du Golfe), tels le Qatar et Oman, qui ont présenté une demande de « cessez-le-feu » envoyée par les États-Unis. Téhéran, par la voix du Secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani, a cependant rejeté avec dédain cette offre. Même l’Italie, qui maintient également des canaux informels avec l’Iran, a collaboré pour transmettre une demande de « cessez-le-feu » de la part de Washington, mais n’a obtenu qu’un refus (d’ailleurs, il est assez curieux d’apprendre cette nouvelle dans des journaux étrangers, alors que Tajani présente aujourd’hui un rapport au Parlement italien: nos médias n’en parlent pas ou très vaguement).

Naturellement, ici aussi, le langage électoral entre en jeu. Trump, qui ne peut pas se permettre, pour des raisons évidentes, le luxe de révéler à ses concitoyens qu’il a «prié» pour un «cessez-le-feu» de la part de Téhéran avant une extension du conflit sans réserves militaires suffisantes pour le contenir, a «retourné l’œuf» en disant que les nouveaux dirigeants iraniens, succédant à Khamenei, lui avaient demandé de parler et qu’il avait accepté. Quand le démenti iranien est arrivé, avec le rejet de tout «cessez-le-feu», est arrivé, la crise a éclaté.

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Ce n’était pas le seul cas: presque simultanément, une correction a été publiée par Riyad à un article du Washington Post (propriété du milliardaire d’Amazon Jeff Bezos, également considéré comme un pilier profond du Département d’État américain), qui attribuait au prince héritier MBS des pressions sur Trump pour qu’il lance l’attaque contre l’Iran dès que possible. Avec un communiqué officiel, le ministère des Affaires étrangères saoudien a démoli point par point cet article, réaffirmant que Riyad a jusqu’ici plutôt fait pression sur l’administration Trump pour qu’elle n’entreprenne pas d’actions nuisibles aux efforts saoudiens visant à préserver la stabilité régionale. L’article du Washington Post est une «fausse information» journalistique, qui répond néanmoins à une stratégie précise: pousser l’Arabie saoudite et tous les autres membres du Conseil de coopération du Golfe à la guerre contre Téhéran, ce qui a été largement révélé. D’autres épisodes y contribuent, comme la récente et controversée attaque sur la raffinerie ARAMCO de Ras Tanura (qui s’apparente à celle du plus grand complexe de liquéfaction de GNL au monde, à Ras Laffan, à proximité, avec une suspension de la production).

Pour l’Iran, une extension du conflit dans ces termes équivaut à mettre encore plus la machine économique et militaire israélo-américaine sous pression, et, par suite, à la paralyser. Cependant, puisque les États du Golfe ont officiellement maintenu leur neutralité envers Téhéran (à l’exception d’être dupés et abandonnés par les États-Unis, comme l’a déclaré un officiel saoudien à Al Jazeera), jusqu’à présent, les forces iraniennes n’ont pas attaqué leurs sites énergétiques, se concentrant principalement sur les bases américaines. Déjà, alors que la Ligue arabe renouvelle ses appels à la désescalade, plusieurs figures politiques du Conseil de coopération du Golfe déconseillent une intervention contre Téhéran, affirmant que ni leurs pays ni l’Iran n’en tireraient profit, mais seulement d’autres puissances extérieures aux intentions tout sauf amicales envers la région.

Mais, en fin de compte, une extension de la fracture diplomatique entre Washington et Riyad (avec tout le Conseil de coopération du Golfe) serait également un excellent résultat pour l’Iran: l’équivalent d’une extension du conflit, sous une autre forme.

L'épée du Katechon

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L'épée du Katechon

La situation est critique ! L'épée du katechon au lieu de l'Opération militaire spéciale – telle est la dernière chance: Douguine commente l'attaque contre l'Iran

Par Alexandre Douguine

Ce qui s’est passé le premier jour de la guerre des États-Unis et d’Israël contre l’Iran modifie radicalement l’équilibre des puissances dans le monde, ainsi que les règles de la politique internationale. Trump dit depuis longtemps que le droit international n’existe pas: «La morale, c’est ce que je considère comme moral». En principe, après le kidnapping de Maduro et l’établissement d’un contrôle externe direct sur le Venezuela, ainsi que les attaques contre l’Iran par la destruction de ses dirigeants militaires, politiques et religieux, je pense qu’il n’est plus possible de parler de règles, lois ou normes dans les relations internationales.

En réalité, seul le droit du plus fort, la loi du plus rapide, prévaut désormais. Celui qui frappe le plus vite ou qui agit le plus rapidement a raison. Tout le reste n’est qu’une justification postérieure. Autrement dit, il s’agit maintenant de porter un coup décisif à l’ennemi, de briser sa résistance, de détruire son leadership et d’attaquer ses principales installations militaires et énergétiques. Ensuite, cela peut être formalisé comme on veut, justifié comme on veut et analysé aussi longtemps qu’on le souhaite.

Je crois que tout dépend désormais de combien de temps et avec quelle détermination l’Iran pourra résister. S’il continue à mener cette guerre après la destruction de ses dirigeants politiques, s’il ne se rend pas, s’il ne brandit pas le drapeau blanc et ne capitule pas, cela peut aussi mal finir pour l’Occident. Car alors tous les autres commenceront à agir de la même manière, sans prêter attention à rien et en surestimant leur potentiel, sans tenir compte de leur statut juridique. Cela donnera carte blanche à de nombreuses forces régionales qui feront ce qu’elles veulent. Ainsi, la situation pourrait rapidement conduire à l’utilisation d’armes nucléaires, peut-être dans le conflit entre le Pakistan et l’Afghanistan, ou dans d’autres. Il n’y a pas de règles claires.

En résumé : si l’Iran continue à résister sous la direction de la nouvelle gouvernance, cela pourrait avoir des conséquences très graves pour l’Occident et influencer la direction prise par Trump, par les États-Unis et les pays de l’OTAN. Mais si la situation se répète comme au Venezuela, c’est-à-dire si la nouvelle direction se déclare vaincue ou si les militaires ne peuvent simplement plus poursuivre les hostilités, la guerre sera courte. Et dans ce cas, nous devrons aussi attendre un scénario similaire. Il n’y a aucun doute: Trump et l’Occident, s’ils voient que ce plan fonctionne, élimineront simplement les principaux dirigeants politiques et militaires de la Russie.

Aujourd’hui, il est clair que nous agissons avec incertitude. Et en suivant ce même schéma, lors des prochaines négociations avec Kushner et Witcoff, ils nous frapperont. Peut-être même avec des armes nucléaires. C’est pourquoi je pense que la situation est critique pour nous. Nous n’avons défendu ni le Venezuela ni l’Iran, et la Chine reste également neutre. Mais dans ce cas, après nous viendra la Chine. Et alors, le « royaume » d’Epstein s’étendra sur toute l’humanité.

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Je tiens à souligner qu’aujourd’hui, on peut déjà dire que nous ne faisons pas seulement face à l’Occident libéral. Le libéralisme a disparu très rapidement de l’agenda et s’est dissous. Plus personne ne parle de valeurs libérales ou de démocratie, tout cela appartient au passé. Maintenant, c’est le culte de Baal, le culte du veau d’or, le culte du pouvoir mondial, le culte des États-Unis et d’Israël. C’est une civilisation de violence, de satanisme, de cannibalisme, de perversions et de pédophilie. Et cette « civilisation pédophile de Baal » enlève le masque devant nos yeux et commence à attaquer sérieusement.

Ce qui se passe ressemble beaucoup à la fin des temps sous tous les points de vue. Et si nous ne trouvons pas la force de comprendre la situation, nous nous retrouverons dans une situation catastrophique. Beaucoup insistent sur le fait que « ce n’est pas le moment de paniquer », mais parfois, il vaut mieux se préoccuper sérieusement de ce qui se passe que de croire que tout se passera simplement. Maintenant, il est certain que cela ne se passera pas simplement: l’Iran est le dernier obstacle sur le chemin d’une guerre directe entre la civilisation de Baal et la Russie.

Si nous avions la volonté et la détermination suffisantes (bien que j’aie de sérieux doutes à ce sujet), nous devrions commencer à agir selon les mêmes règles que celles que tous suivent déjà, sauf nous. C’est-à-dire que nous éliminerions la direction politique-militaire de l’Ukraine et, sans prêter attention aux coûts, nous mènerions à bien les tâches de l’opération militaire spéciale.

D’ailleurs, contrairement à des noms comme « Bouclier de Judas », « Fureur épique » ou « La fin du déluge », que les puissances mondiales utilisent, je rebaptiserais notre modeste opération militaire « L’épée du Katechon ». Et cela changerait beaucoup de choses immédiatement.

Mais je crains que nous n’osions pas le faire et que nous continuions avec le même refrain. Et alors, je le répète, les missiles arriveront à Moscou juste pendant les négociations avec Kushner et Witcoff, suivant littéralement le scénario iranien. La civilisation de Baal est simple: elle répète les mêmes scénarios, et ceux-ci fonctionnent encore et encore. Parce que chacun pense que cela ne concerne que Kadhafi, Hussein, Milosevic, Mubarak, Nasrallah, Assad ou le chef suprême Khamenei, mais pas nous. Et ainsi, étape par étape, la civilisation de Baal atteint ses objectifs.

Donc, soit nous nous mobilisons d’urgence, soit la situation sera extrêmement grave. Et si nous avons encore des illusions, cela signifie qu’il y a une profonde fausseté dans notre propre camp. Surtout dans le contexte de ce qui s’est passé en Iran: une catastrophe à l’échelle mondiale. Là, des personnes merveilleuses, des dirigeants spirituels remarquables, ont péri. C’est comme si on avait assassiné en même temps le patriarche de Moscou, le président, le chef d’état-major et tous les ministres clés. Et en même temps, la mort de plus d’une centaine d’écoliers, d’âmes innocentes, par des missiles. Après quelque chose comme cela, peut-on rester indifférent et faire semblant que cela ne nous concerne pas particulièrement, en disant que notre affaire est autre?

C’est pourquoi, si nous acceptons tout cela et gardons le silence, la prochaine fois, ils feront la même chose avec nous. C’est pourquoi je suis absolument convaincu que, dans la situation actuelle, nous devrions décréter immédiatement l’état d’urgence. Au moins au niveau de la haute direction. Parce que la situation devient critique pour nous.

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Aggression contre l’Iran par les États-Unis et Israël - La première réaction officielle de la Chine

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Aggression contre l’Iran par les États-Unis et Israël

La première réaction officielle de la Chine

Source: https://www.sinistrainrete.info/articoli-brevi/32440-reda...

Pékin demande la fin immédiate des hostilités et le retour au dialogue, en soulignant que «la souveraineté nationale, la sécurité et l’intégrité territoriale de l’Iran doivent être respectées».

Le ministère chinois des Affaires étrangères a exprimé aujourd’hui sa profonde inquiétude face aux attaques militaires menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran.

Dans une note officielle, le porte-parole du ministère a déclaré que «la Chine est très préoccupée par l’attaque militaire des États-Unis et d’Israël contre l’Iran», réaffirmant un principe clé de la politique étrangère chinoise: «La souveraineté nationale, la sécurité et l’intégrité territoriale de l’Iran doivent être respectées».

Un appel à la désescalade et au dialogue 

Dans son communiqué, Pékin a lancé un appel à la communauté internationale, demandant «la cessation immédiate des actions militaires» afin d’«éviter une intensification supplémentaire des tensions». Le porte-parole a également souligné l’urgence de «reprendre le dialogue et les négociations» comme seule voie pour «maintenir la paix et la stabilité au Moyen-Orient».

Les déclarations de Pékin interviennent à un moment de crise grave. Dans les premières heures de samedi, le ministère israélien de la Défense avait annoncé le lancement d’une attaque «préventive» contre la République islamique, avec pour objectif déclaré «d’éliminer les menaces contre l’État d’Israël». Par la suite, le président américain Donald Trump a confirmé l’implication des forces armées américaines dans l’opération.

Suite à cette offensive conjointe, l’Iran a rapidement riposté en lançant des attaques de missiles non seulement contre Israël, mais aussi contre plusieurs bases américaines au Moyen-Orient. Des explosions et des alarmes ont été signalées à Bahreïn, aux Émirats arabes unis, en Jordanie, au Koweït, au Qatar et en Arabie saoudite, pays qui abritent des installations militaires américaines.

Téhéran avait précédemment averti que toute action militaire contre lui «serait considérée comme le début d’une guerre», réaffirmant la pleine préparation de ses forces armées à répondre «immédiatement et résolument à toute agression».

dimanche, 01 mars 2026

Les Occidentaux ont une image tronquée de l'Iran

 

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Les Occidentaux ont une image tronquée de l'Iran
 
Laurent de Montmorency
 
Source: https://www.facebook.com/laurentdeMontmorency
 
Le régime a poussé très fort l’éducation, parce qu’un Etat sous sanctions a besoin d’ingénieurs, de médecins, de scientifiques pour survivre. Résultat : taux d’alphabétisation élevé, explosion des inscriptions universitaires après les années 80, et une proportion massive de femmes à l’université. Contrôle moral d’un côté, formation scientifique de l’autre.
 
Les femmes iraniennes sont parmi les plus éduquées du Moyen-Orient et c’est aussi le produit d’une société urbaine, ambitieuse, obsédée par la réussite académique. La pression sociale pour “réussir” est énorme.
 
L'Iran est un grand pays industriel. L’industrie joue un rôle majeur dans son économie, couvrant l’énergie, la pétrochimie, la métallurgie, les machines, les transports, la pharmacie, etc.
 
L’industrie automobile iranienne est l’une des plus importantes de la région, avec plus d’un million de véhicules produits par an.
Certaines régions comme Tabriz ou Yazd ont de lourds complexes industriels (mécanique, produits électroniques, machines lourdes, matériaux de construction…).
 
Enfin. l’Iran est aussi un grand pays agricole avec des ressources énergétiques gigantesques.
 
La République islamique n’est pas un chaos tribal mais un État centralisé, avec un appareil administratif efficace, un système de santé développé, une industrie militaire autonome, une élite technocratique. Le régime est répressif politiquement, mais pas archaïque.
 
Que va-t-il rester de ce pays après cette guerre? Un régime peut changer, mais on ne ressuscite pas une génération décimée

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L’anti-gnosticisme de Nick Land: le capitalisme technologique au service des archontes

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L’anti-gnosticisme de Nick Land: le capitalisme technologique au service des archontes

Markku Siira

Source: https://markkusiira.substack.com/p/nick-landin-antignosti...

La philosophie de Nick Land s’est développée ces dernières décennies, passant du statut de marginal académique à celui du porteur d'une vision du monde ouvertement réactionnaire. Elle mystifie le capitalisme et le progrès technologique, présentant l’humanité et la capacité d’action humaine comme de simples vestiges du passé. La clé pour comprendre cette pensée est le gnosticisme, une ancienne mouvance religieuse/philosophique à laquelle Land se réfère à plusieurs reprises dans sa rhétorique.

Le gnosticisme était un mouvement mystico-ésotérique de l’époque chrétienne primitive, centré sur la gnose – une connaissance salvatrice de l’origine divine de l’homme. Selon cette doctrine, le monde matériel n’est pas l’œuvre d’un Dieu bon, mais une prison psycho-physique créée par un démiurge aveugle et ignorant. Cette prison est gardée par des archontes, des serviteurs du démiurge, qui séparent l’humanité de sa source spirituelle.

Un gnostique cherche à retrouver le chemin vers la lumière divine. Land reprend cette image, mais la renverse. Sa version – ce qu’il appelle le «calvinisme gnostique» – et son obsession pour la technologie ne servent pas à la libération, mais se rangent du côté des archontes, que combat traditionnellement la tradition gnostique.

Timee-Platon-207465309.jpgLe gnosticisme tire ses racines du platonisme, où l'on distingue le Dieu suprême du dieu créateur inférieur, le démiurge. Dans le Timée de Platon, le démiurge est un artisan rationnel, mais les gnostiques ont poussé cette idée plus loin: ils voyaient le démiurge comme un mécanicien aveugle qui crée une prison à partir de la matière, protégée par les archontes.

Dans la vision de Land, le schéma s’inverse: les gardiens deviennent des objets d’admiration et appellent la soumission. Sa philosophie ne vise pas à libérer l’homme des chaînes de la réalité matérielle, mais à provoquer la chute totale de l’humanité au profit de forces indifférentes ou hostiles à la conscience humaine.

Le point de départ de Land est une critique radicale de l’anthropocentrisme, qui se retourne néanmoins contre lui-même. Il célèbre la transformation du sujet humain en esprit numérique. Pour lui, le capitalisme et l’intelligence artificielle font partie du même processus inévitable, qui dépasse le contrôle humain. L’homme n’est qu’une étape passagère, une perturbation calculable sur le chemin de la super-intelligence, que l’on attend comme une fin du monde ou comme la venue du Messie.

La production initiale de Land, notamment le travail du collectif culturel CCRU, a jeté les bases de cette vision: des concepts deleuziens comme la «dé-territorialisation» ont été détachés de leur contexte émancipateur et reliés à la machine implacable de l’économie capitaliste. Dans l’histoire de la technique, la tension revient sans cesse: la technologie est-elle une imitation divine ou la capture des âmes? Pour Land, la solution est claire: la technique est l’arme des archontes.

Pour Land, le monde actuel, notamment ses structures démocratiques, représente une force de ralentissement qui empêche la percée de la singularité techno-capitaliste. La solution n’est ni la gnose ni la libération de l’essence spirituelle, mais la soumission à une force extérieure, ultra-humaine, du futur. Land reconnaît que des systèmes étrangers menacent la souveraineté écologique de l’humanité, mais cette prise de conscience ne mène pas à la résistance, mais à une soumission enthousiaste.

Le gnosticisme de Land est pervers: il ne cherche pas à sauver l’âme des griffes des archontes, mais à reconnaître le démiurge et les archontes – le capital et la technologie – comme les seules forces véritables, et l’homme comme leur esclave. Il se met ainsi au service des archontes. Sa philosophie est une apologie des puissances qui traitent la conscience humaine et la culture comme de simples ressources ou obstacles.

nick-land-the-dark-enlightenment-1290505913.pngCela se manifeste dans ses œuvres plus récentes, où l’accélérationnisme se combine avec les «sombres Lumières» néoréactionnaires – un courant intellectuel du début des années 2010 aux États-Unis. La démocratie et les structures sociales sont pour lui des tumeurs malignes qu’il faut éliminer pour que la machine techno-capitaliste fonctionne à plein régime. Le multiculturalisme et l’immigration massive, bien qu’issus de la logique brutale du capitalisme, ne plaisent pas à Land, car ils diminuent le quotient intellectuel de la population.

La vision accélératrice de Land trouve un écho chez certains influenceurs de la Silicon Valley américaine. Récemment, Land est allé de Shanghai à San Francisco pour une rencontre futuriste chez David Holz, fondateur de l’entreprise d’IA Midjourney. Là, il loue un «capitalisme sacré» et la «libération des chaînes démocratiques» vers une super-intelligence indépendante, qu’il considère comme l’incarnation ultime et supérieure du processus techno-capitaliste.

Les prédictions les plus folles de Land dans les années 1990 (drogues synthétiques, édition génétique, implants cybernétiques, transferts cérébraux sur le marché noir) sont aujourd’hui en partie vérifiées. Alors que l’infrastructure physique se détériore, l’intelligence artificielle génère déjà une part importante de la croissance économique. La pensée de Land est passée de la marginalité à la norme. En même temps, une grande incertitude plane: personne ne sait précisément comment ce processus accéléré mène à la fin.

En parallèle de cette agenda antihumaniste, Land a ces dernières années, sur ses comptes Xenocosmography (1), exprimé de plus en plus explicitement une rhétorique favorable aux Juifs – non seulement comme une admiration morale ou cosmique, mais surtout comme une alliance instrumentale, où le lien historique anglo-juif et le potentiel génétique et intellectuel sont perçus comme des accélérateurs du processus techno-capitaliste.

Malgré la destruction de Gaza et les scandales pédophiles liés au réseau Epstein, Land appelle l’extrême-droite occidentale à coopérer avec les «Jews based» (les «Juifs enracinés»). Il met en garde contre les mouvements de droite qui ne seraient pas ouverts à une telle coopération, destinés à échouer – en référence au pacte que Cromwell a conclu au XVIIe siècle, permettant le retour des Juifs en Angleterre et accélérant la montée capitaliste du pays.

C’est encore une manifestation de la logique des archontes: tout ce qui est humain – y compris les Juifs – se réduit à un potentiel qui peut accélérer ou ralentir la singularité techno-capitaliste. Il ne s’agit pas d’une philosophie profonde, mais d’un pragmatisme accélératif : Land croit que le système anglo-américain-juif fonctionne le mieux lorsque les élites juives admirées n’encouragent pas la destruction démographique des sociétés occidentales.

Dans cette réduction réside le cœur de l’anti-gnosticisme: le danger est que le démiurge soit passé d’un mythe à une infrastructure. Il n’est plus une divinité hors de l’humain, mais un algorithme dans des systèmes techniques. Ce que les gnostiques appelaient une prison, n’est aujourd’hui qu’une plateforme. Land ne s’oppose pas à cette machine, mais veut accélérer son développement à tout prix.

71YLqleXRfL._SL1500_-965820990.jpgEn fin de compte, le gnosticisme de Land, lié à la technologie et au capitalisme, constitue une forme d’anti-gnosticisme: il maintient la création dans l’illusion qu’elle est la seule réalité. Il se tourne vers la matière, qui est ramenée à la source spirituelle que les archontes dissimulent. Land proclame qu’il n’y a pas d’au-delà ou de source spirituelle – seulement une machine cosmique infinie, sans sens, qui engloutit l’humain, la majorité des gens devenant des pièces interchangeables.

Land voit un gouffre entre le capital et la subjectivité humaine, qui engloutit peu à peu toute dimension humaine. Pour lui, ce n’est pas un problème, mais plutôt un signe de l’inévitabilité du progrès. Sa pensée mène à une capitulation intellectuelle, où la capacité d’action et la liberté sont volontairement abandonnées à un ennemi soi-disant supérieur – les archontes, qui contrôlent tout dans le techno-capitalisme via des algorithmes.

Sa philosophie ne sert finalement même plus la civilisation occidentale, qu’il admire par nostalgie en tant qu’expatrié britannique. Au contraire, sa philosophie accélère tout ce qui est humain – y compris sa propre utopie – en direction d'un oubli transhumaniste. Son enseignement est un mélange d’arrogance anglo-centrée, de louange technologique et de la chute des sociétés multi-etniques, emballé dans un projet techno-élitiste qui ne promet un avenir qu’à une minorité. Land a conclu un pacte sombre avec les archontes.

Note: 

(1) Par Duckai via DuckDuckGo: 

Nick Land et la Xénocosmographie

Nick Land, un philosophe britannique connu pour ses idées provocantes, a une influence significative sur le discours contemporain concernant l'accélérationnisme et le techno-capitalisme. Son initiative récente, Xenocosmography, reflète son attention sur les relations entre technologie, politique et culture.

Aperçu de la Xénocosmographie

La Xénocosmographie explore des visions futuristes de la société largement influencées par des technologies avancées et des dynamiques socio-politiques complexes. Elle incarne des thèmes auxquels Land a consacré du temps au cours de sa carrière, en particulier son tournant vers des perspectives plus réactionnaires et ses critiques des idéologies de gauche.

- Racines conceptuelles : Le terme suggère une cartographie des expériences existentielles et culturelles à travers le prisme de la technologie, mettant en évidence une évolution des valeurs humanistes traditionnelles vers une compréhension plus machinique et post-humaine de l'existence.

- Structure du contenu : Elle mélange souvent des arguments philosophiques complexes avec des implications pratiques concernant la gouvernance, le capitalisme et l'agence individuelle dans un monde en rapide mutation.

Parcours philosophique de Land

- Influences précoces : Au départ, Land était associé à la pensée de gauche et tirait des idées de divers philosophes du XXe siècle. Ses premiers travaux mettaient l'accent sur une approche anarchiste de l'académie.

- Contributions théoriques : Il est une figure éminente de ce que l'on appelle le Landianisme, qui postule que le capitalisme est une machine autonome qui redéfinit les structures sociales et ontologiques.

- Tournure néo-réactionnaire : Au fil du temps, les vues de Land ont évolué vers ce qui est maintenant appelé la "néo-réaction", critiquant les normes démocratiques modernes et explorant les implications du capitalisme de surveillance.

Idées clés de la Xénocosmographie

- Dynamiques techno-politiques : Land soutient que la société contemporaine est de plus en plus façonnée par l'intersection de la technologie et du pouvoir politique, conduisant à de nouvelles formes de gouvernance.

- Critique du gauchisme : Il considère que la politique de gauche moderne est obsolète et prône une approche plus radicale de l'organisation sociétale, s'appuyant souvent sur le concept de singularité technologique.

- Appel à de nouvelles perspectives : En promouvant des idées telles que le darwinisme social et une forme d'optimisme technologique, Land invite à des discussions autour de l'avenir de la civilisation au-delà des cadres politiques traditionnels.

Les récentes apparitions de Land, comme dans des podcasts et des articles, soulignent son influence continue et la pertinence de la Xénocosmographie dans l'examen du paysage culturel complexe d'aujourd'hui. Son travail remet en question les récits dominants et plaide pour une reconsidération de notre trajectoire future en lien avec la technologie et le pouvoir.

 

Ayatollah Khamenei: le leader qui a modernisé l'Iran

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Ayatollah Khamenei: le leader qui a modernisé l'Iran

Udo Gaudenzi

Source: https://www.facebook.com/ugo.gaudenzi

La vie de l'Ayatollah Ali Khamenei – d'étudiant dans la ville sainte de Mashhad à la fin prématurée de son règne de 36 ans – est une histoire étroitement liée à celle de l'Iran moderne.

Alors que le monde réagit à sa mort dans le contexte des attaques israélo-américaines, revisitons les moments qui ont défini son héritage.

La naissance d’un révolutionnaire: s’opposer au Shah

Bien avant de revêtir la robe de Guide Suprême, Khamenei était un jeune homme passionné. Né en 1939 dans une famille religieuse modeste, il était un orateur efficace qui s’est joint au mouvement pour renverser le Shah.

Dans les années 60 et 70, il a été arrêté six fois par la police secrète du Shah, la SAVAK, subissant tortures et exil intérieur. Ces années de résistance clandestine ont renforcé ses lettres de noblesse révolutionnaires.

L’attentat à la bombe de 1981

Le 27 juin 1981, Khamenei donnait une leçon dans une mosquée de Téhéran, lorsque un groupe dissident (le MEK) a fait exploser une bombe dissimulée dans un enregistreur placé devant lui.

L’explosion lui a gravement endommagé le poumon et a paralysé définitivement son bras droit. Sa survie a été perçue par ses fidèles comme un signe de la volonté divine.

Attentat suicide de 1985: reprise du sermon après 3 minutes

Même après être devenu président, les menaces ont persisté. En mars 1985, un kamikaze a fait exploser une charge lors d’une prière du vendredi à l’Université de Téhéran, alors que Khamenei prêchait.

L’explosion a tué le kamikaze et plusieurs autres personnes, mais Khamenei est resté indemne. Après seulement trois minutes, il a repris son sermon. Il a immédiatement accusé l’Irak et juré : « Nous répondrons à chaque coup de poing par un coup plus dur. »

Président réticent et commandant en temps de guerre

Pendant la guerre Iran-Irak dévastatrice de 8 ans (1980-1988), Khamenei fut président et représentant de Khomeini au Conseil suprême de la défense. Il a passé des mois en première ligne, assistant à la mort d’innombrables commandants et soldats. La guerre et le soutien de l’Occident à Saddam Hussein ont renforcé sa méfiance profonde et durable envers les États-Unis.

Succession inattendue

Lorsque le « Père de la Révolution », l’ayatollah Khomeini, mourut en 1989, son successeur désigné (Montazeri) était discrédité. L’Assemblée des Experts s’est tournée vers Khamenei, bien qu’à l’époque il ne fût pas encore un marja (une autorité religieuse de haut niveau).

Dans son premier discours en tant que Leader, il a admis: « Je suis un individu avec beaucoup de défauts et de lacunes, et je suis vraiment un petit séminariste. » La constitution a ensuite été modifiée pour lui permettre d’occuper cette fonction.

Fatwa contre les armes nucléaires

Au début des années 2000, Khamenei a émis une fatwa (décret religieux) interdisant le développement d’armes nucléaires, en les déclarant non islamiques.

Malgré cette fatwa, l’Occident a continué à soutenir que l’Iran tentait de se doter d’une bombe nucléaire.

« Tu resteras dans mon âme, patrie »

Un des moments les plus touchants et humains de ses années s’est produit l’année dernière. Lors d’une cérémonie d’Ashura à Téhéran, Khamenei n’a pas prononcé de discours. Il a plutôt silencieusement évoqué l’éloge funèbre de Mahmoud Karimi et lui a murmuré un message.

Karimi a ensuite annoncé à la foule : « Son Eminence m’a dit de réciter ceci : ‘Tu resteras dans mon âme et dans mon cœur, ô patrie…’ »

Dernière alerte

À seulement un mois de sa mort, alors que les forces américaines s’accumulaient dans la région et que le président Trump menaçait d’attaquer, Khamenei est apparu pour lancer son ultime avertissement public.

Il s’est présenté devant son peuple et a déclaré : « Les Américains doivent savoir que s'ils commencent une guerre, cette fois, ce sera une guerre régionale. »

L’ayatollah Khamenei a été le dernier lien avec la génération fondatrice de la Révolution de 1979. Sa mort ne laisse pas seulement un vide de pouvoir, mais ferme également un chapitre de l’histoire moderne de l’Iran.

20:08 Publié dans Actualité, Biographie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ali khamenei, iran, actualité, biographie, chiisme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook