vendredi, 29 août 2025
La colère de Modi
La colère de Modi
Andrea Marcigliano
Source: https://electomagazine.it/la-collera-di-modi/
Le Premier ministre indien Narendra Damodardas Modi, est un homme pragmatique. Au point de paraître cynique et sournois dans son comportement politique. Cependant, il reste toujours lucide dans ses manœuvres entre les grandes puissances. Il évite de prendre parti. Il conserve ainsi cette « autonomie » qui, à bien y regarder, a toujours caractérisé la politique indienne. Indépendamment de qui gouverne à New Delhi.
Cette fois-ci, cependant, les choses semblent avoir pris une tournure très différente.
Car Modi, et avec lui tout le sommet de l'Union indienne, n'a pu s'empêcher de se mettre en colère. Et de se mettre profondément en colère. Contre Trump.
Le président américain a en effet tenté de faire pression sur New Delhi pour la rapprocher de l'Occident. C'est-à-dire pour en faire une alliée, notamment contre la Russie. Pays auprès duquel l'Inde achète, comme elle l'a toujours fait d'ailleurs, une grande partie du pétrole et du gaz nécessaires à son économie en pleine croissance.
Ce qui n'a toutefois jamais impliqué un déplacement de l'axe de référence indien.
Avec Modi, l'Union a en effet poursuivi la politique de non-alignement qui a caractérisé toute son histoire.
Une politique difficile, certes. Et non dépourvue de zones d'ombre et d'ambiguïtés.
Cependant, Modi avait jusqu'à présent réussi à faire partie des BRICS sans devenir subordonné ou allié étroit de Moscou ou de Pékin.
Un art difficile, comme je le disais. Cependant, les Indiens sont parmi les pères fondateurs de l'alchimie et savent bien doser les poisons et les médicaments.
Trump, cependant, a exécuté une démonstration de force. Il a tenté d'imposer les États-Unis comme seul fournisseur de gaz et de pétrole, à un prix franchement absurde. Multiplié plusieurs fois par rapport à celui qu'offre la Russie.
Et il l'a fait en menaçant New Delhi d'imposer des sanctions, des droits de douane très lourds de 50%, sur les exportations indiennes vers les États-Unis.
Une perspective en soi déjà inacceptable pour Modi. À cela s'est ajouté le ton des déclarations publiques de Trump. Il s'est laissé aller à une ironie lourde sur l'Union indienne, se moquant de ses capacités de croissance économique, de son développement. De sa politique.
Nous savons bien que The Donald est ainsi. Et que c'est ainsi qu'il a l'habitude de mener ses « affaires ». En augmentant le prix, voire en insultant, pour ensuite parvenir à un accord.
En somme, c'est son « style ». Et il n'y a rien à y faire.
Seulement, Modi a lui aussi son style. Complètement différent. Et il s'est offensé. Tout comme, d'ailleurs, tous les dirigeants de l'Union indienne. Qui ne sont pas disposés à subir les diktats de Trump. Et ses crises de colère injustifiées.
La réaction a donc été extrêmement dure. Une réponse sèche. Qui ne laisse aucune place à des répliques ou à des négociations. Du moins pour le moment.
Le résultat est que l'Inde semble s'être encore davantage rapprochée de la Russie et de la Chine. Une musique douce aux oreilles de Poutine. Et, peut-être surtout, à celles de Xi Jinping. Qui voient ainsi se consolider le front hétérogène des BRICS.
Qui prend de plus en plus d'importance sur le plan politique. En plus de son importance économique.
20:45 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, inde, asie, affaires asiatiques, politique internationale, donald trump, narendra modi | |
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