Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

samedi, 10 novembre 2012

Italie : Un pillage antidémocratique

Italie : Un pillage antidémocratique
 
par Audrey d'Aguanno
 

L’opinion l’a oublié un peu vite mais l’Italie a été victime d’un putsch financier. Avec Mario Monti, notre sœur latine est sous administration directe de Goldmann Sachs. Française d’origine italienne, résidant en Italie, Audrey d’Aguanno apporte ici son éclairage. Texte repris par Polémia de l’excellent site espagnol Elmanifiesto.
Européens victimes de la crise financière : unissez-vous !
Polémia

mario_monti_Jesuit_lady_of_war_2.jpgEn novembre 2011, la démocratie italienne recevait un grand coup de pied aux fesses. Le technicien Mario Monti fut imposé, nommé, chargé de gouverner le pays… sans que le vote populaire soit sollicité : le scandale est évité par la bénédiction d’une classe politique ignarde et corrompue (et… inutile face à la crise), et grâce aux éloges des médias obéissants prétextant que les techniciens sont des gens sacrément intelligents.

Depuis que Mario Monti a pris les rênes de l’Italie, tel un super-héros américain qui allait résoudre en trois calculs et quatre équations des années de mauvaise gestion des finances publiques, les conséquences de la crise sont devenues bien plus tangibles au commun des mortels. En effet, si la grande majorité des Italiens, quand elle n’a pas applaudi, a tranquillement continué ses achats compulsifs et ses vacances en tour operator, une autre frange de la population n’a pas battu des mains, allant jusqu’à se tirer une balle dans la tête. Cette expression pourrait en être une si le nombre de suicides dus à la crise et aux mesures d’austérité ne dépassait pas les deux par semaine : suicides, dépressions, récession, licenciements, fermetures d’entreprise, asphyxie fiscale, record des prix des carburants. Le gouvernement des super-mathématiciens aurait-il raté quelque formule ?

Ou bien ce petit pays, très riche en or (alors troisième réserve mondiale), recouvert de petites entreprises indépendantes du pouvoir maléfique des actionnaires, qui détenait sa propre dette publique et jouissait d’excédents budgétaires annuels les plus importants au monde, a-t-il fait l’objet d’une « remise à niveau » du capitalisme financier apatride ?

Sauvetage des intérêts des banques

La manœuvre de M. Monti – qui n’est pas sans rappeler celle d’un Cavallo avant le désastre argentin ou, plus proche, d’un Papademos en Grèce – est donc bien une tentative de sauvetage… mais des intérêts des banques d’affaires au grand dam des peuples. Car, rappelons-le, l’énormité des dettes publiques n’est pas engendrée par une mauvaise administration publique mais par l’usurpation de la souveraineté monétaire, passée des mains des peuples aux crocs des établissements bancaires privés. Ceux-ci, imposant leurs taux d’intérêt, créent la dette publique que le citoyen doit alors rembourser par la sueur de son front. Une véritable extorsion !

La crise est donc tout bénéfice pour ses responsables, qui en tirent avantages grâce aux politiques d’austérité permettant les dernières privatisations et la mise à mort de l’Etat Providence : retraites, santé, éducation, culture, patrimoine, tout passe à la trappe de la cure Monti, avec, en plus, une bonne dose de culpabilité (mensongère) de la population qui aurait « vécu au-dessus de ses moyens ». On comprend alors mieux les raisons de la suspension du processus démocratique : difficile de trouver un électorat pour soutenir un tel programme.

Délocalisation par appauvrissement et précarisation des populations sud-européennes

Et si, après le pillage et les destructions causés par les plans de rigueur, mis en œuvre plus généralement dans tout le sud du continent, les Européens deviennent des misérables, peu importe, on pourra toujours les utiliser comme main-d’œuvre bon marché. En voilà un bon moyen de résoudre les futurs problèmes d’approvisionnement dus à l’augmentation drastique du pétrole que l’on devra affronter d’ici quelques années ! « De toute façon la croissance en Europe est bloquée, alors tant qu’à faire… »

Il faut l’admettre, cette nouvelle forme de délocalisation par appauvrissement et précarisation des populations sud-européennes est géniale.

Arrêtons donc de nous demander pourquoi une classe dirigeante laisse crever ainsi son peuple. Cette phrase est un oxymore : ces « dirigeants » n’ont pas de peuple ; ils n’ont pas de pays : ils haïssent et éliminent les frontières ; pas de racines : ils les détruisent et œuvrent pour un monde globalisé sans attaches. Ils ne dirigent pas mais nous conduisent vers le précipice. A moins d’un réveil de notre part.

Audrey d’Aguanno
25/10/2012

Voir :

Draghi, Papadimos, Monti : le putsch de Goldman Sachs sur l’Europe (édito 11/2011)
Goldman Sachs : le putsch du désespoir
http://www.elmanifiesto.com/

Correspondance Polémia – 1/11/2012

Histoire : le Kurdistan et les Kurdes

Kurde.jpg

Histoire : le Kurdistan et les Kurdes

Ex: http://mediabenews.wordpress.com/

1) Heurts et malheurs de l’Histoire kurde

Avant le 16ème siècle, le Kurdistan tel qu’il est connu et reconnu aujourd’hui, avec son découpage en quatre parties, était une des régions de l’Iran. Il fut abandonné par les rois safavides à l’empire Ottoman en 1514, lors de la bataille de Tchâldorân, avant d’être partagé entre l’Iran, la Syrie, la Turquie et l’Iran à la fin de la Première Guerre Mondiale. Malgré les hauts et les bas de leur histoire, les Kurdes continuent cependant à pratiquer une langue commune qui témoigne de leur unité culturelle. Jusqu’à présent, et malgré l’adversité, ces derniers sont parvenus à conserver leur union, leur solidarité, et leur identité transnationale. Durant l’Antiquité, les Kurdes habitaient les régions orientales de la Mésopotamie et l’Iran-vitch. Leur territoire n’a jamais cessé de changer d’appellation au cours de l’histoire. Il fut nommé Kura Gutium par les Sumériens, Kurdasu par les Elamites, Qardu par les Babyloniens et Carduchoi par les Grecs. Sous les Seldjoukides, à l’époque du Sultân Sandjar, le nom de Kurdistan fut définitivement choisi pour cette région.

Au 7ème siècle av. J.-C le Kurdistan irakien d’aujourd’hui constituait une partie de l’empire assyrien. Lorsqu’Assurbanipal, l’empereur assyrien, mourut en 633 av. J.-C, Cyaxare le roi mède s’allia aux Babyloniens contre les Assyriens. En 614 av. J.-C, Cyaxare traversa les chaînes montagneuses du Zagros et assiégea la capitale assyrienne, Assur, en 614 av. J.-C. Après s’être emparé des autres villes assyriennes (dont Ninive, en 613 av. J.-C. où s’était caché le dernier roi assyrien), Cyaxare accepta le pacte de paix babylonien et parvint de la sorte à asseoir fermement son royaume. Désormais, cette région occupée allait devenir partie intégrante de la Perse, sous les Achéménides, les Séleucides, les Arsacides et les Sassanides. D’après Xénophon [1], les habitants kurdes de Zagros furent recrutés par l’armée achéménide pour soutenir le conflit engagé contre Alexandre le macédonien. Strabon [2] et Eratosthène [3] ont également évoqué la troupe kurde de Xerxès III qui fut en lutte contre l’armée d’Alexandre.


Certaines sources comme Noldke (1897) considèrent que les tribus kurdes du sud et du centre de l’Iran, nommés les Martis, ont émigré à la suite des conquêtes sassanides vers le nord-ouest de l’actuel Iran, dans la région de Kurdu, et qu’ils ont assimilé la culture et les noms des habitants kurdes de cette région. Ce furent eux qui participèrent aux guerres, aux côtés des Sassanides et les Arsacides contre les Romains byzantins. Pendant cette période, les Romains appelaient les Kurdes iraniens Kardukh ou Kardikh en rappelant ainsi le nom de leur région. Sous les Sassanides, l’actuel Irak se nommait Assurestân ou Irânchahr (« la ville d’Iran »). Ce pays était partagé en douze provinces et la région kurde d’Irak formait la province de Châd-pirouz. Les villes kurdes les plus importantes de l’époque étaient Garmiân (l’actuelle Karkouk) et Achap (actuellement Emâdieh).

Avec les invasions arabes (dirigée par le calife Omar) entre les années 634 et 642, les régions kurdes de l’Iran, et notamment Arbil, Mosel et Nassibine, tombèrent aux mains des Arabes. Après la mort d’Omar, son successeur Osman envahit de nouveau les régions kurdes du nord. Mais les Iraniens, et bien entendu les Kurdes, s’insurgèrent à plusieurs reprises contre le gouvernement arabe pour libérer leur région et regagner leur autonomie. Mohammad-ibn-e Tabari [4] se souvient de l’une de ces rebellions : « …le même jour on entendit dire qu’à Mosel, les kurdes s’étaient révoltés. Mossayebn-e Zohaïr, le gouverneur de Koufa, proposa à Mansour, calife abbasside, d’y envoyer son ami Khaled pour réprimer les insurgés. Mansour accepta et Khaled devint le gouverneur de Mosel. » (Histoire de Tabari, 11ème tome, p. 4977) En 1910, lors des fouilles archéologiques dans la province de Souleymanieh, les archéologues ont trouvé une peau de bête sur laquelle on pouvait lire en langue kurde et en écriture pehlevi un poème constitué de quatre vers. Ce poème qui fut plus tard nommé « Hormozgân », rappelle l’invasion arabe et le triste souvenir des destructions commises à cette époque. Selon les archéologues, ce poème fut composé aux premiers jours de l’occupation arabe. La traduction qui suit est tout d’abord issue du pehlevi, avant d’être traduit du persan vers le français (par l’auteure de ces lignes) :

Les temples sont détruits et les feux sont éteints
Les grand mo’bed [5] se sont cachés
Le cruel arabe a ruiné
Les villages ouvriers, jusqu’à la ville de Sour
Ils ont capturé les femmes et les enfants pour l’esclavage
Les hommes braves s’éteignent dans leur sang
Le culte de Zarathoustra resta sans tuteur
Ahoura-Mazda n’a plus de pitié pour personne

Sous les Abbassides, le pouvoir du gouvernement central ne cessa de diminuer, offrant ainsi une bonne occasion aux gouvernements non-alignés de se révolter et de réclamer leur autonomie à l’est et à l’ouest de l’Iran. Les Tâhirides, les Samanides et les Saffârides s’emparèrent de l’est de l’Iran tandis que les Hassanouyehs, les Bani-Ayyârâns, les Buyides, les Hézâr-Aspiâns, les Mavânides et les Ayyubides occupèrent l’ouest du pays. Durant cette période, le terme « kurde » s’appliquait à une tribu iranienne sous l’emprise arabe.

Au 11ème siècle, avec l’arrivée au pouvoir des turcomans Seldjoukides, sous le règne du Sultân Sandjar en 1090, les Kurdes fondèrent pour la première fois de leur histoire, un Etat à proprement parler kurde, qui prit le nom de Kurdistan. Hamdollâh Mostowfi fut le premier, en 1319, à mentionner dans son livre Nezha-t ol-Gholoub le nom du Kurdistan et de ses seize régions : « …le Kurdistan et ses seize régions, Alâni, Alichtar, Bahâr, Khaftiân, Darband, Tâj-khâtoun, Darband-Rangi, Dezbil, Dinvar, Soltân-Abâd, Tchamtchamâl, Cahrouz, Kermânchâh, Hersin, Vastâm sont limités aux Etats arabes, au Khûzistân, à l’Irak et à l’Azerbaïdjan… ». Les atabegs turcomans gouvernèrent également le territoire kurde pendant une très longue période. Les descendants de Saboktakin prirent en main les affaires de la ville et de la région d’Arbil entre 1144 et 1232, et les Ourtukides régnèrent à Halab et à Mardine entre 1101 et 1312.

Pendant l’invasion mongole et suite à sa défaite, le roi Jalâl-eddin Khârezmchah, poursuivi par les mongols, s’enfuit vers les territoires kurdes. Ces derniers détruisirent toutes les provinces kurdes afin de débusquer le roi iranien. Ce qui ne l’empêcha pas de régner pendant un certain temps à l’ouest de l’Iran, mais aussi, d’être finalement assassiné en 1213. Houlâkou-khân le Mongol, après avoir conquis les régions centrales de l’Iran, prit le chemin de Hamedân et de Kermânchâh à destination de Baghdâd. Une fois de plus en 1259, en chemin pour conquérir l’Arménie, les Mongols assiégèrent les régions kurdes de l’Iran. Sous le règne des Ilkhanides (branche mongole constituée de convertis à l’Islam) les Kurdes s’emparèrent d’Arbil en 1297. Progressivement, après la mort du roi mongol Mohammad Khodâbandeh, le pouvoir des Kurdes s’intensifia, et ce, jusqu’à la chute des Mongols en 1349. Malgré leurs efforts, les Kurdes ne parvinrent pas à former un gouvernement autonome. A peine libérés de l’emprise mongole, ils se retrouvèrent sous la coupe des Turcomans Gharâ-ghoyunlous qui cédèrent leur place aux Agh-ghoyunlous. Avec l’arrivée de Tamerlan en Iran, les régions kurdes ne tardèrent pas à tomber, et cette fois, en obligeant les Kurdes à s’enfuirent à travers monts et vaux, simplement pour préserver leur vie.

Sous les Safavides, le roi Chah Ismaël propagea le chiisme partout en Iran. Les Kurdes, sunnites, devinrent méfiants envers le roi et adhérèrent à l’empire Ottoman, ennemi sunnite des Safavides. Après la défaite de Chah Ismaël face au Sultan Selim au cours de la bataille de Tchâldorân en 1514, vingt-cinq gouverneurs kurdes rallièrent l’empire Ottoman en ouvrant ainsi un nouveau chapitre de l’histoire des Kurdes. L’Iran perdit de ce fait, l’essentiel de ses régions kurdes. Désormais, le problème territorial rendait les Kurdes conscients de leur importance politique dans la région. Pendant de longues années, l’empire Ottoman gouverna la majorité des contrées kurdes (jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale et jusqu’à la chute des Ottomans en 1918, qui rendit l’autonomie et la liberté à la région de Kurdistan, aux territoires arabes, à l’Asie mineure et aux Balkans).

Quant à la région du Kurdistan, bien qu’un jour elle ait appartenue à l’Iran dans sa totalité, elle se retrouva partagée entre quatre pays, l’Iran, la Syrie, la Turquie et l’Irak mais, également, entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie.

Le Kurdistan n’est jamais parvenu à proclamer son autonomie, et jusqu’à présent, le peuple kurde reste aux prises avec les problèmes politiques. Aujourd’hui, le nombre des habitants kurdes dans les quatre pays est de vingt-cinq millions, dont sept millions sont de nationalité iranienne. En Iran, les régions où l’on communique en langue kurde comprennent les provinces de l’Azerbaïdjan de l’est, l’Ilâm, le Kurdistan, Kermânchâh et le Khorâssân du nord. Pourtant, d’autres provinces de l’Iran comprennent des populations kurdes qui ne constituent cependant qu’une minorité, à l’exemple des provinces du Guilân, des villes de Ghazvin et de Qom, de la région de Fars, du Mazandarân, de Hamedân et du Baloutchistan.

2) Géographie historique du Kurdistan

Les tribus kurdes sont parmi les tribus aryennes ayant émigré sur le plateau iranien il y a quelques millénaires. L’histoire pré islamique de ce peuple n’est pas connue avec précision. Le poète Ferdowsi les considérait comme les descendants des jeunes hommes ayant échappé au mythologique roi Zahâk, qui s’étant réfugiés dans la montagne, n’en étaient jamais redescendus. La langue persane moderne des premiers siècles de l’Hégire quant à elle, donne le sens pasteur et montagnard au mot « kurde ». On a retrouvé dans des documents sumériens, akkadiens, babéliens et assyriens, des noms de peuples qui rappellent les noms kurdes. Le plus proche d’entre ces noms de peuples, dont la situation géographique et la description justifient également l’origine kurde, est le nom des « Kordoukhoy », nom que l’on croise également dans l’ouvrage de Xénophon. Ce peuple vivait dans les montagnes situées entre l’Irak et l’Arménie, en particulier en un lieu aujourd’hui appelé « Zekhou », situé à soixante kilomètres au nord-ouest de Mossoul en Irak.

JPEG - 64.6 koP
Montagnes du Kurdistan situées en Irak

Polybius (200-120 av. J.-C.) parle également de peuples vivant dans le sud de l’actuel Azerbaïdjan, nommés les « Kourtivi » ou « Kortii ». Strabon et Tite-Live précisaient que certaines tribus appartenant à ce peuple vivaient également dans la province du Fars. Effectivement, depuis l’époque antique jusqu’à aujourd’hui, des nomades kurdes vivent dans les Fârs.

L’histoire kurde préislamique n’est pas connue avec précision mais après l’islam, les géographes et historiens musulmans qui ont compilé l’histoire du monde islamique n’ont pas manqué de citer les Kurdes. Cela dit, les Kurdes étant considéré comme un peuple parmi d’autres, les détails historiques ou une histoire uniquement focalisée sur ce peuple n’existent pas. Et c’est uniquement à l’époque safavide qu’un premier livre historique, de langue persane, le Sharaf nâmeh de Badlisi, se concentre uniquement sur le peuple kurde.

JPEG - 37.2 ko
Pont safavide, Sanandadj

Au moment de l’invasion arabe, c’est en l’an 637 ou 641 que les Arabes occupèrent les fortifications kurdes. En l’an 643, au moment de la conquête du Fârs, les Kurdes de cette province participèrent à la défense des villes de Fasâ et de Dârâbjerd. La conquête des villes de Zour et de Dârâbâd, villes kurdes de la région, se fit en l’an 642. Abou Moussa Ash’ari vainquit les Kurdes en l’an 645, et en l’an 658, les Kurdes de la région d’Ahwâz dans le sud participèrent à la révolte de Khariat Ibn Râshed contre l’Imâm Ali et après la mort de Khariat, nombre d’entre eux furent également tués.

En l’an 708, les Kurdes du Fârs se soulevèrent et cette révolte fut réprimée dans le sang par le cruel gouverneur Hojjâj Ibn Youssef. En l’an 765, les Kurdes de Mossoul se soulevèrent à leur tour et le calife abbasside Mansour envoya Khâled Barmaki les réprimer encore une fois durement. En l’an 838, l’un des chefs kurdes des alentours de Mossoul, Ja’far Ibn Fahrjis se révolta contre le calife abbasside Mu’tasim et le calife envoya son célèbre chef de guerre Aytâkh pour l’écraser. Aytâkh, après une violente guerre, tua Ja’far, ainsi que beaucoup de ses hommes et prit en esclavage de nombreux Kurdes, emportant avec lui les chefs tribaux et les femmes. L’un de capitaines turcs du calife, au nom de Vassif qui avait participé à cette guerre, se réserva à lui seul pour tribut 500 Kurdes. En l’an 894, sous la direction du chef Hamdan Ibn Hamdoun, les bédouins arabes passèrent une alliance avec les Kurdes des régions de Mossoul et Mardin et déclarèrent la guerre à Mu’tadid, le calife abbasside de l’époque, ce qui conduisit à la mort et à la défaite de nombre d’entre eux.

JPEG - 41.1 ko
Pont de Gheshlâgh, Sanandadj

En l’an 926, sous le califat d’Al-Muqtadir bi-llah et l’émirat de Nâsser-o-Dowleh Hamdâni, les Kurdes de Mossoul se révoltèrent de nouveau. Entre les années 938 et 956, un dénommé Deyssâm, membre des kharijites, de père arabe et de mère kurde, rassembla sous son égide les Kurdes de l’Azerbaïdjan et déclara la guerre aux Al-e Mosâfer et autres émirs locaux de la région. Sa révolte fut réprimée et il mourut en prison. Aux Xe, XIe et XIIe siècles, les Shaddâdian, dynastie kurde, régnèrent en tant que suzerains locaux sur la plupart des régions kurdes. Cette dynastie appartenait à la grande tribu kurde des Ravardi, également tribu d’origine des dynasties ayyoubides, fondée par Saladin, lui-même kurde, qui régnèrent en Syrie, dans le Croissant fertile et en Egypte.

En l’an 1004, Azed-o-Dowleh Deylami, fatigué des raids kurdes sur son territoire, déclara la guerre aux Kurdes de Mossoul et après les avoir vaincus, ordonna la destruction de leurs fortifications et l’exécution de la majorité des chefs kurdes. En l’an 983, dans la région de Ghom, Mohammad Ibn Ghânem se rallia aux Kurdes Barzakani et se révolta contre le roi Fakhr-o-Dowleh Deylami. Ce dernier envoya d’abord Badr Ibn Hosnouyeh en mission de paix, mais les négociations traînèrent en longueur et la révolte fut finalement réprimée. Mohammad Ibn Ghânem mourut donc en captivité. L’un des importants événements du règne de Sharaf-o-Dowleh Deylami (982-989) fut sa bataille contre Badr Ibn Hosnouyeh à Kermânshâh qui se termina par la victoire de Badr, qui prit alors le contrôle d’une grande partie de l’ouest iranien. Il fut tué en 1014 par la tribu kurde des Jowraghân. Shams-o-Dowleh, le fils de Sharaf-o-Dowleh profita de cette occasion pour annexer l’ensemble des territoires que son père avait perdu. Il y avait les régions Shâpourkhâst (actuelle ville de Khorramâbâd), Dinvar, Boroujerd, Nahâvand, Asad Abâd et une partie d’Ahwâz.

JPEG - 56.7 ko
Vue générale de la ville de Bâneh

Il semble que l’expression Kurdistan fut pour la première fois utilisée par les Seldjoukides pour distinguer les régions kurdes de la région du Jebâl qui comprenait l’Azerbaïdjan, le Lorestân, et une partie des montagnes du Zagros dont le centre était à l’époque la région de Bahâr, situé à dix huit kilomètres au nord-ouest de Hamedân, puis Tchamtchamâl, près de l’actuelle ville de Kermânshâh. Le Kurdistan n’échappa pas non plus aux massacres et aux ravages de l’invasion mongole. Cette région fut ravagée une autre fois à l’époque des Tatars et de Tamerlan.

Shâh Esmâïl, premier roi de la dynastie chiite safavide, n’essaya guère de se rapprocher des Kurdes, sunnites. Les Ottomans sunnites tentèrent ainsi de s’allier aux Kurdes. Sous le règne safavide, la majorité des territoires kurdes appartenaient à l’Iran.

Après les Safavides, avec la prise de pouvoir par les Zend, famille aux racines kurdes, pour la première fois les Kurdes devinrent les dirigeants de l’Iran. Vers la fin du règne des Zend, la tribu des Donbali, grande tribu kurde, régnait sur une bonne partie de l’Azerbaïdjan de l’Ouest. Leur capitale était la ville de Khoy. Au XIXe siècle, les Kurdes vivant sur le territoire ottoman exprimèrent plusieurs fois leur désir d’indépendance au travers la création des gouvernements locaux kurdes. En 1878, le Sheikh Obbeydollâh Naghshbandi eut l’idée de créer un Etat indépendant kurde sous l’égide de l’Empire ottoman. En 1880, ses partisans occupèrent les régions des alentours d’Oroumieh, Sâvojbolâgh, Marâgheh et Miândoâb et l’armée iranienne eut à les repousser hors des frontières. En 1946, Ghâzi Mohammad profita de l’occupation alliée en Iran et avec l’appui de l’armée soviétique, – qui occupait la moitié nord de l’Iran -, annonça la création de la République Populaire du Kurdistan, avec pour capitale Mahâbâd. Cette république éphémère tomba après le retrait des Forces Alliées.

 Afsâneh Pourmazâheri (1) Heurts et malheurs de l’Histoire kurde

et Arefeh Hedjazi 2) Géographie historique du Kurdistan

Bibliographie :
- MINORSKII Vladimir Fedorovich, trad. TABANI Habibollâh, le Kurde, Kord, ed. Gostareh, Téhéran, 2000
- MOHAMMADI, Ayat, Survol de l’histoire politique kurde, Seyri dar târikh-e siâsi kord, ed. Porsémân, Téhéran, 2007
- RINGGENBERG Patrick, Guide culturel de l’Iran, Iran, ed. Rozaneh, Téhéran, 2005

Notes

[1] Historien, essayiste et chef militaire grec (430-352 av. J.C.) il naquit dans une famille riche et reçut les enseignements d’Isocrate et de Socrate.

[2] Géographe grec (58- 25 av. J.-C.) ses mémoires historiques ne nous sont guère parvenues, mais sa géographie fut en grande partie conservée. Il y pose certaines questions relatives à l’origine des peuples, à leurs migrations, à la fondation des empires et aux relations de l’homme et de son milieu naturel.

[3] Astronome, mathématicien et géographe grec (276-196 av. J.-C) auteur de travaux en littérature, en philosophie, en grammaire et en chronologie, directeur de la bibliothèque d’Alexandrie, il est surtout connu par son « crible » une méthode pour trouver les nombres premiers et par l’invention d’un instrument de calcul, le « mésolabe ».

[4] Historien et théologien arabe (838-923) il passa l’essentiel de sa vie à Baghdâd et fut ensuite professeur de droit et de Hadith. Il écrivit une histoire universelle de la Création jusqu’à 915. Sa deuxième grande œuvre est son commentaire du Coran.

[5] Prêtre zoroastrien.

Casapound, une terrible beauté est née!

Chronique de livre: Casapound, une terrible beauté est née!

Ex: http://zentropa.info/

casapoud italia.jpg

bkcpi.jpg« Casapound, une terrible beauté est née ! » est le premier ouvrage paru aux Editions du Rubicon, les éditions du réseau MAS. Il s’agit de la traduction du livre d’Adriano Scianca, responsable culturel de Casapound, parue en Italie sous le titre « Reprendersi Tutto » que nous pouvons traduire par « Tout se réapproprier ». En environ 360 pages, l’ouvrage tend à développer 40 concepts qui font Casapound, le désormais célèbre mouvement néo-fasciste italien qui tient son nom de l’immeuble imposant occupé depuis de longues années au 8 de la Via Napoléone III à quelques pas de la gare centrale de Termini, à Rome.

L’ouvrage débute dans son édition française par une préface de Gabriele Adinolfi, qu’on ne présente plus. L’introduction de l’ouvrage est de Flavio Nardi, également animateur culturel au sein de CPI et la conclusion de Gianluca Iannone, responsable de CPI et chanteur du groupe de rock ZetaZeroAlfa. L’édition française est agrémentée d’un cahier couleur de 24 pages qui permet de pénétrer un peu l’ambiance du mouvement : esthétique, manifestations, affrontements avec les adversaires politiques, rôle central de la jeunesse, culture, slogans, etc… Nous trouvons également une photo de quelques militants du MAS devant la Casapound Latina.

Le livre permet par l’intermédiaire des 40 concepts d’aborder des thèmes variés comme l’histoire du fascisme, la genèse de CPI, les principes et les valeurs, le rôle central de l’esthétique et de la culture et in fine l’esprit du mouvement. Bien que nous soyons partisan de la philosophie selon laquelle dans un mouvement, il faut soit tout prendre, soit ne rien prendre, il n’est pas pour autant contre-productif de voir dans ce livre des pistes de réflexions.

Quelques figures ressortent clairement de l’ouvrage : Ezra Pound, Filipo Tommaso Marinetti, Gabriele d’Annunzio, Friedrich Nietzsche, Julius Evola. A travers ces cinq personnalités nous trouvons une philosophie centrale à l’ouvrage : l’action et la volonté. Adriano Scianca tire clairement une ligne dans l’ouvrage entre les partisans de l’action, forcément révolutionnaire, et les partisans de la réaction, qui ne le sont pas. Que ce soit à travers des mouvements artistiques (futurisme), à travers des épopées révolutionnaires (la prise de Fiume) ou par la philosophie de la construction du « surhomme » et de l’élévation de soi (Nietzsche, Evola), l’auteur est clair sur les intentions du mouvement : agir, aller de l’avant, aller là où on ne nous attend pas, donner le rythme et en somme tout reprendre. Cette volonté d’aller de l’avant correspond au concept « d’estremocentroalto », qui fait l’objet d’un Manifeste, définit dans l’ouvrage et qui se résume ainsi « Putain, à partir de maintenant nous allons faire ce que nous voulons ! » (p.99). Ainsi que l’écrit l’auteur « Estremocentroalto, c’est cela. En finir d’écouter les autres, ceux qui font la révolution au bar, mettre fin à la confusion, à l’aliénation, à la scission. Commencer à faire ce qu’il nous plaît, en en prenant la responsabilité. Estremocentroalto c’est une manière de se revendiquer d’une communauté en marche et libérée du lest pour avancer plus vite. » (p.99)

Cette vitalité possède elle-même sa propre philosophie, certainement un peu « abrupte » pour nos contemporains. L’auteur s’y penche dans les chapitres « Mort » et « Vie ». Nous comprenons rapidement de quoi il est question. Un homme ne doit pas vivre pour vivre mais vivre pour exploiter au maximum ses capacités. Ainsi la construction d’un homme meilleur va de paire avec la constitution d’un ordre nouveau. La vie va de paire avec le sourire et la joie qui reviennent régulièrement dans l’ouvrage. Comme le dit Adriano Scianca, « le sourire est solaire ». L’auteur est à ce titre sans pitié avec ce qu’on appelle les « prolife » à qui il reproche d’être des mouvements défensifs. C'est-à-dire, réactionnaires. "L'Estremocentroalto a beaucoup d'ennemis avec un seul nom: Réaction." (p.333), ou encore: «  […]la logique créative a laissé la place à une logique défensive. Qu’y a-t-il de moins vital, en effet, que les nombreux mouvements prolife, constitués de visages creux et exsangues d’enfants de chœur en service actif permanent ? La vie est une explosion, non une valeur ! »(p.345). Adriano Scianca ne fait ici qu’écrire ce que nous sommes nombreux à avoir constaté, les mouvements de défense de la vie ou de la famille « traditionnelle », sont souvent des mouvements bourgeois et réactionnaires. Adriano Scianca n’hésite pas à égratigner au passage la dite « famille traditionnelle » qu’il qualifie de « bourgeoise et individualiste » (p.346). Ce qui se dégage ici c’est une vision très différente des rapports sociaux. La famille bourgeoise ne crée rien, elle reproduit. Or quel est le sens profond de la philosophie du livre ? Action et volonté, donc créer, fonder et « donner vie » (p.345).

marmoro.gif

Le chapitre « Marbre » est surement un des plus intéressants du livre, car il explique concrètement le fruit de cette action : fonder. Ce chapitre mêle un certain nombre d’éléments tout à fait pertinents : la nécessité de délimiter l’espace, le rapport au sacré (les lecteurs avisés pourront surement établir un lien avec l’œuvre de Mircea Eliade), la capacité pour les hommes de modeler leur environnement (assécher un marais, par exemple) et bien sur des considérations esthétiques, puisque CASAPOVND s’affiche en lettres de marbre sur le fronton du bâtiment romain et aussi, d’une certaine manière, la ville nouvelle fondée va se donner à voir aux hommes par son style architectural qui est au cœur de ce qui permet d’identifier une civilisation. Car ne nous y trompons pas, Adriano Scianca sait pour quel objectif lutte CPI : fonder une civilisation. Rien de moins. Ainsi le chapitre débute par cet échange :

« Qu’est-ce que l’italianité ? »
« L’italianité c’est le marbre qui l’emporte sur le marécage. »

Cet échange nous renvoie aussi à la question de l’identité, perçue par Adriano Scianca comme étant en perpétuelle évolution. La fondation est au cœur de l’identité définie par l’auteur. Ainsi Adriano Scianca oppose le mythe de la fondation de Rome, où Romulus va délimiter l’espace et tuer son frère qui transgresse la limite avec la légende de Caïn et Abel. Voila ce qu’en dit Adriano Scianca : « Caïn est enraciné, actif et construit son monde. Abel est déraciné et n’a aucune intention de s’affirmer dans une dimension historique et humaine, qu’il estime profane et insignifiante » et lorsque Caïn tue son frère « La punition de YHVH n’est pas choisie au hasard puisque Caïn, le paysan lié à la terre, devra cheminer sur la route de l’exil et devenir nomade ». (p.226) Voila comment Adriano Scianca trace une nouvelle fois un profond sillon, entre une pensée héritée des mythes antiques européens, basés sur la divinisation de la terre, de la cité, la métaphysique de l’action, l’esprit d’aventure, de création et de conquête, et la pensée de l’Ancien testament qui condamnerait la capacité de l’homme à créer et à agir, puisque seul YHVH est créateur, et qui fait de toute les figures créatives, actives, vitalistes et enracinées, des figures lucifériennes. On peut voir un lien ici entre Lucifer et Prométhée. L’identité développée par l’auteur se base donc sur des principes, une philosophie et non simplement sur du patrimoine ou des héritages. L’auteur critique la vision d’une identité-musée. « […] pour un mouvement identitaire d’inspiration fasciste, donc toujours existentialiste et jamais essentialiste, l’identité n’est pas un simple fait tenu pour acquis dont il suffirait d’affirmer tautologiquement la présence ! Au contraire ! L’affirmation identitaire surgit précisément dans le but de conquérir un objectif, de dépasser une résistance, d’accomplir un parcours et d’affirmer une vision de soi. » (p. 186). L’histoire de l’Europe et des européens est une perpétuelle refondation. Les européens de demain doivent concevoir l’identité comme un ensemble de ce qui fut, de ce qui est et de ce qu’ils feront. Adriano Scianca ne brosse pas ici une vision défensive et résistante de l’identité contre des menaces dont il faudrait se défendre, mais il exhorte à une vision volontariste de l’identité. Ainsi page 188 nous pouvons lire que « La nation n’existe jamais et il faut sans cesse la créer ». Cette phrase, qui peut paraître anodine est en réalité lourde de sens. De même que la phrase d’Oswald Spengler qui conclue le chapitre Identité : « Celui qui parle trop de race n’en a aucune. Ce qui compte ce n’est pas la pureté mais la vigueur raciale qu’un peuple possède. » (p.189). Une nouvelle fois, Adriano Scianca dessine une limite entre ceux qui ont un esprit défensif et ceux qui ont un esprit de conquête. Par la suite, le chapitre Tradition est l’occasion d’aborder assez longuement Julius Evola et de mettre ici aussi un coup de pied dans les conceptions attentistes. L’auteur cite en introduction du chapitre Gianluca Iannone à ce sujet : « Julius Evola ? […] « l’un de ces intellectuels lus et diffusés principalement comme clé expérimentale, surtout pour justifier l’immobilisme d’une partie du milieu. En vérité, Evola a été autre chose qu’un gourou qui, sur un fauteuil à roulettes et dans une semi obscurité, prêchait la formation du Moi aristocratique en attendant la grande guerre ». (p.312) Evola doit donc fournir non pas les armes intellectuelles d’un immobilisme aristocratique mais être lu comme une clé de compréhension de la Tradition et de ce qui nous amène à lutter. Lutter pour quoi ? Pour fonder un empire ? Pour créer une nouvelle civilisation. Ainsi s’exprime Julius Evola : « On peut se demander ce qui, au fond, distingue l’idéal impérial de celui religieux. En général, on peut dire ceci : le premier se fonde sur une expérience immanente, l’autre sur une expérience dualiste de l’esprit. Quand on ne conçoit pas de hiatus entre esprit et réalité, ni qu’on ne cherche le premier hors du second (Mon royaume n’est pas de ce monde…), la manifestation spirituelle est aussi celle d’une puissance qui vainc, subjugue et ordonne la réalité. L’inséparabilité de l’idée de puissance et de l’idée de spiritualité est le pivot de l’idéal impérial et guerrier. » (pp.207-208). Nous sommes donc des « sentinelles impériales » (p.206), et portons notre empire en nous, dans n’importe quelle situation, même quand le contexte nous est hostile. Rien ne peut se fonder sans l’esprit de lutte. Car il est toujours question de lutte. La lutte, c’est la vie. Puisque chaque jour où le soleil se lève, nous devons au minimum lutter contre la faim et la soif. Ce qui n’est pas la vie, en revanche, c’est l’usure et le chapitre en question l’explique bien : « L’art, la maison, le travail : voici trois victimes de l’usure. Avec l’usure meurt la beauté, la dimension la plus profonde et la plus haute de la vie. La maison meurt, l’âtre, le terrain solide sur lequel se base toute existence réellement humaine. Enfin, le travail se meurt, qui ne donne plus de fruits, qui dépérit, qui devient stérile. » (pp. 328-329).

ep.jpg

Face à ce monde gris et décharné engendré par l’usure, Casapound oppose le style, l’explosivité, l’imaginaire. Car une chose est certaine, et le mouvement est critiqué pour ça, Casapound pourrait de l’extérieur passer pour un mouvement festif. Ce qui est à l’origine de Casapound peut laisser songeur au premier abord. Ce ne sont ni des prêches enflammés d’un tribun populiste, ni les manifestations contre les ennemis de la nation, ni les milliers d’autocollants venant s’écraser sur nos poteaux comme une vague s’éclate sur une digue, rien de tout ça n’est vraiment à l’origine de Casapound, à l’origine il y’a un bar, le Cutty Sark et un groupe de rock, ZetaZeroAlfa. Casapound, qui ne portait pas alors ce nom là il y’a 15 ans, est d’abord un mouvement culturel devenu un mouvement social puis un mouvement politique. D’abord il y’a la communauté, soudée autour des soirées du Cutty Sark et des concerts de ZZA, une communauté capable d’occuper des bâtiments pour loger des familles romaines. Une communauté vivante qui grâce à la culture et à son action sociale agrège peu à peu les jeunes italiens, pour devenir le mouvement que nous connaissons. Gianluca Iannone n’hésite pas à rappeler la genèse du mouvement en conclusion du livre : « Nous sommes encore surpris de voir comment, autour d’un groupe de rock, s’est construit un mouvement national qui agit dans tous les domaines de la vie quotidienne du pays, qu’il s‘agisse du sport, de la solidarité, de la culture ou de la politique. » Un pied de nez aux critiques du « gramscisme de droite » et à tous ceux qui n’envisagent la politique que sous l’angle du sérieux. D’ailleurs le chapitre Art est clair : « Pour la première fois un mouvement naît spontanément métapolitique, à savoir entièrement libéré des références aux partis et aux stratégies politiques. »(p.52). L’auteur de poursuivre : « […] on connaît l’intuition de Walter Benjamin, qui opposait l’esthétisation de la politique futuro-fasciste à la politisation de l’art communiste. ». Casapound Italia est assurément un mouvement esthétique, une esthétique qui parle à la jeunesse. Casapound Italia c’est aujourd’hui la jeunesse, celle qui fréquente les bars, les concerts, les ateliers de tatouages, les clubs de sport, les universités, au premier abord, la même que la nôtre, sauf que… cette jeunesse qui vit à fond peut devenir une redoutable machine politique capable de se mobiliser pour le logement, pour les travailleurs, pour la défense d’un monument, pour l’université populaire, l’école publique, pour le don du sang, une jeunesse capable de venir aux victimes d’un tremblement de terre et de lutter contre le vampirisme des banques. Derrière les t-shirts de hardcore, les pantalons à carreaux ou les piercings dans le nez se cachent de véritables  « légions impériales » (p.206) à l’assaut du futur. Idée que nous trouvons dans le préambule du chapitre Jeunesse : « A l’époque de la précarité et des castes de vieux oligarques, alors que toute boussole et toute latitude semblent perdues, le Blocco en appelle au rassemblement des jeunes en leur disant qu’il est possible, si on le veut, de redevenir les protagonistes de l’Histoire. Qu’il est possible, par la volonté et le sacrifice de reprendre en main son destin, de tout se réapproprier. » (p.167).  Massés derrière la tortue fléchée du mouvement ou derrière l’éclair cerclé du Blocco Studentesco, dont Adriano Scianca donne la signification dans le chapitre Symbolique, ils veulent conquérir l’avenir et crient « Giovinezza al potere ! », la jeunesse au pouvoir.

gap.jpg

Le chapitre Style poursuit et complète naturellement le chapitre Art. Contrairement à la vision américaine du « staïle », le style décrit par Casapound est dynamique et vertical. Adriano Scianca va même jusqu’à dire « Faire une chose précisément d’une certaine manière, parce que c’est ainsi que les choses doivent être faites et non d’une manière quelconque, parce que la forme est le plus essentiel. » (p.306) Cela peut évoquer les débats qui ont court chez les sportifs comme « gagner avec la manière », car ce qui compte ce n’est pas seulement de gagner, c’est d’avoir proposé un beau jeu. D’avoir fait honneur à son sport, de ne pas l’avoir dénaturé. Il en va de même ici pour l’action politique. Elle prend son sens avec les formes et grâce aux formes. « Il faut faire de la vie une œuvre d’art » peut-on lire page 308. L’auteur rappelle d’ailleurs l’étymologie du terme qui viendrait soit de « stylus », petit scalpel qui servait à écrire et donc à tracer et à donner du sens, ou alors du grec « stylos », la colonne. Le style c’est « l’homme vertical », la droiture : « Sens de la droiture, du dos bien droit, de l’homme vertical. La construction d’une figure saine, solaire, bien droite comme un menhir, comme un sceptre royal, comme une épée : voila l’objectif d’une anthropo-technique positive, activée et stylée ». (p.309). Ainsi Casapound a développée une esthétique propre et nombreux sont les militants et sympathisants italiens et étrangers qui adhèrent en premier lieu à l’esthétique Casapound.

IMG_1027.jpg

Le livre d’Adriano Scianca est également riche en réflexions diverses sur des thèmes aussi variés que l’amour, l’espoir, l’antifascisme, le fascisme, l’anarchie, les Juifs, l’honneur, la guerre, la violence, l’histoire, les différences, et bien sûr les femmes, si importantes pour la société et dont le mouvement défend le « temps d’être mère » (tempo di essere madri) mais n’enferme pas seulement dans la maternité. Ces thèmes peuvent faire l’objet d’un chapitre ou se retrouver de façon transversale. Les chapitres politiques auront surtout le mérite de rétablir quelques vérités historiques sur l’histoire du fascisme et sur la praxis fasciste quant aux religions. Si l’auteur est assez clair dans son rejet du « judéo-christianisme », il n’en demeure pas moins qu’il reconnaît la possibilité aux croyants de trouver une place dans la société moyennant l’abandon de certaines ambitions politiques. Ainsi le sionisme autant que la puissance de l’Eglise sont critiqués. Cela tranche clairement avec le nationalisme français, dans lequel l’élément catholique est souvent apparu comme un ferment d’unité. Il n’en est rien de l’autre côté des Alpes, car l’unité territoriale, politique, tout comme la mise en place d’une mystique propre furent freinée par l’Eglise, autant chez les catholiques conservateurs que chez les « catho-communistes » comme les appelle Scianca. On retrouve en filigrane l’opposition séculaire entre l’Empire et l’Eglise.

La lecture de ce livre n’a fait que me conforter dans mes impressions sur Casapound, bien que, comme je l’indiquais en préambule, certains passages pourraient être débattus ou critiqués. Il n’en demeure pas moins que derrière le décorum, Casapound est une entité vivante dotée d’une pensée propre. Et si nous pouvons appréhender le mouvement de l’extérieur, il convient d’en cerner les dynamiques internes. Ce livre peut y aider. Il doit aussi être une base sérieuse de réflexion pour nous tous sur ce que doit être le militantisme du IIIe millénaire. Il sera aussi une révélation pour certains, sur ce qu’ils sont ou ne sont pas. Objet militant, support intellectuel, source d’imaginaire ou retour au réel, ce livre doit aussi être une invitation au voyage pour palper, même timidement, cet organisme vivant et essayer de comprendre ce qui se cache derrière les apparences. Que Gabriele Adinolfi se rassure, en France aussi nous sommes nombreux à être des romantiques, à nous retrouver dans l’esthétisation de la politique et à rejeter les bigoteries diverses.

Pour le mot de la fin, nous pouvons le laisser à Gianluca Iannone :

« Parce que, lorsque tu donnes tout, tu possèdes tout.
Parce que ce que tu ne possèdes pas encore, tu te le réappropries. » (p. 363)

En deux mots : Tout reprendre !

Jean

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

 

00:05 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : casa pound, italie, rome | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Zuerst - Oktober 2012

Aktuelle Ausgabe

Aktuelle Ausgabe

Aus dem Inhalt
(Ausgabe Oktober 2012):

Titelgeschichte:
Heilige Kuh
Skandale, Rechtsbruch, inszenierter Terror: Vieles spricht dafür, den Verfassungsschutz endlich ersatzlos abzuschaffen. Doch das wird nicht geschehen

„Unterdrückung der Opposition“
Der Politologe und Historiker Prof. Dr. Michael Vogt im ZUERST!-Gespräch über den Verfassungsschutz

Deutschland:
Asyl im Wunderland
Der Zustrom vor allem von Zigeunern vom Balkan in die Bundesrepublik Deutschland reißt nicht ab

Streß in Sachsen
Klüngel, Zwist und Eitelkeiten: In der sächsischen CDU hängt der Haussegen schief – trotz des gemeinsamen „Kampfes gegen rechts“

„Multikulti-Gefahrenpotential“
Manfred Rouhs von der rechtspopulistischen Bürgerbewegung Pro Deutschland will den umstrittenen Mohammed-Film vorführen. ZUERST! hat ihm auf den Zahn gefühlt

Rot-grüne Familienpläne
Berlin: In der bundesdeutschen Hauptstadt buhlt man um homosexuelle Pflegeeltern

Österreich:
One-Man-Show
Wie der 80jährige Unternehmer Frank Stronach politisch in Wien Fuß fassen will

International:
Ressourcenkämpfe
Im Streit um die Senkaku-Inseln zwischen Japan, China und Taiwan ist es zum ersten Mal zur Gewaltanwendung gekommen

Wirtschaft:
Paragraphenreiter der Apokalypse
„Compliance“: Wie deutsche Unternehmen von US-Kanzleien drangsaliert werden

Geschichte:
Tod in Frankfurt
Linksgewalt: Vor 25 Jahren wurden während der Proteste gegen die Startbahn West zwei Polizisten ermordet

Kultur:
Unsterblicher der Sprache
Geehrt, verachtet und mit dem Literaturnobelpreis ausgezeichnet: Gerhart Hauptmann gilt bis heute als Gigant unter den Literaten

Gesellschaft:
Frauchen-TV
Wie die letzten Feministinnen die Realität ausblenden und auf Schmusekurs gehen

Der Schlesier
ZUERST! traf Fabian Rimbach von der Schlesischen Jugend in Breslau

00:05 Publié dans Revue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : revue, allemagne | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Bolland, Verviers en Wichman

Bolland, Verviers en Wichman

Ex: http://cruycevanbourgonje.wordpress.com/

VERVIERS.jpgWil men een geboortejaar voor de conservatieve revolutie in Nederland vaststellen, dan kan men niet anders dan het jaar 1921 noemen, waarin twee grote persoonlijkheden op de voorgrond traden: Prof. Bolland en Emile Verviers (foto). Verviers wendde zich in 1921 met een open brief tot H.M. de Koningin, waarin o.a. werd aangedrongen op de vorming van een nationaal kabinet. De sympathiebetuigingen, die hij naar aanleiding van deze open brief uit het gehele·land ontving, waren voor Dr. Verviers aanleiding om over te gaan tot de oprichting van het tijdschrift “Katholieke Staatkunde”, later veranderd in “Opbouwende Staatkunde”, waarin hij gelegenheid vond zijn ideëen nader uiteen te zetten. Tot het einde van het jaar 1924 is dit blad regelmatig verschenen; daarna werd de uitgave plotseling stopgezet. Van zijn hand verscheen o.a. een studie over “De kentering in het materialistisch denken” (Oisterwijk 1927). Dr. Verviers doceerde economische politiek aan de Universiteit te Leiden. Hoewel het “Genootschap voor Opbouwende Staatkunde”, waarin o.m. priester Wouter Lutkie een belangrijke rol vervulde, formeel bleef voortbestaan, gold het tijdschrift Opbouwende Staatkunde als te zijn opgenomen in het orgaan van het Verbond voor, Actualisten, De Vaderlander, dat in de zomer van 1924 verscheen. De ware reden voor de opheffing van het tijdschrift en de daaraan voorafgegane naamsverandering, was de zware druk, die van de zijde van de kerkelijke overheid op Dr. Verviers werd uitgeoefend. Eerst tien jaar later verscheen hij weer in de openbaarheid, nu als hoofdredacteur van het maandblad Nieuw Nederland, dat zich aankondigde als een onafhankelijk orgaan ter bestudering en bevordering van de nieuwe gedachte. Daaraan werd toegevoegd dat de Nationaal Socialistische Beweging in Nederland met belangstelling kennis nam van de vrije uitingen der medewerkers, om zich op den duur het beste daaruit tot het hare te maken. Dr. Verviers open de het eerste nummer (Juni 1934) met een artikel. getiteld “Orde”, eindigend met de woorden: “Laten wij, nu alles onder onze voeten wegzinkt, elkaar in de aangegeven geest eendrachtig de hand reiken tot nationale wederopstanding van ons volk. En er groeie een herboren, een Nieuw Nederland, uit de wijsheid en het sterk geloof van onze mannen, uit de toewijding en de liefde van onze vrouwen, uit de moed en de fierheid van onze jongelingschap, uit de schone en scheppende hope van onze jonge meisjes. Hou Zee!” In de loop van de tweede jaargang (1935) trad hij – andermaal als gevolg van de druk, die op hem uitgeoefend werd – als hoofdredacteur af; otn door Dr. R. van Genechten en E. J. Roskam te worden opgevolgd. Dr. Verviers trad daarna niet meer op de voorgrond.

Geheel los van het initiatief van Dr. Verviers stond de bekende rede van Prof. Bolland, “Tekenen des Tijds”, uitgesproken op 28 September 1921 ter gelegenheid van de opening der colleges aan de Leidse Universiteit en herhaald te Amsterdam, Den Haag en Rotterdam; deze rede verscheen bij de uitgeverij Adriani te Leiden in druk, terwijl in 1940 bij de uitgeverij Versluys te Amsterdam een fotografische herdruk verscheen. Hierin werd o.a. gezegd: “Hegel heeft eens de vraag afgewezen, of monarchie dan wel democratie beter was. En op zichzelve, dat is als eenzijdigheden, zijn zij dan ook beide verkeerd, wat ik U verzoek als mijn oordeel te bedenken, in geval gij straks in verzoeking mocht komen om te wanen, dat ik onvoorwaardelijk voorstander ben van de monarchie. Een partijganger van vorstelijke willekeur ben ik nooit geweest en ben ik ook nu niet. Maar ik besef. dat bijvoorbeeld in Duitsland de vorsten middelpunten zijn geweest van organische samenwerking, en de mogendheden, die tegen het hart van Europa, hun eigen hart. hadden samengespannen, hebben in 1918 geweten wat zij eisten, toen zij aftreding der vorsten eisten. Zij wilden Duitsland zwakker zien. Sedert dien is Duitsland gedesorganiseerd en zijn ongeluk zal het ongeluk blijken ook van zijn overwinnaars. Wijzelf zijn met onze vermolmde, oppervlakkige en verkankerde beschaving sedert 1918 vooruitgegaan naar beneden, naar ontwrichting en staatsbankroet, naar ontreddering en ontbinding, natuurlijk ten gevolge van het zogenaamde volksgezinde, in werkelijkheid gewetenloze drijven der communisten, socialisten en overige democraten, maar voorgegaan ook, ja voortgestuwd en voortgedreven, door de verdwaasde regering zelf, een zogenaamd rechts ministerie, dat ten believe der op geldelijk voordeel azende medestanders en democratisch veeleisende tegenstanders een voorbeeldeloze geldverkwisting en revolutionaire wetten op zijn geweten heeft, wetten en maatregelen, die ten verderve leiden”. Deze rede droeg overigens ook een sterk anti-semietisch karakter.

In zijn hoofdwerk “Zuivere Rede en Hare Werkelijkheid” heeft Prof. Bolland zijn politieke philosophie neergelegd, speciaal in de hoofdstukken “De geest der samenleving”, “Het maatschappelijke vraagstuk”, “Boek der Spreuken” en “Nieuwe Spreuken”, waarin hij een vernietigend oordeel uitsprak over de democratie: “Democraten zijn ezeldrijvers, die om de ezel te regeren, des ezels achterdeel vereren”. Indien in het Nederland van deze tijd een Mussolini was opgestaan, zou Bolland hier zonder enige twijfel de rol van Gentile in Italië, als wijsgerige grondlegger van het fascisme, hebben vervuld. De rode gemeenteraad van Amsterdam weigerde dan ook enkele jaren geleden een straat naar deze “fascistische voorman” te noemen. De invloed, die Bolland met zijn werken op een groot deel van de Nederlandse intellectuelen heeft uitgeoefend, is zeer zeker groot geweest. Hoewel de meest uiteenlopende stromingen zich op Hegel kunnen beroepen, tot het Marxisme toe, heeft men toch niet zonder reden de Neo-Hegelianen in Nederland en vele vertegenwoordigers van andere wijsgerige scholen, die de invloed van Hegel hebben ondergaan, wei crypto-fascisten genoemd, voorzover zij al geen volbloed fascisten of nationaal-socialisten waren. Een fervent tegenstander als Prof. Telders mag onder de “rechtse” Hegelianen bijna als een uitzondering op de regel worden beschouwd. Van de vele Hegelianen, die medewerken aan de talloze nationaal-socialistische en fascistische periodieken, die in de nu volgende jaren het licht zien, mogen hier genoemd worden: Prof. Dr. T. Goedewaagen, Prof. J. Hessing, Ir. B. Wigersma, maar ook Dr. Van Lunteren, Ir. Staargaard en J. Flentge. Men begreep in deze kring, dat een politieke stroming niet alleen op een gevoelsmatig beleden “mythe”. maar ook op een min of meer wijsgerige wereldbeschouwing dient te berusten; alle publicaties in een tijdschrift als “De Waag” en van de zogenaamde “Waagkringen” tonen duidelijk deze strekking. Zo hebben dan de Neo-Hegelianen in hoge mate tot een ideologische fundering van de conservatieve revolutie in Nederland bijgedragen. Maar reeds enkele jaren voor deze intellectuele beweging in Nederland groeide, was hier een “man van de daad” opgetreden, die de eerste conservatief-revolutionaire volksbeweging in het leven riep. Het was de uitzonderlijke en natuurlijk veel omstreden figuur van Erich Wichman (foto), die in 1918 de groep der Rebelse Patriotten formeerde.

wichman.jpgZijn brochures (o.a. “Lenin stinkt” en “Hieronymus de Momper”) waren revolutionair van stijl; hij schreef niet alleen een pamflet tegen het Belgische verdrag, maar joeg ook met een pistool in de hand – geassisteerd door een veldwachter met getrokken sabel – een groep Belgische demonstranten in zeeuws-Vlaanderen op de vlucht. Zijn geschriften en zijn actief optreden, o.a. op de verjaardag van Prinses Juliana, toen Wichman de VARA-microfoon stuksloeg, waarvoor Teun de Klepperman een schimprede zou houden, en als gevolg daarvan een vechtpartij met de socialist Meyer Sluizer, waarbij hij een paar gebroken ribben opliep, bezorgden Wichman een grote populariteit . Hij was ook de eerste die een bezem als symbool gebruikte, een voorbeeld dat druk navolging gevonden heeft. De vele kunstenaars onder zijn volgelingen – ook Wichman zelf was schilder – kregen bij de acties van “De Anderen”, zoals Wichman en de zijnen zich veelal noemden, gelegenheid genoeg hun artistieke neigingen bot te vieren: straten en muren en verkiezingsborden van tegenstanders werden met de meest pakkende leuzen voorzien.

Een van zijn volgelingen, Dr. H. Bruch, beschrijft in “Dietbrand” (jrg. 1, nr. 3, Dec. 1933) zijn optreden in de volgende jaren als volgt: “Als wij een voorgeschiedenis van de volkse beweging in Noord-Nederland zouden willen schrijven, dan zouden wij zeker de Rapaljepartij moeten noemen. Er was in Nederland toen kiesdwang ingevoerd, omdat in een democratische staat iedereen verstand van kiezen schijnt te hebben, zelfs als hij het kennelijk niet wil. Anarchisten en anderen ( “De Anderen”, gelijk ze zich noemden) dreven deze beweging, maar eigenlijk was Wichman de drijvende kracht. Een “partij” was er niet, maar de democraten schrokken geweldig en maakten na het succes een noodwetje, waardoor herhaling onmogelijk werd. Toen als nu was de democratie verdraagzaam voor zichzelf, maar onverdraagzaam jegens “de anderen”. In Amsterdam werd in 1921 bij de gemeenteraadsverkiezingen een tweemanslijst ingediend met aan het hoofd een bekend straattype, bijgenaamd Had-je-me-maar. Het christelijk-historische dagblad stilde honend voor, de nieuwe partij Rapalje-partij te noemen, waarop het antwoord was: gelijk jullie zelf eens de scheldnaam Geuzen tot een erenaam maakten, zo aanvaarden wij nu deze naam als een erenaam. Onder de weinigen die begrepen dat er iets meer aan de hand was dan een doodgewoon relletje, was Bolland, die in zijn rede “De Tekenen des Tijds” opmerkte: “De veertienduizend inwoners van Amsterdam, die bij de gemeenteraadsverkiezingen van dit jaar (1921) op twee straatzwervers hebben gestemd, hebben het klassieke blijk geleverd van het plichtsgevoel allereerst, en voorts van het staatkundige in- en doorzicht, dat men in zaken van hogere gemeenschap bij de gemene man heeft aan te nemen; zij hebben duidelijk en zuiver de strekking van de democratische staatsinrichting aan het licht gebracht”. Na de verkiezing van Had-je-me-maar heeft de politie er voor gezorgd, dat hij zich terugtrok: een verklaring met een kruisje ondertekend (hoewel de man schrijven kon, maar de democratie is alleen in theorie precies in zulke ding en) of anders: opzending naar de strafkolonie Veenhuizen.

Behalve bij enkelen, ontbrak het begrip van wat er aan de Hollandse samenleving schortte zozeer, dat de “overwinning” door Wichman als een nederlaag beschouwd werd. Hij verliet het land, niet hoewel. Maar omdat hij het liefhad.”

In 1924 keert Wichman in Nederland terug, na een driejarig verblijf in Duitsland en Italië; tevoren had hij in een brief, gepubliceerd in “Opbouwende Staatkunde” (10 Jan. 1924) Dr. Verviers zijn diensten aangeboden… Hij kwam als soldaat, maar vond geen generaal. geen luitenant en zelfs geen korporaal om hem aan te voeren”. Als enkeling, samenwerkend met een paar “Anderen” zoals Sinclair de Rochemont en Dr. Labouchere, zet hij zijn strijd voort. In een brochure .. Het Fascisme in Nederland” in de serie “Pro en Contra” ( Baarn 1925) vat hij zijn streven nog eenmaal samen: “Alles is heden bedacht en berekend. Er is geen plaats meer in deze wereld voor avontuur, imprevu, elasticite, phantasie en “daemonie”. Het allerdomste verstand geldt alleen. God is “stil gaan leven”. Het is een dode tijd, een tijd zonder ziel, zonder geloof, zonder kunst, zonder liefde (haar draagster, de zeer irrationele vrouw, is tot een uiteraard minderwaardige man geworden, ja zelfs begiftigd en vergiftigd met het erbarmelijke “kiesrecht”). Dit is geen tijd meer, een overgang, wie weet waarheen? – Als alles anders wordt dan wij willen – en waarom zou het niet anders worden? – dan kan men ons weer “dwazen” noemen. Elke daad kan een dwaasheid heten, is in zekere zin een dwaasheid. En wie bang is een “dwaas” te heten, ja te zijn: wie bang is het levend deel van een levend geheel te zijn: wie niet “dienen” wij: wie ter wille van zijn kostelijke “persoonlijkheid” geen “factor” wil zijn en misschien het omgekeerde bewerken van wat hij dacht: wie schuwt een “melaatse des geestes” te worden: wie geen “stukje” kan zijn, geen blad in de wind, geen dier in nood, geen soldaat in een loopgraaf, geen man met knuppel en revolver op de Piazza del Duomo (of op de Dam); wie niets begint, als hij het einde niet ziet, wie niets doet, om geen domheid te doen die alleen is de ware ezel! Men bezit niets, wat men niet weg kan smijten, ook zichzelf en eigen leven niet. – En daarom kunnen wij nu misschien deze “Republique des Camerades”. dete stal der “mauvais bergers”, uitmesten. Ja, met geweld. ja, met “onwettige middelen”! “Door frazen is ‘t volk bedorven, ‘t zal door frazen niet genezen worden” (Multatuli). Nogmaals dan: “te wapen!”

In de Oudejaarsnacht van het jaar 1928 stierf Erich Wichman tengevolge van een longontsteking, die hij tijdens het graafwerk bij de doorbraak van de Vecht in Utrecht, waarvoor hij in een lezing op de studentensocieteit te Utrecht vrijwilligers had gevraagd, had opgelopen. De 4e Januari 1929 werd hij, gevolgd door een stoet van de meest uiteenlopende volgelingen, ter aarde besteld; zijn kist was gedekt door de Prinsevlag. De herinnering aan hem is door verschillende schrijvers (naast de reeds genoemde Dr. Bruch o.a. Dr. A. A. Haighton, George Kettmann Jr. en Prof. Dr. T. Goedewaagen; zie Voorrede Gedenkboek Amsterdamse Keurkamer) vastgehouden. In het boek “Erich Wichman tot 1920″, ingeleid door Dr. W. Vogelsang, zijn ook vele van zijn beste qrtikelen en schetsen samengevat. De bijgaande foto werd genomen na de plaatsing van een steen op zijn graf; bekende figuren zijn o.a. (van rechts naar links): Gerard Knuvelder (4), Jan Baars Sr. (6), Larsen van Neerland (7), Jan Baars (8), Alfred Haighton (9) en Dr. Laboue. Zij allen hebben het werk van Erich Wichman voortgezet – en groeperingen, waarin zij later zijn opgetreden, hebben zich dan ook op Erich Wichman als hun pionier beroepen! – enerzijds in het Verbond Actualisten en de daaruit voortgekomen groepen, anderzijds ook in minder uitgesproken politieke bewegingen, waaraan wij thans aandacht willen wijden.

wich002witt01_01_tpg.gifIn Mei 1924 herleefde de activiteit van de groep Opbouwende Staatkunde onder een nieuw bestuur. Spreekbuis van deze groep was het vanaf April 1925 verschijnende maandblad Politiek Herstel. “tijdschrift uitgegeven door een groep Katholieken ter bevordering der anti-democratische herstel-gedachte”. In het eerste nummer citeert de redactie, bestaande uit Mr. Jos. Gillissen, J. J. M. Haslinghuis, Mr. L. van Heyst, Mr. O. Baron van Howell tot Westerflier en P. de Kuyper, baar uitspraak van 1924: “Wij zouden in dit inleidingswoord niet volledig zijn, wanneer we niet wezen op de lichtpunten voor de toekomst. Ten eerste is sinds de oprichting van het tijdschrift (Opbouwende Staatkunde) reeds een belangrijk deel van het gestelde doel (een nationale. anti- democratische, ommekeer in de geesten) verwezenlijkt. We willen niet zeggen dat dit uiterlijk, formeel, door de officieële organen en personen erkend wordt, maar toch, voor degeen die wat dieper schouwt achter de schijn der dingen en der personen, zijn er talrijke onbedriegelijke tekenen in ons nationale leven, die wijzen op een (zij ‘t grotendeels halfbewuste) evolutie in onze richting. Het zaad door Verviers en Lutkie uitgestrooid, beeft wortel geschoten.” En de redactie kon daar nu aan toevoegen, dat deze ontwikkeling sindsdien nog duidelijker aan het daglicht getreden was. Duidelijk werd de hier gepropageerde Nederlandse Herstel-beweging geplaatst in het kader van een reeds lang groeiende, diep gefundeerde Europese cultuurstroming.

Las palabras talismán

APUNTES SOBRE “INGSOC”: Las palabras talismán,

por Cristina Martinez

¡Oh, pueblo lacónico y de una penetración singular! Una sola palabra te significa admiración, enojo, rabia, celos, engaño, placer, novedad, venganza, etc.. (Mariano J. de Larra)

ingsoc-big-brother-political-slogans-poster.jpgParafraseando a Unamuno, el que pretende vencer sin convencer en democracia tiene que usar estrategias que sean tan eficaces como sutiles. Por un lado, porque, en candidaturas de cuatro años, prima la urgencia de manipular el pensamiento colectivo de una manera rápida y, por otro, porque de lo que se trata es de que el pueblo no se percate de que está siendo manejado. Uno de los medios más efectivos para llevar a cabo esta empresa es la manipulación del lenguaje.

El lenguaje es la forma de comunicación más directa entre votantes y políticos, de ahí que sea un arma poderosísima para llegar a la conciencia de las gentes. Los gobernantes lo usan con dos fines muy claros: 1. someter al pueblo dolosamente y 2. hacerle creer que decide en libertad. Para ello, el tirano pone en práctica su astucia recurriendo a los denominados términos talismán, es decir, palabras que a lo largo de la historia se han cargado de un prestigio que nadie pone en duda.

Es el caso de la palabra libertad. Si ponemos atención, nos percataremos de la recurrencia del término en diversos ámbitos: discursos políticos, anuncios de televisión, proclamas reivindicativas, eslóganes, etc…   El poder de los términos talismán radica en que dotan a las palabras vecinas del mismo prestigio que ellos tienen, por contagio positivo, y, al mismo tiempo, desprestigian a las que se les oponen, por contagio negativo. Así, las palabras censura, dominio, orden, norma, deber, etc… están connotadas negativamente, mientras que las palabras cambio, progreso, democracia, autonomía, derecho, etc… estarían connotadas positivamente. Semánticamente, ni las del primer grupo son antónimos ni las del segundo son sinónimos de la palabra en cuestión, pero esto poco importa porque a los oídos de la masa unas se oponen y las otras se acoplan por adherencia.

De este modo, el manipulador sabe que cuando usa una palabra talismán, el poder de discernimiento del oyente queda anulado, o por mejor decir, obnubilado por la eficacia evocadora del término talismán. Así, ante un tema de importancia capital como puede ser el aborto, cierta ministra optó por recurrir a un vago argumento, reforzándolo con una palabra talismán, para defender una ley a la que un amplio sector de la población se oponía por motivos tanto éticos como morales: “la ley pretende dar cobertura al derecho de la mujer a decidir en libertad lo que quiere hacer con su cuerpo”. En rigor, no hizo un razonamiento convincente, pero puso en juego el esquema libertad-imposición, anulando así la capacidad crítica de los oyentes, que por no parecer contrarios al cambio y, por tanto, al progreso, otro de los términos talismán, aceptaron pasivamente el argumento.

Este tipo de esquemas dilemáticos: libertad-censura, democracia-tiranía, cambio-inmovilismo, progreso-regresión, etc… son uno de los métodos más usados por los demagogos, porque reducen la capacidad de discernimiento del hablante poco preparado intelectualmente y le obligan a elegir el término connotado positivamente de un modo automático. Así, para rebatir los argumentos que sean contrarios a su ideología o tendencia política recurren a estos términos talismán y provocan diálogos tan abstractos como este:

- Sr. Presidente ¿cómo es que usted cambia tanto de opinión?

- Disculpe pero soy progresista (término positivo, habitualmente seguido de una pausa locutiva),  y el progreso, en ocasiones, implica cambios imprescindibles.

Un demagogo nunca matiza los conceptos, como hemos podido observar, sino que los usa en función del efecto que quiere conseguir, evitando dar explicaciones precisas que pongan en peligro su imagen y su credibilidad.  Porque si se dan argumentos, es más probable que el interlocutor los pueda rebatir; pero si se habla de una manera vaga y se nubla la capacidad de raciocinio con palabras prestigiosas (como le ocurrió a la periodista ante la palabra progreso), se gana la batalla dialéctica por deslumbramiento del contrincante.

Cuando los políticos hablan de que la libertad es un derecho inalienable en democracia, no se refieren a una libertad creativa, con la que uno decide según su propio criterio ideológico y en consonancia a unos valores individuales, sino a lo que ellos quieren que entendamos por libertad. En democracia, se garantizan una serie de libertades para que la masa se relaje pensando que goza de un estado de bienestar nunca antes logrado; pero la realidad es que la voluntad colectiva es manejada a través de los medios de comunicación, la prensa y la casta política de un modo feroz y la masa acaba dejándose llevar por lo socialmente aceptado o por lo políticamente correcto sin oponer resistencia crítica.

La asociación de esos términos talismán a ciertas imágenes estereotipadas que nos presentan en anuncios publicitarios, nos ha llevado a creer que la libertad es el viento alborotando la melena de un tío que conduce una gran moto por interminables carreteras a ritmo de rock  americano: “Born to be wild”, “born to be free”; o un metrosexual de aspecto aniñado, con un torso perfecto, que camina con chulería bajo la lluvia: “break the rules”, “be free”. Sólo hace falta adquirir el producto que quieren vender para ser libre y socialmente admirado

00:05 Publié dans Littérature, Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

APUNTES SOBRE “INGSOC”: EL LENGUAJE NO SEXISTA

Ingsoc_Propaganda_Poster_by_duraluminwolf.jpg

APUNTES SOBRE “INGSOC”: EL LENGUAJE NO SEXISTA,

por Cristina Martinez 

Teniendo en cuenta la proliferación de guías de lenguaje no sexista, no queda más remedio que realizar la siguiente reflexión:

Quienes defienden el uso inclusivo del lenguaje arguyen que el género masculino es excluyente. Sin embargo, si analizamos esta afirmación detenidamente, podremos comprobar que, como tantas otras emitidas sin conocimiento suficiente, es falsa.

En la oración los niños pequeños son preciosos, se incluye tanto a las mujeres como a los varones; en cambio, la frase las niñas pequeñas son preciosas sólo puede referirse a mujeres y, por tanto, quedan excluidos los varones. Con este sencillo ejemplo, queda demostrado que el masculino es el género inclusivo y el femenino, el exclusivo. De ahí que en gramática se hable de género marcado (femenino) y género no marcado o genérico (masculino).

Dado que en español, como en otras muchas lenguas románicas, el género no marcado representa la concordancia por defecto, si, a fin de evitar la supuesta discriminación sexista implícita en el lenguaje, según esas guías, recurrimos al desdoblamiento pueden ocurrir dos cosas: o bien, pondremos en peligro la concordancia; o bien, caeremos en imposibles circunloquios que atentan contra el principio de economía lingüística.

Veamos un ejemplo. En la oración los humanos son mamíferos, que hace referencia tanto a mujeres como a hombres, si para evitar la discriminación obedecemos los principios no sexistas que tratan de imponer y recurrimos al desdoblamiento, el resultado, respetando la concordancia, debería ser el siguiente: las humanas y los humanos son mamíferas y mamíferos. Es obvio que, esta solución es impracticable, especialmente a nivel oral, además de caer en irrelevantes repeticiones que cansan al lector o al oyente.

Si se opta por concordar únicamente los artículos definidos, se cae en una incorrección gramatical, dado que en castellano los elementos átonos (los artículos) no pueden ir coordinados. Por tanto, una solución como la que sigue, tan recurrente en los medios de comunicación, es agramatical: las y los humanos son mamíferos.

Otra de las soluciones a la que se ha recurrido es el uso de símbolos, ilegibles en el lenguaje escrito e invisibles en el oral, tales como paréntesis, arrobas, etc.

Al no haber una norma sobre el asunto, no parece ni útil, ni justificado, ni mucho menos necesario recurrir a este tipo de desdoblamientos. Es necesario un criterio unificado que homogeneice los usos lingüísticos y eso, precisamente, es lo que trata de hacer la Real Academia, tan criticada a raíz del artículo de Ignacio Bosque sobre este asunto que, paradójicamente, ha recibido el apoyo de la gran mayoría de los lingüistas.

Es tal la estulticia lingüística de los que se han aventurado a escribir esas guías que confunden género con sexo deliberadamente, porque desconocen que con el género, en español, ocurre algo parecido que con el plural y el singular. Este es el genérico y engloba a aquel. Por tanto, no se excluye al resto de madres cuando se afirma, por ejemplo: Una madre nunca abandona a su hijo.

Si los abanderados del lenguaje no sexista fueran coherentes y siguieran sus propios criterios a pies juntillas, caerían en continuas aberraciones porque cualquier afirmación podría resultarles excluyente. Así, por ejemplo, una afirmación como alimente a su hijo con leche materna puede resultar discriminatoria tanto con las niñas como con el resto de bebés del mundo. Siendo consecuentes con las normas (que, curiosamente, no existen) del lenguaje no sexista, deberíamos optar por: *padres y madres alimenten a todos sus hijas e hijos con leche materna y paterna. Huelga el comentario.

El desdoblamiento sólo está justificado cuando exista ambigüedad que no pueda resolverse mediante elementos extralingüísticos o contextuales. Será totalmente aceptable, en este caso, por ejemplo: Tengo hermanos y hermanas, si el interlocutor desconoce que son varones y hembras; o en este otro: los alumnos, varones y hembras, usarán el mismo uniforme, para aclarar que tanto unos como otras vestirán igual. Excepto en estos pocos casos, el desdoblamiento resulta innecesario e injustificado.

Se ha dicho hasta la saciedad que la lengua no entiende de sexos y, por tanto, es el hablante el que discrimina. Esta es una problemática que debería tratarse desde el punto de vista social, no lingüístico, y proponer soluciones  que sean aplicables en la realidad y no falacias que lo único que proporcionan son discusiones fútiles y gastos inútiles del dinero público. Poco podemos hacer, en cuanto a lengua se refiere, si la idea de igualdad entre hombres y mujeres no es una realidad en el imaginario social. Forzar al uso de un lenguaje artificial, en vez de concienciar activamente sobre el asunto, es un disparate que no sólo atenta contra la libertad de los hablantes sino que, además, contraviene las normas gramaticales y sintácticas del español

Cuando el cambio de mentalidad respecto a este asunto se produzca, de una manera real, en la sociedad; cuando se extienda y se consolide la igualdad de sexos, se trasladará de forma natural a la lengua, sin necesidad de forzar el sistema. La realidad hay que cambiarla de raíz y no limitarse a barnizar las palabras que la reflejan, intentando sugestionar a los hablantes para crearles una suerte de sentimiento de culpa por provocar con sus palabras la discriminación femenina. Esto no es otra cosa que un burdo ejercicio de manipulación de la conciencia y un intento evidente de crear una Neolengua que refleje una realidad que no existe.

Las palabras tienen significado pero no ideología. Yo, personalmente, no voy a eludir de toda responsabilidad al hablante porque, si existe machismo en el lenguaje, es la intención del que lo usa la que lo contiene.