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samedi, 24 septembre 2011

The Coming of the Greeks: Indo-European Conquests in the Aegean and the Near East

Robert Drews - The Coming of the Greeks: Indo-European Conquests in the Aegean and the Near East

 



When did the Indo-Europeans enter the lands that they occupied during historical times? And, more specifically, when did the Greeks come to Greece? Robert Drews brings together the evidence--historical, linguistic, and archaeological--to tackle these important questions.

Reviews:
"Into the ever-tangled and speculative debate on Indo-European origins comes this excellent book: lucid, critical, and refreshingly sober."--D. F. Easton, The Classical Review
"The fact that [a] pattern of localized Near Eastern takeovers coincides with the inception of chariot warfare, coupled with his carefully documented hypothesis that Proto-Indo-European-speaking (PIE) peoples in Armenia were responsible for the development and spread of chariot warfare, serves as the backdrop to Drews's innovative scenario for the arrival of the Greeks.... Such complete Near Eastern analogies involving archaeology, mythology, and linguistics, for example, have been rarely applied to support theories of PIE dispersal.... His research serves the critical function of provoking new views of a long-standing problem."--Susan N. Skomal, American Journal of Archaeology

Endorsement:
"An archaeological and linguistic whodunnit of the most fascinating sort, courageously tackling a much-argued problem from several disciplines at once.... No one dealing with the dispersal of the Indo-Europeans can ignore this book."--Elizabeth Wayland Barber, Occidental College


Afbeelding en tekst: Princeton University Press.

Le BRICS acteur géostratégique émergeant

Le BRICS acteur géostratégique émergeant

Ex: http://www.europesolidaire.eu/
Jusqu'à présent les relations plutôt informelles entre les membres du bloc dit BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) ne leur avaient pas permis de se comporter en acteur géostratégique cohérent au sein d'un monde multipolaire. Un discours différent à l'égard de l'intervention de l'Otan en Libye avait été mal ressenti.

 

Aujourd'hui, deux principaux membres, la Russie et l'Inde, semblent vouloir revenir sur ce désordre et positionner le BRICS d'une façon bien plus offensive, notamment à l'égard des Etats-Unis et de ses proches alliés européens. La Chine, prudente à l'habitude, reste sur la réserve mais on peut penser qu'elle suit l'évolution de la situation avec attention.

Ce sont les rapports avec la Syrie et les interventions ou menaces occidentales à l'encontre du gouvernement Bachar el Hassad, sommé de respecter ses minorités, qui fournissent l'occasion de ce durcissement. Mais tout laisse penser que d'autres sujets sensibles, notamment la question de la reconnaissance de l'Etat Palestinien, auront le même effet fédérateur. La Russie multiplie les mises en garde. Mais l'Inde semble décidée à aller plus loin encore.

Un expert indien, qui ne devrait pas  s'exprimer sans un minimum de caution gouvernementale, le Dr Sreeram Chaulia, professeur à l'Ecole Jindal des Affaires Internationales. estime que les pays du groupe BRICS, dont le sien, sont naturellement désignés pour s'opposer à ce qu'il nomme une dérive néocoloniale, dans le domaine des sanctions ou interventions que les Occidentaux voudraient imposer à Damas. (voir Russia Today, http://rt.com/news/brics-syria-west-hegemony/) Il va très loin dans cette direction puisqu'il envisage que le BRICS, pour mieux se faire entendre, puisse rechercher l'appui de l'Iran. Il s'agirait d'un appui diplomatique notamment à l'ONU mais quand on connait les prétentions militaires de Téhéran, cette perspective ressemble à une sorte de déclaration de guerre. Le ministre russe des affaires étrangères Lavrov paraît cautionner cette perspective.

On ne sait comment les Etats-Unis, très embarrassés dans leur soutien croisés tant à Israël qu'aux monarchies pétrolières et aux Etats issus du printemps arabe, prendront une telle montée en puissance du BRICS, si elle se confirmait. Il nous semble par contre que les Etats européens, notamment la France et l'Allemagne, pour qui les relations avec la Russie et l'Inde présentent un intérêt stratégique majeur, ne pourront pas continuer, comme ils l'ont fait jusqu'à présent, à suivre aveuglément la diplomatie américaine dans la région. Si le monde devenait véritablement multipolaire, avec un BRICS très offensif, il faudrait que l'Europe se constitue elle-aussi en pôle autonome et puissant dans ce concert. Elle ne devrait pas ce faisant oublier l'importance de coopérations étroites et multiformes avec la Russie, grande puissance pan-européenne.

 

 
 
 
08/09/2011

Les faux calculs de l’ingérence

Les faux calculs de l’ingérence

 
Une nouvelle fois, l’incantation à la religion des droits de l’homme a fait pleuvoir les bombes de l’Otan. Comme toutes les guerres de l’“Empire” auxquelles la France apporte son tribut, l’intervention en Libye a été menée au nom du devoir humanitaire de protection des populations civiles. Tous les ingrédients classiques de la guerre d’ingérence rêvée par Kouchner et ses amis furent au rendez-vous ...

les don­neurs de leçons indignés (hier Glucks­mann, aujourd’hui BHL), le conte pour “enfants de la télé” qui fait fi de toute réalité géopolitique (“un peuple entier dressé contre son dictateur”, alors qu’il s’agit d’une guerre civile Cyrénaïque contre Tripo­litai­ne), l’absence d’esprit critique de la presse occidentale face à la propagande de l’Otan (diffusion de ­fausses scènes de liesse à Tripoli tournées au Qatar alors que les rebelles ne sont pas encore dans la capitale ; chronique de la cruauté du Guide), la contradiction permanente avec les principes affichés (quid de la chasse aux Noirs pratiquée par les rebelles et plus largement de l’épuration massive en cours contre les tribus restées fidèles à Kadhafi ?)

Et la realpolitik dans tout cela ? Si, en effet, le masque de l’hypocrisie servait un but géopolitique tangible, nous pourrions parler de realpolitik et accepter celle-ci au nom de l’intérieur supérieur du pays. Mais, pour au moins trois raisons géopolitiques fondamentales, l’ingérence en Libye (comme le furent celles en Yougoslavie, en Afghanistan et en Côte d’Ivoire) est l’ennemie des intérêts géopolitiques français.

La première raison est que l’opposition que nous soulevons n’est plus celle d’un tiers-monde impuissant. Le monde est devenu multipolaire ; les pays émergents n’ont qu’une envie, arracher à l’Occident ce masque humanitaire qui dissimule sa politique de terreur contre la souveraineté des peuples. Russes, Chinois, Indiens, Brésiliens, Sud-Africains : ces gens n’ont aucune illusion quant au but réel de guerres que leurs médias qualifient de néocoloniales et prédatrices (pétrole, gaz). En s’alignant sur les États-Unis, la France détruit son capital principal en politique étrangère : sa position d’équi­libre, qui était respectée et demandée. Le monde change aussi chez nous, en Europe. Avec un double “non” (Irak, Libye), l’Allemagne s’est écartée de la géopolitique états-unienne comme elle rompra demain avec le capitalisme financier anglo-saxon. C’est elle qui demain ajoutera à son prestige industriel international une position d’équilibre qu’elle nous aura ravie.

La deuxième raison est que la chute de Kadhafi aggrave le chaos dans le Sahel. Le pillage des dépôts de l’armée libyenne dès le début de la guerre civile (comme en Irak en 2003), augmenté de nos parachutages d’armes et de munitions, transforme de fait le territoire libyen en une poudrière. Les tribus sont surarmées, à l’image des Touaregs pro-Kadhafi repliés vers leurs bases arrière nigériennes et maliennes et qui préparent déjà la revanche. Le Tchad ne sera pas épargné. Les trafics en tout genre (drogue, cigarettes, immigration), jusque-là endigués par les régimes autoritaires de Kadhafi et Ben Ali, vont exploser. Quant à nos “amis” rebelles, ce sont presque tous des islamistes radicaux ; les plus aguerris (les chefs) ont gagné leurs “lettres de noblesse” dans le djihad irakien… contre l’armée américaine (ce qui ne veut pas dire contre la CIA). L’assassinat, en juillet dernier, du ministre de l’Intérieur de Kadhafi rallié aux rebelles de l’Est ne s’explique que par la vengeance des islamistes contre leur ancien tortionnaire.

En favorisant l’effondrement des régimes autori­taires qui formaient le dernier écran protecteur de l’Europe face à la misère africaine, nous avons libéré des énergies qui vont travailler au service de trois buts : davantage d’immigration vers l’Europe, davantage de trafics, davantage d’islamistes.

Enfin, il existe une troisième raison pour laquelle un éventuel calcul stratégique français était par avance voué à l’échec. L’État libyen était déjà faible sous Kadhafi (lorsque les esprits seront apaisés, il faudra un jour mieux comprendre la nature du rapport entre le Guide de la révolution et son peuple), mais désormais et pour plusieurs années, il faudra parier sur l’absence quasi totale d’État libyen. Malheureusement, les Français, à la différence des Britanniques, n’excellent guère dans la manœuvre politico-économique (obtention des mar­chés) lorsqu’ils ne disposent pas de partenaire étatique clairement identifié. Les clés des marchés libyens se trouveront sans doute davantage au cœur des tribus que dans l’exécutif officiel. Si le président et son entourage voient dans les chefs rebelles auxquels ils ont déroulé le tapis rouge à l’Élysée l’incarnation de l’État libyen de demain, la désillusion risque d’être forte. Car il se pourrait bien que, cette fois, les Américains ne fassent pas l’erreur qu’ils ont faite en Irak en détruisant l’État baasiste et qu’ils cherchent au contraire à s’appuyer sur les anciens de Kadhafi plutôt que sur cette étrange “variété modérée de djihadistes démocrates” (!) dont l’entourage de Sarkozy nous vante les mérites.

Aymeric Chauprade, géopolitologue

Germanen und Wikinger

Germanen und Wikinger

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Un mondialisme sans queue ni tête : la politique de l'âme et des racines brûlées

Un mondialisme sans queue ni tête : la politique de l'âme et des racines brûlées

Ex: http://www.polemia.com/

par Laurence MAUGEST

De la quête du bonheur à la recherche du confort.

Dans la mentalité dominante distillée par les média, la notion du bonheur est de plus en plus souvent réduite à celle du confort qui favorise la consommation des biens matériels. Dans ce nouveau monde fait de secousses incessantes et d’images virtuelles, la sensibilité de l’homme à l’univers qui l’entoure s’amenuise.

C’est pourtant par sa relation au monde réel que l’homme a aiguisé, au fil des siècles, sa spiritualité.

Du confort à la lourdeur

La poésie meurt étranglée par la vulgarité qui s’infiltre dans ce qui a mission d’élever l’homme : la recherche du beau est bannie dans l’art, l’amitié se cherche sur les réseaux sociaux, l’amour en PACS prêt à l’emploi est jetable, la sexualité en jeux s’achète sur la toile…

L’aboutissement de l’homme machine : le consommateur du XXIe siècle : montage en kit, mode d’emploi fourni, arc réflexe bien connu des publicistes…

Ce sont les éléments essentiels de l’être humain qui sont ainsi, circonscrits, matérialisés dans un prosaïsme grisâtre. La singularité de l’homme nait de ce qui est indéfinissable en lui. Elle constitue la sphère spécifique à l’être humain où l’on trouve la créativité, la curiosité, l’élévation, la fantaisie, l’amour. La vie affective se réduit actuellement et trop souvent au corps donc à la matière. Au bout du compte, elle en perd sa beauté, sa dignité et peut-être ainsi roulée dans la fange qu’expriment si clairement les néologismes comme « meuf, nique » qui fleurent bon le merveilleux de la rencontre amoureuse. Via l’air du temps dominant, l’amour, qui est un joli pont entre le temporel et le spirituel, quitte cet entre-deux quand il se limite au souci constant du plaisir immédiat. Il y a le temporel inscrit, comme son nom l’indique, dans le temps, enraciné et secrété par l’histoire, où l’on trouve la verticalité de la conscience du destin humain. Parallèlement, il y a le temps moderne, avec ses mots rétractés, son temps haché sous l’étau de la productivité où l’homme risque de se réduire aux réflexes basiques de sa consommation. Dans ce monde suspendu, sans racine, l’homme se monte lui-même en kit. Il s’autoconstruit et peut même autodéterminer son sexe, en cour de route, grâce à la l’idéologie du « Genre ». Son mode d’emploi est approfondi dans les écoles de publicité et de communication. Dans le cadre de ces métiers où l’on doit apprendre à « gérer » parfaitement le fonctionnement de l’humanoïde du XXIe siècle, ce mutant que l’on appelle l’usager ou le consommateur.

Si l’immédiateté est devenue le pendant du temporel dans l’univers de la grande consommation, le fantasme serait-il celui du spirituel ?

Comment les valeurs du catholicisme peuvent survivre dans cette obsessionnelle recherche de bien être immédiat. Que devient l’ancienne dualité entre les pouvoirs spirituel et temporel lorsque ce dernier est réduit à l’immédiateté ? Ce que l’on reproche au clergé, ce n’est pas d’être happé par les séductions du monde temporel au risque de s’éloigner de la dimension spirituelle, mais d’être «névrosé ». Dans l’ambiance « psychologisée » qui est la nôtre, on est plus leste à s’intéresser aux fantasmes de certains qu’à la spiritualité d’un nombre de religieux qui, par leur exemple, devraient nous mener à réfléchir à la puissance de leur foi qui se concrétise dans le don de leur vie à Dieu. Une certaine psychologie vient donc imposer ses considérations strictement humaines dans un domaine spirituel qui lui échappe. Il semble que l’immédiateté actuelle malmène la temporalité du catholicisme qui s’inscrit dans un linéaire historique de la genèse à la résurrection.

Il n’y a pas qu’en Orient que l’on attaque les catholiques.

On tire à vue sur eux au quotidien dans la presse européenne et par les vocables utilisés. Le terme de « cathos » est en cela très symptomatique, il cherche à ridiculiser et à réduire l’acte de foi et la recherche spirituelle en étêtant cette population à coup de hache abréviative. Le mot même de « tradition » est décapité ironiquement en « tradi ». Dans l’indifférence totale, ces décapitations nous autodétruisent en entrainant l’hémorragie de la sève qui nous constitue depuis notre origine. Ces abréviations, telles des enseignes, attisent des réflexes sociologiques superficiels issus de l’opinion publique. Elles neutralisent, en la bafouant, la dimension spirituelle en la faisant dégringoler dans le quotidien et la mode. L’objectif est de contenir le mouvement religieux intime, cet élan qui différencie l’homme de l’animal et les derniers hommes « des hommes festifs » peints par Philippe Muray.

Dans la campagne de destruction actuelle menée contre le catholicisme, l’histoire est bien souvent manipulée et victime des inquisiteurs modernes qui jouent avec dextérité des tourments les plus redoutés de l’histoire : les anachronismes grossiers qui servent de vulgaires clichés. L’approche manichéenne du catharisme qui insiste sur l’intolérance des catholiques et occulte les enjeux de pouvoir des seigneurs du sud-ouest, l’oubli des religieux réfractaires torturés, noyés, brûlés sous la Révolution et les trop rares évocations des religieux qui ont caché des juifs et des résistants durant la deuxième guerre mondiale sont des exemples parmi d’autres.

L’objectif est de nier toute possibilité de spiritualité passée ou présente en Occident, à cette fin le prêtre doit être un homme comme les autres :

Les images du prêtre inquisiteur au moyen-âge, carriériste sous l’ancien régime, « collabo » en 40, ouvrier en 1968 et assistant social dans les années 80, montrent comment la pensée dominante et bavarde fige et réduit l’image du prêtre à l’aspérité du moment. Cette image est forcément négative lorsque la religion était encore prégnante dans la société car il faut démolir ce qui a été. Afin de confirmer leur normalité, la pathologie des prêtres doit être à l’image de celle de la société. Il n’est guère étonnant d’entendre maintenant des brouhahas médiatiques autour de prêtres suspectés de pédophilie et d’obsession sexuelle. Des hommes comme tout le monde ! Absolument ! Il est peut-être des hommes et des femmes qui se réfugient dans la religion pour éviter « la vie normale ». Comportement d’évitement qui fait d’eux des hommes en effet très normaux. Mais, ceux qui entrent en religion parce qu’ils ont la foi, ne sont pas des hommes comme les autres. Ces religieux, qui recherchent la dimension spirituelle dans un monde qui se coule dans le matérialisme rampant, sont parfaitement anormaux au sens statistique du terme. La certitude populaire qui impose la normalité aux religieux ne sert que la désacralisation actuelle. Elle ferme le chemin de la spiritualité qui reste ouvert à l’homme du XXIe siècle comme il l’était à celui du XIIIe siècle. Néanmoins, la recherche d’élévation est vivace en l’homme. Elle résiste dans l’essor des spiritualités orientales que l’on constate en Occident. Il s’agit donc « d’aller voir ailleurs ». Par cela même, ces aspirations alimentent encore le mondialisme et son pendant l’individualisme car le plus souvent, les versions occidentalisées de ces spiritualités s’apparentent davantage au « développement personnel » qu’à la recherche du Divin. Leur médiatisation simpliste participe ainsi au culte de l’homme et, par là même, renforce son avidité matérialiste qui sert la consommation de masse.

Le prisme aberrant du nihilisme : tout ce qui monte diverge !

Dans l’opinion publique, instrumentalisée par les média, se mélangent les affaires Polanski et Strauss Kahn qui sont traitées au même niveau. Nous constatons la généralisation d’un mépris du pouvoir, l’ancestral, celui de l’Etat, enfant de l’histoire et porteur de tradition. Le pouvoir temporel, désacralisé, sali, éclaté par l’Europe bureaucratique et le mondialisme financier, est de plus en plus malmené. Le monde de nos aspirations s’abaisse progressivement. Après la substitution du religieux par la politique, nous voyons cette dernière phagocytée par le pouvoir médiatique. Tout ce qui est au-dessus de nous est la cible des destructeurs de sens qui cherchent à briser la richesse et la transcendance de l’espèce humaine.

Ils vont donc jusqu’à nier la différenciation soit la complémentarité des sexes. Cette complémentarité des sexes, idée géniale qui a fait ses preuves, ne peut pas être attribuée au cerveau humain. En cela, elle est dangereuse car elle exprime, par le sens intelligent qu’elle porte, le signe d’une puissance extérieure. C’est pourquoi, l’homme du XXIe siècle cherche à la bannir pour planter son idéologie et déterminer lui-même qui est homme ou qui est femme dans une toute puissance dictatoriale d’un genre nouveau. Ces Rousseauistes de l’extrême envisagent l’homme du XXIe siècle comme le fruit de la société humaine et matérialiste uniquement.

La toute-puissance et le statut d’être « auto-créé » que l’homme recherche tuent son histoire

L’intervention du Divin est rejetée. A cette nouvelle société entièrement dominée par l’homme il fallait un mythe fondateur sorti des mains de l’homme. Ce mythe n’est plus la mort du Christ mais Auschwitz. Ce nouveau Golgotha nous impose une histoire rétrécie faite d’horreurs qui nous entraine à ridiculiser le sacré et le beau dans un nihilisme dépourvu de romantisme qui s’ouvre vers un avenir étriqué. La question est pourquoi faut-il nier toute puissance extérieure à l’homme ? Les caractéristiques essentielles de la nature humaine doivent aussi devenir enfant de la citée, même la mémoire que l’on transforme en « devoir citoyen ». Le devoir de mémoire est un paradoxe dangereux. En premier lieu, car la mémoire ne s’impose pas mais se vit. De plus, cette obsession obscurcit notre histoire plus ancienne. Celle des temps où nous étions sans intermédiaire face à l’univers, avant l’apparition de la machine et de son drame fondateur : la Shoah, la machine à tuer. Il semblerait que l’homme du XXIe siècle cherche à nier ce qu’il était avant d’être lui-même créateur de techniques de plus en plus complexes. Il impose une histoire à l’échelle de sa modernité au grès des événements surmédiatisés qui deviennent les balises des temps modernes : du 11 septembre à l’arrestation de M. Strauss-Kahn. Flashs médiatiques qui hypnotisent notre mémoire et font de notre histoire un film haché et dépourvu de sens.

L’histoire, la mémoire, l’identité sexuelle, deviennent une pâte à modeler pour l’homme qui évacue Dieu le Père pour imposer son omnipotence. Dans son appropriation exclusive de la vie et du monde, l’homme cherche à se débarrasser de tout ce qu’il ne contrôle pas soit l’esprit et le sens de la vie qui sont les constituants essentiels de son humanité.

Pour un devoir de résistance

Il nous faut résister à l’horizontalité écrasante. Commençons par prononcer les mots en entier pour en goûter leur histoire, respecter et transmettre leurs sens et contribuer à aller vers l’éveil qui s’impose.

Merci aux catholiques qui refusent le hachoir de désacralisation actuel, redressent leur tête et refusent d’être réduit à un simple phénomène sociétale. Merci à Dominique Venner qui nous invite à la recherche du graal, à la résurgence de notre force où puiser l’énergie nécessaire à la poursuite de notre histoire. Quelle nous porte loin des considérations matérialistes et nous replonge dans l’univers des signes et des symboles qui ne supporte pas l’amputation des mots. Histoire qui s’enracine dans la forêt mystérieuse de nos origines qui est la porte d’un avenir que l’on ne cherche pas à contrôler mais à conquérir.

Laurence Maugest
13/09/2011

Correspondance Polémia – 20/09/2011