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samedi, 25 janvier 2020

Dossier Strategika : Notre-Dame, Al Aqsa et le troisième Temple. La géopolitique des religions

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Dossier Strategika : Notre-Dame, Al Aqsa et le troisième Temple. La géopolitique des religions

Dossier exclusif (60 pages)

« Je présente mes condoléances à l'Imam caché », c’est ainsi que l’Ayatollah Khamenei, Guide suprême de la Révolution islamique, s’adressait à la nation iranienne au moment de rendre hommage au général Qassem Soleimani tué le 3 janvier dernier par un raid américain.[1] De son côté, le secrétaire d'État des États-Unis Mike Pompeo emploie régulièrement des images bibliques pour illustrer l’action de son administration, comparant par exemple Donald Trump à une nouvelle Esther venu délivrer le peuple juif de Haman, ce Vizir de l'Empire perse. Un ennemi antique des juifs qui renvoie dans la mémoire collective juive à l’Iran actuel.[2] Benjamin Netanyahu évoquait à son tour ces références vétéro-testamentaires lors d’une déclaration conjointe avec le secrétaire d'État américain Mike Pompeo en mars 2019 : « Nous célébrons Pourim, quand, il y a 2500 ans, d’autres Perses, menés par Haman, ont tenté de détruire le peuple Juif. Ils ont échoué ; et aujourd'hui, 2 500 ans plus tard, une nouvelle fois, les Perses dirigés par Khamenei tentent de détruire le peuple Juif et l'État Juif. »[3]

Pour cette longue mémoire juive qui traverse l’Histoire, la reconstruction du Temple de Jérusalem et la reprise des sacrifices à Yahvé en son sein constituent des éléments clefs du projet géopolitique de la droite religieuse israélienne. La reconquête du mont du Temple obsède et galvanise l’aile la plus religieuse du sionisme religieux depuis la guerre des Six Jours en 1967 mais constitue le cœur de son agenda théopolitique depuis bien plus longtemps.

Pour le chercheur occidental contemporain le phénomène religieux est généralement considéré comme un élément possible du bilan géopolitique (de par l'étude des représentations idéologiques des acteurs géostratégiques) mais rarement comme un élément central de l'analyse des rapports de force entre les puissances. Pourtant des penseurs politiques de la hauteur de vue d’un Carl Schmitt ont montré de quelle manière les conceptions politiques découlent généralement de concepts et de notions religieuses plus anciennes. C'est le domaine de la théopolitique ; domaine qui est un champ du savoir essentiel pour appréhender la nature profonde des conflits qui déchirent l'humanité contemporaine.

Toutes les puissances suivent et instrumentent un agenda religieux. La République française elle-même possède son propre fond religieux si l’on se réfère aux déclarations d’un Vincent Peillon qui affirme :

« L’idée que la République est areligieuse est une idée fausse. Très tôt après l’échec de la Constitution civile du clergé, votée en juin 1790, les jacobins, inquiets du mouvement des prêtres réfractaires et de l’importance, en vis-à-vis, du mouvement anticlérical, ont mis en œuvre l’idée d’un ‘‘culte civique’’[4] et d’une “religion de l’avenir” », et il ajoute que « La Révolution est en elle-même un projet de régénération. Avec ce projet de régénération, on fait émerger dans l’histoire profane une conception empruntée au vocabulaire religieux, qui désigne tantôt la naissance spirituelle du baptême, tantôt la nouvelle vie qui doit suivre la résurrection générale. La révolution de 1848 mais aussi la Commune utiliseront à nouveau ce vocabulaire. L’évêque constitutionnel de Lyon, Lamourette, ne s’y était pas trompé, lorsqu’il interprétait déjà la Révolution comme opérant une régénération christique des cœurs ».[5]

Emmanuel Macron fera lui aussi référence à plusieurs reprises à des éléments de langage religieux, évoquant une « transcendance » qui « nous dépasse et qui restera ». Transcendance en laquelle il dit croire même s’il ne croit pas au dieu personnel chrétien : « Je ne suis plus sûr de croire en un Dieu. Oui, je crois en la transcendance. (…) J'assume la dimension de verticalité et de transcendance, et en même temps elle doit s'accrocher à de l'immanence complète, à du matériel. Je ne crois pas à une transcendance éthérée. ».[6] C’est justement à cette transcendance immanente que le régime républicain aura recours pour tenter de juguler symboliquement le soulèvement populaire le plus long de l'histoire de France contemporaine : la révolte des Gilets jaunes.  

En partant de l’exemple de l’incendie de Notre-Dame et de ses suites, la présente étude traite des manipulations politiques du sacré au cours de l’histoire récente. Au travers d’exemples historiques divers, ce dossier montre comment un pouvoir politique qui persécute une religion peut, lorsqu’il s’agit de conjurer une menace mortelle, réactiver ponctuellement et se réapproprier la charge sacrée de la religion qu’il entend par ailleurs soumettre voire éradiquer. Ainsi, l’incendie de Notre-Dame a permis de resacraliser la fonction présidentielle dans un moment de crise existentielle de la République et de pousser une partie importante des électeurs de droite à voter pour son parti lors des élections européennes de 2019 qui se tinrent un mois après l’incendie de Notre-Dame.

Cette étude éclaire aussi l’exacerbation des tensions actuelles et la montée aux extrêmes des USA et d’Israël face à l’Iran. Y est notamment exposée l’influence des courants millénaristes évangélistes qui viennent empêcher les tentatives d’isolationnisme et de réalisme politique de l’administration Trump. Des courants qui poussent celle-ci à la guerre avec l’Iran au nom de conceptions issues d’interprétations littéralistes de l’Ancien Testament.

Enfin, la dernière partie de cette étude trace la généalogie, sur la longue durée, de ce véritable judéo-évangélisme qui tente aujourd’hui d’inclure toute la chrétienté au sein d’un judéo-christianisme pan-occidental et qui cherche à faire épouser l’agenda géostratégique et théopolitique des États-Unis et d’Israël à l’ensemble des nations historiquement chrétiennes.

Ce dossier contient un article co-écrit par les deux auteurs au moment de l'incendie de Notre-Dame, texte fondu dans la présente étude qui fait désormais 60 pages.

La rédaction de strategika.fr

Plan et contenu du dossier :

Notre-Dame, Al Aqsa et le troisième Temple :
La géopolitique des religions

Pierre-Antoine PLAQUEVENT
Youssef HINDI

 I - L’incendie de Notre-Dame et la crise de la République 

  • Incohérences techniques et projet de remodelage de l’île de la Cité
  • Une diversion politique en pleine révolte populaire ?
  • Quelques parallèles historiques
  • Persécution de la religion et manipulation du sacré : l’exemple soviétique
  • La destruction du catholicisme et des églises : une tradition républicaine
  • Subvertir l’Église pour mieux la faire haïr
  • Le sacrifice propitiatoire de Notre-Dame pour régénérer la République
  • Destruction de la cathédrale et construction d’un temple maçonnique

 II - De la destruction de Notre-Dame à la reconstruction du Temple de Jérusalem

  • L’incendie de Notre-Dame, un châtiment divin contre le christianisme ?
  • L’incendie de la Mosquée d’Al Aqsa et le Troisième Temple de Jérusalem
  • L’Évangélisme sioniste et la fin de l’Histoire
  • Le Troisième Temple et la guerre mondiale des religions

III - Les étapes du judéo-christianisme, du Moyen-Âge à nos jours

  • Quand l’Église réhabilite les pharisiens, ennemis du Christ
  • La kabbale chrétienne, une arme de subversion contre l’Eglise
  • Un kabbaliste au Vatican
  • Le frankisme comme prolongement de la kabbale chrétienne
  • De Jacob Frank à Jean-Paul II via Adam Mickiewicz
  • La Franc-Maçonnerie et l’Église conciliaire
  • Vatican II et le judéo-christianisme
  • Jésus et la Vierge Marie dans la littérature juive et le Talmud
  • Jésus et la Vierge Marie dans le Coran
  • Jésus et les pharisiens dans les Évangiles

[1] http://french.presstv.com/Detail/2020/01/03/615234/Notre-... 
[2] https://www.washingtonpost.com/religion/2019/03/22/pompeo...
[3] https://embassies.gov.il/paris/NewsAndEvents/Pages/Declar...
[4] Albert Mathiez, Les Origines des cultes révolutionnaires, 1789- 1792, Genève, Slatkine, 1977, p. 14.
[5] Vincent Peillon, Une religion pour la République, 2010, Seuil, pp. 65-66.

Sur la généalogie de la religion de la République, voir : Youssef Hindi, La Mystique de la Laïcité : Généalogie de la religion républicaine, 2017, Sigest.
[6] https://www.lejdd.fr/Politique/macron-ce-que-lon-sait-de-...
Voir aussi : https://www.youtube.com/watch?v=WVg2iqTfnus

 

vendredi, 24 janvier 2020

R. R. Reno’s Return of the Strong Gods

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R. R. Reno’s Return of the Strong Gods

StrongGods-197x300.jpgR. R. Reno
Return of the Strong Gods: Nationalism, Populism, and the Future of the West
Washington, DC: Regnery Gateway, 2019

Most of the people who come to the Dissident Right do so in spite of the Dissident Right. It is a common experience for those who become red-pilled to discover that the hatred they have experienced from the Establishment for the “sins” of being white or heterosexual or male is matched in vehemence by the hatred exhibited by many on the Dissident Right for those whose “sins” consist of having been born between the years of 1946 and 1964 or for being believing Christians. I know that there are many “silent” members of the Dissident Right whose views are not even expressed anonymously, but who have decided to remained cloistered—not out of fear of being doxxed—but out of a desire to limit the explicit hatred they endure to that from just those whose politics they oppose.[1] [2]

I have argued in these pages and elsewhere that the Dissident Right only exists as an intellectual movement. It has been, and continues to be, completely bereft of any political leadership. Indeed, before it can even begin to entertain the idea of engaging in real political activity, the Dissident Right must learn how to educate and persuade white people of the rightness of our cause. This will involve engagement with caucasians of all stripes, including Baby Boomers and Christians.[2] [3]

R. R. Reno’s Return of the Strong Gods: Nationalism, Populism, and the Future of the West is an important book and one that needs to be taken very seriously by the Dissident Right. The author demonstrates that the origin of our current situation is much more complex than that put forward by the standard Dissident Right narrative. Furthermore, he presents a critique of laissez-faire capitalism, globalism, and radical individualism from a Christian standpoint that is as withering as anything emanating from the pagan Dissident Right.

Reno is a former Episcopalian who converted to Catholicism. He received a doctorate in theology from Yale and taught theology at Creighton University for twenty years. Currently, he is the editor of the Catholic journal First Things, which is gradually coming over to an editorial stance that is receptive to many of the ideas of the Dissident Right.

Reno’s thesis is that the generation that experienced the horrors of World War II came through that conflict with an understandable desire to prevent such a cataclysm from ever occurring again. With the best of intentions, they created a postwar consensus that sought to downplay what Reno calls the “strong gods,” that is, “the objects of men’s love and devotion, the sources of the passions and loyalties that unite societies” (p. xii). This movement was heavily influenced by Karl Popper’s book The Open Society and Its Enemies (1945)—a book that was an expansion upon Max Weber’s concept of “disenchantment”—in which Popper argued that to avoid another world war it was necessary to “open up” society by emphasizing the individual over group solidarity. As Reno explains it, this can be summarized as the abandonment of the “strong god” of truth for the “weak god” of meaning. In Dissident Right terms, we would most likely refer to this shift as the abandonment of the biological imperative for the caprices of self-actualization.

The proponents of the postwar consensus believed that they were creating a post-ideological polity, one based entirely on the empirical results of social science research. Reno acknowledges that Popper himself was aware of the paradox that his position creates an ideology that is ultimately inflexible and hostile to dissent:

As Popper makes clear, pragmatism in politics—the end of strong truth-claims in public life—produces paradoxically powerful political and cultural imperatives. It requires denying principled political arguments and policies. Championing authenticity in personal life demands rejecting the authority of traditional moral norms. (p. 13, italics in original)

Reno then shows that the influence of two other books, Friedrich Hayek’s The Road to Serfdom (1944) and T. W. Adorno and Max Horkheimer’s The Authoritarian Personality (1950) contributed heavily to the process of “weakening” and “disenchantment” that has brought Western Civilization to its current predicament. In the former book, man is reduced by laissez-faire capitalism to the status of an atomized economic unit in which economic rights and individual economic freedom obviate the need for moral normativity. In the latter book by the two doyens of the Frankfurt School, any type of patriarchal family is a breeding ground for fascism and must be opposed.

While the pagan Dissident Right often talks about the Faustian nature of the white race (and very correctly, I believe) in which exploration, creativity, and an aristocratic disdain for the quotidian predominate, and in which the pursuit of truth and excellence results in an acknowledgement and celebration of true difference, Reno rephrases this pursuit of truth and excellence as the search for the transcendent. Here is an important nexus between the pagan and the Christian Dissident Right. Whether one aspires to the condition of the Übermensch or to eternal salvation, the Dissident Right is ultimately concerned with something beyond the self. The individual is not an atomized economic unit, and identity is not endlessly malleable.

In the very excellent chapter entitled “Therapies of Disenchantment,” Reno explains that postwar educators sought to keep the traditions of Western Civilization and liberal education but to reduce their authority by “shifting from truth to meaning, from conviction to critical questioning” (p. 38, italics in original). As Reno quotes from The Open Society, Popper states:

If in this book harsh words are spoken about some of the greatest among the intellectual leaders of mankind, my motive is not, I hope, the wish to belittle them. It springs rather from my conviction that if we wish our civilization to survive we must break from the habit of deference to great men. (p. 39)

Of course, if there is no authority, and education is no longer a pursuit of truth, but is rather a process of critique, what is the goal of all of this? As Reno explains, the goal is the production of “meaning,” that is, to deny truth and to demonstrate that institutions, ideas, works of art, and historical events are products of economic, racial, social, and cultural conditions and have no intrinsic merit. For example, Mozart’s 40th Symphony is not one of the greatest instrumental works in Western history; it is, instead, a product of a class-ridden, racist, and misogynistic society in which similarly great symphonies by female, non-cisgendered, and persons of color were not allowed to be composed. By this logic, anything that attracts our interest, our admiration, and our loyalty must be “problematized” so that the process of disenchantment can never be abated. The Cold War mitigated to a certain extent the ever-downward course of this process of disenchantment; however, as the author points out, once begun, the weakening forces of disenchantment “tended toward pure negation, leaving us a utopian dream of politics without transcendence, peace without unity, and justice without virtue” (p. 75).

The tragedy of liberalism as described by Reno is its “smallness,” its rejection of greatness and transcendence, its celebration of diversity without difference, its abhorrence of any form of discrimination including discriminating taste. As the author so eloquently phrases it:

A society lives on answers, not merely questions. The political and cultural crisis of the West today is the result of our refusal—perhaps incapacity—to honor the strong gods that stiffen the spine and inspire loyalty. (p. 95)

What then, is to be done? According to Reno, what will not work is “never-ending critique, the spontaneous order of the free market, technocratic management of utilities, and other therapies of weakening” (p. 140), because “the actual problems we face—atomization, dissolving communal bonds, disintegrating family ties, and a nihilistic culture of limitless self-definition—go unaddressed” (p. 144). Reno proposes:

  • Greater economic solidarity between labor and capital
  • Strong families
  • An educational system based on truth instead of critique
  • Return to a belief in the transcendent
  • A respect for communities of identity

Reno is not completely red-pilled. He is still too much of a civic nationalist for my taste, but his intellectual evolution has been remarkable, especially for one who only four years ago was a never-Trumper. His book strengthens and gives greater insight into the standard Dissident Right narrative of how we got to the current year. He explains the intellectual history of the postwar era in a way that is accessible and appealing to intelligent normies and can help to move them ever so closer to our side. And for that he deserves our praise and gratitude.

Notes

[1] [4] For instance, a friend of mine — who is a DBB (Dreaded Baby Boomer), an evangelical Christian, and a high-ranking official in my state’s GOP, and who has no idea of my involvement in the Dissident Right — last year attempted to red pill me and gave me a list of websites I should peruse, one of which was Counter-Currents. My friend even goes to the trouble of using anonymous means of contributing to a number of Dissident Right entities, a wise idea given her position. She does express some trepidation about the Dissident Right’s hostility to Christianity, but takes it in stride as just one more cross to bear. Wouldn’t it be nice, though, if the Dissident Right actually created a welcoming environment for those who share our beliefs?

[2] [5] The Charlottesville incident has had the salutary effect of eliminating or marginalizing the influence on the Dissident Right of the SS-wannabes with mother-in-law fetishes, the vulgarians with daddy issues, and the upper-class twits with trust funds. As the eminent blogger The Z-Man so eloquently put it in a recent podcast: “No one is going to buy Richard Spencer 2.0.” All of this has allowed gifted communicators for the cause of Caucasians to come to the fore — including No White Guilt, The Great Order, and the Z-Man himself among others — who are not overtly hostile to white Baby Boomers (whose votes and $7 trillion in assets could prove to be very useful in the coming struggle) and white Christians (who engage in the type of family formation that is essential for the survival of the white race).

 

Article printed from Counter-Currents Publishing: https://www.counter-currents.com

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samedi, 18 janvier 2020

“Orthodoxie et hérésie durant l’Antiquité tardive”

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“Orthodoxie et hérésie durant l’Antiquité tardive”

par Claude Bourrinet

Recension:

Polymnia Athanassiadi, La lutte pour l’orthodoxie dans le platonisme tardif. De Numénius à Damascius, Les Belles Lettres, Paris, 2006, 276 p., 25 €

path-ortho.jpgLa période qui s’étend du IIIe siècle de l’ère chrétienne au VIe, ce qu’il est convenu d’appeler, depuis les débuts de l’Âge moderne, le passage de l’Antiquité gréco-romaine au Moyen Âge (ou Âges gothiques), fait l’objet, depuis quelques années, d’un intérêt de plus en plus marqué de la part de spécialistes, mais aussi d’amateurs animés par la curiosité des choses rares, ou poussés par des besoins plus impérieux. De nombreux ouvrages ont contribué à jeter des lueurs instructives sur un moment de notre histoire qui avait été négligée, voire méprisée par les historiens. Ainsi avons-nous pu bénéficier, à la suite des travaux d’un Henri-Irénée Marrou, qui avait en son temps réhabilité cette époque prétendument « décadente », des analyses érudites et perspicaces de Pierre Hadot, de Lucien Jerphagnon, de Ramsay MacMullen, de Christopher Gérard et d’autres, tandis que les ouvrages indispensable, sur la résistance païenne, de Pierre de Labriolle et d’Alain de Benoist étaient réédités. Polymnia Athanassiadi, professeur d’histoire ancienne à l’Université d’Athènes, a publié, en 2006, aux éditions Les Belles Lettres, une recherche très instructive, La Lutte pour l’orthodoxie dans le platonisme tardif, que je vais essayer de commenter.

Avant tout, il est indispensable de s’interroger sur l’occultation, ou plutôt l’aveuglement (parce que l’acte de voiler supposerait une volonté assumée de cacher, ce qui n’est pas le cas), qu’ont manifesté les savants envers cette période qui s’étend sur plusieurs siècles. L’érudition classique, puis romantique (laquelle a accentué l’erreur de perspective) préféraient se pencher sur celle, plus valorisante, du Ve siècle athénien, ou de l’âge d’or de l’Empire, d’Auguste aux Antonins. Pourquoi donc ce dédain, voire ce quasi déni ? On s’aperçoit alors que, bien qu’aboutissant à des présupposés laïques, la science historique a été débitrice de la vision chrétienne de l’Histoire. On a soit dénigré ce qu’on appela le « BasEmpire », en montrant qu’il annonçait l’obscurantisme, ou bien on l’a survalorisé, en dirigeant l’attention sur l’Église en train de se déployer, et sur le christianisme, censé être supérieur moralement. On a ainsi souligné dans le déclin, puis l’effondrement de la civilisation romaine, l’avènement de la barbarie, aggravée, aux yeux d’un Voltaire, par un despotisme asiatique, que Byzance incarna pour le malheur d’une civilisation figée dans de louches et imbéciles expressions de la torpeur spirituelle, dans le même temps qu’on saluait les progrès d’une vision supposée supérieure de l’homme et du monde.

Plus pernicieuse fut la réécriture d’un processus qui ne laissa guère de chances aux vaincus, lesquels faillirent bien disparaître totalement de la mémoire. À cela, il y eut plusieurs causes. D’abord, la destruction programmée, volontaire ou non, des écrits païens par les chrétiens. Certains ont pu être victimes d’une condamnation formelle, comme des ouvrages de Porphyre, de Julien l’Empereur, de Numénius, d’autres ont disparu parce qu’ils étaient rares et difficiles d’accès, comme ceux de Jamblique, ou bien n’avaient pas la chance d’appartenir au corpus technique et rhétorique utile à la propédeutique et à la méthodologie allégorique utilisées par l’exégèse chrétienne. C’est ainsi que les Ennéades de Plotin ont survécu, contrairement à d’autres monuments, considérables, comme l’œuvre d’Origène, pourtant chrétien, mais plongé dans les ténèbres de l’hérésie, qu’on ne connaît que de seconde main, dans les productions à des fins polémiques d’un Eusèbe.

La philosophie, à partir du IIe siècle, subit une transformation profonde, et se « platonise » en absorbant les écoles concurrentes comme l’aristotélisme et le stoïcisme, ou en les rejetant, comme l’académisme ou l’épicurisme, en s’appuyant aussi sur un corpus mystique, plus ou moins refondé, comme l’hermétisme, le pythagorisme ou les oracles chaldaïques. De Platon, on ne retient que le théologien. Le terme « néoplatonisme » est peu satisfaisant, car il est un néologisme qui ne rend pas compte de la conscience qu’avaient les penseurs d’être les maillons d’une « chaîne d’or », et qui avaient hautement conscience d’être des disciples de Platon, des platoniciens, des platonici, élite considérée comme une « race sacrée ». Ils clamaient haut et fort qu’il n’y avait rien de nouveau dans ce qu’ils avançaient. Cela n’empêchait pas des conflits violents (en gros, les partisans d’une approche « intellectualisante » du divin, de l’autre ceux qui mettent l’accent sur le rituel et le culte, bien que les deux camps ne fussent pas exclusifs l’un de l’autre). Le piège herméneutique dont fut victime l’appréhension de ces débats qui éclosent au seuil du Moyen Âge, et dont les enjeux furent considérables, tient à ce que le corpus utilisé (en un premier temps, les écrits de Platon) et les méthodes exégétiques, préparent et innervent les pratiques méthodologiques chrétiennes. Le « néoplatonisme » constituerait alors le barreau inférieur d’une échelle qui monterait jusqu’à la théologie chrétienne, sommet du parcours, et achèvement d’une démarche métaphysique dont Platon et ses exégètes seraient le balbutiement ou la substance qui n’aurait pas encore emprunté sa forme véritable.

Or, non seulement la pensée « païenne » s’inséra difficilement dans un schéma dont la cohérence n’apparaît qu’à l’aide d’un récit rétrospectif peu fidèle à la réalité, mais elle dut batailler longuement et violemment contre les gnostiques, puis contre les chrétiens, quand ces derniers devinrent aussi dangereux que les premiers, quitte à ne s’avouer vaincue que sous la menace du bras séculier.

Cette résistance, cette lutte, Polymnia Athanassiadi nous la décrit très bien, avec l’exigence d’une érudite maîtrisant avec talent la technique philologique et les finesses philosophiques d’un âge qui en avait la passion. Mais ce qui donne encore plus d’intérêt à cette recherche, c’est la situation (pour parler comme les existentialistes) adoptée pour en rendre compte. Car le point de vue platonicien est suivi des commencements à la fin, de Numénius à Damascius, ce qui bascule complètement la compréhension de cette époque, et octroie une légitimité à des penseurs qui avaient été dédaignés par la philosophie universitaire. Ce n’est d’ailleurs pas une moindre gageure que d’avoir reconsidéré l’importance de la théurgie, notamment celle qu’a conçue et réalisée Jamblique, dont on perçoit la noblesse de la tâche, lui qui a souvent fort mauvaise presse parmi les historiens de la pensée.

oeuvres-de-jamblique.jpgPendant ces temps très troublés, où l’Empire accuse les assauts des Barbares, s’engage dans un combat sans merci avec l’ennemi héréditaire parthe, où le centre du pouvoir est maintes fois disloqué, amenant des guerres civiles permanentes, où la religiosité orientale mine l’adhésion aux dieux ancestraux, l’hellénisme (qui est la pensée de ce que Paul Veyne nomme l’Empire gréco-romain) est sur la défensive. Il lui faut trouver une formule, une clé, pour sauver l’essentiel, la terre et le ciel de toujours. Nous savons maintenant que c’était un combat vain (en apparence), en tout cas voué à l’échec, dès lors que l’État allait, par un véritable putsch religieux, imposer le culte galiléen. Durant trois ou quatre siècles, la bataille se déroulerait, et le paganisme perdrait insensiblement du terrain. Puis on se réveillerait avec un autre ciel, une autre terre. Comme le montre bien Polymnia Athanassiadi, cette « révolution » se manifeste spectaculairement dans la relation qu’on cultive avec les morts : de la souillure, on passe à l’adulation, au culte, voire à l’idolâtrie des cadavres.

À travers cette transformation des cœurs, et de la représentation des corps, c’est une nouvelle conception de la vérité qui vient au jour. Mais, comme cela advient souvent dans l’étreinte à laquelle se livrent les pires ennemis, un rapport spéculaire s’établit, où se mêlent attraction et répugnance. Récusant la notion de Zeigeist, trop vague, Polymnia Athanassiadi préfère celui d’« osmose » pour expliquer ce phénomène universel qui poussa les philosophes à définir, dans le champ de leurs corpus, une « orthodoxie », tendance complètement inconnue de leurs prédécesseurs. Il s’agit là probablement de la marque la plus impressionnante d’un âge qui, par ailleurs, achèvera la logique de concentration extrême des pouvoirs politique et religieux qui était contenu dans le projet impérial. C’est dire l’importance d’un tel retournement des critères de jugement intellectuel et religieux pour le destin de l’Europe.

Il serait présomptueux de restituer ici toutes les composantes d’un processus historique qui a mis des siècles pour réaliser toutes ses virtualités. On s’en tiendra à quelques axes majeurs, représentatifs de la vision antique de la quête de vérité, et généralement dynamisés par des antithèses récurrentes.

L’hellénisme, qui a irrigué culturellement l’Empire romain et lui a octroyé une armature idéologique, sans perdre pour autant sa spécificité, notamment linguistique (la plupart des ouvrages philosophiques ou mystiques sont en grec) est, à partir du IIe siècle, sur une position défensive. Il est obligé de faire face à plusieurs dangers, internes et externes. D’abord, un scepticisme dissolvant s’empare des élites, tandis que, paradoxalement, une angoisse diffuse se répand au moment même où l’Empire semble devoir prospérer dans la quiétude et la paix. D’autre part, les écoles philosophiques se sont pour ainsi dire scolarisées, et apparaissent souvent comme des recettes, plutôt que comme des solutions existentielles. Enfin, de puissants courants religieux, à forte teneur mystique, parviennent d’Orient, sémitique, mais pas seulement, et font le siège des âmes et des cœurs. Le christianisme est l’un d’eux, passablement hellénisé, mais dont le noyau est profondément judaïque.

Plusieurs innovations, matérielles et comportementales, vont se conjuguer pour soutenir l’assaut contre le vieux monde. Le remplacement du volume de papyrus par le Codex, le livre que nous connaissons, compact, maniable, d’une économie extraordinaire, outil propice à la pérégrination, à la clandestinité, sera déterminant dans l’émergence de cette autre figure insolite qu’est le missionnaire, le militant. Les païens, par conformisme traditionaliste, étaient attachés à l’antique mode de transmission de l’écriture, et l’idée de convertir autrui n’appartenait pas à la Weltanschauung gréco-romaine. Nul doute qu’on ait là l’un des facteurs les plus assurés de leur défaite finale.

Le livre possède aussi une qualité intrinsèque, c’est que la disposition de ses pages reliées et consultables à loisir sur le recto et le verso, ainsi que la continuité de lecture que sa facture induit, le rendent apte à produire un programme didactique divisé en parties cohérentes, en une taxinomie. Il est par excellence porteur de dogme. Le canon, la règle, l’orthodoxie sont impliqués dans sa présentation ramassée d’un bloc, laissant libre cours à la condamnation de l’hérésie, terme qui, de positif qu’il était (c’était d’abord un choix de pensée et de vie) devient péjoratif, dans la mesure même où il désigne l’écart, l’exclu. Très vite, il sera l’objet précieux, qu’on parera précieusement, et qu’on vénérera. Les religions du Livre vont succéder à celles de la parole, le commentaire et l’exégèse du texte figé à la recherche libre et à l’accueil « sauvage » du divin.

Pour les Anciens, la parole, « créature ailée », selon Homère, symbolise la vie, la plasticité de la conscience, la possibilité de recevoir une pluralité de messages divins. Rien de moins étrange pour un Grec que la théophanie. Le vecteur oraculaire est au centre de la culture hellénique. C’est pourquoi les Oracles chaldaïques, création du fascinant Julien le théurge, originaire de la cité sacrée d’Apamée, seront reçus avec tant de faveur. En revanche la théophanie chrétienne est un événement unique : le Logos s’est historiquement révélé aux hommes. Cependant, sa venue s’est faite par étapes, chez les Juifs et les Grecs d’abord, puis sous le règne d’Auguste. L’incarnation du Verbe est conçue comme un progrès, et s’inscrit dans un temps linéaire. Tandis que le Logos, dans la vision païenne, intervient par intermittence. En outre, il révèle une vérité qui n’est cernée ni par le temps, ni par l’espace. La Sophia appartient à tous les peuples, d’Occident et d’Orient, et non à un « peuple élu ». C’est ainsi que l’origine de Jamblique, de Porphyre, de Damascius, de Plotin, les trois premiers Syriens, le dernier Alexandrin, n’a pas été jugé comme inconvenante. Il existait, sous l’Empire, une koïnè théologique et mystique.

9782251004143.jpgQue le monothéisme sémitique ait agi sur ce recentrement du divin sur lui-même, à sa plus simple unicité, cela est plus que probable, surtout dans cette Asie qui accueillait tous les brassages de populations et de doctrines, pour les déverser dans l’Empire. Néanmoins, il est faux de prétendre que le néoplatonisme fût une variante juive du platonisme. Il est au contraire l’aboutissement suprême de l’hellénisme mystique. Comme les Indiens, que Plotin ambitionnait de rejoindre en accompagnant en 238 l’expédition malheureuse de Gordien II contre le roi perse Chahpour, l’Un peut se concilier avec la pluralité. Jamblique place les dieux tout à côté de Dieu. Plus tard, au Ve siècle, Damascius, reprenant la théurgie de Jamblique et l’intellectualité de Plotin (IIIe siècle), concevra une voie populaire, rituelle et cultuelle, nécessairement plurielle, et une voie intellective, conçue pour une élite, quêtant l’union avec l’Un. Le pèlerinage, comme sur le mode chrétien, sera aussi pratiqué par les païens, dans certaines villes « saintes », pour chercher auprès des dieux le salut.

Les temps imposaient donc un changement dans la religiosité, sous peine de disparaître rapidement. Cette adaptation fut le fait de Numénius qui, en valorisant Platon le théologien, Platon le bacchant, comme dira Damascius, et en éliminant du corpus sacré les sceptiques et les épicuriens, parviendra à déterminer la première orthodoxie païenne, bien avant la chrétienne, qui fut le fruit des travaux de Marcion le gnostique, et des chrétien plus ou moins bien-pensants, Origène, Valentin, Justin martyr, d’Irénée et de Tertullien. La notion centrale de cette tâche novatrice est l’homodoxie, c’est-à-dire la cohérence verticale, dans le temps, de la doctrine, unité garantie par le mythe de la « chaîne d’or », de la transmission continue de la sagesse pérenne. Le premier maillon est la figure mythique de Pythagore, mais aussi Hermès Trismégiste et Orphée. Nous avons-là une nouvelle religiosité qui relie engagement et pensée. Jamblique sera celui qui tentera de jeter les fondations d’une Église, que Julien essaiera d’organiser à l’échelle de l’Empire, en concurrence avec l’Église chrétienne.

Quand les persécutions anti-païennes prendront vraiment consistance, aux IVe, Ve et VIe siècles, de la destruction du temple de Sérapis, à Alexandrie, en 391, jusqu’à l’édit impérial de 529 qui interdit l’École platonicienne d’Athènes, le combat se fit plus âpre et austère. Sa dernière figure fut probablement la plus attachante. La vie de Damascius fut une sorte de roman philosophique. À soixante-dix ans, il décide, avec sept de ses condisciples, de fuir la persécution et de se rendre en Perse, sous le coup du mirage oriental. Là, il fut déçu, et revint dans l’Empire finir ses jours, à la suite d’un accord entre l’Empereur et le Roi des Rois.

De Damascius, il ne reste qu’une partie d’une œuvre magnifique, écrite dans un style déchiré et profondément poétique. Il a redonné des lettres de noblesse au platonisme, mais ses élans mystiques étaient contrecarrés par les apories de l’expression, déchirée comme le jeune Dionysos par les Titans, dans l’impossibilité qu’il était de dire le divin, seulement entrevu. La voie apophatique qui fut la sienne annonçait le soufisme et une lignée de mystiques postérieure, souvent en rupture avec l’Église officielle.

Nous ne faisons que tracer brièvement les grands traits d’une épopée intellectuelle que Polymnia Athanassiadi conte avec vie et talent. Il est probable que la défaite des païens provient surtout de facteurs sociaux et politiques. La puissance de leur pensée surpassait celle de chrétiens qui cherchaient en boitant une voie rationnelle à une religion qui fondamentalement la niait, folie pour les uns, sagesses pour les autres. L’État ne pouvait rester indifférent à la propagation d’une secte qui, à la longue, devait devenir une puissance redoutable. L’aristocratisme platonicien a isolé des penseurs irrémédiablement perdus dans une société du ressentiment qui se massifiait, au moins dans les cœurs et les esprits, et la tentative de susciter une hiérarchie sacrée a échoué pitoyablement lors du bref règne de Julien.

Or, maintenant que l’Église disparaît en Europe, il est grand temps de redécouvrir un pan de notre histoire, un fragment de nos racines susceptible de nous faire recouvrer une part de notre identité. Car ce qui frappe dans l’ouvrage de Polymnia Athanassiadi, c’est la chaleur qui s’en dégage, la passion. Cela nous rappelle la leçon du regretté Pierre Hadot, récemment décédé, qui n’avait de cesse de répéter que, pour les Ancien, c’est-à-dire finalement pour nous, le choix philosophique était un engagement existentiel.

Claude Bourrinet

lundi, 23 décembre 2019

Le sommet musulman de Kuala Lumpur (Malaisie)

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Le sommet musulman de Kuala Lumpur (Malaisie)

par Jean-Paul Baquiast

Ex: http://www.europesolidaire.eu

Ce sommet, du 19 au 21 décembre, a réuni des représentants, non seulement de la Malaisie mais de la Turquie, de l'Iran et du Qatar. Supposé rechercher le rassemblement mondial du monde musulman, il a surtout montré que celui-ci se divise actuellement en deux blocs.
 
Ont participé personnellement au sommet le président iranien Hassan Rohani, l'émir du Qatar cheikh Tamim, le président turc Recep Tayyip Erdogan et bien entendu le premier ministre malaisien Mahathir Mohammad, tous à des titres divers opposés à l'Arabie saoudite. L'absence de celle-ci , bien que prévisible, a été très remarquée. Il faut rappeler que les alliés de l'Arabie saoudite regroupent la plupart des autres pays pays arabes, du Maghreb au Golfe Persique. La plupart d'entre eux, bien qu'invités n'étaient pas présents à Kuala Lumpur

L'Organisation de la Coopération Islamique (OCI), basée dans le port saoudien de Djeddah et généralement considérée comme la voix du monde islamique, a vivement critiqué la tenue de ce sommet. Elle a surtout exprimé en l'espèce la voix de l'Arabie saoudite. Le sommet de Kuala Lumpur a en effet été, que ce soit dans le monde arabe ou dans les pays occidentaux, considéré comme anti-saoudien.

Dans son discours d'ouverture, le premier ministre malaisien Mahathir Mohammad a annoncé que le sommet visait à comprendre pourquoi l'islam et les pays musulmans étaient «en crise, sans espoir et indigne de cette grande religion». Mais d'emblée il est apparu que les pays musulmans resteraient divisés entre ceux de plus en plus proches de la Russie, à commencer par la Turquie et l'Iran, et ceux qui comme l'Arabie saoudite, restent malgré quelques dissensions de bons allées des Etats-Unis.

Cette division marque aussi l'incapacité de l'islam sunnite de s'entendre avec l'islam chiite, non seulement sur le plan religieux, mais dans de domaine géopolitique. La encore, on retrouve le poids de l'Arabie saoudite dont l'influence dans le monde tient à l'importance de ses réserves en pétrole et en gaz, au contraire des autres pays musulmans, à l'exception de l'Iran. Mais l'Iran, soumise aux sanctions américaines, peine à exporter son pétrole dans les pays arabes qui en auraient le plus grand besoin.

Le premier ministre iranien Hassan Rohani a dénoncé «la domination du dollar américain et du système financier américain». Le premier ministre turc Erdogan a confirmé qu'au lieu de commercer avec des devises étrangères, les pays arabes souhaiteraient commercer commercer avec des devises nationales. Ni l'un ni l'autre ne l'ont dit explicitement, mais cela signifierait pour eux s'affranchir de la domination américaine. Ce que l'Arabie saoudite est encore incapable de faire. 

Note

Pour plus de détails, voir un article de Hasan Alhasan dans Asia Times
https://www.asiatimes.com/2019/12/opinion/kuala-lumpur-summit-points-to-split-in-muslim-world/

Voir également MK Bhadrakumar
https://www.asiatimes.com/2019/12/article/kl-summit-shaken-by-imrans-absence-saudi-ire/

 

 

lundi, 01 avril 2019

Qu'est-ce que le pagano-christianisme?

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Qu'est-ce que le pagano-christianisme?

par Eugène Guyenne

Ex: http://thomasferrier.hautetfort.com

Même si ces deux religions, paganisme et christianisme, ont été durant l'histoire antagonistes, rivales, il serait plutôt utile de réaliser un syncrétisme entre elles à l'heure actuelle. Sera évoquée, non pas une opposition, mais par la démonstration selon laquelle des faits chrétiens n'étaient souvent qu'une façade cachant autre chose, la continuité de l'esprit pagano-chrétien en Europe. Le pagano-christianisme, c'est l'union du paganisme et du christianisme, c'est tirer le meilleur de ces deux spiritualités.

Si le paganisme apparaît comme la religion originelle de l'Europe, avec tout un tas de rites, pratiques différents selon les peuples indo-européens (celtes, slaves, germaniques, latins essentiellement), marqués par des traditions orales et imaginaires, les christianismes qui ont existé en Europe (catholicisme, protestantisme, orthodoxie) ont souvent "emprunté" voire récupéré le paganisme, pour se faire accepter par les peuples (même s'il y a eu beaucoup de résistances entrainant des violences) et ainsi sublimer le paganisme par la perpétuation de l'Europe aussi bien dans sa spiritualité que dans son imaginaire et son esprit. Par les guerres victorieuses du Moyen-Âge à l'époque moderne, soit quatorze siècles, contre le monde non-européen (Sarrasins, Arabes, Perses, Ottomans, Turco-mongols), par l'imaginaire, par le génie dans les constructions d'édifices religieux.

Cette "paganité" sera abordée dans son aspect populaire chrétien médiéval, la légende arthurienne et le caractère historique du "paganisme" dans les constructions chrétiennes.

1. Dans la tradition populaire

Si l'évêque Adalbéron de Laon (947/1030) classifiait la société en 3 ordres (Laboratores, Bellatores, Oratores), une d'entre elle, celle des Laboratores, était associée au pagus durant l'Antiquité, signifiant "pays" en latin, donnant "paganus", c'est-à-dire "païen", où le "paysan" était "l'homme du pays". Les paysans, dans l'Antiquité, étaient donc "païens". Comme l'aristocratie et les prêtres. Mais le resteront encore un peu plus durant le Moyen-Âge. Notamment avec un vernis chrétien dans les paroisses rurales, où l'on avait une très bonne connaissance de l'environnement immédiat (en plantes, animaux, observation du ciel...) et l'instauration de rites visant à apaiser les forces invisibles qui régnaient dans un  univers hostile, pour rationaliser la vie, où le mythe en était un moyen.

2. La légende arthurienne

L'exemple le plus parlant de "pagano-christianisme" est peut-être la légende arthurienne. De religion chrétienne factuellement, mais qui s'insère dans la géographie des langues brittoniques avec des phénomènes "païens" (logique du chef, lien de la proximité avec la nature, incarnation en un animal, etc...). Les chefs, représentés comme chevaliers, sont Uther Pendragon (apparaissant dans le texte des Triades galloises, sources celtes, "païennes" et dont le nom veut dire "tête de dragon") et les douze chevaliers de la Table-Ronde (Arthur, Lancelot, Galahad, Sagremor, Tristan, Bedwere, Perceval, Hector, Urien, Bohort, Gauvain, Kay). Lancelot, et son lien dès sa naissance avec un lac (délaissé par sa mère après ses larmes à la mort de son mari), qui serait l'habitat de la fée Viviane.

La forêt de Brocéliande (qui est peut-être l'actuelle forêt de Paimpont en Bretagne), met en avant des personnages tels que Merlin, Morgane, Viviane et des liens surnaturels (existence de fées qui sont des êtres légendaires, l'épée magiquement sortie de pierre, etc) où Morgane, mère d'Yvain, serait l'incarnation de Morrigan (déesse celtique incarnant l'Aurore), qui paradoxalement va finir comme ennemie d'Arthur et Viviane.

Merlin, magicien, "enchanteur", pouvant paraître comme merle, existait dans la mythologie celtique galloise, "païenne". Le Graal, objet censé être conquis par les Chevaliers de la Table-Ronde, a une signification non seulement chrétienne (comme  accomplissement des efforts faits et de la supériorité du spirituel sur le temporel), mais aussi païenne, où sont assimilées magie et sorcellerie, finissant sur la naissance de la civilisation chrétienne.

La Table-Ronde, où on en retrouve une aujourd'hui au château de Wincheter en Angleterre, a une forme qui rappelle la fraternité, où les membres qui s'y trouvent le sont par mérite. Donc aspects d'égalité et de fraternité.

3. Édifices & reliques chrétiennes

Chose assez peu connue, beaucoup d'édifices chrétiens ont souvent été "païens" avant l'heure chrétienne: En France, les cathédrales Notre-Dame de Reims (401/1345), Strasbourg (VIIe/1439), Chartes (1145/1220) et Paris (1163/1345), qui abritaient autrefois respectivement des thermes gallo-romains, un sanctuaire pour Mars, une grotte pour les druides carnutes et un temple gallo-romain pour Jupiter. Les basiliques de Constantin a Trèves (IIIe/IVe), Saint-Denis (450/475), de Notre-Dame-du-Port de Clermont-Ferrand (XIIe) et de Montmartre (1875/1923), abritaient autrefois respectivement le trône de l'empereur Constantin, une chapelle gallo-romaine, une source gallo-romaine et des temples pour Mercure et Mars. Même chose pour les saints: Brigitte de Kildare, sainte d'Irlande, est assimilée à la déesse celte Brigit, associée à l'Aurore et la fertilité. Ou encore Ursule de Cologne (IXe siècle), sainte légendaire qui fait partie des 11.000 vierges.

Aujourd'hui, malgré les querelles médiévales entre païens et chrétiens, malgré les divergences de spiritualité (le monothéisme n'est pas le polythéisme et inversement), le christianisme a "complété" le paganisme, l'a sublimé. Il y a eu continuité d'un imaginaire "pagano-chrétien", fondamentalement européen. Essentiellement, le catholicisme a emprunté au paganisme romain, le protestantisme au paganisme germanique et l'orthodoxie au paganisme slave.

L'Europe s'est perpétuée grâce à l'influence intellectuelle gréco-romaine, grâce à la chevalerie "barbare" (celte, germanique, slave) et spirituellement grâce au pagano-christianisme (puisque le Christianisme a emprunté de nombreux éléments au paganisme). Ainsi, se sont perpétués le génie (matériel et littéraire), l'idéal et l'esprit européen.

En ces temps de vide spirituel, malgré ces siècles bien remplis, le chemin du réenracinement est un devoir pour tout Européen non renié et cela passe par cette voie, spirituelle, en retrouvant la voie du "pagano-christianisme", qui suscite le syncrétisme en chacun de nous, en dépassant ces querelles entre païens et chrétiens, en retrouvant la complémentarité des premiers temps du Moyen-Âge, marquée par le lien entre l'Européen et son environnement, donc enraciné dans sa terre, et inviter, comme certains le font, à considérer le pape comme un "antipape" comme ce fut le cas lors du Concile de Constance (1414/1418, où les antipapes étaient Jean XXIII et Grégoire XII).

Se rappeler ainsi de la querelle au XIIIe siècle entre les Guelfes (partisans du pape) et les Gibelins (partisans de l'empereur du Saint-Empire, Frédéric II de Hohenstaufen 1220/1250), refuser le cosmopolitisme de jadis des tyrans et des empereurs décadents, et assumer l'exclusivité citoyenne (mais au niveau européen) comme l'avait fait le stratège Périclès pour les Athéniens.

Eugène Guyenne (Le Parti des Européens)

samedi, 12 janvier 2019

La théophanie : la signification cosmique du baptême du Christ

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Théologie politique:

La théophanie : la signification cosmique du baptême du Christ

Russia

Steve Turley

Traduction française de Chlodomir

Depuis des siècles, l’Eglise Orthodoxe s’est appropriée le 6 janvier comme l’occasion de se souvenir et de commémorer le baptême du Christ par Jean dans le fleuve Jourdain. La célébration est connue sous le nom de « Théophanie », qui vient de l’ancien grec « apparition d’un dieu ». Dans des passages comme Mathieu 3:13-17, Marc 1:9-11, et Luc 3:21-22, le baptême de Jésus marque la première manifestation explicite de la Sainte Trinité : le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

Pour l’Eglise des premiers temps, il était hautement significatif qu’une telle manifestation divine soit associée au rite du baptême, car une telle association reliait la vraie nature du Créateur à la vraie nature de la création. En d’autres mots, la révélation de Dieu en tant que Trinité était inextricablement liée à la révélation de Dieu en tant que Créateur et Rédempteur du cosmos.

L’étude de Kilian McDonnell sur les dimensions cosmiques du baptême de Jésus dans la première pensée chrétienne remarque que le témoignage unanime de ces premiers auteurs était que le Christ fut baptisé non pour ses propres péchés mais pour la purification du cosmos [1]. Ignace d’Antioche, qui était un élève de l’Apôtre Jean, écrivit que Jésus fut baptisé pour sanctifier les eaux du monde et accomplir ainsi la parfaite vertu (Eph. 18:2 ; Smyrn. 1:1). Le martyr Justin (100-165 apr. J.C.) dit que l’onction de Jésus par l’Esprit servait à établir l’identité de Jésus en tant que roi messianique et donc l’incarnation du Logos primordial par lequel toutes les choses furent faites (Dial. 88). La Démonstration de la Prédication Apostolique d’Irénée comprend le baptême de Jésus comme l’intermédiaire par lequel le Père accomplit l’onction du cosmos matériel par l’Esprit, un acte qui révélait dans le temps et dans l’espace l’onction pré-temporelle du Christ par le Père avant la création [2].

Le site du fleuve Jourdain amplifiait la signification cosmique du baptême du Christ. Dans des textes extra-canoniques juifs comme la Vie d’Adam et Eve, le fleuve Jourdain était le fleuve qui coulait dans le Jardin d’Eden. Les chrétiens reprirent cette tradition et l’appliquèrent au baptême du Christ. Hippolyte de Rome (170-235 apr. J.C.) identifiait le Jourdain à un fleuve cosmique allant et venant dans le Paradis restauré dans le Christ, et Grégoire de Nysse (335-394 apr. J.C.) voyait toutes les eaux baptismales comme des extensions du Jourdain, englobant le monde entier, et ayant sa source dans le Paradis.

L’iconographie de la Théophanie témoigne de la signification paradisiaque du Jourdain. Dans le texte juif, la Vie d’Adam et Eve, Adam, ayant été expulsé du Paradis, reste plongé jusqu’au cou dans le Jourdain pendant quarante jours comme acte de repentance pour son péché. Dans l’icône, le Christ se tient debout dans le Jourdain, soit nu soit à peine vêtu, s’identifiant ainsi avec la nudité originelle d’Adam dans le Paradis.

Pour ces premiers chrétiens, l’effet sanctifiant que Jésus eut sur les eaux du Jourdain rend toutes les eaux dignes de servir pour le baptême, de sorte que les chrétiens baptisés participent en fait à une manifestation proleptique [*] de la nouvelle création. Clément d’Alexandrie, après avoir déclaré que le Christ était le chef de toute la création, écrivit : « Pour cette raison le Sauveur fut baptisé, bien qu’il n’en ait pas besoin, afin de sanctifier toutes les eaux pour ceux qui seraient régénérés » (Sélection des Ecrits prophétiques, 4, 5) [3]. L’Enseignement Arménien de Saint Grégoire fournit une appropriation particulièrement pertinente du baptême du Christ pour les chrétiens. C’est le rôle de l’Esprit d’ordonner le cosmos, de changer le désordre en ordre. Quand Adam commit le péché, l’Esprit abandonna non seulement Adam mais le cosmos tout entier. Le baptême du Christ, « en marquant les eaux de ses propres pas, (…) les sanctifia et les rendit purifiantes ». La restauration de la création implique donc « la gloire de l’adoption », dans laquelle le baptême de Jésus restaure l’Esprit pour une nouvelle humanité habitant un ordre créé renouvelé. L’identité de l’initié est dérivée de l’identité de Jésus puisque toutes deux sont forgées au moment du rajeunissement de la création.

La Théophanie est donc un jour de fête qui célèbre le fait que la totalité du cosmos a été incorporée dans la vie, la mort et la résurrection transformatives du Christ. Le Créateur trine rédime la créature aussi bien que la création dans sa propre auto-manifestation en tant que Créateur, Rédempteur, et Sanctificateur. La Théophanie est donc une commémoration de l’Un par qui toutes les choses sont faites, et en qui toutes les choses sont renouvelées.

***

N’hésitez pas à vous inscrire pour obtenir votre e-book gratuit (en anglais) : The Face of Infinite Love: Athanasius on the Incarnation (Le visage de l’amour infini : Athanase sur l’Incarnation).

[1] The Baptism of Jesus in the Jordan: The Trinitarian and Cosmic Order of Salvation (Collegeville: The Liturgical Press, 1996), 24.

[2] McDonnell, Baptism of Jesus, 58.

[*] Proleptique : qualifie un événement qui est fixé ou daté d'après une méthode ou une ère chronologique qui n'était pas encore établie au moment où l’événement en question s’est produit. (NDT)

[3] McDonnell, Baptism of Jesus, 55.

lundi, 22 octobre 2018

The Empire Splits the Orthodox World – Possible Consequences

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The Empire Splits the Orthodox World – Possible Consequences

Ex: http://www.unz.com

In previous articles about this topic I have tried to set the context and explain why most Orthodox Churches are still used as pawns in purely political machinations and how the most commentators who discuss these issues today are using words and concepts in a totally twisted, secular and non-Christian way (which is about as absurd as discussing medicine while using a vague, misunderstood and generally non-medical terminology). I have also written articles trying to explain how the concept of “Church” is completely misunderstood nowadays and how many Orthodox Churches today have lost their original patristic mindset. Finally, I have tried to show the ancient spiritual roots of modern russophobia and how the AngloZionist Empire might try to save the Ukronazi regime in Kiev by triggering a religious crisis in the Ukraine. It is my hope that these articles will provide a useful context to evaluate and discuss the current crisis between the Patriarchate of Constantinople and the Moscow Patriarchate.

My intention today is to look at the unfolding crisis from a more “modern” point of view and try to evaluate only what the political and social consequences of the latest developments might be in the short and mid term. I will begin by a short summary.

The current context: a summary

The Patriarchate of Constantinople has taken the official decision to:

  1. Declare that the Patriarch of Constantinople has the right to unilaterally grant autocephaly (full independence) to any other Church with no consultations with any the other Orthodox Churches.
  2. Cancel the decision by the Patriarch of Constantinople Dionysios IV in 1686 transferring the Kiev Metropolia (religious jurisdiction overseen by a Metropolite) to the Moscow Patriarchate (a decision which no Patriarch of Constantinople contested for three centuries!)
  3. Lift the anathema pronounced against the “Patriarch” Filaret Denisenko by the Moscow Patriarchate (in spite of the fact that the only authority which can lift an anathema is the one which pronounced it in the first place)
  4. Recognize as legitimate the so-called “Ukrainian Orthodox Church – Kiev Patriarchate” which it previously had declared as illegitimate and schismatic.
  5. Grant actual grand full autocephaly to a future (and yet to be defined) “united Ukrainian Orthodox Church”

Most people naturally focus on this last element, but this might be a mistake, because while illegally granting autocephaly to a mix of nationalist pseudo-Churches is most definitely a bad decision, to act like some kind of “Orthodox Pope” and claim rights which only belong to the entire Church is truly a historical mistake. Not only that, but this mistake now forces every Orthodox Christian to either accept this as a fait accompli and submit to the megalomania of the wannabe Ortho-Pope of the Phanar, or to reject such unilateral and totally illegal action or to enter into open opposition. And this is not the first time such a situation has happened in the history of the Church. I will use an historical parallel to make this point.

The historical context:

The Church of Rome and the rest of the Christian world were already on a collision course for several centuries before the famous date of 1054 when Rome broke away from the Christian world. Whereas for centuries Rome had been the most steadfast bastion of resistance against innovations and heresies, the influence of the Franks in the Church of Rome eventually resulted (after numerous zig-zags on this topic) in a truly disastrous decision to add a single world (filioque - “and the son” in Latin) to the Symbol of Faith (the Credo in Latin). What made that decision even worse was the fact that the Pope of Rome also declared that he had the right to impose that addition upon all the other Christian Churches, with no conciliar discussion or approval. It is often said that the issue of the filioque is “obscure” and largely irrelevant, but that is just a reflection of the theological illiteracy of those making such statements as, in reality, the addition of the filioque completely overthrows the most crucial and important Trinitarian and Christological dogmas of Christianity. But what *is* true is that the attempt to unilaterally impose this heresy on the rest of the Christian world was at least as offensive and, really, as sacrilegious as the filioque itself because it undermined the very nature of the Church. Indeed, the Symbol of Faith defines the Church as “catholic” (Εἰς μίαν, Ἁγίαν, Καθολικὴν καὶ Ἀποστολικὴν Ἐκκλησίαν”) meaning not only “universal” but also “whole” or “all-inclusive”. In ecclesiological terms this “universality” is manifested in two crucial ways:

First, all Churches are equal, there is no Pope, no “historical see” granting any primacy just as all the Apostles of Christ and all Orthodox bishops are also equals; the Head of the Church is Christ Himself, and the Church is His Theadric Body filled with the Holy Spirit. Oh I know, to say that the Holy Spirit fills the Church is considered absolutely ridiculous in our 21st century post-Christian world, but check out these words from the Book of Acts: “For it seemed good to the Holy Ghost, and to us” (Acts 15:28) which clearly show that the members of the Apostolic Council in Jerusalem clearly believed and proclaimed that their decisions were guided by the Holy Spirit. Anyone still believing that will immediately see why the Church needs no “vicar of Christ” or any “earthly representative” to act in Christ’s name during His absence. In fact, Christ Himself clearly told us “lo, I am with you always, even unto the end of the world. Amen” (Matt 28:20). If a Church needs a “vicar” – then Christ and the Holy Spirit are clearly not present in that Church. QED.

Second, crucial decisions, decisions which affect the entire Church, are only taken by a Council of the entire Church, not unilaterally by any one man or any one Church. These are really the basics of what could be called “traditional Christian ecclesiology 101” and the blatant violation of this key ecclesiological dogma by the Papacy in 1054 was as much a cause for the historical schism between East and West (really, between Rome and the rest of Christian world) as was the innovation of the filioque itself.

I hasten to add that while the Popes were the first ones to claim for themselves an authority only given to the full Church, they were not the only ones (by the way, this is a very good working definition of the term “Papacy”: the attribution to one man of all the characteristics belonging solely to the entire Church). In the early 20th century the Orthodox Churches of Constantinople, Albania, Alexandria, Antioch, Bulgaria, Cyprus, Greece, Poland, and Romania got together and, under the direct influence of powerful Masonic lodges, decided to adopt the Gregorian Papal Calendar (named after the 16th century Pope Gregory XIII). The year was 1923, when the entire Russian Orthodox Church was being literally crucified on the modern Golgotha of the Bolshevik regime, but that did not prevent these Churches from calling their meeting “pan Orthodox”. Neither did the fact that the Russian, Serbian, Georgian, Jerusalem Church and the Holy Mountain (aka “Mount Athos”) rejected this innovation stop them. As for the Papal Calendar itself, the innovators “piously” re-branded it as “improved Julian” and other such euphemism to conceal the real intention behind this.

Finally, even the fact that this decision also triggered a wave of divisions inside their own Churches was not cause for them to reconsider or, even less so, to repent. Professor C. Troitsky was absolutely correct when he wrote that “there is no doubt that future historians of the Orthodox Church will be forced to admit that the Congress of 1923 was the saddest event of Church life in the 20th century” (for more on this tragedy see here, here and here). Here again, one man, Ecumenical Patriarch Meletius IV (Metaxakis) tried to “play Pope” and his actions resulted in a massive upheaval which ripped through the entire Orthodox world.

More recently, the Patriarch of Constantinople tried, once again, to convene what he would want to be an Orthodox “Ecumenical Council” under his personal authority when in 2016 (yet another) “pan Orthodox” council was convened on the island of Crete which was attended by the Churches of Alexandria , Jerusalem , Serbia , Romania , Cyprus , Greece, Poland , Albania and of the Czech Lands and Slovakia. The Churches of Russia, Bulgaria, Georgia and the USA (OCA) refused to attend. Most observers agreed that the Moscow Patriarchate played a key role in undermining what was clearly to be a “robber” council which would have introduced major (and fully non-Orthodox) innovations. The Patriarch of Constantinople never forgave the Russians for torpedoing his planned “ecumenical” council.

Some might have noticed that a majority of local Churches did attend both the 1923 and the 2016 wannabe “pan Orthodox” councils. Such an observation might be very important in a Latin or Protestant context, but in the Orthodox context is is absolutely meaningless for the following reasons:

The theological context:

In the history of the Church there have been many “robber” councils (meaning illegitimate, false, councils) which were attended by a majority of bishops of the time, and even a majority of the Churches; in this article I mentioned the life of Saint Maximos the Confessor (which you can read in full here) as a perfect example of how one single person (not even a priest!) can defend true Christianity against what could appear at the time as the overwhelming number of bishops representing the entire Church. But, as always, these false bishops were eventually denounced and the Truth of Orthodoxy prevailed.

Likewise, at the False Union of Florence, when all the Greek delegates signed the union with the Latin heretics, and only one bishop refused to to do (Saint Mark of Ephesus), the Latin Pope declared in despairand so we have accomplished nothing!”. He was absolutely correct – that union was rejected by the “Body” of the Church and the names of those apostates who signed it will remain in infamy forever. I could multiply the examples, but what is crucial here is to understand that majorities, large numbers or, even more so, the support of secular authorities are absolutely meaningless in Christian theology and in the history of the Church and that, with time, all the lapsed bishops who attended robber councils are always eventually denounced and the Orthodox truth always proclaimed once again. It is especially important to keep this in mind during times of persecution or of brutal interference by secular authorities because even when they *appear* to have won, their victory is always short-lived.

I would add that the Russian Orthodox Church is not just “one of the many” local Orthodox Churches. Not only is the Russian Orthodox Church by far the biggest Orthodox Church out there, but Moscow used to be the so-called “Third Rome”, something which gives the Moscow Patriarchate a lot of prestige and, therefore, influence. In secular terms of prestige and “street cred” the fact that the Russians did not participate in the 1923 and 2016 congresses is much bigger a blow to its organizers than if, say, the Romanians had boycotted it. This might not be important to God or for truly pious Christians, but I assure you that this is absolutely crucial for the wannabe “Eastern Pope” of the Phanar…

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Who is really behind this latest attack on the Church?

So let’s begin by stating the obvious: for all his lofty titles (“His Most Divine All-Holiness the Archbishop of Constantinople, New Rome, and Ecumenical Patriarch“ no less!), the Patriarch of Constantinople (well, of the Phanar, really), is nothing but a puppet in the hands of the AngloZionist Empire. An ambitious and vain puppet for sure, but a puppet nonetheless. To imagine that the Uber-loser Poroshenko would convince him to pick a major fight with the Moscow Patriarchate is absolutely laughable and totally ridiculous. Some point out that the Patriarch of Constantinople is a Turkish civil servant. While technically true, this does not suggest that Erdogan is behind this move either: right now Erdogan badly needs Russia on so many levels that he gains nothing and risks losing a lot by alienating Moscow. No, the real initiator of this entire operation is the AngloZionist Empire and, of course, the Papacy (which has always tried to create an “Orthodoxerein Ukraine” from the “The Eastern Crusade” and “Northern Crusades” of Popes Innocent III and Gregory IX to the Nazi Ukraine of Bandera – see here for details).

Why would the Empire push for such a move? Here we can find a mix of petty and larger geostrategic reasons. First, the petty ones: they range from the usual impotent knee-jerk reflex to do something, anything, to hurt Russia to pleasing of the Ukronazi emigrés in the USA and Canada. The geostrategic ones range from trying to save the highly unpopular Ukronazi regime in Kiev to breaking up the Orthodox world thereby weakening Russian soft-power and influence. This type of “logic” shows a fundamental misunderstanding of the Orthodox world today. Here is why:

The typical level of religious education of Orthodox Christians is probably well represented by the famous Bell Curve: some are truly completely ignorant, most know a little, and a few know a lot. As long as things were reasonably peaceful, all these Orthodox Christians could go about their daily lives and not worry too much about the big picture. This is also true of many Orthodox Churches and bishops. Most folks like beautiful rites (singing, golden cupolas, beautiful architecture and historical places) mixed in with a little good old superstition (place a candle before a business meeting or playing the lottery) – such is human nature and, alas, most Orthodox Christians are no different, even if their calling is to be “not of this world”. But now this apparently peaceful picture has been severely disrupted by the actions of the Patriarch of Constantinople whose actions are in such blatant and severe violation of all the basic canons and traditions of the Church that they literally force each Orthodox Christian, especially bishops, to break their silence and take a position: am I with Moscow or with Constantinople?

Oh sure, initially many (most?) Orthodox Christians, including many bishops, will either try to look away or limit themselves to vapid expressions of “regret” mixed in with calls for “unity”. A good example of that kind of wishy washy lukewarm language can already be found here. But this kind of Pilate-like washing of hands (“ain’t my business” in modern parlance) is unsustainable, and here is why: in Orthodox ecclesiology you cannot build “broken Eucharistic triangles”. If A is not in communion with B, then C cannot be in communion with A and B at the same time. It’s really an “either or” binary choice. At least in theory (in reality, such “broken triangles” have existed, most recently between the former ROCA/ROCOR, the Serbian Church and the Moscow Patriarchate, but they are unsustainable, as events of the 2000-2007 years confirmed for the ROCA/ROCOR). Still, no doubt that some (many?) will try to remain in communion with both the Moscow Patriarchate and the Constantinople Patriarchate, but this will become harder and harder with every passing month. In some specific cases, such a decision will be truly dramatic, I think of the monasteries on the Holy Mountain in particular.

On a more cynical level, I would note that the Patriarch of Constantinople has now opened a real Pandora’s box which now every separatist movement in an Orthodox country will be able to use to demand its own “autocephaly” which will threaten the unity of most Orthodox Churches out there. If all it takes to become “autocephalous” is to trigger some kind of nationalist uprising, then just imagine how many “Churches” will demand the same autocephaly as the Ukronazis are today! The fact that ethno-phyetism is a condemned heresy will clearly stop none of them. After all, if it is good enough for the “Ecumenical” Patriarch, it sure is good enough for any and all pseudo-Orthodox nationalists!

What the AngloZionist Empire has done is to force each Orthodox Christian and each Orthodox Church to chose between siding with Moscow or Constantinople. This choice will have obvious spiritual consequences, which the Empire couldn’t give a damn about, but it will also profound political and social consequences which, I believe, the Empire entirely missed.

The Moscow Patriarchate vs the Patriarchate of Constantinople – a sociological and political analysis

Let me be clear here that I am not going to compare and contrast the Moscow Patriarchate (MP) and the Patriarchate of Constantinople (PC) from a spiritual, theological or even ecclesiological point of view here. Instead, I will compare and contrast them from a purely sociological and political point of view. The differences here are truly profound.

  Moscow Patriarchate Patriarchate of Constantinople
Actual size Very big Small
Financial means Very big Small
Dependence on the support of the Empire and its various entities Limited Total
Relations with the Vatican Limited, mostly due to very strongly anti-Papist sentiments in the people Mutual support and de-facto alliance
Majority member’s outlook Conservative Modernist
Majority member’s level of support Strong Lukewarm
Majority member’s concern with Church rules/cannons/traditions Medium and selective Low
Internal dissent Practically eliminated (ROCA) Strong (Holy Mountain, Old Calendarists)

From the above table you can immediately see that the sole comparative ‘advantage’ of the PC is that is has the full support of the AngloZionist Empire and the Vatican. On all the other measures of power, the MP vastly “out-guns” the PC.

Now, inside the Ukronazi occupied Ukraine, that support of the Empire and the Vatican (via their Uniats) does indeed give a huge advantage to the PC and its Ukronazi pseudo-Orthodox “Churches”. And while Poroshenko has promised that no violence will be used against the MP parishes in the Ukraine, we all remember that he was the one who promised to stop the war against the Donbass, so why even pay attention to what he has to say.

US diplomats and analysts might be ignorant enough to believe Poroshenko’s promises, but if that is the case then they are failing to realize that Poroshensko has very little control over the hardcore Nazi mobs like the one we saw last Sunday in Kiev. The reality is very different: Poroshenko’s relationship to the hardcore Nazis in the Ukraine is roughly similar to the one the House of Saud has with the various al-Qaeda affiliates in Saudi Arabia: they try to both appease and control them, but they end up failing every time. The political agenda in the Ukraine is set by bona fide Nazis, just as it is set in the KSA by the various al-Qaeda types. Poroshenko and MBS are just impotent dwarfs trying to ride on the shoulders of much more powerful devils.

Sadly, and as always, the ones most at risk right now are the simple faithful who will resist any attempts by the Ukronazi death-squads to seize their churches and expel their priests. I don’t expect a civil war to ensue, not in the usual sense of the world, but I do expect a lot of atrocities similar to what took place during the 2014 Odessa massacre when the Ukronazis burned people alive (and shot those trying to escape). Once these massacres begin, it will be very, very hard for the Empire to whitewash them or blame it all on “Russian interference”. But most crucially, as the (admittedly controversial) Christian writer Tertullian noticed as far back as the 2nd century “the blood of the martyrs is the seed of the Church”. You can be sure that the massacre of innocent Christians in the Ukraine will result in a strengthening of the Orthodox awareness, not only inside the Ukraine, but also in the rest of the world, especially among those who are currently “on the fence” so to speak, between the kind of conservative Orthodoxy proclaimed by the MP and the kind of lukewarm wishy washy “decaf” pseudo-Orthodoxy embodied by the Patriarchate of Constantinople. After all, it is one thing to change the Church Calendar or give hugs and kisses to Popes and quite another to bless Nazi death-squads to persecute Orthodox Christians.

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To summarize I would say that by his actions, the Patriarch of Constantinople is now forcing the entire Orthodox world to make a choice between two very different kind of “Orthodoxies”. As for the Empire, it is committing a major mistake by creating a situation which will further polarize strongly, an already volatile political situation in the Ukraine.

There is, at least potentially, one more possible consequence from these developments which is almost never discussed: its impact inside the Moscow Patriarchate.

Possible impact of these developments inside the Moscow Patriarchate

Without going into details, I will just say that the Moscow Patriarchate is a very diverse entity in which rather different “currents” coexist. In Russian politics I often speak of Atlantic Integrationists and Eurasian Sovereignists. There is something vaguely similar inside the MP, but I would use different terms. One camp is what I would call the “pro-Western Ecumenists” and the other camp the “anti-Western Conservatives”. Ever since Putin came to power the pro-Western Ecumenists have been losing their influence, mostly due to the fact that the majority of the regular rank and file members of the MP are firmly behind the anti-Western Conservative movement (bishops, priests, theologians). The rabid hatred and fear of everything Russian by the West combined with the total support for anything anti-Russian (including Takfiris and Nazis) has had it’s impact here too, and very few people in Russia want the civilizational model of Conchita Wurst, John McCain or Pope Francis to influence the future of Russia. The word “ecumenism” has, like the word “democracy”, become a four letter word in Russia with a meaning roughly similar to “sellout” or “prostitution”. What is interesting is that many bishops of the Moscow Patriarchate who, in the past, were torn between the conservative pressure from their own flock and their own “ecumenical” and “democratic” inclinations (best embodied by the Patriarch of Constantinople) have now made a choice for the conservative model (beginning by Patriarch Kirill himself who, in the past, used to be quite favorable to the so-called “ecumenical dialog of love” with the Latins).

Now that the MP and the PC have broken the ties which previously united them, they are both free to pursue their natural inclinations, so to speak. The PC can become some kind of “Eastern Rite Papacy” and bask in an unhindered love fest with the Empire and the Vatican while the MP will now have almost no incentive whatsoever to pay attention to future offers of rapprochement by the Empire or the Vatican (these two always work hand in hand). For Russia, this is a very good development.

Make no mistake, what the Empire did in the Ukraine constitutes yet another profoundly evil and tragic blow against the long-suffering people of the Ukraine. In its ugliness and tragic consequences, it is quite comparable to the occupation of these lands by the Papacy via its Polish and Lithuanian agents. But God has the ability to turn even the worst horror into something which, in the end, will strengthen His Church.

Russia in general, and the Moscow Patriarchate specifically, are very much in a transition phase on many levels and we cannot overestimate the impact which the West’s hostility on all fronts, including spiritual ones, will have on the future consciousness of the Russian and Orthodox people. The 1990s were years of total confusion and ignorance, not only for Russia by the way, but the first decade of the new millennium has turned out to be a most painful, but also most needed, eye-opener for those who had naively trusted the notion that the West’s enemy was only Communism, not Russia as a civilizational model.

In their infinite ignorance and stupidity, the leaders of the Empire have always acted only in the immediate short term and they never bothered to think about the mid to long term effects of their actions. This is as true for Russia as it is for Iraq or the Balkans. When things eventually, and inevitably, go very wrong, they will be sincerely baffled and wonder how and why it all went wrong. In the end, as always, they will blame the “other guy”.

There is no doubt in my mind that the latest maneuver of the AngloZionist Empire in the Ukraine will yield some kind of feel-good and short term “victory” (“peremoga” in Ukrainian) which will be followed by a humiliating defeat (“zrada” in Ukrainian) which will have profound consequences for many decades to come and which will deeply reshape the current Orthodox world. In theory, these kinds of operations are supposed to implement the ancient principle of “divide and rule”, but in the modern world what they really do is to further unite the Russian people against the Empire and, God willing, will unite the Orthodox people against pseudo-Orthodox bishops.

Conclusion:

In this analysis I have had to describe a lot of, shall we say, “less than inspiring” realities about the Orthodox Church and I don’t want to give the impression that the Church of Christ is as clueless and impotent as all those denominations, which, over the centuries have fallen away from the Church. Yes, our times are difficult and tragic, but the Church has not lost her “salt”. So what I want to do in lieu of a personal conclusion is to quote one of the most enlightened and distinguished theologians of our time, Metropolitan Hierotheos of Nafpaktos, who in his book “The Mind of the Orthodox Church” (which I consider one of the best books available in English about the Orthodox Church and a “must read” for anybody interested in Orthodox ecclesiology) wrote the following words:

Saint Maximos the Confessor says that, while Christians are divided into categories according to age and race, nationalities, languages, places and ways of life, studies and characteristics, and are “distinct from one another and vastly different, all being born into the Church and reborn and recreated through it in the Spirit” nevertheless “it bestows equally on all the gift of one divine form and designation, to be Christ’s and to bear His Name. And Saint Basil the Great, referring to the unity of the Church says characteristically: “The Church of Christ is one, even tough He is called upon from different places”. These passages, and especially the life of the Church, do away with every nationalistic tendency. It is not, of course, nations and homelands that are abolished, but nationalism, which is a heresy and a great danger to the Church of Christ.

Metropolitan Hierotheos is absolutely correct. Nationalism, which itself is a pure product of West European secularism, is one of the most dangerous threats facing the Church today. During the 20th century it has already cost the lives of millions of pious and faithful Christians (having said that, this in no way implies that the kind of suicidal multiculturalism advocated by the degenerate leaders of the AngloZionist Empire today is any better!). And this is hardly a “Ukrainian” problem (the Moscow Patriarchate is also deeply infected by the deadly virus of nationalism). Nationalism and ethno-phyletism are hardly worse than such heresies as Iconoclasm or Monophysitism/Monothelitism were in the past and those were eventually defeated. Like all heresies, nationalism will never prevail against the “Church of the living God” which is the “the pillar and ground of the truth” (1 Tim 3:15) and while many may lapse, others never will.

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In the meantime, the next couple of months will be absolutely crucial. Right now it appears to me that the majority of the Orthodox Churches will first try to remain neutral but will have to eventually side with the Moscow Patriarchate and against the actions of Patriarch Bartholomew. Ironically, the situation inside the USA will most likely be particularly chaotic as the various Orthodox jurisdictions in the USA have divided loyalties and are often split along conservative vs modernizing lines. The other place to keep a close eye on will be the monasteries on the Holy Mountain were I expect a major crisis and confrontation to erupt.

With the crisis in the Ukraine the heresy of nationalism has reached a new level of infamy and there will most certainly be a very strong reaction to it. The Empire clearly has no idea what kind of dynamic it has now set in motion.

Vers un nouveau schisme d’Orient ?

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Vers un nouveau schisme d’Orient ?

par Georges FELTIN-TRACOL

Ex: http://www.europemaxima.com

La décision du 14 septembre dernier a déjà fait l’effet d’une bombe atomique dans le monde orthodoxe. Le patriarcat de Moscou rompait une partie de ses liens avec le patriarcat œcuménique de Constantinople, ce qui signifiait l’absence d’émissaires moscovites aux assemblées épiscopales, aux commissions et autres structures présidées par des représentants du Phanar, la résidence du patriarche Bartholomée Ier. En matière liturgique, les églises russes ne prient plus pour lui. Il s’agit d’une nouvelle rupture de communion dont le précédent remontait en 1999 à propos de la juridiction appropriée des orthodoxes d’Estonie. La rupture est devenue définitive le 15 octobre dernier. Moscou ne reconnaît plus l’autorité de Constantinople !

La cause de cette crise majeure, semblable au Grand Schisme d’Occident (1378 – 1417/1422), porte sur l’Ukraine. En dehors des minorités juives, musulmanes et païennes et malgré une augmentation sensible de l’athéisme d’une part et des sectes évangéliques protestantes financées par Washington, d’autre part, l’Ukraine reste une nation chrétienne profondément divisée. À l’Ouest vivent les catholiques de rite grec encore appelés de façon péjorative « uniates », soit des orthodoxes qui reconnaissent le magistère romain. Chez les orthodoxes, la situation est plus compliquée encore. L’Église orthodoxe ukrainienne du patriarcat de Moscou promeut l’union étroite entre la Russie poutinienne et l’Ukraine, berceau de la Rus’. Elle doit cependant composer avec deux autres factions pour l’instant non reconnues par les autres Églises orthodoxes : l’Église orthodoxe ukrainienne du patriarcat de Kyïv fondée en 1992 et une Église orthodoxe autocéphale ukrainienne apparue en 1920, surtout présente en Galicie. Il faut enfin compter avec les Églises orthodoxes ukrainiennes de la diaspora sous juridiction du patriarcat de Constantinople…

À l’initiative du président ukrainien Petro Porochenko, l’Église orthodoxe ukrainienne du patriarcat de Kyïv et l’Église orthodoxe autocéphale ukrainienne viennent de se rapprocher. Elles négocient leur éventuelle union et tentent en échange d’obtenir de Bartholomée Ier la reconnaissance canonique, à savoir l’autocéphalie.

En 2007, Vladimir Poutine réussissait la communion eucharistique et l’unité canonique entre l’Église russe hors frontières et le patriarcat de Moscou qui ne veut surtout pas de cette autocéphalie qui la priverait de la moitié de ses fidèles et n’hésite plus à contester ouvertement l’autorité du Phanar. En juin 2016, lors d’un concile panorthodoxe tenu en Crète sous la présidence de Bartholomée Ier, les patriarcats d’Antioche, de Moscou, de Géorgie et de Bulgarie, refusèrent de s’y rendre. Le principal motif en était la trop grande proximité de Constantinople avec l’hérésie moderne romano-germanique occidentale. Entre aussi en jeu le long contentieux sur l’héritage byzantin revendiqué par les deux parties. Par ailleurs, le patriarche Kirill de Moscou n’oublie pas que le patriarche de Constantinople fut le troisième dignitaire de l’Empire ottoman et qu’il doit être depuis les débuts de la République de nationalité turque, ce qui le place sous la tutelle indirecte d’Ankara. En outre, son entourage serait sensible aux sollicitations étatsuniennes.

Le patriarcat de Constantinople voit donc son autorité contestée. Ce n’est pas une nouveauté. Depuis les années 1960, l’un des vingt monastères qui forment la République monastique du Mont-Athos en Grèce, Esphigmenou, est en rébellion ouverte au nom de la tradition vieille-calendariste. Il ne serait pas étonnant que le patriarcat de Moscou se décide maintenant de soutenir en toute discrétion cette vieille opposition.

Georges Feltin-Tracol

• « Chronique hebdomadaire du Village planétaire », n° 95, diffusée sur Radio-Libertés, le 19 octobre 2018.

vendredi, 05 octobre 2018

For US, Meddling in Orthodox Church Affairs Is Just Another Tool Against Russia

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For US, Meddling in Orthodox Church Affairs Is Just Another Tool Against Russia

JAMES GEORGE JATRAS 
Ex: http://www.strategic-culture.org 

Probably not many people who follow international affairs think the intricacies of Orthodox Church governance are particularly important.

Well, the US Department of State does.

Barely a week ago, the State Department, via the statement of a senior official, Ambassador Michael Kozak, publicly pledged that Washington would stay out of the contentious question of the status of the Orthodox Church in Ukraine: “any decision on autocephaly is an internal church matter.” (Without repeating all of the details of my previous commentaries on what some may regard as an arcane and peripheral issue, there is reason to expect that Patriarch Bartholomew of Constantinople may soon issue a “tomos” [decree] of autocephaly [self-rule] for the Orthodox Church in Ukraine, thereby purporting to rip it out from the Russian Orthodox Church, of which the canonical Ukrainian Orthodox Church, which has not asked for autocephaly, is an autonomous part.)

Especially for a government like that of the United States, which claims to have no particular religious agenda, respecting the internal canonical integrity of the Orthodox Church as a spiritual community was the only correct position.

But it didn’t last long.

Kozak’s declaration must now be considered inoperative. On September 25, the noted theologian Heather Nauert, the State Department’s spokesperson, issued the following statement:

Press Statement

Heather Nauert 
Department Spokesperson

Washington, DC

September 25, 2018

The United States strongly supports religious freedom, including the freedom of members of groups to govern their religion according to their beliefs and practice their faiths freely without government interference. The United States respects the ability of Ukraine’s Orthodox religious leaders and followers to pursue autocephaly according to their beliefs. We respect the Ecumenical Patriarch as a voice of religious tolerance and interfaith dialogue.

The United States maintains unwavering support for Ukraine and its territorial integrity in the face of Russian aggression in eastern Ukraine and the Russian occupation of Crimea. We also support Ukraine as it charts its own path and makes its own decisions and associations, free of external interference. [emphasis added]

No doubt drafted not by Nauert herself but by someone in the Bureau of European and Eurasian Affairs (EUR) the press statement avoids directly calling for autocephaly while unmistakably giving the impression of such endorsement, which is exactly how it was reported in the media, for example, “US backs Ukrainian Church bid for autocephaly.” The State Department’s praise for the Ecumenical Patriarchate reinforces that clearly intended impression.

Thus, the State Department must now be considered a party to triggering violent religious strife that will soon grip Ukraine and cause a split in the Orthodox world rivaling even the Great Schism between Orthodoxy and Roman Catholicism that took place in 1054. (Unlike the US, the Vatican commendably has maintained a principled position of non-interference. The Papal Nuncio in Kiev even issued a statement answering Ukrainian government spin that falsely claimed the support for autocephaly: “In order to partially correct the news given by official Government sources with regard to the meeting that took place yesterday… the Apostolic Nunciature in Ukraine wishes to once again state the position of the Holy See in the question of the creation of one Local Ukrainian Orthodox Church, namely that this is an internal question of the Orthodox Church, on which the Holy See never did and has no intention whatsoever of expressing any evaluation, in any venue.”)

No doubt the official US imprimatur will be taken both by Kiev and the Phanar (the district in Istanbul, formerly Constantinople, where the Ecumenical Patriarchate is located) as a green light to press forward with the impending schism. That in turn will inevitability lead to violence – which of course will be blamed exclusively on Ukrainians loyal to the canonical Church and on Russia.

The game plan for such seizures was laid out by false “Patriarch Filaret” Denysenko last week in Washington, in his remarks to the Atlantic Council. He specified that following expected recognition of autocephaly by Constantinople (which uncanonically claims such authority) members of Ukrainian parishes can choose which jurisdiction to adhere to by a two-thirds vote. This opens the door to packing the putative membership in a parish by people who have no connection to it and who might not even be Orthodox believers, who will then “democratically” outvote the genuine parishioners. As for monastic establishments, that’s simple according to Denysenko: the Ukrainian government will grab them. The Ukrainian Ministry of Culture has already begun compiling an inventory of properties belonging to the canonical Ukrainian Orthodox Church in preparation for their forcible seizure by state authorities, to be turned over the Denysenkoite schismatics.

One should not suppose that the Nauert statement means the US government or the State Department has taken a sudden interest in theology and ecclesiology. Rather, it is a new twist in what always must be kept in mind (and certainly officials in Kiev never forget): that nobody in Washington really cares much about Ukraine or Ukrainians per se. They matter only to the extent to which US officials believe that keeping Ukraine out of Russia’s orbit means preventing Moscow from regaining superpower status.

To that end, pulling Ukraine firmly in to the western camp of NATO (the 2008 Bucharest declaration that Ukraine, along with Georgia, will become a member has never been rescinded) and the European Union presents Russia with an insoluble security vulnerability. Ukraine’s President Petro Poroshenko repeated insists Ukraine will become a “full member of NATO and of the European Union.”

Hence, Poroshenko’s drive for autocephaly has exactly zero to do with spiritual values and everything to do with slamming Russia: “We will have an independent Ukrainian church as part of an independent Ukraine. This will create a spiritual independence from Russia.” His rival for the presidency, front-runner and former prime minister, Yulia Tymochenko supports it for the same reason. If that results in bloodshed, well, too bad...

The State Department’s decision to become involved in a religious matter that does not concern the US is likewise narrowly political and reflects the schizophrenia in the Trump administration concerning Russia. Trump’s 2016 declarations that he wanted to improve ties with Moscow terrified the post-Maidan leadership in Kiev, who were overtly in Hillary’s camp. When Trump unexpectedly won, they were afraid he would make a deal with Moscow over their heads.

However, with the moving into political positions of influence strongly anti-Russian figures, many of them Bush retreads and even some with “Never Trump” credentials, Ukrainian officials have good reason to feel that that danger has largely been averted. With hostility toward Russia seemingly permanent and deepening, they believe they have Washington back where they want them.

Viewed through that lens, egging on religious dissension is just another item in the toolkit. 

Photo: uocofusa.org

dimanche, 04 mars 2018

The New England Pharisees

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The New England Pharisees

 

“Religion, taking every mortal form
But that pure and Christian faith makes warm,
Where not to vile fanatic passion urged,
Or not in vague philosophies submerged,
Repulsive with all Pharisaic leaven,
And making laws to stay the laws of Heaven!”
— From “Ethnogenesis,” by Henry Timrod

South Carolinian Henry Timrod penned these words in February 1861 at the meeting of the First Confederate Congress at Montgomery, Alabama. Many regarded Timrod as the “poet laureate” of the Confederacy because his evocative works potently blended lyrical composition with patriotism for his nation, the South.

In “Ethnogenesis,” this teacher, tutor, and devout Anglican boldly describes a people who self-proclaim superior sanctity and feel divinely ordained to impose their will by force, drawing the comparison of the ancient Pharisees to Yankees. But just exactly how did they get there? I began heading down this historical rabbit hole in “A City Upon a Hill,” so let’s dig a little deeper, shall we?

“The Hebrew Republic”

Just as the Pharisees were once “separated ones,” New England Pilgrims originally cloistered themselves in an effort to promote and protect their stringent definitions of piety. The Pharisees were preservers of pure Mosaic law, the Puritans too were steeped in strict rules and draconian enforcement thereof. In fact, instead of embracing the New Covenant of Jesus fulfilling the Law, the Pilgrims were steeped in legalism while trying to institute a “Christian Israel” in Massachusetts.

According to Jewish scholar Dr. David Ariel, “the early New England Puritans saw … King Charles I as Pharaoh, the Atlantic Ocean as the Red Sea, America as the Promised Land, and Boston as the new Jerusalem.” With its roots in Renaissance humanism, this Christian Hebraism was seen as the cornerstone for creating a new society based upon social and economic ideals of the Hebrew Bible.

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In fact in 1636, John Cotton, the central theologian and minister of Massachusetts Bay Colony, drafted “Moses, His Judicials” at the behest of colony magistrates. His writings became the basis for Massachusetts’ first legal code and modeled its provisions solely on Hebrew Scripture’s vision for a faith-based polity and society.

John Cotton’s grandson Cotton Mather, who was a dominant Puritan minister and author in his own right, “quoted widely from the entire canon of Hebrew literature including the Hebrew Bible, Talmud, Midrash, Rashi, Maimonides, Nachmanides, and Zohar,” wrote Ariel. Mather “was even reported to have started wearing a skullcap at home and calling himself ‘rabbi.’”

John Bunyan’s influential “Pilgrim’s Progress” was filled with the Scriptural hermeneutics of abandoning the formality, liturgy, and confessionalism of high-church Christianity, and promoting works and salvation through sincerity and what the Pilgrims called a new “pure” faith. Yet, the Puritans weren’t really progressing or reforming.

Rather, they were recycling – trading 1,600-year-old Christian history and traditions for those of the ancient Hebrews. It’s almost as if the Puritans were just reinventing themselves as Judaizers to whom the Apostle Paul wrote the entire New Testament book of “Galatians” as a way to correct this heresy of the early Church.

A sectional divide only deepened

Thirty-five years after the English settled in Jamestown and 22 years after the Pilgrims landed in Plymouth, the English Civil Wars were unfolding back across the Atlantic. It was a complicated series of battles between Parliamentarians (a.k.a. “Roundheads”) and Royalists (“Cavaliers”).

These wars were chiefly over the form and function of how the kingdoms of England, Ireland, and Scotland should be governed. And with the grueling 11-year power struggles obviously came religious clashes, most notably for England an intense face-off between the pro-crown Anglicans and pro-parliament Puritans.

In fact, some historians call the English Civil Wars the “Puritan Revolution.” And Oliver Cromwell – the Roundhead political and military leader who was “1st Lord Protector of the Commonwealth” during the short-lived republican governance of the British Isles – came to be known as the Puritan Moses.

Obviously, these English conflicts had ripple effects for the colonies in America. The New England Puritans were staunch parliamentarians, while Virginians were solidly royalists, further widening the manifest ideological and religious divide that already existed between Northern and Southern colonists.

Many Royalist gentry flocked to Virginia during the Cromwell Protectorate in an effort to escape “entail and primogeniture” (a system in which only the first-born son gets all the land of the father), growing the cavalier population and strengthening the colony’s already distinct culture. Virginia was so devoted to the crown that when the English monarchy was restored in 1660, King Charles II called her the “Old Dominion” as thanks.

Massachusetts domination

By this time, New Sweden, the Swedish Colony along the Delaware Valley, had been defeated by the Dutch Republic. And by 1674, the First Anglo-Dutch War had come to an end with the English finally triumphing over New Netherland, the Dutch colony along the Hudson River Valley, putting the Puritans in a powerful position.

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Yet, the Puritans could barely get along with one another. Their New England Confederation was formed in 1643 to strengthen the military alliances between the Plymouth, Massachusetts Bay, New Haven, and Connecticut colonies in order to defend against Native Americans in the Pequot War, as well as against the the Dutch and the French.

But it was a contentious and short-lived compact, brimming with infighting and power struggles, proving Pilgrims’ intolerance of even their fellow Puritans. “The sense that one had special instructions from God made individuals less amenable to moderation and compromise, or to reason itself,” explained historian Dr. Ned Landsman.

Still, Puritanism was winning big, especially for Massachusetts. It’s legal code and Hebraic ethos was spreading throughout great expenses of the North, while Cavalier culture was simultaneously flourishing in the Southern colonies of Virginia and now Carolina. The seeds of sectional discontent and puritanical progressivism were already being sewn.

Moreover, “The experience of the Puritan colonies in the joint aggression against the Pequots added to the continuing drive of Massachusetts Bay for domination over its neighbors,” wrote economist and historian Dr. Murray N. Rothbard in “Conceived In Liberty.” And this arrogant vision would only continue to grow despite its rootlessness and chaotic nature.

Theocracy unbound

February 1692-May 1693 brought on the the Antinomian Controversy and its subsequent Salem Witch Trials. Pilgrims like Anne Hutchinson believed that the doctrine of predestination offered Christians “Free Grace,” so the rigid enforcement of proper Puritan conduct wasn’t necessary.

“If God has predetermined for me salvation or damnation, how could any behavior of mine change my fate?” she asked. The allegedly anti-hierarchical Pilgrim authorities weren’t too keen on such disunity and dissenting views on Puritanism.

The trials took place under the direction of Cotton Mather. Because of the clergy’s dominance in these small, church-centered enclaves that comprised Massachusetts, ministers held the power of arresting people and administering their trials, and Hutchinson found herself banished from the colony.

Then-governor of Massachusetts, Sir William Phips, created the Court of Oyer and Terminer to handle the trials since their was no high court yet in the colony. Only a year before in 1691 had the colony even gotten a renewed charter from William and Mary, creating the Province of Massachusetts. King James II had revoked the colony’s previous royal charter due in large part to Massachusetts’ harsh intolerance of Anglicans.

It wasn’t until Phips’ wife was accused of witchcraft that the legal hysteria ceased, but that wasn’t before about 20 people and two dogs had been executed and some folks like Hutchinson had been cast out from the colony. Some historians claim that the conclusion of these religiously extreme trials marked an end to theocracrtic Puritan rule.

But I would argue that this was just the beginning. Just like the Pharisees, whose influence became only second to that of the Roman governor, the legalistic roots of the Puritans easily transitioned these once God-focused outsiders founding a ‘Christian Israel’ into godless and powerful insiders hellbent on creating an irreligious Promised Land.

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More Orwellian than Christian

This “pure” faith bent to the world, instead of holding it at bay. However, it was precisely the Puritans’ religious asceticism that led them to this place.

They sought Hebraic emulation, yet they were hostile to ritual discipline, and void of tradition and history. Thus, Puritanism was innately defenseless against schism, much less humanism, secularism, and modernity. It was hardwired to fail, but only in a religious sense.

Politically and socially, Puritans realized that a progressive heaven on earth could more easily be attained through imposing man’s laws on everyone everywhere, using urgent moralistic talk void of Jesus but done with all the “vile fanatic passion” of Cotton Mather. Totalitarianism and emotion indeed comprise the Northern zeitgeist.

Moralizing busybody. Meddlesome. Irksome. Intolerant. Coercive. Holier than thou. The Yankee was born of such Puritan stock and sensibility. And as Christianity was cast to the periphery of society, the self-righteous Puritan ideals remained internalized within the Yankee people and was embedded in the growing body politic.

Progressive secularism became their new religion, and resistance is futile, they say. All will convert or submit, or suffer their wrath.

The Pharisees called Jesus a deceiver, a blasphemer, and a friend to the prince of demons. Likewise, anyone who wasn’t (or isn’t) fully in line with their ever-changing but always stringent Puritanical rules might be castigated a witch, sub-human Southern scum, a traitor, or a Nazi. You might even get jailed … or killed.

But hey, you gotta break a few eggs to make an omelet. The ignorant masses need saving after all, and the religious “reformers” and social transformers are up to the task. You might call it dystopian cultural hegemony, but the New England Pharisees call it the “greater good.”

dimanche, 25 février 2018

Calvinism: The Spiritual Foundation of America

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Calvinism: The Spiritual Foundation of America
 
Ex: http://www.katehon.com

To comprehensively understand any of the world’s nations it is imperative to first understand a nation’s spiritual foundation or “Soul.” Without this basic understanding it is impossible to even begin to seriously form opinions about a nation and the broader civilization to which it is bound by culture and history – it would also be impossible to accurately compare and contrast the development of a particular nation with other countries and civilizations.What differentiates the United States culturally and historically from all other nations (even its closest European allies) is its unequivocal Calvinist spiritual foundation, which at some point – while North America was still only a series of colonies of the British Crown – organically morphed into the well-known “Protestant” or “Puritan” Ethic.This ideological transmutation signaled the arrival of Calvinist extremism in the New World – a development championed by the Anglo-Saxon elites of New England.

This religious-based ideology was originally developed in Europe by the Frenchman John Calvin (born Jehan Cauvin) during the Protestant Reformation. Eventually Calvinism made its way to the New World with the Puritans, and would greatly influence the development of the Enlightenment and the Industrial Revolution in both Western Europe and North America. To this day, Calvinism remains a “founding” ideological influence in the religious and secular worldviews of America’s political, economic, and cultural elites. Before we continue, however, it is important to understand a little bit about John Calvin and the historical context of his time.

John Calvin (1509-1564) appeared as a player on the historical stage during an intense developmental period for Western civilization. The Roman Catholic Church had wielded power in the West for over a millennium, and during that time it had become increasingly corrupt as an institution – so much so that by the 16th century the Church hierarchy was funded (to a large degree) by a direct marketing scheme known as “indulgences.” How the indulgences worked were as follows: No matter how grievously someone might have “sinned,” one could buy a piece of paper signed by either a Bishop or a Cardinal, which guaranteed a place in heaven for that particular person or a loved one of the person’s own choosing. These “get-out-of-hell-free” cards were sold by members of the clergy through franchises granted by the Church hierarchy. The typical indulgence erased one’s previous sins, but for a larger fee there was a twisted kind of“super”indulgence which erased any future sins one might commit as well, no matter how great or blasphemous.

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Settlements of Calvinist communities from the Netherlands, Britain and Sweden in America at the beginning of the 17th century.

Much of the proceeds from this religiously basedcorporate swindle went straight to Rome and financed the wars waged by Papal armies, the sexual orgies of the clergy, the sadism of Grand Inquisitors, the genocide of non-Europeans, and other earthly “indulgences.” Theselling of indulgences is precisely what the most famous of all 16th century “whistle blowers,” Martin Luther, railed against and exposed in his 95 Theses – one of the first works published (alongside the Bible) using Guttenberg’s new movable type printing press technology.

As one of the 16th century’s most important Protestant reformers (second only to Luther), Calvin established himself as a minister in Basel and then later in Geneva. It was in these Swiss cities that he preached his distinctive brand of “reformed” Christianity, which advanced the premise that all human beings were innately depraved and totally undeserving of God’s salvation. Such total pessimism was tempered by Calvin’s belief that the Deity did happen to nevertheless hand-pick a minority of people, by means of his loving grace, to be the beneficiaries of eternal salvation. Calvin’s unique spin on all this was that none of the lucky beneficiaries (or the “elect”) deserved to go to heaven, no matter how profound their piety or copious their good works. In other words, no amount of good faith or good deeds could compensate for mankind’s utterly irredeemable nature. If one was “chosen” by God it was not due to that person’s own individual merits, it was merely an act of divine grace.

This dismal view of both God and humanity not only caught on in Europe and North America, but it became one of the key ideological underpinnings of post-feudal Europe, influencing every facet of revolutionary change, from the Enlightenment and the Industrial Revolution to the development of Capitalism and the exploitation of the entire planet by European imperialists. In time, it was essentially the countries of the Anglosphere – specifically Britain and its bastard offspring the United States – which embraced and promoted the Calvinist attitude most passionately.

It was precisely Calvinism that was needed in order to further advance the geopolitical and cultural interests of the Anglosphere. In order to employ large sums of money for the construction and staffing of industrial factories in Europe and in order to explore and commercially exploit the rest of the non-European world, a very specific ideology was needed; one which could re-legitimize the institution of usury (which the prior Medieval order adamantly opposed), and one which could legitimize unbridled avarice and exploitation – i.e. the accumulation of great wealth amidst even greater misery – and all within a preordained religious context. Calvinism, or a somewhat modified secular form of Calvinism, was a perfect fit.

For if it is true that the innate depravity of man is universal and no one deserves salvation, then it necessarily follows that the genocide of non-Europeans, the oppression of marginalized groups, the impoverishment of the working class and the annihilation of human life in ever bloodier conflicts are all nothing more than “natural” off shoots of man’s incorrigible depravity. It does not matter, then, how many “Red savages” one kills in extending God’s plan of Manifest Destiny for his cherished elect, nor does it matter how many paupers, workers, “infidels” or even common people are sacrificed in carrying out the absolute INSANITY of the Calvinist God’s decrees.

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Destruction of icons, statues and paintings by Calvinist rioters in the Low Countries during the 16th century troubles.

In this context it is easy to see how the new Calvinist mercantile class in Europe and North America utilized their beliefs to justify their growing brutality against all classes, races and religious denominations which represented the “Other.” Indeed, this new class of religiously motivated entrepreneurs totally believed that they were God’s chosen people and the fortunate (though undeserving) recipients of His limited atonement. The pessimistic attitude the Calvinists held about their own good fortune – i.e. that they did not deserve it – helped keep them somewhat humble (at least outwardly) and fixated on their business matters. Thus, “Calvinist pessimism” was a useful ideological tool for those who would become known as the “Pilgrims” and “Puritans” in North America (those comprising the White Anglo-Saxon Protestant elite) to exploit, enslave and annihilate ever greater numbers of people, to accrue even more undeserved wealth for the “glory of God,” so long as they did not (paradoxically) squander their holdings on “sinful” endeavors.  And if they did succumb to any amount of sinful degradation (as they most certainly did) – oh well! That was merely the natural result of mankind’s innate depravity. One could simply confess one’s sins and commit oneself to doing better, since God’s grace isinevitable in the end.

Needless to say, Calvinism caught on like wild fire in North America (even among the White masses), where an austere spiritual-cultural-political-economic worldview was needed in order to: (1) inspire endless thrift and hard work among the masses, (2) tame the vast American wilderness (considered by settlers to be the biblical “Promised Land” or “Canaan”), and (3) subjugate the “heathen” Indians (also considered by settlers to be immoral “Canaanites”).

With the exception of a handful of Catholics in Maryland, the vast majority of European-American colonists subscribed to an ever increasing variety of Protestant sects which had their fundamental ideological roots in the reformist ideas of John Calvin and Martin Luther. Both commoners and elites thus embraced the intertwined religious and secular manifestations of the Calvinist ethos – a philosophy defined by the idea that, instead of merely working for one’s living (in order to survive), one must “live to work.”

By the time of the American War of Independence, the Calvinist ethos had been firmly planted in the minds of the majority of colonists for a period of no less than a century and a half. In order to galvanize support for a successful war of secession against England – and, more to the point, against England’s perceived anti-American mercantile policies – the American elites manipulated popular Puritan religious zeal for their own political and economic objectives.

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Arrival of the Founding Fathers at Jamestown in 1620.

Specifically, the landowning White American upper classes wanted to replace the British nobility as the sole rulers and exploiters of the North American continent. And so, a large-scale anti-British propaganda campaign was initiated.

Thomas Paine and other pro-American agitators of the time portrayed America as nothing other than “God’s kingdom” and (long before Reagan) as a “shining city upon a hill” – in other words, as a place that was worth fighting for in the name of God. At the same time, Paine and his cohorts painted King George III in the most negative of lights – as a “Papist” and a bloodthirsty tyrant (patently false accusations).

And although the colonial smear campaign was obviously initiated in order to provide the majority Protestant colonists (the “useful idiots” as it were) with a common villain whom they could all rally against, the small farming class (which comprised the majority of all colonists) did not support the so-called “Revolution” (i.e. elite bourgeois uprising).The majority waseither disinterested in political decisions that did not directly affect themselves and their families, or they were (as many modern historians believe) “under the radar” loyalists who still considered themselves proud “Britons,” regardless of religious affiliation. Nevertheless, the pro-independence faction won the day, and this was due, in no small way, to successful Calvinist propaganda among the town and city based American bourgeoisie – a demographic which was also very tied to the growing Freemasonic movement.

The defeat of the British in North America was a profound moment in American and indeed world history. More than a mere military/political victory for the colonists, the defeat of the British symbolized the defeat of the traditionalism of the Old World and the cultural and political ascendancy of liberalism in the New World – an outcome which owed a great deal to the powerful underlying influence of Calvinism, with its ideological conception of innate depravity and “chosenness,” its self-righteous exploitation of man and nature, and its “live to work” ethos. In time, these concepts would be coopted by the 19th century’s triumphant liberal bourgeois capitalist spirit, which replaced religion (as the dominant force in people’s lives) with secular humanism – an ideology which is no less draconian in its “all or nothing” quest to control the planet.

A secular “civil religion” evolve dafter the separation from Britain, which promoted the United States as God’s chosen nation – one which is historically unique, preeminent in world affairs and deserving of a special (almost “divine”) status; hence, the corresponding offshoot beliefs of Manifest Destiny and American exceptionalism. The view that it is somehow virtuous to spend long, grueling hours at work beyond the need of economic survival – as opposed to leading a more balanced, healthier lifestyle – is yet another facet of Calvinism which was coopted by secular liberalism.

To conclude, it is accurate to say that extreme religious Calvinism constitutes the spiritual foundation of the United States. Certainly, Freemasonry is another part of the ideological substructure on which the U.S. was founded, and indeed much has been written on this topic and the injurious influence Freemasonry has had on traditional society, particularly with its rabid promotion of liberalism in all faces of human life. However, when one considers the role of Calvinism as it is – as being the spiritual catalyst of liberal American and/or “Freemasonic” values – one is forced to conclude that Calvinism (this great bastardization of genuine Christianity) is chiefly responsible for the creation and widespread acceptanceamong U.S. citizens of the dogma of American exceptionalism. And this latter represents, by far, the greatest ideological threat to the future welfare of all mankind.

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jeudi, 30 novembre 2017

Le Pakistan bientôt sous contrôle des islamistes?

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Le Pakistan bientôt sous contrôle des islamistes?

par Jean-Paul Baquiast

Ex: http://www.europesolidaire.eu

Ceci n'est pas encore fait, mais le risque se précise. Un incident significatif, qui ne se serait pas produit dans une démocratie se voulant laïc, vient de pousser le ministre de la justice pakistanais, Zahid Hamid, a présenter le 27 novembre sa démission, qui a été acceptée aussitôt par le gouvernement. Il se pliait au chantage de manifestants islamistes qui bloquent la principale autoroute d'accès à Islamabad depuis trois semaines.

Le ministre a déclaré qu'il avait pris cette décision « volontairement pour mettre  un terme à la situation de crise dans le pays ». Les manifestants appartiennent  à un groupe religieux connu pour son radicalisme, le Tehreek-i-Labaik Yah Rasool Allah Pakistan (TLYRAP) Ils campent depuis le 6 novembre sur le pont autoroutier conduisant à la capitale. Après des semaines de négociations infructueuses, une tentative des forces de l'ordre de les déloger à coups de gaz lacrymogènes, samedi, avait échoué, faisant sept morts et plus de 200 blessés, ce qui avait provoqué l'extension de la contestation dans plusieurs villes du pays.

Les manifestants exigeaient la démission du ministre après une polémique au sujet d'un amendement pourtant très marginal que le ministre voulait apporter à la Loi sur le Blasphème. Celle-ci, promulguée en 1986 et jamais atténuée depuis, précise que «  toute remarque dérogatoire, .., vis-à-vis du Prophète sacré à l'écrit ou à l'oral, ou par représentation visible, ou toute imputation ou insinuation, directe ou indirecte [...] sera punie de la mort, ou de l'emprisonnement à vie, et aussi passible d'une amende. »

L'amendement en cause ne visait pas à atténuer cette loi, au nom de laquelle une chrétienne pakistanaise avait été précédemment exécutée. Il proposait seulement une légère modification à la formulation du serment prononcé par les candidats aux élections, dans lequel ils reconnaissent que Mahomet est le dernier prophète. Le gouvernement s'était d'ailleurs vite repris, en s'excusant . Il avait expliqué qu'il s'agissait d'une modification advenue par inadvertance. Il l'avait donc rapidement annulée au moyen d'un nouvel amendement.

Le dernier des prophètes

Mais les fondamentalistes du mouvement TLYRAP y ont vu une tentative d'infléchir la loi pour permettre aux Ahmadis de prêter serment, autrement dit d'entrer dans la légalité. Les Ahmadis, une branche de l'Islam non reconnue officiellement, croient que Mahomet n'est pas le dernier des prophètes. Trois d'entre eux ont été condamnés à mort mi-octobre pour blasphème. Ils sont donc définitivement impardonnables aux yeux des fondamentalistes nombreux dans le pays.

Ceci devrait donner à réfléchir tant aux Etats-Unis qu'à la Chine, qui s'efforcent de façon différente de rallier le Pakistan à leurs intérêts. Rien n'assure que si le gouvernement pakistanais conserve une certaine modération, il ne soit bientôt renversé par un coup d'Etat provoqué par une secte fondamentaliste, approuvé par la majorité de la population restée encore à l'écart des modernisations technologiques et industrielles récentes.

Or comme le Pakistan dispose, comme nul ne l'ignore, de l'arme atomique, rien n'empêcherait les fondamentalistes djihadistes arrivés au pouvoir d'utiliser celle-ci dans une opération suicide visant à leur accorder les bonnes grâces d'Allah.

Le risque est au moins aussi grand que celui au nom duquel Donald Trump continue à vouloir détruire la Corée du Nord, celui de voir Kim Jung Un subitement frappé de folie envoyer sur les Etats-Unis un ICBM semblable à celui dont il vient de faire la démonstration, doté d'une charge atomique.

 

lundi, 13 novembre 2017

V. V. Putin & Eastern Wisdom

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V. V. Putin & Eastern Wisdom

By MEHMET SABEHEDDIN

Ex: http://www.newdawnmagazine.com

Back in October 2000, the newly elected President of the Russian Federation, Vladimir V. Putin, granted a revealing interview to the editors of India Today and The Russian Journal. President Putin paid special tribute to Nicholas Roerich, the Russian artist, explorer and mystic, stating:

“Roerich’s life was an amazing life, a marvel of creativity and astonishing example of spiritual closeness that, perhaps doesn’t lie on the surface, but is nevertheless the spiritual closeness that binds all peoples.”

In December 2002, President Putin’s wife Lyudmila opened an exhibition of Nicholas Roerich’s work at the National Museum of India in Delhi.

Nicholas Roerich (1874-1947) is remembered today as a celebrated Russian painter and occultist, whose intrepid journeys through Central Asia captured the attention of the Western public in the 1920s and 1930s. But Nicholas Roerich was also a master of ‘spiritual geopolitics’ who sought to establish a pan-Buddhist, transnational ‘New Country’ stretching from Tibet to southern Siberia, including territory that was governed by China, Mongolia, Tibet, and the Soviet Union. This ‘New Country’ was conceived by Roerich as the manifest, earthly expression of the invisible Kingdom of Shambhala, “the Holy Place, where the earthly world links with the highest states of consciousness.”1 This Shambhala Project was to establish the Sacred Union of the East.

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The American scholar John McCannon, who is writing a biography of Roerich, points out that in today’s Russia Roerich’s ideas are discussed at the highest echelons:

Roerich’s name has appeared with surprising frequency in civic and academic discussion of international relations and new directions in foreign policy. Mainly, he has been cited by political scientists and strategic thinkers in Russia looking for models of ‘multipolarity’ and ‘global pluralism’ to counter U.S. hegemony and seemingly triumphalist or confrontational political theories from the West…2

Since the earliest days of his first presidency, Vladimir Putin has worked tirelessly to lay the foundations of a Eurasian alliance. Just weeks after paying tribute to Nicholas Roerich, Putin told an international forum that “Russia has always perceived of itself as a Eurasian country.” Then in 2001, Russia and China, along with the states of Central Asia, founded the Eurasian political, economic and military organisation known today as the Shanghai Cooperation Organisation. Mongolia, Pakistan, Iran and India, have all expressed interest in joining the group.

In the lead up to his election for a third term as Russian president, Putin set out his grand Eurasian vision in a series of widely published articles.

Nicholas Roerich was introduced to the Buddhist legend of Shambhala while working on the first Buddhist temple ever constructed in Europe, in St. Petersburg the imperial capital of the vast Russian Empire. The Russian Tsar Nicholas II, although a devout Orthodox Christian and head of the Russian Church, had a deep interest in mysticism and Eastern wisdom. On several occasions the Tsar received the Buddhist monk Dorzhiev, assuring him that, “Buddhists in Russia may feel as if under the wing of a mighty eagle.” Construction of the St Petersburg Buddhist temple commenced in 1913 to coincide with the 300th anniversary of the Romanov dynasty. That same year Lama Dorzhiev, a friend of Nicholas Roerich and George Gurdjieff, wrote that Russia was about to fulfil the old Buddhist messianic myth of Shambhala by founding a great Buddhist empire in the East.

One hundred years later in 2013, President Putin, himself a native of St. Petersburg, promised “100-percent support” for Russia’s Buddhists. Speaking during a visit to Russia’s Buryatia republic, Putin said he was proud that Russia is the only country in Europe where Buddhism is officially recognised as a traditional religion. The Russian President emphasised that “Buddhism plays a significant role in Russia… It has always been that way. It is well known that the Buddhists helped during both world wars.” Putin described Buddhism as a “kind, humanist learning based on love for others and love for one’s country,” and said he, the federal government and regional authorities were “always at [the Buddhists’] disposal and ready to support them.”3

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Like Tsar Nicholas II, President Vladimir Putin is known to be a devout Russian Orthodox believer with a strong interest in Eastern wisdom. A master of both sambo and judo, Putin has often spoken of how the martial arts – imbued with Asian philosophy – are intended to train the body and the mind. Though an Orthodox Christian, he is conscious of the spiritual authenticity of other traditional religions. And like Nicholas Roerich, who was born Orthodox Christian but later became steeped in Buddhism, Vladimir Putin may well sympathise with the view that the highest forms of all the world’s religions point to the same ultimate reality.

For more about Russian President Putin, check out New Dawn Special Issue Vol 8 No 5. 

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Footnotes

1. See ‘From Synarchy to Shambhala, The Role of Political Occultism and Social Messianism in the Activities of Nicholas Roerich’ by Markus Osterrieder, www.scribd.com/doc/119329670/From-Synarchy-to-Shambhala

2. ‘By the shores of white waters: the Altai and its place in the spiritual geopolitics of Nicholas Roerich’ by John McCannon, www.roerichmongolia.org/files/sibirica%20full%20text%20ar...

3. ‘Putin Promises 100% Support for Buddhists’, RIA Novosti, 11 April 2013, http://en.ria.ru/russia/20130411/180578136.html

MEHMET SABEHEDDIN is a researcher, writer and global traveller. He is a longtime contributor to New Dawn magazine. He can be contacted c/- of New Dawn Magazine, GPO Box 3126, Melbourne VIC 3001, Australia.

The above article appeared in New Dawn Special Issue Vol 7 No 6.

dimanche, 12 novembre 2017

Les jeunes musulmans n'aiment pas les questions qui fâchent

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Les jeunes musulmans n'aiment pas les questions qui fâchent

par Mireille Vallette

Ex: http://www.lesobservateurs.ch

La jeunesse musulmane a une image si positive d’elle-même et de sa religion qu’elle ne comprend pas pourquoi nous résistons à l’imposition de ses rites et de ses marqueurs. Débat à Genève.

Rares sont les espaces qui permettent de poser des questions critiques à des musulmans. Le titre d’un cycle de l’Institut des cultures arabes et méditerranéennes, «Des questions qui fâchent…» était prometteur. Je me suis laissé tenter.

Ce soir-là, la septantaine de participants est censée se pencher sur le thème «La jeunesse arabe et/ou musulmane dans la situation genevoise: situation et défis».

Ce fut un grand théâtre de victimisation avec en rôles titres «l’identité» et «la visibilité» qui passent d’abord par le foulard au travail, puis la reconnaissance du ramadan, les prières, le burkini… Sans ces marqueurs, impossible de se forger son identité. Je n’ai pas osé suggérer que la disparition de la nôtre pourrait être douloureuse. C’est, comme chacun sait, une opinion d’extrême-droite.

Il semble en tout cas que nous faire accepter les rites et mœurs islamiques et se faire reconnaitre comme musulmans soient les défis et les seules ambitions de cette dévote jeunesse.

Une jeune juriste non voilée a réalisé qu’elle était en milieu discriminant lorsqu’elle s’est posé cette question: «Est-ce que je vais dire à mes collègues que je jeûne?... J’ai eu peur d’être jugée, ou que l’islam soit jugé.» Plus tard, une autre musulmane -à l'esprit critique- remarquera qu’en Turquie, elle ne pouvait pas ne pas porter le voile, ni avouer qu’elle ne faisait pas le ramadan, sous peine de graves ennuis.

Notre juriste compatit avec de nombreuses femmes de sa connaissance «très compétentes»  qui ne trouvent pas de travail à cause du voile. «On les empêche d’exercer un droit fondamental.» Pour elle, ce foulard est une question d’identité. Elle pense à le porter un jour «si Dieu le veut».

«On me renvoie constamment à mon foulard!»

Une future travailleuse sociale, voilée et aux amples vêtements, est depuis peu monitrice dans une maison de quartier. «On me renvoie constamment à mon foulard! C’est un traitement différent des autres; je n’ai pas le droit de mettre un certain type de maillot de bain, on me demande de servir au bar alors qu’on sait que  je suis musulmane… Comment dans ces conditions apprendre aux jeunes à respecter la différence et la construction de notre identité?»

Pour beaucoup, il faut «démystifier l’image de la femme voilée qui est une femme normale». La réussite passera par «davantage de visibilité dans le monde professionnel.» La visibilité comme l’identité, ces jeunes y tiennent beaucoup.  Hugo Lopez, un intervenant non musulman qui fut longtemps éducateur de rue, y tient aussi: «J’emmène des jeunes en Afrique pour qu’ils trouvent leur identité. Certains sont revenus aux coutumes de leur pays…le respect de la mère… Ils sont revenus à la religion parce qu’on en parlait autrement qu’on en parle en Suisse.»

Omar Azzabi est Tuniso-Suisse, non-pratiquant et blogueur dans la Tribune de Genève. Il a adhéré aux Verts et deux ans plus tard s’est présenté aux élections communales. Score honorable, mais pas élu… ce qui l’a fait plancher sur la  discrimination en politique. «Vous avez 14% de chances de plus d’être élu si vous avez un nom d’origine suisse.»  Bon, ça ne parait pas dramatique. Mais en plus, les musulmans se heurtent à un «plafond de verre»: on en élit un nombre acceptable dans les conseils municipaux, moins dans les parlements cantonaux, encore moins au niveau fédéral, etc. Une discrimination à laquelle s’en ajoutent d’autres, sans compter des sondages aux résultats désagréables pour les adeptes de sa religion, et tout récemment un carré musulman vandalisé.

Les remèdes? «Il faut normaliser la présence des arabo-musulmans dans la politique et les médias: leur visibilité n’est pas assez forte. Dénoncer et faire condamner les actes islamophobes et racistes: la norme pénale antiraciste n’est pas assez forte… » (un conseiller municipal a prononcé le mot «nègre » et n’a pas été condamné). Pour lui, il faut s’engager en politique, toujours en tant qu’arabo-musulman, «quel que soit le parti». J’avoue avoir quelques préventions à ce que ce genre de personnages cassent le plafond de verre.

Les médias en ont pris pour leur grade tout au long de la soirée. Normal, ils sont responsables de l’image négative de l’islam.

«Je suis contre la burqa, mais je me battrai pour elle!»

Question burqa, Azzabi a le raisonnement tordu habituel: le problème n’est pas ce symbole honteux que seule sa religion promeut. Le problème, c’est l’UDC et tous ceux qui s’apprêtent à voter son interdiction. Ce qui donne ceci : «Je suis Tunisien séculariste, anti-burqa… De la connaissance que j’ai de l’islam, elle n’est pas islamique. Mais je vais devoir la défendre! Parce que c’est un débat qui va stigmatiser les musulmans… encore une fois les montrer du doigt, donner un peu  plus d’espace aux partis d’extrême-droite.»

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Question stigmatisation, je confirme: je n’arrive pas à comprendre que toutes ces communautés soient favorables à ce symbole. Je ne comprends pas qu’elles n’aient pas été unanimes à le condamner. Il y aurait eu un bref débat, une votation au parlement et pas de stigmatisation. Et cette capacité à se remettre en question aurait insufflé un peu plus de confiance et d’acceptation de l’islam.

Après 1heure 30 d’écoute attentive, je décide de rompre la plaintive harmonie et de poser quelques questions qui fâchent: «Vous parlez de vous et de l’islam comme s’il n’existait qu’en Suisse. Ici, les musulmans sont pacifiques, et ceux qui ne partagent pas vos points de vue sont donc racistes, discriminants, etc. Or, nous, nous voyons ce qui se passe au nom de l’islam ailleurs. Toutes ces atrocités, toutes ces législations discriminatoires…

«Vous pourriez vous mettre à notre place … lorsque nous voyons que plus un mouvement est radical plus il couvre le corps des femmes, nous nous demandons ce que signifie le foulard… Là-bas il est liberticide, ici ce serait la liberté. On ne sait même pas pourquoi les femmes doivent le porter et pourquoi les hommes ne portent rien de particulier: c’est une discrimination qui nous est incompréhensible… Et pourquoi tant de gens se réclament de l’islam pour commettre tant de crimes?…  J’ai lu le Coran et j’y retrouve des composantes de ce qui se passe là-bas. Pourquoi nous répond-on systématiquement ça n’a rien à voir avec l’islam? L’islam d’ici, qu’est-ce que c’est?

Crac, crac… l’hôte de la soirée Alain Bittar, gérant de la Librairie arabe de Genève, descend l’escalier de bois depuis son bureau, très fâché. « Ça fait 38 ans que je tiens un espace culturel où se retrouvent beaucoup de musulmans. Je suis un chrétien d’Orient et je n’ai jamais eu le moindre problème. Nous parlons de gens qui vivent à Genève, qui partagent leur vie quotidienne avec la population suisse.  Que l’islam n’ait pas une belle image, je veux bien le croire, mais cette image est terriblement faussée par les médias en fonction de la politique internationale.

Quand je suis arrivé à Genève, je venais du Soudan. Qu’est-ce que je n’ai pas entendu sur les chrétiens du Soudan qui se faisaient massacrer par les musulmans! J’ai encore de la famille là-bas, ils vivent très bien, ils sont très heureux…

«La géopolitique internationale fait qu’aujourd’hui on stigmatise énormément UNE population. Or dans le monde, ce sont souvent des musulmans qui se font tuer par d’autres musulmans, la majorité des gens qui se font tuer par le terrorisme ce sont des musulmans… On ne peut pas aborder un débat comme celui de ce soir en essayant de prendre l’image qu’ont les musulmans au niveau de la planète parce que… c’est faux. Les musulmans qui vivent à Genève, ce ne sont pas ceux qui sont en train de tirer  sur d’autres populations. Je pense qu’il y a un dérapage qui est facile, des sortes de manipulations idéologiques dont on peut s’abstenir dans des discussions comme celle-ci. »

L’assemblée rassurée reprend son cours.

Après un moment, un peu fatiguée par cette interminable soirée, je m’en vais. On me racontera la suite.

Nadia, Tunisienne regrette mon départ. Pour elle, j’ai symbolisé toute les crispations qu’il y a autour de la question de l’islam. «En Tunisie, ces débats sont les mêmes. Cette dame a raison, on évolue dans un contexte, il y a des choses qui font peur aux gens… Les agresser alors qu’ils font l’effort de venir, de s’intéresser … On peut leur expliquer calmement...»

Azzabi n’a semble-t-il aucun regret. Notre Vert informe l’assemblée que «Madame Vallette écrit un blog fasciste, voire raciste!»

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Revenons-en au point de départ: « Les jeunes arabes musulmans vivent-ils une particularité dans le contexte actuel?» Quelques éléments de réponse.

Chers jeunes musulmans, voici quelques-unes de vos particularités et de nos défis

  • Vous exigez avec une suffisance rare de changer en profondeur notre société: supprimer son caractère séculier pour introduire des mœurs religieuses, par ailleurs très conservatrices: des foulards, des burkinis, des burqas, des prières, des rites (ramadan), le refus de serrer la main de l’autre sexe, la non-mixité dans vos mosquées, la fermeture aux non-musulmans.
  • Ne pouvez-vous comprendre que des citoyens, nombreux, s’opposent à ce bouleversement? Qu’ils attendent sur ce sujet des réponses plutôt que des insultes?
  • Pourquoi voulez-vous à tout prix porter ou soutenir ce foulard et ces vêtements amples ou informes? Ils ont toujours symbolisé dans l’islam l’asservissement des femmes. Ils le symbolisent encore aujourd’hui, et chaque fois qu’un pays se radicalise, l’extension du port du voile en est un signe. Ne pouvez-vous imaginer que la prolifération de ces marqueurs vestimentaires nous envoie un signe de complicité avec ces radicaux?
  • Mesdames, accepteriez-vous d’épouser un non-musulman sans qu’il soit obligé, comme c’est la règle aujourd'hui comme hier, de se convertir à l’islam?
  • Pouvons-nous savoir pourquoi votre dieu impose une telle contrainte aux femmes (se couvrir, y compris les cheveux) et rien d’équivalent aux hommes?
  • Pourquoi tant de crimes au nom de l’islam? Pourquoi tous les pays musulmans (hors la Tunisie… devenue laïque) sont-ils régis par des lois inspirées de la charia qui discriminent les femmes, traquent les minorités religieuses, usent de violence contre les opposants à votre religion? Votre islam à vous, de quoi s’inspire-t-il?

Votre refus de répondre à ces interrogations promet une méfiance croissante et des conflits sans fin.

Mireille Vallette, le 10 novembre 2017

dimanche, 29 octobre 2017

Immigration travail & religion - Interview de Guillaume Faye et Claude Berger

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Immigration travail & religion

Interview de Guillaume Faye et Claude Berger

Guillaume Faye et Claude Berger, se retrouvent sur l'activité salariée qui coupe l'homme de ses racines, sur les racines de l'antisémitisme dans le socialisme, dans le christianisme et dans l'Islam. Un moment rare pour des analyses exceptionnelles.
 

samedi, 28 octobre 2017

Une vie, une oeuvre: Simone Weil ou la brûlure de l'écoute

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Une vie, une oeuvre: Simone Weil ou la brûlure de l'écoute

Une courte vie dédiée passionnément à l'exercice de la vérité, une soif d'absolu que, ni l'engagement politique aux côtés des plus humbles ni même l'Eglise catholique qu'elle rencontre dans les dernières années de sa vie, ne parviendront à combler. Nourrie par la pensée grecque, la tradition égyptienne en Osiris, les Upanishads et la Bhagavad-Gita, bouleversée par la vérité de la Croix qu'elle vit dans son corps même, Simone Weil tente, à travers toutes les traditions mystiques non chrétiennes, de découvrir le sens universel de la rédemption christique.
 
Juive malgré elle, contre elle, sa pensée rigoureuse et implacable se heurtera au judaïsme qu'elle méconnaît et balaie d'un revers de mots : c'est sans doute la limite qu'elle ne pouvait franchir et où, telle un fleuve immobile, son attention à Dieu ne se démentira jamais plus.
 
Elle meurt à 34 ans, en Angleterre, en exil de tout et d'elle-même, coïncidant enfin, à son corps défendant, avec ce qu'elle avait vainement et obscurément cherché toute sa vie : être mendiante parmi les mendiants, pauvre d'entre les plus pauvres.
 
Cette émission se propose de faire mieux connaître au public une pensée méconnue, exigeante, irremplaçable, qui s'inscrit dans la tradition mystique la plus pure et la plus haute : les écrits de Simone Weil se placent désormais aux côtés de ceux de Saint François d'Assise et de Saint Jean de la Croix.
 
Par Marie-Christine Navarro.
 
Réalisation :
Isabelle Yhuel. Rediffusion de l'émission du 16/03/1989.
Avec la collaboration de Vanessa Nadjar et d'Annelise Signoret.
Intervenants
- Bertrand Saint-Serni (philosophe)
- Etienne Ostier (prêtre)
- Michel Narcy (professeur de philosophie)
- Joseph-Marie Perrin (père dominicain)
- Florence de Lucy (conservateur en chef à la Bnf)
 

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vendredi, 06 octobre 2017

L’énigme alawite

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L’énigme alawite

par Georges FELTIN-TRACOL

Ex: http://www.europemaxima.com

Dans le monde arabo-musulman, le terme « alaouite » désigne l’actuelle dynastie royale marocaine en référence à son fondateur, descendant de Mahomet, venu sur la demande des tribus locales, d’où son titre de « Commandeur des croyants », ce qui lui permet de contenir les poussées islamistes.

alawites.jpgLe mot mentionne ensuite une communauté ethno-religieuse surtout présente en Syrie et au Liban. Abdallah Naaman étudie ce groupe peu connu pour lequel il remplace les lettres o et u par un w : Les Alawites. Histoire mouvementée d’une communauté mystérieuse (Éditions Érick Bonnier, coll. « Encre d’Orient », 359 p., 20 €). L’ouvrage se compose de deux parties inégales. L’une revient longuement sur le déclenchement de la guerre civile syrienne. Démocrate et laïque, l’auteur récuse les supposés rebelles et vrais terroristes islamistes sans pour autant soutenir le gouvernement légitime du président Bachar al-Assad. Très critique envers Israël et l’Arabie Saoudite, il n’hésite pas à qualifier Nicolas Sarkozy de « burlesque », Laurent Fabius de « mouche du coche (p. 200) » et à dénoncer le philosophe botulien Bernard-Henri Lévy qu’il considère comme un « affabulateur (p. 201) » et un « malhonnête homme à la chemise blanche immaculée que d’aucuns traitent d’imposteur intellectuel de la nouvelle philosophie (p. 201) ». Cependant, hors de ces quelques vérités très incorrectes, l’autre partie s’attache à découvrir un peuple mystérieux.

Dissidence religieuse qui mêlent rites animistes, musulmans, chrétiens et zoroastriens d’où la célébration des fêtes de Noël et du Nouvel An solaire perse, les Alawites vivent surtout confinés dans les montagnes abruptes du littoral méditerranéen. Toujours méprisée et en conflit permanent avec leurs voisins chiites ismaéliens qui croient en sept imams à la différence des Iraniens, imamites, qui en vénèrent douze, la communauté alawite « longtemps tenue dans une dépendance étroite, sut conserver une vie religieuse, discrète, sinon active. Face à tous les conquérants, les Alawites sont restés immuablement attachés à leur sol, labourant leurs champs, cultivant leur tabac, leurs vignes et leurs oliviers, et gardant au fond d’eux-mêmes l’empreinte et les souvenirs des vieux cultes (p. 330) ».

Après 1918, la France, devenue puissance mandataire au Levant, tente un éphémère État alawite avant de le fondre dans un État syrien à majorité sunnite, soit les oppresseurs habituels. Les jeunes Alawites s’engagent alors en nombre dès cette époque dans l’armée ainsi que dans deux partis politiques rivaux qui proposent un projet laïque intégrateur : le Parti nationaliste social syrien favorable à une Grande Syrie pré-arabe, et le Baas panarabe. Dans les années 1960, les militants baasistes s’emparent du pouvoir à Damas. Puis, après de féroces luttes intestines, en 1970, l’Alawite baasiste Hafez al-Assad devient l’homme fort de la Syrie. Ce baasiste qui a épousé une ancienne militante du Parti nationaliste social syrien donne aux Alawites la direction du pays tout en s’ouvrant aux autres minorités religieuses chrétiennes, druzes et chiites et en s’entendant avec une large partie de la population sunnite.

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Drapeau des Alaouites sous le mandat français en Syrie

Les Alawites demeurent une énigme spirituelle, ethnologique et culturelle. Hostiles au prosélytisme, ils gardent secrète leur foi qui baigne dans un ésotérisme complexe mâtiné de croyances autour de la réincarnation de l’âme. Oscillant depuis des siècles entre certaines écoles sunnites modérées et des tendances chiites imamites, les Alawites souhaitent principalement se protéger des multiples menaces qui les entourent. Avec raison, car cette communauté très particulière incarne une part de cette diversité humaine que le monde ultra-moderne entend éradiquer. Voilà pourquoi il faut défendre les Alawites.

Georges Feltin-Tracol

• « Chronique hebdomadaire du Village planétaire », n° 46, diffusée sur Radio-Libertés, le 29 septembre 2017.

mardi, 12 septembre 2017

"L'Arabie saoudite, pays géniteur du radicalisme"

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"L'Arabie saoudite, pays géniteur du radicalisme"

VIDÉOS. Ancien haut fonctionnaire à la Défense, Pierre Conesa explique comment notre grand allié a diffusé son islam ultra-rigoriste dans le monde.

Propos recueillis par et Pauline Tissot
Ex: http://www.lepoint.fr

C'est un tabou français que Pierre Conesa tente de briser. Grande alliée (et argentier) de la France au Moyen-Orient, la richissime Arabie saoudite possède sa face sombre : soixante ans d'une diplomatie religieuse qui a exporté en catimini dans le monde entier son « wahhabisme », version la plus rigoriste et intolérante de l'islam sunnite, qui a inspiré les pires djihadistes d'Al-Qaïda comme de Daech. Ancien haut fonctionnaire du ministère de la Défense, Pierre Conesa s'est livré dans Dr. Saoud et Mr. Djihad* à une enquête passionnante et inédite sur les rouages de ce prosélytisme d'État adoubé à Paris comme à Washington. Des secrets explosifs sur le véritable géniteur du radicalisme sunnite.

Le Point.fr : Vous parlez de mensonge d'État à propos du 11 Septembre et du rôle de l'Arabie saoudite. Mais la récente déclassification des 28 pages polémiques n'a-t-elle pas dédouané l'Arabie saoudite ?

Pierre Conesa : La déclassification de ces 28 pages, quinze ans après le 11 Septembre, prouve qu'un certain nombre des auteurs des attentats ont été en contact avec des diplomates saoudiens et des familles proches de ceux-ci qui les ont logés et entretenus. Et puis il y a une évidence. Sur les dix-neuf terroristes du 11 Septembre, quinze étaient saoudiens. Or, le discours de George W. Bush en janvier 2002 consiste à accuser l'Iran, l'Irak et la Corée du Nord, alors qu'il n'y a aucun Iranien, aucun Irakien et aucun Nord-Coréen dans le groupe terroriste. De la même façon, les Saoudiens constituaient le plus gros contingent aux côtés des Afghans lors du conflit contre les Soviétiques dans les années 1980, et ils fournissent le plus gros lot de djihadistes étrangers à Daech aujourd'hui. C'est donc qu'il existe quelque part une matrice idéologique – le wahhabisme – qui explique aujourd'hui une grande partie des crises et des actes terroristes qui frappent la planète.


Pierre Conesa : « La diplomatie religieuse... par LePoint

Mais existe-t-il un lien direct entre le financement du djihad et l'Arabie saoudite ?

Le système saoudien est une sorte de soft power américain avec une multiplicité d'intervenants qui vont de la politique publique aux grandes fondations privées et aux universités islamiques : une conjonction d'acteurs qui permet toujours au pouvoir saoudien de prétendre qu'il n'était pas au courant. Et c'est vrai, car dans un pays où le budget du roi et celui de l'État ne sont pas vraiment séparés, on peut toujours prétendre qu'il existe quelqu'un aux intentions moins louables et dont les agissements ne sont pas connus du roi. Ainsi, lorsque les Américains ont mis en garde les Saoudiens sur le financement du terrorisme après le 11 Septembre, ils ont eux-mêmes listé 265 organisations dont il fallait tarir ou interdire l'activité ! Mais, d'après moi, le financement du terrorisme me paraît être un second problème. Parce qu'un attentat terroriste ne coûte rien. Les attentats du 11 Septembre n'ont coûté que 11 000 dollars et on estime qu'ils ont fait 40 milliards de dollars de dégâts entre effets directs et indirects. La question importante à mon sens est celle de l'idéologie.

En quoi l'idéologie saoudienne inspire-t-elle les terroristes ?

L'Arabie saoudite possède également un côté soviétique. Les Saoudiens ont formé à peu près 25 000 personnes à l'université islamique de Médine, qui est l'équivalent saoudien de l'université soviétique Lumumba, et qui diffuse une idéologie totalitaire : le wahhabisme, ou salafisme. Un théologien musulman français m'a dit un jour que le wahhabisme était la version la plus sectaire, la plus raciste, la plus antisémite, la plus homophobe, et la plus misogyne de l'islam. À la différence des autres universités islamiques dans le monde, les étudiants de Médine obtiennent des bourses, sont logés et entretenus, à la condition de retourner chez eux pour faire de la prédication, donc de la propagande, comme à l'époque des commissaires politiques de l'université soviétique Lumumba. D'après mes chiffres, 30 000 personnes ont été formées dans ces universités islamiques saoudiennes. On va les retrouver dans toute la bande sahélienne, au Mali, au Niger, en République centrafricaine. Chaque année, les Saoudiens dépensent 7 à 8 milliards de dollars pour leur diplomatie religieuse, soit autant que pour leur diplomatie de défense ! C'est à peu près deux fois plus que l'URSS à la belle époque.

Mais n'y a-t-il tout de même pas une différence entre le salafisme, qui est quiétiste, et le djihadisme ?

Pas à mon sens. Lorsque vous avez un discours raciste, antisémite, vous légitimez d'une certaine manière la violence. En France, on réprime les propos antisémites, racistes, sectaires. Or, en Arabie saoudite, vous avez une idéologie qui reprend exactement tous ces mots en la légitimant par la religion. L'étude qu'a faite Antoine Sfeir sur les manuels wahhabites est d'ailleurs extrêmement claire. Dans les programmes scolaires wahhabites, on n'apprend pas Freud, Marx ou Darwin, mais l'antisémitisme et la dénonciation des autres religions… On est dans le système de l'intolérance absolue. Vous préparez littéralement des citoyens à basculer tout à coup dans la violence, parce que vous estimez que les « mécréants », terme utilisé par les salafistes pour désigner les autres croyants, sont des individus de seconde zone. Pour moi, le salafisme quiétiste est une préparation psychologique à la violence.

Mais l'idéologie djihadiste n'est-elle pas un mélange de salafisme et de théories révolutionnaires des Frères musulmans ?

L'identité islamiste a été constituée par plusieurs mouvances qui ont justifié par différents propos le passage à la violence. Saïd Qotb, qui est souvent celui qui est cité comme le légitimateur de la violence, la concevait surtout contre les régimes arabes qui, d'après lui, se prétendaient musulmans mais n'appliquaient pas le Coran. Par la suite, il y a eu la justification du djihad contre les Soviétiques auquel nous, Occidentaux, avons nous-mêmes adhéré, puisqu'on pensait que les ennemis de nos ennemis ne pouvaient être que nos amis. Aujourd'hui, la défense de la terre de l'islam est légitimée par tous les théologiens, quelle que soit leur mouvance. Cela a été le cas après l'intervention américaine en Afghanistan, en Irak… Il y a donc eu un processus de légitimation progressive de la violence.

Comment expliquer ce conservatisme religieux en vigueur en Arabie saoudite ?

Il faut revenir au pacte originel entre Mohammed Ibn Saoud, patriarche de la dynastie Saoud, et l'imam ultraconservateur Mohammed Abdelwahhab, scellé en 1744, et qui est à l'origine du premier État saoudien. À cette époque, Abdelwahhab a utilisé le terme de djihad pour que les Saoud puissent conquérir le territoire d'Arabie contre les autres tribus. L'imam a également appelé au djihad pour lutter contre l'Empire ottoman. Ainsi, le djihad est-il constitutif de l'identité nationale saoudienne. Dès le départ, l'Arabie saoudite est un système à deux pieds, avec, d'un côté, la famille Saoud (la dynastie en place) et, de l'autre, le corps des oulémas (théologiens), dirigé par la famille al-Shaikh, c'est-à-dire les descendants d'Abdelwahhab. En échange du pouvoir, ceux-ci régissent la société saoudienne, ainsi que l'action extérieure du pays. Le problème est que les Saoudiens ont à plusieurs reprises sollicité les Occidentaux – des « mécréants » – pour défendre leur régime, que ce soit en 1979 lors de l'occupation de la Grande Mosquée de la Mecque (par des islamistes radicaux, NDLR) ou en 1991 lors de l'invasion du Koweït par Saddam Hussein. À chaque fois, les oulémas les plus radicaux sont montés au créneau pour dénoncer une « invasion de croisés » en terre d'islam. Pour se légitimer, le régime Saoud a donc obtenu des oulémas une justification théologique. En contrepartie, les religieux ont gagné plus de droits sur la société et la diplomatie saoudienne. En 1979, les gendarmes français du GIGN ont même été convertis à l'islam pour libérer la Grande Mosquée des étudiants islamistes radicaux qui dénonçaient la corruption du régime ! On voit ici résumée toute l'hypocrisie du système saoudien. En Arabie saoudite, c'est « la violence ailleurs, mais touche pas à mon prince ».

Comment l'Arabie saoudite a-t-elle procédé pour exporter le wahhabisme ?

Outre la formation d'imams étrangers dans ses universités, l'Arabie saoudite s'est appuyée sur des organisations religieuses. C'est notamment le cas de la Ligue islamique mondiale, créée à l'époque de Nasser. Ce leader arabe possédait un discours très critique à l'égard des pays du Golfe et brandissait le panarabisme. En réaction, l'Arabie saoudite a prôné le panislamisme, dont le vecteur porteur a été la Ligue islamique mondiale. Il s'agit d'une ONG, toujours dirigée par un Saoudien, qui porte une conception wahhabite de l'islam, et dont les financements sont très opaques. Sous le couvert de la défense des musulmans et de la construction de mosquées, la Ligue islamique mondiale a souvent été le faux nez de l'action saoudienne à l'étranger. Or, l'Arabie saoudite étant un pays allié combattant à l'époque la « laïcité » soviétique, l'Occident a laissé faire.

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L'Arabie saoudite est-elle, comme on peut l 'entendre, à l 'origine de la création de Daech ?

Pas du tout. L'Arabie saoudite n'a pas créé Daech. En revanche, elle a créé le salafisme, qui en est le géniteur. D'ailleurs, les deux régimes décapitent tous deux massivement en public, et détestent les chiites. Lorsque Abu Bakr al-Baghdadi proclame le califat, il conteste directement les Saoud. Car ces derniers, s'ils se sont toujours autoproclamés serviteurs des lieux saints, n'ont aucune légitimité par rapport à la dynastie du Prophète. Ainsi, lorsqu'un individu comme al-Baghdadi s'autoproclame calife, il rétrograde de fait les Saoudiens. Voilà pourquoi les Saoud sont aujourd'hui dans la concurrence, et non dans la confrontation, avec Daech. C'est-à-dire qu'ils veulent délégitimer l'État islamique en montrant qu'ils sont les meilleurs défenseurs de la cause sunnite. Et donc en réprimant davantage qu'eux les chiites.

Comment expliquer qu 'un pays aussi conservateur soit notre meilleur allié au Moyen-Orient ?

En Occident, on nous rappelle sans cesse que ce pays est notre ami, ainsi que notre meilleur client, et il existe une sorte de tabou dans la critique de l'Arabie saoudite. Or, j'estime que nos intérêts commerciaux ne doivent pas primer la sécurité de nos concitoyens. Il est d'ailleurs intéressant de noter que cela fait vingt ans que l'on nous parle d'une prévision de dix milliards de dollars de contrat avec le royaume. Or, cela ne reste que de la prévision. Certains contrats se réalisent, d'autre pas. Mais cela ne peut être en aucun cas le raisonnement d'une stratégie diplomatique dont les effets sécuritaires sont aussi dramatiques que ceux que l'on connaît aujourd'hui. Pendant des années, on leur a vendu des armes, qu'ils n'ont jamais utilisées… jusqu'à la guerre au Yémen (depuis mars 2015), où l'on constate leur absence totale de retenue en ce qui concerne les dommages collatéraux. Entre le radicalisme chiite et le radicalisme sunnite, nous n'avons pas à choisir. Or, nous l'avons fait.

Pourquoi les Saoudiens ne sont-ils pas davantage impliqués dans la coalition contre Daech ?

En effet, dès qu'ils sont intervenus au Yémen, l'Arabie saoudite et les autres pays arabes ont retiré tous leurs avions de la coalition contre Daech. Pourquoi l'Arabie saoudite a-t-elle mobilisé toute son aviation au Yémen, qui n'est pourtant pas sa menace principale ? Comment expliquer que nous, Occidentaux, sommes les seuls aujourd'hui à combattre l'État islamique ? Aujourd'hui, nous avons du mal à définir qui est notre ennemi. Notre ennemi, c'est le salafisme, dont Daech est une application pratique. Mais le géniteur, le docteur Frankenstein, c'est l'Arabie saoudite. Et nous sommes dans la position schizophrénique où l'on combat le radicalisme tout en protégeant son géniteur. Or, dans le roman de Mary Shelley, le monstre disparaît avec son créateur.

* "Dr. Saoud et Mr. Djihad : la diplomatie religieuse de l'Arabie saoudite" est paru aux éditions Robert Laffont.

vendredi, 14 juillet 2017

The Silk Roads of Faith

Frankopan begins his journey not with trade in goods but trade in faith.  Buddhism, Hinduism, Jainism, Manichaeism, Zoroastrianism, Judaism, Christianity (of more than one flavor), and eventually Islam (of more than one flavor) all come into play in this journey, and not always in a peaceful way.

As early as the third century B.C, Buddhist principles could be found as far to the east as Syria, with a Jewish sect in Alexandria, Egypt known as Therapeutai bearing unmistakable similarities to Buddhism.  In central Asia, forty Buddhist monasteries ringed Kabul.  Noted a visitor:

“The pavement was made of onyx, the walls of pure marble; the door was made from moulded gold, while the floor was solid silver; stars were represented everywhere one looked…in the hallway, there was a golden idol as beautiful as the moon, seated on a magnificent bejeweled throne.”

The first four centuries of the first millennium saw the explosion of Christianity and “a maelstrom of faith wars.”  Persia, the leading power during the rise of the Sasanian dynasty, was Zoroastrian, persecuting other religions and sects.

The story of the spread of Christianity from Palestine to the west is well known; the spread of Christianity to the east was far more remarkable and extensive.  Christianity was brought in through the trade routes, as well as through the deportations of Christians from Syria.  It was a Christianity with a communion different than that to be found in Rome.  This difference would prove to play a key role in the not too distant future. 

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Evangelists reached north into Georgia, reaching a large community of Jews who converted.  There were dozens of Christian communities along the Persian Gulf and as far to the east as today’s Afghanistan.  As the influence of Christianity increased, the persecution by the Zoroastrian Persians followed suit.  For the leaders of the non-Persian minorities, Christianity was seen as a way to break free of the empire.  It was seen this way by the Persians as well.

Precisely how and when rulers in the Caucasus adopted Christianity is not clear.  One example regarding this should suffice, regarding the conversion of the Armenian King Tiridates III at the start of the fourth century:

…according to tradition, Tiridates converted after turning into a pig and roaming naked in the fields before being healed by St. Gregory, who had been thrown into a snake infested pit for refusing to worship an Armenian goddess.  Gregory healed Tiridates by causing his snout, tusks and skin to fall off before baptizing the grateful monarch in the Euphrates.

Way better than the story of Constantine, who looked up in the sky and saw a cross-shaped light.

Constantine’s conversion was a blessing to Christians of the west; it led to a disaster for Christians in the east.  While Christianity was not made a state religion, Constantine did declare himself the protector of Christians wherever they lived – even outside of the Roman Empire.

To the Persians, he presented himself as speaking on behalf of these eastern Christians.  From here on, every conversion was seen as an act of war.  In order to protect these eastern Christians, Constantine planned his attack on Persia; he was going to bring about God’s kingdom on earth.  As noted Aphrahat, head of a key monastery near Mosul, “Goodness has come to the people of God…the beast will be killed at its preordained time.”

Apparently this wasn’t the preordained time.  Unfortunately for these Christians, Constantine fell ill and died; Shapur II proceeded to unleash hell on the local Christian populations as payback for Constantine’s aggressions.  The list of martyrs was long.  It truly was a disaster for Christianity in the east.

Eventually the conflicts between Rome and the Persians settled down; the Persians secured key points on the routes of trade and communication.  Half of Armenia was annexed.  Both powers were faced with a new enemy coming from the steppes of Asia.

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Driven by famine attributed by the author to catastrophic climate change (too many cows?  Volkswagen diesels?), the tribes of the steppes were driven westward.  They drove refugees in front of them, clear to the Danube.  Persia was not spared this invasion, with attacks along the major cities of the Tigris and Euphrates rivers.  This drove Persia and Rome into a previously unlikely alliance.

A massive fortification was built by the Persians along a 125 mile stretch between the Caspian and Black Seas.  Thirty forts spanned this expanse; a canal fifteen feet deep protected the wall; 30,000 troops manned this barrier.  Rome made regular financial contributions in support of this fortification; further, they supplied a regular contingent of soldiers to defend it.

As far as Rome itself was concerned, it all came too late; in 410, the city was sacked.  The city that controlled the Sea which was considered to be the center of the world was conquered.  To the Christian men of Rome, this was God handing out punishment for man’s sinful ways; to others, it was a result of Rome’s turn to Christianity and away from its pagan roots.

This was a benefit to Christians in the east; Rome was no longer seen as a threat to Persia.  Constantinople had its own defenses from these hordes to worry about, so there was little threat from this quarter either.

This relative calm allowed for the various Christian sects, east and west, to work out the doctrine – turning the Gospels and letters into consistent practice, belief, action and governance; the perfect opportunity to turn Christianity into a unified church.

It didn’t work out this way.  Bishops against bishops, sects against sects, unsettled debates at the various councils, power politics, and excommunication freely offered.  To offer any meaningful detail would only make my head hurt.

While the church in the west was busy rooting out deviant views, the church in the east went on a missionary outreach to rival any other.  From the tip of Yemen to Sri Lanka, Christian communities could be found headed by clergy appointed from Persia.  The author suggests that even during the Middle Ages there were more Christians in Asia than in Europe.

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This outreach was made possible due to the tolerance shown by the Sasanian rulers of Persia – you might consider these the Constantines of the east.  The clergy would pray for the Shah’s health; the Shah would organize elections for the clergy.

It might be generally said that religious tolerance was shown throughout the region.  In Bamiyan, within today’s Afghanistan, two immense statues of Buddha stood – one as high as 180 feet.  Carved in the fifth century, they were left intact under later Muslim rule for 1200 years, ending only under the Taliban in 2001.

Others did not show as much tolerance.  While the Palestinian Talmud refers lightly to Jesus and His followers, the Babylonian Talmud takes a “violent and scathing position on Christianity.”  Converts to Judaism, according to one prominent rabbi, still had the evil in them until twenty-four generations have passed.

In the kingdom of Himyar, in the southwestern corner of the Arabian Peninsula, Jewish communities became increasingly prominent.  Judaism was adopted as the state religion; Christians faced martyrdom for their beliefs, after being condemned by a council of rabbis.

In any case, by around the middle of the seventh century, Christianity was generally on the march east, at the expense of Zoroastrianism, Judaism and Buddhism.

This period was to quickly come to an end.

Reprinted with permission from Bionic Mosquito.

mercredi, 31 mai 2017

Renonciation de Benoît: arrière-plan géopolitique

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Renonciation de Benoît: arrière-plan géopolitique

 
Ex: http://zejournal.mobi 
 
Ce sont des hypothèses, évidemment, mais elles acquièrent une crédibilité à cause de la source, une prestigieuse revue italienne (24/5/2017).

La « prestigieuse » revue italienne de géopolitique revient sur les évènements du début 2013, qui ont en réalité commencé deux ans plus tôt.

Dans le n. 4 d’avril 2017, l’un des articles s’intitule « Pourquoi le Vatican nous sert ». Il est réservé aux abonnés, mais l’accroche annonce:

Tandis que l’Italie est une puissance régionale moyenne, la papauté déploie une influence mondiale. Quand les intérêts respectifs convergent, les politiques de Rome sont légitimées. Les problèmes surgissent si elles divergent, comme c’est le cas aujourd’hui pour la sécurité et l’accueil des migrants.

Et apparemment, comme ce fut le cas autour de 2013, où les intentions du Pape Benoît seraient entrées en conflit avec les intérêts de la faction la plus atlantiste du pouvoir italien (qui n’était pas celle représentée par le Premier ministre d’alors, Silvio Berlusconi, lui aussi contraint de démissionner par une campagne de scandales d’une violence inouïe).

Le sujet ne pouvait pas ne pas intéresser Antonio Socci, qui lui consacrait un article intéressant la semaine dernière.

Mais un peu plus tôt, le site Campari & de Maistre éclairait notre lanterne sur le contenu de l’article de Limes. Se gaussant de ce qu’il qualifie de « secret de Polichinelle ».

Campari & de Maistre

Démission de Benoît. Voici le secret … de Polichinelle

Nous vous invitons à lire tout l’article qui suit, non pas tant pour prendre acte de «ce qui» est révélé, mais de prendre acte de «qui» avalise ce point de vue.

«Les frictions entre l’Eglise et les Etats-Unis n’auraient pas disparu avec la disparition de Jean-Paul II. Elles auraient au contraire eu une suite dans le cours du pontificat du Pape Ratzinger, durant lequel elles n’auraient pas seulement été aiguisées par l’investissement de la part de Obama et de Hilary Clinton sur l’Islam politique des Frères Musulmans durant les dits « printemps arables », mais également par la ferme volonté de Benoît XVI de parvenir à une réconciliation politique avec le patriarche de Moscou, qui aurait été, dans ses intentions, le véritable couronnement religieux d’un projet géopolitique d’intégration euro-russe soutenu avec conviction par l’Allemagne et l’Italie de Silvio Berlusconi – mais pas de celle, plus pro-américaine, qui se reconnaissait en Giorgio Napolitano. Comment cela s’est terminé est connu de tous. Le gouvernement italien et la papauté auraient été frappés simultanément par une campagne de scandales, coordonnée, d’une rare violence et sans précédent, à laquelle se seraient associées des manœuvres plus ou moins opaques dans le domaine financier, avec l’effet final de précipiter en Novembre 2011 le retrait de Berlusconi du Palazzo Chigi, et le 10 Février 2013, l’abdication de Ratzinger. Au plus fort de la crise, l’Italie aurait vu progressivement se fermer les portes d’accès aux marchés financiers internationaux, tandis que l’Institut pour les œuvres de religion (IOR) serait coupé temporairement par le circuit Swift (4)».

Note

«(4) L’IOR aurait été exclu du système international des paiements du 1er Janvier au 11 Février 2013 sur la base de l’accusation de contribuer au blanchiment d’argent, avec l’effet d’induire la Deutsche Bank à bloquer le fonctionnement des distributeurs automatiques de billets dans tout le territoire de la Cité du Vatican. La nouvelle a été donnée en Italie par la Repubblica du 3 Janvier 2013, quand Fabio Tonacci publia un article intitulé: « Vatican, stop aux cartes et aux distributeurs automatiques de billets. Les services de paiement suspendus ». Le lendemain de l’annonce de l’abdication du pape Ratzinger, le Saint-Siège obtiendra d’une banque suisse le rétablissement des services interrompus».

Après cette longue citation, désignons-en la source. Maurizio Blondet? Antonio Socci? Les hackers russes? Eh bien non, les données bibliographiques sont les suivantes: « Germano Dottori, Pourquoi nous avons besoin du Vatican » , dans Limes – revue italienne de géopolitique, n° 4/2017 (Avril), pp. 151-158″.

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Bref, en lisant la dernière sortie du magazine italien qui fait autorité dans le domaine de la géopolitique, un journal auquel est attribué un rôle tel que chaque numéro est présenté, non sans une certaine solennité, par son directeur, à la télévision d’Etat, nous apprenons les informations suivantes:

1) Le succès politique des Frères musulmans (c’est-à-dire de l’islam fondamentaliste) à la suite des «printemps arabes» n’a pas été, comme beaucoup pourraient le penser, un effet non intentionnel du progressisme stupide de Obama mais quelque chose de voulu;

2) Benoît XVI a poursuivi avec «une ferme volonté» le plan de réconcilier l’Eglise catholique avec le Patriarcat de Moscou;

3) Ces deux facteurs ont aiguisé les frictions entre l’Eglise et les États-Unis, commencées dans la dernière phase du pontificat de saint Jean-Paul II;

4) Le gouvernement Berlusconi soutenait le dessein de Benoît XVI dans une optique pro-russe;

5) Il s’est ainsi aliéné les sympathies des Américains, dont l’homme, en Italie, n’était autre que le Président de la République Giorgio Napolitano;

6) Les campagnes à scandales simultanées subies durant ces années par Berlusconi et le pape Benoît XVI étaient coordonnées entre elles, destinées à frapper deux personnalités qui, dans l’optique des États-Unis, étaient ouvertement trop pro-russes et très peu obéissantes à la Maison Blanche;

7) Cette campagne de dénigrement s’est accompagnée de manoeuvres financières opaques à la fois contre l’Italie (vous vous souvenez du « spread »?), et contre le Vatican (confirmant ce qui avait déjà été laissé à entendre par d’autres sources);

8) Tout cela a conduit à la démission de Berlusconi (et jusque là, rien qui ne soit déjà notoire) et aussi, écoutez bien, à celle de Benoît XVI .

Enfin, last but not the least, « Limes » est depuis toujours publié par le même groupe d’édition que « la Repubblica », c’est-à-dire l’organe de presse qui a servi de « lanceur » à cette double campagne de scandales «coordonnée, d’une rare violence et sans précédent». 

Bref, eux, ils savent.

Que dire? Nous avons toujours voulu nous tenir à l’écart des polémiques de type «complot» à propos de ce qui est arrivé au cours des derniers moments du pontificat de Ratzinger et les explications complotistes sur sa démission. Nous ferons de même cette fois aussi. Nous nous limitons simplement à signaler ce que rapporte un magazine estimé et influent, qu’on ne peut certes pas accuser de proximité avec la «Kurie conservatrice» ou avec les «quatre chats» traditionalistes. Nous nous permettons de signaler le passage où il est dit: «Comment cela s’est terminé est connu de tous».

Autre chose qu’un «gomblot». Ici, il s’agit d’un secret de Polichinelle …

Paolo Maria Filipazzi

* * *

Commentaires d’Antonio Socci

Voilà que des experts géopolitique commencent à réfléchir à ce qui se cache derrière la mystérieuse «renonciation» de Benoît XVI

Dans le dernier numéro – qui vient de sortir – de Limes, la revue de géopolitique de référence du même groupe d’édition que la Repubblica et l’Espresso, est publié un essai par le professeur Germano Dottori, responsable des études stratégiques à la Luiss (Libera Università degli Studi Sociali), conseiller scientifique de Limes, membre d’autres importants centres d’études, et qui a été consultant auprès de commissions de la Chambre et du Sénat sur les affaires étrangères et la défense.

Donc, l’essai de Dottori – intitulé «Pourquoi nous avons besoin du Vatican» – retrace le lien étroit et décisif entre la politique étrangère de l’Etat italien et la présence à Rome de la papauté qui a une influence planétaire. Une relation conflictuelle.

CONFLIT

Aujourd’hui, par exemple, Dottori estime que «le gouvernement des flux migratoires» crée une grosse friction entre les intérêts de l’Etat italien et le Vatican du Pape Bergoglio .

Il est en effet bien connu que «François est un partisan des portes ouvertes», mais il y a une «difficulté structurelle destinée à peser sur l’Italie: si Rome ne tente pas de ralentir d’une façon quelconque le flux des désespérés qui atteignent notre pays, non seulement certains équilibres sociaux délicats seront sans doute compromis, comme on commence à le voir dans les banlieues … mais il est très probable que nos partenaires européens finiront par opter pour notre expulsion des accords sur l’espace européen unique, ce qui entraînera un préjudice pour les intérêts économiques considérables de nos exportateurs».

En décrivant les connexions complexe Italie / Vatican, Dottori s’est aussi arrêté sur les événements qui en 2011 ont conduit à la chute du gouvernement Berlusconi, et en 2013, à l’étrange et traumatique «renonciation» de Benoît XVI.

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LE CONTEXTE

Dottore écrit: «les frictions entre l’Eglise et les Etats-Unis (…)

[Suit la citation du paragraphe évoqué plus haut]

Ce qui frappe, ce n’est pas seulement l’évocation du contexte géopolitique dans lequel se situe le «renoncement» de Benoît XVI (et la chute du gouvernement Berlusconi), mais aussi le fait que cette analyse soit publiée dans la revue de Lucio Caracciolo, «Limes», du groupe Gedi, dont le président est Carlo De Benedetti (le groupe de la Repubblica et l’Espresso) .

Il y a quelques mois, Dottori a donné une interview à l’agence catholique Zenit dans laquelle, interrogé sur les documents de WikiLeaks, il faisait cette considération: «Bien que je n’ai aucune preuve, j’ai toujours pensé que Benoît XVI avait été conduit à l’abdication par une machination complexe, ourdie par ceux qui avaient intérêt à bloquer la réconciliation avec l’orthodoxie russe, pilier religieux d’un projet de convergence progressive entre l’Europe continentale et Moscou. Pour des raisons similaires, je pense qu’a également été arrêtée la course pour succéder au cardinal Scola, qui en tant que patriarche de Venise avait mené les négociations avec Moscou» [voir à ce sujet: benoit-et-moi.fr/2016/actualite/laumonier-dobama].

GUERRE US À LA RUSSIE

Dans ces colonnes, j’ai souligné à maintes reprises la profonde anomalie de la «renonciation» du Pape Benoît, des circonstances dans lesquelles elle s’est produite, et enfin de sa décision de rester «pape émérite», expliquée avec ces mots surprenants: «Ma décision de renoncer à l’exercice actif du ministère ne révoque pas cela».

Une anomalie colossale qui fait penser à une demie-renonciation, comme on le devine aussi à partir de la fameuse conférence à la Grégorienne de son secrétaire Mgr Georg Gänswein.

Une telle «renonciation» doit être reliée au contexte géopolitique – comme le fait Dottori – sur lequel il conviendrait de réfléchir pour comprendre si d’éventuelles forme de pression furent exercées, et lesquelles.

Cela ne signifie pas que cette « renonciation » de Benoît XVI ait été extorquée ou contrainte. Mais cela signifie qu’autour de ce «choix» étrange, il y a un mystère colossal qui doit être éclairci.

Les considérations de Dottori sur Benoît XVI (et aussi sur le gouvernement Berlusconi) portent à nouveau à notre attention ce qui est – à mon avis – la clé pour comprendre de nombreux événements de ces dernières années: la guerre (froide et chaude) déclarée par les Etats-Unis d’Obama et Clinton contre la Russie de Poutine, sur tous les théâtres du globe.

Le projet d’un monde unipolaire à hégémonie américaine – qui doit donc balayer une Russie redevenue indépendante et autonome – est la dernière folie idéologique de la modernité .

C’est un projet impérialiste suicidaire pour les États-Unis et extrêmement dangereux pour le monde, mais il imprègne si profondément l’establishment américain (tant dans la faction « neocon » que celle « liberal ») que même Donald Trump – qui a gagné contre eux – doit maintenant transiger et se trouve fortement conditionné par ce bloc de pouvoir, qui semble plus fort que le président élu.

Libero, 17 mai 2017

jeudi, 09 février 2017

Adolf von Harnack’s Dark Theology

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Adolf von Harnack’s Dark Theology

Early Life and Career

Adolf von Harnack was one of the most eminent scholars in Germany of his day, and his reputation as a Church historian and New Testament scholar was unparalleled in Europe. He was born in 1851 in the town of Dorpat in Livonia, a province of Russia (today, Tartu in Estonia). He died in 1930 in Berlin.

Harnack belonged to a Prussian nationalist elite that ruled his Russian-majority town. His father, Theosodius Harnack, was a theology professor at Dorpat, and was a strictly orthodox Lutheran. Theodosius’ scholarly discipline and zeal for things German, especially Lutheranism, influenced Adolf Harnack deeply. Harnack studied theology at Dorpat from 1869 until 1872, and in 1872 he went to the University of Leipzig where, within a year, he wrote his doctoral dissertation, and his habilitation dissertation within another. He joined the Leipzig faculty in 1875, and in 1879 he moved to the University of Giessen.[1]

Harnack published the first volume of his monumental multi-volume History of Dogma [2] in 1885. The book drew criticism from conservative Christians, chiefly for using Christianity and the New Testament as sources but not as norms. After its publication, he was offered a position at Harvard University, but he declined the offer and moved to Marburg in 1878, where he continued to work on his History of Dogma.[2]

In 1888, the University of Berlin and the Prussian Ministry of Education invited Harnack to take a professorship in Berlin, but were met with fierce opposition from Prussian church officials, who vetoed the appointment. Their main issues were that Harnack had reservations about the authorship of the Gospel of John, Ephesians, and I Peter, and miracles such as the Virgin Birth, the Resurrection, and the Ascension. To Harnack, the issue was whether theology was a real academic discipline, free from church dogmatism and control. Eventually, Kaiser Wilhelm II and Chancellor Bismarck intervened, and Harnack‘s appointment was approved.[3] In 1893, Harvard University renewed its offer, with a letter from the university‘s President, Charles W. Eliot, offering Harnack absolute freedom of thought and speech from all governmental, academic, or social restrictions, and the highest salary it could offer. Again, Harnack declined.[4]

Harnack‘s relationship with the church was always strained, and eventually he gave up on serving it, instead assuming extensive administrative responsibilities in Kaiser Wilhelm‘s government. In 1905, he was appointed as Director General of the Royal Library in Berlin. Harnack and the Kaiser had a good relationship and often met for discussion. Sometimes their meetings included Houston Stewart Chamberlain, the author of The Foundations of the Nineteenth Century [3]. The reason the Emperor was drawn to Harnack was not to discuss religious matters, but because of Harnack‘s scholarly breadth and administrative astuteness. To the Kaiser, Harnack was an embodiment of Prussian diligence, competence, loyalty, patriotism, and objectivity. In March 1914, he knighted Harnack.[5]

In 1910, Harnack warned Kaiser Wilhelm that Germany was locked in competition with the imperial nations, and that the quality of scholarship, which needed funding, would determine the outcome. German academic institutes could not compete with the immense funds that research institutes in the United States had received from wealthy philanthropists. He said, “This cannot, this dare not remain the case, if German science and with it the Fatherland – its inward strength and its outward image – are to avoid grave damage.” The Kaiser then had the leaders of German industry fund the Kaiser Wilhelm Society for the Advancement of Science.[6] Harnack was appointed as the first President of the Society and a Krupp family member as his Vice President. Harnack had the personality to induce cooperation from specialists in different fields, and interest among the wealthy.[7]

harnzck2222.jpgHarnack on Christianity

Harnack‘s ideas on Christianity were developed in the final years of the nineteenth century and are found in his most famous work, History of Dogma (Lehrbuch der Dogmengeschichte), which was published in four volumes between 1886 and 1889, and in the popular work, What is Christianity? [4] (Das Wesen des Christentums), published in 1900. Both works have been translated into English.

Harnack believed that in the Early Church, the Christian faith was combined with elements of Greek thought that were not essential to the faith, and the result became the Christian dogma. Because of that, he thought, Christian theology over time became preoccupied with physics and metaphysics. But he did not think that the mixing of Christianity with Greek thought was some kind of degeneration. This process was dictated by necessity and was in itself good. The problem was that the dogma became fixed and authoritative for all time, and thus unable to cope with new exigencies as they emerged.[8]

Harnack‘s theology is liberal theology in the sense that it emphasizes the imperative of freedom: the freedom of thought, the pursuit of truth, and freedom from external interference. To him, theology as an academic discipline could not accept limits set by dogmas and Scripture that it held had to be believed in to attain salvation. He was also confident in the power of human thought and the ability to transcend one‘s subjectivity to attain genuine objectivity. In him, scrupulous reasonableness and unshakeable religious faith were combined, resting on his awareness of one‘s dependence on the absolute spirit.[9] Harnack read Goethe regularly and valued his maxims and reflections immensely. In him, as in Augustine, Harnack found a source of wisdom, understanding, and faith.[10]

According to Harnack, true Christianity was something simple and sublime: “It means one thing and one thing only: Eternal life in the midst of time, by the strength and under the eyes of God.”[11] To him, the concern of true religion was the fundamental difficulties of human existence such as living, finding meaning, and death. To the question of what was the basis of the highest form of religion in all of history, he answered, “Jesus Christ and his Gospel.” He added that this answer was exhaustive because it included the whole history of Christianity, but Christianity, not as a doctrine, but as life, “. . . again and again kindled afresh, and now burning with a flame of its own.”[12] He said that “. . . it must not be forgotten that in German Protestantism the ‘gospel’ means Jesus’ preaching of the kingdom of God.”[13] To him, Jesus was not part of the gospel, only God the Father. The meaning of the designation “Son of God” did not mean that Jesus was God incarnated, but rather that he had unique knowledge of God:

It is “knowledge of God” that makes the sphere of divine Sonship. It is in this knowledge that he came to know the sacred being who rules heaven and earth as Father, as his Father. . . Jesus is convinced that he knows God in a way in which no one ever knew him before, and he knows that it is his vocation to communicate this knowledge of God to others by word and by deed – and with the knowledge that men are God’s children.[14]

Harnack did not hold orthodox Christology in high esteem, thinking it enough to follow Luther, who had described Jesus as the “mirror of God’s paternal heart.”[15] Former archbishop Rowan Williams describes the three main pillars of Harnack’s theology thus: “. . . the fatherhood of God, the infinite value of the individual soul, and the higher righteousness . . .”[16]

The First World War

When the First World War approached, latent ideas began to emerge in Harnack’s thought and writings. Because of his standing in German society and his relationship with Kaiser Wilhelm, he was requested to help the Fatherland in the war effort.

On August 4, 1914, the day England declared war on Germany, the Kaiser gave a speech to the members of the Reichstag, written in part by Harnack, in which he stressed that Germany had the moral right to defend “. . . the place in which God has put us . . .”[17] Harnack drafted another speech for the Kaiser, which was delivered [5] on August 6. The speech was called To the German People (An das deutsche Volk), in which the Kaiser declared, “The issue is whether our Fatherland is to be or not to be; it is concerned with German power, German strength, German culture! We will hold fast to the German way, German fidelity, and German civilization to the last breath.”[18] A public declaration signed by Harnack and other German intellectuals defended German militarism: “Without German militarism German culture would long ago have vanished from the earth. [Our militarism] grew out of [our culture] for its protection. . . . Germany’s army and Germany’s people are one.”[19]

Harnack’s thought was permeated with his conviction that war was an essential part of history, and that nations could hardly establish themselves without rivalry that risked wars. War to him seemed to be required by nature. He had hoped that after Bismarck had united Germany and it had enjoyed its great material success, Germany could take its rightful place beside Britain and the United States, and European civilization would thus be brought to a point where major wars could be avoided. In January 1912, he wrote:

harnack3333.jpgThe progress of the development of world history has placed the three Germanic empires of England, North America and Germany at the apex of humanity as far as the main features of culture are concerned. Apart from their being related by blood, these three states have also a great inheritance in common. This common inheritance sets them the highest goals, but also lays on them the solemn obligation before the judgment seat of history to work peaceably together.[20]

But he sensed that tensions between the great powers of Europe were increasing, and in that same month he wrote:

. . . the English government so judges our political existence as France regarded it after the events of 1866. Just as it appeared to France intolerable that a united German state should have arisen in the heart of Europe that had grown stronger than them, so it appears to England intolerable that this state has so developed as to rival her spiritual and material forces.[21]

When the war broke out, Harnack was furious because Britain had sided with Russia, which he believed to be the great enemy of European culture.

Great Britain sides with Russia against Germany! What does that mean? That means: Great Britain breaches the dam that had protected Western Europe and her culture against the desert sands of the asiatic non-culture of Russia and the Panslavs. Now we Germans have to plug that breach in the dam with our own bodies. We will do it though soaked in streams of blood, and we will win through. We have to win through; for we protect the work of fifteen hundred years on behalf of all Europe and also on behalf of Great Britain! But the day when Great Britain breached the dam can never be forgotten in world history.[22]

For Harnack, the cause of the war lay:

. . . in the relationship of [his] Fatherland, the new Great Power, to the old Great Powers and in particular to the world-wide imperialism of England and to the hunger of Russia for new lands and for oceanic might. These older Great Powers did not want to let this powerfully developing Reich, which only strove for air and light in a peaceful manner, take its proper place. It was only a question of time and the constellation of events when they would initiate violent repression and which of them would seize the initiative.

On August 1, 1914, the day the war began, Harnack was giving his last lecture of the summer on the history of dogma. He began the lecture by telling his students that the Kaiser had worked towards peace to the limits of honor, and that they now had the privilege to fight a just war for the Fatherland. He told them that if they were called up, they must to go to the battlefield in the consciousness that they were fighting “With God, for King and Fatherland.” After he said that, the students started singing Martin Luther‘s hymn, “Ein feste Burg ist unser Gott [6]” (“A Mighty Fortress is Our God”).[23]

Serving the Fatherland in war was not against Christian morality, thought Harnack, rather the opposite. God had instituted the state, and from the point of view of the individual Christian, the state had no morality. The state had its own political morality, which was acting with honesty and purpose, deciding itself what was moral, as the contingencies of realpolitik arose. “What gives political ethics its distinctiveness is that the State is both the subject and the object of ethics . . .” he said. The struggle of states and nations on the world-historical stage was beyond the judgement of private morality. In fact, it was a revelation of “. . .the spirit that rules in all the manifestations of history.”[24]

Harnack was under the influence of an idea, powerful within Lutheranism, namely the distinction between God as He is revealed in Scripture and the hidden God in his own nature. The question of theodicy becomes irrelevant in this line of thought, because the hidden God is beyond good and evil. According to Martin Luther, God as he is revealed, does not will the death of the sinner, but the hidden God as he is in himself, wills the death of the sinner, “. . . and in fact wills all things that come to pass.”[25] In On the Bondage of the Will [7] (De Servo Arbitrio), Luther states that the hidden God “. . . neither deplores, nor takes away death, but works life and death and all things: nor has He, in this Character, defined Himself in His Word, but has reserved unto Himself, a free power over all things.”[26] Scripture is thus only a partial testament to the will of God; nature, history, and the emergence of peoples and states also bear witness to his will.

The Science of History

There was more to science than just the natural sciences, according to Harnack. He defined science as “. . . knowledge of reality for purposeful action.”[27] The lower stages of science are occupied with determining and ordering facts, and with the mechanics of the world, but the highest stage of science is where “. . . the conscious spirit meets us with ideas norms and values. At this stage the science of history comes into its own . . .”[28] He added, “Not only natural laws are operative in history, in it lives the spirit which gives birth to the idea, to values and norms, that is to say, to laws of freedom.”[29] The highest stage of science then leads to philosophy, which is itself not a science, but:

. . . an aristocratic activity and cultivates a synthesis which is not everyone’s concern. One must not forget that humanity has not found its upward way by the light of the torches of individual insights gained through quantitative examination but under the guidance of men who had a vision of a central sun and had the courage to advance from physics to metaphysics, from history to metahistory, from ethics to metaethics.[30]

Although Harnack thought it impossible to establish laws of history, he held that analogy was an excellent way to organize and understand historical phenomena. The significance of analogy was brought to light by Oswald Spengler in his “profound and thought-provoking” work, The Decline of the West [8] (Der Untergang des Abendlandes), published in 1918-1922:

[Spengler] was the first to show what a striking analogy exists between all the mental and spiritual phenomena of a given epoch and, then, how the drama of ascent, flowering, decline and fall unfolds in every great epoch. In that work he has taught us that, all the way from the understanding of space, time and number via mathematics, music, the creative arts, scholarship, the shaping of ordinary life up to the reflection of the Whole in philosophy and religion, one and the same forming, law-giving and symbolizing spirit or style is at work in every epoch.[31]

The study of history, according to Harnack, should occupy itself with knowing the institutions of the past. These institutions are the results of historical developments. Nothing that has not taken form in institutions can have a lasting effect on history, no ideas or even great men. “The totality which social groups as such represent is influenced permanently only by an institution which, whether written or unwritten, gives clear expression of itself in the form it imposes, the goals it inspires and the authority it exercises.”[32] The institutions originate in ideas, and the history of institutions reveals the history of ideas. “Therefore, all of the history of institutions is unprobed as long as the motivating ideas are unknown. The ideas are, however, the spirit.”[33] To Harnack, the spirit reveals itself through history.

We must now speak of the spirit. All history is the history of the spirit and has an inner happening for its foundation; the spirit, however, is one. Whether we possess much or little of it, it is always one and the same spirit working in us and in everything brought forth by history.[34]

Thus, history reveals a deep unity between historical events and ourselves, and our higher existence. History was for him essential for the development of character: “To broaden oneself inwardly through history does not only belong to education, it is education. Such education connects itself harmoniously to the inner life of the spirit.”[35] Rather than settle for our own personal experience:

. . . we must expand, with Faust, the ego that is ours into the whole world’s ego. This occurs . . . as we, in noble hunger, take into ourselves the whole of world-happening and all of history’s great and good personalities, transforming all into the fibers of our being . . . We shall remain wretched and in bondage if we limit ourselves to ourselves; we shall become rich and free if we enter every door of history and make ourselves at home in its spacious rooms.[36]

This was, to him, the only way to resist the outmoded on an intelligent basis: it could only be obliterated with the aid of correctly understood history. One of the most profound ideas of his science of history, which is particularly pertinent to European civilization’s current dissipation of its cultural, moral, spiritual, intellectual, biological, and material wealth, is his valuation of the progress of history. If it is granted that “. . . life is something of utter value . . .” one “. . . has in the preservation of life and its advance a standard by which to evaluate the processes of history. Obviously, this preservation and advance are not about the physical life of the individual person but about the higher spiritual life of the whole . . .”[37] He adds, that by applying this measure, “. . . it becomes clear that the orientation towards the conservation and preservation of life is correct and its opposite is false, that force is of value and that weakness corrupts . . .”[38] Ideas, institutions, and the behavior they shape matter because:

. . . everything crumbles under certain circumstances and we ourselves also fall to pieces bit by bit while, under other circumstances life is preserved, it follows that the one is bad and the other good. As to what those circumstances are, history makes unmistakably clear: to preserve life alone is the direction and force in which humans and humankind is set free “from the dominion of that which binds all” or, . . . from servitude to the merely natural and one’s own empirical ego. . . . Destructive to life, not only to only to the life of the whole but also to that of the individual, is the direction which raises to pre-eminence the physical well-being of the individual, and with that the struggle of all against all. No word confirms the course of world-history more assuredly than that of Jesus: that they who seek to save their lives only will surely lose it. The course of world events shows that behind the direction which strives energetically to rise up over the merely natural and egoism there lurk chaos and death.[39] [9]

Culture, is for Harnack an organism whose nature is to expand and advance and permeate all things. If culture loses its restless striving and ascent, “. . . it begins at once to harden into mere civilization; immediately the decay of its dying members sets in until barbarism arises which is the more shocking the more plentiful are the masks and the grimaces into which the higher values of a better day have been changed.”[40] A culture’s ascent and struggle for subjugation carries with it the reward of the preservation of life, while its opposite, descent and weakness, carries with it the punishment of decay and decomposition of life. Empirically, this striving is irrational, but “. . . is experienced as a powerful and blessed feeling for life.” Through history mankind has striven for something it has neither seen nor heard, acting as if God existed.[41]

Latter Years

After the war, Harnack, wanting to help rebuild Germany, supported the new constitution of the Weimar Republic, despite being unhappy with it. He thought that a new way of thinking was required if Germans were “. . . not to bear the entire cost of the world-revolution . . .” To him, the people and its spirit were more important than constitutions and forms of government:

We have to resist Mammonism, godlessness and the loss of ideals . . . for otherwise we will not be spared Bolshevism. New liberal forms alone achieve nothing; they will only have to give way to more ‘liberal’ ones if they are not permeated by a public spirit, seriousness and the courage for sacrifice.[42]

In 1919, in a sermon at the university, he put forth seven principles for a renewed Germany:

  1. Without a national consciousness there can be no peoplehood; without humanness no real greatness.
  2. Without authority there can be no organization.
  3. Without personality there can be no life that is worth living.
  4. Without determination to overcome class-divisions there can be no internal peace.
  5. Without capital there can be no culture.
  6. Without power there can be no state.
  7. Without selflessness and the fear of God there can be no future.[43]

He rejected many offers to join a political party and an offer to become Germany’s ambassador to the United States in 1921, focusing instead on theology for the rest of his life. His theology was beginning to come under attack by the rising neo-orthodox movement in theology, whose main proponent was Karl Barth, a former student of Harnack. The accusation was made that he, and other liberal theologians like him, had merged theology with militaristic nationalism.[44]

In the 1920s, Harnack began a passionate study of the second-century heretic Marcion. He valued Marcion’s gospel for its perfect love and for being purified of rigorous legalism. Marcion separated the “righteous” God of Judaism from the one found in the New Testament, and rejected the Old Testament. Harnack held that rejecting the Old Testament in the second century would have been a mistake. The Reformers of the sixteenth century were unable to withdraw from its legacy, “. . . but for Protestantism since the nineteenth century to continue to treasure it as a canonical document is the result of a religious and ecclesiastical paralysis.”[45]

Notes

1. Gary Dorrien, Kantian Reason and Hegelian Spirit: The Idealistic Logic of Modern Theology [10](Chichester: Wiley Blackwell, 2015), p. 321.

2. Martin Rumscheidt, “Introduction: Harnack’s Liberalism in Theology: A Struggle for the Freedom of Theology,” in Adolf von Harnack: Liberal Theology at Its Height [11], ed. Martin Rumscheidt (Minneapolis: Fortress Press, 1991), pp. 14-15.

3. Rumscheidt, 15-16.

4. Rumscheidt, pp. 17-18.

5. Rumscheidt, pp. 21-22 & 24.

6. Jon Agar, Science in the Twentieth Century and Beyond [12] (Cambridge: Polity Press, 2012), p. 101.

7. Rumscheidt, p. 24.

8. James Hardy Ropes, “Adolf Harnack [13],” The Biblical World, (vol. 7, no. 1, 1896), pp. 22-29.

9. Rumscheidt, p. 33.

10. Rumscheidt, pp. 15 & 21

11. Dorrien, pp. 326-327.

12. Dorrien, p. 327.

13. Adolf Harnack, Adolf von Harnack: Liberal Theology at Its Height, p. 147.

14. Harnack, p. 157.

15. Dorrien, p. 331.

16. Rowan Williams, “The Deadly Simplicities of Adolf von Harnack [14].”

17. Ibid.

18. J. C. O´Neill, “Adolf von Harnack and the entry of the German state into war”, Scottish Journal of Theology, (vol. 55, no. 1, 2002), p. 3.

19. Rumscheidt, p. 25.

20. O‘Neill, pp. 13-14.

21. O‘Neill, p. 12.

22. O‘Neill, p. 7.

23. O‘Neill, p. 15.

24. O‘Neill, p. 18.

25. Noah Kelley, “Luther’s View of the Hidden God and the Revealed God [15],” p. 4.

26. Martin Luther, The Bondage of the Will [16], sect. 64.

27. Harnack, p. 43.

28. Harnack, p. 45.

29. Harnack, p. 45.

30. Harnack, p. 45.

31. Harnack, p. 52.

32. Harnack, p. 54.

33. Harnack, pp. 56-57.

34. Harnack, p. 57.

35. Harnack, p. 57.

36. Harnack, p. 57.

37. Harnack, p. 59.

38. Harnack, p. 59.

39. Harnack, p. 59.

40. Harnack, pp. 59-60

41. Harnack, p. 60.

42. Rumscheidt, pp. 26-27.

43. Rumscheidt, p. 27.

44. Dorrien, pp. 332-333.

45. Rumscheidt, pp. 28-29.

 

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[5] delivered: https://www.youtube.com/watch?v=0j_SlC8Ppx4

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[9] [39]: #_ftn39

[10] Kantian Reason and Hegelian Spirit: The Idealistic Logic of Modern Theology: http://amzn.to/2kT6qD6

[11] Adolf von Harnack: Liberal Theology at Its Height: http://amzn.to/2kOxjsp

[12] Science in the Twentieth Century and Beyond: http://amzn.to/2loowKp

[13] Adolf Harnack: http://www.journals.uchicago.edu/doi/abs/10.1086/471791

[14] The Deadly Simplicities of Adolf von Harnack: https://lif.blob.core.windows.net/lif/docs/default-source/default-library/rowan-williams---the-deadly-simplicities-of-adolf-von-harnack---january-2014---lecture-transcript-pdf.pdf?sfvrsn=0

[15] Luther’s View of the Hidden God and the Revealed God: https://kelleys4christ.files.wordpress.com/2010/09/luther-research-paper-blog.pdf

[16] The Bondage of the Will: http://grace-ebooks.com/library/Martin%20Luther/ML_Bondage_Of_The_Will.pdf

mercredi, 08 février 2017

Neturei Karta et autres juifs contre le sionisme

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Neturei Karta et autres juifs contre le sionisme

Par Daniele dal Bosco

(texte tiré de: http://www.centrostudilaruna.it )

« L’antisionisme n’est pas de l’antisémitisme : c’est tout simplement la critique des actions criminelles d’un Etat particulier » (Noam Chomsky).

Beaucoup d’entre nous ont vu à la télévision, dans les journaux ou sur la grande toile des manifestations dans les rues des grandes villes, surtout dans les pays anglo-saxons ou en Israël, organisées par des juifs à longues barbes et à papillotes (payot), brandissant, en guise de protestation, des drapeaux et des fanions palestiniens, des calicots affichant des slogans antisionistes et, au cou, l’effet vestimentaire le plus symbolique des Palestiniens, devenu célèbre dans le monde par Arafat : le keffieh.

Les médias israëliens, et la plupart des médias internationaux, surtout anglo-saxons et européens, les considèrent comme un groupe d’orthodoxes extrémistes qui nient l’évidente connexion qu’il y a entre sionisme et judaïsme. Leur groupe ne compte que quelques milliers de personnes mais, en réalité, ceux qui, tant parmi les juifs que parmi les « gentils »,  semblent s’aligner sur l’essentiel de leurs idées, à la base de leurs protestations, sont bien plus nombreux.  Cependant, la crainte de « blesser » les victimes de l’holocauste, d’être mal jugé ou, pire, d’être taxé de « raciste » est encore profondément ancrée dans le subconscient collectif de l’humanité depuis plus de 70 ans, grâce au colossal travail de la propagande médiatique.

Les membres du mouvement Neturei Karta font partie d’un groupe de juifs orthodoxes, les haredim, qui se composent de plus d’un million de personnes, divisées en plusieurs sous-groupes, plus ou moins extrémistes, lesquels sont majoritairement hostiles au sionisme, hostilité qui se manifeste, par exemple, dans le refus de faire le service militaire imposé par l’Etat israélien. Les Neturei Karta refusent, en plus, toute représentation politique et tout subside économique de la part de l’Etat d’Israël.

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Tout comme le grand intellectuel et linguiste Noam Chomsky et l’historien américain moins connu Norman G. Finkelstein, les Neturei Karta font leurs les expressions les plus fortes de la foi mosaïque et s’opposent au sionisme, idéologie qui, dès les années 40 du siècle passé, était partagée par une majorité de juifs. Un autre groupe de haredim (notamment des hassidiques) était également antisioniste, bien que cet antisionisme ait été diffus. Ce groupe est celui dit de Satmar. Il a été fondé en Roumanie en 1905 par le Rabbin Joel Teitelbaum. Ce dernier a exprimé ses idées antisionistes dans un texte intitulé Vayoel Moshe (paru en 1961). Elles sont à la base des vues du Conseils Orthodoxe de Jérusalem (Edah HaChareidis).

L’antisionisme des Neturei Karta, comme celui des autres groupes orthodoxes juifs, a toujours été pensé comme hostile à l’existence d’un Etat juif en terre palestinienne, sans pour autant nier le caractère sacré que le judaïsme confère à cette terre palestinienne (Eretz Yisrael). Ils se réfèrent aux écritures sacrées des juifs, plus spécifiquement au Talmud, selon lequel il est interdit de créer par la force un Etat juif avant la venue du Messie (Mashiach ben David). De plus, ces textes interdisent explicitement de dominer et d’humilier d’autres peuples. Le Talmud, dans le traité dit Ketubot 111a, affirme clairement que les juifs ne peuvent retourner en masse en terre sainte, ne peuvent se rebeller contre l’épreuve de la diaspora, voulue par Dieu, ni forcer la venue du Mashiach.

Dans la vision sioniste, au contraire, la terre palestinienne, celle de l’antique Israël, est étroitement liée à l’Etat d’Israël, selon la vision du Rabbin Zvi Yehuda Kook, chef de file du sionisme religieux d’après-guerre. Quant au mouvement juif postsioniste, que l’on retrouve principalement dans les milieux universitaires et intellectuels, il propose, dans sa forme la plus courante, un dépassement de l’idéologie sioniste mais sans toucher au lien entre la terre et la souveraineté territoriale de l’Etat d’Israël.

Les Neturei Karta, terme qui signifie, en araméen, les « Gardiens de la Cité », ont leur siège dans le quartier de Mea Shearim à Jérusalem. Le mouvement a été créé en 1938 par les Rabbins Amram Blau et Aharon Katzenelbogen. Ils se référaient tous deux à l’antisionisme de Jacob Israël de Haan, un journaliste juif que les sionistes ont assassiné à Jérusalem en 1924 parce qu’il s’opposait fermement à la création d’un Etat d’Israël.  Le Rabbin Meir Hirsch  -fils de Moshe Hirsch, lui-même gendre de Rabbi Katzenelbogen, chef de file des Neturei Karta et conseiller d’Arafat- soutenait la thèse suivante : « Le sionisme, pour nous, est la continuation de la Haskalah, c’est-à-dire des Lumières juives, qui veulent que le judaïsme ne soit plus observer que dans la vie privée et jamais dans la vie publique. Theodor Herzl, considéré comme le fondateur du sionisme, est un adepte de la Haskalah. Dans ses journaux intimes, il raconte que le sentiment sioniste est né en lui après une querelle avec un passant dans les rues de Paris, passant qui l’avait injurié copieusement, usant de vocalbes antisémites. Herzl a été profondément meurtri par cet incident et s’est mis à penser que l’unique solution, pour les juifs, était de créer un Etat sous le signe de la Haskalah. Le sionisme est donc une idéologie qui a amené tout un peuple à la mécréance, l’arrachant ainsi à sa véritable nature juive » (1).

Herzl, dans son célèbre livre Der Judenstaat (1896), renouait avec les visions proto-sionistes du rabbin sépharade Yehudah Alkalai (1798-1878) (2) qui, en 1838 déjà, dans un pamphlet intitulé Shema Yisrael (« Ecoute, ô Israël »), proposait de commencer à établir des colonies juives sur la terre d’Israël, afin de préparer la venue du Messie. Des idées similaires s’exprimaient également chez l’un de ses contemporains, le rabbin askénaze Tzvi Hirsch Kalischer (1795-1874). A cette époque-là, la majorité des juifs considéraient que de telles idées étaient hérétiques, dans la mesure où ils croyaient, à l’instar des Neturei Karta d’aujourd’hui, que seule l’intervention divine, par l’intermédiaire de l’avènement du Mashiach, allait permettre un retour à la Terre Sainte.  

Pour les Neturei Karta, la diaspora a été une punition divine et, dès lors, les uniques propriétaires de la Palestine sont les Palestiniens. Ils ne vont pas prier au Mur Occidental (Kotel), connu sous le nom de « Mur des Lamentations » parce qu’ils considèrent que toute la ville de Jérusalem-Est est une terre occupée (3). Ils entretiennent des rapports avec le Hamas, le Hizbollah et l’Iran. Ils contestent l’instrumentalisation par les sionistes de l’holocauste. Ils communiquent entre eux en utilisant les pashkvil, des communiqués en forme de manifeste qu’ils collent ou affichent sur les murs dans les rues, mode typique aux communautés juives orthodoxes.

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Il est curieux de noter que les deux partis, antisionistes et sionistes, font référence à la figure d’Amalek, le premier ennemis des Israélites après le passage de la Mer Rouge. Amalek était le petit-fils d’Esaü, le frère jumeau de Jacob (appelé aussi Israël) (4). Esaü avait ordonné à Amalek de poursuivre Jacob pour l’éternité, l’accusant d’ l’avoir privé de son droit d’aînesse et de lui avoir ravi l’amour de leur père, Isaac. Le personnage biblique d’Amalek est instrumentalisé de diverses manières par les sionistes et les antisionistes : certains sionistes considèrent que les Palestiniens sont les descendants d’Amalek, tandis que certains antisionistes, comme les Neturei Karta, associent les sionistes à la descendance d’Amalek. Au-delà de ces associations et références à l’antiquité juive, utilisées à des fins de propagande, on peut admettre que la vision traditionaliste des Neturei Karta est, en milieux juifs, plus proche de l’idée et de la vision traditionnelle et métaphysique. Dans leur vision, le peuple ou la nation d’Israël est une réalité métaphysique, dans la mesure où elle ne peut pas exister sans la Torah et sans la foi ; par voie de conséquence, la forcer à demeurer sur un territoire déterminé, comme on l’a vu ci-dessus, est contraire aux écrits des textes sacrés. En ce sens, ils s’opposent totalement à la vision matérialiste du sionisme, qui déracine le peuple juif, c’est-à-dire l’arrache à ses racines métaphysiques (5).

L’opposition à tout abus dans l’usage du terme « Israël » est, dans cette perspective, une confirmation supplémentaire du caractère traditionnel du mouvement Neturei Karta. Ils déclarent explicitement que « l’Etat qui vient d’être appelé ‘Israël’ devrait cesser d’exister. Si cela n’arrive pas, nous voulons qu’il ne s’appelle plus ‘Israël’ parce que sa nature toute entière est en opposition totale au vrai peuple d’Israël (…). Les chefs sionistes n’ont aucun droit de se poser comme les représentants et les porte-paroles du vrai peuple d’Israël » (6).

Notes:

(1) http://www.tpi.it

(2) Ceci pour démontrer que le sionisme n’est pas une invention purement askénaze, comme on le croit souvent erronément.  

(3) La partie orientale de Jérusalem a été annexée par Israël en 1967, après la guerre des six jours.

(4) « Je ne t’appellerai plus Jacob mais Israël parce que tu as combattu avec Dieu et contre les hommes et tu as vaincu ! » (Genèse, 32, 29).

(5) L’interprétation du peuple d’Israël comme entité métaphysique est typiquement cabbalistique et s’exprime dans la Kabbalah moderne, par exemple chez Michael Laitman, lequel est d’accord avec les Neturei Karta, pour dire que le véritable Israël, c’est-à-dire l’Israël métaphysique, ne pourra se manifester qu’avec l’avènement du Messie. Là où le Messie se manifeste, pour Laitman, est son lignage, non comme celui d’une personne spécifique, mais comme une force de la Lumière divine qui revient vers nous, comme un labeur spirituel qui l’attire vers notre réalité. Toutefois, Laitman et, avec lui, bon nombre de cabbalistes juifs, à la différence des Neturei Karta, ne s’oppose pas au sionisme et à l’Etat d’Israël, les considérant comme un passage nécessaire dans la préparation à la venue du Messie. Cette séparation nette entre métaphysique et « physique » de la réalité, cette vision dualiste, typique de la Kabbalah, est explicitée dans un langage typiquement symbolique, a-logique et interprétable, rendant la vision traditionnelle cabbaliste difficilement confrontable à celle étudiée spécifiquement par les traditionalistes, par les chrétiens, les hindouistes, les musulmans et les taoïstes voire par la Grèce et la Rome antiques. Ce qui est commun, en général, aux diverses visions traditionnelles, sauf dans une certaine vision guénonienne moderne (voir : Sull’origine della visione economica in René Guénon), c’est le manque de séparation entre les parties du réel, entre la métaphysique et la « physique ». La vision islamique, et plus encore soufie, est exemplaire à ce propos.

(6) http://www.nkusa.org

 

jeudi, 02 février 2017

Du christianisme et de la défense identitaire de l’Europe

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Du christianisme et de la défense identitaire de l’Europe

par Thomas Ferrier

Ex: http://thomasferrier.hautetfort.com 

Deux ouvrages à la ligne opposée, « Identitaire, le mauvais génie du christianisme » d’Erwan Le Morhedec (Les éditions Cerf) et « Eglise et immigration, le grand malaise » de Laurent Dandrieu, ont relancé le débat sur la compatibilité ou l’incompatibilité entre le combat identitaire et l’affirmation chrétienne, et notamment catholique.

Le premier refuse toute affirmation identitaire englobant le christianisme dans sa réflexion, refusant toute alliance entre « le marteau de Thor et la croix » pour le citer. Son christianisme est celui de l’antiquité pré-constantinienne lorsque la nouvelle religion était à peine sortie de sa matrice proche-orientale. C’est le discours de Saül de Tarse sur l’ouverture à l’Autre et la conversion des gentils. Le second au contraire veut réaffirmer l’identité européenne associée au christianisme, mais se rend parfaitement compte que ce qu’il propose est à l’opposé de l’idéologie promue par le pape et la plupart des évêques et prêtres depuis Vatican II.

Indiscutablement, le christianisme qui s’identifie à l’Europe n’est pas celui de l’antiquité, puisqu’il faudra attendre Constantin pour que le christianisme s’implante réellement en Europe, sachant qu’en 313, date supposée de sa conversion suite à sa victoire du Pont Milvius (sur Maxence), il n’y avait qu’1% de chrétiens parmi la population de l’Europe romaine. Le christianisme représentait une forte minorité en Cappadoce et surtout à Antioche, Alexandrie et Carthage, chez les anciens ennemis de Rome qui n’avaient été vaincus qu’en apparence et reprenaient ainsi leur revanche.

Or le christianisme de Constantin n’est pas celui des premiers chrétiens fait de pardon aux offenses, de martyrat et d’attente messianique de la parousie, une « fin des temps » qui devait être imminente. C’est un « christianisme solaire », expression qui insupporte Erwan Le Morhedec, à savoir la fusion du dieu païen du soleil, Apollon (pour simplifier), et de Jésus, prêtant à ce dernier des traits nordiques qu’on retrouve sur le Christ d’Amiens par exemple. Une représentation au Latran montre ainsi Jésus en train de conduire le char du soleil. Pour faire accepter aux païens le christianisme, Constantin paganise ce dernier, le confondant avec l’Un de Plotin, avec le Soleil Invincible (Sol Invictus) et/ou avec Jupiter en personne. Il attribue à Jésus les fêtes du soleil, équinoxe de printemps (« Pâques ») et solstice d’hiver (« Noël), et le dimanche, jour du soleil (soldi).

Même si ce christianisme solaire amène au fur et à mesure à la persécution massive des Européens païens jusqu’à la conversion totale du continent, qui ne sera accomplie qu’en 1386 après J.C, lorsque le roi lituanien Jogaila (Jagellon) adoptera le catholicisme, c’est la religion qui a reforgé l’Europe après l’abandon forcé de son paganisme national, qui est resté néanmoins vivant dans le cœur de tous les hommes de lettres et de tous les artistes. Le « christianisme des catacombes » n’est pas celui des Européens, qui est au contraire celui de la Reconquista (en Espagne puis dans les Balkans) et des croisades. Ce christianisme que prône le pape François n’est pas le nôtre.

Or le christianisme constantinien, qui a survécu dans l’Europe orthodoxe, a été abandonné en deux phases par l’Europe catholique. En effet, le protestantisme qui est un retour aux évangiles, a justement reproché à l’Eglise d’être encore bien trop païenne. Il faut lire la haine de Luther contre Rome pour se rendre compte de ce qui est visé. Pour contrer la Réforme, par le biais du concile de Trente, l’Eglise décide alors d’engager une « nouvelle évangélisation » de l’Europe restée catholique. Elle consiste à dépaganiser le catholicisme, à mettre fin à ce pagano-christianisme médiéval qu’on nomme en russe la « double foi » (dvoeverie).

ELM-ID-9782204109307.jpgLa conséquence immédiate et imprévue de cette dépaganisation a été une déchristianisation, notamment en France. Coupée des racines païennes sur lesquelles le christianisme de Constantin s’était apposée comme un vernis sur un ongle, le catholicisme dépérissait et cela a été le cas jusqu’à aujourd’hui. Dans ce conflit, le protestantisme a donc vaincu, même là où on pensait qu’il avait échoué. Le protestantisme s’est même emparé du Vatican. Seule l’Europe orthodoxe, plus païenne de fait, y a échappé pour le moment.

Que dit désormais le pape François, qui est censé incarner la ligne officielle de l’Eglise ? Qu’il faut accueillir les migrants, même musulmans, et il a montré l’exemple. Qu’il faut même les défendre davantage que les chrétiens d’orient qui eux sont des victimes privilégiées de l’islamisme. Qu’il faut que les Européens ne cherchent surtout pas un « sauveur qui nous rende notre identité », un tel sauveur étant naturellement assimilé par le pape à Hitler. Qu’il faut dialoguer et non se protéger avec des murs. Ce discours masochiste qui consisterait pour l’Europe, au nom de son christianisme, à se dépouiller, à s’humilier, est odieux.

Tout comme la plupart des partis politiques, surtout de gauche, comme la plupart des syndicats et des loges maçonniques, le discours des Eglises est anti-européen. L’association chrétienne Caritas agit systématiquement en faveur des migrants, alors que les sans-logis européens sont largement ignorés. L’Européen indigène n’est vu que comme un coupable qui doit expier. Il lui est interdit de s’affirmer fier de ce qu’il est, de la grande civilisation dont il est issu. Il doit demander pardon. Non seulement le protestantisme s’est imposé au niveau du dogme, mais l’égalitarisme marxiste est venu en renfort.

Depuis longtemps, l’Eglise a toujours su céder devant les forts et mépriser les faibles. Alors qu’elle a pactisé avec le fascisme et le national-socialisme, par peur du communisme mais aussi par peur du fascisme européen en général, qui était déterminé à terme sans doute à lui régler son compte, elle a condamné l’Action Française de Maurras en 1926, qui était fort peu dangereuse et bien loin du pouvoir en France, une AF qui défendait la tradition catholique contre le retour aux évangiles, définis comme un « venin ». Maurras condamnait d’ailleurs notamment le protestantisme au nom de la tradition latine et du pagano-christianisme.

Nous constatons donc que, contrairement à la tradition chrétienne européenne, qui naît avec Constantin et commence sa marche vers le tombeau à partir de la Renaissance, sous les coups du protestantisme et aussi du retour de l’antiquité païenne dans les esprits, le christianisme contemporain, sauf l’orthodoxie, a décidé de renier l’Europe à laquelle il doit tout pour non seulement accepter la disparition de l’Europe mais pour soutenir ce processus. Cette trahison de l’Eglise pose la question de l’attitude que la résistance identitaire européenne doit adopter à son égard. Nous analyserons ce point dans une seconde partie.

Laurent Dandrieu, dans son ouvrage précédemment cité, explique son désarroi face à une Eglise qui renonce à défendre l’Europe. Cette phrase de son prologue est terrible : « Et pour que l’on ne puisse pas dire que le jour où les Européens auront voulu sauver leur continent du suicide, ils aient trouvé sur le chemin un obstacle insurmontable : l’Église catholique. » Venant d’un chrétien européen, soucieux de défendre son identité, le propos est explicite. Il s’agit pour lui de sauver l’Église malgré elle d’une dérive humanitariste. Là où il se trompe sans doute ou parce qu’il n’ose pas l’écrire, c’est qu’il ne s’agirait pas d’un obstacle insurmontable.

Car si demain les Européens se réveillent et décident enfin de sauver leur continent à la dérive, alors rien ne les arrêtera et certainement pas l’Église. Face à un peuple résolu, elle courbera sans doute l’échine comme à chaque fois qu’elle s’est retrouvée face à une puissance redoutable en face d’elle. Mais pour autant cela ne l’exonérerait pas de ses responsabilités dans la situation actuelle à laquelle nous souhaitons mettre fin. Avoir servi l’Anti-Europe avec zèle ne pourrait rester impuni. Jadis elle avait été sauvée de Garibaldi par les troupes de Napoléon III. Jadis elle avait su triompher du prince humaniste Frédéric II (Hohenstaufen). Et Mussolini lui-même, antichrétien forcené et nietzschéen dans sa jeunesse, avait pérennisé son État par les accords du Latran en 1929. Qui sera là pour la protéger cette fois ?

Quelle peut alors être la réponse identitaire des Européens face à cette église qui non seulement ne se met pas à leurs côtés mais se place face à eux, contre eux même ? Il n’y a que deux réponses possibles, un christianisme de résistance ou un paganisme de combat. Les deux options sont complémentaires et pourraient alors constituer cette alliance européenne « entre le glaive de Mars et la croix du Christ ». Mais cette alliance ne peut exister que si un compromis essentiel entre les deux camps est alors signé.

Première option. Face à l’Église, les chrétiens européens font désertion et lui opposent une Église de résistance, suffisamment forte pour faire céder le Vatican à terme, en lui imposant sa ligne. Cela voudrait dire élire un autre pape dissident, comme cela a pu arriver au moyen-âge, qui nommerait des évêques dissidents, avec ses églises dissidentes. Il s’agirait donc d’une scission mais qui, à la différence de celle de Lefebvre, ne serait motivée que par la volonté explicite de défendre l’Europe. Elle rejetterait donc la lecture humanitariste des évangiles au profit de la tradition pagano-chrétienne, du christianisme européen constantinien. Certains catholiques déjà passent au christianisme orthodoxe, tellement les positions actuelles de l’Église catholique les dégoûtent. Il s’agirait de faire à l’échelle de l’Europe occidentale l’équivalent d’un gallicanisme à l’échelle de la France, un euro-christianisme de rupture avec l’universalisme dominant actuel.

Le point faible du pagano-christianisme, c’est qu’il perd sa magie dès qu’il est révélé. Le paysan médiéval pouvait être pagano-chrétien, car il se pensait ainsi bon chrétien. Il répétait les rites antiques et les prières aux dieux grimés en saints de substitution. Il voyait la terre-mère derrière les traits de Marie mais d’une manière inconsciente. Or aujourd’hui nous connaissons ce pagano-christianisme, et on pourrait presque l’appeler un paganisme christianisé. Nous savons donc que notre bon vieux paganisme a été recouvert à partir de l'empereur Constantin d’un vernis chrétien. Peut-on sciemment y revenir une fois qu’on le sait ?

LD-EGL.jpgSeconde option, la rupture. A partir de la Renaissance notamment, certains penseurs ont théorisé le retour au paganisme européen, ce dernier étant de mieux en mieux connu par deux siècles d’études historiques à son propos, jusqu’à en découvrir la matrice indo-européenne avec notamment Georges Dumézil. Des organisations païennes émergent ainsi dans toute l’Europe, se revendiquant des traditions locales, que ce soit du druidisme (Draoicht), du paganisme germano-scandinave (Asatru), du paganisme slave (Rodnoverie), du paganisme grec (Hellenismos) ou de la religion romaine (Religio Romana). L’Eglise est bien consciente d’ailleurs que la réponse identitaire des Européens pourrait être la résurrection de l’antique paganisme. Au bord du tombeau, comme l’avait annoncé Nietzsche, l’Europe se ressaisira et se relèvera dans un sursaut salvateur. Je suspecte les actuelles autorités catholiques de comprendre qu’un tel mouvement peut arriver, va arriver, et qu’il s’agit de s’en prémunir en sacrifiant l’Europe, prévoyant déjà son avenir en Afrique, en Amérique méridionale et en Asie. Cela voudrait dire que par peur du paganisme, le Vatican s’allierait implicitement avec d’autres forces et ferait ainsi les yeux de Chimène au second monothéisme universel dont la présence en Europe ne cesse d’inquiéter.

Qu’on choisisse le retour au paganisme (indo-)européen ou qu’on choisisse le retour au christianisme européen constantinien est affaire de choix personnel, de conviction et même de croyance. Dans les deux cas, la même volonté de protéger l’identité de l’Europe et des Européens est présente, même si elle se manifeste autrement. Mais ces deux choix doivent être complémentaires. Le païen européen moderne doit traiter le chrétien européen en frère et réciproquement. Le premier ne doit pas voir dans le second un « oriental en religion » et le second ne doit pas voir dans le premier un « suppôt de Satan ». L’intolérance chrétienne vis-à-vis du paganisme doit donc cesser, et cessera ainsi en retour le mépris païen vis-à-vis du christianisme européen.

Le seul obstacle que je vois à cette nécessaire réconciliation identitaire, euro-chrétienne et euro-païenne, qui existe déjà de fait en Russie, est la soumission aux injonctions du pape d’encore bien trop d’Européens, et aussi le manque de sérieux de trop nombreuses organisations païennes actuellement, à qui il manque l’équivalent d’un souverain pontife pour coordonner leurs actions.

Autre obstacle enfin, et non des moindres. La vérité historique. Beaucoup d’Européens catholiques, surtout parmi les plus identitaires, ont du mal à accepter que la christianisation de l’Europe n’ait pas été le roman mensonger qui leur a été vendu. Elle n’a été ni rapide ni pacifique. Elle a duré des siècles et à chaque fois a été matérialisée par des lois liberticides et des persécutions contre les Européens indigènes souhaitant conserver leur foi polythée. Pour quelqu’un comme moi, qui a étudié très précisément les conditions de l’émergence du christianisme dans l’empire romain et les conditions réelles de son succès, voilà quelque chose dont je n’accepte pas le déni.

Ces obstacles devront être surmontés. Tous les Européens ont vocation à combattre unis par un même drapeau identitaire, celui de l’Europe, et alors chrétiens et païens européens seront côte à côte, avec aussi les européens musulmans des Balkans et du Caucase et tous les européens israélites aussi attachés à leur patrie européenne qu’à leur patrie proche-orientale.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

dimanche, 29 janvier 2017

L'Eurasie et ses racines spirituelles

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L'Eurasie et ses racines spirituelles

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Conférence au Cercle de l'Aréopage:
L'Eurasie et ses racines spirituelles
Par Emmanuel Leroy

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jeudi, 26 janvier 2017

Jansénisme: Conférence de Marion Sigaut à Amiens

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Les origines du jansénisme

Conférence de Marion Sigaut à Amiens

E&R Picardie recevra Marion Sigaut le samedi 28 janvier 2017 à 15h à Amiens pour une conférence intitulée « Les origines du jansénisme ».

Réservations : conference.picardie@hotmail.com

Entrée : 5 euros.

Retrouvez Marion Sigaut chez Kontre Kulture :