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dimanche, 23 février 2014

En souvenir de Robert Keil

Robert Steuckers:

En souvenir de Robert Keil (1935-2014), homme d’une fidélité inébranlable

J’ai fait la connaissance de Robert Keil lors d’une activité du G.R.E.C.E. tout au début des années 90. C’était en Provence. Quand Robert Keil est venu me saluer pour la première fois, c’est avant tout un large sourire qui s’est avancé vers moi, un visage qui exprimait la joie de vivre et entendait la communiquer à tous. Keil était né bilingue comme moi, à la charnière des mondes roman et thiois, là où le lorrain d’oïl se mêle au dialecte mosel-fränkisch. Il était un homme de l’espace lotharingien capable de comprendre les sentiments profonds des uns et des autres, capable aussi de rire de bon coeur des travers humains ou de fustiger avec acidité joyeuse les snobs de tous acabits. Sa famille, au sens large, était lorraine, sarroise, luxembourgeoise et allemande, dispersée sur trois ou quatre nationalités, sans compter une assez forte proportion d’émigrés vers l’Amérique, sur lesquels il avait rassemblé une documentation en anglais, qu’il m’avait un jour demandé de traduire, découvrant ainsi un lointain cousin pionnier de l’aviation civile et proche de Lindbergh. Né Français le 9 avril 1935, il devient Allemand en 1940, peu avant d’entrer à l’école primaire, redevient Français en 1944, quand il n’a pas encore quitté celle-ci. Les souvenirs de sa tendre enfance étaient tout à la fois français et allemands, comme l’atteste son cahier d’écolier de 1943, qu’il aimait me montrer et où il avait dessiné un bombardement américain sur Metz, dessin d’enfant où l’on reconnaissait bien la belle cathédrale de la ville lorraine. Cette double appartenance a fait de lui un véritable Européen comme bon nombre d’Alsaciens-Lorrains qui, autour de Robert Schuman, ont voulu faire l’Europe dès la fin de la deuxième guerre mondiale, afin que les carnages des deux guerres mondiales ne se reproduisent plus jamais. C’est cette noble aspiration qui l’avait amené à fréquenter des cercles qui se proclamaient “européistes” ou qui l’étaient vraiment.

Amateur d’art, hôte exceptionnel, caricaturiste caustique

Robert Keil était aussi un amateur d’art au goût très sûr, bien que différent des engouements à la mode pour les happenings et les tachismes de toutes natures. Avec son épouse Elizabeth, Keil était un homme qui savait recevoir chez lui à Metz avec tout l’art de la table et toutes les saveurs qui l’accompagnent: de toute ma vie, jamais je n’ai goûté mets plus fins à une table d’hôte. Etre invité à la table de Keil était un privilège que même un ascète fruste comme moi a apprécié, de toute la force du péché de gourmandise, et en gardera un souvenir éternel. Ma compagne Ana, qui fera connaissance avec les Keil en 2006, garde un souvenir émerveillé de cette table magnifiquement dressée, où des mets d’une formidable délicatesse nous ont été offerts. Comment ne pas oublier cette réception de Nouvel An, dans les années 90, où j’ai eu une conversation très féconde avec sa belle-mère, dont les jugements sur le demi-siècle qui venait de s’écouler était d’une précision d’entomologiste, d’une rigueur sans appel et d’un non-conformisme tonifiant. Enfin, dernière qualité de Keil: il était à ses heures un excellent caricaturiste. S’il avait voulu peaufiner ce talent, il aurait bien égalé Alidor, le caricaturiste de “Pan” et de “Père Ubu” à Bruxelles, l’ancien compagnon d’Hergé au “Vingtième Siècle”. Quand un politicard moisi ou véreux commettait une forfaiture quelconque, Keil, espiègle, prenait son crayon et fignolait une belle caricature caustique qu’il envoyait là où il le fallait, pour faire jaser ou enrager. Il a d’ailleurs un jour croqué mon portrait, assis sur un siège de jardin, d’après une photo prise à Vlotho en 2002, et m’a affublé d’une couronne, d’un sceptre et d’un vieux pistolet de pirate. Je conserve religieusement ce dessin dans mes archives.

Grâce à Keil, Metz est devenu pour nous, avant même la création de “Synergies Européennes”, un centre d’activités métapolitiques intenses. C’est probablement la ville où j’ai le plus souvent pris la parole en public, notamment dans le centre culturel de la Rue Saint-Marcel et dans quelques hôtels. Les thèmes de ces conférences ou colloques étaient la géopolitique, l’oeuvre politologique de Carl Schmitt, la polémologie, la philosophie de l’histoire, la partitocratie, la perspective eurasienne, la philosophie tout court, etc. Il faudrait retracer l’histoire de ce “Cercle Hermès”, essentiellement animé par Keil et le Dr. Cuignet, qui puisait ses orateurs parmi les cadres et les stagiaires de “Synergies Européennes”. Je sais que Keil a tenu un journal très précis et très complet des activités du Cercle Hermès: j’espère que ce sera l’occasion d’écrire très bientôt un article sur “Robert Keil et le Cercle Hermès de Metz”.

Une succession ininterrompue d’activités

Mais en ne me référant qu’aux seuls documents qui me sont accessibles dans le bureau où je rédige cet hommage à ce travailleur (trop) modeste et opiniâtre que fut Robert Keil, je redécouvre les traces de plusieurs activités qu’il a patronnées ou rendues possibles: les 5 et 6 aôut 1995, le Cercle Hermès (CH) organise une sortie sur le site archéologique alsacien de Mackwiller, qui recèle un “Mithraum”, avec pour guide le Prof. J.J. Hatt, conservateur honoraire du Musée Archéologique de Strasbourg. Le 3 février 1996, le CH me donne la parole pour parler des “néo-communautariens” américains et de la notion sociologique de “communauté” (Ferdinand Tönnies). Le 16 mars 1996, c’est au tour de la brillante germaniste française Isabelle Fournier de parler de l’oeuvre d’Ernst Jünger. Le 7 juin 1996, le philosophe et musicologue Jean-Marc Vivenza s’adresse au public du CH pour leur parler de l’avant-garde futuriste, appuyé par un magnifique diaporama car toute l’Europe s’intéressait à l’époque au futurisme (une exposition se tiendra plus tard à Bruxelles, début des années 2000, au Musée d’Ixelles). Le 22 septembre 1996, les sympathisants du CH visitent le champs de bataille de Verdun sous la direction de l’historien Philippe Conrad, aujourd’hui directeur de “La Nouvelle Revue d’Histoire”.

Le 25 janvier 1997, je prends une nouvelle fois la parole à la tribune du CH pour retracer l’histoire de la redécouverte des paganismes depuis la renaissance italienne et, plus particulièrement, depuis la traduction du “Germania” de Tacite par l’humaniste Piccolomini, futur chancelier de l’Empereur Frédéric III et futur Pape Pie II. Le 24 mai 1997, le “Cercle Europa”, soutenu par Keil, anime une réunion consacrée au philosophe et écrivain germano-balte Hermann von Keyserling, et projette le film de Volker Schlöndorff, “Le coup de grâce”, tiré du livre éponyme de Marguerite Yourcenar. Le 31 mai 1997, le géopolitologue Alexandre Guido Del Valle vient énoncer ses thèses prémonitoires, aujourd’hui partagées par d’innombrables observateurs de l’échiquier international, sur l’alliance des Etats-Unis et de l’islamisme contre l’Europe. Le 21 juin 1997, le CH invite le géopolitologue franco-russe Viatcheslav Avioutsky pour parler de la “renaissance cosaque” en Russie. On doit aujourd’hui à Avioutsky de nombreux ouvrages didactiques sur le Caucase, la Tchétchénie, les révolutions colorées, etc., qui font autorité. Fin juin 1997, Robert Keil réunit, grâce à l’appui du CH, des étudiants pour une projection du film biographique de Paul Schrader sur l’écrivain japonais Yukio Mishima. Le 13 décembre 1997, Dominique Venner, à l’époque directeur de la revue “Enquête sur l’histoire”, présente son ouvrage sur les armées blanches pendant la guerre civile russe.

Huntington, Brzezinski, Clausewitz, Jomini, de Pange, Heidegger, Rougemont, Jouvenel, etc..

Le 26 septembre 1998, le CH organise dans le château du Comte de Pange en Lorraine un colloque sur un éventail de questions politologiques, où Marc d’Anna prend la parole sur les thèses de Samuel Huntington et de Zbigniew Brzezinski, Laurent Schang sur l’oeuvre du Comte Jean de Pange, fédéraliste européen, et moi-même sur la notion de partitocratie, telle qu’elle avait été théorisée par le grand politologue espagnol Gonzalo Fernandez de la Mora, directeur et fondateur de la revue “Razon española”. Cette liste ne constitue qu’un aperçu succinct des innombrables activités du CH, toute de haute qualité et de grande tenue intellectuelle: comment oublier les interventions du haut fonctionnaire européen André Wolff, de Pierre Bérard (animateur du “Cercle Kléber” de Strasbourg), le colloque sur la polémologie (Clausewitz, Jomini, etc.), avec la participation de mes compatriotes Diaz et Banoy, le colloque sur les visions de l’histoire dans le monde anglo-saxon, avec les interventions magistrales du Liégeois Xavier Hottepont (sur Huntington) et du Bordelais Eddy Marsan en 2003, le colloque philosophique animé par l’heideggerien Desmons, les Lorrain Thull (sur le penseur suisse Denis de Rougemont) et Schang (sur Bertrand de Jouvenel) et moi-même (sur le scepticisme grec)? Et la soirée sur la notion géopolitique d’Eurasie en 2009, où j’ai été amené à présenter ma préface au livre du géopolitologue croate Jure Vujic? Tout cela a été possible parce Keil, qui avait du flair et de l’instinct, a toujours invité des orateurs qu’il estimait personnellement pertinents, sans jamais écouter les sirènes intrigantes qui entendaient gérer seules toutes les activités métapolitiques de notre sensibilité dans tout l’espace inter-sidéral de notre galaxie.

On le voit à cet échantillon pourtant très succinct: les activités positives et désintéressées de Robert Keil ont touché tous les sujets essentiels de la pensée. Robert Keil n’a jamais manqué aucune université d’été de la F.A.C.E. (“Fédération des Activités Communautaires en Europe”) ou de “Synergies Européennes”. Il a toujours répondu “Présent!”. Depuis la première université d’été de Lourmarin en Provence à la dernière à Vlotho en Basse-Saxe, Robert Keil a toujours été le premier à s’inscrire, à donner un coup de main, à véhiculer les inscrits non motorisés ou les étudiants impécunieux. On le voit sur les photos: accablé, comme moi, par la canicule méditerranéenne à Lourmarin en 1993 ou en grande conversation avec un professeur portugais; attablé à Varese avec les autres convives français, autrichiens, italiens; en excursion dans la montagne, à la découverte de traces archéologiques préhistoriques dans les Alpes lombardes; en promenade le long du Lac Majeur avec d’autres stagiaires, dont l’Autrichien Gerhoch Reisegger; à l’écoute de Guillaume Faye dans le parc de la demeure qui nous abritait à Vlotho ou du guide sur le site des Externsteine. Mais ce n’est pas tout: Robert Keil n’a jamais manqué un séminaire de “Synergies Européennes”, à Paris (sur l’Allemagne, la Russie ou la pensée rebelle), dans le Périgord (où nous logions dans la même demeure), au Crotoy en Picardie, où nous avons eu le bonheur de goûter aux fruits de la mer, dans l’estuaire de la Somme. De là, il m’a ramené à Dinant pour que je prenne le train de Bruxelles. Nous avons traversé la Thiérarche à la tombée de la nuit pour arriver à Chimay, où il tenait absolument à consommer une bonne bière d’abbaye, avant de reprendre la route vers sa chère Lorraine. Fin novembre 2005, Bruxelles est bloqué sous une épaisse couche de neige: impossible de démarrer la voiture; je saute dans un train pour Metz, où il n’a pas neigé, d’où Keil, toujours prompt à servir la cause de la culture, m’amène en voiture à Nancy, pour un colloque géopolitique de l’association “Terre & Peuple” du Prof. Pierre Vial. Le 10 mars 2012, quand je prononce devant quelques amis de longue date une conférence sur la notion de “patrie charnelle”, tirée de l’oeuvre du philosophe des Lumières, Johann Gottfried Herder, Keil est évidemment présent au dîner-débat. Nous avions projeté d’organiser, suite au décès du Prof. Piet Tommissen en août 2011, un colloque sur le grand politologue alsacien Julien Freund, plus apprécié en Belgique (UCL et VUB confondues!) qu’en France, si l’on excepte, bien sûr, les efforts méritoires et exceptionnels, mais récents, de Pierre-André Taguieff. Malheureusement, ce projet d’un colloque en hommage à Freund ne se concrétisera sans doute jamais.

Keil hébergeait tous les orateurs du CH dans un charmant hôtel de Metz, où le veilleur de nuit, d’origine italienne, était un fervent lecteur de “Nouvelles de Synergies européennes” et de “Vouloir”.

“Recours aux Forêts” et “Antaios”

En avril 1994, à Munkzwalm en Flandre, Robert Keil participe à la réunion qui conduira à la fondation de “Synergies Européennes”, sans demander aucune fonction, tant sa modestie était proverbiale. Ce fut, le soir, dans le quartier gastronomique de la “petite rue des Bouchers” à Bruxelles, une cène amicale qui a scellé durablement notre amitié et surtout notre complicité “inter-lotharingienne”. Robert Keil ne limitait pas ses intérêts aux seules activités de “Synergies Européennes”: il suivait avec passion les travaux de l’écologiste Laurent Ozon et de sa revue “Le recours aux Forêts”. Son épouse, d’ailleurs, fine gastronome, avait lu avec grande attention le numéro consacré à “la bonne alimentation”. De même, Robert et Elizabeth Keil lisaient et soutenaient la revue “Antaios” de l’Ixellois Christopher Gérard, qu’ils surnommaient malicieusement “Méphisto”, et qui avait composé d’excellents dossiers sur le mithraïsme ou sur l’hindutva indienne, actualisation de l’immémoriale tradition hindoue. Ce directeur d’“Antaios”, philologue classique issu de l’ULB, prendra aussi la parole dans les salons messins réservés par le CH. Plus tard, Gérard-Méphisto allait amorcer, début de la décennie 2000, une carrière d’écrivain, grâce à l’appui initial de Vladimir Dimitrijevic, le regretté directeur des éditions “L’Age d’Homme” qui sera aussi le promoteur d’un autre orateur de prédilection de Keil, Alexandre Guido Del Valle. Keil et Dimitrijevic partageaient assurément une vertu commune, le flair, bien qu’ils aient été des hommes foncièrement différents, venus d’horizons totalement divergents.

Inoubliable André Wolff

Outre le Cercle Hermès, Keil, notamment à l’instigation de Gilbert Sincyr, le premier Président de “Synergies Européennes”, cherchait à animer des structures plus modestes, mais à ambitions très vastes, comme l’UFEC, qui deviendra vite le “Club Minerve”, qui éditera, pendant un certain temps, un bulletin “Res Publicae Europeae”, où oeuvrera le géopolitologue français Louis Sorel dont on retrouvera plus tard la signature, sous son vrai nom, dans quantité de revues de haute gamme, sur papier glacé. Dans le cadre de ces activités annexes au CH et à “Synergies Européennes”, il va rencontrer un autre enfant de Metz, le Dr. André Wolff, haut fonctionnaire de la CECA puis des CEE, dès leurs débuts, dans les années 50. André Wolff était un “européiste” convaincu, parce que Lorrain comme Keil; bilingue de naissance lui aussi, il ne pouvait souffrir l’existence inutile de frontières hermétiques, d’inimitiés bétonnées, sur le territoire de l’ancienne Lotharingie.

Né peu après la première guerre mondiale, Wolff était devenu Allemand en 1940, puis redevenu Français en 1944, pour suivre, après cette deuxième grande conflagration fratricide en Europe, la piste lancée par Robert Schuman, celle d’une construction européenne efficace, animée par la ferme volonté de renforcer le poids de notre continent dévasté. Devenu l’un des premiers fonctionnaires européens en place à Bruxelles, Wolff avait fait une carrière brillante, maîtrisant l’allemand, le français et l’italien à la perfection. Il habitait à Laeken. Il y jouissait d’une retraite bien méritée, commencée fin des années 80. Keil le rencontrait très souvent. Personnellement, je n’osais guère déranger cet homme vénérable, d’un âge déjà avancé, doux et affable, gentil mais déterminé, toujours tiré aux quatre épingles, au savoir politique accumulé depuis les temps héroïques de la CECA. Jamais je n’ai osé lui réclamer des articles ou des communiqués, alors qu’il l’aurait bien voulu, je pense. C’était donc Robert Keil qui organisait, depuis Metz, des réunions avec Wolff et moi dans une taverne danoise à l’ombre de la Basilique de Koekelberg, quand notre fonctionnaire en retraite était à Bruxelles car il résidait chaque année pendant de longs mois dans un village italien d’où son épouse était originaire. Comme auparavant avec Keil, le courant entre Wolff et moi est passé tout de suite: fraternité silencieuse des Lotharingiens, des hommes d’entre-deux, de tous ceux qui refusent les enfermements monoglottes.

André Wolff rédigeait tous les communiqués de “Minerve”, avec une précision remarquable, utilisant le langage équilibré de l’UE pour faire passer un message proche du nôtre. Il demeurait une voix écoutée dans les arcanes de l’UE mais, hélas, non suivies d’effet car l’esprit européiste pionnier a bel et bien cédé la place à un mondialisme faussement mièvre, insidieux, foncièrement méchant dans sa volonté impavide de tout homogénéiser, un mondialisme sans aucune assise territoriale et culturelle. Wolff prendra la parole à mes côtés à la tribune du Cercle Hermès en 2009, pour introduire ma conférence sur la notion géopolitique d’Eurasie. Il avait 89 ans. Il mourra à Bruxelles dans sa 93ème année, suite à une mauvaise grippe. Keil en était profondément attristé. En m’annonçant au téléphone le décès de Wolff, sa voix était troublée par un sanglot, que j’avais envie de partager, tant la disparition de cet homme doux et convaincu a été finalement une grande perte pour tous ceux qui, dans les coulisses du Berlaymont à Bruxelles, entendaient maintenir une véritable “conscience européenne” de carolingienne et de lotharingienne mémoire. La voix de Wolff, toujours précise en dépit des ans, s’est hélas éteinte et, sans doute avec lui, l’esprit profondément européiste des fondateurs honnêtes de l’unité européenne, aujourd’hui galvaudée par des pitres politiques ou des canailles néo-libérales ou des valets au service d’un impérialisme étranger qui veut notre mort et la guette, la prépare, à tout moment par satellites-espions interposés.

Notre dernière rencontre

J’ai rencontré Keil pour la dernière fois dans la capitale française en septembre 2013 lors du colloque de “Maison Commune” organisé par Laurent Ozon, avec le concours du philosophe Jean-François Gauthier, auteur, récemment, d’un ouvrage didactique sur les messianismes politiques, paru chez Ellipses à Paris. Keil était heureux de voir deux de ses orateurs favoris fraternellement réunis après tant d’années de séparation. Keil était assis en face de moi pendant tout le colloque, affichant son éternel sourire si chaleureux, tout à la fois complice, espiègle, heureux et satisfait que la machine tournait toujours en dépit du temps qui passe, de l’acharnement des adversaires de tous horizons. En écrivant ces lignes d’hommage, c’est ce visage de Keil à Paris que j’ai en tête et que je n’oublierai jamais plus. Ana aussi, quand elle a appris la disparition de cet ami, a dit, spontanément, que c’est ce visage qu’elle gardera  toujours en tête, en souvenir de celui qui, avec son épouse, l’avait si bien accueillie en août 2006. Mais Keil, je le voyais bien, était épuisé d’avoir tant parcouru l’Europe en voiture en tous sens pendant tant d’années. Ensuite, il se plaignait qu’une cécité partielle le menaçait. Sur une charmante terrasse du 16ème, nous avons partagé le repas du soir en commun, avec les autres orateurs et organisateurs du colloque, ainsi que de jeunes écologistes provençaux, venus tout spécialement de Manosque, la ville de Giono, pour nous écouter. Keil était assis trois sièges plus loin à ma gauche si bien que je ne pouvais guère lui parler. Il a quitté la table, fatigué, bien avant les autres convives et tenait à me voir le lendemain matin avant son départ de la Gare de l’Est. Notre hôtel était à l’autre bout de Paris et il nous a été impossible d’arriver à temps dans le quartier de la Gare de l’Est pour prendre le petit déjeuner avec Keil. Nous avons donc raté notre dernier rendez-vous.

Robert Keil, incarnation du “triple C”

Robert Keil s’est éteint le 19 février 2014, treize jours après Gilbert Sincyr, premier Président de “Synergies Européennes”. Pour nous, c’est une catastrophe car il a été, avec Wolff, le seul à avoir réellement compris, dans ses chairs, dans toutes les fibres de son enveloppe charnelle, la dynamique transfrontalière et véritablement européenne que nous avons voulu impulser, parfois envers et contre l’incompréhension des “Français et des Allemands de l’intérieur”. Ensuite, il faut aussi le remercier pour cette bonne humeur constante et ce désintéressement qu’il a montré à tous moments. Quand Sincyr et moi rédigions la Charte de “Synergies Européennes” en 1994, nous avions tous deux décidé de placer nos activités à l’enseigne d’un “triple C”, pour “communauté”, “convivialité” et “courtoisie”. Dans un espace métapolitico-culturel difficile, comme celui que nous allions devoir côtoyer à notre corps défendant, ce “triple C” était un défi: trop de psycho-rigidités, d’affects inutiles, de raideurs rédhibitoires, de poses ridicules, de nullités prétentieuses exhibant leur “quant-à-soi”, d’inconsistences intellectuelles le refusaient implicitement, instinctivement, le prenaient pour une position inadéquate pour ceux qui, très suffisants, prétendaient constituer une sorte de “camp des saints”. Mais on ne bâtit pas une communauté réelle sans cette fibre transrationnelle, cette fibre charnelle, sans la convivialité que Keil et son épouse créaient lors des événements culturels qu’ils patronnaient, sans la courtoisie qui consiste à respecter le rythme et l’idiosyncrasie d’autrui quand il s’exprime par oral ou par écrit, à écouter les récits qui relèvent de son vécu. Je puis le dire et l’écrire: Keil a été le seul, l’unique, à incarner le “triple C”. C’est pourquoi son “départ” est une catastrophe anthropologique car qui remplacera cette incarnation lorraine du “triple C”? Je ne vois rien se pointer à l’horizon. Comme Ozon vient de l’exprimer par un courriel, “ce départ l’emplit d’une profonde tristesse”. Moi aussi. Car nous avons perdu un ami, de meilleur il n’y en avait pas. Il va falloir se battre pour lui, à sa place, en son créneau aujourd’hui vide, mais pourrons-nous en avoir la force? La force de réorganiser chaque mois des activités d’un tel niveau, avec un tel rythme et une telle constance? Avec une aisance sans pareille, avec une bonhommie qui conquiert tous les coeurs?

Merci, Papa Keil, pour ta bonne humeur, pour ta constance, pour ta fidélité. J’ose croire que tu as rejoint ce cher André Wolff dans le monde dont on ne revient pas. Réserve-nous une bonne table, comme tu le faisais à la taverne danoise de Koekelberg.

Robert Steuckers.

(Forest-Flotzenberg, 21 février 2014).

Lebanonization Strategy

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Israel and Saudi Arabia’s Priorities in Syria. Covert Militarism and the “Lebanonization Strategy”

Ex: http://www.globalresearch.ca

Current developments both inside and outside of Syria have shown that the primary sponsors of the extremist-dominated insurgency – namely, the United States, France, the United Kingdom, Saudi Arabia, Qatar, Kuwait, Israel and Turkey – aren’t quite ready to throw in the towel.

One may be forgiven for thinking the Obama administration had decided to abandon the policy of regime change following the failed attempt to incite intervention, through the chemical weapons casus belli in August. But the harsh reality remains that the above mentioned alliance is indeed continuing its covert military support of the insurgency, in one form or another, in the full knowledge the vast majority of rebels are religious fundamentalists with a sectarian agenda, and vehemently opposed to any form of democracy or political pluralism.

 Primarily, the continued support is a product of the American Empires’ overarching strategy of Full Spectrum Dominance over resource-rich and strategically placed regions of the globe, via subversion, economic and military aggression; a policy imposed to varying degrees upon any state unwilling to accept full US subordination. This aggressive US stance is by no means exclusive to periods of heightened tension or crises; it is a permanent one, brought forward to its violent climax purely through Machiavellian opportunism. In Syria’s case, the Arab uprisings provided the United States and its allies the perfect opening to set in motion the subversive plans they had been working on since at least 2006. The possibility of removing an opposing government that refuses to abide by American/Israeli diktat was simply too good a chance to be missed. Accordingly, and from a very early stage, the US made attempts to facilitate and support the violent elements in Syria, while its media arms were busy conflating them with localised legitimate protesters.

Since the US took the typically reckless decision to support, widen and exacerbate the militant elements, the policy has been an abject failure. Clearly, from the tone espoused by Western diplomats and propagandists, and the oft-repeated slogan of “Assad’s days are numbered”, they expected swift regime change. These desires were largely based on American hubris and the hope that the Libya No Fly Zone scenario would gain traction in the UN security council.

Contrary to such desires, Russia and China’s anger regarding NATO’s destruction of Libya and Gaddafi’s assassination, meant that any similar resolutions put forward on Syria would face immediate veto. In turn this has proven to be a turning point in the modern relationship between the permanent members of the security council, the full ramifications of which are yet to materialise. Moreover, it proved to be a turning point in the Syrian crisis itself; knowing Russia and China would block any attempts to give NATO its second outing as Al Qaeda’s airforce, the US once again chose the policy of further covert militarism, drastically increasing funds and weapons deliveries to the rebels – parallel to the sectarian incitement campaigns espoused by Salafi-Wahhabi clerics across the Gulf – in the hope they could overturn the Syrian army through terrorism and a brutal sectarian war of attrition.

As a consequence of the failure to remove Assad or destroy the Syrian government and its apparatus, the Obama administration, reluctant and politically incapable of engaging in overt acts of aggression, is employing a realpolitik strategy; using primarily covert militarism to appease the desires of NeoConservative hawks in Congress, and its more zealous regional influences emanating from Riyadh and Tel Aviv, while avoiding the possibility of being dragged into another overt military intervention.

In turn, this double-edged strategy feeds the false public perception of the American Empire, which the pseudo-pragmatists and neoliberal propagandists are so eager to uphold and is so fundamental to US Empire-building; that of an inherently altruistic force, acting as global arbiter, grudgingly subverting, invading, bombing, and intervening in sovereign nations affairs for the good of all mankind. As long as this false perception is upheld, the sharp-edge to the grotesque charade of US realpolitik – that of covert militarism and state-sponsored terrorism – continues unabated. Clearly, the US Empire is in no rush to end the bloodshed in Syria, its priorities, as they have been since the start of 2011, are to remove, or at least severely disable and weaken the Syrian government and state, regardless of the consequences to the civilian population.

By using its control of state-funding, the arms flow, and therefore the strength and capabilities of the insurgency as a whole, the Obama administration has employed futile carrot and stick tactics in attempts to pressure the Syrian government during the current negotiations phase into acceding to US demands and giving up its sovereignty – with both the US-led alliance, and Syria and its international allies, primarily Russia and Iran, in the full knowledge the rebels lack both the domestic support, and manpower necessary, to oust Assad or defeat the Syrian army alone. Recent reports allude to the stick of US Democracy having its most recent outing in the form of “new”  and improved weapons supplies to the rebels, allegedly including MANPADS. This comes immediately off the back of the designed-to-fail Geneva “peace” talks and can be interpreted as a direct result of Washington’s failure to enforce their objectives: the stick is an endless supply of state-sponsored terrorism, the carrot is turning off the tap.

Whether the “new” arms shipments actually increase the rebels ability to inflict damage on the Syrian government remains to be seen, and is highly improbable at this stage as the Syrian army moves into the Qalamoun mountains to liberate the rebel-held town of Yabroud, in turn securing vital transit and logistical routes from Lebanon. The likely outcome of an increased arms flow to the rebels in the south, as evidenced at every interval of US-instigated militarization, will be a repeat of the same devastating results: more civilian displacement, adding to the already critical refugee crisis; more rebel destruction of civilian infrastructure, adding to further food and utility shortages; and many more lives lost.

“Lebanonization” a substitute for regime change?

As is proving to be the case, if the United States and its allies are incapable of removing the Syrian government via proxy forces without an increasingly unpopular Western military intervention, and Assad’s position and domestic support remain steadfast, then a Lebanonization strategy may well be the substitute “optimal scenario” the US and its allies are now working toward.

 Encouraging, exacerbating, and inciting division between Arabs has been the long-term strategy for the Zionist establishment since the colonialists first usurped Palestinian land in 1948 – with specific effort made toward fomenting conflict along sectarian lines. The strategy of division is directed toward any Arab state or government that refuses to abide by Zionist demands. Israeli strategist Oded Yinon’s now infamous “A strategy for Israel in the 1980′s” – dubbed the Yinon Plan – provides perhaps the clearest account of Israel’s intentions toward its Arab neighbours:

The total disintegration of Lebanon into five regional local governments is the precedent for the entire Arab world … The dissolution of Syria, and later Iraq, into districts of ethnic and religious minorities following the example of Lebanon is Israel’s main long-range objective on the Eastern front. The present military weakening of these states is the short-range objective. Syria will disintegrate into several states along the lines of its ethnic and religious structure … As a result, there will be a Shi’ite Alawi state, the district of Aleppo will be a Sunni state, and the district of Damascus another state which is hostile to the northern one. The Druze – even those of the Golan – should forma state in Hauran and in northern Jordan … the oil-rich but very divided and internally strife-ridden Iraq is certainly a candidate to fill Israel’s goals … Every kind of inter-Arab confrontation … will hasten the achievement of the supreme goal, namely breaking up Iraq into elements like Syria and Lebanon.

When viewed in this context, it can be no coincidence that US Secretary of State John Kerry is desperately pursuing a fait accompli with the Palestinian Authority (PA).

Contrary to the sickening media portrayal of the US as impartial peacebroker, Kerry’s eagerness to pursue a “deal” at this moment in time is a direct result of the Syrian conflict, and the divisions within the resistance camp it has created. The US and Israel are now attempting to force through an Israeli-oriented “peace deal” with the corrupt PA that will inevitably be both a failure, and against the Palestinians interests. Staunch allies of Palestinian resistance, currently bogged down fighting Al Qaeda ideologues in Syria and defusing car-bombs bound for Dahiyeh, are in no position to support the Palestinians against Israel in their hour of need, the US and Israel fully grasp the importance of isolating genuine Palestinian resistance from the few Arab states and actors it receives support. In his latest speech, Hezbollah Secretary General Sayyed Hasan Nasrallah reminded his listeners of this very crucial issue:

“the US Administration is seeking, along with the Zionist Administration to put an end to the Palestinian cause, and it considers that this is the best time for that because the Arab and Islamic worlds are absent today, and every country is occupied with its own problems.”

In a similar fashion, the US has used the Syrian conflict as a lever against Iran in the nuclear negotiations, Washington’s longstanding attempts to pacify and subordinate an independent Iran has undoubtedly played a major role in US policy on Syria – perhaps the defining role. Consequently, both the Palestinian and Iranian conflicts with Israel and the United States are now, as they have always been intended to some extent in US calculations, inextricably linked to resolving the Syrian crisis.

True to form, Israel’s evident glee at the destruction in Syria and overt preference for the removal of Assad and the Syrian government, with the devastation that would entail, has proven at times hard for them to conceal. Furthering the point, just one of many examples of Israeli-rebel collusion came in a recent report from the National (falsely portraying the rebels Israel is “reaching out” to as ostensibly “moderate”) which relayed that hundreds of rebels have received treatment in Israeli hospitals and been sent back into Syria with up to a $1000 in cash. Israel have made further efforts to consolidate contacts with the rebels in the south, regardless of the level of fundamentalism, and cooperated with rebel factions during the Israeli bombings on Latakia and Damascus.

 In a feeble attempt to whitewash this collusion, Israeli propagandists are busily spreading the misinformation that Israel is facilitating the Druze community in the south of Syria; yet the Druze community are firmly allied with the Syrian government. In reality, Israeli attempts to cultivate relations with the communities and rebels in the south should be correctly viewed as attempts to create enforced “safe-zones” around the occupied Golan Heights, in furtherance of the Zionists land-grabbing expansionist aspirations. Accordingly, Israel’s fraudulent neutrality is completely exposed by their collusion with the rebels to meet their own interests, and overt acts of aggression against the Syrian army.

There are many other indications that allude to prominent factions of the US alliance being preferable of, and encouraging an outcome of division, most notably Israel, but simple logic determines that Saudi Arabia, Israel’s most vital strategic partner in the region, and the actor from within the US alliance that possesses the most material influence and political will to support fundamentalists and terrorism, would also approve of the disintegration of the Syrian state, primarily viewing it as a blow to “Shi’a expansion”. The Saudi and Gulf fixation on sectarian themes, to mask what are essentially politically oriented conflicts, is also intentionally built to intensify the strategy of division in multi-ethnic, religiously plural societies – as evidenced in virtually every country fundamentalist Gulf proxies have been unleashed upon, most recently in Libya.

Yet even the Saudi’s have limits to their own capabilities and decisions, ultimately they rely on the military largesse and protection of the United States, and will therefore reign in the terrorist networks if push comes to shove. Hence, the recent Saudi attempts to dissociate from Al Qaeda and the various extremists fighting in Syria can be seen as largely cosmetic and for public consumption. In reality, the Saudi leadership see Al Qaeda and its extremist confrères as malleable proxies of no real threat to themselves, while constituting a critical component of Saudi foreign policy and covert aggression.

 Of far higher importance to both Israel and Saudi Arabia’s confluent interests in the region, which in turn play a critical role in US calculations, are the very states the fundamentalist proxies are currently being sponsored to wage war upon; namely, Iran, Syria, and Hezbollah. The disintegration of the resistance axis is the utmost priority for the states that drive US policy in the Middle East, the supposed “threat” faced by militant fundamentalist ideologues, originally created, and intermittently sponsored by the US and its allies, is merely an afterthought.

 The US Empire, in its efforts to contain, and therefore dominate and control such a strategic and resource-rich region, is more than content to allow its reactionary and sectarian clients to incite the conflict necessary to subvert, fracture and divide the inevitable power a unified Middle East could claim: if only their progressive aspirations and unity were not repeatedly “set back” by Zionist occupation and manufactured antagonism.

Phil Greaves is a UK based writer on UK/US Foreign Policy, with a focus on the Arab World, post WWII. http://notthemsmdotcom.wordpress.com/

The Conspiracy in Venezuela

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The Conspiracy in Venezuela, or the Maidan with a Latin American Twist

Nil NIKANDROV

Ex: http://www.strategic-culture.org

 
Attempts to destabilize Venezuela have not ceased, despite the efforts of the Nicolas Maduro government to start a dialog with the opposition. The latest attempt to test the regime's mettle was an opposition demonstration on February 12 in front of the Attorney General's office in the center of Caracas. Among the demonstrators' demands were the immediate release of those arrested for participation in street riots in the cities of Tachira and Merida and early elections.

During these riots, rocks and Molotov cocktails rained down on the police. Several police cars were engulfed in flames. Groups of young men started storming the doors of the Attorney General's office and trashing the entryways to the Parque Carabobo subway station and the rides at a nearby children's park. Many of the attackers were in masks and bulletproof vests and had metal rods in their hands. Some were carrying firearms. There were injuries, and two or three people were killed, but even at the height of the confrontation the police only used rubber bullets and teargas.

The violent demonstration was organized via the Internet by the radical opposition group Popular Will (Voluntad Popular). Their leader, Leopoldo Lopez, is a long-time committed believer in overthrowing the existing regime by force. The Attorney General has given orders for his arrest. By all appearances, Lopez has gone underground in order to hide in the U.S. (it is well known that he is collaborating with the CIA). Yet another warrant was issued for the arrest of retired vice admiral Fernando Gerbasi, the former ambassador of Venezuela in Bogota. He headed the organization of disturbances in the territory bordering on Colombia. Participants in attacks on police and arson against state institutions have been put on the wanted list.  

The parallels between the events of February 2014 and the attempt to overthrow President Chavez in April 2002 are obvious. At that time mass popular demonstrations and timely action by the military units which remained loyal to the president ensured the quick neutralization of the rebels.  The Venezuelan media has been writing a lot about the striking similarity between the «spontaneous protests» in their country and the Kiev Maidan.

In Venezuela U.S. intelligence uses students and Colombian paramilitares, members of militant groups which participate in the cleanup of territories under the control of FARC and ELN guerillas, as cannon fodder... Now the paramilitares are gradually moving across the border into the Venezuelan states of Zulia, Barinas and Merida, blending into Colombian communities and waiting for marching orders. In November 2013 Jose Vicente Rangel described the preparations for subversive operations in Venezuela on his television show «Confidential» (Confidenciales). During a recent trip to Miami, Leopoldo Lopez visited a center for training fighters in Los Cayos, led by Cuban immigrants. A group of Venezuelan «cadets» demonstrated their shooting achievements to Lopez; pictures of President Maduro were used as targets. Lopez promised to provide funds for training additional snipers in order to guarantee «the restoration of democracy and freedom» in Venezuela. A center for communication between the Venezuelan conspirators and U.S. intelligence is also operating there in Miami. The Venezuelan side of the conspiracy includes ex-Minister of Defense Narvaez Churion and former leaders of the punitive agency DISIP from the time of the Fourth Republic. 

The situation in Venezuela is complicated by the drawn-out financial and economic war, planned from the United States. Instances of food being stolen from the state-run Mercal grocery store chain and then being sold on the black market at artificially high prices have become more frequent. Smuggling causes enormous damage to the country's food security. Hundreds of mafia organizations are operating on the long border with Colombia, transporting goods subsidized by the Venezuelan government into Colombian territory. Colossal quantities of gasoline, diesel, lubricants, tires, and auto parts are being exported. In many cases gasoline simply does not make it to filling stations on the Venezuelan side. The paramilitares provide security for the smuggling operations, even to the point of eliminating Venezuelan customs and military personnel sent to guard the border. 

Venezuelans are accustomed to generous state paternalism: free medical care, mass construction of «people's houses», a free education system, and thousands of state scholarships for those who seek to acquire knowledge in foreign universities. However, in recent months consumer euphoria has often been marred by various types of interruptions of electricity and water and deficits of food and other goods.  All of this is the result of deliberate sabotage organized in the classic traditions of the CIA. It is not for nothing that Walter Martinez, the popular host of the television program Dossier, told his viewers about how the overthrow of the government of Salvador Allende in Chile in 1973 was planned with the participation of the American corporation ITT. The conspirators were especially thorough in planning commercial sabotage and the creation of speculative demand for all goods.  The methods used for destabilizing Venezuela today are a precise repetition of the Chilean scenario, which led to a bloody massacre and the dictatorship of Pinochet. 

Much hatred has built up toward Venezuela. The threat of civil war is constantly being discussed in the media. Against this backdrop, President Maduro continues to patiently advocate dialog, the seeking of mutual understanding and domestic detente. Here one cannot but mention the destructive influence of persons connected with Zionist circles in the U.S. and Israel on the situation. They control the banking system and trade and have thoroughly infiltrated the Venezuelan media, inciting acts of «civil protest» and creating a climate of psychological terror with regard to leading government figures. Practically all the hostile clichés which were used in American - Zionist propaganda against Chavez are now being used against Maduro... 

The Venezuelans have money, but spending it is becoming increasingly difficult. Even buying airline tickets to spend one's vacation somewhere abroad has become a problem. The Venezuelan media, 80% of which is under the control of the opposition, blame President Maduro and his supporters for the «universal discomfort». Supposedly they have gotten carried away with «socialist experiments» in the economy. In fact, neither Chavez nor Maduro has touched the principles of the capitalist economy. Not because they did not dare to, but because they understood that taking radical steps would be premature, especially after an attempt to amend the country's constitution to suit the purposes of socialist reforms. The referendum on this issue showed that about half of voters were against the idea. There was no consensus in the ranks of the ruling United Socialist Party either. Chavez' decision to carry out his program of socialist reforms gradually, at a moderate pace, was never implemented due to his premature death. 

Anti-government propaganda, coordinated by subversive centers from the U.S., is fully exploiting the theory of the growth of corruption in the country and the complicity of the «red Bolivarian bourgeoisie» in it. This is directed first and foremost against the former associates of Chavez who have closed ranks around Maduro, remaining faithful to the Bolivarian ideology and its triad of «the people - the army - the leader». The CIA and opposition spin doctors are trying to drag those among the youth with whom the propaganda «war on corruption» resonates out onto the Venezuelan barricades. The coordination of these activities is being carried out through several channels, but everything leads back to the U.S. embassy in Caracas. 

Compared to his predecessor Kelly Keiderling, who was exposed by Venezuelan counterintelligence as a coordinator of subversive operations in the country, the current U.S. charge d'affaires Phil Laidlaw, also a career CIA agent, shows more imagination in his attempts to stir up a color revolution in Venezuela which would then become a civil war. On Laidlaw's initiative, letters of solidarity with the «Maidan activists» aimed at Venezuelan students were published on the Internet: «We admire your courage! Freedom and democracy come first!» I would not be surprised if in the near future Mr. Laidlaw were to organize the deployment of several detachments of fighters from the Kiev Maidan to some secret CIA air base in Venezuela to aid in the fight against the «Maduro dictatorship».

Le cordon sanitaire du libéralisme

Le cordon sanitaire du libéralisme

par Tomislav Sunic

Ex: http://quebecoisdesouche.info


Ceci est une version abrégée du discours donné à Los Angeles le 6 juillet 2013 par le Dr. Sunic devant des membres du American Freedom Party. Le docteur Tom Sunic est un ancien professeur de sciences politiques, ainsi qu'un ancien diplomate. Il est également membre du conseil  de l’American Freedom Party. Il est l’auteur de nombreux livres dont Homo americanus: Child of the Postmodern Age (2007). La traduction a été réalisée par la F.Q.S.
 

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A première vue, il semble que de lancer un parti nationaliste ou même de droite sociale en Europe est relativement facile, du moins plus qu’aux Etats-Unis où le bipartisme est la règle d’or. Mais il y a souvent des pièges électoraux et juridiques en Europe, sans mentionner le puissant impact de l’idéologie de la rectitude politique qui empêche les partis nationalistes européens d’avancer dans le système politique. Contrairement aux Etats-Unis, les 28 nations membres de l’Union européenne ont un bon nombre de partis nationalistes, plusieurs d’entre eux ont même des élus au niveau national, local ou européen, mais le nombre de leurs élus est presque négligeable et leurs voix ne se font pas entendre.

L’avantage du processus électoral européen est le système de représentation proportionnelle, commun à tous les pays membres de l’UE. En pratique cela signifie que peu importe s’il est gros ou petit, le parti se voit assigner des sièges au parlement, conseil municipal ou niveau local en fonction du pourcentage obtenu lors du vote. Donc, si un parti obtient 5%, 10% ou 30% des votes, en théorie il se verra attribuer 5%, 10% ou 30% des sièges d’un parlement national ou d’un conseil municipal.

Ça semble bien, mais la réalité est différente. Ainsi, le Front National en France a une solide base électorale représentant environ 15% des citoyens français. Curieusement, il n’a que deux élus à l’Assemblée nationale et deux membres au Parlement européen, un gigantesque organe législatif de style soviétique situé à Strasbourg et qui compte plus de 750 chaises des plus confortables. Les choses vont encore mieux en Autriche pour le FPO (Parti de la Liberté), qui a plus de 30 députés au Parlement local. Même chose pour le Vlaams Belang en Belgique, qui reçoit l’appui d’environ 10% et 30% des électeurs belges et flamands respectivement. Même chose en Grèce avec le parti Aube Dorée qui récolte plus de 7% des voix et qui compte 18 élus à l’Assemblée grecque, en plus d’un élu au Parlement européen. Le meilleur résultat va au parti hongrois Jobbik, qui reçoit entre 20% et 30% des votes hongrois et qui détient plus de 40 sièges au Parlement hongrois.

A l’exception des bons résultats de Jobbik en Hongrie et d'Aube Dorée en Grèce, ainsi qu'une popularité locale, tous les partis nationalistes d’Europe attirent constamment de l’attention négative et sont toujours menacés d’interdiction. De plus, les chances pour la formation d’un gouvernement nationaliste en Europe sont pour le moment quasiment nulles.

Le cordon sanitaire imposé aux partis nationalistes

La représentation proportionnelle a ses inconvénients. Il est souvent inévitable, pendant les élections parlementaires ou présidentielles, que deux tours soient requis pour pouvoir déclarer un vainqueur. Presque aucun des partis, peu importe son idéologie, ne peut obtenir une majorité absolue, ce qui signifie 51% des voix au premier tour. C’est certainement vrai pour les petits partis nationalistes qui sont peu populaires dans les sondages et qui sont plutôt contents s’ils peuvent obtenir le fameux 5% de vote qui leur permet d’entrer au Parlement. A l’opposé, d’insignifiants partis à la gauche de l’échiquier politique, qui n’auraient aucune possibilité électorale si laissés à eux-mêmes, sont souvent à la remorque des partis de gauche libérale lors des élections. S’ils réussissent à se faire élire, ils font une entente avec leur maître électoral. Donc, un petit parti de gauche, même s’il n’a qu’un pourcent des intentions de vote, peut s’assurer d’un siège ministériel avec le nouveau gouvernement de coalition s’il est libéral ou social-démocrate. On se renvoie l’ascenseur. Les gouvernements de coalition sont communs en Europe et, règle générale, sont un étrange mélange de partis conservateurs ou socialistes, où tout le monde tente de s’assurer d’une belle visibilité au sein du système.

Cette façon de se mettre à la remorque d’un gros parti est totalement interdite aux petits partis de droite européens. Les partis conservateurs ne forment jamais de coalition avec les partis nationalistes. En terme d’idéologies, tout comme avec les Républicains et les Démocrates, les partis conservateurs européens deviennent de plus en plus des copies conformes de leur supposés adversaires idéologiques qu’ils s’appellent « sociaux-démocrates », « libéraux » ou « chrétiens démocrates ». Situation semblable aux « républicrates » américains.

Ce processus de « neutralisation » de la politique qui est présentement en cours en Europe fut prédit par le théoricien Carl Schmitt il y a près d’un siècle. Ce processus vise particulièrement à réduire la visibilité des partis nationalistes d’Europe, même lorsqu'ils réussissent à s’introduire au Parlement. C’est ce qu’on appelle le « cordon sanitaire », une pratique introduite par les grands partis il y a de cela bien longtemps. La seule exception récente à cette règle fut le gouvernement de coalition formé par les conservateurs chrétiens du Parti populaire en Autriche qui, en 2000, même s’il n’avait pas atteint une majorité absolue, avait décidé de former une coalition avec le parti nationaliste de Jorg Haider, chef du Parti de la Liberté. Il y eut immédiatement un cri de protestation émanant du reste de l’Europe. Israël exigea le boycott de l’Autriche et menaça de retirer son ambassadeur. L’Autriche dût subir un embargo commercial durant quelques années.

L’interdiction de former une coalition avec les partis nationalistes est une loi non-écrite qui date de 1945. Par exemple, le parti nationaliste flamand de droite Vlaams Belang a un électorat très important. Mais, étant catalogué comme « parti raciste », les autres partis conservateurs belges et flamands sont morts de peur à l’idée de former une coalition avec celui-ci. Donc, pour gagner en respectabilité et pour obtenir une pointe de la tarte budgétaire, il y a dix ans, le Vlaams Belang changea sa plate-forme, son langage et même son nom. C’est une erreur majeure que plusieurs partis, organisations, activistes et intellectuels nationalistes européens et américains font lorsqu’ils croient que s’ils modèrent leur discours, écrivent quelques avertissements antifascistes ou disent quelque chose de gentil sur Israël, ils s’éviteront les quolibets de « fascistes », « racistes » et « antisémites ». Cette technique ne les a pas aidés jusqu’à présent.

La démocratie libérale : un mélange de fraude et de corruption

Le problème avec le système de représentation proportionnelle est qu’il engendre d’innombrables sectes politiques et crée un climat de clientélisme, de corruption, de népotisme et de copinage. Il y a une telle myriade de petits partis en Europe que les citoyens sont dissuadés d’aller aux urnes, car ils ne savent plus qui choisir. Pourquoi voteraient-ils pour un petit parti nationaliste qui va perdre de toute façon ? C’est le fondement de la démocratie parlementaire si encensée. Ce « meilleur des mondes possibles », cette soi-disant « démocratie parlementaire », permet à des douzaines de partis politiques de se battre dans l’arène. Mais c’est le système le plus approprié pour briser la volonté du peuple et un sens de cohésion ethnique.

Au cours de la dernière décennie, plusieurs partis nationalistes (principalement les partis les plus gros et les plus « modérés » comme le Vlaams Belang en Belgique, le Parti de la Liberté en Autriche et le Front National en France) ont changé leur discours, sont devenus plus dociles, plus philosémites et ont souvent abandonné leur plate-forme initiale pour obtenir leur part du gâteau.

En France, la politique de refuser de former une coalition avec le Front National a mené à une exclusion quasi totale de ses représentants de l’Assemblée nationale. Juste avant les élections de mai 2012, Marine Le Pen, chef du Front National, était en troisième place dans les sondages, mais restait derrière les deux autres gros compétiteurs, le candidat socialiste François Hollande et le député « conservateur » Nicolas Sarkozy. Au second tour des présidentielles, où Hollande affrontait Sarkozy, plusieurs conservateurs, des électeurs de la haute bourgeoisie déconnectée votèrent pour Hollande, lui assurant un mandat présidentiel clair. Plusieurs électeurs du Front National ne se rendirent pas aux urnes au second tour, car il n’y avait plus de candidat nationaliste dans l’arène.

C’est la même chose pour le BNP britannique. Le BNP a été exclu de toutes les ententes de coalition. Lorsque deux candidats du BNP furent élus au Parlement européen lors de l’élection de 2009, le gouvernement britannique annonça qu’il leur couperait les fonds.

Les problèmes ne s’arrêtent pas là. Il y a trois sous-ensembles de partis nationalistes. Ils ne se distinguent pas beaucoup au niveau de leur idéologie, mais plutôt au niveau des tactiques et méthodes et de l’égo. On peut observer ce phénomène en Italie en 2001, avec l’opportuniste Gianfranco Fini, le futur ministre des Affaires étrangères du gouvernement conservateur de Sylvio Berlusconi. Jusqu’au milieu des années 90, Fini était un membre important du MSI, parti fasciste italien. Néanmoins, dix ans plus tard, dans sa nouvelle carrière politiquement correcte et après être devenu un homme du système, il n’hésita pas à se coiffer de la symbolique kippa lors de son rituel d’initiation Yad Vashem.

Gardons en tête que les partis nationalistes, même lorsqu’ils sont représentés dans les institutions européennes, n’ont pas le même programme. Certains sont plus enclins au compromis, d’autres non. En fait, très souvent ils sont à couteaux tirés, comme c’est le cas entre les nationalistes d’Europe de l’Est. Le récent conflit tragique entre les nationalistes serbes et croates parle de lui-même.

En général, les partis nationalistes en Europe peuvent être divisés en trois groupes ou catégories, chacun étant plus ou moins lié avec les autres groupes, mais plus souvent qu’autrement en guerre d’égos avec d’autres personnalités des autres sous-groupes. Nous avons ainsi :

  1. Les « modérés » : l’Alliance européenne pour la liberté (le FPO en Autriche, le FN en France et le Vlaams Belang en Belgique);
  1. Les moins « modérés » : l’Alliance européenne des mouvements nationaux (Le Jobbik, le BNP);
  1. Les plutôt « radical » : le Front National européen (le Nouveau Parti Démocratique allemand, l’Aube Dorée grecque, la Nouvelle Droite roumaine et le Renouveau National polonais). De ce bloc nationaliste « radical », le seul parti à avoir obtenu des sièges au Parlement national est Aube Dorée, ce qui cause de nombreux maux de tête aux scribes et politiciens du système en Europe et en Amérique.
Les nationalistes américains ont un avantage considérable sur les nationalistes européens: ils ne sont pas divisés par des querelles de clochers, par des guerres antérieures et de la victimisation conflictuelle. De plus, les Blancs américains constituent encore un arsenal potentiel d’électeurs de 200 millions, qu’ils se considèrent être des Blancs « implicites » ou « explicites ». Avec la chute prochaine du système, plusieurs devront assurément devenir des Blancs très explicites s'ils veulent rester ce qu'ils sont d'un point de vue culturel et identitaire.

 

¿Democracia sin partidos?

por Carlos Martínez-Cava 

Ex: http://paginatransversal.wordpress.com

¡Que no. Que no nos representan!”. “¡El Pueblo, unido, avanza sin partido!” (15-M)

Pocos se han parado a analizar que latía bajo aquellas protestas que llenaron la Puerta del Sol en concentraciones sin precedentes en los casi cuarenta años transcurridos desde la desaparición del régimen del General Franco.

Para muchos, con sus ópticas de partido, aquello era manipulación contra el entonces partido en el Poder para desbancar en la calle lo que no se podía desde las urnas. Para otros, en una perspectiva de cierta pedantería intelectual, se reproducían comportamientos propios de los preludios de la Revolución Francesa. Y para unos cuantos, aquello se convirtió en la oportunidad para ideologizar desde un extremo lo que era, desde el inicio, una explosión y muestra de la parálisis de todo un sistema.

Se llegó incluso a comparar a los manifestantes de Sol con los camisas negras de Mussolini en ese alarde que tiene el ultraliberalismo cuando ve que el individuo deja de serlo para formarse voluntariamente como Comunidad Política.

Pero, pasados los fastos de aquellas concentraciones y diluido en puro asamblearismo estéril aquél movimiento, cabe preguntarse si el cuestionamiento de la Democracia con Partidos contiene puntos de razón para transformarlo en una auténtica plataforma de acción regeneradora de España.

Decía Alain de Benoist que “Liberalismo y Democracia no son sinónimos. La Democracia como “cracia” es una forma de poder político, mientras que el liberalismo es una ideología para la limitación de todo poder político. La Democracia está basada en la SOBERANIA POPULAR; el Liberalismo en los Derechos del individuo. La Democracia liberal representativa implica la delegación de Soberanía, lo que estrictamente equivale –como Rousseau se dio cuenta- a la abdicación del poder del pueblo. En un sistema representativo, el pueblo elige a sus representantes que gobiernan por sí mismos; el electorado legitima un poder auténtico que yace, exclusivamente, en manos de los representantes. En un verdadero sistema de soberanía popular, los candidatos votados sólo expresan la voluntad del Pueblo y la Nación; no la representan”

La Democracia, tal y como la contemplamos expresada en España –y en Europa- ha muerto víctima del mercantilismo.

La banalización de la Democracia y su transformación en algo superficial y mercantil que ha secuestrado el poder de las personas se evidencia –como bien enuncia Antoni Aguiló- en estas manifestaciones:

1) La financiación de los partidos políticos y de las campañas publicitarias y electorales por empresas privadas, hecho que convierte a los partidos en lacayos del poder económico.

2) La compraventa de votos con dinero público o privado (una de las formas más flagrantes de corrupción y mercantilización) y otras prácticas clientelares afines.

3) La transformación de la política en un espectáculo de masas de ínfima calidad, observable en fenómenos como la teatralización (al estilo de Berlusconi) y la patetización de la democracia parlamentaria (el “que se jodan” de la diputada Andrea Fabra, gritado en el Congreso al aprobar los recortes en las prestaciones de desempleo, es un ejemplo elocuente, pero no el único).

4) La desposesión de derechos económicos y sociales de los ciudadanos, lo que recorta el campo de la democracia social y económica y lo limita a la democracia política (voto y representación).

5) El vaciamiento de la esfera pública como espacio de deliberación y acción cívico-política, que pasa a ser comprendida como un espacio privado de consumidores que utilizan los medios públicos para satisfacer y proteger sus intereses particulares. Deliberar y decidir en común proyectos de sociedad son cuestiones secundarias en la esfera pública de mercado, que promueve una ciudadanía despolitizada y articulada sobre el deseo de acumular y consumir.

6) La privatización de la democracia representativa. ¿Se imaginan acudir a las urnas y que en las papeletas electorales en lugar de partidos políticos aparecieran instituciones financieras y empresas multinacionales como candidatas a representantes? Pues no se lo imaginen porque ya ocurre de alguna manera. La privatización de la democracia se traduce en dos procesos. El primero es su transformación en un nido de intereses privados encubiertos por un simulacro electoral en el que los votantes refrendan políticas impuestas por una élite minoritaria y en su beneficio. El segundo es la banalización del voto: la pérdida de la capacidad real de elegir de la ciudadanía. La influencia del poder económico sobre la política es tan grande que el derecho a voto termina siendo el derecho a elegir los representantes específicos de la clase dominante que nos “representarán” y oprimirán en el Parlamento a través de partidos-marioneta.

¿Cómo realizar por tanto la transición de la Democracia de Partidos a la Democracia Soberana?

Moeller Van Der Bruck afirmaba que “La Democracia es la participación de un pueblo en su propio destino”. Pero…¿cómo hacerlo posible?

Sin duda, la existencia de Partidos Políticos cuestiona –y mucho- esa posibilidad soberana. En el fondo (y no tan en el fondo) estos partidos no son sino meros carteles electorales del capitalismo donde se captan políticos profesionales que sirvan intereses particulares. No en vano, los medios de comunicación han actuado como instrumento de manipulación masiva. No en vano, la corrupción institucionalizada en medio de un sistema ya cerrado por una Ley electoral injusta y antidemocrática actúa como plataforma de sobornos, favores, donaciones ilegales, comisiones y todo un infierno que, de cuando en cuando, aflora en titulares de cierta prensa no domesticada.

No iba descaminado Karl Marx cuando definía a esa clase política privilegiada como “cuadrillas de especuladores políticos que alternativamente se posesionan del poder estatal y lo explotan por los medios y para los fines más corrompidos”, convirtiendo los Parlamentos -como dice el Antoni Aguiló- en comités de empresa donde la representación política es un servicio al alcance de quienes tienen medios para pagarlo; una clase que vive a costa de una democracia plutocrática globalizada, sin participación social, de sujetos apáticos e individualistas, represiva, desposesora de derechos, sin redistribución social, anclada en el discurso de la falta de alternativas, supeditada al mercado y saturada de corrupción

Hay otras formas de representación política que pasan por la complementariedad y la articulación entre diferentes formatos organizativos.

La pregunta obscena que nadie se atreve a formular es: Si aceptamos el ejercicio de la representación mediante una estructura parlamentaria, ¿por qué los partidos ostentan el monopolio de la representación? ¿por qué no pueden postularse a cargos electivos candidatos de movimientos sociales?.

Una Democracia Soberana, según el concepto elaborado por Vyacheslav Surkov, es aquella que une indisolublemente estos dos conceptos políticos: SOBERANIA y DEMOCRACIA. No puede existir una sin la otra. Así, esta noción no reclama tan solo el control sobre las organizaciones controladas desde el exterior, sino también sobre las empresas cuya actividad económica tiene un impacto directo sobre contexto de la puesta en marcha o de la concepción de las opciones políticas.

Conceptos como el mandato imperativo, la rendición de cuentas, la transparencia de los procedimientos, la revocabilidad de los cargos públicos o la rotación de cargos y funciones han de retornar a un primer plano. El sufragio universal –como recuerda de nuevo Alain de Benoist- no agota las posibilidades de la democracia: existe más ciudadanía que la que simplemente ejerce su voto.

Por más que muchos, de uno y otro lado del espectro político, se empeñen, hay conceptos que están retornado al escenario de la Política: La Nación, la Soberanía Nacional y el Estado.

Un apasionante tiempo llega.

Fuente: Carlos Martínez-Cava

Schweiz: Gedanken einer linken Zuwanderungskritikerin

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Schweiz: Gedanken einer linken Zuwanderungskritikerin

Verena Tobler Lindner*

“Nach innen” bedeutet: die jeweils nationalen Volkswirtschaften außer Kraft setzen, so dass die Akkumulation nun im Innern Europas europaweit grenzenlos in die Taschen der bislang Großmächtigen fließen kann – mit den ganzen Bevölkerungsverschiebungen und der Entdemokratisierung, die solches mit sich bringt.

“Nach außen”: Weiterhin neo-imperiale Kriege in Afrika und anderswo an den äußeren Rändern des Kapitalismus. Und zwar Krieg, der auf zwei Arten stattfindet: Mittels Demokratie- und Menschenrechtskampagnen (z.B. über NGOs und Parteistiftungen) werden die Volkswirtschaften an den Rändern destablisiert, um dann diese Länder in den erlauchten Kreis des EU-Kapitalismus aufzunehmen. Oder dort, wo es eh zuwenig oder (außer Ressourcen) gar nichts zu übernehmen gibt, wird formell mit den neuen EU-Kampftruppen zuzuschlagen. Dass hinter dieser Kriegstreiberei und Machtmeierei wieder Kräfte der BRD stecken, ist wohl die eine Ironie der Geschichte. Zur andern muss ich im Moment schweigen.

Beträgt z.B. der Zusatzgewinn der neoliberalen Globalisierung fürs Kapital unterm Strich gerade mal 1$, so macht aber der Umverteilungseffekt 50$ aus. Gar nicht zu reden vom Machtgewinn, der daraus für die Großmächtigen der Welt abfällt.

Ich empfehle deshalb dringend allen, die innerhalb des klassischen gewerkschaftlichen Begriffs von Internationalismus denken, zu überlegen, wo und wie weit sie sich damit blind zu Steigbügelhaltern des neoliberalen Kapitals machen.

Denn m. E. hat Marx zwar nicht immer, aber über grosse Strecken ausgeblendet, dass der von der Arbeiterklasse – aber nota bene dank technologischer Ueberlegenheit auf dem Weltmarkt – geschaffene Mehrwert zwei problematische und eine wunderbare Seite hat: Er macht die Arbeiterklasse zur exklusiven Trägerschaft eines Fortschritts, der diese Klasse in den Kapitalzentren zwar reicher macht – im Vergleich zu den Arbeitenden im Rest der Welt. Gleichzeitig wird aber mit diesem weltumspannenden Projekt buchstäblich alles aus den alten Bahnen hinausgeworfen, um es dann dieser grenzenlosen Fortschrittsmühle einzuverleiben, die uns auf unserem Erdenrund eine stetige, ungleiche Entwicklung sowie einen grenzenlosen Ressourcenverschleiss gebracht hat.

Wir brauchen einen a n d e r e n, besseren Internationalismus!

Einer, der nicht länger auf der Phantasmagorie des Ewigen Wachstums und dem Schwachsinn einer grenzenlosen Zirkulation von Arbeit-, Güter- und Kapitalzirkulation beruht. Wir brauchen einen Internationalismus, der so konzipiert ist, dass er allen Menschen und zwar überall auf der Welt ein selbsttätiges und selbständiges Leben mit einen Wohlstand “in Grenzen” erlaubt. Das bedeutet nicht, dass die jeweiligen Bevölkerungen eingesperrt werden sollen! Hingegen bedeutet es klar und eindeutig, daran zu arbeiten, dass das Gefälle und der Verschleiss, der Über- und der Unterkonsum, die mit kapitalistischer Produktion verbunden sind, endlich gestoppt werden können, so dass die Menschen erst gar nicht gezwungen sind, abzuwandern.

Kurz: Wir brauchen eingehegte Märkte mit entsprechenden Produktionsstätten und demokratischen Verfassungen, aber im Rahmen von vielfältigen und den jeweiligen Ressourcen und Klimata angepassten Gesellschaftsformen bei einem freien Austausch der Ideen.

Unsere Hausaufgaben also sind: Welchen Internationalismus wollen wir? Wie nennen wir jenen Nationalismus, der einzig mit demokratischen Verfassungen zusammengeht, die den Namen Demokratie verdienen? Und wie gestalten wir die Märkte und Geldflüsse, dass sie von unten überschaubar, kontrollierbar, steuerbar werden?

*Verena Tobler Linder wurde 1944 in Winterthur (Schweiz) geboren. Sie hat eine Erstausbildung als Primarlehrerin, später das Lizenziat als Ethno- & Soziologin (Universität Zürich) sowie ein Diplom in Supervision und Organisationsberatung erworben. Seit 2002 übt sie eine selbständige Lehr-, Kurs-, Referats- und Beratungstätigkeit aus, insbesondere zum Thema „Interkulturelle Konflikte und deren Überwindung“. Sie erteilt Kurse zur interkulturellen Kommunikation und Integration für: Spital-, Psychiatrie und Gefängnispersonal, für Schulen, Krippen, Horte, Mitarbeitende von Sozialämtern, Gemeinden, Gerichten, des Bundesamtes für Flüchtlinge und Immigration und andere vom Thema Betroffene.

Quelle

»Bei freien Wahlen befürchten USA und UN Assad-Sieg in Syrien«

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»Bei freien Wahlen befürchten USA und UN Assad-Sieg in Syrien«

Ex: http://sachedesvolkes.wordpress.com

Unter diesem Titel erschien am Freitag auf der Seite des Internetportals http://www.globalresearch.ca ein Artikel von Daniel McAdams, der zuvor vom konservativen Ron-Paul-Institute des gleichnamigen früheren republikanischen US-Präsidentschaftskandidaten veröffentlicht wurde:

Einen (…) Blick hinter die Vorhänge erlaubte das Interview des iranischen Botschafters im Libanon, Ghazanfar Roknabadi, Mitte der Woche in der angesehenen libanesischen Zeitung Daily Star. Darin ging es unter anderem um den jüngsten Bombenanschlag auf die iranische Botschaft in Beirut und die wachsende Bedrohung der Region durch die zunehmende Zahl dschihadistischer Gruppen in Syrien.

Dann ließ Roknabadi die diplomatische Bombe platzen. Er erzählte dem Daily Star, daß der Westen die iranische Regierung unter erheblichen Druck gesetzt hatte, den syrischen Präsidenten Baschar Al-Assad davon abzuhalten, bei den nächsten Präsidentschaftswahlen wieder zu kandidieren. Als Syriens einziger regionaler Verbündeter hat Iran vermutlich ziemlich viel Einfluß auf die Assad-Regierung. Wörtlich sagte Botschafter Roknabadi: »Bei seinem Besuch in Iran im letzten Sommer hat Feltman (UN-Untergeneralsekretär für politische Angelegenheiten) die iranische Regierung gebeten, Assad davon zu überzeugen, nicht zu den nächsten Präsidentschaftswahlen anzutreten. Die iranischen Beamten fragten ihn: ›Wo liegt das Problem, wenn er antritt?‹ Feltman antwortete: ›Wenn er antritt, wird er die Wahlen gewinnen‹«.

Feltman ist nicht irgendein UN-Bürokrat, sondern ein Beispiel für die Drehtür zwischen der US-Regierung und der UNO. Von August 2009 bis Juni 2012 war er US Staatsekretär für den Nahen Osten im US-Außenministerium. Von Juli 2004 bis Januar 2008 war er als Botschafter der Vereinigten Staaten im Libanon gewesen, und davor hatte er Washingtons Politik im »befreiten« Irak umgesetzt.

Auch in dem (…) skandalösen Telefonat zum Umsturz in der Ukraine zwischen US-Unterstaatssekretärin Victoria Nuland und dem US-Botschafter in der Ukraine Geoffrey Pyatt spielte Feltman eine wichtige Rolle. In dem Ukraine-Drama sprachen sich Feltmans ehemalige Kollegen vom US-Außenministerium dafür aus, daß man ihm bei der Auswahl eines verläßlichen UN-Beamten vertrauen könnte, der (als Sonderbeauftragter der UNO für die Ukraine) den von Nuland und Pyatt mit der ukrainischen »Opposition« ausgeheckten Deal zusammenkleben soll.

Wenn Botschafter Roknabadis Aussagen stimmen, dann bestätigen sie den zynischen Syrien-Regimewechsel-Trick der US-Regierung. (…) Von Gaza bis Ägypten, von Afghanistan bis Libyen und Irak: Was die US-Demokratisierungsbemühungen am meisten zu fürchten scheinen, ist echte Demokratie. Da ist es kein Wunder, daß US-Außenminister Kerry verzweifelt an seiner absichtlichen Fehlinterpretation des Syrien-Kommuniqués von »Genf I« festhält und ohne jegliche Beweise behauptete, daß es sich dabei um ein Vereinbarung zwischen den Unterzeichnerstaaten für einen Regimewechsel in Damaskus handelt. Assad muß von der Bildfläche verschwinden, weil die USA Angst vor seiner Popularität in Syrien haben.

Übersetzung: Rainer Rupp