Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

jeudi, 16 avril 2026

Quelques commentaires sur les récentes élections municipales en France

AdobeStock-1670762073.jpeg

Quelques commentaires sur les récentes élections municipales en France

par Georges Feltin-Tracol 

Les élections municipales des 15 et 22 mars 2026 sont terminées. Malgré le tropisme médiatique accordé aux communes les plus peuplées (Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Nice, Strasbourg, Lille, Nantes), il paraît difficile d’en tirer des conclusions de portée nationale tant les situations diffèrent d’une municipalité à l’autre.

On peut cependant émettre deux observations générales qui confirment le contexte chaotique ou de transition, voire d’avant-guerre, dans lequel nous sommes dorénavant plongés : un éclatement inouï de la donne politique et la montée inexorable de l’abstention.

La réforme du mode d’élection dans les communes les moins peuplées imposant la sotte parité et abolissant le panachage ainsi que la rature des candidats explique en partie la forte abstention du premier tour: 42,90% au lieu de 36,45% en 2014 (on oubliera les élections de 2020 marquées par la mystification covidinguienne). Notons que cette année, 68 communes françaises n’ont pas ouvert de bureau de vote, faute de liste présentée ! En 2020, on en recensait 106 et six ans plus tôt 64…

La désaffection des électeurs se comprend en outre par l’effacement du pluralisme: 68% des communes n’offraient qu’une seule liste élue d’office dès le premier tour avec 100% des suffrages exprimés. La présence de deux listes ne concernait que 25% des communes, ce qui n’a pas empêché la hausse de l’abstention et le fort accroissement des votes nuls et des bulletins blancs. Dans Le Monde (du 27 mars 2026), le chercheur Pierre-Henri Bono précise que le nombre de listes uniques dans les communes de 3500 à 5000 habitants est passé de 12% en 2008 à 31% cette année. Si l’on élargit le critère démographique des communes entre 1000 et 20.000 habitants, il relève un phénomène plus massif encore: 32% en 2014 et 48% cette année! Le désintérêt des électeurs n’en est que plus flagrant.

2477205_clermont-ferrand_france_angelus_yodason_flickr.jpg

Ce désaveu civique accentue la fragmentation de l’actuelle offre politique. Certes, le PS conserve Paris, Le Printemps marseillais divers-gauche la cité phocéenne et les Verts Lyon, mais la gauche municipale perd des symboles historiques tels Clermont-Ferrand. L’alliance LR–macroniste remporte la mairie auvergnate aux mains des socialistes depuis 1944. Accédant au second tour grâce à 11,29% des voix, la liste RN s’effondre à 3,64%. Ses électeurs se reportent en masse vers le candidat du bloc central par hostilité compréhensible envers l’édile socialiste sortant qui préférait mieux combattre la section locale du Bastion social et des identitaires que les trafiquants de drogue implantés dans certains quartiers de sa pauvre ville.

Le PS perd aussi des municipalités dans le Nord, en banlieue parisienne et en périphérie lyonnaise au profit de LFI mélanchoniste (Saint-Denis, Roubaix, Sarcelles, Vaulx-en-Velin). Vieille terre communiste, Vénissieux tombe aussi! La mobilisation permanente des quartiers de l’immigration en faveur des candidats de Jean-Luc Mélenchon a payé. Les notables socialistes se font «grands-remplacés». Tant mieux! On ne les pleurera pas!

Quant au RN, il faut ici distinguer la majorité des candidats des cadres et autres responsables nationaux. La voie vers l’Élysée en 2027 s’annonce plus difficile que prévue. En effet, le RN ne conquiert ni Marseille, ni Toulon, mais il gagne deux secteurs marseillais (les 5e et 6e, donc les IXe, Xe, XIe et XIIe arrondissements). Les métropoles confortent leur vive hostilité envers le parti de la flamme tricolore: 7,07% pour l’UDR Alexandre Dupalais à Lyon, 5,20% à Grenoble avec Valentin Gabriac, 7,02% à Bordeaux pour Julie Rechagneux, 7% à Strasbourg pour l’excellente Virginie Joron. En revanche, le RN s’implante dans les villes moyennes: Menton, Vierzon, Carcassonne, Rognac, La Seyne-sur-Mer, etc. Diverses municipalités RN sont reconduites dès le premier tour avec brio (77,71% à Hénin-Beaumont, 62,22% à Moissac). On notera la perte de Villers-Cotterêts au second tour alors que le maire sortant élu en 2014 et réélu en 2020, Franck Briffaut (photo), adhérent au FN dès 1977, ne sollicitait pas un nouveau mandat.

B9735263836Z.1_20231011151931_000+G1ANK0SJD.1-0.jpg

La poussée frontiste se concrétise dans les villes moyennes. Par exemple, dans les Monts du Beaujolais situés dans le département du Rhône, l’assistant du député RN Jonathan Gery de la circonscription voisine, Rémy Berthoux, devient le maire de Thizy-les-Bourgs. Le cas est intéressant. Le 1er janvier 2013, cinq communes limitrophes fusionnent à l’initiative du maire de Thizy, Michel Mercier, sénateur centriste, président MoDem du conseil général du Rhône et ministre de la Justice de 2010 à 2012. Cette commune nouvelle se trouve dans la 9e circonscription du Rhône tenue par le LR Alexandre Portier. La liste RN réalise au second tour en triangulaire 46,36%. Les «Bo-Bo» lyonnais n’en dorment toujours pas!

itrages.jpgLa presse locale a évoqué la première mairie d’extrême droite du département de la Loire. Commune rurale de la plaine du Forez, Chalain-le-Comtal ne présente qu’une seule liste à l’initiative de Tom Rieu (aucun rapport a priori avec Damien Rieu). Employé agricole de 23 ans, le nouveau maire a été le suppléant du candidat RN aux législatives de 2022 et de 2024 dans la 2e circonscription de la Loire (Saint-Étienne Sud intra muros). Il quitte le RN après la condamnation de Marine Le Pen sur les assistants parlementaires européens. Il rejoint alors Identité–Libertés de Marion Maréchal. Son engagement public lui vaut 178 votes sur 586 inscrits sans omettre 7,51% de bulletins nuls et 8,87% de votes blancs. Les journalistes pensent que quatre à cinq autres communes de la Loire auraient maintenant des maires encartés au RN et à l’UDR.

On a vu que les agglomérations sont rétives aux candidats du RN. Pourtant dans la préfecture de la Loire, Saint-Étienne, après une éclipse survenue en 2020 (9,24% au premier tour), le RN devient avec huit conseillers municipaux la principale opposition à la nouvelle équipe communale socialiste–verte–communiste–Place publique. Au soir du 15 mars, le RN arrivait déjà en deuxième position derrière l’alliance de gauche et devant les quatre listes de droite et de centre-droit (18,97% et 8212 voix exprimés). Or, par rapport aux résultats de 2014, le RN perdait néanmoins 688 suffrages. Toutefois, arrivé deuxième lui a procuré un vrai dynamisme puisqu’au soir du 22 mars, le RN a réalisé 26,68%, 11.786 suffrages, soit un apport supplémentaire de 3574 voix ! Ce résultat ne devrait pas étonner. Dès le premier tour de la présidentielle de 1995, la Loire plaçait en tête Jean-Marie Le Pen à l’instar de six autres départements (Haut-Rhin, Bas-Rhin, Moselle, Var, Bouche-du-Rhône et Vaucluse). Le FN faisait de si bons résultats qu’au début des années 2000, des rumeurs couraient autour du parachutage électoral éventuel de Bruno Gollnisch sur la ville aux sept collines ou dans ses environs immédiats (Saint-Chamond et la vallée du Gier ou la vallée ouvrière de l’Ondaine).

Bien que non victorieux, le succès le plus brillant revient sans la moindre contestation possible à Jean-Eudes Gannat à Segré-en-Anjou-Bleu en Maine-et-Loire. Le 15 février 2016, sans aucune mention au cours de la campagne électorale de 2014, quinze communes s’unissent dans une commune nouvelle d’une superficie de 242 km². En comptant les bois de Vincennes et de Boulogne, la superficie de Paris fait 105 km². Lyon couvre près de 48 km² et Marseille s’en approche avec environ 241 km². Arrivée troisième et dernier lors de l’unique tour de scrutin, Jean-Eudes Gannat fait 21,72%, soit 1517 voix. Sa liste obtient sept conseillers municipaux et envoie deux représentants à l’intercommunalité.

imajegges.jpgDans un environnement difficile car la commune nouvelle se trouve dans la 7e circonscription, fief d’un député MoDem de la majorité présidentielle, Jean-Eudes Gannat suscite la sympathie des électeurs. Il profite de son statut d’enfant du pays comme d’ailleurs Tom Rieu qui bénéficie en outre d’un autre atout non négligeable: Chaloin-le-Comtal vote largement pour les candidats RN.

Jean-Eudes Gannat apporte la preuve magistrale qu’une démarche radicale réfléchie ne révulse pas toutes les franges de l’électorat. Son succès relatif risque cependant de lui attirer la vindicte de Thémis qui, pour avoir retransmis la sinistre réalité sur les réseaux sociaux, pourrait lui valoir une exécution provisoire et la privation durable de ses droits civiques, civils et de famille, car il est bien plus dangereux qu’un violeur d’enfant ou un trafiquant de drogue. Si sa liste courageuse réussit dans un milieu assez défavorable, pourquoi son exemple n’inciterait-il pas d’autres militants à l’imiter dans des zones bien plus propices à l’Opposition nationale, populaire, sociale, identitaire et européenne par exemple en Ardèche septentrionale autour d’Annonay qui a quand même élu un député UDR, et en Haute-Loire? Avis aux bonnes et fermes volontés, imitons les exemples de Tom Rieu et de Jean-Eudes Gannat pour l’échéance municipale de 2033 !

Ne soyons donc pas pessimistes ! Il est dès à présent certain que des maires élus sans étiquette sont en leur for intérieur de sensibilité nationaliste-révolutionnaire ou identitaire, nous en connaissons plusieurs dans le Massif Central, dans le Morvan ainsi que dans le Jura.         

GF-T

  • « Chronique flibustière », n° 187, d’abord mise en ligne sur Synthèse nationale, le 6 avril 2026.

lundi, 16 mars 2020

Élections municipales 2020: n’importe quoi!

B9722933258Z.1_20200315122715_000+G5JFNQGIA.2-0.jpg

FRANCE:

Élections municipales 2020: n’importe quoi!

C’est entendu, ce pouvoir a été en dessous de tout dans la gestion prévisionnelle de ce qui était totalement prévisible dès le mois de janvier, c’est-à-dire une crise sanitaire majeure. Après avoir méthodiquement démoli le système de santé français, ils ont été incapables de prévoir et ont pris toutes les décisions à l’envers. Quand on pense que face à une crise planétaire géante, la voix de la France est cette imbécile de Sibeth Ndiaye incroyable calamité ambulante !

Il faudra impérativement faire les comptes dans la France post-Covid19. Et ces comptes nous les demanderons, pas seulement à la bande de bras cassés qui entourent Macron, mais surtout à ceux qui ont choisi le psychopathe improbable et à ces grands intérêts qui l’ont adoubé et lui ont fixé sa feuille de route.

En attendant, alors que tout le monde sait bien que nous n’échapperons pas à un confinement drastique et en particulier en Île-de-France, la grande presse fait semblant d’être intéressée par les municipales. Et il convient encore une fois de dire, que celui qui avait le pouvoir de reporter les élections municipales n’est personne d’autre qu’Emmanuel Macron. Il est là pour ça, et il est le seul à disposer de TOUTES les informations support des décisions. Se défausser sur d’autres par l’intermédiaire de ses perroquets habituels ne devraient tromper personne.

Alors on va rappeler que dans une démocratie représentative, la SINCÉRITÉ du scrutin est quelque chose de fondamental. Il est clair que celle-ci a été complètement altérée par la situation que traverse notre pays, et que la légitimité démocratique des listes élues le 15 mars est égale à zéro. Le deuxième tour est absolument impossible à tenir, avec le délai très court pour éventuellement fusionner les listes et les déposer en préfecture avant mardi soir !

Par ailleurs, les règles qui président au déroulement des élections sont extrêmement précises et minutieuses. Leur respect destiné à garantir la sincérité du scrutin est absolument fondamental. Et si elles ont été violées, les scrutins concernés peuvent et doivent être annulés. PAR LE JUGE. Administratif en l’occurrence sous le contrôle du Conseil d’État. Là aussi les délais pour faire les recours sont très courts, et la désorganisation des services publics de la justice empêchera que le juge puisse réaliser son contrôle.

En matière d’élection afin d’en assurer la sincérité, LA FORME EST INSÉPARABLE DU FOND.

Par conséquent :

•            Campagne complètement faussée par la crise sanitaire.

•            Scrutin marqué par une abstention énorme due à la crise sanitaire.

•            Impossibilité d’organiser normalement le deuxième tour.

•            Impossibilité du contrôle judiciaire INDISPENSABLE pour vérifier la régularité du scrutin.

Tout cela rend impossible non seulement la tenue du deuxième tour, mais, les deux tours étant inséparables, nécessite l’annulation de l’ENSEMBLE du scrutin. Jusqu’à ce que les conditions de déroulement régulier puissent être à nouveau réunies. Organiser le deuxième tour serait en l’état une folie. L’organiser plus tard en fonction du résultat du premier tour du 15 mars, par conséquent sans tenir compte de son illégitimité, serait simplement une forfaiture.

Extraordinaire et fascinante leçon politique que de voir se fracasser sur le réel, un président de la république entré à l’Élysée par effraction avec sa bande de fonds de cuve, représentants ultimes et en grande partie dépravés de l’ancien monde.

Oui décidément, il faudra leur demander des comptes.

mercredi, 23 avril 2014

Cataclysme aux municipales: la raison méconnue

affb76.jpg

Cataclysme aux municipales: la raison méconnue

par Xavier Raufer

Ex: http://metapoinfos.hautetfort.com

Ignorée par la gauche, négligée par les libéraux, mal mesurée par la droite nationale, l’origine profonde du séisme est la “politique de la ville”

La société humaine est toujours plus complexe ; tout problème grave y forme désormais un inextricable écheveau de causes et conséquences, de tenants et aboutissants. Il est donc rafraîchissant de pouvoir analyser simplement le résultat des dernières élections municipales et l’origine de la débâcle socialiste ; d’accéder sans peine à une lumineuse explication.

Car au-delà du superficiel et du brouhaha médiatique, une cause décisive explique à la fois le dégoût d’une part de l’électorat et la fureur de l’autre ; la percée de la droite nationale et la déroute de l’ “antifascisme” onirique. En toile de fond, ignorée par la gauche, négligée par les libéraux, mal mesurée par la droite nationale, l’origine profonde du séisme est la “politique de la ville”.

Ni cette désastreuse, ruineuse et interminable (1977-2014) “politique”, ni l’aveuglement des politiques, ni les alertes de l’auteur ne sont nouveaux ; mais désormais les dégâts sont si vastes, le gouffre financier si profond – et si cruelle la détresse des victimes de cette “politique” -, qu’on doit à nouveau remonter à ses origines, exposer ses folies et son tragique échec, sur fond de ghettos et de prolifération des gangs.

[Par souci d’objectivité, l’auteur ne cite ici que des médias favorables en principe à la politique de la ville.]

-“Politique de la ville”, son objectif autoproclamé : Dès l’origine (1977), il est clair : “éviter le décrochage social… corriger les inégalités… fournir un cadre permettant de résorber la misère” ; loi Borloo, août 2003 : “Réduction progressive des écarts constatés avec les autres villes et quartiers, retour au droit commun.”

Or c’est tout l’inverse. Pour Libération (22/07/2013), on rejoue aujourd’hui “le même mauvais film que celui des Minguettes, il y a plus de trente ans”. Documentation française, rapport, décembre 2012 : “La plupart, sinon tous les quartiers qui furent l’objet des premières interventions de la politique de la ville, à la fin des années 70, sont encore prioritaires en 2012.” Dans ces quartiers dits “populaires” (comme l’Allemagne de l’Est était une démocratie “populaire”…) cette politique “n’a pas empêché la ghettoïsation progressive… la répétition des émeutes et la montée des violences des bandes en lien avec les trafics de drogues” (Nouvel Obs’, 10/01/13). Et sur les territoires subissant cette “politique”, les disparités s’accroissent toujours : 45 % de pauvres à Roubaix aujourd’hui – mais 7 % seulement à Versailles… (L’Express, 28/01/14).

- L’origine du drame : après 1968, un malfaisant urbanisme gauchiste – avoué du bout des lèvres par des journalistes eux-mêmes de gauche : “le temps des grandes espérances”… un “pari de mixité sociale et de nouveautés urbaines”… (Le Monde, 19/02/2013 et 7/2/2014). Trente ans plus tard, voilà sur quoi débouche la “douce utopie” : “Les populations gauloises ont déserté”… “Des quartiers où ne vit plus aucun Blanc” (Le Monde, 27/10/2010).

- Le stalinisme à visage urbain : pendant trente ans, tous nient un échec pourtant patent dès la décennie 1990 : sur le ton d’Aragon à Tcheliabinsk (1931) on parle de “plus grand chantier du siècle” et, à l’instar du Gosplan soviétique, on regrette du bout des lèvres le “caractère mitigé” du bilan de la politique de la ville, ses “résultats nuancés”.

- Que fait, que coûte, la “politique de la ville” ? Mystère. Un rapport après l’autre en dénonce la parfaite opacité : “Les députés ont tenté, en vain, de mesurer l’effort des différentes administrations dans les zones urbaines sensibles” (Le Monde, 16/10/2010)… “Il reste difficile aujourd’hui d’identifier les mécanismes sous-jacents producteurs d’inégalités, de discrimination et d’exclusion… Il faut encore construire ou parfaire les outils de l’observation… absence de données permettant d’objectiver la mobilité sociale…” (Documentation française, op. cit.). “Gestion chaotique… Il n’existe aucun outil permettant de chiffrer, donc de vérifier, les efforts des administrations envers les quartiers en difficulté” (Cour des comptes, juillet 2012).

Résultat, ce terrible aveu de la députée communiste Marie-George Buffet (Seine-Saint-Denis) : “Cela fait trente ans que le ministère de la Ville existe, ces hommes et femmes n’ont pas vu changer leur vie… Nous avons des cités qui deviennent des ghettos.” (Le Monde, 11/03/2012). Le Monde, encore du 7/02/2014, sur la cité du Mirail, à Toulouse : “Ghettoïsation d’une population issue de l’immigration maghrébine, désarroi social, chômage des jeunes, précarité, pauvreté, violence et trafics en tout genre”… “On meurt dans les cités sensibles plus que partout ailleurs en France.” (Le Monde, 7/06/2013).

Pire encore, si possible : depuis trente ans, par milliards d’euros, la “politique de la ville” a multiplié des programmes de rénovation urbaine… dont au détour d’une phrase, on découvre aujourd’hui qu’ils n’ont servi à rien ! Le Monde, 19/12/2013, citant l’Observatoire national des zones sensibles : “72 % des ménages interrogés estiment que [ces travaux de rénovation urbaine] n’ont pas changé leur quotidien.”

Face à ce terrifiant aveu, face à trente ans de massives souffrances, face à ces milliards dont nul ne peut expliquer l’usage, les ténors politiques sont dans le déni. Pour l’élection présidentielle de 2012, Les Echos (5/03/2012) signalent que “la thématique des banlieues en souffrance brille aujourd’hui par son absence dans les discours de campagne et les programmes des candidats”.

Ainsi, depuis trente ans, nulle décision politique sérieuse n’a été prise pour résoudre, une bonne fois pour toutes, un drame affectant des millions de personnes. Or ici, décider est tout : “Les décisions ne s’obtiennent pas du fait de discourir à leur sujet, mais du fait qu’est créée une situation et que sont appliquées des dispositions, au sein desquelles la décision est inéluctable et où toute tentative pour l’éluder revient en fait à la décision la plus grave.” (Martin Heidegger).

Xavier Raufer (Le nouvel Economiste, 11 avril 2014)

mardi, 22 avril 2014

La dérive sociétale sanctionnée par le vote musulman

La dérive sociétale sanctionnée par le vote musulman

Les immigrés contre la gauche
Raoul Fougax
Ex: http://metamag.fr

Le grand « remplacement électoral » n’aura pas lieu. C’était l’une des grandes espérances de la gauche. Garder la majorité notamment dans les grandes villes grâce au vote immigré. L’analyse des dernières municipales le prouve, les immigrés, notamment musulmans, de loin les plus nombreux, ne votent plus en majorité à gauche. La stratégie consistant à palier le vote populaire et ouvrier de souche par un apport de suffrages communautaristes a fait long feu.

Comme annoncé ici, avant tout le monde, il y a bien eu dans les banlieues, vis-à-vis du pouvoir Ps, une «  quenelle municipale ». Cela est dû à l’échec des politiques de la ville mais surtout aux évolutions sociétales du Ps et de la gauche autour du sexe et des sexes. Les musulmans de France, comme les juifs d’ailleurs, rejoignent les catholiques et une partie de l’électorat attaché aux valeurs traditionnelles sur ces sujets. Les musulmans sont plus proches aujourd’hui de la droite et du Fn, que du Ps. Il faut bien sur être prudent. Ce renforcement des mobilisations pour les valeurs traditionelles est initié tout de même par un rassemblement islamiste proche des frères musulmans. Le Fn le sait bien qui tente de ne pas tout mélanger.
 
 
 
Le thème du 31ème rassemblement des musulmans de France est d’ailleurs  « L'Homme, la famille et le vivre-ensemble ». « Les thèmes collent toujours à l'actualité », explique Amar Lasfar, président de l'Union des organisations islamiques de France, à l'initiative de l'événement. « Le mariage pour tous, les ABCD de l'égalité.... Cela heurte notre religion et ça nous inquiète", poursuit-il , en référence à la légalisation du mariage homosexuel et à la  polémique autour de la « théorie du genre » à l'école qui avait nourri des appels au boycott des classes en janvier.
 
 
«Aux municipales, le Parti socialiste a été lâché par les musulmans justement à cause de ces questions relatives à la famille », complète le secrétaire général de l'UAM93 (Union des Associations musulmanes 93). « Si certains ont vu dans le mariage gay une sorte de permission, comme c'est le cas pour l'alcool ou le porc, d'autres ont été profondément choqués par ce débat. Ils se sont sentis menacés. Quant au plus grand traumatisme, il provient du débat autour de la théorie du genre qui a parfois été interprété comme une incitation à devenir homosexuel.» 
 
La nomination de Laurence Rossignol au poste de secrétaire d'Etat à la Famille n'a pas été vue d'un bon œil par ces musulmans, faute à sa phrase « les enfants n'appartiennent pas à leurs parents », petite phrase digne d’ailleurs des régimes totalitaires. La gauche s’est donc tiré une balle dans le pied et a réduit son électorat aux bobos citadins et aux «  gay friendly ». Elle avait perdu le vrai vote populaire, elle perd le vote  immigré avant celui des fonctionnaires.

Comment garder le pouvoir électoralement quand on n’a plus d’électeurs ?

jeudi, 27 mars 2014

Le ras-le-bol de la politique politicienne

Le ras-le-bol de la politique politicienne

Ex: http://metapoinfos.hautetfort.com

Vous pouvez découvrir ci-dessous un point de vue de François Huguenin, cueilli sur Figarovox et consacré aux résultats du premier tour des élections municipales. Historien des idées, François Huguenin était rédacteur-en-chef, au début des années 90, de l'excellente revue Réaction. Il est l'auteur de plusieurs essais comme Histoire intellectuelle des droites (Perrin, 2013),  L'Action française, Une histoire intellectuelle (Perrin, 2011), Résister au libéralisme - Les Penseurs de la communauté (Éditions du CNRS, 2009) ou Le Conservatisme impossible : libéralisme et réaction en France depuis 1789 (La Table Ronde, 2006).

carton rouge.jpg

 

Abstention, percée du FN : le ras-le-bol de la politique politicienne

Les résultats du premier tour des élections municipales ont été sans surprise marquées par un double phénomène: l'importance du taux d'abstention et le succès du Front National. Deux manières de manifester une profonde défiance par rapport à la classe politique, dont le Front National, qui n'exerce pas de responsabilités de gouvernement, peut donner l'illusion de ne pas faire partie.

Se lamenter sur l'absence de sens civique de nos concitoyens, s'indigner de la lepénisation des esprits peut être louable. Cela risque pourtant de n'être qu'une incantation supplémentaire qui peut certes donner bonne conscience, mais qui a montré sur la durée son inconsistance et son inefficacité. Ce double mouvement de défiance renvoie à quelque chose de fondamental qui est l'absence de principes de la classe politique, ou tout au moins de sa partie la plus visible, au sommet des appareils partisans, et donc de l'Etat. Comment en est-on arrivé là? Qu'est-ce que cela dit de notre démocratie?

La corruption du personnel politique n'est pas nouvelle. Il suffit de lire l'histoire de l'Antiquité à nos jours pour savoir que le pouvoir corrompt, que l'homme est bien souvent sous l'emprise de ce que saint Augustin appelait la libido dominandi qui le conduit à des pratiques immorales. Quel que soit le type de régime, cette tentation a existé au cœur de l'homme et la démocratie française n'y a pas échappé. On se souvient de la difficulté à s'implanter de la IIIe République, gangrénée par les affaires de corruption (scandales de Panama et des décorations), ou d'atteinte à la liberté d'opinion (affaire des fiches). Pourtant, malgré tout, il restait clair que ces pratiques, lorsqu'elles étaient mises en lumière, pouvaient faire tomber un gouvernement ou un ministre et heurtaient une morale laïque partagée par tous. Qu'elles aient été moins ou aussi fréquentes qu'aujourd'hui, ces pratiques étaient à tout le moins considérées comme anormales et condamnables. Aujourd'hui, un gouvernement ne tombe plus pour une sombre histoire d'écoute et d'atteinte à la liberté ; un parti politique qui finance sa campagne de façon malhonnête garde pignon sur rue ; sans parler des glauques affaires sexuelles d'un ancien candidat à la présidence. Les Français sont-ils choqués? Sans doute. Mais rien ne se passe. Ils en ont pris leur parti. Ces affaires ne sont au demeurant que la partie immergée d'un iceberg qui met en péril le navire de notre démocratie: c'est le sentiment que les hommes politiques ne cherchent qu'à conquérir, garder ou retrouver le pouvoir, en servant les intérêts du camp qui les soutient, sans attention au bien commun ; que les promesses électorales sont systématiquement non tenues et que les électeurs ne sont pas considérés comme des citoyens à qui l'on doit la vérité et le respect.

Pourquoi cet effondrement des principes qui garantissent la légitimité de notre démocratie? C'est là qu'un passage par l'histoire des idées s'impose. Comme l'avait montré Leo Strauss, la fracture de la politique moderne a consisté, avec Machiavel, dans le fait d'abandonner l'exigence de vertu au service du bien commun qui était le but de la politique traditionnelle. Non sans arguments, Machiavel, puis Hobbes, Locke et les Lumières ont considéré que l'écart entre l'objectif des Anciens et leur pratique était trop important. Il a donc fallu abaisser le seuil d'exigence de la conduite politique: remplacer l'objectif de bien gouverner par celui de prendre ou garder le pouvoir, troquer la quête de la vertu pour la recherche de la force et de la ruse (Machiavel) ; chercher la division et la neutralisation des pouvoirs pour garantir la paix civile (Montesquieu). Toutes ces stratégies ont abouti sur le plan des institutions à une démocratie qui a pu fonctionner sur des mécanismes électifs garantissant l'expression des diverses opinions et sur des institutions permettant l'équilibre ou l'alternance des pouvoirs. Mais ces institutions étaient ancrées sur d'anciens réflexes, et notamment sur la création d'une élite, ou pourrait-on dire d'une aristocratie certes non héréditaire, mais encore marquée par le souci d'un bien commun, d'un certain esprit de service, d'un souci d'honnêteté (pensons à de Gaulle payant les factures d'électricité de l'Elysée relatives à sa consommation personnelle!). L'effondrement des principes éthiques, la mise entre parenthèse de la notion de bien commun, la foi en un complet relativisme des conceptions du bien ont réduit à néant cet héritage. Désormais, plus rien ne vient obliger les politiques, rien ne vient transcender leurs objectifs de carrière, leurs accords partisans, leur appétit de pouvoir. La démocratie a oublié ce que Rousseau avait rappelé: elle peut encore moins vivre sans vertu, au sens des qualités requises pour agir en fonction du bien, que l'aristocratie ou la monarchie. Les Anciens le savaient, les Modernes tant qu'ils ont gardé cette mémoire le savaient encore. Les postmodernes que nous sommes l'avons oublié. La démocratie s'est recroquevillée sur un mécanisme purement procédural. Seul compte le sacre de l'élection pour légitimer le pouvoir alors que la politique ancienne savait que, quel que soit le mode de désignation des gouvernants, leur légitimité tenait à leur souci du bien commun. Cette exigence s'est perdue. L'adhésion aux institutions, le sentiment d'appartenance au corps social, risquent de se dissoudre dans le triomphe de l'individualisme, du consumérisme et du relativisme. Retrouver le souci du bien commun est devenu une urgence politique.

François Huguenin (Figarovox, 23 mars 2014)

mardi, 25 mars 2014

De l’Etat Providence à la Commune Providence

elections-2014.jpg

BON COURAGE, MONSIEUR LE MAIRE
 
De l’Etat Providence à la Commune Providence

Michel Lhomme
Ex: http://metamag.fr

Administrer, gérer une collectivité territoriale, aujourd'hui, n’est pas simple. Les problèmes à résoudre sont multiples et souvent inopinés. Pour les maires des villes moyennes, il faut parfois réagir rapidement à un problème survenu dans la nuit, programmer les investissements, maîtriser les dépenses, assurer les services et ce quotidiennement. Chaque jour, toutes ces questions s’imposent à la responsabilité des élus municipaux. Il y a, de fait, de moins en moins de candidats au poste ingrat de maire car, dans les années à venir, la tâche des élus sera encore plus délicate. Les contraintes financières vont croissant, l’urbanisme devient, dans les grandes agglomérations, un vrai casse-tête entre l’obligation de densifier imposée par l’Etat et la nécessité de préserver le cadre de vie par la création de jardins et de parcs.


2014 : un tournant dans la gestion municipale


Trois domaines vont être directement bouleversés par les décisions du gouvernement et les lois adoptées. Premier domaine, l'intercommunalité. La loi Valls crée les intercommunalités qui doivent regrouper un minimum de 200 000 habitants. Ces intercommunalités seront obligatoirement compétentes pour les règles d’urbanisme, la politique du logement, le développement économique. Nombre de petites villes aujourd'hui autonomes vont devoir, lors de ce prochain mandat municipal, être souvent intégrées dans une intercommunalité et perdre ainsi notamment la maîtrise de la définition de leur urbanisme. C’est là un enjeu majeur pour bon nombre de maires. 

Le deuxième domaine affecté, c'est effectivement l'urbanisme par la loi Duflot de janvier 2013. Cette loi impose, pour nombre de villes, la construction d’au moins 25% de logements sociaux d’ici 2025. C'est une loi irréaliste et pernicieuse pour des municipalités tranquilles qui vont se retrouver avec de multiples cas sociaux à gérer. La loi ALUR (Accès au logement et à un urbanisme rénové), ce n'est pas la rumeur de Niort ou du 9-3, c'est pire ! Elle bouleversera réellement les règles de constructibilité de l'habitat municipal avec un objectif clairement affiché : densifier et socialiser. Cette loi est une menace directe pour le caractère résidentiel de bon nombre de villes françaises. 

Enfin, troisième domaine, les recettes et les finances municipales affectées par des prélèvements directs de l’Etat, équivalents souvent à 12 ou 15 points d’impôts supplémentaires (1 point représentant 200 000 €). Or, se rajoutera à cela la baisse programmée de la dotation globale de fonctionnement (DGF), l'augmentation du fonds de péréquation, la modification de la contribution foncière des entreprises, le financement des rythmes scolaires (réforme Peillon 2013), les pénalités pour le manque de logements sociaux. Bon nombre de villes ou de villages relativement bien gérés et encore à taille humaine vont ainsi vite se retrouver dans le rouge car comment assurer à l'avenir le service public quotidien tout en maîtrisant les dépenses ? Pour certains maires, après les élections, ce sera le vrai casse-tête ! 


Les maires ne sont plus maîtres de leurs dépenses où de leurs recettes. Ces recettes seront en diminution en raison des prélèvements constants de l’Etat, de la baisse de la dotation globale de fonctionnement et de la forte augmentation du fonds de péréquation. Pour certaines municipalités qui ne disposent pas du foncier disponible ou des fonds nécessaires pour réaliser des logements sociaux, l'augmentation des pénalités pour le manque de logements impactera leurs ressources. 


La réalité est donc cruelle


Les maires ne seront plus maîtres de leurs budgets. Que vont-ils chercher à faire ? Probablement le plus d'économies possibles, tout en tentant de maintenir les services indispensables. Ils vont différer des investissements ou réduire leur autofinancement. Ils vont hypothéquer l’avenir des villes et par là, l'avenir du pays.


Maîtriser l'urbanisme, c'est une question centrale pour les maires. L’urbanisme fonde le caractère d’une ville et la protège. Grâce à la décentralisation voulue par Gaston Deferre en 1982, les villes françaises ont pu établir leurs propres plans d’occupation des sols (POS) qui leur ont souvent permis de préserver leur caractère propre, résidentiel ou non. La loi Duflot bouleverse ces règles et impose que le plan local d’urbanisme, successeur du POS, soit défini, élaboré au niveau intercommunal par les unités créées par la loi Valls. C'est bien toute la donne qui change. Les maires ne maîtriseront plus rien d'où la protestation d'ailleurs de nombreux élus, tous bords confondus. Devant cette fronde municipale, le gouvernement a d'ailleurs introduit une clause transitoire selon laquelle une ville qui lance son plan local d’urbanisme (PLU) conserve la compétence d’élaboration de ce plan pendant trois ans à compter du transfert des compétences à l’intercommunalité. Mais, trois ans cela passe vite, d'autant que, s'il est exact de dire que certaines villes pourront garder cette compétence transitoire, elles ne la garderont que sous la férule de l’Etat. Les futurs maires devront se battre pour protéger leur cadre de vie. 


Aussi, à tous les maires élus dimanche ou le 30 mars, en reprenant Voltaire nous souhaitons un Macte Animo Generose Puer !