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mercredi, 03 février 2021

Imbolc et la fête de l'Ours

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Imbolc et la fête de l'Ours

Llorenç Perrié Albanell

Ex: https://www.terreetpeuple.com

Catalogne du Nord : La fête de l’ours, une survivance païenne restée intacte

Nombreuses sont les fêtes païennes qui ont été récupérées, faute de mieux, par la religion chrétienne lors de son implantation. Cette dernière s’est heurtée à l’univers mental et spirituel des européens de jadis dont le style de vie était rythmé par le cycle des saisons. Des fragments des anciennes pratiques nous sont parvenus par le biais de ces syncrétismes et rares sont les fêtes qui sont restées intactes. C’est le cas de la fête de l’ours en Catalogne du Nord qui se déroule en février.

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La fête de l’ours, quelles correspondances ?

Imbolc, le 1er février, est chez les Celtes une fête d’ouverture vers la lumière. Un mois après la période sacrée du solstice d’hiver on constate déjà l’allongement des jours. Le nom d’Imbolc est lié à l’allaitement des agneaux nouveaux-nés, en correspondance avec la montée du lait des brebis et le réveil des végétaux. Le soleil annonce son retour, c’est donc l’arrivée prochaine du printemps qui est célébrée, aussi bien chez les Celtes que chez les Germains. Le 1er février est également le jour de Brigit, déesse mère, bienfaitrice et protectrice, notamment des troupeaux. Un texte irlandais du Xe siècle décrit Brigit comme la fille du grand dieu Dagda. Citons également pour la même période la fête romaine des Lupercales célébrée le 15 février, en l’honneur de Lupercus, dieu protecteur des troupeaux, assimilé à Pan1.

Dimension symbolique de la fête de l’ours

Les fêtes en Catalogne du Nord sont nombreuses, goigs dels ous (cantiques des œufs, fête qui se déroule à Pâques, à mettre en relation avec Ostara), les focs de la Sant Joan (les feux de la Saint Jean, à mettre en relation avec le solstice d’été), etc... son folklore est aussi riche que varié, le choix ici, comme le titre de l’article l’indique, va se porter sur une des plus anciennes des fêtes, la fête de l’ours. Les fêtes traditionnelles, généralement religieuses, pagano-chrétiennes,  agraires ou historiques, ont la particularité et l’avantage d’être cycliques. L’action s’inscrit dans le temps à date fixe, demande une préparation et par conséquent une immersion dans le monde de la tradition. Ce qui permet le maintien d’un lien intergénérationnel et une catalanisation constante des esprits, le sentiment d’appartenance à la communauté villageoise, provinciale ou nationale est permanent. La fête de l’ours puise ses origines dans les rites païens de fécondité, la lutte de la vie ( renaissance printanière) contre la mort hivernale. Elle est présente à Céret, Prats de Mollo et Saint Laurent de Cerdans. Généralement elle a lieu entre janvier et février, à noter un rapprochement avec la fête du carnaval. La fête du carnaval s’inscrit dans la logique de l’antique fête païenne d’Imbolc (ancien nom celte, ère pré-chrétienne) où il fallait célébrer la défaite de l’hiver face au printemps par des réjouissances quelque peu débridées d’où la forme ancienne qui consistait à simuler une chasse, le gibier, personnifiant l’hiver mis à mort. Les villageois représentant le camp de l’hiver devaient être affublés de peaux de bêtes et de caparaçons de paille2. En Vallespir l’image de l’hiver est personnifiée par l’ours. De nos jours cette fête est toujours d’actualité et bénéficie d’un large succès. Le déroulement de la fête peut sembler, pour les visiteurs tranquilles, un peu brutal. Les hommes du village, des chasseurs, partent réveiller ce fameux ours, endormi dans sa grotte.  Il est incarné généralement par un ou plusieurs participants, de préférence robustes, vêtus comme dans les temps anciens d’une peau de bête, la figure et les mains enduites de suie, détail important lors des attaques.  Une fois réveillé notre faux plantigrade se rue sur tout le monde, sans distinction, ou presque, puis les enduit de cette fameuse suie, les femmes généralement par ce geste sont considérées comme fécondées. La fête est généralement accompagnée par des musiques  traditionnelles, une chanson revient souvent, c’est évidemment celle de l’ours. Musique, cris, poursuites dans les rues, bruits de bâtons qui s’entrechoquent, pétards et autres instruments dédiés au chaos sonore mettent le village dans une ambiance d’émeute ! La légende est contée en catalan, heureusement car le rituel conserve donc tout son sens. Bien évidemment les villageois sont les grands vainqueurs de ce combat. L’ours est tondu avec une hache en place publique, et comme par magie il redevient un homme, le printemps, la vie en définitif a eu raison de la noirceur de l’hiver3.

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Pour conclure : Outre le fait de chasser l’hiver qui affame, le rituel de la fête de l’ours selon Robert Bosch évoque une seconde hypothèse complémentaire4 : « Il symbolise le printemps, la renaissance de la nature et des êtres. De plus, l’ours permet aux villageois d’enrayer le problème de la consanguinité qui menace la conservation de l’ethnie. Les dimensions symboliques de l’ours suffisent au maintien des communautés villageoises vallespiriennes qui n’ont besoin de personne d’autre pour subsister ! »

Llorenç Perrié Albanell

A suivre sur Ronde Païenne des Quatre saisons :

https://www.youtube.com/channel/UClUqxeW0YiW87JnHZkGbVnQ

https://www.facebook.com/Ronde-païenne-des-quatre-saisons-105804574440226/?comment_id=Y29tbWVudDoxODE1NjgyNTY4NjM4NTdfMTgxNjIwMDcwMTkyMDA5

Notes:

1 Vial, Pierre, Fêtes païennes des quatre saisons, Les Éditions de la forêt, Saint-Jean-des-Vignes, 2008.

2Ibib.

3Perrié Albanell, Llorenç, Nationalismes irlandais et catalans, convergences, similitudes et différences, Les Éditions de la forêt, Forcalquier, 2014,

4Pagès, Magalie, Culture populaire et résistance culturelle régionale, Paris, L’Harmattan, 2010.

mardi, 02 février 2021

L'histoire d'Imbolc (et de la marmotte!)

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L'histoire d'Imbolc (et de la marmotte!)

par Catherine Bentley

https://www.truehighlands.com

Traditions saisonnières et culture dans les Highlands écossais

En tant que (vrais) Highlanders, nous sommes façonnés par de nombreuses choses. Notre histoire, nos traditions et notre culture communes ont, pour le meilleur ou pour le pire, largement contribué à définir qui nous sommes vraiment. À la veille d'Imbolc, lorsque nous regardons derrière nous et que nous considérons les rituels du passé, il est tout à fait naturel de se demander si ces anciennes traditions ont une place dans le monde moderne. Les étudiants en histoire font souvent remarquer qu'ils étudient le passé afin de mieux comprendre le présent. Ainsi, si nous regardons Imbolc, que nous dit-il sur notre situation actuelle ?

Le 1er février, c'est Imbolc

Imbolc, qui tombe le 1er février, est l'une des pierres angulaires du calendrier celtique. Pour les habitants des Highlands, le succès de la nouvelle saison agricole était d'une grande importance. Comme les réserves d'hiver devenaient insuffisantes, les rituels d'Imbolc étaient effectués pour assurer un approvisionnement régulier en nourriture jusqu'à la récolte six mois plus tard. Au fil du temps, l'église a assimilé de nombreuses facettes de cette fête, principalement en raison de la réticence des Highlanders à perdre une partie aussi importante de leur culture et du pragmatisme des églises à adapter des idéologies apparemment contradictoires quand cela leur convenait.

Ainsi, Imbolc devint la Chandeleur et la déesse païenne Bridhe qui lui était associée devint Sainte-Bride, soit la Sainte Epouse (de Bride = la mariée, l’épousée, ndt). Dans les Hébrides extérieures, cependant, les populations locales se sont raccrochées un peu plus à leurs traditions et les coutumes ont évolué pour devenir un hybride spirituel unique, à mi-chemin entre la fête chrétienne moderne qui se tient le premier février et le paganisme traditionnel de nos ancêtres.

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Sainte-Bride et la Chandeleur

La Chandeleur elle-même a des origines très alambiquées. Dans ses efforts pour christianiser la divinité païenne populaire de la terre, Bridhe, l'église l'a rebaptisée Sainte Épouse et lui a donné une histoire colorée, où elle a été miraculeusement transportée à Bethléem pour assister à la naissance du Christ. L'église a également emprunté à la Rome antique, où un rite similaire, à cette époque de l'année, honorait la déesse Juno Februata (à l'origine du nom de ce mois) dont les adorateurs, ce jour-là, portaient des bougies allumées pour l'honorer. Dans les régions de langue gaélique d'Écosse en particulier, la déesse Brighid était toujours tenue en haute estime et c'est là que les coutumes et les rituels associés ont mis le plus de temps à disparaître.

Le 31 janvier Óiche Fheil Bhrighide, qui signifie la veille de la fête de Brighid en gaélique, la dernière gerbe de blé de la récolte précédente était habillée en Brighid et emmenée de maison en maison par des jeunes filles. Elles habillaient et décoraient cette effigie avec des coquillages et des cristaux étincelants ainsi qu'avec toutes les petites fleurs et la verdure qui poussaient à cette époque de l'année. Un coquillage ou un cristal très brillant était placé sur son cœur. On l'appelait reul iuil Brighde, l'étoile directrice de Bride. Les jeunes filles, vêtues de blanc avec les cheveux tombés, portaient la mariée en procession, lui chantaient une chanson et visitaient chaque maison. Tout le monde devait la vénérer et lui faire une offrande. Les mères lui donnaient un bannock, du fromage ou un petit pain au beurre. Enfin, elles se rendaient dans une maison pour faire un festin, les hommes étant autorisés à entrer après un certain temps. Une grande partie de la nourriture était conservée et distribuée plus tard aux pauvres.

Le lit de berceau de la mariée

Dans une autre tradition, les femmes âgées de chaque foyer fabriquaient un berceau appelé le lit de la mariée. Elles en faisaient une figure à partir d'une gerbe d'avoine décorée de rubans, de coquillages et de cristaux. La femme se dirigeait vers la porte et appelait doucement en gaélique "le lit de la mariée est prêt" ou "Brighde, entre, ton accueil est vraiment fait". Ce faisant, ils invoquaient l'esprit de Brighde et elle était vraiment présente dans la figure qu'elles avaient faite. Elles ont ensuite placé Brighde dans le lit avec un bâton droit à côté d'elle (le slachdan Brighde).  Puis elles l'ont lissée sur les cendres de l'âtre, la protégeant des courants d'air. Le matin, elles les examinaient avec empressement. Elles étaient très heureuses si elles trouvaient la marque de la baguette de Brighde, mais elles étaient ravies si elles trouvaient sa véritable empreinte de pas, car cela prouvait qu'elle était vraiment avec eux cette nuit-là et qu'elles auraient de la chance tout au long de l'année à venir.

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Les croix de St Bride

Une coutume plus courante, qui a survécu dans de nombreuses zones rurales, est le tissage de croix de St Bride à partir de joncs. Ces croix étaient construites la veille au soir et accrochées autour de la maison pour porter chance.

Contrairement à la fête du Samhain, et peut-être en raison d'un festival initialement consacré à une déesse, la plupart des activités rituelles étaient centrées sur les femmes et les filles du village. Il s'agissait également d'une célébration plus personnelle et localisée plutôt que d'une affaire de communauté. Cet aspect a également été repris à l'époque chrétienne, lorsque la fête avait tendance à être célébrée en famille à la maison, par opposition à un acte de culte communautaire à l'église.

Il existe également un lien étroit avec l'huîtrier dont le nom gaélique est gille bridhe, ou serviteur de Bridhe. Dans la tradition ancienne, Bridhe les appelait de sa main et les envoyait guider les marins vers le rivage par mer agitée. Entendre leur appel distinctif pour beaucoup est le signe que le printemps est en route.

Holy Wells (puits sacrés) en Écosse

Les puits sacrés étaient aussi traditionnellement visités ce jour-là, les visiteurs priaient pour la santé en marchant au soleil autour d'eux et laissaient des bouts de tissu trempés dans l'eau sur les arbres voisins. Depuis l'arrivée de l'Église réformée aux Hébrides, il y a peu de puits avec des dédicaces saintes ; cependant, pour les curieux, il en existe encore un à côté d'une chapelle en ruine sur une ferme de Melbost. Noté par l'Ordnance Survey comme Teampull Bhrighid, c'est un lien concret avec les histoires passées. Qui sait avec certitude quel genre de rituels auraient eu lieu en ce jour, ici, il y a des centaines d'années.

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À Barra, le jour de la mariée, on tirait au sort les meilleurs iolachan iasgaich ou bancs de pêche. Après l'église et un sermon sur les vertus et les bénédictions de la mariée, le prêtre exhortait la congrégation à éviter les disputes et les querelles concernant la pêche. Après être sortis de l'église, les hommes tiraient au sort les bancs de pêche des années suivantes, juste à la porte de l'église.

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Aucune mention d'Imbolc ne serait complète sans une mention de la tradition contemporaine. Les rituels évoluent avec le temps et souvent, lorsque les gens partent à la découverte du monde, ils s’adaptent à de nouveaux foyers et à de nouvelles circonstances. Comme nous l'avons vu avec les colons américains sculptant des citrouilles plutôt que des navets lors de cette autre fête païenne importante qu’est le Samhain ; nous pouvons également faire remonter les origines du « Jour de la marmotte » (Groundhog Day) en Europe. Ce jour-là, chaque année, les yeux de l'Amérique se tournent vers une petite ville de Pennsylvanie popularisée par un film de 1993 intitulé Groundhog Day. Lorsque Punxsutawney Phil sort de son terrier, si le ciel est nuageux, le printemps arrivera tôt mais s'il est ensoleillé, la marmotte verra soi-disant son ombre et se retirera dans sa tanière, et le temps hivernal persistera pendant six semaines encore.

Rituels de purification païens romains

Les origines de cette coutume spécifique sont enregistrées sous le nom de Lupercalia, un rituel romain païen de purification qui avait lieu le 15 février sur l'ancien calendrier romain, lorsqu'un hérisson était chargé de la divination du temps. Ces croyances ont survécu à la christianisation de l'Europe et se sont plutôt rattachées à la Chandeleur en tant que folklore. Les colons européens en Amérique du Nord ont maintenu la tradition païenne, mais avec la marmotte indigène. La tradition, bien qu'elle ne soit plus observée en Écosse, fait l'objet d'un proverbe gaélique :

Thig an nathair as an toll
Là donn Brìde,
Ged robh trì troighean dhen t-sneachd
Air leac an làir.

The serpent will come from the hole
On the brown Day of Bríde,
Though there should be three feet of snow
On the flat surface of the ground

Le serpent sortira du trou

Le jour brun de Bríde,

Bien qu'il devrait y avoir trois pieds de neige

Sur la surface plane du sol

C'est une sorte de victoire des anciennes coutumes sur les nouvelles, alors que des millions de personnes savent ce qu'est le « Jour de la marmotte » mais ne connaissent pas la Chandeleur. Mais plus que cela, cela montre l'attrait durable de la tradition et du paganisme. En ces temps incertains où quelques personnes luttent pour donner un sens au monde qui les entoure, le rituel peut donner un sens à la vie. Que vous regardiez le Phil de Punxsutawney en direct sur Internet, que vous allumiez une bougie ou que vous tissiez une croix de St Bride ce soir, vous faites partie de quelque chose de plus grand, de général, c’est plus pertinent que jamais.

10:26 Publié dans Traditions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : traditions, chandeleur, sainte brigitte, imbolc | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

dimanche, 02 février 2020

Imbolc... La fête celtique de la lumière et de la purification

Imbolc... La fête celtique de la lumière et de la purification

[NB: Pour le calcul exact de la date d'Imbolc: Pour Ambiuolcato, il faut que la lune soit gibbeuse montante (entre le premier quartier de lune et la pleine lune) et que le soleil soit dans le Verseau].

Dans la tradition païenne des Celtes, le 1er février se célébrait la fête connue sous le nom d'Imbolc. Cette fête hivernale annonçait le prochain retour du printemps. Imbolc marquait avant tout le retour de la lumière et des forces solaires. Dans le grand rythme des cycles saisonniers, le 1er février est un hymne à la lumière et aux jours qui petit à petit reprennent de la vigueur. Cependant, le mois de février se caractérise dans toutes les traditions indo-européennes par un accent mis sur la symbolique lunaire et les Déesses qui l'accompagnent. Ceci s'explique par le fait que les forces solaires ne sont pas encore au plus fort de leur course cyclique, élément qui nous rappelle le règne hivernal de l'obscurité et de la lune.

Imbolc est ainsi dédié à une Déesse celtique, la Déesse Brigit. C'est elle qui apporte ce retour cyclique de la lumière. Brigit est le nom irlandais de la Déesse, et il correspond à la Déesse Brigantia (actuelle Grande-Bretagne) ainsi qu'à la Déesse gauloise Rigani. Elle est un des aspects de la grande Déesse qui fut très vénérée chez les Celtes. Son nom vient de celui d'une tribu indo-européenne et signifie "altesse", "sublimité". Ce nom de Brigit se retrouve dans la toponymie de nombreux endroits de l'Europe celtique pour lesquels on peut déduire qu'elle y était partciulièrement adorée: Bragana (Portugal), Bregenz (Autriche), Brig (Valais, Suisse), Brega (Irlande), Braint (GB), Barrow (GB), Brent (GB). Ses fonctions sont multiples car son culte est rattché à la protection divine, la prophétie, la médecine, la fertilité et fécondité. Le bétail lui était dédié, ce qui nous renvoie encore une fois aux notions d'abondance et de fertilité. Mais dans la tradition populaire elle est avant tout restée comme une Déesse liée au feu. Cette symbolique du feu la connecte à celle du soleil dont elle incarne le retour en période hivernale. Une tradition toujours très vivante pour Imbolc est celle qui consiste à faire avec du jonc tressé une croix de Brigit. Cette croix que l'on peut voir sur la photo n'est autre qu'un swastika, symbole solaire par excellence. Ce swastika correspond tout à fait au symbolisme du retour de la lumière solaire. De nos jours encore en Irlande existe la coutume de tresser pour le 1er février des croix de Brigit, les enfants dans les maternelles et les écoles s'y donnent à coeur joie. Le culte de la Déesse Brigit était tellement enraciné parmi les peuples celtes, que la christianisation n'arriva jamais à supprimer son culte. Les tentatives furent pourtant nombreuses de la part des chréti(e)ns, mais tout comme pour d'autres Divinités païennes, l'église se vit obligée finalement de la christianiser en faisant d'elle Sainte-Brigid. Ce n'est bien-sûr pas un hasard si la date de cette Sainte-Brigid fut placée au 1er février.

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Une autre caractéristique majeure de la fête d'Imbolc est la norme qui voulait qu'on se lave de forme rituelle les mains, les pieds et la tête. Ceci fait évidemment partie d'un rite de purification. Ce genre de rite est à mettre en parallèle avec les traditions romaines du mois de février comme celle des Lupercalia. Comme nous l'avons récemment vu, "februa" était un terme latin pour désigner les cérémonies de purification. Se purifier lors de la fête celtique d'Imbolc était donc en harmonie complète avec les forces cosmiques qui elles aussi se purifient au mois de février afin de préparer le retour cyclique des forces solaires.

L'étymologie du nom d'Imbolc est également très révélatrice. Imbolc vient de l'ancien irlandais "i mbolg" qui veut dire "dans le ventre". Ce terme fait bien-sûr référence à la grossesse d'une femme enceinte. Cette grossesse est liée à Brigit comme Déesse de la fécondité et protectrice des femmes enceintes. Par ailleurs l'aspect prophétique de la Déesse a lui aussi laissé des traces dans la célébration d'Imbolc étant donné qu'au 1er février on pratiquait beaucoup la divination. Le moment était propice pour interroger les signes afin de savoir ce que l'avenir réserve au foyer et au clan.

Pour Imbolc, n'oubliez donc pas de vous purifier, car vous préparerez de cette manière le grand retour de la lumière solaire, celui qui nous promet de beaux jours pour l'avenir.

JOYEUX IMBOLC À TOUTES ET À TOUS !!!

Hathuwolf Harson

Sources:
"Lexikon der keltischen Mythologie", Sylvia und Paul F. Botheroyd.

http://en.wikipedia.org/wiki/Imbolc

Origines païennes de février dans la tradition romaine: https://www.facebook.com/photo.php?fbid=361818503956964&set=a.305425889596226.1073741835.230064080465741&type=1&theater

Symbolisme du swastika: https://www.facebook.com/photo.php?fbid=315806118558203&a...

vendredi, 27 janvier 2017

The Eight Traditional European Celebrations of the Seasons

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The Eight Traditional European Celebrations of the Seasons

The Wheel of the Year: A look into Europe's ancient traditions and myths, that illuminate her time-honored values.

Indigenous Europeans traditionally celebrate eight holidays whose dates are set by significant positions of the Earth as it revolves around the Sun. These positions are the two Solstices, the two Equinoxes, and the four cross-quarter points in between them. These positions of the Earth signify points in the cycle of the seasons, which in turn were linked with the agricultural lives of our ancestors. Before they created modern technology, the lives of our ancestors literally hung in the balance each year according to the fortunes of the weather and their crops. When your food stores have dwindled down to the corner of your cellar and there are no grocery stores, the rising of the Sun and blossoming of life in the Spring is truly a cause for celebration.

Several themes, reflecting European values, are interwoven throughout these celebrations. The need to promote cooperation and unity in the community. The need for careful reflection, assessment, and planning. The need to periodically clean up our refuse and bring order to our lives. The need for frugality, to "save up for a rainy day". And the need to occasionally let go and have fun, to explore, to enjoy the beauty of the Earth, the pleasures of life, and pride in our work and accomplishment. Lost in the madness of the modern world, we would do well to consider the lessons garnered by our forebears.

Imbolc.
Vernal Equinox (Ostara)
Beltane.
Midsummer (Litha)
Lammas/Lughnasadh.
Autumnal equinox (Mabon)
Samhain.
Midwinter (Yule)

http://fjamger.blogspot.al/2016/08/et...

mercredi, 28 janvier 2015

To celebrate Imbolc

Song: Imbolc (Candlemas)
Artist: Lisa Thiel
Album: Circle Of The Seasons
# song: 03

Lyrics

Blessed Bridget comest thou in
Bless this house and all of our kin
Bless this house, and all of our kin
Protect this house and all within

Blessed Bridget come into thy bed
With a gem at thy heart and a crown on thy head
Awaken the fire within our souls
Awaken the fire that makes us whole

Blessed Bridget, queen of the fire
Help us to manifest our desire
May we bring forth all thats good and fine
May we give birth to our dreams in time

Blessed Bridget comest thou in
Bless this house and all of our kin
From the source of Infinite Light
Kindle the flame of our spirits tonight

Blessed Bridget come into thy bed
With a gem at thy heart and a crown on thy head
Awaken the fire within our souls
Awaken the fire that makes us whole

Blessed Bridget, queen of the fire
Help us to manifest our desire
May we bring forth all thats good and fine
May we give birth to our dreams in time

Blessed Bridget comest thou in
Bless this house and all of our kin
From the source of Infinite Light
Kindle the flame of our spirits tonight

Lisa Thiel - Imbolc (Candlemas)

 

Reclaiming - Welcome Brigid - sung by Beverly Frederick

 

 

jeudi, 10 février 2011

La chandeleur sans les crêpes

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La chandeleur sans les crêpes

Ex: http://www.insolent.fr/

110203Il paraît que le président Obama se dit chrétien. Je lui dédie donc ce texte avec plaisir.

Du temps de nos grands-mères, on n'eût pas imaginé, au soir du 2 février, chaque année, de ne pas faire des crêpes. Ce très vieil usage français remontait à on ne savait quand. Aujourd'hui, bien des gens soupirent, peut-être à juste titre, à propos de la déchristianisation de la France. Mais ils ne font en général que ronchonner, pour la plupart d'entre eux, comme s'il s'agissait d'une simple perte purement esthétique de ce qu'on appelle l'identité, sans jamais dire de quoi il retourne.

Chacun pourtant devrait s'interroger. Les origines de cette coutume et même la signification de cette fête de la chandeleur semblent ignorées du plus grand nombre.

Commençons par les crêpes. On attribue cet usage au pape nord-africain Gélase Ier (492-496) qui aurait imposé à Rome cette fête dite aussi la Sainte Rencontre. Adversaire ardent de l'hérésie monophysite, il voyait dans l'épisode évangélique, propre à saint Luc, chapitre II, versets 21 et suivants, une illustration des deux natures, divine et humaine, du Christ. En cette occasion auraient été distribuées les fameuses crêpes dont la coutume a été conservée, avec plus ou moins de talent culinaire, jusqu'à nos jours. Cette festivité fut aussi imposée aux habitants de l'ancienne Rome et aux occidentaux comme substitut de cérémonies païennes d'hiver, à Rome les lupercales, en Scandinavie et en Germanie le culte de la fécondité qui deviendra la sainte Brigitte, en Gaule et en Irlande la lustration d'Imbolc prendra le même chemin.

Mais en réalité cette commémoration de la présentation au Temple de l'Enfant Jésus, lors de son 40e jour a été instituée en Palestine. Elle existait déjà à l'époque du pèlerinage d'Éthérie à Jérusalem, c'est-à-dire au IVe siècle, plus de 150 ans avant Gélase.

Sur la rencontre, le récit de Luc est parfaitement explicite. On peut regretter à ce sujet que les lectures liturgiques commencent au verset 22.

Car, si l'on prend l'épisode, ce que les exégètes appellent la "péricope" évangélique dans son entier, à partir du verset 21, il y est d'abord mentionné la circoncision de l'enfant au 8e jour, selon la loi du Seigneur.

Puis, les deux parents, et pas seulement la sainte Vierge, verset 22 (1) observent une période de purification de 40 jours. Ce délai, que l'on retrouve dans toute la vie chrétienne reprend les 40 années de passage des Hébreux dans le désert, épreuve nécessaire, aux yeux des rédacteurs de la Bible, à ce que le peuple reçoive sa terre et sa loi. À la suite de quoi ils font l'offrande si poétique des deux tourterelles. (2)

Et enfin, c'est aussi en application de la Loi de Moïse que l'enfant premier-né est présenté au temple de Jérusalem. (3)

L'évangéliste Luc, comme l'on sait, écrivait directement en grec pour les païens de culture grecque. Il se basait en grande partie sur les souvenirs de témoins oculaires et notamment sur ceux de Marie elle-même (4).

Or, il souligne par ce récit, et il le fait précisément à l'usage des convertis venus du paganisme, que le Seigneur et Sauveur est bel et bien né dans le judaïsme (5). On peut en tirer, et on en a tiré, au cours de l'Histoire, des conclusions très contrastées. Les faits sont sacrés les commentaires sont libres.

Mais relativement à cette donnée scripturaire, que tout chrétien doit recevoir et comprendre, cette présentation de l'Enfant devient "sainte Rencontre", du fait de la présence de deux personnages prophétiques qui attestent la continuité des deux "alliances" : le vieillard Syméon et la prophétesse Anne. L'un comme l'autre reconnaissent en Jésus le Messie. Le consolateur d'Israël est entré dans son Temple.

Finalement, cette fête nous donne la clef de toute notre "culture de l'Incarnation", laquelle a toujours rencontré sur sa route les fausses gnoses, les diverses hérésies, y compris celle que combattait Gélase à Rome et qu'avait anathématisée, un demi-siècle plus tôt, en 451, le concile de Chalcédoine.

Affirmée en Égypte par le moine Eutychès cette doctrine dite "monophysite" (6) ne veut voir, au contraire, dans le Christ que la nature divine en laquelle la nature humaine aurait été "absorbée comme une goutte d'eau l'est par la mer". Mais cette tendance se retrouve tout au long de l'Histoire du christianisme. La gnose de l'hérétique Marcion (dès le IIe siècle) ne dit déjà pas autre chose, dans son désir d'évacuer l'Ancien Testament. Maurras aussi quoiqu'en disent les maurrassiens catholiques, parlait du "venin juif du Magnificat". En occident, un croyant aussi ardent que Pierre Chaunu allait jusqu'à reconnaître "au fond nous sommes tous monophysites. Nous avons beaucoup de mal à concevoir la nature humaine de Jésus".

Pour dire les choses crûment beaucoup de chrétiens ne veulent pas entendre parler, par exemple, du "Christ hébreu".

Il fallait bien pourtant qu'Il appartienne à un peuple pour faire partie de l'humanité.

Oui, le Christ est né dans une patrie, oui, il a grandi dans une famille, oui il a exercé un travail.

Proclamer ou même imaginer le contraire serait le commencement de l'affreuse et sanglante utopie mondialiste. C'est au nom de cette lubie, que certains trouvent normal, depuis Washington ou depuis Paris, de juger de la vie des autres pays sans la connaître. Mais je m'égare, j'ai l'impression de revenir à une certaine actualité médiatisée, et mondialisée.
JG Malliarakis


Apostilles

  1. Luc 2,22 : "Puis, une fois passé le temps prescrit par la Loi de Moïse pour leur purification (texte grec originel :"katharistou auton" génitif pluriel), les parents de Jésus l’emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur."
  2. Lévitique 12.8 : "Si elle n’a pas de quoi offrir un agneau, elle prendra deux tourterelles ou deux pigeonneaux, l’un pour l’holocauste et l’autre pour le sacrifice pour le péché ; le prêtre accomplira le rite d’expiation pour elle, et elle sera rituellement pure."
  3. Exode 13.2 : "Consacre-moi tout premier-né qui naîtra parmi les Israélites ; qu’il s’agisse d’un garçon ou d’un animal, il m’appartient."
  4. Médecin et peintre, l'évangéliste réalisa les trois premières icônes en réalisant le portrait de celle que l'orthodoxie appelle la Mère de Dieu. L’une d'entre elles fut acquise en Palestine par l'impératrice Placidie. Rapportée dans la capitale de l'Empire, elle sert aujourd'hui encore de modèle à la "Conductrice" (Hodigitria) indéfiniment reproduite par les iconographes. On peut aujourd'hui encore la vénérer, sinon la contempler car elle est conservée à l'abri de la Lumière du jour, dans le monastère de Kykko, à Chypre.
  5. Dans son homélie du 2 février 2006, premier sermon comme pape de Rome, Benoît XVI donne un éclairage auquel les catholiques peuvent se référer.
  6. Ses adeptes s'adossaient à une citation malheureuse de saint Cyrille d'Alexandrie "une seule nature du Christ incarné". Le patriarche reniera plus tard cette formule.

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