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lundi, 22 juin 2026

L’Heure la plus haute du Soleil - Joie, mort et renouveau estival

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L’Heure la plus haute du Soleil

Joie, mort et renouveau estival

Par le Círculo PYR (Espagne)

Lien: https://circulopyr.substack.com/p/la-hora-alta-del-sol?pu...

SAINT JEAN ET LA TYRANNIE DES SENS

« Quelle lueur, quel éclat projetaient dans l’Éther le char d’Hélios et Séléné, où de rapides jeunes filles faisaient galoper leurs torches dans l’obscurité… »¹

La fin juin marque l’entrée officielle dans l’été, bien qu’en Espagne, la période estivale commence souvent dès la fin mai, voire avant. Pourtant, le moment de la plus grande plénitude solaire ne fait aujourd’hui l’objet d’aucune célébration ou attention à la hauteur de sa signification profonde. Là où devrait s’élever une liturgie communautaire, traditionnelle, européenne et espagnole, nous ne trouvons guère que des restes épars, certaines coutumes vidées de leur sens ou des fêtes réduites à la consommation, au bruit et à l’évasion.

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Notre mot castillan “verano” (été) vient de la racine proto-indo-européenne *wésr̥ (printemps / floraison), liée à la lumière du matin et au reverdissement de la lignée.

Car le solstice d’été ne devrait pas être une date de plus dans notre calendrier. Il devrait être compris comme une porte initiatique, idéale pour prendre de bonnes résolutions ou contempler la direction que nous prenons. C’est le jour où le soleil atteint sa souveraineté maximale sur le ciel diurne; l’instant où la lumière semble se couronner elle-même sur la terre. Mais, précisément pour cela, il renferme aussi une grande paradoxalité: c’est au sommet de la lumière que commence déjà son déclin. Ainsi, au cœur même de la plénitude solaire, bat le premier avertissement de la moitié sombre imminente de l’année. C’est la loi que cette date nous révèle, et que l’homme moderne a cessé de comprendre.

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Il est vrai qu’une bonne partie de la population, et surtout la jeunesse, célèbre encore la Saint-Jean, mais il est évident que cette fête a perdu la plus grande partie de son essence spirituelle et religieuse, voire la totalité. Il suffit d’observer de nombreuses célébrations actuelles à travers le pays pour constater la perte de tout sens dans cette fête: là où il devrait y avoir feu rituel, chant, purification, communauté et élévation, on trouve généralement excès et dispersion, ainsi qu’une soumission absolue aux instincts les plus bas. Il n’y a ni rite, ni élévation, ni forme, ni but. Et lorsqu’une fête perd son sens central, elle cesse d’être un pont avec le sacré, avec ce qui nous dépasse, et devient un simple exutoire stérile.

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« Le visage radieux des dieux s’est élevé: l’œil de Mithra, de Varuṇa et d’Agni. Leur immensité a rempli le ciel, la terre et l’espace intermédiaire. Sūrya est le souffle vital de tout ce qui bouge et de tout ce qui repose. »²

Une clarification: le problème n’est pas que les gens fêtent trop ou s’amusent trop. Certains moments de solennité et d’introspection ne sont pas nécessairement incompatibles avec les rires, la joie, l’amour ou le plaisir. Le problème, c’est que l’homme moderne fête sans même savoir ce qu’il fête. Le feu, la nuit et la mer sont toujours là, les corps continuent à se réunir sous la longue lumière estivale, mais tout cela, avec une conscience incapable de relier ces éléments à un ordre supérieur.

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Ainsi, le bûcher, symbole ancestral de purification, n’agit plus comme un combustible intérieur, ou un tribut à un Hélios tout-puissant. Il n’est plus qu’une expérience de plus dans le flux Instagram. Une fenêtre parfaite pour se droguer, s’enivrer ou danser au rythme de musiques exotiques. En définitive, nous en arrivons à la conclusion que la communauté populaire se dissout depuis des années dans une masse abrutie, hébétée. Une amputation essentielle pour tout notre peuple, car le solstice ne célèbre pas seulement la victoire de la lumière: il prépare l’homme à sa descente. C’est là que réside son pouvoir.

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Pour Julien, Hélios n’est pas une simple masse physique de feu dans la voûte céleste; il est la manifestation visible du Principe Suprême, le Roi du Cosmos et le protecteur direct de sa lignée et de son empire.

DEPUIS LA PLÉNITUDE, COMMENCE LE RETOUR

Le 21 juin, le soleil est à l’apogée de son règne, mais dès ce même zénith, il commence à céder. La lumière triomphe, mais en triomphant, elle inaugure aussi le début de sa perte. Ici se présente la grande ironie des lois qui régissent notre monde: le jour le plus long possède déjà la première ombre qui le fera s’incliner. Mais cette loi ne doit pas être un motif de tristesse, mais de compréhension et de réflexion sur nous-mêmes. Ce monde phénoménologique ne s’inscrit pas dans une ligne droite, inerte et progressive, mais dans une danse éternelle d’ascension et de déclin, de plénitude et de déclin, de naissance et d’accomplissement ou, en définitive, de feu qui s’allume et s’éteint avec mesure, comme le dirait Héraclite.

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Cela s’accorde parfaitement avec les principes indo-européens de l’éternité du monde, de l’immortalité de l’âme et du mythe de l’éternel retour. Le monde est l’exhalation sacrée des dieux; mais, en même temps, ils s’y trouvent eux-mêmes: derrière chaque colline, sous chaque arbre, dans le reflet d’un rayon solaire ou lunaire, dans l’orage, dans le tonnerre, dans la fertilité des champs, dans la flamme qui s’élève vers le ciel.

Il ne s’agit pas d’exalter un panthéisme ou une pseudo-spiritualité new age où tout serait permis, ou où tout coulerait selon nos propres sentiments. Il s’agit d’une réalité traversée de signes, de présences et de puissances. Un tissu sacré, comme hiérophanie ou forme visible d’un ordre moins visible pour certains.

De même que le soleil revient inlassablement à son point le plus haut dans la roue de l’année, le sang transporte le rythme ancien des ancêtres.

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C’est pourquoi nous devons rompre avec les paradigmes de ce monde postmoderne, qui croit avoir occulté tout regard olympien, transcendant et solaire. Et cela affecte radicalement notre conception des cycles, des solstices et des équinoxes. L’homme moderne considère le calendrier comme une succession administrative de jours ouvrables, de vacances et de jours fériés. L’homme traditionnel doit le contempler comme une roue éternelle, une architecture du temps où chaque saison, chaque seuil, chaque transition expriment un sens particulier du monde dans lequel nous vivons :

« Là où le soleil est conçu dans son aspect de pure lumière — une virilité incorporelle, sans histoire ni génération — ou là où l’attention se fixe sur la nature lumineuse et céleste des étoiles fixes, subsiste, selon cette signification olympique, la spiritualité la plus haute, la plus pure et la plus originelle. »³

C’est ainsi que, de points de vue matérialistes, rationalistes, postmodernes ou même chrétiens, on nous accusera d’imposture, d’infantilisme, de reconstruction forcée ou de religiosité théâtrale. Ce que l’on appelle aujourd’hui sur les réseaux « larp »⁴. On dira que nous voulons ressusciter l’impossible, que nous prétendons revenir artificiellement à un monde disparu, ou que nous ne faisons que jouer une fiction anachronique d’une civilisation et d’une vision du monde qui ne reviendront pas. Mais c’est précisément l’inverse.

Nous ne voulons pas nous déguiser en nos ancêtres. Nous ne cherchons pas à feindre un passé mort, mais à reprendre le contrôle sur la trame du temps présent. Il ne s’agit pas de copier mécaniquement des formes disparues, mais de restaurer le regard absolu que nous ont légué nos ancêtres : celui qui savait contempler dans le feu, sur le sommet, dans l’arbre, le soleil et la nuit, quelque chose de plus que de la matière biodisponible. Car retrouver le rite ne signifie pas fuir le présent, mais le reconquérir :

« Le rite exerce une fonction thérapeutique en extirpant l’angoisse existentielle par des certitudes inébranlables. C’est l’instant sacré où un peuple s’enracine dans sa terre natale et invoque l’esprit de ses ancêtres pour sceller ce pacte. »⁵

Grâce à la cuirasse du détachement vis-à-vis de nos appétits inférieurs, ou de tout ce qui nous rabaisse, et grâce à l’épée solaire du solstice d’été, l’homme peut de nouveau se présenter devant le Soleil non comme spectateur, mais comme participant à un rite de reconnaissance de soi. Dans la puissance lumineuse de ce seuil saisonnier et cosmique — le point le plus élevé de l’astre solaire —, nous savons qu’il s’ouvre la possibilité d’une restauration intérieure : celle de l’homme qui aspire à des fraternités communautaires conscientes, à la purification intérieure et au rite autour de notre propre essence solaire.

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L’épée dans la main du héros est le reflet terrestre de l’éclair céleste.

Devenir un avec le Soleil ne signifie pas se confondre vulgairement avec une divinité réduite à une métaphore ou à un symbole. Cela signifie ordonner sa propre vie selon la puissance solaire que manifeste ce moment du calendrier : clarté, fermeté, souveraineté, élévation, générosité, pouvoir fécondant et victoire sur l’obscurité. Il s’agit de faire de la lumière une présence intérieure et extérieure. Recevoir du solstice non pas une émotion passagère, mais plutôt une mission de verticalité et de transcendance.

VIVRE, C’EST AUSSI MOURIR

Comme nous l’avons déjà dit, il faut avoir conscience que dans la plénitude du solstice est inscrit le germe de sa propre destruction. Telle est la loi de ce monde, qui s’ordonne et se régénère selon la règle de l’éternel retour. Cette loi de contraction perpétuelle et d’engendrement, que formuleraient Héraclite comme feu éternellement vivant (pyr aeizōon) ou Nietzsche comme la loi du Retour éternel (Die ewige Wiederkunft), ne doit pas être source d’abattement. Au contraire, elle constitue l’un des plus grands signes du don que représente le fait d’être vivant ; d’avoir la capacité d’agir, d’observer, de respirer, d’aimer, de profiter et d’appartenir à la chaîne éternelle de nos ancêtres. En d’autres termes, elle agit comme une éthique et une ontologie suprêmes, orientées à broyer le désespoir et à forcer la transmutation de l’homme en l’Übermensch (Surhomme)⁶.

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Car vivre, ce n’est pas demeurer immobile dans une lumière omniprésente. Vivre, c’est traverser toute circonstance sans perdre son axe intérieur. Et le solstice nous enseigne précisément cela. Il nous rappelle que toute plénitude exige obligatoirement une préparation au déclin, et que toute vraie victoire doit veiller à garder des braises pour la froide nuit à venir. Toute cime contient aussi un sentier descendant, que l’homme noble n’exècre pas, mais qu’il affronte avec une flamme de courage dans le cœur.

C’est pourquoi la roue ou la svastika incarnent parfaitement ce conflit harmonique du calendrier annuel. En elle, commencement et fin se rejoignent. La roue tourne, mais son centre demeure. Les saisons avancent, mais le cosmos subsiste. Chaque année meurt et renaît, mais la structure profonde du temps continue de respirer. Ainsi, dans la roue solaire se réunissent plénitude, retour, totalité, puissance et destin.

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Le feu est le langage par lequel les vivants parlent aux morts. Dans la Tradition, les ancêtres ne sont pas des absents du passé ; ce sont des présences invisibles qui préservent l’intégrité de la lignée.

Le feu, par ailleurs, est le soleil descendu sur la terre. Énergie solaire accessible à tous les hommes, même lors de la nuit la plus noire de l’hiver. Il nous purifie, nous convoque, nous ordonne et nous protège. Là où il y a un feu rituel, il y a Ordre Cosmique. Là où il y a de l’Ordre, la communauté peut naître. Ainsi, le bûcher solsticial ne devrait pas être conçu comme un simple décor festif, mais comme l’image terrestre de l’astre roi, c’est-à-dire un foyer de chaleur, de contemplation, de parole et d’engagement :

« Le feu d’Hestia-Vesta a dépassé les limites de la pratique domestique et privée pour s’ériger en symbole suprême de l’unité politique. Invoquer Hestia, c’est invoquer la communauté. Le feu sacré aimante le centre : le cœur chaud où l’habitat partagé dépasse la simple réunion fortuite et devient un événement sacré, un lien de sang dicté par des affinités divines. »⁷

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Et le sommet ajoute à tout cela la dimension verticale et aristocratique. Nous insistons sur le fait que ces principes ne cherchent pas à réaliser un exercice d’élitisme alpin, et en fait, tout espace mérite d’être revendiqué comme sacré, même dans les décors les plus hostiles des grandes villes. Mais gravir une colline ou une montagne implique, au moins, de quitter un instant l’appel du confort et de la paresse. Cela exige effort, séparation, ascension et regard vers le Haut.

Depuis un sommet, l’homme contemple le monde sous un autre prisme et, en conséquence, observe sous de nouvelles proportions les différents aspects de sa vie dans la plaine. Donc, toujours les pieds fermes sur le roc ou la pente, le regard tourné vers les cieux du Père Céleste (Dyḗus Ph₂tḗr) et le feu ardent dans la poitrine.

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La montagne est la matérialisation de la verticalité, l’axe immuable (Axis Mundi) qui brise l’horizontalité du monde profane.

Enfin, on pourrait parler de la manière dont le blé complète cet ensemble mythique et symbolique. Il n’est rien d’autre que le fruit tellurique de la puissance solaire diurne, car, comme le dirait l’Empereur Julien : « Hélios gouverne tout ce qui naît et croît »⁸. En lui, les rayons de lumière se sont faits nourriture et promesse d’abondance. Là où le feu exprime l’énergie ascendante, le blé exprime la lumière incarnée dans la terre fertile. Feu et blé, flamme et épi, ciel et terre : tous deux incarnent l’union des différentes puissances constitutives de l’homme et du cosmos, celles qui permettent la réactualisation et la sacralisation de l’Être.

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Nul doute que le sommet, le feu et la roue incarnent pleinement ce que la magie du solstice représente : immutabilité, énergie et éternité. Le sommet nous élève. Le feu nous purifie. Et la roue nous rappelle ce qui est et sera toujours.

LA PROMESSE ÉTERNELLE DU RENOUVELLEMENT

« Le soleil, dont le cours définit la journée et l’année, occupe une place centrale dans la vision du monde et la religion cosmique des Indo-Européens. »⁹

Ainsi, la réunion entre compagnons, amis et famille au sommet d’une montagne — ou, à défaut, dans un lieu aussi naturel que possible — et l’allumage d’un feu qui, à cette époque, n’est rien d’autre qu’un pont avec le monde divin et les forces qui résident en nous, constituent un geste de haute puissance spirituelle, politique et symbolique.

Il n’est pas nécessaire d’en faire un spectacle surchargé, en le vulgarisant par une théâtralité vide et forcée. Il suffit de retrouver quelques gestes essentiels: se réunir autour du feu, contempler le ciel, observer un moment de silence, prononcer quelques mots de gratitude ou d’un texte cher, se souvenir des ancêtres, prendre un engagement intérieur, sauter symboliquement au-dessus de la flamme si telle est la coutume, cueillir des herbes, partager du pain, du vin ou un mets, et accueillir la nuit non comme une fuite du quotidien, mais comme un moment magique et décisif. Ce serait déjà beaucoup.

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Célébrer ensemble sous la lumière et les feux solsticiaux est un acte politique et sacré : nous nous reconnaissons mutuellement comme propres parce que nous partageons la même origine, le même pain et le même destin.

Car un rite ne vit pas par sa complexité ou sa pompe extérieure, mais par la qualité de la présence de ceux qui l’accomplissent. Il peut être sobre, silencieux, familial, presque imperceptible. Mais s’il y a intention, dévotion et présence réelle, alors le temps historique ouvre un portail et le calendrier cesse d’être une succession morte de dates, redevenant la roue sacrée.

Que tous ces morts-vivants qui errent dans nos rues ne nous arrachent pas le privilège de contempler, dans les rythmes du monde, de la vie et des saisons, ce qu’ils sont : un mythos en déploiement constant, dont nous avons la chance de faire partie. Nous sommes les protagonistes de notre propre saga, de notre mission héroïque, et ces dates annuelles se dressent comme des portails surnaturels qu’il ne faut ni mépriser ni réduire à de simples habitudes. La puissance du soleil à son apogée doit nous pousser à affronter ce monde pour ce qu’il est : une bataille éternelle entre les forces de la lumière et de l’ordre et celles de l’obscurité et de la dissolution, sur le plan manifesté.

Et cette lumière doit nous aider à traverser la descente solaire avec fermeté intérieure, regard brillant et cœur ardent. Car celui qui n’aime la lumière que lorsqu’elle triomphe n’en a pas compris la beauté authentique. La lumière se célèbre aussi quand elle commence à se retirer. Il n’est pas de geste de plus grande loyauté que de rester fidèle à ce qui, depuis la pleine puissance, commence à se faner :

« Alors Gangleri dit :

—Sól voyage vite ; et on dirait qu’elle a peur. Elle n’irait pas plus vite même si elle craignait la mort.

Hár répondit :

—Ce n’est pas étonnant qu’elle aille vite. Tout près, celui qui la poursuit, et elle n’a d’autre choix que de fuir. »¹⁰

Le temps est un anneau ; le passé et le futur se rencontrent à midi, dans le présent. Chaque instant possède une valeur absolue en lui-même parce qu’il résonnera pour l’éternité.

Le solstice d’été nous enseigne à accueillir la plénitude sans s’y endormir. À regarder l’ombre qui guette sans céder ni avoir peur. Et surtout, il nous enseigne que toute victoire doit devenir une joie vigilante, un amour capable de se transmuer en force et une torche à préserver pendant la nuit qui viendra inévitablement. Pour la lumière, pour la vie, pour la lutte et pour la victoire.

Notes:

(1) Euripide. (2025). Tragedias II. Ediciones Gredos. 

(2) (1996). The Rig Veda: The Earliest Religious Poetry of India (S. W. Jamison & J. Brereton, trad.). Oxford University Press. 

(3) Evola, J. (1994). Revuelta contra el mundo moderno. Ediciones Heracles. 

(4) Le LARP (Live Action Role-Playing) est un jeu dans lequel les participants incarnent physiquement un personnage dans des environnements réels. Comme dans le jeu de rôle sur table, les joueurs adoptent des identités, utilisent des costumes et agissent selon certaines règles. 

(5) Rimbotti, L. L. (1992). Il mito al potere. Settimo Sigillo. 

(6) Nietzsche, F. La gaya ciencia. Alianza Editorial. 

(7) Rimbotti, L. L. (2026). La revolución pagana. Relativismo étnico y jerarquía de las formas. Padoue : Edizioni di Ar / Editorial EAS. 

(8) Julien. (1981). Discursos I-IV (Á. García Gallo, trad.). Editorial Gredos. 

(9) Haudry, J. (2017). Los indoeuropeos. Ediciones Retorno. 

(10) Sturluson, S. (2016). Textos mitológicos de las Eddas. Miraguano Ediciones.

jeudi, 25 juin 2020

Les deux solstices et les deux Jean

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Les deux solstices et les deux Jean
Ex: https://www.facebook.com/notes/jean-louis-ragot/
 
L’année constitue un cycle. Ce cycle comprend un point le plus bas (et le plus froid), la nuit la plus longue ; et un point le plus haut (et le plus chaud), le jour le plus long. Ces deux points sont diamétralement opposés et constituent les deux solstices, les deux grands tournants de la course annuelle du soleil. A ces deux solstices correspondent les deux saint Jean du calendrier chrétien : saint Jean Évangéliste, qui est fêté le 27 décembre, et saint Jean Baptiste dont on célèbre la nativité le 24 juin.
 
Le solstice d’été est l’apogée de la course du soleil, c’est le sommet de la saison chaude. Jour le plus long de l’année, il est le point culminant de la course du soleil. Après être monté de plus en plus haut chaque jour, il entame sa course déclinante. Ainsi, alors qu’il est une victoire de la lumière sur l’obscurité, le solstice d’été est aussi le commencement de la descente vers cette même obscurité. Les Nordiques consacraient ce jour au dieu Balder, dieu solaire et printanier. Pour célébrer la victoire du soleil sur les ténèbres, on allumait des feux au sommet des collines ce qui symbolisait l’arrivée de l’astre solaire au sommet de sa course. Ces feux ont survécu à la christianisation, et se perpétuent de nos jours le 23 juin sous le nom de feux de la Saint Jean. Au cours de cette fête, qui est communautaire, à la différence de Noël qui est centrée sur le foyer, le feu est allumé à l’extérieur. Il a une finalité essentiellement purificatrice : Dans nos campagnes, on faisait passer le bétail dans la fumée pour le protéger des maladies, on sautait au dessus du feu pour se purifier, on gardait les tisons jusqu’à Noël, date à laquelle ils servaient à allumer la bûche. La fonction purificatrice et fécondante du feu solsticial était marquée par le fait de lancer des roues enflammées qui dévalaient les pentes des collines pour parcourir les champs. Ces roues de feu devaient purifier les champs, mais symbolisaient aussi le cours du soleil fécondant les sillons porteurs des moissons qu’il ferait mûrir. Cette pratique a existé depuis le monde romain, où elle est déjà attestée, jusqu’au folklore européen. La fête du solstice d’été, au centre de la saison joyeuse est, à l’inverse de Noël, une fête triste : le soleil ayant atteint le point culminant, va commencer son déclin. De plus, la période des récoltes qui commence ne permet pas de festoyer pendant douze jours comme à Noël. Les réjouissances estivales auront lieu plus tard, à l’Assomption, grande fête mariale. En Suède, les feux du solstice d’été sont appelés les feux funéraires de Balder.
 

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Le solstice d’été est donc une fête triste qui se déroule pendant la saison joyeuse, le solstice d’hiver est, à l’inverse, une fête joyeuse située au centre de la saison sombre. Les feux de la saint Jean ont lieu en la fête de la nativité de saint Jean Baptiste. Précédant de six mois celle du Christ, elle place le saint sans un rôle d’un précurseur qui doit s’effacer une fois sa tache accomplie ce qu’il fait en disant : Il faut qu’Il croisse et que je diminue (Jean III, 30).
 
Le solstice d’hiver est la nuit la plus longue de l’année : deux tiers de nuit pour un tiers de jour. Mais le jour va commencer à croître et cet état de choses est marqué dans la fête de Noël. L’hiver est une période de chaos, si la nature est endormie sous le givre, les forces obscures, rodent de par le monde depuis Samain (la Toussaint). Noël, dont le nom vient de l’allemand Neue Helle, “nouvelle lumière”, est c’est l’espérance en des jours meilleurs qui va transcender la détresse hivernale par le biais de rites solsticiaux qui ont laissé des traces dans notre façon de célébrer Noël. Le fait religieux de Noël trouve donc sa source dans une phénoménologie saisonnière et donc cyclique. L’homme, observant la nature, ne cherche pas à expliquer celle-ci par la religion. La religion n’apparaît, au contraire, qu’au moment où l’homme s’est approprié un certain nombre de connaissances relatives à son environnement naturel et aux phénomènes cycliques. C’est ainsi que le calendrier, qui est religieux, se modèle sur les cycles de la nature, à tel point que parler d’“année liturgique”peut paraître un pléonasme.
 
La Révélation vient ensuite. L’avatar ne se manifeste que lorsque les hommes sont préparés à sa venue, d’où l’importance d’un précurseur. Dans le christianisme, c’est Jean Baptiste. A l’inverse, la religion, ce lien entre les hommes et Dieu, disparaît lorsqu’elle a perdu tout son sens, lorsqu’elle ne remplit plus sa mission libératrice qui consiste à conduire les hommes au delà du cercle de leur vie matérielle. Ainsi, on n’a pu faire admettre aux ouvriers que la religion est l’opium du peuple que parce que l’âme celui-ci avait commencé préalablement à se vider de sa spiritualité, alors que coupé de ses racines paysannes et spolié de ses moyens de production (qui ont été souvent le support de sa vie spirituelle1), l’injustice de la loi d’airain l’avait confiné aux inquiétudes de la survie quotidienne.

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Noël peut venir du latin natalis, “jour de naissance” ou “anniversaire”. L'Église catholique a fixé la naissance du Christ le 25 décembre, dans le but de faire face à la concurrence des anciens cultes, tout en intégrant les pratiques populaires de l’ancienne religion. C’est ainsi qu’on relève toute l’année, et plus particulièrement au solstice d’hiver, des faits socio–religieux qui intègrent dans la fête chrétienne des éléments plus anciens qui, malgré la disparition de ses élites religieuses (druides, godis, pontifes...), n’a jamais été complètement abandonnée par les peuples européens depuis l’avènement du christianisme. Ces faits socio–religieux reposent toujours sur un calendrier basé sur la course annuelle du soleil dont le dies natalis était fêté au solstice d’hiver. Ainsi, le Christ ne pouvait naître qu’au cœur de l’hiver, au moment où les hommes sont le plus en détresse : au solstice d’hiver. Il en découle que la crèche où naît l’enfant divin (qui n’est pas forcément Jésus, car Mithra naît aussi dans une grotte au solstice d’hiver), tout en étant la représentation d’un fait unique : la Nativité, est en même temps un symbole s’ajoute à celui des flammes des bougies, des torches et des foyers traditionnels que nous allumons toujours pour illuminer la nuit la plus longue de l’année.
 
Noël est une fête familiale, intime. Les ancêtres sont évoqués mais on célèbre surtout les enfants, car ils représentent l’avenir, l’espérance, le printemps ; comme le soleil, ils vont croître, jusqu’à l’apothéose de leur jeunesse, après laquelle ils fonderont une nouvelle famille, transmettront l’héritage ancestral à leurs petits enfants, avant de devenir eux-mêmes des ancêtres. Cet héritage n’est pas que matériel. A coté de la famille (autrefois élargie au clan) on trouve d’autres unités qui sont la commune, ensemble de familles vivant dans un même lieu et qui se réunissent pour des célébrations collectives, comme les feux de la saint Jean ; et le métier qui se trouvait autrefois sous le patronage d’un saint dont la solennité donnait lieu à un culte religieux et à des réjouissances. Ce ciment communautaire, qui était la base horizontale de la spiritualité populaire, s’est fondu dans la masse de la cité moderne où l’homme, par le fait même d’être coupé de ses racines, a oublié sa religion.

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Le solstice d’hiver marque le début de la phase ascendante du cycle annuel. Au milieu de la nuit hivernale, il est la porte qui mène à la lumière, la porte des dieux. Le 27 décembre est fêté saint Jean Évangéliste. La saint Jean d’hiver, juste au moment où le soleil vient de commencer sa course ascendante, constitue donc la répercussion religieuse d’un phénomène naturel. De plus, le fait qu’au solstice d’hiver soit célébré ce qui ne meurt jamais, associé à l’image de Jean ne peut que faire penser à un étonnant verset de la fin de son Évangile : Le bruit courut parmi les frères que ce disciple ne mourrait point. Cependant Jésus n’avait pas dit à Pierre qu’il ne mourrait point ; mais : Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe? (Jean XXI, 23). Demeurer jusqu’au retour du Christ, tel est le rôle de Jean Évangéliste dans le mystère chrétien, et nous verrons que les Anciens tenaient déjà pour sacré ce qui, dans la nature, demeurait pendant la saison où le soleil, au plus bas de sa course, allait commencer à remonter. C’est le cas des arbres et arbustes à feuilles persistantes, qui représentaient ce qui ne meurt pas l’hiver. C’est cette végétation qui est encore utilisée dans la décoration des maisons, car la fête de Noël est la continuation, sous un nom chrétien, de cette ancienne fête du soleil renaissant.
 
L’un ayant rempli son rôle et l’autre demeurant dans l’attente du retour du Christ, les deux Jean correspondent à la symbolique du dieu Janus à deux visages, celui d’un homme âgé tourné vers le passé, et celui d’un homme jeune tourné vers l’avenir : « dans le christianisme, les fêtes solsticiales de Janus sont devenues celles des deux saint Jean, et celles-ci sont toujours célébrées aux mêmes époques, c’est à dire aux environs immédiats des deux solstices d’hiver et d’été(2). » Ces deux tournants de l’année sont considérés comme des portes, or « Janus,[...], est proprement le janitor qui ouvre et ferme les portes (januae) du cycle annuel, avec les clefs qui sont un de ses principaux attributs(3). » Ces portes sont les portes solsticiales. Le 21 juin s’ouvre la porte des hommes, et la porte des dieux s’ouvre le 21 décembre. La fête de Janus était célébrée aux deux solstices.
 

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Les fêtes solsticiales sont donc la transposition de l’observation de la course du soleil autour des deux solstices qui sont les pivots d’une division du cycle annuel en deux moitiés, l’une “ascendante”, l’autre “descendante”. L’hiéroglyphe du Cancer suggère cette inversion de la marche du soleil aux deux tournants de l’année que sont les deux solstices. Au milieu de ces deux parcours ascendant et descendant, se trouvent les équinoxes pendant lesquelles la durée du jour est égale à celle de la nuit (voir le signe de la Balance). L’année est donc divisée en quatre phases, les saisons, que notre calendrier fait commencer au moment des solstices et des équinoxes. Ces quatre phases ont leurs correspondances avec celles du mois lunaire : la nouvelle lune et le solstice d’hiver, le croissant et l’équinoxe de printemps, la pleine lune et le solstice d’été, et le décroissant, à l’entrée dans la phase la plus sombre, l’équinoxe d’automne. Dans la mythologie nordique, Odin, le dieu borgne, très présent pendant cette période, est amoureux d’un personnage féminin qui représente cette dernière phase de la lune. Il poursuit son reflet sur les lacs avant qu’elle ne disparaisse. C’est à partir du début de l’automne, lorsque les arbres perdent leurs feuilles et que les oies sauvages s’envolent vers le sud, qu’Odin mène la “chevauchée sauvage” des guerriers morts au combat, et c’est en novembre que se situe, depuis toujours, la fête des Morts.
 
 
Bibliographie :
C. Gaignebet, Le Carnaval, op. cit., pp. 65-86.
R. Guénon, Symboles fondamentaux de la science sacrée

vendredi, 27 janvier 2017

The Eight Traditional European Celebrations of the Seasons

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The Eight Traditional European Celebrations of the Seasons

The Wheel of the Year: A look into Europe's ancient traditions and myths, that illuminate her time-honored values.

Indigenous Europeans traditionally celebrate eight holidays whose dates are set by significant positions of the Earth as it revolves around the Sun. These positions are the two Solstices, the two Equinoxes, and the four cross-quarter points in between them. These positions of the Earth signify points in the cycle of the seasons, which in turn were linked with the agricultural lives of our ancestors. Before they created modern technology, the lives of our ancestors literally hung in the balance each year according to the fortunes of the weather and their crops. When your food stores have dwindled down to the corner of your cellar and there are no grocery stores, the rising of the Sun and blossoming of life in the Spring is truly a cause for celebration.

Several themes, reflecting European values, are interwoven throughout these celebrations. The need to promote cooperation and unity in the community. The need for careful reflection, assessment, and planning. The need to periodically clean up our refuse and bring order to our lives. The need for frugality, to "save up for a rainy day". And the need to occasionally let go and have fun, to explore, to enjoy the beauty of the Earth, the pleasures of life, and pride in our work and accomplishment. Lost in the madness of the modern world, we would do well to consider the lessons garnered by our forebears.

Imbolc.
Vernal Equinox (Ostara)
Beltane.
Midsummer (Litha)
Lammas/Lughnasadh.
Autumnal equinox (Mabon)
Samhain.
Midwinter (Yule)

http://fjamger.blogspot.al/2016/08/et...