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mercredi, 23 décembre 2015

La Russie de Poutine: notre seul allié sérieux

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La Russie de Poutine: notre seul allié sérieux

par Guillaume Faye

Ex: http://www.gfaye.com

La politique de Vladimir Poutine serait-elle la seule chance pour la France et l’Europe ? Contre le chaos. Que ce soit au Moyen Orient ou dans les solutions qu’il faudrait apporter au sein de nos sociétés ? L’axe choisi par la nouvelle Russie post-soviétique et post-eltsinienne, tant décrié, ne pourrait-il pas être un modèle ? La position russe semble être la plus sage et la plus forte, comme le révèle la victoire de la diplomatie russe au Conseil de Sécurité de l’ONU le 18 décembre.

La stratégie russe est pensée, celle de l’Occident est improvisée

Pour le politologue Fedor Loukianov, président du Conseil pour la Politique étrangère et la politique de Défense de Russie, l’engagement de la Russie en Syrie « a porté un coup inattendu au monopole des États–Unis dans leur rôle de ”gendarme du monde”. Monopole que Washington détient depuis 25ans. Dans un monde unipolaire, les guerres ”au nom de la paix” ne sont menées que par les États–Unis soutenus par leurs alliés. En intervenant militairement, Moscou a rebattu les cartes d’un conflit international majeur  ». (Rossiyskaya Gazeta)

  1. Poutine et son gouvernement ont entrepris en Syrie plus que la lutte contre Dae’ch et le terrorisme islamique et l’interdiction du renversement du régime d’Assad qui mènerait à un chaos encore pire qu’aujourd’hui ; ils ont voulu, par une intervention beaucoup plus musclée et efficace que celle de la coalition occidentale, mettre un terme à l’unilatéralisme américain et montrer que la Russie redevenait une grande puissance, notamment militaire et diplomatique, avec laquelle il faudra compter.

Au Moyen Orient, les buts géopolitiques de la Russie de Poutine sont aussi : faire une prudente alliance régionale avec l’Iran chiite, sans se faire manipuler par lui comme les Américains le sont par l’Arabie saoudite ; maintenir une stabilité et une présence militaire russe permanente dans la Syrie utile côtière ; contrôler une zone historiquement explosive et instable qui est assez proche des frontières de la Russie méridionale. La Russie, par l’emploi de la force intelligente, veut restabiliser une région que les Américains ont déstabilisée.

Les frappes aériennes françaises (ou britanniques, très faibles) n’ont aucune efficacité militaire. Elles ne sont qu’un moyen de politique intérieure et n’ont aucune dimension stratégique. C’est de la communication. À l’inverse des Russes, nous n’avons pas d’objectifs efficaces et réfléchis. On fait du spectacle. Les Rafales et les Super Étendards qui décollent du porte-avion nucléaire Charles de Gaulle, c’est de la vidéo, pas de la stratégie.     

La politique tordue et dangereuse de l’administration US

Au Moyen-Orient, face à la montée de l’islamisme, vis-à-vis de l’Europe et de la Russie, la politique de Washington n’est pas claire et ambiguë. L’ensemble du jeu est très trouble.

Le premier objectif de Washington est de neutraliser et de dominer par une ”alliance” de dupes l’Union européenne ; le second est d’encercler, d’affaiblir et de contenir la Russie pour l’empêcher de redevenir un rival de type URSS. La crise ukrainienne et les ”sanctions ”économiques anti-russes en sont des épisodes.

Le troisième objectif est de jouer un double jeu avec l’islamisme, par l’intermédiaire de la Turquie d’Erdogan (membre de l’OTAN) et du vieil allié depuis 1945, l’Arabie saoudite. Mais le but principal de Washington n’est pas l’élimination de Dae’ch, d’autant que c’est sa créature indirecte, résultat de l’invasion et de la destruction de l’Irak. L’Arabie saoudite (ainsi que le Qatar, ce bon ami de la France) est à l’origine de l’idéologie wahhabite fondamentaliste de retour aux sources islamiques , qui a donné le djihad soufiste qu’appliquent Dae’ch, Al–Qaida , AQMI, Al-Nosra et Boko-Aram en Afrique noire. L’Arabie finance en sourdine et inspire les mouvements islamiques terroristes. Quant à la Turquie du sultan islamiste ”modéré” Erdogan, elle aide objectivement Dae’ch (trafic de pétrole, aides logistiques, frappes anti-Kurdes, etc.). (1) Ses deux ennemis principaux sont l’Europe (le régime d’Erdogan veut entrer dans l’UE pour la détruire de l’intérieur) et la Russie : son aviation a abattu un appareil russe, sans se préoccuper des sévères sanctions économiques de Moscou.

L’Arabie a aussi provoqué, par une politique cynique de surproduction pétrolière au moment même de l’affaiblissement de la demande chinoise, un effondrement du prix des hydrocarbures – divisé par deux. Cette politique lui a été suggérée par Washington afin de faire gravement chuter les recettes pétro-gazières de la Russie. En échange, l’Arabie a exigé de Washington que l’administration US ferme les yeux sur son aide internationale à l’islamisme. La Russie était déjà handicapée par les sanctions économiques (illégales) suite à la crise ukrainienne.(2) On cherche donc à créer une crise économique, financière et budgétaire en Russie afin de casser ses efforts pour redevenir une grande puissance, notamment militaire.   

Comme toujours, la politique étrangère US est déstabilisatrice et très dangereuse, y compris pour les États–Unis eux-mêmes. Dans ce noeud de vipères, elle joue un jeu trouble, Mais dans tous les cas, la Russie est considérée par Washington, la Turquie et l’Arabie (qui déteste l’Iran, Assad, etc.) comme une puissance hostile. La russophobie est ce qui les rassemble. Les Européens sont hors jeu. On dirait qu’ils adorent sortir de l’histoire.

Le réveil russe est fondamental pour l’Europe

Pourtant la Russie, restaurée par Vladimir Poutine depuis 15 ans, devrait présenter pour les Européens un facteur de stabilité, d’alliance et d’exemple. Mais elle est détestée par l’oligarchie et son idéologie dominante (mais très minoritaire numériquement), parce que le régime de Poutine ne correspond pas à ses dogmes. Comparé aux chefs d’État et dirigeants de l’UE – qui ne sont que des politiciens, des businessmen de la politique – Vladimir Poutine est le seul à posséder une vision à long terme pour son pays et pour l’Europe (3), le seul à envisager une géostratégie, le seul homme politique au sens aristotélicien.       

La stratégie de Poutine, qui a été parfaitement comprise et décrite par Frédéric Pons, journaliste et grand reporter à Valeurs actuelles et auteur d’un livre intitulé « Poutine », pourrait se résumer ainsi.

Comme Napoléon ou De Gaulle, Poutine veut faire la synthèse entre plusieurs traditions politiques russes, en conservant les meilleurs aspects de chacune. Le traiter de ”nouveau Tzar” est faux puisqu’il a été démocratiquement élu à la tête d’un régime présidentiel de type démocratique. Il est apprécié dans les sondages et les suffrages par une proportion de citoyens qui font pâlir les dirigeants occidentaux.

En rupture complète avec l’idéologie marxiste–léniniste et trotskiste, utopique et totalitaire , comme avec l’anarchie de la parenthèse Eltsine, le nouveau régime russe opère une ” révolution conservatrice nationale et démocratique ”. Entente avec l’Église orthodoxe, respect des traditions, défense de la famille traditionnelle et naturelle, encouragement de la natalité, patriotisme. Toutes ces valeurs vitales sont partagées par 90% des peuples du monde mais sont détestées par les intellocrates occidentaux qui monopolisent les médias. Les Russes, avec bon sens, les plébiscitent.

La Russie, difficilement restaurée dans sa puissance et ses valeurs par le régime de Vladimir Poutine, affronte évidemment d’énormes problèmes internes à résoudre. Tout le monde en a. Mais, sur le plan de la politique étrangère, de la coopération militaire, stratégique, commerciale et technologique, l’Europe et surtout la France auraient tout intérêt, dans un monde de tempêtes, à considérer la Russie comme notre allié principal.

Victoire de la diplomatie russe et suggestions

Le 18 décembre, au Conseil de Sécurité de l’ONU, la proposition russe sur la Syrie a été admise à l’unanimité. Il s’agit d’un texte de compromis pour un règlement politique du conflit. L’hypothèse dangereuse et stupide de l’éviction inconditionnelle d’Assad a été rejetée. Les Etats-Unis et la France ont cédé face au bon sens en béton de M. Lavrov  et face à la force des faits; la reculade de MM. Kerry et Fabius signifie que la Russie à repris la main dans le poker international. La Russie, en dépit de toutes ses faiblesses internes, est en train de redevenir un acteur majeur de la sécurité et des équilibres internationaux.

La ”menace russe” imaginaire sur l’Europe de l’Est (Pologne, pays baltes, etc.) est un point clé de la propagande occidentale – décidée à Washington – contre Moscou ; c’est un fantasme entretenu qui fait des dégâts dans les opinions publiques des pays anciennement membres du Pacte de Varsovie, afin d’entretenir la peur et la russophobie. Ce mensonge, d’une stupidité déconcertante, laisse entendre que la Russie de M. Poutine risque d’attaquer l’Europe orientale. C’est pourquoi il faudrait que le gouvernement et la diplomatie russes s’emploient à contrer, à déconstruire cette propagande. Ce devrait être une priorité pour le Kremlin.

Notes:

(1) Erdogan, héritier de l’idéologie islamo-ottomane, vise à détruire l’héritage d’ Ataturk qui voulait européaniser la Turquie.

(2) Ces sanctions, comme les mesures commerciales de rétorsions russes, ne nuisent qu’aux économies européennes.

(3) La Russie est plus européenne qu’asiatique. Les Russes ont conquis une partie de l’Asie (Sibérie) mais la culture russe est fondamentalement européenne.

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L’énigme Obama sur la corde raide

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L’énigme Obama sur la corde raide

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7 décembre 2015 – ... Et l’on notera aussitôt que certains des termes employés pour la présentation (chapeau/abstract) de ce Faits & Commentaires ont beaucoup à voir avec la présentation onirique du président des États-Unis que fait notre chroniqueur du Journal dde.crisis le 5 décembre. Le constat qu’on peut faire est que la perception du comportement de l’actuel POTUS ne cesse de s’aggraver, y compris et particulièrement à Washington et dans le monde des commentateurs US. Sur son site Sic Semper Tyrannis le 4 décembre 2015, le colonel Pat Lang fait remarquer, à la fin d’une présentation commentée des derniers sondages à propos de la candidature d’Hillary Clinton, ceci qui concerne directement et personnellement Obama (avec l’observation que la remarque sur “son récent comportement public” s’applique sans nul doute, notamment, à l’intervention d’Obama du 1er décembre à Paris, qui a particulièrement marqué Lang, – que nous avons signalée à la fin de notre texte du 3 décembre) : « The rumor is around town that President Obama is not functioning well.  His recent behavior in public supports this rumor.  If he keeps acting this way, the effect is bound to be bad for Clinton who cannot escape her service in his cabinet. »

Un texte de Robert Parry à propos de cette même “sortie” d’Obama va dans le même sens, comme le même Journal dde.crisis le signale dans l’article déjà référencé. (« Voir son article du 2 décembre où il analyse les incroyables écarts de langage et de considération d’Obama vis-à-vis des Russes, et notamment des Russes victimes du terrorisme, sans montrer le moindre intérêt pour les vérités-de-situation que le vaste appareil de puissance à sa disposition, ainsi que ses contacts internationaux, lui permettraient d’éventuellement découvrir. ») Il s’agit là de certains signes, aux niveaux de la communication et du monde médiatique, dont on verra plus loin qu’ils touchent même la presse-Système, qui impliquent ce qu’on nomme en termes mesurés de communication “la crédibilité du président Obama”, – pour signifier une “crise de crédibilité” d’Obama qui atteint, selon Parry, l’intensité des “crises de crédibilité” de Johnson et de Nixon en 1968 et en 1972-74, aboutissant à l’abandon de l’idée d’un deuxième mandat pour le premier, à la démission d’août 1974 pour le second.

On peut rapporter comme exemplaires de cette “crise de crédibilité” plusieurs cas pris volontairement dans différents environnements et différents médias, qui constituent des conséquences autant que des facteurs actifs de cette “crise crédibilité”. On notera bien entendu, – c’est même là l’essentiel, – que les avis critiques ou les attaques portées contre Obama concernent au moins aussi bien une attitude personnelle du président, un discours, une posture de communication, voire une psychologie, que sa politique elle-même.

• Un premier exemple est un commentaire de la part d’un journaliste italien, qui est effectivement exemplaire d’une considération de plus en plus courante dans le monde de la communication européen, hors des prises de position officielles qui se caractérisent par un vide à peu près équivalent à celui qu’on retrouve dans le comportement, l’esprit et la réflexion politique du président des États-Unis. Voici donc, dans L’Anarca, le blog du journaliste italien Giampaolo Rossi du Giornale, le 30 novembre, ce commentaire sous le titre de “La victoire de Poutine” : « Un récent sondage SWG, réalisé après les attentats de Paris, donne 49% d’approbation du public italien de l’opération entreprise en Syrie par le président de Russie, contre seulement 32% favorable à l’action des USA. Ce sondage est extrêmement intéressant si l’on a à l’esprit que l’Italie est historiquement un pays pro-américain, et que l’on a assisté ces dernières années, de la part des TV, de la presse et des intellectuels, à une constante béatification du président des USA, et à une constante diabolisation du président russe. Le cirque Barnum des talk-shows, les chroniqueurs, les think tanks et leurs universitaires, le climat délétère d'un pouvoir manipulateur, ne parviennent plus à transformer la réalité en une narrative adéquate malgré les ressources et l’argent utilisés dans ce sens.

« Poutine est approuvé pour la détermination et l'efficacité qu’il montre dans la lutte contre Daesh, malgré le prix très élevé qu’il doit payer. Obama est sanctionné pour l'ambiguïté qu’il montre à affronter le terrorisme islamiste; pour sa responsabilité (partagée avec les Français et les Anglais) dans le désastre libyen, la guerre la plus incompréhensible et la plus insensée de ces dernières années qui a ouvert la boîte de Pandore du djihadisme au Moyen-Orient; pour son oscillation entre des déclarations belliqueuses, des hésitations et les liens inexpliqués avec Daesh qu’il a contribués à créer et à financer. »

• Un autre exemple est celui de Charles Krauthammer, fameux éditorialiste et commentateur neocon, grand soutien tonitruant de toutes les guerres de GW Bush et de la politique-Système qui les conduisait. De Krauthammer, on attendrait qu’il soutînt, même s’il n’aime pas ce président (minimum syndical neocon à cet égard), les propos antirusses d’Obama, ricanant, sarcastique, tels qu’on les a vus dénoncés plus haut par Parry … Notamment ces propos du 1er décembre où Obama annonce aux Russes qu’ils sont embourbés dans un nouvel Afghanistan, après avoir expérimenté le premier. Krauthammer parlait sur Fox.News, la chaîne de Rupert Murdoch, parrain-financier de la tendance neocon et soutien enthousiaste de toutes les guerres du domaine, antirusse rabique, etc. ; et ce qu’il a dit est une critique aigu d’Obama, qui revient finalement, – objectivement dirait-on, – à une défense des Russes... Ainsi, l’attaque ne concerne-t-elle plus tant les politiques que le poids de plus en plus insupportables d’un discours qu’on jugerait quasiment halluciné, de la part de ce président caractérisé par cette « immense, cette écrasante vérité-de-situation que cet homme est vide, désespérément vide, inéluctablement vide. Obama n’est qu’une enveloppe, une sorte de “bulle” humaine, magnifiquement ornée et qui s’est cadenassée elle-même, presqu’avec jubilation et avec une sûreté de soi arrogante absolument inimitable, dans cette “narrative impénétrable”... » Là-dedans, il n’est pas tant question d’une politique que de l’insupportabilité d’une sorte de discours, d’une psychologie volontairement enchaînée, d’une “servilité volontaire ” (La Boétie) portée à des sommets inimaginables de hauteur (quantitativement parlant, en métriques).

Sputnik-français donne le 1er décembre une traduction dans notre langue de l’intervention de Krauthammer, qu’on trouve résumée sur Fox.News le 1er décembre 2015 : « Intervenant dans le programme Special Report sur la chaîne de télévision Fox News, l'éditorialiste américain Charles Krauthammer a soumis à une critique virulente les propos tenus par le président Barack Obama sur l'engagement de la Russie dans le conflit syrien. “...Obama a affirmé qu'à la différence de Poutine, il comprenait les intérêts de la sécurité nationale de la Russie, alors que Poutine ne les comprend pas” ... “Et Obama poursuit en disant que lorsque Poutine les comprendra, il changera sa position et se mettra de notre côté. Pour un type qui ne comprend rien aux intérêts nationaux de son propre pays, c'est une déclaration pour le moins remarquable”...

» Krauthammer a ajouté qu’Obama avait fait la remarque que Poutine “devrait avoir à l’esprit le souvenir de l’Afghanistan”, alors que “le pays qui est pris dans un bourbier en Afghanistan” aujourd’hui est, en fait, les États-Unis. “Les Russes se sont retirés d'Afghanistan il y a 25 ans. Obama est aux commandes des Etats-Unis depuis sept ans. Soixante-seize pour cent des pertes américaines au combat en Afghanistan ont eu lieu sous sa présidence et il est évident que notre position dans ce pays aujourd’hui est plus affaiblie que sept ans plus tôt quand il est arrivé à la présidence.” “En prétendant donner des leçons à Poutine sur l’intérêt nationale et sur l’embourbement, il se trouve plutôt dans une position ridicule.” »

• Dans un tout autre domaine, on peut considérer comme très révélatrice une très récente intervention de l’amiral (à la retraite) James A. (Ace) Lyons, ancien commandant en chef du Pacifique et ancien vice-chef d’état-major (Vice-Chief of Naval Operations) de l’US Navy, le 5 décembre dans le Washington Times, reprise par Russia Insider le même 5 décembre, sur les activités islamistes d’Erdogan, et la position selon lui incontestable de soutien et d’alliance active de la Turquie avec Daesh. Il y a dans cet article un passage qui met en cause directement l’administration Obama en l’accusant implicitement d’un acte, dans une action militaire offensive, qui est jugé comme équivalent à une trahison. (Cette même critique a été reprise par des parlementaires lors de l’audition à la Commission des Forces Armées de la Chambre, décrite dans notre texte du 3 décembre, notamment par l’ancienne pilote de chasse de l’USAF Martha McSally : « D’autres sujets polémiques ont été abordés, comme le fait d’avertir les chauffeurs des camions transportant le pétrole des terroristes d’une attaque prochaine, certains élus se demandant au nom de quoi il fallait considérer que ces chauffeurs n’étaient pas des adversaires au même titre qu’un combattant de Daesh. »)

« Since ISIS is a sworn enemy of the United States and Mr. Obama’s latest strategy is to “contain and destroy” ISIS, the question must be raised: Why hasn’t Mr. Obama demanded that Mr. Erdogan cut not only the ISIS supply lines going through Turkey, but also terminate its purchase of black market oil? Another question: After a 16-month U.S. air campaign to destroy ISIS, why haven’t the organization’s oil facilities been destroyed? Why are we now just getting around to destroying ISIS’ oil trucks? A CENTCOM spokesperson announced with “some pride” that prior to destroying 160 oil trucks recently, U.S. planes dropped leaflets telling the drivers that we were going to strike those oil trucks. We then apparently made several low passes to further scare off the drivers. This “faculty lounge” logic makes absolutely no sense. This type of so-called “humanitarian concern” only will jeopardize our own pilots and aircraft. It is only a matter of time before ISIS uses such prior notification to guide its shoulder-fired missiles, causing the loss of American pilots and aircraft.

» This is the same type of illogical thinking that went on in Vietnam. Secretary of State Dean Rusk would pass to the Swiss Embassy in Washington the targets we were going to strike the next day with instructions to pass them to the North Vietnamese through their embassy in Hanoi. The logic was that we hoped North Vietnamese officials would tell their workers to stay home that day, since we didn’t want to inflict civilian casualties. The North Vietnamese concentrated their surface-to-air missiles and anti-aircraft artillery around those targets and that’s why our pilots encountered such devastating resistance, which cost the lives of many American pilots and POWs. What Rusk and the Johnson administration did was unconscionable, and they should have been tried for treason. We are seeing this same nonsense today in Iraq and Syria. If the Joint Chiefs of Staff don’t formally object to these type of procedures, then they must be held accountable. »

Cette sortie de l’estimable et vénérable amiral Lyons, dont la tendance militariste “dure” est évidente et conforme à sa carrière et à sa position, annonce peut-être bien une relance des accusations déjà lancées contre Obama, mais cette fois dans une période extrêmement intense, où l’attitude des USA vis-à-vis de Daesh et le soutien US à la Turquie/Edogan-alliés-de-Daesh pourrait donner du crédit à ces accusations, – ce crédit dont Obama, lui, manque désespérément. En janvier dernier (2015), Lyons avaient lancé des accusations lors d’une intervention publique au National Press Club (DVD mis en place le 4 février 2015 sur Youtube). Il s’agissait de l’accusation, – qui n’est pas inédite mais qui pèse bien plus lourd sous la plume d’un amiral quatre étoiles de l’US Navy, –  d’infiltrations massives d’éléments des Frères Musulmans dans divers services et agences de la sécurité nationale aux USA, et dans l'adminstration elle-même bien sûr. (« Admiral James A. “Ace” Lyons, speaking at the National Press Club in January, says that under Obama’s guidance, the Obama Regime has been infiltrated by the Muslim Brotherhood terrorism front group, saying that the radical anti-freedom organization has penetrated every U.S. security agency. Admiral Lyons said that “the transformation of America has been in full swing ever since 2008,” the year Obama was elected based upon his campaign promise to “fundamentally transform America.” »)

L’amiral Lyons, qui n’est pas seul dans cette mésaventure, relayait le même type d’accusations lancées par d’autres officiers généraux US à la retraite, assorties de l’avertissement qu’une telle situation de collusion entre Obama et Daesh/Frères Musulmans/etc. pourrait amener une “crise constitutionnelle” et justifier un coup de force des forces armées US contre le président (DVD le 4 septembre 2014 sur Youtube : « In an interview with Trunews, Retired U.S. Air Force Lt. General Thomas McInerney and Retired U.S. Army General Paul Vallely spoke about the possibility of a Constitutional Crisis that may occur if Barack Obama refuses to protect the American people from the threat of ISIS and radical islam. The Generals also said that it may come to the point where the US Military may have to remove Obama from office. The Generals also stated that Obama has moved the US stance on Terrorism from one of fighting against it to one of providing it aid and comfort. ») Entretemps, – et cela montrant bien qu’il y a là une offensive concertée qui doit être jugée pour sa crédibilité à elle en fonction de la situation crisique présente, – le site NewzVids a repris le DVD des deux officiers généraux et l’a remis en ligne le 18 novembre 2015.

Qu’il y ait dans tout cela “à boire et à manger”(vrai-faux, complot-ou-pas) ne nous importe en aucune façon, essentiellement parce qu’il n’y a strictement aucune référence principielle ferme à opposer à ces critiques, à ces attaques sinon à ces menaces de putsch puisque l’autorité légitime qui pourrait effectivement avoir raison de ces critiques, de ces attaques et de ces menaces de putsch n’a plus ni autorité, ni légitimité. C’est ce que Robert Parry désigne, avec l’évidence de son côté, comme “la crise de crédibilité” du président des États-Unis, et nous en venons au fait lui-même...

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Vide de l’autorité, caricature de la légitimité

C’est effectivement dans un long texte, hier 6 décembre sur son site ConsortiumNews, que Parry nous parle de la “crise de crédibilité d’Obama”, la comparant aux pires crises du domaine (le pouvoir exécutif) dans l’histoire moderne des USA, particulièrement celle de L.B. Johnson en 1967-1968, conduisant à son renoncement à un second mandat présidentiel le 31 mars 1968, et celle de Richard Nixon, conduisant après les péripéties du Watergate à sa démission du 9 août 1974. (Le troisième exemple que donne Parry, – celui de GW Bush, – étant un simple exemple d’opportunité à notre sens, comme amorce de la crise du pouvoir développée avec Obama. Effectivement les précédents de Johnson et de Nixon constituent un seul précédent presque mimétique à celui de GW Bush-Obama, dans la pire période de crise des USA du XXème siècle avec la Grande Dépression puisqu’il s’agit d’une crise du pouvoir continu des années 1965-1975.) « Indeed, Obama arguably suffers from the worst “credibility gap” among the American people since Lyndon Johnson and Richard Nixon on the Vietnam War or at least since George W. Bush on the Iraq War. As eloquent as he can be, average folk in the U.S. and around the world tune him out. »

Parry développe alors sa critique habituelle de toutes les avanies subies ces dernières années, du fait du montage permanent, de la “narrative infranchissable” qu’a constitué la communication de la présidence US, pour justifier et développer des caricatures de politiques, à la fois infâmes et totalement désarticulées sinon complètement inverties. C’est dans ce paysage insaisissable, marécageux et complètement inepte que l’autorité et la légitimité du président se sont non seulement déstructurées mais dissoutes jusqu’à atteindre une complète entropisation. Avec un souci louable du détail, Parry, combattant infatigable d’une remise en ordre des vérités-de-situation contre les absurdités rocambolesques des narrative, rappelle les divers épisodes, depuis au moins le montage de l’attaque chimique en Syrie en août 2013, en passant par les péripéties de la crise ukrainienne, l’énorme épisode de la destruction du vol MH-17 au-dessus de l’Ukraine orientale en juillet 2014, et ainsi de suite.

Il y ajoute les tensions considérables que la présidence Obama a alimentées aux USA même, jusqu’à créer une situation de crise larvée, de divisions, de haines intercommunautaires, etc., sans guère de précédent. Cela vaut notamment par la façon dont ont été exacerbées la colère, sinon la rage, de la classe moyenne à majorité blanche des USA, ce qui fondait auparavant la gloire de la prétendue réussite de l’American Dream. Que l’on accepte ou pas cette définition comme forme d’un “rêve de bonheur” accompli, – et nous sommes naturellement de ceux qui rejettent absolument cette définition mais c’est un autre débat, – il reste que l’existence de cette classe moyenne constituait un fait, une “vérité-de-situation” pour dire au goût du jour, absolument indéniable du point de vue américaniste de la conformité aux ambitions des forces développant la structure de cette puissance.

Certes, des décennies de dérive néo-libérale, de libre-échangisme échevelé, de complète dérégulation du système financier, enfin de gangstérisme politique et de corruption vénale et psychologique ont été employées avec le plus grand zèle à la destruction de cette classe moyenne. (« The hard truth is that the Great American Middle Class indeed has been sold out. ») ... Cela, jusqu’à sa complète disparition avec la présidence et la bénédiction à la fois d’Obama qui se présentait à l’élection de 2008 comme son sauveur (de la classe moyenne), qui prétendait renverser la tendance finale initiée par GW Bush et l’a au contraire poursuivie sinon accélérée ; et cela ouvrant la voie à une super-crise du pouvoir US qui va s’exprimer dans les élections présidentielles à venir et qui s’exprime d’ores et déjà dans la position privilégiée dans la course à la désignation républicaine du fameux The Donald, clown devenu sauveur-potentiel de l’American Dream :

«... This white rage has fueled the race-baiting and anti-immigrant campaigns of billionaire Donald Trump and other political outsiders in the Republican Party. Trump has soared to the top of the GOP presidential field because he says a few things that are true – that rich people have bought up the political process and that trade deals have screwed the middle class – giving him an aura of “authenticity” that then extends to his uglier comments.

» Americans are so starving for a taste of honesty – which they’re not getting from Obama or other members of the elite – that they will believe a megalomaniacal huckster like Trump. After all, they know that what they get from Obama and his clique is manipulative spin, treating them like dummies to be tricked, not citizens of a Republic to be respected... »

Cette situation est le fruit, d’abord et avant tout, d’un climat dévastateur pour les psychologies, d’un refus permanent de toute reconnaissance de la réalité, dans un monde où effectivement la réalité a été pulvérisée. Encore plus que les mauvaises conditions économiques, les crises de politique extérieure, etc., cette mensongerie perpétuelle sous la forme d’une “narrative infranchissable“ qui est aussi une “narrative obsessionnelle” et une “narrative pathologique” si illustratives de l’état délabré de l’esprit et du déséquilibre psychologique terrifiant de la direction-Système, pèse d’un poids absolument considérable sur la psychologie collective de la population, donnant à la crise une dimension effrayante même si elle est fort peu documentée par la presse-Système qui continue aveuglément à chanter les louanges du Système, – évidemment. Les remarques de Parry vont bien entendu dans ce sens...

« Some people defend Obama for not admitting a mistake because to do so would undermine U.S. credibility, but I think the opposite holds true, that a frank admission that there was a misguided rush to judgment would be refreshing for Americans who are sick and tired of spin... [...] To say that such a division is not healthy for a democratic Republic is to state the obvious. Indeed, a democratic Republic cannot long survive if government officials insist on managing the people’s perceptions through propaganda and disinformation... »

Parry a pris l’habitude dans ses textes pleins de désespoir sur l’état du pouvoir de l’américanisme de ne jamais désespérer tout à fait. Cette fois, il sacrifie encore à ce digne penchant mais, frankly speaking, le cœur n’y est pas. Dans trois paragraphes, il suggère ce qui pourrait être une tentative ultime d’empêcher quelque chose, – nul ne sait quoi mais tout le monde sent bien que cela approche, – qui serait une catastrophe... Il suggère finalement, pour en revenir à l’analogie évidente qui fut la nôtre dès l’origine de la candidature Obama, de se lancer dans une sorte de glasnost, pour être, in extremis, l’“American Gorbatchev” qui, seul, pourrait sauver quelques restes de vieux meubles.

« I have long advocated that Obama should go on television in the style of President Dwight Eisenhower’s farewell address in 1961, sitting in the Oval Office, hands-folded, none of Obama’s glitzy stage-craft, and simply level with the American people.

» Before the speech, Obama could release the 28 pages from the congressional 9/11 report about Saudi support for the hijackers. He also could release other U.S. intelligence analyses on the role of the Saudis, Qataris and Turks in supporting Al Qaeda and ISIS. He could toss in what U.S. intelligence analysts have concluded about the 2013 sarin gas attack in Syria and about the 2014 shoot-down of MH-17 in Ukraine.

» To the degree that the U.S. government had misled the American people, the President could fess up. He could explain how he and other government officials were seduced by the siren song of the propagandists who promised to line up public opinion behind a policy with no muss or fuss. He could admit that such manipulation of U.S. citizens by the U.S. government is simply wrong. »

Inutile d’ajouter que Parry, on le comprend aisément, n’a aucun espoir sérieux que ces conseils soient pris en considération, ni seulement entendus, ni même lus cela va de soi, par l’homme derrière la “narrative infranchissable” ... Au bout tout de cela, bien entendu et une fois encore, il y a l’énigme Obama, mais il y a en plus la fin de la présidence Obama. Sur Obama, Parry en tient pour son explication qu’il nous a présentée plus d’une fois, et qui n’est certainement pas plus sotte ni courte qu’une autre, même si elle a tendance à ne pas nous suffire. Il s’agit de cet Obama devenu étrange, lui qui est si plein de suffisance et de maîtrise de soi, et qui pourtant bataille pour rester “comme-il-faut”, bien conforme à ce Washington qui dévore ses présidents, plein d’admiration devant cette House of Cards (“château de cartes”) qu’il a l’air de considérer comme une forteresse aussi inexpugnable que la narrative sur laquelle il ne cesse de s’appuyer, qui a l’air enfin, après sept années passées à la Maison-Blanche, de douter de sa propre capacité à être “adopté” par ce Washington-là... « President Barack Obama seems to want so desperately to be one of the elite inhabitants of Official Washington’s bubble that he keeps pushing narratives that he knows aren’t true, all the better to demonstrate that he belongs in the in-crowd. It has reached the point that he speaks out so many sides of his mouth that no one can tell what his words actually mean. »

En effet, nous disons plus haut (et l’important ici est bien ce que nous soulignons de gras) : “il y a l’énigme Obama, mais il y a en plus la fin de la présidence Obama”... Nous voulons dire, ces onze mois (en réalité treize avec la passation des pouvoirs) qui risquent d’être si agités, où la thèse habituelle selon laquelle Obama veut simplement contenir la situation actuelle pour laisser les très nombreuses patates chaudes à son/sa successeur semble parfois démentie par certaines actions que le président ordonne ou laisse faire. A cette lumière, dans l’ambiance électrique que nous connaissons, les doutes et soupçons sur les “mauvaises fréquentations” d’Obama telles qu’on les a vues évoquées plus haut par des militaires, et quelque réalité qu’elles aient, risquent de précipiter certaines situation de tension extrême.

Ainsi subsistera jusqu’au bout, jusqu’au dernier des derniers jours de son mandat, l’énigme Obama, – et encore, s’il y a un “dernier jour” constitutionnel à son mandat. La “crise de crédibilité” du président Barack Hussein Obama ne concerne plus vraiment sa politique mais simplement sa posture, son comportement, son caractère, sa psychologie, – c’est-à-dire lui-même. Finalement, Obama c’est un peu comme Assad-selon-Fabius : cet homme “ne devrait pas exister”, d’ailleurs peut-être n’existe-t-il pas. Peut-être est-il, comme Assad lui-même après tout, peut-être Obama est-il le diable, après tout ? Ou son représentant, quoi, mais alors qui aurait des ratés que tout le monde peut observer aujourd’hui : « The rumor is around town that President Obama is not functioning well. »

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EU dreigt democratisch gekozen rechtse regering Polen stemrecht te ontnemen

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EU dreigt democratisch gekozen rechtse regering Polen stemrecht te ontnemen

Hongaarse premier Orban: EU vertoont zelfmoordneigingen met toelaten migrantenstroom

Door Orban genoemde ‘linkse complot (nieuwe kiezers binnenhalen)’ realiteit in Oostenrijk, waar linkse partijen stemrecht eisen voor 350.000 migranten

Luxemburg, tot eind van dit jaar voorzitter van de Europese Raad, dreigt dat de EU de nieuwe conservatieve regering in Polen het stemrecht kan ontnemen. De rechtse PiS partij, die in het parlement de absolute meerderheid behaalde, zou namelijk de Europese ‘waarden met voeten treden’. De onbeschaamde chantage van Oost Europa door Brussel onderstreept dat die ‘waarden’ enkel ‘goed’ en politiek-correct worden geacht zolang ze maar links en progressief –dus pro-EU, pro-immigratie, pro-islam- zijn; alles wat rechts en conservatief is –dat wil vasthouden aan nationale identiteit, soevereiniteit en zelfbeschikkingsrecht-, wil de EU desnoods onder dwang van het toneel laten verdwijnen, omdat die de creatie van een Europese Superstaat in de weg staan.

Directe aanleiding van het dreigement van de Luxemburgse minister van Buitenlandse Zaken Jean Asselborn was de bestorming van een NAVO-spionagecentrum in Warschau. Dat gebeurde op bevel van de nieuwe conservatieve regering nadat de Poolse werknemers hun bevoegdheden zouden zijn kwijtgeraakt, en dat in nota bene hun eigen land en hoofdstad.

Maar ‘eigen land’ en ‘eigen hoofdstad’ zijn inmiddels besmette en verboden termen geworden in Brussel. Raadsvoorzitter Luxemburg vindt bij monde van minister Asselborn dat de EU daarom ‘veel scherper’ moet reageren als blijkt dat de Poolse pers niet meer vrij kan opereren, en ‘justitie niet meer onafhankelijk’ is. Het bizarre is dat de EU eerder dit jaar zélf plannen presenteerde om kritische media in Europa de mond te snoeren als ze tegen de ‘Europese waarden en principes’ zouden ingaan.

Turkije wel?

Roepen we tevens in herinnering dat de EU er alles aan doet om Turkije, waar justitie rechtstreeks wordt aangesteld en bestuurd door de islamistische AK Partij van president Erdogan, en naar verhouding het meeste journalisten ter wereld in de gevangenis zitten omdat ze ondanks dreigementen van de machthebbers bleven schrijven wat ze wilden, lid te maken. Polen wordt verketterd, maar Turkije is in de ogen van de eurocraten klaarblijkelijk het lichtende voorbeeld.

Opheffen persvrijheid mag alleen ten gunste van rood en groen

Kortom: opheffen van de persvrijheid en beïnvloeden van justitie mag alleen als hiermee de in Brussel geaccepteerde politieke kleuren worden bevorderd (rood, linksgroen en islamgroen). Aangezien de Polen onlangs een niet-politiek correcte conservatieve regering kozen, hebben zij daarmee klaarblijkelijk een grote fout gemaakt die Brussel met desnoods harde maatregelen wil ‘corrigeren’.

EP-president Martin Schulz sprak enkele dagen gelegen zelfs van een ‘staatsstaking’ in Polen (1), mede omdat de regering weigert de dictaten uit Brussel om de grenzen volledig te openen voor massa’s moslimmigranten te gehoorzamen.

Orban: EU vertoont zelfmoordneigingen

De door de EU gehate premier Viktor Orban slaagde er binnen zeer korte tijd in om met groot succes de grenzen volledig af te sluiten voor de migrantentsunami, reden waarom het land vanuit met name Duitsland, Oostenrijk en Nederland bedreigd wordt met financiële represailles. Ook in Hongarije telt de wil van het volk niet langer zodra die wil tegen Brussel indruist. Dat heeft het Nederlandse volk al vele jaren geleden ondervonden toen het referendum waarin wij ‘nee’ zeiden tegen een Europese Grondwet simpelweg in de prullenbak werd gegooid.

Orban staat erom bekend het beestje bij de naam te noemen. In een interview met een Tsjechische krant zei hij dat ‘het zelfs voor de simpelste mensen duidelijk was dat wij niet kunnen toelaten dat zulke enorme mensenmassa’s zonder controle in ons leven binnenmarcheren.’ Europa heeft bovendien geen idee wie die mensen eigenlijk zijn en waar ze echt vandaan komen. Als hier niets tegen gedaan wordt dan ‘getuigt dat van zelfmoordneigingen.’

Links complot –kiezers binnenhalen- realiteit in Wenen

Het onbeperkt binnenhalen en over de EU verdelen van miljoenen moslimmigranten beschouwt Orban als een links complot. ‘Wij verdenken dat in Europa in het geheim of achter de schermen kiezers worden geïmporteerd.’ Bijna alle ‘rode’ en ‘groene’ partijen in Europa zijn namelijk grote voorstanders van de huidige massa immigratie. Dit door Orban geopperde linkse complot is inmiddels realiteit geworden in Oostenrijk, waar de linkse partijen inderdaad eisen dat alle 350.000 migranten zo snel mogelijk stemrecht krijgen (3).

Xander

(1) Deutsche Wirtschafts Nachrichten
(2) Contra-Magazin
(3) Unzensuriert

Zie ook o.a.:

19-12: Oud president Lech Walesa waarschuwt voor burgeroorlog in Polen

Cop 21, démocratie et «Deep State»

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Cop 21, démocratie et «Deep State»

Jan Marejko
Philosophe, écrivain, journaliste
Ex: http://www.lesobservateurs.ch

Me promenant l’autre matin sur Colombus Avenue, j’aperçois à ma grande surprise une manchette. New York perpétue encore un tout petit peu la vieille tradition qui consiste à afficher une première page de quotidien dans la rue. Gros titre : « Cop 21, le bon choix ». En principe dans une démocratie, lorsqu’il y a un choix, il y a ensuite un vote. Suite à l’accord de Paris sur le climat, va-t-on demander aux peuples du monde de voter sur cet accord ? Il est évident qu’on ne le demandera pas. D’autant que ce qui est en jeu n’est rien moins que le salut du monde. Ce serait difficile de demander aux gens s’ils veulent être sauvés ou non. Lorsqu’un sauveur apparaît, qu’il s’agisse d’un groupe ou d’un individu, il n’a pas besoin d’une légitimité démocratique. C’est très pratique ! Hollande et Fabius l’ont bien compris.

La légitimité démocratique est en train de s’effriter presque partout. Au nom du salut de l’humanité, mais aussi parce qu’à force de s’étendre au monde entier, la démocratie perd sa substance. A vouloir rendre la planète entière « safe for democracy » on fait d’elle tout autre chose qu’une démocratie. C’est inévitable, quelle que soit l’ardeur avec laquelle on se clame démocrate ! En effet, gouverner au nom de tous revient à ne gouverner au nom de personne et donc à cesser de gouverner, comme le montre l’ONU qui, rassemblant près de 200 peuples au nom d’une universelle inclusion démocratique, ne gouverne rien et se retrouve incapable de remplir la tâche qui lui avait été assignée, la prévention des guerres. De même, au plan national, nombre de régimes, à l’instar de la France, ont entrepris de ne laisser personne en dehors des processus démocratiques. Finies les discriminations ! Individus et groupes minoritaires doivent désormais se rendre aux urnes en chantant leur citoyenneté à gorge déployée. Marginaux, homosexuels, noirs, blancs, jaunes, criminels recyclés, handicapés lourds ou légers, tout le monde doit désormais participer aux grandes fiestas électorales. Bientôt des bonbons seront distribués dans les bureaux de vote décorés de ballons multicolores pour y attirer des adolescents. Personne ne pourra échapper aux sirènes de la participation, du débat démocratique, de la solidarité citoyenne.

En même temps que s’organisent toutes ces choses, la souveraineté illimitée de l’individu est affirmée, répétée, voire assénée. Ça surprend un peu ! Comment être souverain de soi-même et, en même temps, s’affirmer solidaire, démocrate, citoyen ? Comment rester soi-même alors que se développe une puissante volonté d’inclusion démocratique ? Il semble que plus on se veut unique, plus on veut en même temps se montrer normal, un citoyen lambda, comme François Hollande au début de son mandat. Étrange phénomène qu’on peut voir chaque jour dans nos rues où un individualisme exacerbé et donc narcissique conduit à une uniformisation de tout et de tous avec jeans en hiver et longues ou courtes culottes en été.

Le prix à payer pour être soi, c’est finalement d’être conforme et correct. Plus le moi s’affirme, plus il se lisse pour pouvoir se fondre dans la masse démocratique. On dirait que la peur d’être original nous fait raboter toute originalité ! Comment l’expliquer ?

Un être n’est humain que par son appartenance à un corps politique. Comme en ont témoigné les rescapés des camps nazis ou communistes, être un homme et rien qu’un homme, c’est n’être rien. Dans une époque qui, comme la nôtre, défait les fils qui rattachent les individus à une communauté, la menace grandit pour chacun de se voir réduit à sa seule humanité et donc comme je viens de dire, à rien. Kafka a bien senti que même dans un État de droit on peut découvrir, un beau matin, qu’on est devenu un cafard, de la vermine, un non-humain. D’où un effort dans deux directions : plonger en soi pour découvrir tout de même un fond d’humanité – ne pas se mettre en relief pour se convaincre qu’on appartient à la grande communauté des hommes, aujourd’hui synonyme d’une démocratie universelle. Deux efforts très pénibles puisque ni cette communauté, ni un moi infiniment profond n’existent. Deux efforts qui ne conduisent à rien. Si nous sommes tous uniques, comment pourrions-nous encore être gouvernés ?  Un homme qui ne peut plus être gouverné n’est plus vraiment un homme, n’est plus un « zoon politikon » dirait Aristote. En esquissant une démocratie universelle dans laquelle il n’y aurait plus ni gouvernants ni gouvernés, l’Occident esquisse un régime inhumain. Dans nos efforts pour ne dépendre de rien ni de personne, nous nous préparons à entrer dans une vallée des morts dans le temps même où nous proclamons les droits de l’homme urbi et orbi. Tandis que nous perpétuons nos efforts pour construire notre moi en toute indépendance, nous essayons en même temps de laisser une place pour ce que nous pourrions encore partager. Mais comme il n’y a plus rien à partager dans la jungle de nos narcissismes, la seule manière de se dire encore un peu « zoon politikon » consiste à se proclamer humain, un individu abstrait, sans passé ni futur, un être hors sol. Ce n’est pas un remède mais, pour l’instant, ça soulage !

Rien ne pourrait mieux convenir aux pouvoirs chevrotants des démocraties modernes qu’un être hors sol. Un tel être est facile à manipuler par un pouvoir qui est lui-même devenu insubstantiel. Pour peu que l’on médite un peu sur ces choses, on voit que l’Occident se dirige à la fois vers un pouvoir qui se débonde en une insignifiante jactance et des citoyens qui perdent leur substance au nom d’abstractions qui les vident de leur sang. Si c’est ça le « processus démocratique », il sera difficile de le vendre au reste du monde pour instaurer une paix universelle. Mais peut-être qu’avec des citoyens vides et se rassurant quotidiennement avec des selfies publiés sur Facebook, la paix pourrait peut-être advenir. Mais quelle paix ?

Un pouvoir dilué par sa prétention à inclure tout le monde, ne peut évidemment plus être exercé. Alors place nette est faite pour d’autres pouvoirs, non politiques, eux ! En catimini, groupes et lobbies prennent doucement la place laissée libre par des gouvernants qui ont cessé de l’être. Ainsi poussent des champignons vénéneux dans les bas-fonds de la démocratie. Ils ne visent pas le bien commun mais la défense d’intérêts particuliers avec les droits de l’homme comme cadre et symbole de cette défense. Ces droits, outre qu’ils nourrissent l’illusion de vivre par soi et pour soi, « disqualifient tous les contenus de vie partageables au motif qu’ils n’ont pas été choisis par chacun » (Pierre Manent). Cette disqualification ouvre la porte à des mini-pouvoirs qui n’ont rien de démocratique.

Poussée à l’extrême, la démocratie engendre donc l’inverse de la démocratie. En tout cas l’inverse du bien commun, puisqu’elle favorise, au bout du compte, des intérêts sectoriels, ceux de la finance entre autres. Plus la démocratie s’étend en surface, plus émerge des profondeurs, le « Deep State », un État sous l’État.

Inconfortable position des dirigeants démocratiques : ils doivent s’efforcer de gouverner au nom de tous et plus ils le font, moins ils gouvernent. Exerçant de moins en moins de pouvoir, ils ouvrent la porte à des groupes ou individus qui exercent un pouvoir souterrain sous la surface démocratique, se réjouissant d’ailleurs que cette surface leur offre un beau terrain de jeu. Ainsi émergent des réseaux divers et contrastés allant d’une mafia à une ONG et qui profitent du « processus démocratique ».

Les gouvernants sont délégitimés par ces réseaux qui menacent les belles croisières démocratiques. Mais ces réseaux ne les menacent pas trop car ils ont besoin de ces croisières pour pouvoir continuer à jouer dans les profondeurs. Entre ces réseaux souterrains et la démocratie s’est instaurée une discrète collaboration.

La notion de forces souterraines menaçant la démocratie n’est pas nouvelle. Dans ses heures de gloire, Jean Ziegler en avait fait son fonds de commerce. Pour lui, l’horrible capitalisme était l’une de ces forces qui minait la légitimité démocratique. Aujourd’hui Jean Ziegler fait sourire tout le monde, sauf peut-être quelques trotskistes attardés sur les berges du grand soir dont ils soupçonnent, angoissés, qu’il ne viendra pas.

Révéler, à la suite de Jean Ziegler ou Edward Snowden, des forces cachées sous la façade démocratique, a toujours existé. On peut même dire que ces révélations et dénonciations accompagnent un régime démocratique comme son ombre. Mais ces révélations portent sur deux sortes de forces cachées : il y a celles qui jouent le jeu de la démocratie, comme des dauphins qui font de jolis bonds le long des paquebots du suffrage universel. Mais il y a aussi une autre force, celle qui, tel un menaçant sous-marin, s’approche des mêmes paquebots. Cette force-là passe pour intolérable, mauvaise, nauséabonde, tandis que d’autres forces souterraines sont simplement critiquées, voire invitées à participer au grand jeu démocratique. Aucune insulte n’est assez forte contre ce qu’on désigne par extrême-droite, tandis que la corruption et ses avatars jouissent d’une relative tolérance.

Aujourd’hui l’extrême droite est puissante. Il ne s’agit plus du tout de la zieglerienne et socialiste mise en accusation d’un capitalisme que la démocratie nourrirait en son sein. Il s’agit de quelque chose comme un « Deep State » qui, lui, ne veut pas seulement effectuer des sauts de dauphins à côté de belles croisières démocratiques, mais veut faire couler les paquebots. Sur le pont, il y a trop de charlatans style ONU ou Commission européenne. Il y a aussi une « jet set » mondialiste adorée par Hollande qui doit voir en elle une nouvelle Internationale. Enfin les médias, confortablement installés dans les chaises longues de ces croisières, ont un yoyo avec lequel ils s’amusent à jongler entre les propos de l’establishment et les cabrioles inoffensives des contestataires. D’un « Deep State » ils ne parlent pas sinon pour le maudire.

La mise en accusation des régimes en cours par la dite extrême-droite est beaucoup plus sérieuse que celle des marxistes d’antan. Ceux-ci ne rejetaient pas l’universalisme des Lumières, car ils s’appuyaient sur lui pour dénoncer des failles dans les démocraties modernes. Celles-ci, selon eux, n’allaient pas assez loin dans la justice sociale, l’égalité, la solidarité. Le principe démocratique n’était pas rejeté, seule sa mauvaise application l’était, raison pour laquelle l’extrême-gauche n’a jamais fait l’objet d’une critique haineuse comme l’extrême droite. Bien qu’héritière d’un communisme exterminateur par les armes, les famines et les camps, on lui manifestait de l’indulgence parce qu’elle ne contestait pas les principes universels de la modernité. Aujourd’hui, tout a changé. Ce sont en effet ces principes qui sont contestés, voire rejetés. L’establishment socialo-mondialiste l’a bien senti puisqu’il a immédiatement diabolisé ceux qu’il disait d’extrême-droite. Qu’est-ce qui se cache derrière cette diabolisation ? Les explications consistent à remonter aux années trente et à montrer qu’aujourd’hui la contestation de l’establishment reprend des thèmes qui ont conduit à la Deuxième guerre mondiale et aux exterminations.  Ce genre d’explication ne vaut rien puisque les idées communistes, elles, n’ont jamais été diabolisées et qu’elles ont aussi conduit à des horreurs.

Les années trente ont d’abord été l’acmé de la démocratie et de la foi en une paix éternelle grâce à la SDN. Ensuite vint une critique radicale de la démocratie et de la modernité et, enfin, l’horreur des camps et de la guerre. On impute encore cette horreur à cette critique. C’est une erreur car cette critique était profonde. Elle était hystérique et délirante chez les nazis, certes, mais les auteurs abondent qui ont analysé avec pertinence ce qui se passait. Que se passait il ? Que voyaient ces auteurs ?

Ils voyaient que la modernité était comme un acide qui ronge les liens communautaires et réduit les hommes à des atomes manipulables. Ils faisaient donc l’éloge des traditions religieuses, de la spiritualité, de l’histoire, des racines d’une culture. Aujourd’hui cet éloge passe pour du fascisme, comme on le voit dans les critiques adressées à Finkielkraut , Onfray,  Zemmour, Houellebecq. A eux tous est donné le commandement de se taire ou de rejoindre les rangs de ceux qui défendent une émancipation universelle avec son cortège de libérations diverses, surtout sexuelles. Le piquant de la chose est que ce commandement ne colle pas du tout avec la liberté d’expression, grande idole de la modernité. Elle ne colle pas non plus avec cette injonction maintenant partout répandue à négocier, dialoguer, débattre.

Comment ne pas souhaiter que dialogue il y ait entre les critiques radicales de la modernité et ses partisans, autrement dit entre ceux qui se réclament du siècle des Lumières et ceux qui se réclament de la tradition judéo-chrétienne. Chez Homère, il y a deux divinités qui prennent part à la guerre de Troie : Aphrodite pour les Troyens, Athéna pour les Grecs. Aujourd’hui, les deux divinités de l’Occident sont Lucifer, prince de lumières rationalistes et Yahvé. Y aura-t-il guerre entre eux, comme à Troie jadis ? C’est toute la question.

Jan Marejko, 21 décembre 2015

Notes : La notion de « Deep State » est courante aux Etats-Unis, comme le rappelait un article de l’International New York Times du 15 septembre 2015. Pierre Manent cité ici est l’auteur de Situation de la France, paru cette année. Sur les années trente, nous avons un ouvrage magistral, celui de Jean-Louis Loubet del Bayle, Les non-conformistes des années 30, une tentative de renouvellement de la pensée politique française, Seuil 1969.