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mercredi, 22 novembre 2017

Robert Steuckers toespraak bij Erkenbrand 2017 "Towards a new golden age"

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Robert Steuckers toespraak bij Erkenbrand 2017 "Towards a new golden age"

Robert Steuckers spreekt over Duits idealisme en ideologische vernieuwing.
 

samedi, 18 novembre 2017

Robert Steuckers : Discours de Rotterdam, 14 octobre 2017

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Robert Steuckers :

Discours de Rotterdam, 14 octobre 2017

Retrouver un âge d’or ?

Traduction française du script néerlandais

Si nous voulons, comme le titre de ce colloque l’indique, retrouver un âge d’or, ce sera bien entendu un âge d’or en concordance avec nos véritables racines et non pas un âge d’or qui serait le produit quelconque d’une forme ou une autre d’ingénierie sociale ; ce sera donc un âge d’or qui constituera un retour à des sources vives sans être simultanément un rejet du progrès technique et/ou scientifique, surtout pas sur le plan militaire. Ce retour sera donc bel et bien de facture « archéofuturiste » où l’avenir de nos peuples sera déterminé par des valeurs éternelles et impassables qui ne contrecarreront pas l’audace technicienne. Retourner à un âge d’or signifie donc réinsuffler de la vie à des valeurs-socles qui remontent au moins à la « période axiale de l’histoire » (ou « Moment Axial ») ou, même, qui remontent à plus loin dans le temps et ont façonné l’esprit d’ancêtres plus anciens encore.

On pourra appeler l’ensemble de ces valeurs « Tradition » ou non, elles constituent de toutes les façons, le fond propre de notre civilisation. On peut poser comme vrai qu’elles ont des racines plus profondes que les pseudo-valeurs des soi-disant Lumières, trop souvent insipides et devenues perverses au fil des décennies. Et si nous considérons les « Lumières » comme le véhicule intellectuel d’un flot de perversités, nous entendons désigner ainsi, avant tout, le progressisme actuel qui fonctionne comme un instrument et qui n’a plus qu’un seul but : éradiquer les valeurs anciennes, immémoriales, et les valeurs du « Moment Axial ». L’élimination de ces valeurs nous empêche d’avoir un avenir car, tout simplement, les peuples qui n’ont plus de valeurs en eux, en leur intériorité collective, errent et s’agitent totalement désorientés et perdent leurs capacités à façonner le politique (n’ont plus de Gestaltungskraft politique).

Pour paraphraser Arthur Moeller van den Bruck, qui écrivait dans les années 1920, je dirais que le libéralisme tue les peuples au bout de quelques décennies, s’ils suivent les règles que préconise cet ensemble de dispositifs idéologiques. Aujourd’hui, avec un vocabulaire nouveau, je dirais que toute idéologie reposant sur des simplifications exagérées tout en prétendant, de cette façon, avoir les « Lumières » comme source d’inspiration, étouffe la Gestaltungskraft politique des peuples. La France, l’Angleterre, partiellement les Etats-Unis et surtout l’Allemagne occidentalisée, sont aujourd’hui les exemples les plus emblématiques d’une involution de ce type.

Les Etats-Unis et l’Allemagne ont certes connu et connaissent encore un développement technique exceptionnel, ont atteint depuis la fin du 19ème siècle un niveau très élevé de technicité et de puissance technique mais, de nos jours, les indices s’accumulent pour montrer que leurs sociétés respectives vivent un déclin total et très préoccupant. En Allemagne, cette involution va de pair avec l’application systématique d’une stratégie bien précise, celle de la Vergangenheitsbewältigung, sorte de réécriture du passé où celui-ci est toujours décrit et considéré comme la source du mal absolu. Et cela ne vaut pas seulement pour le passé national-socialiste. Ce processus constant d’autodénigrement joue lourdement sur l’estime de soi nationale et induit une acceptation totale de toutes les pratiques politiques et sociales permettant de saborder définitivement la société. La politique d’accueil des réfugiés, qu’a imposée Madame Merkel peut être considérée comme le point culminant de cette pratique perverse de négation de soi. Une pratique que les pays du Groupe de Visegrad ne sont pas prêts d’accepter sans discuter.

En France, on observe un démantèlement graduel de l’Etat fort, jadis vénéré par des générations de Français, depuis Bodin, Louis XIV et Colbert. Un Etat fort que De Gaulle voulait maintenir. Eric Zemmour a esquissé récemment et avec brio une histoire du « suicide français ». Ce suicide a partiellement été induit par un livre du début des années 1980, lequel a joué un rôle particulièrement perfide dans l’émergence d’une Vergangenheitsbewältigung spécifiquement française. Ce livre a pour titre L’idéologie française et est issu de la plume du célèbre Bernard-Henri Lévy. Dans ce livre, tous les courants politiques non libéraux et non sociaux-démocrates sont estampillés « fascistes », y compris certains aspects importants du paléo-communisme français, du gaullisme en général et même du personnalisme chrétien d’un idéologue pusillanime comme Emmanuel Mounier. Dans ce livre de Lévy nous découvrons tous les instruments de ce qu’un politologue néerlandais, spécialiste des questions françaises, Luk de Middelaar, a appelé avec justesse le « politicide ».

Dans l’Allemagne d’après-guerre, les « Lumières » (Aufklärung) ont été posées comme le courant philosophique qui devait immuniser les Allemands et, dans la foulée, tous les autres Européens contre le mal politique en soi. Jürgen Habermas deviendra ainsi le théoricien par excellence de ces nouvelles Lumières ouest-allemandes qui devaient définitivement effacer les legs d’un mauvais passé.

Cependant, la vulgate des Lumières assénées par Habermas et traduites dans la pratique et le quotidien par une nuée de journalistes et de feuilletonistes zélés n’est jamais, finalement, qu’une vision tronquée des Lumières pour qui a réellement étudié l’histoire culturelle du 18ème siècle en Allemagne et en Europe. Le monde du 18ème et, a fortiori, celui que nous avons devant nous aujourd’hui, n’est pas aussi simpliste que le sieur Habermas et ses séides veulent bien l’admettre. Le « politiquement correct » fonctionne donc sur base d’une interprétation bâclée et bricolée de l’histoire des Lumières, lesquelles sont davantage plurielles.

Les Lumières, selon les adeptes de l’Ecole de Francfort et selon les fans de son élève modèle Habermas, sont certes un héritage plus ou moins légitime du 18ème siècle. Les Lumières, dans leur ensemble, ont cependant connu d’autres avatars, bien différents et bien plus féconds. Les Lumières d’aujourd’hui, politiquement correctes, ne sont finalement qu’une mauvaise combinaison de « blueprints » pour reprendre une expression de l’Anglais Edmund Burke lorsqu’il décrivait les dérives sanglantes de la révolution française. Burke n’est pourtant pas un obscurantiste ni l’adepte d’une scolastique vermoulue. Il critique la révolution française parce qu’elle articule une interprétation fausse des droits de l’homme. Il y a donc d’autres manières d’interpréter les droits de l’homme, surtout parce que l’Ancien Régime n’était pas un désert juridique et parce que les communautés concrètes y bénéficiaient de droits bien profilés.

Plus tard, dans les marges celtiques du Royaume-Uni, surtout dans la future République d’Irlande, émerge une interprétation particulière des droits de l’homme qui vise à offrir aux citoyens des droits, bien évidemment, sans nier l’esprit émancipateur des Lumières en général, mais sans pour autant renier les racines celtiques de la culture populaire. Dès lors, il s’agissait aussi de dégager les droits concrets des citoyens de tous les idéologèmes éradicateurs qui avaient vicié les Lumières et leur interprétation officielle dans notre Europe contemporaine. Après la seconde guerre mondiale, des juristes et des ministres irlandais ont fait condamner la République française en suivant tout à la fois les règles de l’ONU concernant les droits de l’homme et leurs propres réflexes panceltiques parce que Paris avait fait assassiner ou condamner des militants bretons. Ceux-ci avaient trouvé chez les Irlandais les avocats internationaux qu’il fallait. Remarquons au passage que le ministre McBride, qui fut l’un de ces avocats, est devenu ultérieurement le Président d’Amnesty International et Prix Nobel en 1974. La République qui, selon Lévy, est un système représentant la « rectitude politique » de la manière la plus emblématique, a donc été condamnée, dans les années 50, pour avoir foulé les droits de l’homme aux pieds !

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Les Lumières selon Johann Gottfried Herder

Ensuite, puisque le thème de ce colloque est de baliser le retour éventuel à un nouvel âge d’or, il nous faut impérativement évoquer un fait historique, philosophique et littéraire que l’on a eu tendance à oublier ici en Europe continentale : les Lumières ne sont pas seulement celles que veut imposer Lévy car il y a aussi celles de Johann Gottfried Herder qui opère aujourd’hui un discret mais significatif retour dans les colonnes des meilleurs sites conservateurs ou « altright » dans le monde anglo-saxon.

Selon Herder, l’homme qui incarne les Lumières allemandes du 18ème siècle, nous devons toujours et partout respecter deux principes, en faire nos fils d’Ariane : « Sapere Aude » (« Ose savoir ! ») et « Gnôthi seauton » (« Connais-toi toi-même »). Il ne peut y avoir de Lumières émancipatrices selon ce pasteur évangélique, venu de Riga en Lettonie actuelle, si l’on ne respecte pas ces deux principes. Si un mouvement politique et/ou philosophique, prétendant dériver des Lumières, n’accepte pas que l’on puisse, sans crainte, oser penser au-delà des lieux communs, qui tiennent le pouvoir et mènent les sociétés vers une dangereuse stagnation, alors les « Lumières » qu’il prétend incarner, ne sont pas de vraies et efficaces « Lumières » mais une panoplie d’instruments pour imposer une tyrannie. Un peuple doit donc se connaître, recourir sans cesse aux sources les plus anciennes de sa culture, pour être vraiment libre. Il n’existe pas de liberté s’il n’y a plus de mémoire. Travailler au réveil d’une mémoire endormie signifie dès lors poser le premier jalon vers la reconquête de la liberté et aussi, finalement, de la capacité à agir de manière libre et utile sur la scène internationale. Herder nous demande donc de retrouver les racines les plus anciennes et les plus vives de notre culture sans manifester une volonté perverse de vouloir les éradiquer.

Un âge d’or ne reviendra dans les sociétés européennes que si  -et seulement si-  les institutions politiques des « Lumières » fausses et superficielles, dont s’inspirent l’idéologie dominante et la « rectitude politique », seront remplacées par d’autres, inspirées cette fois de nouvelles et puissantes Lumières, telles que Herder les a théorisées. Heidegger ne dira pas autre chose même s’il a utilisé un autre langage, plus philosophique, plus ardu. Pour le philosophe de la Forêt Noire et du Pays Souabe, la civilisation européenne était victime de la « chienlit de la métaphysique occidentale », une chienlit qui devait être éliminée pour qu’une aurore nouvelle puisse se lever. Le vocabulaire utilisé par Heidegger est extrêmement compliqué pour le citoyen lambda. Un professeur américain de philosophie, Matthew B. Crawford, esquisse d’une manière brève et concise l’intention de Heidegger, dont il est l’un des disciples : pour ce Crawford, de la « Virginia University », la « métaphysique occidentale » que fustigeait le philosophe allemand est tout simplement le fatras dérivé des pseudo-Lumières telles qu’elles avaient été formulées par Locke et ses disciples, donc le fatras des pseudo-Lumières françaises et anglaises, parce que celles-ci ne veulent plus avoir aucun contact avec les réalités triviales de notre monde quotidien. Mieux : elles refusent toute approche du concret, posé comme indigne de l’attention du philosophe et de l’honnête homme. Il existe donc, à ce niveau-ci de ma démonstration aujourd’hui, deux courants des Lumières : le courant organique de Herder et le courant abstrait des autres, qui nient la réalité telle qu’elle est et nient aussi le passé réel des peuples.

Crawford revient au concret

Dans cette perspective, Crawford constate que toute société qui persiste à stagner dans un appareil idéologique dérivé de cette interprétation dominante et officielle des Lumières du 18ème, se condamne au déclin et se précipite vers une mort certaine. C’est la raison pour laquelle Crawford a décidé d’abandonner sa chaire et d’ouvrir un atelier de réparation de motos Harley Davidson pour pouvoir humer l’odeur bien réelle du cambouis, de l’essence et du cuir, pour pouvoir écouter la musique des outils heurtant le métal de manière rythmée. Nous avons là une bien singulière option pour un professeur de philosophie cherchant à retourner au concret. Soit. Mais son geste est significatif : en effet, il signifie, sur les plans politique, économique et social, que nous devons rejeter résolument l’« étrangéité au monde » du système actuel dans toutes ses facettes. C’est effectivement cela, et rien que cela, qui constitue notre tâche principale. Cela veut dire qu’il faut se battre pour sauver le concret. C’était aussi l’intention de Heidegger dans tous les aspects de son immense œuvre philosophique.

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Cela ne signifie pas pour autant qu’il faille s’enthousiasmer pour un nouveau système totalitaire qu’il conviendrait de promouvoir avec une rage militante, ce qui fut peut-être le fait de Heidegger pendant un moment fiévreux, mais finalement très bref de sa trajectoire. Mais cela signifie à coup sûr une volonté ferme et bien établie de sauver et de défendre la liberté de nos concitoyens et de nos peuples contre un système qui est en train de devenir une véritable camisole de force. Outre Heidegger, qui était resté en Allemagne, il y avait dans le petit monde des philosophes reconnus un autre personnage important pour notre propos : son ancienne étudiante et maîtresse Hannah Arendt qui, dans sa nouvelle patrie américaine, n’a cessé de plaidé pour la liberté contre ce qu’elle appelait la banalité destructrice de nos sociétés libérales d’Occident et des sociétés du monde soviétisé. En effet, après la chute du communisme en Russie et en Europe orientale, les « Lumières » selon Habermas et ses disciples ont été imposées partout sans concurrence aucune, ce qui a eu pour conséquence une réduction absolue des libertés citoyennes dans presque tous les Etats d’Europe occidentale, tout simplement parce que, selon cette idéologie de pure fabrication et dépourvue de toute organicité, rien ne PEUT plus exister qui offrait jadis une épine dorsale à toutes nos sociétés. Au nom d’une notion de liberté qui est purement abstraite, étrangère à tout monde historique concret, les racines des sociétés européennes sont niées et détruites, ce qui achève de ruiner l’équation féconde entre liberté et identité.

Les Lumières des despotes éclairés

Il me paraît bon de rappeler, ici, qu’il existait au 18ème siècle d’autres Lumières encore, des troisièmes Lumières, en l’occurrence les Lumières des despotes éclairés qui ont modernisé leurs pays ou empires respectifs dans tous les domaines pratiques sans nullement annihiler les valeurs traditionnelles de leurs peuples. Pour les « despotes éclairés » comme Frédéric II de Prusse, Marie-Thérèse ou Joseph II d’Autriche, Catherine II de toutes les Russies ou Charles III d’Espagne, les Lumières sont un dispositif politique, idéologique et culturel permettant la modernisation technique des espaces politiques placés sous leur souveraineté. Il s’agit alors de construire des routes et des canaux, de lancer un urbanisme nouveau, de se doter d’un corps d’ingénieurs compétents au sein de leurs armées, etc. La toute première fonction d’un Etat, dans cette optique, est effectivement de se donner les moyens de procéder à de tels travaux et de maintenir les armées toujours prêtes à mener des opérations en cas d’urgence ou d’Ernstfall, selon l’adage latin, si vis pacem, para bellum.

L’évocation de ces Lumières-là nous ramène à notre époque : tous, dans cette salle, vous êtes bien conscients que la moindre tentative, fût-elle la plus innocente ou la plus inoffensive, de défendre notre identité sera considérée comme un crime par les chiens de garde du monde médiatique, avec, en corollaire, le risque d’être houspillé dans la géhenne des « bruns » ou des « rouges-bruns » ou des « populistes ». Nos contemporains sont toutefois bien moins conscients d’un autre danger mortel : le démantèlement systématique des branches les plus importantes de nos industries, partout en Europe, par le truchement d’un principe particulièrement pervers de l’idéologie néolibérale, celui de la délocalisation. Il faut savoir, en effet, que ce néolibéralisme est l’avatar le plus démentiel des Lumières dominantes, celles qui se placent aujourd’hui dans le sillage de Habermas. Délocaliser, cela signifie justement ruiner l’héritage des despotes éclairés qui ont donné à l’Europe son épine dorsale technique et matérielle. C’est aussi nier et ruiner l’œuvre pragmatique d’un ingénieur et économiste génial du 19ème siècle, Frédéric List (dont les principes de gestion de l’appareil technique, industriel et infrastructurel de tout Etat ne sont plus appliqués que par les Chinois, ce qui explique le formidable succès de Beijing aujourd’hui). De Gaulle, qui avait lu Clausewitz quand il était un jeune officier prisonnier des Allemands à Ingolstadt pendant la première guerre mondiale, était un adepte de ces deux penseurs pragmatiques de Prusse. Il a essayé, dans les années 60 du 20ème siècle, d’appliquer leurs principes de gestion en France. Et c’est justement cette France-là, ou les atouts de cette France-là, que l’on a démantelé petit à petit, selon Zemmour, dès l’accession de Pompidou au pouvoir : la vente, toute récente, de l’entreprise de haute technologie Alstom par Macron à des consortiums américains, allemands ou italiens sanctionne la fin du processus de détricotage industriel de la France. Celle-ci est désormais dépouillée, ne peut plus affirmer qu’elle est véritablement une grande puissance. De Gaulle doit se tourner et se retourner dans sa tombe, dans le petit village de Colombey-les-Deux-Eglises, où il s’était retiré.

Les fausses Lumières qui tiennent aujourd’hui le haut du pavé exigent donc, avec une rage têtue, deux victimes sacrificielles : d’une part, l’identité comme héritage spirituel, qui doit être totalement éradiquée et, d’autre part, la structure économique et industrielle de nos pays, qu’ils soient grandes puissances ou petites entités, qui doit être définitivement détruite. Cette idéologie est donc dangereuse en tous domaines du réel et devrait être effacée de nos horizons le plus vite possible. Et définitivement. Ce que les Américains appellent les « liberal democracies » risquent donc tôt ou tard de périr de la mort lente et peu glorieuse des cancéreux ou des patients atteints de la maladie d’Alzheimer, tandis que les « illiberal democracies » à la Poutine ou à la Orban, ou à la mode polonaise, ou à la façon chinoise et confucéenne finiront par avoir le dessus et par connaître un développement harmonieux sur les plans social et économique. L’amnésie totale et le désarmement total que les Lumières à la Locke exigent de nous, ne nous garantissent qu’un seul sort : celui de crever lentement dans la honte, la pauvreté et la déchéance.

Le remède est donc simple et se résume en un mot magique, « archéofuturisme », naguère inventé par Guillaume Faye. Cela veut dire fédérer les atouts existants, issus des sources mentales de notre humanité européenne, celles que Herder nous demandait d’honorer, issus des idées clausewitziennes quant à l’organisation d’un Etat efficace, issus des principes économiques visant la création d’infrastructures comme le préconisait List.

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Crawford, le professeur devenu garagiste, dresse une liste plus exhaustive encore des dangers que recèle les Lumières anglaises de Locke. Cette version des Lumières a induit dans nos mentalités une attitude hostile au réel, hostile aux legs de l’histoire, ce que Heidegger nommera, plus tard, selon Crawford, la « métaphysique occidentale ». Aux yeux de ce philosophe allemand, qui oeuvrait retiré dans son chalet de Todtnauberg, cette métaphysique implique un rejet de toute réalité organique, un rejet de la vie tout court, au profit d’abstractions sèches et infécondes qui conduisent le monde, les sociétés et les Etats, qui ont préalablement cru à un rythme organique et ont graduellement oublié ou refoulé cette saine croyance, à une implosion inéluctable et à une mort assurée.

La question des droits de l’homme

Dans les cercles dits de « nouvelle droite », la critique des « Lumières » dominantes, dans une première étape, a pris la forme d’une critique de la nouvelle idéologie des droits de l’homme, née sous la présidence de Jimmy Carter à partir de 1976 afin de déployer une critique dissolvante du système soviétique, de troubler les relations avec l’URSS, de ruiner les ressorts de la « coexistence pacifique » et de torpiller la bonne organisation des Jeux Olympiques de Moscou. La nouvelle diplomatie des droits de l’homme, qui a émergé suite à ce discours, a été considérée, à juste titre, comme un déni de la diplomatie classique et de la Realpolitik de Kissinger. Pour promouvoir cette nouvelle idéologie dans les relations internationales, une véritable offensive métapolitique a eu lieu avec mobilisation de toutes les ressources du soft power américain, très expérimenté en ce domaine. Dans les officines des services secrets, on a alors forgé des instruments nouveaux, adaptés à chaque contexte national : en France, et pour l’environnement francophone, l’instrument s’est appelé la « nouvelle philosophie », avec des figures de proue comme Bernard-Henri Lévy et André Glucksmann. A partir de la fin des années 70, les idées grossièrement bricolées de Lévy ont toujours correspondu aux objectifs géopolitiques des Etats-Unis, jusqu’à la mort atroce du Colonel Khadafi en Libye, jusqu’au soutien qu’il apporte aujourd’hui aux Kurdes en Syrie et en Irak.

Face à ce formidable appareil relevant du soft power, la « nouvelle droite » avait peu de chance d’être réellement entendue. Et les arguments de ses porte-paroles, bien que justes en règle générale, étaient assez faibles sur le plan philosophique, presque aussi faibles, dirais-je aujourd’hui, que ceux de Lévy lui-même. La situation s’est modifiée depuis quelques années : l’idéologie bricolée des droits de l’homme et de la nouvelle diplomatie (au niveau international), qui en est un corollaire, ont conduit à une longue série de catastrophes belligènes et sanglantes. Elles sont soumises désormais à une critique pointue, au départ de tous les cénacles idéologiques. Deux professeurs de Bruxelles, issus pourtant de l’ULB, très à gauche, Justine Lacroix et Jean-Yves Pranchère, ont eu le mérite de rouvrir et de résumer le vieux dossier des droits de l’homme. L’idéologie des droits de l’homme a toujours été utilisée pour détruire et les institutions héritées du passé et les droits et libertés concrets, comme l’avait d’ailleurs constaté Burke immédiatement après leur proclamation au début de la révolution française. Burke était certes une figure du conservatisme britannique. Mais, plus tard, cette idéologie a également été critiquée par des figures du camp des gauches ou du camp libéral. Jeremy Bentham et Auguste Comte la considéraient comme un obstacle à l’« utilité sociale ». Marx estimait qu’elle était le noyau de l’idéologie bourgeoise et constituait donc un obstacle, cette fois contre l’émancipation des masses. Aujourd’hui, cependant, nous pourrions parfaitement critiquer cette idéologie des droits de l’homme en disant qu’elle est à la fois l’instrument efficace d’une grande puissance extérieure à l’Europe et l’instrument d’une subversion généralisée qui entend détruire aussi bien les institutions héritées du passé que les droits traditionnels des peuples. Pourtant, force est de constater que cette idéologie n’a plus aucune utilité sociale car, en tablant sur elle et sur ses éventuelles ressources, on ne peut plus résoudre aucun problème majeur de nos sociétés ; bien au contraire, en la conservant comme idole intangible, on ne cesse de créer et d’accumuler problèmes anciens et nouveaux. Devant ce constat, toutes les critiques formulées jadis et maintenant à l’encontre des dits « droits de l’homme » s’avèrent utiles pour former un vaste front contre les pesanteurs écrasantes du « politiquement correct ». La première étape, dans la formation de ce front, étant la volonté de remettre le droit (les droits), les sociétés et les économies dans leur cadres naturels, organiques et historiques, de les re-contextualiser.

Résultat : un déficit récurrent d’attention

tuercke.jpgPour Crawford, les Lumières dominantes et tous leurs avatars, dans ce qu’ils ont d’éminemment subversif, surtout dans la version « lockienne » qu’il critique tout particulièrement, conduisent à toutes les pathologies sociales et politiques que nous observons aujourd’hui, surtout dans le chef des enfants et des adolescents, notamment la perte de « cette antique capacité à être toujours attentifs à tout », ce que certains pédagogues allemands actuels, comme Christian Türcke (photo), appellent l’ « Aufmerksamkeitsdefizitkultur » (la « culture du déficit d’attention »). Nos jeunes contemporains sont donc les dernières victimes d’un long processus qui a connu ses débuts il y a deux ou trois siècles. Mais nous assistons aussi à la fin de ce processus subversif et « involutif » qui nous a menés à un « Kali Youga ». La mythologie indienne nous enseigne bel et bien qu’après ce « Kali Youga », un nouvel âge d’or commencera.

Dans les temps très sombres qui précèderont ce nouvel âge d’or, donc dans les temps que nous vivons maintenant, la première tâche de ceux qui, comme nous, sont conscients de notre déchéance, est de redevenir « hyper-attentifs » et de le rester. Si les Lumières anglo-saxonnes introduites jadis par Locke, si ce que Heidegger appelait la « métaphysique occidentale » nous décrivent le monde concret comme une malédiction qui ne mérite pas l’attention du philosophe ou de l’intellectuel, si cette version-là des Lumières voit la réalité comme un fatras misérable de choses sans valeur aucune, si l’idéologie des « droits de l’homme » considère que l’histoire et les réalisations de nos ancêtres sont dépourvues de valeur ou sont mêmes « criminelles », les Lumières, telles qu’elles ont été envisagées par Herder, bien au contraire, veulent l’inverse diamétral de cette posture. Les Lumières populaires, folcistes et organiques de Herder veulent justement promouvoir une attention constante à l’endroit des racines et des sources, de l’histoire, de la littérature et des traditions de nos peuples. Les véritables objectifs politiques et stratégiques, qu’ont déployé les « despotes éclairés » et les adeptes des théories pratiques de Friedrich List dans leurs Etats respectifs, exigent de tous responsables politiques une attention constante aux réalités physiques des pays qu’ils organisent, afin d’en exploiter les ressources naturelles ou afin de les façonner (« gestalten ») de manière telle qu’elles deviennent utiles aux peuples qui vivent sur leurs territoires. Revenir à un âge d’or signifie donc rejeter résolument toutes les idéologies qui ont détruit les « capacités d’attention » des générations successives jusqu’à la catastrophe anthropologique que nous vivons actuellement.

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Kairos

Si la volonté de concentrer à nouveau toutes les attentions sur la concrétude, qui nous entoure et nous englobe, sera un processus de longue durée, sortir de l’impasse et ré-inaugurer un éventuel âge d’or nécessite de saisir le moment kaïrologique, le moment du petit dieu Kairos. De quoi s’agit-il ? Kairos est le dieu grec des temps forts, des moments exceptionnels, tandis que Chronos est le dieu du temps banal, du temps que l’on peut mesurer, de la chronologie pesante et sans relief, de ce que Heidegger nommait la « quotidienneté » (l’Alltäglichkeit). L’écrivain néerlandaise Joke Hermsen a publié un livre capital sur Kairos et le temps kaïrologique, il y a trois ans. Le temps fort, que symbolisme le mythe de Kairos, est, politiquement parlant, le temps de la décision (Entscheidung) chez Heidegger, Jünger et Schmitt, le temps où, subitement, des hommes décidés osent l’histoire. Kairos est donc le dieu du « bon moment », lorsque des figures charismatiques, des éveilleurs de peuple (Mabire) chanceux se saisissent soudainement du destin (Schicksal). Les Grecs de l’antiquité représentaient Kairos comme un dieu jeune, la tête surmontée d’une petite touffe de cheveux au niveau du front. Le dompteur du destin est celui qui parvient à se saisir de cette touffe, tâche difficile que peu réussissent. Se saisir du destin, ou des cheveux de Kairos, n’est pas une tâche que l’on parachève en calculant posément, en planifiant minutieusement, trop lentement, mais quand elle s’accomplit, avec une flamboyante soudaineté, naissent des temps nouveaux, un nouvel âge d’or peut commencer. Car, de fait, amorcer de nouveaux commencements (Anfänge) est bien le destin des hommes authentiques selon Heidegger et Arendt.

Peut-être qu’en cette salle se trouve quelqu’un qui, un jour, saisira les cheveux de Kairos. C’est ce que j’ai voulu expliquer, ici, aujourd’hui.

Je vous remercie pour votre attention.

lundi, 06 novembre 2017

Erkenbrand Conference 2017: 'Towards a New Golden Age'

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Erkenbrand Conference 2017: 'Towards a New Golden Age'

Guillaume Durocher

 
Monsieur Durocher reminds us that nationalism is not merely a description of emotive attachment to our countryof birth, but also an innate sense of belonging. Family, community, and history figure hugely in love for one's homeland, and because these inner sentiments are generated within our very being, we only have to introspect to be reconnected with them. Conversely, when we are surrounded by stimuli not generated by our own culture, these ties can be lost temporarily, and possibly even permanently.
 
erkenbrand@protonmail.com
 
Erkenbrand Conference 2017:
Towards a New Golden Age
Guillaume Durocher
Robert Steuckers
Millennial Woes
Jared Taylor

Millennial Woes

 
World-renowned video blogger Millennial Woes lends The London Forum a measure of his tremendous popularity. In a dramatic, but factual appraisal of current trends, MW gives an enthralling vision of possible future scenarios. Along with scientific advancement, there will undoubtedly be great changes in social conditions across the globe, and movement of peoples necessitated by these changes. Demographic upheavals will be difficult or impossible to predict, especially with the fluctuating state of global economics. But survive we will, having faced equally insurmountable problems throughout western European history.
 
 

Robert Steuckers

 
Multi-lingual Robert Steuckers, author and presenter, articulates his view of a pan-European nationalism to a receptive audience at the Erkenbrand Conference 2017. His observations of everyday life blend intellectual foresight with worldly practicality, a unique mix that, he posits, will translate into a positive new age. In his book 'The European Enterprise' (Geopolitical Essays), he refers to the historical maturity requisite for genuine cultural development within and outside Europe.
 
erkenbrand@protonmail.com
 
 
 

Jared Taylor

 
A standing ovation follows this speech by American Renaissance Chairman Jared Taylor. With consummate skill, he sharply outlines the crisis facing the white race on four continents. He argues that we need to spread the truth in simple terms that a dwindling minority that has achieved so much must be accorded its place in the history of the world. Mr Taylor explains that there are forces that are working against us, yet we must succeed in a very serious fight for our culture, our heritage and our very right to exist. And he does so with warmth and good humour. This speech was actually the closing finalé of the Erkenbrand Conference 2017. There are three other speeches from this very successful yearly event that have some slight audio glitches that need to be removed with editing software: They will be uploaded once the audio files are fixed.
 
erkenbrand@protonmail.com
 

dimanche, 03 septembre 2017

Studiegenootschap Erkenbrand Conference 2017- Towards a New Golden Age

Studiegenootschap Erkenbrand Conference 2017

Towards a New Golden Age

On 14 October 2017, Studiegenootschap Erkenbrand will host its second annual conference. Speakers will be Jared Taylor, Millennial Woes, Robert Steuckers and Guillaume Durocher.
 
For tickets, visit: www.erkenbrand.nl/tickets

dimanche, 20 août 2017

Erkenbrand: Naar een nieuwe gouden eeuw

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The Netherlands in the Napoleonic Wars

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The Netherlands in the Napoleonic Wars

Ex: http://madmonarchist.blogspot.com
 
At the time of the outbreak of the French Revolution, The Netherlands was still a republic, albeit a very business-minded republic with a prince, usually, holding the place of honor in government. This was the United Provinces, as they were often called, though some still referred to the area as the Spanish Netherlands to differentiate the lands from Belgium which was known as the Austrian Netherlands. Both areas were to see rebellions and upheavals and their destinies would prove to be intertwined. In the Austrian Netherlands, Catholics and leftist republicans joined forced in opposition to Emperor Joseph II to proclaim the independence of the “United States of Belgium” which was eventually suppressed by Emperor Leopold II. The trouble brewing in Belgium, where Catholic opposition to the Emperor brought about a common cause with the dissident, revolutionary sect, was the primary reason why Joseph II was probably the most anti-American and pro-British monarch on the continent during the American War for Independence as he feared the precedent this would set for his Belgian subjects.

In the United Provinces, there had long been a tension, periodically breaking out into violence, between the republican faction and the royalist faction (or ‘Orange party’) of Dutch politics with the republicans wanting to keep the country a republic and, indeed, make it even more republican while the Orange party wanted to empower the Prince of Orange and make him king. The American War for Independence also highlighted this division as the Prince of Orange, Willem V, favored the British while the republican government favored the American patriots and ultimately succeeded in bringing the Dutch republic into the war against Britain alongside the American rebels (though the Dutch did not benefit by it). As in Belgium, the Dutch republicans seem to have been inspired by the American example as illustrated by how they began calling themselves the Patriot party in opposition to the Orange party. They became even bolder until finally clashes broke out between the Patriots and the Dutch army which tended to be loyal to the Prince of Orange. The situation became so serious that it took an armed intervention by King Friedrich Wilhelm II of Prussia to see the Dutch patriots cleared out.

Prince Willem V was thus in control but only by the grace of Prussian bayonets when the French Revolution began to come to a boil and, given recent events, he was well aware of the danger of such ideology spreading. In 1792 the French declared war on Austria and prepared to invade Belgium where they expected popular support. The Prince of Orange, not being in the strongest position, held back. However, 1793 saw the regicide of King Louis XVI of France and every royal in Europe was instantly made aware of how serious this situation was. On February 1, the United Provinces, led by Prince Willem V, declared war on the French Republic, joining the “War of the First Coalition”. There was, originally, some success when an Austrian-Dutch army led by the Prince of Coburg defeated the French under General Charles Dummouriez at the Battle of Neerwinden on March 18 in Belgium, however the Prince of Orange and his Dutch troops were defeated at Menin on September 3 and another Austro-Dutch army was defeated by the French at the Battle of Wattignies in October. The Austrians on their own, as well as the British and their German comrades did no better in the face of the mass conscript armies of France.

1794 saw the last of the coalition forces driven from Belgium and the country was annexed to the French Republic and would remain so for quite some time. That same year, French forces under General Charles Pichegru invaded the Netherlands along with a contingent of anti-Orange Dutch patriots led by General Herman Willem Daendels in a surprise attack during the harsh winter. Local republican revolutionaries rose up in support of the invaders, making things even more difficult. Whereas, in the past, the French had been traditional enemies of the Dutch, the French had made themselves the most acceptable allies for Dutch, Protestant, republicans by embracing republicanism and tearing down the Catholic Church as well the monarchy. The French republicans declared that they had come to “liberate” the Netherlands and in 1795 declared the country the Batavian Republic. Defeated from without and betrayed from within, Prince Willem V was forced to go into exile in England. The new French-backed Batavian Republic was declared a “sister republic” of France, one of many such puppet-republics the French established in the wake of their armies.
 

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However, not everyone felt “liberated” by this turn of events. The behavior of the French republicans won them few friends outside the already ideologically committed and the French also annexed Flanders, Maastricht, Venlo and part of Walcheren with Flushing to France. The British, however, still had a good intelligence service operating in the area and took notice of the growing Dutch discontent with their so-called liberators and in 1799, as part of the War of the Second Coalition, launched a joint invasion of the Batavian Republic along with an Imperial Russian Army force. The British were led by the “Grand Old” Duke of York and the Russians by General Johann H. von Fersen. They were met by a Franco-Batavian (Dutch) force of about equal size but, after initial success, in battles lasting from August to November, the Anglo-Russian army was ultimately forced to retreat, leaving the Netherlands once again to the First French Republic and their local collaborators. The House of Orange had not been mere spectators to these events as the Hereditary Prince of Orange, later Willem VI, participated in the campaign alongside the British and Russians. In fact, he was instrumental in the seizure of a naval squadron known as the “Vlieter Incident” with the ships ultimately being sold to the Royal Navy.

The Prince of Orange also wrote a series of letters in 1795 known as the “Kew Letters” while in exile, instructing the governors of the Dutch colonies overseas to resist the French and cooperate with the British, in his capacity as Captain-General of the Dutch armed forces, in the hope of keeping these territories from being controlled by the Batavian Republic. Malacca, Amboina and West Sumatra (in the Dutch East Indies) did so and surrendered to the British without opposition. Cochin, or Dutch Malabar in India, on the other hand, required some “persuasion” from the Royal Artillery but, in the end, the Dutch holdings in India and Ceylon were captured by the British. Also in 1795 the British sent an expedition to seize control of the Dutch Cape Colony at the bottom of Africa. The local Dutch forces offered determined resistance but were finally compelled to surrender on September 15. Later, the British would hand the cape over to the Batavian Republic as part of a peace agreement and so another expedition would have to take it back again. When the Napoleonic Wars finally ended, the British would give back the Dutch colonies they seized, but not all of them, keeping some, such as the Cape colony, for themselves as it was a highly prized strategic chokepoint, controlling access to and from the Indian Ocean and south Atlantic.

Meanwhile, in 1803, Jan Rudiger Schimmelpenninck was elected President of the Batavian Republic but things began to change thanks to the grander aspirations of one Napoleon Bonaparte. After succeeding in making himself “Emperor of the French”, the client republics that France had set in neighboring countries suddenly received an upgrade to become client monarchies. In 1806 the Batavian Republic, at the behest of its French masters, became the Kingdom of Holland and the Emperor Napoleon awarded the new Dutch kingdom to his brother Louis (originally Luigi) who became King Ludwig I of Holland (or to be more precise, Lodewijk I). This led to a rather unusual situation as the new King Ludwig proved to be quite popular with his new Dutch subjects. Unlike, for instance, Napoleon’s older brother who became King of Spain, many Dutch people embraced their new monarch or, at least, did not dislike or oppose him. To his credit, Ludwig I took his new position seriously and tried to be a good king. That, however, ultimately led to trouble with his brother. King Ludwig I was supposed to be little more than a puppet but he was a puppet who tried to pull his own strings and when Dutch and French interests conflicted, Napoleon expected French interests to prevail. However, his brother actually stood up for Dutch interests which caused Napoleon no small amount of frustration (and at a time when he had much to be frustrated about).

Louis_Napoleon.jpgThis tension between the two Bonaparte brothers was exacerbated by the effort of the Emperor Napoleon to defeat Britain by means of economic strangulation. He instituted the Continental System which forbid France and all countries controlled by or allied with France from trading with the British which, as it turned out, proved more ruinous for the continent than it did for Britain and particularly for The Netherlands which had a heavily trade-based economy. Needless to say, smuggling soon reached epidemic proportions because of this and Napoleon was so desperate to stamp it out that in 1810 he simply annexed the Kingdom of Holland and it was absorbed into the French Empire. The former King Ludwig I, by then none too popular with his brother, fled into exile in the Austrian Empire and remained there for the rest of his life. So it was that, until 1813, the Dutch, willingly or not, mostly fought alongside the French under Napoleon. For some, this did not seem all that unnatural given the long history of Anglo-Dutch rivalry and warfare.

Because of this situation, there were prominent Dutch military men on both sides of the conflict. General Jan Willem Janssens had fought against the British at the Cape Colony and Java, was made Secretary-General for War for the Kingdom of Holland by Louis Bonaparte and then, after annexation, fought for Napoleon under Ney in the War of the Sixth Coalition. He would later serve as War Minister for the Kingdom of the United Netherlands in the last campaign against Napoleon. General David Hendrik Chasse, regarded by many as the best Dutch soldier of the period, was from the Patriot party and commanded the Dutch brigade that fought for Napoleon in Spain for which exploits he was elevated to baron. He carried on in French service after the annexation but remained bitter about it though he won decorations and promotions for outstanding service, even being credited with saving the French army at the Battle of Maya. For his offensive spirit and fierce attacks, Napoleon nicknamed him, “General Bayonet”. He too though would later fight against Napoleon as commander of the Third Netherlands Division during the Waterloo campaign. Later still, he would defend Antwerp during the Belgian Revolution.

One soldier of the Dutch army who fought against the French revolutionaries as well as Napoleon the whole way was not actually Dutch but a Swiss professional soldier; Jean Victor de Constant Rebecque. He first came to France as part of the Swiss Guard protecting the King. He survived the massacre of his regiment during the Revolution and from there was employed by the Dutch, serving in the regiment of Prince Frederick. When the French conquered the United Provinces, he served with the British and later the Prussians before returning to the British along with the Prince of Orange during the Peninsular War under the Duke of Wellington. After the downfall of Napoleon, according to a previous agreement by the major allied powers, the former United Provinces as well as Belgium were to be united into one country with the Prince of Orange as its monarch. This would be the Kingdom of the United Netherlands which would officially come into being in 1815, combining the Seven Provinces, Belgium and Nassau, though Nassau would later be traded for Luxembourg. This was because the allies wanted a strong monarchy as a buffer between the French and the Germans. Rebecque was instrumental in organizing the Dutch-Belgian army and would serve as Quartermaster-General and chief aid to the Prince of Orange (commander of the Allied I Corps) in the Waterloo campaign.

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Prince Willem V of Orange was long since gone by then, having died in exile in Germany in 1806 (in fact, his body was only reburied in The Netherlands in the 1950’s). He was succeeded by his son Prince Willem VI of Orange, however, in 1813 he had, with the downturn of fortune for Napoleon, returned to the Netherlands and received quite a warm welcome, almost everyone by that time having turned against the French. In 1815, with the support of the allies, he proclaimed himself King Willem I of the United Netherlands, also becoming, in due course, Grand Duke of Luxembourg. His son and heir was the Prince of Orange who would fight on more than one battlefield as chief deputy to the Duke of Wellington with his old military tutor Rebecque as his ‘right hand man’. Unfortunately, the military reputation of the Dutch, particularly as it concerns the Waterloo campaign, has suffered considerably and quite unjustly at the hands of their British allies, both in accounts from participants, post-war historians and even television filmmakers.

Probably because so many had fought with the French, the British may not have been inclined to trust the Dutch too much and, in addition, there was the already mentioned long history of Anglo-Dutch rivalry in trade, colonial expansion and naval supremacy. Whatever the cause, the British quite unfairly ridiculed and derided the Dutch participation in the Waterloo campaign. More recently, historians have done serious research, not simply repeating what others wrote before them and have found that the standard British version of events was not true, indeed, in some cases was shown to be impossible. The truth is that the Dutch-Belgian army played a critical part in the final campaign against Napoleon. Indeed, if Rebecque had not countermanded an order from Wellington so that the Dutch-Belgian troops stayed and fought at the crossroads of Quatre Bras, the British would not have been able to occupy the choice position that Wellington had picked out to do battle at Waterloo. The Prince of Orange himself, has often been portrayed in a grossly exaggerated way as being totally incompetent. This is also not true. Though the Prince of Orange certainly made some mistakes, they were not due to incompetence but simply to his lack of experience.
 

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As it happened, the troops with the orange cockades acquitted themselves well and, again, if the Dutch forces had not held off the French for as long as they did at Quatre Bras, the subsequent defeat of Napoleon at Waterloo might never have happened. However, it did and so King Willem I was secure on his throne, achieving what almost all the Princes of Orange before him had dreamed of since the winning of Dutch independence. As things were established, he was also pretty much an absolute monarch, though that situation would not survive him. The French Revolution and Napoleonic Wars could be seen as the fire in which the modern Kingdom of the Netherlands was forged. At the beginning of the era, they were a republic, the Seven Provinces which was often called the United Provinces but which were far from united. Crippled by the feuds between the orange and patriot parties, the country was an easy victim of the revolutionary French. However, they endured and finally fought their way back, emerging as a strong and, mostly, united kingdom. Belgium and Luxembourg was part from them in time but for the Netherlands itself, the Napoleonic Wars were a pivotal moment in history. The Dutch had gone in as a republic but emerged as a monarchy.

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vendredi, 18 août 2017

Les iconoclastes, de Cromwell à Daech - Conférence de Robert Steuckers à Lille

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Les iconoclastes, de Cromwell à Daech

Conférence de Robert Steuckers à Lille

L’équipe d’E&R Lille recevait Robert Steuckers le 21 janvier 2017 pour une conférence intitulée « Les iconoclastes, de Cromwell à Daech ».



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mercredi, 10 mai 2017

L’histoire de Neutral-Moresnet

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Matthias Hellner :

C’était le plus petit pays du monde, il y a cent ans

L’histoire de Neutral-Moresnet

Après les guerres napoléoniennes et les bouleversements que l’Empereur des Français avait imposés à l’Europe, les vainqueurs ont décidé de refaire la carte du continent. Au Congrès de Vienne, les territoires d’Europe furent redistribués : de nouvelles frontières furent tracées, tout en tenant compte d’une nécessité, celle d’assurer un équilibre entre les puissances. Dans la foulée de ce travail de réorganisation continentale, une curiosité est sortie des cogitations des diplomates : ce fut la naissance du plus petit pays du monde et de l’histoire européenne. Son existence s’est étendue sur environ 103 ans. Ce pays minuscule était le « Neutral-Moresnet », Moresnet-Neutre, un petit village situé à environ sept kilomètres au sud-ouest d’Aix-la-Chapelle (Aachen), entre la Rhénanie, province prussienne, arrondissement d’Aix-la-Chapelle et le Royaume-Uni des Pays-Bas. On ne savait pas à l’époque que faire de ce petit bout de territoire (344 hectares ou 3,4 km2, 256 habitants et quelque 50 maisons). Prussiens et Néerlandais ne s’étaient pas mis d’accord pour une raison bien simple : la commune recelait des gisements de calamine (ndt : d’où son nouveau nom en langue française : « La Calamine »). Ce minéral, proche du zinc, servait à fabriquer du laiton. A l’état natif, ce métal était particulièrement apprécié parce qu’il était léger et inoxydable. Moresnet (La Calamine) possédait ainsi le plus grand gisement de calamine de toute l’Europe occidentale. Pour cette raison, tant la Prusse que le Royaume-Uni des Pays-Bas revendiquaient la possession de ce village.

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Aucun des deux Etats ne souhaitait laisser Moresnet à l’autre. De surcroît, le Congrès de Vienne n’avait pas très bien défini le tracé des nouvelles frontières dans la région. Prussiens et Néerlandais décidèrent alors de signer un traité d’Etat en 1816, qui réglait la question à l’amiable et de manière très originale. Cet accord eut pour résultat de faire émerger sur la carte un petit pays de forme triangulaire, entre le Moresnet belgo-néerlandais et le Moresnet prussien. Le territoire était administré par deux « commissaires gouvernementaux », un Néerlandais et un Prussien. Après 1830, quand les provinces catholiques belges se séparèrent des provinces protestantes du Nord et que la Belgique acquit ainsi son indépendance, le commissaire néerlandais fut remplacé par un commissaire belge. Mais rien ne changea : le statu quo s’est maintenu.

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Le territoire de Neutral-Moresnet connut un véritable boom économique à partir de 1837, année où la société des mines dites de la « Vieille Montagne » fut créée afin d’exploiter les gisements de calamine. En 1857, Neutral-Moresnet avait pris de l’ampleur et comptait désormais 304 maisons. Le nombre d’habitants avait décuplé et était alors de 2572 âmes. En 1914, on avait atteint le chiffre de 4668 habitants.

belgiummoresnet.jpgNeutral-Moresnet ne connaissait ni tribunal ni élections ni service militaire : pour autant, l’anarchie n’y régnait pas. L’ordre y était maintenu par des policiers belges et prussiens qui avaient l’autorisation, si cela s’avérait nécessaire, de franchir la frontière pour cueillir des délinquants. La Belgique et la Prusse se partageaient la masse fiscale. Il n’y avait aucune taxe sur les importations et les exportations, ce qui avantageait la contrebande. Le village disposait de trois gares : Hergenrath pour les grandes lignes qui reliaient Liège à l’Allemagne ; une gare cul-de-sac qui avait, elle, un statut de neutralité et qui s’étendait sur quelques centaines de mètres au-delà de la zone neutre ; enfin, une troisième gare en direction de Moresnet sur la ligne Tongres/Aix-la-Chapelle. L’entreprise qui donnait du travail était pour l’essentiel la société des mines. Elle ne négligeait pas le bien-être des travailleurs qui bénéficiaient de temps libres, largement encouragés. Des chœurs et des orchestres de mineurs furent créés ainsi que pas moins de sept associations de « Schützen », une société de pêcheurs et plusieurs sociétés de carnaval. La densité des bistrots y était inégalée. Quand éclate la première guerre mondiale, le petit territoire de Neutral-Moresnet est immédiatement occupé par les armées du Kaiser mais reste, du moins sur le plan formel, administré conjointement par les Belges et les Prussiens. Le Traité de Versailles donne le territoire à la Belgique et s’appelle désormais « Kelmis » (en allemand et en néerlandais) et « La Calamine » (en français). Il s’était appelé « Kalmis » jusqu’en 1972.

Matthias Hellner.

(article paru dans « zur Zeit », Vienne, n°18/2017 – http://www.zurzeit.at ).

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Un article du Spiegel sur « Neutral-Moresnet »

Dans son édition n°17/2017, le célèbre hebdomadaire de Hambourg, Der Spiegel, a consacré trois pages à deux romans néerlandais, récemment traduits en allemand, et consacré à l’histoire de la petite zone neutre de Moresnet. Il s’agit de Zink de David Van Reybrouck, de nationalité belge, et de Niemands Land de Philip Dröge, de nationalité néerlandaise. Van Reybrouck imagine la vie agitée d’un habitant de la localité. Non sans avoir décrit l’incroyable liberté  et la joie de vivre qui régnaient dans le patelin, tout au long du 19ème siècle.

Droege.jpgAinsi arrive dans cet eldorado de la calamine une certaine Maria Rixen, servante allemande engrossé par son patron. Elle y cherche le bonheur, refuse l’exclusion qu’un siècle encore très pudibond inflige aux filles-mères en Prusse protestante. Elle accouche d’un garçon, confié, comme le veut l’époque, à une famille d’accueil : le petit Joseph Rixen est débaptisé dans la pratique car la maisonnée compte déjà un petit Joseph. On l’appelle Emile Pauly. Un gamin à double identité. En 1914, il devient allemand. En 1919, belge. En 1923, l’armée belge l’appelle comme conscrit. Il doit aller occuper la Ruhr. En 1940, il redevient allemand et est incorporé dans la Wehrmacht, encaserné dans la même caserne qu’il occupait à Krefeld sous l’uniforme belge. Il se sent belge, baptise son septième fils « Léopold », en l’honneur du roi. Il déserte mais est arrêté par des résistants qui le traitent en ennemi. Une belle région qui a été tiraillée entre trois pays. Aujourd’hui existe une structure européenne nommée l’Euroregio qui regroupe les provinces belges de Limbourg et de Liège, l’arrondissement d’Aix-la-Chapelle/Düren et la province néerlandaise du Limbourg (avec Maastricht), ce qui englobe tout le territoire de la « communauté germanophone de Belgique (Eupen, Saint-Vith et Malmédy). Les destins personnels au cours du 20ème siècle sont souvent complexes et peuvent servir de matière à des romans poignants. On aurait espéré plus de biographies personnelles. En effet, que n’ai-je pas entendu de récits trop fragmentaires de tel résistant (qui se germanisera après la guerre en épousant une belle Rhénane), de tel « malgré-lui » expédié en Russie, en France ou en Norvège, de tel Aixois d’origine wallonne mais de nationalité allemande, du prisonnier allemand devenu, contraint et forcé, mineur en pays liégeois (et qui a voulu y rester), de cet adjudant de carrière wallon qui a décidé de finir ses jours en Rhénanie car la vie y est plus conviviale, d’un Verviétois de mère allemande et de père wallon engagé sur le front russe, de tel Volksdeutsche habitant Liège ou natif de la Cité ardente qui ne saura pour qui opter, etc. Nos deux auteurs ont un message : revenir aux temps joyeux de Neutral-Moresnet.

mardi, 28 mars 2017

Elections parlementaires aux Pays-Bas: Geert Wilders a-t-il échoué?

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Elections parlementaires aux Pays-Bas: Geert Wilders a-t-il échoué?

par Thomas Ferrier

Ex: http://thomasferrier.hautetfort.com 

Avec 13,1% des voix (+ 3 points) et 20 sièges (+5), le PVV de Geert Wilders est loin d’avoir remportée les élections parlementaires aux Pays-Bas, contrairement à ce que les sondages annonçaient encore quelques semaines avant que le scrutin n’ait lieu. Néanmoins peut-on parler de la défaite d’un parti qui progresse en cinq ans ? Il faut oser dire que oui.

La progression de Wilders est très modeste. Pour quelqu’un qui prétendait pouvoir réorienter radicalement la politique néerlandaise, on est loin du compte. Mais hors contexte, malgré tout, ce n’est pas si mal. Son parti est désormais le deuxième du pays, et ce n’est pas rien.

En fait, la surprise vient surtout de la chute vertigineuse des travaillistes (gauche sociale-démocrate) qui avec 5.7% des voix et 9 sièges s’effondrent totalement. Leur recul est de 19.1 points et de 29 sièges. Dans un tel contexte, le PVV aurait dû être le principal bénéficiaire de cette chute, d’autant plus que le parti au pouvoir, le VVD de Mark Rutte, avec 21.3% des voix (-5.3 points) et 33 sièges (-8), n’a pas bénéficié du moindre report favorable. Cela ne l’a pourtant pas été.

Qui a donc progressé ? Le CDA (chrétiens-démocrates) avec 12.4% (+3.9) et 19 sièges (+6) est davantage gagnant. Il a récupéré de nombreuses voix perdues par le VVD de Rutte, voix qui ne sont pas allés sur Wilders. Ce dernier a donc récupéré uniquement 1.4% environ du VVD, et 1.7% environ de la gauche. C’est faible. Or ses réserves étaient à droite, surtout sur le dos du VVD, et cela n’a pas fonctionné ainsi.

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Le mouvement Démocrates 66 (D66) avec 12.2% des voix (+4.2) et 19 sièges (+7) est également un des grands vainqueurs de cette élection, ayant pris de nombreuses voix à gauche. Cela a été encore bien davantage le cas des écologistes de gauche (GL) qui avec 9.1% (+6.8) et 14 sièges (+10) ont aspiré littéralement les voix travaillistes.  Le Parti Socialiste (gauche radicale), plutôt eurosceptique, n’obtient que 9.1% des voix (-0.6) et 14 sièges (-1). C’est pour lui aussi une sérieuse déconvenue car il a été incapable de récupérer des voix de la gauche modérée.

Enfin les petits partis ont également grappillé des voix, comme l’Union Chrétienne avec 3.4% (+0.3) et 5 sièges (-), le Parti en faveur des Animaux (PvdD) avec 3.2% (+1.3) et 5 sièges (+2), le Parti des Seniors 50+ avec 3.1% (+1.2) et 4 sièges (+2). Un nouveau venu, représentant la minorité islamo-turque, auparavant intégrée au sein des sociaux-démocrates, Denk, obtient 2.1% des voix et 3 sièges.

Enfin, de petits partis populistes de droite ont pu freiner la progression du PVV. Le Forum pour la Démocratie du politologue Thierry Baudet, eurosceptique, obtient 1.8% des voix et 2 sièges, alors que le VNL (Pour les Pays-Bas) de Jan Roos échoue de peu à entrer au parlement avec 0.4% des voix.

Geert Wilders n’a pas su convaincre mais a aussi été victime de la très grande résistance de Mark Rutte, dont l’effondrement pourtant probable a été enrayé. L’explication est très contextuelle. En s’opposant stratégiquement aux provocations du président turc Erdogan, en interdisant aux ministres turcs de venir prêcher la bonne parole aux Pays-Bas mêmes en direction des Turcs qui y sont installés, Mark Rutte a bénéficié d’un effet patriote, dont le PVV, plus dur et plus cohérent sur cette question, a été la victime. Les voix qui ont échappé à Wilders pour devenir le dirigeant du premier parti du pays l’ont été en raison de cette crise diplomatique, habilement instrumentalisée par le premier ministre sortant.

Enfin, c’est une défaite de l’euroscepticisme alors qu’un sondage sorti il y a quelques semaines indiquait même une majorité de Néerlandais prêts à voter pour un « Nexit », pour un départ des Pays-Bas de l’Union Européenne, en cas de référendum. Or seuls Wilders et les socialistes radicaux le prônaient. Ils n’ont pas été récompensés. Wilders certes n’est pas affaibli mais renforcé, car ses thèmes ont dominé le débat. Mais il n’a pas réussi le coup qu’il espérait. Et en ce sens, c’est un échec, même si cela ne signifie pas que son parti va s’effondrer, ce que rien n’indique. Dans l’opposition, car Wilders ne sera sans doute pas intégré à une coalition gouvernementale, il devrait se refaire même une santé en plaçant le nouveau gouvernement, si le VVD trouve une majorité autour de lui, sous sa surveillance constante.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

mardi, 14 mars 2017

Is Turkey Lost to the West?

Ex: http://lewrockwell.com

Not long ago, a democratizing Turkey, with the second-largest army in NATO, appeared on track to join the European Union.

That’s not likely now, or perhaps ever.

Last week, President Recep Tayyip Erdogan compared Angela Merkel’s Germany to Hitler’s, said the Netherlands was full of “Nazi remnants” and “fascists,” and suggested the Dutch ambassador go home.

What precipitated Erdogan’s outbursts?

City officials in Germany refused to let him campaign in Turkish immigrant communities on behalf of an April 16 referendum proposal to augment his powers.

When the Netherlands denied Turkish Foreign Minister Mevlut Cavusoglu landing rights, he exploded, saying: “The Netherlands … are reminiscent of the Europe of World War II. The same racism, Islamophobia, xenophobia, anti-Semitism.”

When Turkey’s family and social policies minister, Betul Sayan Kaya, drove from Germany to Rotterdam to the campaign, Dutch police blocked her from entering the Turkish consulate and escorted her back to Germany.

Liberal Europeans see Erdogan’s referendum as a power grab by an unpredictable and volatile ruler who has fired 100,000 civil servants and jailed 40,000 Turks after last summer’s attempted coup and is converting his country into a dictatorship.

This crisis was tailor-made for Geert Wilders, the anti-EU, anti-Muslim Dutch nationalist who is on the ballot in Wednesday’s Dutch general election.

Claiming credit for the tough stance of conservative Prime Minister Mark Rutte, Wilders tweeted: “I am telling all Turks in the Netherlands that agree with Erdogan: GO to Turkey and NEVER come back!”

“Wilders is a racist, fascist Nazi,” replied Cavusoglu.

Wilders had been fading from his front-runner position, but this episode may have brought him back. While no major Dutch party would join a government led by Wilders, if he runs first in the election March 15, the shock to Europe would be tremendous.

Rutte, however, who dominated the media through the weekend confrontation with the Turks, could be the beneficiary, as a resurgent nationalism pulls all parties toward the right.

All Europe now seems to be piling on the Turks. Danes, Swedes, and Swiss are taking Europe’s side against Erdogan.

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Marine Le Pen, the leader of the populist National Front in France, called on the socialist regime to deny Turkish leaders permission to campaign in Turkish communities. She was echoed by conservative party candidate Francois Fillon, whose once-bright hopes for the presidency all but collapsed after it was learned his wife and children had held do-nothing jobs on the government payroll.

On April 23 comes the first round of the French elections. And one outcome appears predictable. Neither of the major parties — the socialists of President Francois Hollande or the Republicans of ex-President Nicolas Sarkozy — may make it into the May 7 finals.

Le Pen, the anti-EU populist who would lift sanctions on Putin’s Russia, is running even with 39-year-old Emmanuel Macron, a socialist running as the independent leader of a new movement.

Should Le Pen run first in April, the shock to Europe would be far greater than when her father, Jean-Marie Le Pen, made the finals in 2002.

At the end of 2017, neither Wilders nor Le Pen is likely to be in power, but the forces driving their candidacies are growing stronger.

Foremost among these is the gnawing ethnonational fear across Europe that the migration from the South — Maghreb, the Middle East, and the sub-Sahara — is unstoppable and will eventually swamp the countries, cultures, and civilization of Europe and the West.

The ugly and brutal diplomatic confrontation with Turkey may make things worse, as the Turks, after generous payments from Germany, have kept Syrian civil war refugees from crossing its borders into Europe. Should Ankara open the gates, a new immigration crisis could engulf Europe this spring and summer.

Other ethnonational crises are brewing in a familiar place, the Balkans, among the successor states born of the 1990s breakup of Yugoslavia.

In Bosnia, secessionists seek to pull the Serb Republic away from Sarajevo toward Belgrade. The Albanian minority in Macedonia is denouncing political discrimination. The Serbs left behind after Kosovo broke loose in 1999, thanks to 78 days of U.S. bombing of Serbia, have never been reconciled to their fate.

Montenegro has charged Russia with backing an attempted coup late last year to prevent the tiny nation from joining NATO.

The Financial Times sees Vladimir Putin’s hand in what is going on in the Western Balkans, where World War I was ignited with the June 1914 assassination of the Austrian archduke in Sarajevo.

The upshot of all this:

Turkey, a powerful and reliable ally of the U.S. through the Cold War, appears to becoming unmoored from Europe and the West and is becoming increasingly sectarian, autocratic and nationalistic.

While anti-immigrant and anti-EU parties across Europe may not take power anywhere in 2017, theirs is now a permanent and growing presence, leeching away support from centrist parties left and right.

With Russia’s deepening ties to populist and nationalist parties across Europe, from Paris to Istanbul, Vlad is back in the game.

jeudi, 23 février 2017

Sid Lukkassen over Avondland en Identiteit

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Sid Lukkassen over Avondland en Identiteit in Batavieren Podcast aflevering 19

We hebben een lang interview met Sid Lukassen over zijn boek Avondland en Identiteit. We hebben het over cultuurmarxisme, postmodernisme, de verhouding tussen man en vrouw en de teloorgang van onze maatschappij.

Bestel het boek Avondland en Identiteit: https://www.bol.com/nl/p/avondland-en...

Bezoek de website van Sid Lukkassen: sidlukkassen.nl/

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mardi, 21 février 2017

Erkenbrand Pool Party - Guillaume Durocher (English)

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Erkenbrand Pool Party - Guillaume Durocher (English)

Guillaume Durocher gave a speech about tradition and ancestry at Erkenbrand's first Pool Party of 2017.

mardi, 06 décembre 2016

Particratie in de politiek Chris Aalberts en Arnout Maat

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Particratie in de politiek

Chris Aalberts en Arnout Maat

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Hebben de politieke partijen te veel macht?

maat-parti.jpgDe Particratie (Aspekt 2016) is een werk van de aanstormende intellectueel Arnout Maat. Vanuit zijn achtergrond in geschiedenis, politicologie en politieke communicatie presenteert hij een relaas over het huidige politieke bestel. De essentie is dat politieke partijen al een eeuw lang een véél grotere rol spelen in de representatieve democratie dan ooit door onze grondwet is bedoeld. “De particratie van binnenuit omvormen to een democratie, zoals D66 ooit poogde te doen, is onmogelijk: alsof men een rijdende auto probeert te repareren”, zo vat Maat zijn relaas op de achterflap samen.

Volgens Arnout Maat is dat het geval en daarom schreef hij een boek over de macht van partijen. Volgens Maat moet die Particratie afgebroken worden voordat het te laat is. Maat maakt het onderscheid tussen het stemmen op een partij en anderzijds datgene wat de partij met die macht van de stem doet. De partij verwerft zich op die manier een macht die zij naar eigen inzicht gebruikt, zonder zich te bekommeren over de achterliggende wensen van de burger. Een corrigerend mechanisme bestaat in ons stelsel niet. Als een politicus succes wil hebben moet zij de partijdiscipline volgen en niet die van de gewone burgers......Kiest de politicus voor de wens van de burger dan wordt zijn carrière.

dimanche, 23 octobre 2016

Kosmopolitisme als politieke as

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Kosmopolitisme als politieke as

Esther van Fenema met Sid Lukkassen

entretien,pays-bas,sid lukkassen,philosophie,cosmopolitisme,critique du cosmopolitisme,philosophie politiqueDoneer Café Weltschmerz, we hebben uw steun hard nodig! NL23 TRIO 0390 4379 13 (Disclaimer: Wij betalen over uw gift in Nederland belasting)

Esther van Fenema met Sid Lukkassen over kosmopolitisme als nieuwe politieke as

Links-rechts denken is niet meer van deze tijd, want dat is gebaseerd op herverdeling van welvaart. Dat is niet waar het grote ideologische conflict van onze tijd over gaat. Dat gaat over globalisering. Wereldburgerschap tegenover nationale identiteit.

Er zijn mensen die uitstekend kunnen navigeren in de post-natiestaat informatie-economie, en mensen die dat minder goed kunnen. Dit vormt de scheidslijn van de nieuwe politieke as: global citizens tegenover patriottische mensen met een lokaal of regionaal identiteitsbeeld. Deze kosmopolitische zelfselectie zie je al vroeg: neem jongeren die naar Bolivia gaan om straatkinderen te helpen, in plaats van te kaarten met hun bejaarde buurvrouw die weduwe is.

Bolivia staat natuurlijk beter op je CV – je moet maar net de connecties hebben om zo’n reis te kunnen maken. En je moet vrijgesteld zijn. Als jouw ouders geen nanny kunnen betalen om je gehandicapte broer te verzorgen, kun je dus niet mee.

Tot nu toe speelde arbeid een belangrijke rol bij het invullen van onze identiteit. Maar wat als de Google-auto bijvoorbeeld chauffeurs vervangt? Blijven we het sprookje geloven dat er voor alle rangen en standen nieuw werk zal ontstaan? Van dit vraagstuk tot de enclave-vorming en de migratiecrisis: een toekomstige uitbarsting bouwt zich op. De huidige 'elite' zal waarschijnlijk net deze dans ontspringen, mobiel en wendbaar dat ze zijn.

dimanche, 02 octobre 2016

European Resurrection: Identitarianism in Europe

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Erkenbrand Conference

European Resurrection: Identitarianism in Europe


Red Ice will be live streaming the Erkenbrand conference that is taking place in Rotterdam, Netherlands. The theme is European Resurrection: How Identitarianism Will Shape the Future of Europe.

Millennial Woes, F. Roger Devlin & a third mystery guest will be speaking on Tuesday the 27th at 7 pm Central European Summer Time / 1 pm Eastern Daylight Time / 10 am Pacific Daylight Time.

vendredi, 23 septembre 2016

Erkenbrand: The Alt-Right in the Netherlands

Bart & Michael - Erkenbrand: The Alt-Right in the Netherlands

cropped-Erkenbrand-09.jpgDutch Alt-Right activists Bart and Michael have taken the initiative to set up regular meetups in the Netherlands people concerned with the future of Europe. Their first conference, Erkenbrand, will take place in Rotterdam at the end of September and include guests such as Millennial Woes and Roger Devlin.

We begin with a few necessary introductions, including a brief mention of the upcoming Erkenbrand conference in Holland. We then delve into the ongoing demographic crisis in the West. Although this topic is certainly commonplace within the Alt-Right, there has been very little coverage on the how it has affected Holland in particular. Thankfully, Bart and Michael are more than willing to fill us in. We learn that Holland, much like the rest of the West, is being flooded with non-European immigrants. Major cities like Amsterdam are already nearly half non-Dutch; the countryside, unfortunately, is beginning to undergo a similar transformation. We also discuss Geert Wilders, the establishment right, and whether or not we will be able to save our countries through the political process.

In the members’ hour, we begin by discussing the vital role that networking plays within our movement. We consider the fact that many aspects of Western culture – history, myths, art, etc. – are currently being altered or, in some cases, blatantly removed for political reasons. Bart and Michael then tell us more about Amsterdam. Thanks to 100 years of socialist rule, the Netherlands’ capital has become overrun with prostitution, drugs, and crime. We also discuss how liberalism’s promotion of tolerance has effectively created a culture of indifference, in which people now consider it moral to allow immorality. The show concludes with a consideration of the steps that need to be taken to preserve the West.

Guest's website: http://www.erkenbrand.nl

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samedi, 17 septembre 2016

Join Erkenbrand This September!

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Join Erkenbrand This September!

The West is crumbling, our lands are being invaded and the best politics can offer us in the Netherlands is a civic nationalist funded by foreign money. It is long past time we got together and started getting organized. Online activism is great, but we have to take the next step and make connections in the real world. The Alternative Right, while born in the English-speaking world, must ultimately be dedicated to saving all the European peoples.

Erkenbrand-09.jpgWe have set up Erkenbrand for exactly this purpose, to bring people together. We are organized as a study society where we can have intellectual discussions each month about subjects related to our current situation, and more importantly socialize and make new friends. We started off small, but we are growing rapidly. We aim to bring together like-minded people who work together to further our cause: not only politically, but also to build a tight-knit group of men who can count on each other.

At our last meeting, attended by around 40 people, we discussed the future of the European peoples and how to deal with SJWs, on the basis of Vox Day’s book SJWs Always Lie. We more generally want to create a new culture which promotes a healthy lifestyle and strong communities for our people. We ended our formal talks with an inspirational speech in which we also called for action. Action to contribute to the new culture by producing articles, videos, memes, etc.

We regularly publish articles on our site on various subjects related to the Alt Right and Dutch history and culture.

On September 27 in Rotterdam, we are organizing a conference with well-known American speakers such as Greg Johnson and F. Roger Devlin. It is time to get away from the keyboard and bring the struggle to real life. Help us build a foundation for the future by joining Erkenbrand!

For more information about the event, email us at: erkenbrand@protonmail.com

mercredi, 13 juillet 2016

Bevor die Friesen Christen wurden

Bevor die Friesen Christen wurden

Wer denkt schon bei Sylt an eine „Insel der Toten", wer bei Helgoland an einen Göttersitz oder beim Anblick nordfriesischer Inselkirchen an „Heilige Linien" Michael Engler spürt die oft rätselhaften Kulte vorchristlicher Zeit auf und lädt zu einer Entdeckungsreise durch die Inselwelt zwischen Helgoland und Sylt ein von den steinzeitlichen Monumenten eines längst verschollenen Glaubens bis zu mittelalterlichen Sakralbauten über uralten Tempelorten. Da wird von großräumig in Landschaften angelegten Kalendarien berichtet, von geheimnisvollen Ringwällen und von jahrtausendealten exakten Berechnungen für astronomische Beobachtungen oder von ganzen Dörfern für die Götter. Das heute noch praktizierte -- und als touristische Attraktion genutzte -- Biekebrennen macht deutlich, dass manch ein „heidnischer" Brauch die Jahrhunderte überlebt hat, auch wenn der ursprüngliche Sinn längst verloren ging. Ein spezielles Licht- und Aufnahmeverfahren hebt die Kultstätten aus ihrem natürlichen Umfeld hervor und verwandelt auf den ersten Blick kaum wahrnehmbare Spuren in wieder vorstellbare Räume. Legenden und Chroniken -- mit nordfriesischen Landschaftsbildern in Szenen gesetzt -- versetzen den Zuschauer in jene Zeit, bevor die Friesen Christen wurden.

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mardi, 12 juillet 2016

Sid Lukkassen interviewt Ismail Selvi; "DENK is een club protofascisten"

Sid Lukkassen interviewt Ismail Selvi; "DENK is een club protofascisten"

Ismail Selvi over DENK, Erdogan en de AKP in Turkije

“DENK is een club protofascisten,” stelt Ismail: “want in Turkije stemmen ze voor rechtse, monoculturele partijen en in Nederland profileren ze zich als links. De pogroms in Turkije bagatelliseren ze, en hier voelen ze zich gediscrimineerd.” Ismail behoort tot de Alevitische liberale minderheid en kent de bijbehorende retoriek. Hij schiet met scherp op de Turks- Nederlandse collumnist Özcan Akyol, op de linkse partijen en op de gefeminiseerde mannen van het Westen. Ismail wijst op de Yavuz Sultan Selimbrug – de bouw en vooral de naamkeuze van de brug ziet hij als voortekenen dat de vlag van Ottomaanse Rijk spoedig weer zal wapperen.

DENK bestaat uit twee afgesplitste Turkse PvdA 'ers die zich afsplitsten toen Lodewijk Asscher de remmende invloed aankaartte van Turkse lobbygroepen op integratie. Een Marokkaanse activist en de anti-Zwarte Piet demonstrant Sylvana Simons sloten zich bij hen aan. Zij geven het signaal af dat allochtonen op een eigen partij moeten stemmen en zo werken zij segregatie in de hand. Alsof allochtonen per definitie bij één partij horen en niet net als Nederlanders van mening kunnen verschillen over eigen conservatieve, liberale of socialistische denkbeelden.

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lundi, 11 juillet 2016

Sid Lukkassen interviewt Yernaz Ramautarsing; "Alles aan links is hypocriet!"

Sid Lukkassen interviewt Yernaz Ramautarsing; "Alles aan links is hypocriet!"

Yernaz Ramautarsing verklaart: “Ik was bereid om te vechten voor radicale idealen en ik was atheïst. Toen las ik de werken van Ayn Rand.” Inmiddels stelt hij dat er “niets aan links is dat niet hypocriet is: Karl Marx heeft nog geen dag in zijn leven gewerkt.” Yernaz is een
Nederlander met Surinaamse wortels en het is zijn doel om een verdediging van het kapitalisme te geven als moreel systeem.

Sid Lukkassen haalt Avondland en Identiteit (Aspekt 2015) erbij en geeft tegenvoorbeelden. Zijn cultuur, geschiedenis en bevolkingsopbouw niet minstens zo belangrijk voor de voorspoed van een beschaving als kapitalisme? Ze filosoferen over geld en principes, over de kracht van idealen, over hiphop als laatste verdedigingslinie van het kapitalisme.

Uiteindelijk komt hun gesprek op de black lives matter beweging en hun activisten die nu een leerstoel eisen op de universiteit over diversiteit en dekolonisatie. Yernaz antwoordt dat juist het progressieve overheidsbeleid enorme schade toebracht aan de black nuclear family.

“Donald Trump zal als een sloopkogel door de linkse kerk gaan.”

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vendredi, 03 juin 2016

De vrijheid van de grens – Paul Scheffer

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De vrijheid van de grens – Paul Scheffer

Het voorbije jaar werd de kijker en lezer op manipulatieve wijze een ‘geweten gestampt’ door de politiek-correcte media. De sociologische impact van de vreemdelingeninvasie werd overgoten met een emotioneel sausje van ‘open grenzen’ en ‘wereldsolidariteit’. Wie waarschuwde voor de nefaste culturele, economische en andere problemen werd meewarig bekeken of zelfs met een banvloek de politieke woestijn ingestuurd.

schef0051926275.jpgHet vergt moed om op te staan en de collectieve hysterie te nuanceren, zeker als de publicist uit socialistische stal komt. De Nederlander Paul Scheffer heeft bewezen moed en een scherpe pen te combineren. Na zijn bestseller “Het land van aankomst” fileert hij opnieuw de multiculturele nachtmerrie die zich in Europa aftekent.

Sinds de val van het IJzeren Gordijn leken alle ideologische conflicten en militair-politieke brandhaarden in rook opgegaan. Het postmodernisme had Europa en de Verenigde Staten al de voorbije decennia hierop voorbereid. Massa-immigratie en globalisering duwen de Europeaan zowel maatschappelijk als economisch in de verdrukking. Duits filosoof Peter Sloterdijk spreekt over het ‘globaliseringsdrama’. Burgers voelen zich dakloos, gezien de nieuwe samenleving geatomiseerd is. Ze biedt geen nieuwe verbanden aan, maar breekt wel oude structuren zoals gezin, natie, Kerk af.

Scheffer is terecht overtuigd dat massa-immigratie verantwoordelijk is voor de import van internationale conflicten in de multiculturele steden. Kijk wat er gebeurt in de vele asielzoekerscentra of in de Duitse steden (Koerden versus Turken).

Tegelijk is de Nederlander of Vlaming niet zo mobiel en wereldburger als de politiek-correcte elite wenst te geloven en te beweren. Verre reizen brengen ons slechts sporadisch en oppervlakkig in contact met andere culturen. En veel mensen blijken vrij honkvast bij de keuze van hun woonplaats en werkomgeving.

Vooral interessant als de auteur met gefundeerde argumenten de ‘open grenzen’-lobby te lijf gaat. Hij weerlegt achtereenvolgens de bewering als zouden er morele, economische, praktische en juridische redenen zijn om de grenzen wagenwijd open te zetten.

Even absurd zijn de politici die mordicus het Schengen-verdrag (vrij verkeer binnen een belangrijk deel van de Europese Unie) verdedigen, zonder de buitengrenzen deftig te bewaken. Het is al jarenlang een aandachtspunt van menig rechts-nationale partij om het budget en de bevoegdheden van Frontex uit te breiden. Uit naïviteit de werkelijkheid negeren of nalatig het hoofd wegdraaien van de vreemde invasie, is geen optie. Men kan beide Scheffer in ieder geval niet verwijten. Wie stuurt blinde Merkel een exemplaar (eventueel met Duitse vertaling)?

De vrijheid van de grens
Paul Scheffer
Uitgeverij Lemniscaat
126 bladzijden
Prijs: 4,95 euro

dimanche, 08 mai 2016

Het multiculturele drama van Paul Scheffer

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Het multiculturele drama van Paul Scheffer

scheff0471.jpgIn zijn nieuwste boek 'Het Land van Aankomst' pleit de bekende Nederlandse socialistische professor Paul Scheffer (foto) voor een nieuwe kijk op de huidige migratiegolf. Voor hem heeft het multiculturalisme gefaald omdat de gemeenschappen naast elkaar leven en niet integreren, maar ook omdat men de conflicten te veel uit de weg wil gaan. Scheffer vergelijkt de huidige migratie met de vroegere en ziet verrassende gelijkenissen en verschillen. Hij pleit voor een beperking van de migratie tot hoger opgeleiden, voor een actief beleid om haar te diversifiëren door de migratie uit Azië te bevorderen, maar ook voor een beperking van de sociale zekerheid voor alle mensen die er nog niet toe hebben bijgedragen (schoolverlaters en pas binnenkomende migranten). Hij wil voorts meer financiële ondersteuning van goed draaiende gezinnen en verplichte sociale stages van scholieren in ziekenhuizen en bij inburgeringsprojecten. De islam moet kritiek en geloofsafval leren verdragen, een aparte islamzuil is gevaarlijk, openbare scholen mogen geen gescheiden zwemlessen organiseren en hoofddoekjes op school zijn af te raden. Er moet een nieuw "wij-gevoel" komen dat zijn uitdrukking vindt in inburgeringsexamens en ceremonies bij het verwerven van de nationaliteit. Een overzicht van de belangrijkste ideeën uit dit werk.

Paul Scheffer (53) is publicist en prominent lid van de Nederlandse Partij van de Arbeid, de sociaal-democratische partij van Wouter Bos, van wie Scheffer overigens geen grote fan is. Scheffer is bovendien sinds 2003 hoogleraar voor Grootstedelijke problematiek aan de Universiteit van Amsterdam. Op 29 januari 2000 schreef hij in NRC Handelsblad, waarvoor hij al 15 jaar lang columnist is, een opzienbarend artikel met de titel "Het multiculturele drama", dat door velen als een aanval op de multiculturele samenleving beschouwd werd. Een voormalig minister eiste zelfs dat hij uit het land moest worden gezet, in zijn eigen partij kon hij op veel kritiek rekenen, maar de Fortuynisten juichten hem toe en de Nederlandse Tweede Kamer discussieerde zelfs over het stuk. Aanleiding voor het essay waren volgens hem zelf: de groeiende kloof tussen witte en zwarte scholen in Amsterdam; de tomeloze agressie van veel Marokkaanse jongeren; de morele vragen rond de opvang en uitzetting van asielzoekers; het achterblijven van het onderwijs bij de migranten.
Scheffer zegt dat hij "zeker niet de idee kreeg dat de samenleving er door al die migratie beter op werd", maar hij vindt ook dat de critici zijn "pleidooi voor insluiting van mensen verward hebben met een verlangen naar afsluiting". Scheffer zegt dat hij nu net niét bang is voor een sterkere inmenging van migranten in de samenleving, "mijn vrees was altijd dat de afstanden te groot blijven, dat nieuwkomers zich te lang afstandelijk opstellen".

De prof heeft nu zijn gedachtengoed wat ruimer uitgewerkt in een soort encyclopedie van de migraties van na de Franse revolutie. Hij vergelijkt ze allemaal met elkaar, schetst de situatie in Duitsland, Frankrijk, Engeland en de VS, en toont verrassende gelijkenissen en verschillen aan. Tegelijkertijd gaat hij geen enkel pijnpunt uit de weg en stelt ook oplossingen voor. Het resultaat is een monumentaal standaardwerk dat de tand des tijds zeker zal overleven.

Gelijkt de huidige migratie op vroegere golven?

Scheffer vergelijkt de huidige migratieproblemen met vroegere migratiegolven naar de Verenigde Staten, maar ook naar Europa. Hij steunt zich daarbij op de analyse die de Amerikaanse socioloog Robert Park al in de jaren twintig van de twintigste eeuw neerschreef. Globaal gezien verloopt ook de huidige migratiegolf nog volgens hetzelfde plaatje, in drie fasen: vermijding, conflict, vergelijk.

In een eerste fase (vermijding) komen migranten naar een nieuw land van aankomst en ze kiezen voor isolement en vermijding van de nieuwe cultuur. Meestal zijn deze migranten arme mensen van het platteland, die zich vervreemd voelen. Ze grijpen dan terug naar de godsdienst als bindmiddel "tegen" de nieuwe cultuur. Het eerste wat de migranten doen is godshuizen bouwen. Dat wordt zowat in alle migratiegolven vastgesteld. De eerste generatie migranten komt immers uit een gezagsgetrouwe cultuur, die flink botst met de liberale westerse samenleving. In deze gezinnen verliest de vader aan status en groeit een omgekeerd generatieconflict: de kinderen zijn niet afhankelijk van de ouders, maar andersom. Kinderen kunnen moeilijk geloven in het gezag van hun ouders als die zelf in de marginaliteit van hun nieuwe samenleving leven. De afstand tussen de generaties in de migrantengezinnen is erg groot, terwijl de traditie ieder generatieconflict verwerpt.

In een tweede fase groeit het conflict tussen de migranten en het land van aankomst. Voor de eerste generatie migranten kwam de schok met het nieuwe land op een leeftijd dat ze al vergaand gevormd waren door de cultuur van hun herkomstland, voor de tweede generatie komt die schok terwijl ze in volle ontwikkeling zijn. Bij hen is de verwarring groter en ze kunnen zich niet afzijdig opstellen. Ze lopen schoolachterstand op en hebben een hoge criminaliteit. Ook dat is niets nieuws, Park stelde het al in de jaren 20 van de twintigste eeuw in Chicago vast. Scheffer beklemtoont dat de ontvangende samenleving het conflict niet mag negeren of onder de mat vegen, zoals volgens hem ook nu nog al te veel gebeurt. Volgens hem is er in Nederland "geen echte debatcultuur" (Over België spreekt hij zich terzake niet uit, nvdr) en zit Nederland nog altijd in de vermijdingsfase. Maar hoe langer je die rekt, hoe langer de integratie zal duren. Men moet het conflict conflict laten zijn. Er is ook geen enkele garantie dat dit conflict geweldloos zal verlopen.

Pas na het conflict van de tussengeneratie kan een vergelijk groeien bij de derde generatie.

Wat zijn de belangrijkste verschillen met nu?

Maar volgens Scheffer zijn er toch grote verschillen tussen alle vroegere migratiegolven en de huidige. Deze migratiegolf is buitensporig groot: in 2000 ging het om 175 miljoen mensen en in West-Europa alleen al is het aantal migranten tussen 1965 en 2000 vervijfvoudigd. Hij speelt bovendien een centrale rol in de binnen- en buitenlandse politiek door de overkomst van migranten uit het Nabije Oosten: de globalisering brengt een politisering van de migratie met zich mee, die je bij eerdere migratiegolven (van de Ieren naar de VS bv. of van de Polen naar West-Europa) niet had. Vervolgens heeft deze recente migratiegolf ook enorme economische en sociale gevolgen. Zo verkleuren de Westerse samenlevingen precies op een moment dat ze vergrijzen en dat kan tot verstarring leiden. De globalisering eist steeds snellere aanpassingen van de samenleving, maar omdat de mensen voortdurend ouder worden en tegelijkertijd steeds meer migranten op de sociale zekerheid komen, wordt het almaar moeilijker voor de maatschappij om zich aan te passen.

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Scheffer schetst nog drie andere belangrijke verschilpunten met vroeger:

* De islam als religie is een nieuw verschijnsel dat de integratie bemoeilijkt. De islam is in het herkomstland immers een meerderheidsreligie, soms zelfs een officiële staatsgodsdienst, maar in het aankomstland is het een minderheidsreligie. Het is altijd zeer moeilijk om van een monopoliepositie af te dalen naar een minderheidspositie. Er zijn volgens Scheffer dan ook geen garanties dat de islam een vanzelfsprekende plaats in het westen zal vinden. In ieder geval zal hij zich moeten losmaken van zijn politieke aspecten en zijn aanspraken om het gehele leven te reguleren moeten opgeven.

* Er is uitzonderlijk veel werkloosheid onder de migranten en het systeem van sociale zekerheid en de verzorgingsstaat maken dat grote groepen in die werkloosheid berusten. De migranten verworden zo van een initiatiefrijk deel van de samenleving, die innoveren omdat ze moeten overleven, tot het meest onbeweeglijke deel. In Amsterdam is 60% van de Marokkaanse en Turkse mannen boven de veertig werkloos of arbeidsongeschikt. Dit bevordert de integratie zeker niet omdat deze groep zich koestert in de slachtofferrol en daardoor groeit het wantrouwen tussen de gemeenschappen. Ze blijft natuurlijk ook marginaal omdat ze niet werkt.

* De hedendaagse communicatiemiddelen maken deze migratiegolf definitief anders. Vroeger was bij migratie geen stap meer terug, nu kan men via het internet, via de schotelantenne en via goedkope vliegtuigreizen nog in voortdurend contact blijven met het herkomstland. Men kan zelfs geestelijk in dat herkomstland blijven leven. Migratie leidt dan niet meer tot integratie, maar tot een voortdurende "diaspora" (verspreiding van een culturele groep op een ander grondgebied, waarbij die groep echter haar eigenheid koste wat kost wil behouden omdat ze een terugkeer verwacht). Vroeger was het bovendien zo dat hoe langer bepaalde gemeenschappen in een land waren, hoe hoger het aantal gemengde huwelijken. Opvallend is dat het aantal gemengde huwelijken in déze migratiegolf eerder uitzonderlijk is. Drie kwart van de in Nederland geboren Turkse en Marokkaanse jongens trouwt met iemand uit het herkomstland van de ouders. Zo blijven we voortdurend met een "eerste generatie" zitten, want de nieuwe vrouwen brengen telkens opnieuw het conservatieve plattelandsdenken met zich mee. Het systeem van dubbele nationaliteit versterkt dit nog, het wordt door de herkomstlanden gebruikt om vernieuwing in het eigen land tegen te gaan.

Om deze redenen is het dus niet zo evident dat de huidige migratiegolf net zo smetteloos over drie generaties kan worden gespreid als de vroegere migratiegolven. Het is eerder onwaarschijnlijk. En zelfs als het toch zo zou zijn, dan nog zal de integratie minstens 60 jaar duren.

Wat is er mis met het multiculturalisme?

Scheffer meent dat de multiculturele idee mislukt is omdat de diverse gemeenschappen niet integreren, maar naast elkaar leven. Men pleit voor "integratie met behoud van identiteit", maar vergeet dat deze slogan eigenlijk bedoeld was voor de gastarbeiders uit de jaren zestig, die na het gedane werk naar hun herkomstland zouden terugkeren, aldus Scheffer. Dat is nu echter niet meer zo. Het multiculturalisme zet de culturen naast elkaar en pleit voor hun behoud, terwijl gedeelde normen voor alle culturen nodig zijn. Het multiculturalisme is ook de uitdrukking van een cultuurrelativisme ("alle culturen zijn gelijkwaardig"), dat feitelijk in bepaalde gevallen de onderdrukking van de individuen van een gemeenschap door hun cultuur verrechtvaardigt en dat ook erg behoudzuchtig is. Bovendien werkt het niet in een moderne maatschappij omdat bepaalde culturele elementen nu eenmaal niet passen in een gevorderde diensteneconomie.

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Onze tolerantie voor andere groepen is volgens Scheffer door het multiculturalisme verworden tot onverschilligheid en vermijdingsgedrag tegenover conflicten. Het kan niet dat men om de lieve vrede de vrijheid van meningsuiting zou inperken. Tolerantie vereist een open samenleving waarin de meningen vrijelijk kunnen botsen en waar iedereen beseft dat de maatschappelijke vrede vraagt om een zorgvuldige naleving en handhaving van de wetten. Tolerantie mag niet verworden tot gedogen van wetsovertredingen: de onwil om te oordelen over opvattingen en gedragingen van anderen kan net de tolerantie ondermijnen.

Scheffer hekelt ook het nieuwe kosmopolitisme, waarbij een elite zegt: "Ik ben geen Nederlander, ik ben wereldburger". In de praktijk betekent dit evenwel niets en voor de grote hoop van de mensen al helemaal niets omdat zij zich eerst en vooral hechten aan hun kleine omringende gemeenschap. Scheffer stelt uiteindelijk met de linkse Amerikaanse socioloog Robert Putnam vast dat de kosten van de huidige migratiegolf hoog zijn. Putnam constateerde dat het wantrouwen in de samenleving toeneemt naarmate ze multicultureler wordt. Hoe groter de ethnische diversiteit, hoe meer wantrouwen van de burgers in de overheid, hoe meer wantrouwen van de ene bevolkingsgroep in de andere, maar ook hoe meer wantrouwen van de leden binnen één bevolkingsgroep in elkaar. Putman was zo verbaasd van de resultaten van zijn eigen onderzoek dat hij ze aanvankelijk niet wilde publiceren en nog allerlei extra verificaties doorvoerde. Uiteindelijk publiceerde hij ze toch. Scheffer vraagt zich nu af hoe dat toenemende wantrouwen kan worden verklaard en aangepakt.

Wat stelt Scheffer voor en wat verwerpt hij?

* Hij bepleit eerst en vooral een beperking van de migratie. Onbeperkte migratie betekent dat alle tegenstellingen van de wereld zich herhalen in onze grootsteden en dat maakt die moeilijk leefbaar. Hij keert zich tegen die mensen die beweren dat de staat de migratie niet kan inperken en toont aan de hand van voorbeelden overtuigend aan hoe dit wel kan.

* Hij keert zich tegen kortetermijn- of seizoensmigratie bv. in de tuinbouw. Scheffer wil dat we die tuinbouw afstoten omdat groenten en fruit beter in de herkomstlanden worden gekweekt. De seizoensmigratie is ook contraproductief in het westen zelf: ze remt de druk af om te vernieuwen en verlengt de doodsstrijd van onrendabele industrieën; ze voert de gastarbeiders weer in en laat de kosten eenzijdig door de overheid betalen, terwijl de baten voor bepaalde groepen (bedrijfsleiders en betrokkenen zelf) zijn, want na de eerste generatie verschuift de balans van actieven naar niet-actieven en zo worden de kosten groter voor de samenleving dan de baten. Werkgevers zijn uiteraard voor zoveel mogelijk goedkope arbeidskrachten omdat die de lonen doen dalen. Met de Amerikaan Thomas Sowell becritiseert Scheffer de theorie van het bedrijfsleven over de knelpuntberoepen. De bedrijven willen immigranten voor deze beroepen omdat de eigen bevolking (en ook de migranten die eerder gekomen zijn) dat soort werk (bv. schoonmaken) niet meer willen doen tegen de lage lonen die het bedrijfsleven maar betaalt. Wanneer je echter de migratie sterk beperkt, zodat het bedrijfsleven geen schoonmakers meer vindt, dan zou het noodgedwongen de lonen moeten verhogen. Want schoonmakers vind je uiteindelijk altijd.

* Scheffer noemt de idee dat we de migranten nodig hebben om onze pensioenen veilig te stellen onjuist. De verzorgingsstaat is gebouwd op de veronderstelling dat er per gepensioneerde vijf werkenden moeten zijn. Nu zijn er dat in het westen nog maar vier en binnen een halve eeuw worden er dat twee. Om de grijze druk (de druk van de pensioenen op de werkenden) in 2050 gelijk te houden met 2000 moet het migratiesaldo jaarlijks 300.000 mensen in Nederland bedragen (en 25 miljoen in de hele Europese Unie). In 2050 zou Nederland dan 39 miljoen mensen tellen en in de Europese Unie zouden zo'n 1,3 miljard werkende migranten nodig zijn, de hele bevolking van India. Dit kan dus niet, migranten naar hier halen voor ons pensioen is geen oplossing. Te meer al niet omdat met iedere migrant ook familieleden meekomen. Kiezen voor massale immigratie, net op een moment dat we het sociaal contract moeten herwaarderen, is volgens Scheffer fout. Hij stelt vast dat de nettobijdrage van immigranten aan de gehele economie "verbazingwekkend gering" is, omdat hun opleidingsniveau te laag is, de overheidsuitgaven stijgen door een verhoudingsgewijs groot beroep op de sociale zekerheid en door grote investeringen in het onderwijs om de taalachterstand weg te werken.

* We moeten migranten ook niet naar hier moeten halen om de ontwikkelingslanden te helpen. Dat doen we momenteel onmiskenbaar, want de migranten sturen jaarlijks tussen de 60 en 100 miljard dollar terug naar hun herkomstlanden. In 2000 kreeg Marokko alleen al twee miljard dollar binnen van de migrantengemeenschappen van Marokkanen in andere landen: dat is een derde van zijn totale export en het dubbele van de buitenlandse investeringen in dat land. De gekende overmakingen van migranten naar hun herkomstland waren wereldwijd in 2001 al 2,6 keer zo hoog als de totale ontwikkelingshulp aan diezelfde landen

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Het geld van die overmakingen door buitenlandse migranten komt rechtstreeks bij de betrokkenen terecht, er blijft niets plakken bij niet-gouvernementele organisaties of corrupte leiders. Toch goed dan? Nee, meent Scheffer, want dit geld wordt grotendeels besteed aan consumptie en niet aan productieve investeringen. Bovendien leidt het systeem tot een brain drain vanuit deze arme landen zodat hun ontwikkeling bemoeilijkt wordt. Scheffer pleit terzake voor een opening van onze markten voor producten uit de derde wereld, voor kwijtschelding van hun schulden en voor een internationale arbeidsdeling. "Het heeft geen zin om onze kunstmatige tuinbouwindustrie hier in stand te houden, terwijl alles onder de Noord-Afrikaanse zon veel natuurlijker zou kunnen gedijen."

* Illegalen moeten worden uitgewezen. Scheffer schat het aantal illegalen in Europa op acht miljoen en jaarlijks zouden er tussen de vijf- en achthonderdduizend bijkomen. Scheffer betreurt dat de westerse landen geen handhaving van de wet willen afdwingen, want dan zijn regelmatige collectieve regularisaties de enige alternatieve oplossing. Maar die stimuleren volgens hem de mensensmokkel en maken van de illegalen koopwaar.

* Scheffer pleit voor een ander gezinsbeleid. In plaats van steeds maar migranten naar hier te halen moet men het kinderrijke gezin bevorderen door de alleenstaanden meer te belasten. (Het Nederlandse kinderbijslagssysteem verschilt van het Belgische: de bijslag is in Nederland het hoogst voor het eerste kind en neemt progressief af voor de volgende kinderen. In België is het net andersom: daar neemt de bijslag toe per kind. Het Belgische systeem is dus véél kindvriendelijker dan het Nederlandse en toch is de nataliteit hier veel lager, want de Belgische bevolking is in tegenstelling tot de Nederlandse de voorbije twintig jaren nog nauwelijks gegroeid. De vraag rijst of dit voorstel van Scheffer wel veel zal uithalen. Bovendien is de belastingdruk in België al zo hoog dat hieraan nog moeilijk kan worden gesleuteld, te meer daar die druk grotendeels op de alleenstaanden wordt afgewenteld, met alle armoedegevolgen bij alleenstaanden tot gevolg, nvdr). Bij deze belastinghervorming moeten volgens Scheffer vooral gezinnen die in staat zijn kinderen op een succesvolle manier groot te brengen voorrang krijgen.

* Ook het onderwijs moet worden hervormd, zodat culturele verheffing weer een doelstelling van de school wordt. Op school moeten ook waarden zoals gelijkwaardigheid, zelfwerkzaamheid, betrokkenheid en aanspreekbaarheid worden aangeleerd. Scheffer pleit voor maatschappelijke stages, waarbij scholieren drie tot zes maanden werken in publieke instellingen zoals ziekenhuizen of verzorgingstehuizen of ze betrokken worden bij de inburgering van migranten. Het is ook belangrijk dat de scholieren weer de belangrijkste gebeurtenissen uit de Nederlandse geschiedenis kennen. Scheffer pleitte ook tot algemeen gelach voor een Nationaal Historisch Museum. Dat komt er nu.

* In de sector van de arbeid en de sociale zekerheid moet de "besmettelijke ziekte van gesubsidieerde apathie" worden tegengegaan. Iemand die nog nooit gewerkt heeft moet niet onmiddellijk recht hebben op een uitkering. Immigranten en schoolverlaters verschillen terzake niet. In Nederland kunnen jongeren onder de 27 jaar geen aanspraak maken op de sociale zekerheid, alleen op een opleiding of werk. Dat zou ook zo kunnen worden voor nieuwkomers gedurende de eerste tien jaren van hun verblijf hier.

* Scheffer kiest niet alleen voor een beperking van de migratie, maar ook eenduidig voor goed opgeleide migranten en vooral voor een diversificatie van de migranten, die nu veel te veel uit Noord-Afrika komen. Hij wil een beleid om immigratie uit Azië te bevorderen om de economische relaties met die landen te verbeteren, maar ook om ervoor te zorgen dat niet één groep onder de migranten al te zeer gaat doorwegen. De diversiteit van migranten zwakt de vorming van etnische enclaves af. Hij keert zich ook tegen alle vormen van positieve discriminatie of quota.

* Uiteindelijk wil Scheffer een nieuw burgerschap. Het huidige multiculturalisme veronderstelt geen "wij", geen gezamenlijk project, maar slechts verschillende naast elkaar levende groepen met hun eigen normen. Dat moet veranderen. Men moet weer trots worden op zijn (nieuwe) nationaliteit, die niet al te makkelijk te verwerven moet zijn. Naturalisatieceremonies en inburgeringsexamens zijn daarom heel belangrijk. De migranten moeten hun slachtofferrol laten varen en actief participeren aan de westerse maatschappij.

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Wat met de islam?

Binnen twintig jaar zal de Europese Unie minstens 30 miljoen moslims tellen, dubbel zoveel dan vandaag. Merkwaardig genoeg zal één van de meest militante godsdiensten zich dan genesteld hebben in de meest ongelovige landen van de wereld.

Scheffer betreurt dat te veel jongeren van de tweede generatie zich radicaliseren en zich richten op een ondemocratische interpretatie van de islam. De oorzaak hiervan is niet eenduidig: ze ligt zowel in wereldwijde conflicten als in het generatieconflict dat hier in het westen plaatsgrijpt tussen migrantenouders en hun kinderen.

Godsdienstvrijheid en godsdienstkritiek zijn voor Scheffer onlosmakelijk met elkaar verbonden. Je kan niet het ene willen zonder het andere te aanvaarden. De islam moet ook geloofsafval aanvaarden. Scheffer stelt vast dat al te veel moslimjongeren zich tegen godsdienstkritiek verzetten, slechts een kleine minderheid vindt dat die kritiek moet kunnen. En nogal wat imams willen niet weten van interreligieuze dialoog.

Voor Scheffer heeft het geen zin om te beweren dat een moslim per definitie geen democraat kan zijn. Dat weten we namelijk (nog) niet, de integratie van moslims in de westerse samenleving is nog volop aan de gang. Bovendien wekt die uitspraak de indruk dat moslims hun geloof moeten laten vallen om in een liberale democratie te kunnen functioneren en dat is onzin. Moslims moeten wél leren aanvaarden dat er ook andere godsdiensten zijn die gelijkwaardig zijn aan de hunne. Ze moeten de seculiere maatschappij aanvaarden, maar mogen daarbinnen wel op democratische wijze opkomen voor hun conservatieve visie. In die zin meent Scheffer dat men figuren als Dyab Abou Jahjah (van de Arabisch Europese Liga) moet steunen en niet verketteren, "want wanneer de democratische mobilisatie binnen de moslimgemeenschap op niets uitdraait, zou de keuze voor geweld wel eens een bredere aanhang kunnen verwerven".

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Convervatieve meningen over vrouwen of homo's moeten dus zeker ook geuit kunnen worden, maar omdat de emancipatiestrijd van deze groepen zoveel tijd heeft gevergd moet de staat die emancipatiestrijd actief ondersteunen. Overheidsscholen kunnen geen aparte zwemlessen voor jongens en meisjes organiseren, meent Scheffer. Voor hem mag iedere vrouw, die daar vrijwillig voor kiest een hoofddoek dragen, behalve in bepaalde overheidsdiensten zoals de politie, omdat de overheid neutraal moet zijn. Scheffer wil ook geen hoofddoekjes op de scholen omdat niet zeker is dat die uit vrije wil gedragen worden, gezien de jonge leeftijd van de meisjes. Aan de andere kant moet de overheid zelf moeite doen om de tekenen van andere religies te verwijderen en dat kan in Engeland, waar de koningin nog altijd hoofd van de anglicaanse godsdienst is, wel wat problemen opleveren. Maar ook elders waar nog kruisbeelden in rechtszalen hangen. Die moeten dus weg. (Hoever Scheffer terzake wil gaan is niet duidelijk: moeten ook kerstbomen weg uit gemeentehuizen? In welke ambtelijke functies mag de hoofddoek nog wel? In zijn boek vind je slechts algemene richtlijnen, nvdr.)

Voor Scheffer mag godslastering ook niet opnieuw strafbaar worden, zoals sommige Britse en Nederlandse gezagsdragers voorstellen. Want er kan alleen maar een verlichte islam komen, als er ook scherpe kritiek wordt geuit op de huidige conservatief geïnspireerde islam. De vrijheid van meningsuiting kan niet worden ingeperkt als iemand een godsdienst beledigt. Niet alleen om principiële redenen, maar ook omdat een beperking van die vrijheid uiteindelijk de gemoederen niet zal kalmeren.

Wat de islam verder - volgens Scheffer - nodig heeft zijn klokkenluiders, mensen die de mistoestanden binnen de moslimgemeenschap ruim bekend maken: ouders die financieel wanbeheer van een islamschool in de krant gooien, moskeebestuurders die extremisme aan de staatsveiligheid melden. Zolang die er niet zijn zal de islam - ten onrechte - als één (vermoedelijk vijandig) blok worden ervaren door de autochtonen.

Scheffer heeft ook ernstige bedenkingen bij de creatie van een aparte islamitische zuil. "Er zijn maar weinig landen in de wereld die zo snel en radicaal van God zijn losgeraakt als uitgerekend Nederland. Het heeft dan ook iets vreemds om in een tijd van ontzuiling de moslimgemeenschap uit te nodigen om een eigen zuil te maken. Die zou een nogal eenzame indruk maken".

Zo'n islamzuil zal volgens hem niet werken om vele redenen:

* De vroegere verzuiling werkte wel omdat de godsdiensten die een zuil ontwikkelden in het verleden veel scherpe en bijtende kritiek te verwerken kregen, maar dat geldt niet voor de moslims, die vanuit een monopoliepositie in hun herkomstland naar hier zijn gekomen.

* Een zuil veronderstelt een gevarieerde samenstelling van de bevolking binnen de zuil zelf: in de katholieke zuil vond je zowel arbeiders als bedrijfsleiders en middenstanders. Maar een mogelijke moslimzuil zou eenzijdig zijn samengesteld uit mensen die afkomstig zijn van het arme platteland.

* Een verder probleem met een mogelijke moslimzuil is dat de islam zwakke elites heeft: er zijn te weinig mensen met een goede opleiding die als leider willen fungeren. Kinderen van migranten die het maken, willen meestal loskomen van hun bevolkingsgroep en dus zijn de meest liberale moslims het minst geneigd om zich te organiseren. Daardoor komt de leiding van zo'n zuil in handen van de conservatiefste moslims. En dat is niet goed.

* De basisvoorwaarden voor een goede verzuiling zijn nu niet vervuld: de religieuze geschillen konden vroeger worden uitgevochten volgens algemeen aanvaarde vaste grondwettelijke regels en in dezelfde taal. Bij geschillen met de islam is de taal zeker een probleem en bovendien is die aanvaarding van gemeenschappelijke normen om geschillen te beslechten, ook niet gegarandeerd. In vele moskeeën hoor je verzet tegen de westerse democratie en daarom is het volgens Scheffer ook géén goed idee om de integratie via de moskeeën te laten verlopen, zoals ook wel wordt bepleit.

Scheffer steunt de Franse islamdeskundige Gilbert Képel die zegt dat de evolutie van de Europese islam cruciaal zal zijn voor de evolutie van de islam wereldwijd. Een heldere houding tegen het moslimfundamentalisme is dus gewenst. En daarbij is het belangrijk om de problemen van de moslimimmigranten in onze samenleving zoveel mogelijk los te koppelen van het omvattende conflict rond de gepolitiseerde islam in de wereld. Het is volgens Scheffer verleidelijk - maar volkomen fout - om de wereld in goed en kwaad op te delen volgens religieuze lijnen. Maar die opdeling niet maken, zal niet makkelijk zijn, omdat religie steeds belangrijker wordt in de wereldpolitiek. We staan immers voor de verrassende paradox dat de welvarende samenlevingen steeds ongodsdienstiger worden, terwijl de wereld als geheel steeds geloviger wordt door de demografische groei van de islam.

SCHEFFER, PAUL, Het land van aankomst, 2007, De Bezige Bij, Amsterdam, 445 p.

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lundi, 25 avril 2016

Route de la soie, route des épices

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Route de la soie, route des épices

Ex: http://www.huyghe.fr

Un secret est toujours loin : enfoui sous les apparences, ou hors de portée. Y compris géographiquement. Le cheminement vers sa découverte se confond alors avec le chemin concret par où transitent des hommes, des marchandises ou des informations. Tel est le cas de la soie et des épices qui ont donné leur nom à des routes : leurs secrets consistent en histoires de voyages. D'Est en Ouest, circulaient des produits rares et inconnus, de l'Occident vers l'Orient, des marchands et prédicateurs en attendant des colonisateurs.

Soie et épices sont intimement liées parce qu'ils évoquent des lieux ou tout est différent, plus chaud, plus parfumé, plus raffiné, plus luxueux, plus sensuel. Elles servent à la glorification des dieux et des puissants et à l'ornement de la beauté ; leur origine exotique stimule l'imaginaire. C'est l'idée qui ressort déjà des premières mentions de ces produits dans la littérature latine. Ne dit on pas que c'est le roi des Sères, tout à l'Orient du monde qui produit le fil merveilleux qui permet aux Romaines de laisser transparaître la peau laiteuse de leurs seins ? Ne croit-on pas que la cannelle si parfumée et qui l'hiver rend le vin meilleur, est cachée comme le sont les diamants dans une vallée protégée par des aigles immenses ? Et les moralistes se plaignent de ce que les romains se ruinent pour acquérir ces produits de luxe venus de pays inconnus. L'idée même d'exotisme, ou l'attirance pour l'Orient leur doit beaucoup ; les progrès de la connaissance, de la géographie, de la navigation, bref la découverte réelle du monde, leur doit davantage encore.

Dans les deux cas, secret d'un savoir et secret d'une origine se mêlent. Pour obtenir deux produits dont l'Occident raffole depuis Rome, le tissu et les graines qui servent autant à la médecine qu'à la cuisine, il a fallu d'abord identifier les pays d'où ils venaient, la Chine, les Indes et les îles aux épices. Il a fallu les atteindre, et pour cela lancer des expéditions. Mais il a fallu aussi s'emparer des supports du secret, des cocons de vers à soie dans un cas, de quelques graines dans l'autre.

La soie a plus souvent traversé les montagnes et les steppes à dos de chameau, les épices ont plutôt voyagé dans les cales des bateaux. Parfois leurs routes se croisaient ou fusionnaient au hasard, d'une guerre ou d'un traité pour que les marchandise parviennent à Rome, à Byzance. Il y a donc des périodes où les expressions de route de la soie et route des épices désignent les mêmes itinéraires marchands ; rouleaux de tissus et sacs odorants se mêlaient dans les mêmes caravanes et dans les mêmes soutes. Certes les deux routes n'ont pas fonctionné de même manière. Sur la route de la soie, c'est le secret, disons l'art de la sériciculture, qui a voyagé d'Orient en Occident jusqu'à ce que l'on sache produire de la soie en France. Sur la route des épices, au contraire ce sont les marchands puis les soldats qui ont progressé tant que les Européens n'ont pas atteint les terres où poussaient les épices, et que les grandes compagnies dites des Indes ne s'en sont pas assuré le monopole. Tracée par une logique de la transmission ou par une logique de la conquête, la route s'est toujours assimilée à une lente révélation.

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Un secret de quatre mille ans

Une des plus célèbres légendes chinoise raconte que la princesse Xi Ling Shi fit tomber par hasard un cocon accroché à un mûrier des jardins impériaux dans une tasse de thé bouillant. Elle déroula un fil interminable qui lui parut si beau qu'elle le fit tisser, puis fabriqua une étoffe douce et fine. Elle obtint de l'Empereur d'élever les vers qui rongeaient les feuilles de mûrier. Ce souverain serait Houang Ti à qui la légende prête également l'invention de l'écriture. Dès l'origine, la soie est liée à l'empereur. Le tissu de soie ne servait pas seulement à tisser des vêtements somptueux, mais aussi à tracer des idéogrammes. Les premiers exemples d'écriture chinoise sur soie datent de 750 avant notre ère. Et la Chine elle-même est connue pendant toute l'Antiquité comme le pays des Sères, c'est-à-dire de la soie, sera.

La sériciculture remonte au néolithique chinois et, trois mille ans avant Jésus Christ, les techniques de tissage étaient déjà sophistiquées ; elles permettaient d'obtenir de la soie unie comme de la soie brodée qui accompagnaient dans l'au-delà les puissants. C'est dans une tombe princière que se retrouve la première preuve du voyage de la soie vers l'autre extrémité de l'Eurasie, au VIe siècle avant notre ère dans une sépulture du Bade Wurtemberg. Lorsque l'on découvrit dans le tombeau de Philippe de Macédoine, le père d'Alexandre le Grand, des bandelettes de soie s'est tout de suite posée la question de leur origine : était-elle chinoise ? Quelles routes ont emprunté ces premiers échantillons, qui les a offerts aux Princes, qui les a jugés assez précieux pour qu'ils les accompagnent dans leur voyage funèbre ? L'exportation de soie avait-elle un caractère exceptionnel ? Difficile d'établir une chronologie précise d'un des plus longs secrets de l'histoire, ou plutôt d'un secret double celui de l'origine du tissu et celui de sa fabrication, la sériciculture.

Son exceptionnelle durée tient à la volonté délibérée des empereurs chinois, toutes dynasties confondues. Ces empereurs qui exercent un monopole sévère, contrôlent la production comme les marchés, décident de qui pourra porter quelle qualité. Ils édictent des arrêts de mort contre quiconque oserait faire franchir les frontières à un seul oeuf ou cocon de vers à soie. Le secret sera ainsi maintenu jusqu'au cinquième siècle de notre ère environ. Pour parvenir à ce résultat, il fallut sans doute un système de surveillance sans faille car la sériciculture occupait des milliers de gens et les plantations de mûriers couvraient des provinces entières. L'enjeu était énorme, cette industrie est un secret d'État: la soie étant tout bonnement une unité monétaire. Rare, inimitable, issue d'une source que pouvaient contrôler les autorités, de qualité relativement constante, facile à stocker, à diviser et à mesurer, la soie présente toutes les qualités d'une unité d'échange commode. A certaines époques, en Chine, les impôts se paient en rouleaux de soie, comme le salaire des fonctionnaires; la somptuosité des cadeaux impériaux, se mesure à la même aune, comme la dot des princesses ou des aristocrates. Sous les Tcheou une dizaine de siècles avant notre ère un écheveau de soie s'échange contre cinq esclaves et un cheval. Pour la Chine, laisser fuir une chose (un grain de vers à soie) et une information (toute la technique d'élevage) équivaut à une catastrophe. Cela reviendrait, pour un État moderne à perdre sa planche à billets et à laisser divulguer la formule chimique de son papier-monnaie. Soie et souveraineté chinoise étaient intimement liées.

C'est du reste pour une raison géopolitique grave que la soie franchit vraiment la Grande Muraille. Au second siècle avant notre ère, les empereurs Han assiégés par des barbares nomades ancêtres des Huns ont besoin d'alliés et de chevaux. Pour acheter les deux, la Chine doit donner ce qu'elle a de plus précieux, ce qui ne s'exportait que par infimes quantités ; la soie devient un produit d'échange. Cette décision a des conséquences incalculables : la Chine s'ouvre au commerce et au monde extérieur. Ainsi naît la fameuse Route de la soie. Par le relais des caravanes traversant l'Asie centrale ou des navires contournant le sous-continent indien, la soie et bien d'autres marchandises circulent d'une extrémité à l'autre de l'Eurasie. Vers le début de notre ère, un commerçant indien sait évaluer la valeur d'un ballot de soie en sesterces romains, et, à Rome même, l'empereur s'inquiète de la perte que provoque l'importation de soie : à certaines époques, elle s'échange exactement contre son poids en or et le Trésor du plus puissant Empire tout à l'Ouest s'épuise.

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Des élevages de mûriers à sa destination finale, la soie suit un si long chemin, passe par tant d'intermédiaires et de frontières, est si protégée et entourée de tant de légendes et de périls que, sur les bords de la Méditerranée, nul ne sait que le fil est produit par le cocon des papillons. On ignore à plus forte raison comment le traiter : les mieux informés disent que la soie "pousse sur les arbres". Les romains sont fous de cette étoffe qu'ils découvrirent, dit la légende, au cours d'une bataille contre les Parthes. Leurs étendards brillants et bruissants étaient faits de ce tissu inconnu. Il ne fallut pas longtemps pour que les patriciennes n'aient plus qu'une envie : se vêtir de robes si fines qu'elles peuvent passer à travers un anneau. Mais le tissu parvient par les pistes d'Asie Centrale, et est contrôlé par des intermédiaires, dont justement les Parthes. Aucun voyageur latin n'a franchi leur territoire, tout au plus a-t-on appris que la soie provenait du pays dit des Sères. L'Europe ignore même qui ils sont cet à quoi ils ressemblent.: "Les premiers hommes que l'on connaisse (en ce pays) sont les Sères célèbres par la laine de leurs forêts. Ils détachent le duvet blanc des feuilles en l'arrosant d'eau ; puis les femmes exécutent le double travail de dévider les fils et de les tisser. C'est avec un travail si compliqué, c'est dans des contrées si lointaines qu'on obtient ce qui permettra à une matrone de se montrer en public avec un étoffe transparente. Les Sères sont civilisés ; mais semblables eux-mêmes aux animaux sauvages, ils fuient la société des autres hommes et attendent que le commerce viennent les trouver." Ce que Pline écrit dans son Histoire naturelle est le premier texte occidental qui propose une explication de l'origine et de la fabrication la soie.

sparte10.jpgLe géographe Pausanias au second siècle de notre ère se rapproche un peu plus de la vérité quand il dit : "Quant aux fils dont les Sères font leurs vêtements, ils ne proviennent pas d'une écorce, mais ils ont une origine différente que voici. Il existe dans leur pays un petit animal, que les Grecs appellent ser, mais auquel les Sères eux-mêmes donnent un autre nom ; la grandeur de cet animal est double de celle du grand scarabée ; pour le reste, il ressemble aux araignées qui font leurs toiles sur les arbres, et il a huit pattes comme les araignées. Les Sères élèvent ces animaux en leur construisant des cages appropriées à la température de l'hiver et de l'été ; et le travail de ces animaux est une fine trame qui se trouve autour de leurs pattes". Nous sommes loin encore du secret révélé. Pour pouvoir produire de la soie, il faut pouvoir maîtriser toute une série de techniques dont les bases : sélectionner et cultiver le mûrier blanc, reconnaître le Bombyx mori, savoir l'élever et pour cela disposer de lieux humides à température constante entre 20 et 25°, protéger le vers pendant qu'il file son cocon, conserver un certains nombre de ceux ci pour la reproduction, étouffer la chrysalide avant qu'elle n'ait percé le cocon (sinon ceux-ci peuvent être cardés et donner l'équivalent de la soie sauvage), et, bien sur, dévider sans le rompre le fil qui peu mesurer entre 900 et 1200 mètres.

Il faut des mois, des années pour qu'un ballot franchisse le continent passant de mains en mains ; c'est assez pour que la vérité se perde en chemin. Y a-t-il eu des tentatives de contact ? La chronique chinoise parle d’une mission impériale envoyé en Inde en 58 ap. J.C. On sait aussi comment, aux alentours de la fin du premier siècle de notre ère, période où l’empire parthe contrôle les relations commerciales avec l’Occident, la Chine cherche à se passer de ce coûteux intermédiaire. En 97, un envoyé chinois vers l'Occident est parvenu à la frontière de la Perse mais les capitaines des navires lui racontent tant d'horreurs sur les difficultés qui l'attendent qu'il préfère renoncer. Des missions d'explorations occidentales ne donnent pas de meilleurs résultats. Vers la même période, il court sur les zones désertiques du Taklamakan des histoires de villes englouties, de mirages, d’esprits qui appellent les voyageurs pour les égarer, tout à fait semblables à celles que rapporteront onze siècles plus tard les voyageurs médiévaux. Aux facteurs multiples qui pourraient expliquer la pauvreté des renseignements conservés il faudrait ajouter que pendant l'Antiquité au moins, en un point capital du trajet, véritable borne frontière de l’Empire des Sères, le commerce se pratique “à la muette” : vendeurs et acheteurs déposent en un lieu convenu, qui la marchandise, qui le prix proposé et lorsque l’on est parvenu à un accord (parfois sans se voir) chacun remporte sa part de l’échange, toujours sans un mot. Peu importe que ces marchands muets aient eu peu de chances d’être de véritables Chinois, ce procédé d’évitement réduisant le commerce au seul échange des valeurs (et pratiqué en d’autres lieux et à d’autres époques) suffirait à expliquer bien des ignorances.

Transporter, transformer

La Route de la soie offre l'exemple d'un paradoxe. D’une part y circulent les richesses les plus rares et avec elles nombre de connaissances et d’influences culturelles. D’autre part, les hommes s’ignorent, et s’inventent sans se connaître. A Rome on dit les Chinois de très grande taille, aux yeux bleus et aux cheveux rouges. Les Chinois au contraire se plaisent à imaginer les Romains tout à fait comparables aux habitants de l’Empire du Milieu. Pareilles fables se perpétuent des siècles. Les Chinois appellent Rome le Da Qin (la grande Chine), tandis que, de leur côté les Romains rêvent du Pays des Sères, le peuple qui fabrique la soie. En dépit des relations commerciales qui s’intensifient, il faudra attendre le XIIIe siècle, avec le temps des Mongols, et quelques voyageurs médiévaux dont Marco Polo n'est que le plus illustre, pour que les mondes européen et chinois commencent à se connaître. Et ce n’est qu’au temps des missions jésuites en Chine, au XVIe siècle que les Européens acquerront des connaissances géographiques et historiques acceptables sur la Chine tandis qu’en retour celle-ci commencera vraiment à soupçonner à quoi ressemble le monde occidental. La route de la soie a donc bien fonctionné comme un lien entre les peuples de l'Eurasie, comme la grande voie des relations commerciales, religieuses et culturelles. C'est un fonctionnement à plusieurs temps : la chose (la soie marchandise), la connaissance de la chose (au sens des techniques et moyens de la sériciculture), les hommes (des marchands de l'Antiquité aux voyageurs et missionnaires médiévaux) et la connaissance des hommes (telle qu'on peut la mesurer par la diffusion de manuscrits ou de récits) ont toujours été comme décalées.

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Pourtant la soie finit par échapper à l'Empire du Milieu. Plusieurs récits proposent une description de l'évasion des graines. Comme celui rapporté par Hiuan-Tsang, un des pèlerins chinois partis à la recherche des Soutras bouddhiques en Inde. Tout au long de son voyage au milieu du VIIe siècle, il tient son journal et note ce qu'il voit et ce qu'il entend sur les pays qu'il traverse. Parmi ces histoires il raconte comment un des premiers rois du Khotan parvint à fabriquer de la soie. Au début du V° siècle la soie tissée circule entre la Chine et les pays d'Asie centrale ; elle fait même l'objet d'un trafic qui enrichit nombre d'intermédiaires, certaines tribus turques, l'Empire perse, etc., mais personne ne sait la produire. Celui qui y parviendra s'enrichira considérablement. Pour cela il faut se procurer mûriers et vers à soie. "Le roi (du Khotan), ayant appris que le royaume de l'Est (la Chine) en possédait y envoya un ambassadeur pour en obtenir. A cette époque, le prince du royaume de l'Est les gardait en secret et n'en donnait à personne, et il avait défendu sévèrement aux gardes des frontières de laisser sortir de la graine de mûriers et de vers à soie. Le roi de Khotan, dans un langage soumis et respectueux, demanda en mariage une princesse chinoise. Le prince du royaume de l'Est qui avait des sentiments de bienveillance pour les peuples lointains, accéda sur le champ à sa demande. Le roi de Khotan ordonna à un ambassadeur d'aller au devant de son épouse, et lui donna les instructions suivantes : "Parlez ainsi à la princesse du royaume de l'est : "Notre royaume n'a jamais possédé de soie : il faut que vous apportiez des graines de mûriers et de vers à soie ; vous pourrez vous même vous faire des vêtements précieux."

La princesse n'hésita pas à enfreindre les édits impériaux qui punissaient de mort quiconque exportait graines de vers et de mûriers. Pleine d'astuce elle en cacha dans la ouate de son bonnet "Quand elle fut arrivée aux barrières, le chef des gardiens fouilla partout, à l'exception du bonnet de la princesse qu'il n'osa visiter." La princesse organisa la première production de soie ordonnant par un décret gravé sur une pierre :"Il est défendu de tuer les vers à soie. Quand tous les papillons des vers à soie se seront envolés, on pourra travailler les cocons. Quiconque enfreindra cet ordre sera privé du secours des dieux". C'est pourquoi poursuit le pèlerin chinois, "ce royaume possède des vers à soie et personne n'oserait en tuer un seul."

Les premiers principes de la sériciculture venaient de quitter le pays des Sères, la princesse avait exporté l'élevage du vers à soie et l'indispensable secret du mûrier.
Monopoles

Les princes d'Asie centrale n'étaient pas les seuls à vouloir s'emparer du secret. Byzance n'en pouvait plus de payer des sommes énormes à ses ennemis perses pour importer la soie brute que ses ouvriers savaient travailler mais dont on ignorait la source. L'Empire va mener une guerre de l'ombre et multiplier les sources d'information et d'approvisionnement. Procope de Césarée, décrit comment pour éviter de passer par les Perses Justinien, vers 531, envoya des ambassadeurs chez les rois chrétiens de l'Éthiopie et d'Himyar (le sud du Yémen). Ces missions furent vaines : "Les Éthiopiens, ne pouvaient acheter de la soie aux Indiens, car les marchands perses s'installaient toujours aux ports où accostaient les navires indiens (ils vivent dans un pays voisin) et ils avaient coutume d'acheter leurs cargaisons entières. Quant aux Himyarites, il leur semblait difficile de traverser un pays qui était un désert et si grand que sa traversée était un long voyage, comme de s'opposer à un peuple bien plus guerrier qu'eux mêmes".

cb0d64b55311d9cee84edda021bfe19d_large.jpgPour conserver leur monopole les Perses étaient disposés à payer le prix fort et à acheter tout ce qui était à vendre dans tous les lieux qu'ils pouvaient atteindre. La seconde partie se joue avec le représentant d'un peuple nouvellement venu sur la scène internationale : les Sogdiens. C'est un peuple de marchands qui se répandront de la mer de Chine à Byzance en de nombreux comptoirs ou même simples communautés commerçantes installées dans des cités du bout du monde. Comme le dit la chronique officielle des Tang : "Les gens du pays de Sogdiane sont tous d'habiles commerçants ; partout où l'on peut faire du profit ils sont allés". Ils se sont fixés à l'Est de l'Oxus la mythique ville de Samarcande est leur capitale. A l'époque c'est un centre important où se croisent des commerçants et voyageurs venus du monde entiers. La fresque des ambassadeurs qui est exposé au Musée d'Afrasyab-Samarcande montre des Chinois, des Persans, des Coréens, etc.. et il ne faut pas beaucoup d'imagination pour deviner que parmi eux se glissaient des espions et des aventuriers de toutes sortes. Ils ont d'abord essayé de vendre la soie du Khotan aux Perses qui pour montrer leur mépris la brûlent. Dépités, ils sont allés voir les Byzantins. On a même conservé le nom de l'ambassadeur marchand qui est arrivé à la cour de Justinien (482-465), un certain Maniakh qui réussit au bout de son entreprise à ouvrir une route de la soie en évitant l'Empire sassanide.

Justinien utilisa aussi des agents secrets très spéciaux. C'est encore à Procope de Césarée que nous devons l'histoire. Un jour des moines arrivèrent à Byzance, ils se firent introduire auprès de l'empereur et lui offrirent le vrai secret de la soie. Ils lui expliquèrent : "Nous avons résidé longtemps dans une région où il y plusieurs cités indiennes bouddhistes et qui se nomment Serinda. L'élevage du ver à soie y est pratiqué ; si vous le voulez nous vous en rapporterons le secret." Les moines précisèrent alors que la soie était produite par "certains vers à qui la nature avait enseigné cet art et rendu aisée leur tâche". Ils ajoutèrent : "Il est impossible à cause de la distance de rapporter des chenilles vivantes, mais nous aurons recours à une ruse. Les graines de ces vers sont constituées par une multitude d'oeufs. Longtemps après la ponte, les autochtones les recouvrent de fumier en les chauffant ainsi pendant un temps suffisant pour que les animaux naissent. Ils nous sera facile de cacher ces oeufs une fois que les chenilles auront pondu". Justinien leur promis ce qu'ils voulurent. Les moines peut-être s'agissait-il de ces moines bouddhistes qui parcouraient les chemins en s'appuyant sur leur long bâton , dérobèrent les graines, les rapportèrent nous dit la légende dans leurs bâtons creux, et les livrèrent à l'Empereur. Cette fois, Byzance pouvait produire de la soie.

La nouvelle industrie fut protégée d'éventuels espions par les peines les plus lourdes. A nouveau la soie devenait synonyme de secret d'État. Les Empereurs ne prenaient pas moins au sérieux sa symbolique : peine de mort pour qui osait fabriquer certaines variétés de pourpre réservées à la cour, châtiments terribles pour qui aurait tenté de débaucher ou faire fuir les ouvriers des ateliers impériaux, stricts contrôles douaniers... Du reste la soie n'était-elle pas cotée à un prix équivalent en esclaves et sa circulation strictement contrôlée ? La soie impériale surveillée par la terrible bureaucratie servait à payer les serviteurs de l'État, à remplir ses caisses, mais aussi à doter les monastères, à glorifier Dieu et l'Empire grâce au plus désirable des ornements. Lorsque les Arabes propageant l'islam eurent conquis les terres de l'Asie centrale à l'Atlantique la sériciculture se répandit avec eux.

Après avoir conquis la Perse, ils développèrent l'élevage de la soie autour de la Méditerranée. Seuls les Européens, les Francs, étaient exclus du secret. Il leur faudra quelques siècles pour maîtriser toutes les étapes qui, depuis l'élevage de chenilles de bombyx mori aboutit aux brocarts mêlés de fils d'or et d'argent que revêtaient les princes de l'Église et du monde.

220px-Roger_II_Sicily.jpgAu XIIe siècle seulement le roi normand Roger II établit en Sicile une industrie de sériciculture ; un siècle plus tard, les tisserands s'installeront en Italie et en Espagne, en attendant la France et l'Angleterre : l'Europe est enfin en mesure de fabriquer le tissu dont elle rêve depuis longtemps. Le plus long secret de l'histoire a été gardé quatre millénaires.

Quant aux routes terrestres, leur cycle historique s’achève au XVe siècle, après la mort de Tamerlan. Il se voulait le successeur de Gengis Khan. De Samarcande, sa capitale, il avait étendu son pouvoir jusqu’à Bagdad, Hispahan et l’Indus, s’apprêtait à conquérir la Chine. Après son règne, il n’y a aura plus de grand empire des steppes au coeur des routes de la soie. Vers la même époque, la nouvelle dynastie chinoise de Ming décide de fermer l’Empire aux relations extérieures : la construction de bateaux hauturiers est punie de mort et les caravanes se font plus rares.

Routes et obstacles

Peu après d’autres acteurs entrent en scène dans le commerce entre Est et Ouest. Les Portugais lancent les grandes explorations. A la fin du XVe siècle, ils ouvrent la voie des Indes par le cap de Bonne de Espérance. Désormais les nouveaux découvreurs vont “faire des chrétiens et chercher des épices”; ils ouvrent le chemin de l’Extrême Orient aux missionnaires dont les fameux jésuites, en attendant compagnies européennes des Indes. Le négoce de la soie subsiste mais bien d’autres produits la supplantent; tout l’Ancien Monde est maintenant accessible et connu; le mythe des routes de la soie vient de mourir. La route des épices, vient, elle de connaître un renouveau décisif.

Elle n'est pourtant pas nouvelle. Dès l'expédition d'Alexandre les aromates de l'Océan Indien sont connus en Europe. Les botanistes grecs mentionnent la cannelle, la cardamome et le poivre. Avant la soie les Romains connaissent le poivre, la cannelle, le safran et toutes sortes de produits culinaires et médicaux. Pline l'Ancien cite particulièrement la cannelle "si rare et si appréciée qu'elle est vouée aux honneurs par les grands du jour. L'empereur Vespasien est le premier qui ait dédié dans le temple du Capitole et dans celui de la Paix des couronnes faites de cinnamomum (cannelle) incrustée dans de l'or ciselé." Le poivre est importé en si grandes quantités qu'il provoque une hémorragie d'or et d'argent. Quand le roi wisigoth Alaric s'emparera de Rome en 410 il réclamera une rançon payée en poivre : 5000 livres ; de même, peu après, quand Attila menace Théodose II empereur de Constantinople, il se fait payer en poivre pour épargner la ville.

Notre mot épices vient du latin species, qui signifie marchandises rares. Rares, mais pas inconnues : le monde romain sait parfaitement que les épices proviennent des Indes avec lesquelles il a établi des liens commerciaux, de l'île de Ceylan, voire de Malaisie. Depuis que le Grec Hippale a inventé l’art de naviguer en fonction de la mousson au I° siècle, les navires marchands savent se rendre aux pays des épices.

Cela annonce une course qui va durer des siècles, saigner l’Europe de ses métaux précieux. mais aussi lui faire découvrir le monde puis le conquérir. Même si la Bible et Hérodote parlent des caravanes d’épices, la partie se joue surtout sur mer. Qui circule dans l’océan Indien, y a ses escales et ses comptoirs est maître des épices. Après la chute de l'Empire romain, il y aura toujours une puissance intermédiaire qui s'interpose entre le monde occidental et les pays des épices. Il y a coupure entre l'Océan Indien et l'Europe. personne n'imagine contourner l'Afrique.

Les navires perses puis byzantins se risquent jusqu’à Ceylan et la côte de Malabar. Les triomphes de l’Islam séparent le monde méditerranéen de tout accès aux pays des plantes parfumées. Mer Rouge et golfe Persique sont interdits aux navires chrétiens. Le marin arabe, lui, est partout chez lui sur la route de la mer Rouge à la mer de Chine. Les marchands indiens ou malais avec qui il traite sont souvent des coreligionnaires et il a ses mosquées et ses entrepôts jusqu’à Canton.

Les croisades réapprendront les épices aux Occidentaux. Ils fréquenteront les marchés du Levant et seront plus avides encore d'épices, symbole de luxe par excellence. On en raffole dans la cuisine et on leur attribue mille pouvoirs curatifs. Mais ils sont achetés à Beyrouth ou au Caire, et il faut passer par l’intermédiaire vénitien qui fonde sur ce commerce une grande partie de sa puissance.

Au XVe siècle, au début des grandes découvertes européennes, les épices arrivent par deux voies. La route maritime commence par le trajet des jonques chinoises et bateaux malais. Ils amènent les épices orientales, y compris les rarissimes muscade et girofle qui ne poussent qu'aux Moluques jusqu'à Ceylan et la côte de Malabar. Là, interviennent les Perses et Egyptiens qui, par la mer Rouge, mènent les épices jusqu'aux échelles du Levant, où les Vénitiens viennent s'approvisionner. Le tout donne lieu à la multiplication du prix d'étape en étape et à la perception de lourdes taxes par les puissances intermédiaires. Par terre, les caravanes contournent le désert du Turkestan jusqu'à Bassorah et à la Perse ou encore passent par la vallée de l'Indus via l'Afghanistan : c'est le même trajet que la route de la soie. Deux épices ont un statut à part : le clou de girofle et la noix de muscade dont on dit qu'ils proviennent d'îles au delà du détroit de Malaca. Les Arabes les achètent à des intermédiaires généralement malais. Les savants de l'Islam, s'ils donnent une place à ces épices dans leurs traités de pharmacopée, se contentent très vaguement d'en situer l'origine vers Java.

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Mais, par terre ou par mer, les Européens sont incapables de s'approvisionner directement. Débarquer aux Indes, emplir ses cales de poudres odorantes, poivre de Malabar, cannelle de Ceylan s’en retourner, et les vendre vingt fois leur prix tel est longtemps le rêve des aventuriers, marchands et princes d’Europe. L'un d'eux, Henri de Portugal, dit le Navigateur lance systématiquement des expéditions le long de la côte africaine, accumule les informations géographiques ou pratiques sur la route des Indes. À ce stade, il n'y a pas de secret ou de mystère des épices à proprement parler. Chacun sait que ce sont des plantes qui poussent aux Indes, à Ceylan, dans des îles plus orientales. Certes, il court des légendes sur les Indes fabuleuses. Certes l'Europe se fait une représentation géographique erronée de l'Océan Indien que la plupart s'imaginent, sur la foi des auteurs antiques, comme une mer close. Certes, l'erreur de Christophe Colomb parti chercher les épices des Indes par la voie occidentale et prenant Cuba pour la Chine témoigne spectaculairement des aléas de la géographie de l'époque. Certes, techniques de navigation, rapports de pilotes et surtout cartes sont considérées comme de vrais secrets militaires et les histoires d'espionnage ne manquent pas. Mais les épices ne sont pas protégées par des mystères ou par la dissimulation. Il est simplement impossible d'atteindre les sources d'approvisionnement. Des voyageurs sont parvenus sur place mais pas avec une caravelle dont on puisse remplir les cales plus quelques canons pour inciter les souverains locaux à ne pas s'opposer au remplissage des dites cales.

Ce sera bientôt chose faite. En 1498, Vasco de Gama passe le cap de Bonne Espérance et parvient à Calicut après avoir contourné l'Afrique. Suivent quelques guerres, et l’arrivée des Portugais en Chine et au Japon, et leur installation au delà du détroit de Malaca. En 1557, ils installent même une enclave sur la côte chinoise, à Macao.Magellan, parti en 1519 pour son tour du monde fait escale aux Moluques, ne manque pas de faire provision de muscade et de girofle . Il incite les Espagnols à s'emparer de ces îles. Pour peu de temps : en 1529, le pape partageant l'Orient par le traité de Saragosse donne les îles aux épices aux Portugais.

Grandes compagnies et grands secrets

Le XVIIe siècle est celui des Hollandais. Tandis que les compagnies des Indes fleurissent dans toute l'Europe, en quelques décennies, les Hollandais arrachent aux Lusitaniens leurs comptoirs d’outre mer. Les Hollandais, ou plutôt la V.O.C., Compagnie Unifiée de Indes Orientales, plus puissante qu’un État, et qui s’approprie des territoires. Il n’est plus question d’exclusivité sur la cannelle qui se trouve en Inde, à Ceylan et en Indonésie, ni sur le poivre en Inde et dans tout l’Extrême Orient voire à Madagascar. Subsistent deux monopoles absolus : ceux de la muscade et surtout du clou de girofle cultivés exclusivement aux Îles aux Épices, les Moluques. Elles appartiennent à la V.O.C., dont les tribunaux et les gibets protègent le privilège. "Il n'a y a point disait un Français en 1697 d'amants si jaloux de leurs maîtresses que les Hollandais ne le sont du commerce de leurs épices"

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La V.O.C. est la première grande compagnie capitaliste, dotée de prérogatives étatiques : battre monnaie, avoir une armée, signer des traités, administrer la justice, y compris la peine de mort dont elle n'est pas avare. Les dirigeants de la compagnie, les très puissants membres du Comité des XVII, s'adressent aux États généraux de Hollande sur un pied d'égalité Ils leur écrivent qu'il considèrent leurs possessions des Indes orientales comme des propriétés privées, ne relevant que de leurs actionnaires. De ce fait, ils ont, proclament-ils, le droit de céder ces biens à qui ils veulent fut-ce au roi d'Espagne ou à tout autre ennemi de leur pays. Libérée de toute contrainte politique, les Portugais éliminés, les Européens éloignés, les populations locales sous le joug, la V.O.C. n'a à se soucier que de deux choses : protéger son monopole et maintenir le prix des épices.

Elle contrôle flux et stocks. Pour soutenir le cours des clous de girofle et noix de muscade, les Hollandais en détruisent périodiquement les réserves. La cérémonie a lieu à Batavia, l'actuelle Djakarta; elle est connue comme la "fête de l'incendie des Épices". Parfois aussi, ce sont les stocks accumulées à Amsterdam qui sont détruits. En 1760, un Français assiste ainsi à la crémation d'années d'épices accumulées dans les greniers afin d'en garantir la rareté et d'en soutenir le cours. Deux jours de suite, un brasier public consomme l'équivalent de millions d'argent de France en girofle et muscade. Les spectateurs de cette invraisemblable cérémonie de destruction ont les pieds plongés dans plusieurs centimètres de l'huile parfumée et probablement les narines pleines d'une des odeurs les plus capiteuses qui soit.

La V.O.C. a une autre obsession : le secret des plants. Elle entend interdire qu'une seule racine puisse être cultivée ailleurs que sur les terres qu'elle contrôle : une multitude d'îles difficiles à surveiller où contrebande et piraterie sont des traditions séculaires, où les roitelets locaux ne sont pas sûrs et où les agents des autres grandes compagnies, anglaises, françaises, suédoises ou autres ne demandent qu'à s'infiltrer. Il n'y a que deux solutions : restreindre les surfaces cultivées aux zones les plus faciles à contrôler, puis les truffer de gardes et soldats. Il s'agit de faire régner la terreur pour guérir contrebandiers et espions de la tentation d'exporter une racine, ou d'acheter une simple carte.

La V.O.C. instaure la monoculture chaque fois qu'elle le peut pour restreindre les zones à surveiller à quelques champs gardés comme des forteresses. Ailleurs on détruit. Parfois contre le gré des chefs locaux, parfois en les achetant pour obtenir le droit d'arracher des plants. Parfois aussi, la Compagnie s'empare par la force d'îles sans intérêt stratégique immédiat, mais où des concurrents pourraient songer à cultiver les mêmes épices ou des contrebandiers à s'installer : c'est le cas à Macassar dans les Célèbes. Par la violence, l'obstination et la discipline, la V.O.C. obtient ce qu'elle veut : la monoculture et le monopole Autre avantage : les territoires ainsi spécialisés seront plus dépendant économiquement de la Compagnie et de ses importations.

Louis-Antoine_de_Bougainville.jpgBougainville au cours de son tour du monde, est déporté par la mousson entre les Malouines et l'Inde. La mer le contraint à chercher refuge aux Moluques. Il résume le système de spécialisation des îles." Par ce moyen, tandis que la cannelle ne se récolte que sur Ceylan, les îles Banda ont été seules consacrées à la culture de la muscade ; Amboine et Uleaster qui y touche à la culture du gérofle sans qu'il soit permis d'avoir du gérofle à Banda ni de la muscade à Amboine. Ces dépôts en fournissent au-delà de la consommation du monde entier. Les autres postes des Hollandais dans les Moluques ont pour objet d'empêcher les autres nations de s'y établir, de faire des recherches continuelles pour découvrir et brûler les arbres d'épicerie et de fournir à la subsistance des seules îles où on les cultive."

Les indigènes sont parfois déportés, comme aux îles de Banda et vendus comme esclaves à Java. Opérations policières contre les trafiquants et répression militaire des révoltes alternent. Les Hollandais eux-mêmes sont épiés et contrôlés. Les marins et les employés qui travaillent sur place sont tenus, lorsqu'ils repartent, de rendre toutes les cartes et documents qu'ils posséderaient. Un malheureux Batave qui avait conservé un bout de plan et s'était fait prendre à le montrer à un Anglais est fouetté, marqué au fer, et déporté dans une île déserte. Dans d'autres cas, c'est le gibet. La Compagnie multiplie les garnissons ; elle expulse les étrangers et ne laisse débarquer les marins ou voyageurs que sous bonne garde. Bougainville lui-même, lors de son escale forcée aux Moluques est accueilli par des soldats menaçants. Le résident de l'île exige de savoir le motif de cette escale, fait remplir une déclaration écrite à Bougainville et lui interdit de mouiller dans les eaux territoriales de la Compagnie, malgré les prières que lui fait le Français au nom de la simple humanité de le laisser prendre des vivres et des secours.

Dans la course aux épices, notre pays paraît plutôt en retrait. Sous Colbert, est née une compagnie des Indes qui aura des comptoirs comme Surate, Chandernagor, Masulipatam et Pondichéry. A la suite d’une révolte à Madagascar en 1674, les Français commencent à peupler les Mascareignes où ils créent une escale pour leurs navires sur la route des Indes. Cela ne fait pas de la compagnie française une très redoutable rivale de la V.O.C. Pourtant c'est un Français qui violera le secret des épices hollandaises.

Voleur d'épices

Voler des plants et les acclimater dans nos possessions, tel est le projet d'un jeune homme téméraire, en 1748. Lyonnais et nullement marin de vocation, ancien séminariste, missionnaire indocile, auquel un boulet anglais, rencontré en mer de Chine, a enlevé le bras et la vocation ecclésiastique (on ne peut bénir sans main droite !), se pique de littérature et de science. Ce personnage imaginatif au nom prédestiné : Pierre Poivre, sera le plus grand voleur d’épices de l’histoire : mais cela lui prendra un quart de siècle.

Envoyé par la Compagnie avec une frégate pour le “commerce de la Chine” et afin de “découvrir des épiceries fines” et de les transplanter sur nos terres, Poivre rapporte d’une première expédition en Cochinchine des plants de riz et des vers à soie, mais de girofle point. Aux Philippines, il s’informe des îles aux épices et finit même en 1752, peut-être grâce à quelque trafiquant de Manille, par se procurer une poignée de noix de muscade. Il les introduit en île de France cousues dans son habit pour en tirer cinq malheureux plants qui périssent, peut-être assassinés par un botaniste jaloux. Seconde tentative en 1755 : Poivre trouve d’autres plants à Timor : nouvel échec, sans doute nouveau sabotage. Du coup, il rentre en France et s’y marie.

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Le jeune couple retourne aux Mascareignes en 1768, Pierre étant nommé intendant des îles de France et de Bourbon que la Compagnie découragée a rétrocédées au roi. Pendant ce séjour, les Poivre reçoivent des visiteurs illustres : Bernardin de Saint-Pierre qui tombe amoureux de la belle mais fidèle Françoise et Bougainville achevant son tour du monde. Poivre l’intendant n’oublie pas les rêves de Poivre l’aventurier et envoie des frégates vers les Moluques. Ses envoyés trompent la surveillance des Hollandais, et, avec la complicité d’indigènes heureux de se venger de l’occupant, finissent par réussir. En 1770 deux frégates conduites par Poivre font le voyage aux Moluques sans se faire prendre par les sbires de la V.O.C. ni par les pirates. Elles ramènent en île de France 454 pieds de muscadiers et 70 girofliers. Poivre les cultive dans le jardin des Pamplemousses à Port-Louis, capitale de l'île de France. Le jardin est devenu un centre botanique expérimental sans égal. Et pour son couronnement le roi Louis XVI recevra un cadeau dont la royauté rêvait depuis longtemps : une noix de muscade produite en Terre de France. Des plants sont envoyés à l'île Bourbon et en Guyane française. Les larcins de Poivre seront les ancêtres des cultures de Zanzibar, de Madagascar, des Antilles, des Comores et des Seychelles. À ce moment le blocus hollandais est devenu sans efficacité et leur monopole est perdu.

Giroflier et muscade ont disparu des Mascareignes ; de l’épopée des voleurs d’épices ne subsiste guère qu’une curiosité touristique : le château de Mon Plaisir construit sous la Bourdonnais et son jardin royal du quartier des Pamplemousses au nord ouest de Maurice. C’est là que l’obstiné Poivre se livrait à ses tentatives de transplantation, et, arrachant le secret des îles secrètes et odorantes, condamnait la route aux épices.

mardi, 12 avril 2016

Les Pays-Bas ont-ils ouvert une crise continentale?

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Les Pays-Bas ont-ils ouvert une crise continentale?

Ex: http://www.leblancetlenoir.com

Les Pays-Bas font partie des Etats fondateurs de l’Union Européenne. Signataires du traité de Rome, ils sont historiquement attachés au libre-échange et à la construction communautaire. Un tiers d’entre eux s’est déplacé cette semaine au referendum d’initiative populaire sur l’accord de libre association entre l’Union Européenne et l’Ukraine. À une écrasante majorité, les électeurs ont manifesté leur opposition à ce texte, ce qui empêche sa ratification par le pays. Potentiellement, c’est la politique de l’Union vis-à-vis de l’Ukraine qui est remise en cause.

Les Pays-Bas, ce caillou dans la chaussure européenne

Pour l’Union, mise à rude épreuve par la crise des migrants qu’elle a très provisoirement réglée, le referendum hollandais est un mauvais présage. À quelques semaines du referendum britannique, le signal envoyé est celui d’un refus populaire et majoritaire opposé à la conception germanique de l’Union.

C’est en effet l’Allemagne qui a pesé de tout son poids pour soutenir l’Ukraine contre la Russie. Et c’est l’Allemagne qui a tendu les relations avec Poutine en favorisant la construction de relations bilatérales privilégiées avec l’Ukraine. Ces choix sont en tout cas mal compris à l’Ouest, où les Néerlandais viennent de les rejeter officiellement.

Il va maintenant falloir faire avec ce nouvel incident de parcours qui affaiblit la légitimité des politiques européennes. Formellement, l’accord d’association ne pourra se passer de la ratification néerlandaise sans perdre ses bases juridiques. L’option finale sur le dossier risque d’être compliquée à assumer.

L’Union est-elle menacée?

A ce stade, ni Jean-Claude Juncker ni Donald Tusk n’ont annoncé le moindre changement dans les options communautaires. Si cet attentisme se justifie par le besoin de laisser le gouvernement néerlandais digérer son échec, il rappelle aussi que l’Union n’est pas conduite aujourd’hui par des leaders charismatiques capables de dégager des visions à long terme.

Cette apathie politique de l’Union est probablement son handicap fondamental. Le sentiment que les peuples aboient et que la caravane communautaire passe devrait en sortir accentué. Le « cause toujours tu m’intéresses » de la démocratie européenne est une donnée brute de l’Union.

On en mesurera le prix lors du referendum sur le Brexit. Face à des Britanniques épuisés par la machinerie bruxelloise, l’immobilisme de Donald Tusk (qui s’est empressé de dire que le referendum néerlandais ne changerait rien à court terme), le président du conseil, devient un jeu dangereux.

Le traité transatlantique et le suicide européen

On notera au passage que Juncker et Tusk ne sont pas les seuls à jouer avec le feu. Angela Merkel, leur mère protectrice, continue à épuiser ses voisins avec ses lubies. La dernière en date consiste à pousser à la conclusion rapide du traité de libre-échange transatlantique. Le sommet franco-allemand a permis de l’évoquer. Voici ce qu’indique le relevé de décisions:

La France et l’Allemagne soutiennent la conclusion d’un accord entre l’Union européenne et les Etats-Unis qui soit ambitieux, équilibré et mutuellement bénéfique, si possible avant la fin de l’année si les conditions sont réunies. L’accord de partenariat commercial transatlantique, en permettant un accès renforcé au marché américain pour nos entreprises, devra offrir des opportunités pour plus de croissance et d’emploi en France et en Allemagne et permettra une coopération réglementaire selon les normes les plus élevées pour une économie durable.

La France et l’Allemagne seront en particulier vigilantes sur l’atteinte d’un résultat ambitieux et équilibré pour l’Union européenne dans les négociations, notamment sur l’accès aux marchés publics aux Etats-Unis, y compris au niveau subfédéral, sur la reconnaissance des indications géographiques, sur les services (transport maritime et coopération réglementaire en matière de services financiers en particulier), ainsi que sur les questions non-tarifaires dans le domaine agricole et agro-alimentaire, ou encore sur des objectifs ambitieux s’agissant du développement durable et de la responsabilité sociale des entreprises.

En ce qui concerne le mécanisme de règlement des différends investisseur/Etat, l’accord est une occasion d’établir un modèle pour les futures négociations commerciales, sur la base des propositions faites par la Commission.

Mais qu’espère Angela Merkel avec ce traité?

http://www.eric-verhaeghe.fr/pays-bas-ont-ouvert-crise-co...

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vendredi, 08 avril 2016

Pays-Bas: rejet massif de l’accord d’association entre l’Ukraine et l’UE

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Pays-Bas: rejet massif de l’accord d’association entre l’Ukraine et l’UE

Ex: http://zejournal.mobi

Les Pays-Bas disent « non » à 61%

Les électeurs néerlandais ont dit massivement non mercredi 6 avril, à l’accord d’association entre l’Ukraine et l’Union européenne lors d’un référendum convoqué par des groupes eurosceptiques devenu un vote symbolique sur l’UE, affirme l’agence de presse néerlandaise ANP.
Se fondant sur les résultats de 191 municipalités, l’ANP annonce que le non l’emporte avec 61,1%, et que le taux de participation s’élève finalement à 32,2%. Des estimations initiales le plaçaient sous les 30%, ce qui aurait invalidé le scrutin.

Le référendum - dont les organisateurs admettent qu’il ne concerne pas l’Ukraine mais répond à une animosité plus large envers l’UE - était suivi de près par les Européens, Kiev et Moscou. Les résultats seront également examinés à la loupe en Grande-Bretagne, quelques mois avant le vote de juin sur une sortie de l’Union européenne.

Le Premier ministre néerlandais, favorable à l’accord

Le Premier ministre libéral Mark Rutte avait appelé dans la journée ses concitoyens à approuver l’accord, qui vise à renforcer le dialogue politique ainsi que les échanges économiques et commerciaux entre l’UE et l’Ukraine. « Nous devons aider l’Ukraine à bâtir un Etat de droit, à construire sa démocratie, à soutenir ses minorités, notamment les juifs, et la communauté homosexuelle », a-t-il lancé.

En Ukraine, on se souvient de la volte-face de l’ancien président Viktor Ianoukovitch, qui avait renoncé au dernier moment, sous la pression de Moscou, à signer cet accord, et avait provoqué le soulèvement proeuropéen du Maïdan en 2013. Pour Kiev, qui a envoyé des ministres faire campagne aux Pays-Bas, cet accord représente une « nouvelle ère » pour l’Ukraine, tandis que Moscou le considère comme un empiètement des Européens dans sa sphère d’influence.

NLref.PNGLe débat sur la ratification de l’accord relancé

Certaines associations eurosceptiques, ayant appelé à ce vote, estiment que l’accord n’est qu’un exemple de plus d’une Union européenne bureaucratique et technocratique ayant perdu le contact avec les citoyens.

Les Pays-Bas sont le dernier pays de l’UE à ne pas avoir ratifié l’accord, qui a cependant reçu le feu vert du Parlement. En dépit de son caractère consultatif, le scrutin contraint le Parlement à débattre à nouveau sur la ratification de cet accord d’association et risque de plonger le gouvernement néerlandais dans un abîme de difficulté ; d’autant plus que celui-ci assure actuellement la présidence semestrielle tournante du Conseil de l’Union européenne, rapporte notre correspondant à Bruxelles, Quentin Dickinson.

Stupeur en Ukraine

C’est avec stupeur, que le résultat du référendum hollandais a été accueilli en Ukraine, un pays dont une grande partie de la population se déclare toujours favorable à un rapprochement avec l’Union européenne. Cet échec est une épine de plus dans le pied du président Petro Porochenko, déjà mis en cause, depuis quelques jours, dans le scandale des Panama Papers, rapporte notre correspondant à Kiev, Laurent Geslin.

C’est aussi un camouflet pour le Premier ministre Arseni Iatseniouk, résolument pro-européen, mais qui ne dispose plus au Parlement d’une majorité lui permettant de gouverner. En attendant un hypothétique changement à la tête de l’exécutif, les citoyens ukrainiens commencent à réaliser que l’Union européenne en crise n’est pas en mesure de résoudre les problèmes structurels qui touchent l’Ukraine, à commencer par une corruption endémique et la faillite de l’Etat de droit.

Désormais tous les regards sont tournés vers le Parlement néerlandais qui suite au référendum, pourrait dénoncer l’accord d’association et donc rendre le texte caduque.