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dimanche, 20 décembre 2020

La Grèce s’arme contre Erdogan

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La Grèce s’arme contre Erdogan

par Alberto Negri

Source : The Southern Daily & https://www.ariannaeditrice.it

Athènes dépense 5,5 milliards d'euros en armements, dont 18 avions de chasse français Rafale. La tension est élevée en Méditerranée orientale avec la Turquie sur les frontières maritimes de la Grèce, avec le gaz offshore mais il y a beaucoup plus : nous assistons à un jeu géopolitique impliquant la France, l'Egypte, Israël, les Emirats. L'Italie, l'Allemagne et l'Espagne sont les abonnés absents.

Un vent de guerre souffle-t-il à l'ère du Covid ? Seul l’éventualité très plausible d’un affrontement avec la Turquie peut pousser la Grèce - en pleine crise économique à cause de la pandémie - à dépenser 5,5 milliards d'euros en armements, dont les 18 Rafale français. Cela signifie que la tension dans l'est de la Méditerranée a atteint un niveau très élevé.

Le point de non-retour avec la Turquie d'Erdogan a été franchi depuis longtemps, mais les opinions publiques font comme si de rien n'était.  En Europe, elles espèrent que sous la menace de sanctions européennes, Ankara fera marche arrière. En réalité, il est difficile d'imaginer que le sultan, membre de l'OTAN, ne l’oublions pas, renoncera à ses provocations comme il le fait périodiquement en envoyant d'autres navires dans la zone économique exclusive des Chypriotes grecs, tracée selon des conventions qu'Ankara n'a jamais signées.

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Les dirigeants de l'Union européenne réunis à Bruxelles pour le sommet des 10 et 11 décembre ont décidé de sanctionner les actions "illégales et agressives" de la Turquie en Méditerranée dans les eaux territoriales de la Grèce et de Chypre. En réalité Ankara ne semble pas du tout troublé par cette menace de sanctions. Celles-ci ne sont pour l'instant que cosmétiques et Erdogan s'en est déjà moqué, comme de celles imposées par les Américains à cause de l'achat par la Turquie de systèmes antimissiles russes S-400.

Le front des sanctions dures et pures semble en fait plutôt minoritaire si l'on considère que l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie sont favorables à une ligne plus souple, tandis que la France, la Grèce et Chypre voudraient plutôt imposer des sanctions économiques sévères et un embargo sur les ventes d'armes à la Turquie. Les divisions dépendent évidemment de la prévalence des intérêts nationaux sur les intérêts communautaires.

Le cas de l'Italie en est un exemple clair. Selon l'expert turc Michael Tanchum, analyste à l'Institut autrichien d'études européennes et de sécurité, "la priorité de l'Italie en termes de politique énergétique est la Libye. L'Eni, une société détenue en grande partie par l'État italien, contrôle 45 % de la production italienne de pétrole et de gaz. Tout le gaz de la Libye, tout son gaz naturel va en Italie". Par conséquent, l'ENI et l'Italie ont tout intérêt à s'aligner sur les positions de la Turquie en Libye puisque nos intérêts nationaux en Tripolitaine sont désormais sous protectorat turc. Quant à l'Espagne, les liens avec Ankara sont plutôt économiques. L'Espagne a acheté une grande partie de la dette turque, son engagement s'élève à 63 milliards de dollars, ce qui est plus que la France, l'Allemagne, l'Italie et le Royaume-Uni réunis.

Pour la France, le discours en Méditerranée orientale est différent. Macron a forgé une alliance anti-turque avec la Grèce, Chypre, l'Égypte, Israël et les Émirats, c'est-à-dire avec les partenaires de l'éventuel gazoduc est-méditerranéen qui devrait amener les ressources gazières offshore de l'Égypte, d'Israël et de Chypre de la côte hellénique vers l'Europe.

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Cette alliance a ensuite son prolongement idéologique et géopolitique avec le pacte signé entre la France et le général Al Sisi, récemment décoré à Paris de la Légion d'honneur. Les Français sont les plus grands fournisseurs d'armes au Caire, ont soutenu le général Haftar, allié à Al Sisi en Libye, et, tout comme le général égyptien, sont sur une trajectoire de collision avec Erdogan à propose de son soutien aux Frères musulmans et à l'Islam politique. Un jeu stratégique où Israël fait partie du pacte d'Abraham alors que les monarchies du Golfe soutiennent pleinement, c'est-à-dire avec des dollars en espèces, le régime égyptien qui s'est engagé à combattre les Frères musulmans sur tous les fronts.

C'est pourquoi ce conflit entre Grecs et Turcs est si vaste et incandescent. Avec des racines historiques qui, depuis cent ans, forment, avec les intérêts économiques, un mélange explosif. 

C'est effectivement un conflit qui dure depuis près d'un siècle, depuis la naissance de la Turquie moderne après le traité de Lausanne en 1923. Entre 1958 et 1982, la Convention de Genève sur le droit de la mer (UNCLOS), signée par Athènes, mais pas par Ankara, a donné lieu à une succession de tensions presque continue entre les deux États, qui sont aujourd'hui devenues encore plus explosives. La Grèce a ratifié le traité en 1994 et a depuis lors le droit d'augmenter la limite de ses eaux nationales de 6 à 12 milles nautiques, la Turquie allant jusqu'à menacer de déclarer la guerre si Athènes appliquait ce qui avait été décidé par la CNUDM (= Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer). En fait, la Grèce n'a jamais mis en œuvre la convention. Si la limite de ses eaux territoriales était réellement augmentée de 6 à 12 milles nautiques, 71% de la mer Égée ferait partie des eaux nationales grecques et les eaux internationales seraient réduites de 48% à moins de 20%.

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La Grèce craint un affrontement avec la Turquie et a donc affecté 5,5 milliards d'euros à son programme de réarmement militaire : cela représente une augmentation de 57 % par rapport à 2019 et reflète la nécessité pour Athènes d'assurer sa sécurité dans le contexte de plus en plus tendu de la Méditerranée orientale. C'est un chiffre énorme vu le contexte de la crise déclenchée par la pandémie du Covid-19 qui, cependant, n'a pas arrêté les plans du gouvernement de centre-droit. L'une des premières démarches concrètes sera l'achat de 18 avions Rafale, produits par la société française Dassault mais aussi de chasseurs F-16 américains et de frégates françaises et américaines. La Grèce a également renforcé ses relations militaires avec d'autres pays de la région, tels que les Émirats arabes unis, l'Égypte et Israël, toujours dans le but de consolider une alliance régionale contre la Turquie.

C'est ainsi que la mer, dans notre maison commune méditerranéenne, change de configuration géopolitique. C'est une des raisons pour lesquelles la fourniture d'armes italiennes à l'Égypte - deux frégates pour 1,2 milliard d'euros et d'autres contrats pour un total de 10 milliards - est importante et doit être évaluée avec beaucoup d’attention. Pas seulement à cause de la barbarie de l'affaire Regeni et des gifles assénées par le général contre notre État de droit.

mercredi, 30 septembre 2020

Interview Alexander Markovics situation Turkey - Greece

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Interview Alexander Markovics situation Turkey - Greece

 
 
This is our next GIVN online lecture. This time Alexander Markovics, autor, free journalist, General secretary of Suworow institute and lecturer of geopolitics and New Law. He will explaine the critical situation between, Greece and Turkey.
 
 
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samedi, 24 février 2018

La Turquie menace d’envahir des îles grecques

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La Turquie menace d’envahir des îles grecques

Ex : http://xandernieuws.punt.nl

L’Empire ottoman en voie d’être reconstitué suite aux conquêtes militaires turques

Le retour des années 30 : l’Europe ne fait rien contre les menées d’un dictateur toujours plus agressif

Les chars turcs entrent en Syrie, suite à une opération cyniquement nommée “Rameau d’Olivier”. Si tout dépendait d’Erdogan, d’autres pays voisins de la Turquie connaîtraient le même sort que la région d’Afrin.

Comme ils l’ont dit et répété au cours des dernières années écoulées, le dictateur turc Recep Tayyip Erdogan, son parti l’AKP et aussi une bonne part de l’opposition sont obsédés par la restauration de l’Empire ottoman, s’il le faut par des conquêtes militaires. La campagne contre les Kurdes dans le Nord de la Syrie se poursuit. La Turquie erdoganienne n’a pas cessé de chercher la confrontation avec la Grèce au cours de ces dernières semaines : l’espace aérien grec a été violé 138 fois et un navire patrouilleur turc a éperonné un bateau des garde-côtes grecs. « Ceux qui pensent que nous avons oublié les pays dont nous nous sommes retirés il y a cent ans, se trompent », a dit Erdogan le 12 février. Ces territoires comprennent non seulement la            Grèce mais aussi de larges portions de l’Europe sud-orientale, de l’Afrique du Nord et du Proche- et Moyen-Orient, y compris Israël. « Ce que nous avons réalisé jusqu’ici n’est que pâle esquisse par rapport aux attaques de grande envergure que nous planifions pour les temps à venir, Inch’Allah ».

Les îles touristiques grecques convoitées dans la Mer Egée se trouvent certes devant les côtes turques mais appartiennent légalement et historiquement à la Grèce. Malgré cela, le monde politique turc, dans sa majorité, réclame ouvertement  la reconquête de ces îles. Ainsi, Kemal Kilicdaroglu, chef du plus grand parti d’opposition, le CHP, a promis en décembre dernier que, s’il gagne les élections de l’an prochain, il « envahira et annexera dix-huit îles grecques, exactement comme l’ancien premier ministre Bülent Ecevit le fit en 1974 avec Chypre ». Meral Aksener, chef du nouveau « Bon Parti », lui aussi, a appelé à l’invasion : « Ce qui doit arriver, arrivera ».

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Erdogan menace ouvertement les pays voisins d’une invasion militaire

Le dictateur Erdogan a refait usage le 12 février dernier d’un langage martial, renforcé suite à son invasion de la région d’Afrin en Syrie septentrionale, sous prétexte d’attaquer les Kurdes, invasion qui n’a quasiment reçu aucune réprobation de l’Amérique, de l’Europe et de l’OTAN. « Nous avertissons ceux qui, dans la Mer Egée et à Chypre, ont dépassé les bornes. Ils n’ont du courage que tant qu’ils ne voient pas notre armée, nos navires de guerre et nos avions de combat… Ce que représente Afrin pour nous, vaut aussi pour nos droits en Mer Egée et à Chypre. Ne croyez jamais que l’exploitation des gisements de gaz dans les eaux chypriotes et les actes opportunistes en Mer Egée échappent à nos radars ».

“Tout comme nous avons mis fin aux intrigues par les opérations ‘Bouclier de l’Euphrate’ et ‘Rameau d’Olivier’ (en Syrie), et bientôt à Manbij et dans d’autres régions, nous pourrions mettre un terme aux intrigues de ceux qui se fourvoient le long de notre frontière méridionale… Nos navires de guerre et notre force aérienne surveillent étroitement la région pour intervenir de toutes les manières possibles, si nécessaire ».

“Et ceux qui croient que nous avons oublié les territoires dont nous nous sommes retirés, les larmes au coeur, il y a cent ans, sont dans l’erreur”, a poursuivi Erdogan. « Nous ne cessons de répéter que la Syrie, l’Irak et d’autres territoires sont incrits dans nos cœurs et ne sont pas différents, pour nous, de notre territoire national turc. Nous luttons pour que, partout où l’on entend l’adhan (l’appel islamique à la prière), aucun drapeau étranger ne flottera. Les actions que nous avons menées jusqu’ici ne sont que de pâles esquisses par rapport aux attaques de plus grande envergure que nous planifions pour les temps à venir, Inch’Allah ».

La Turquie exalte des siècles de pure brutalité et d’oppression

Durant les 600 années d’existence du Califat islamique, jusqu’à la première guerre mondiale environ, celui-ci prit la forme de l’Empire ottoman. Pendant ces six siècles, bon nombre de guerres saintes ont été lancées, de nombreux pays ont été occupés, des massacres de grande envergure y ont été perpétrés, des peuples ont été chassés de leurs terres ou partiellement exterminés et tous les ‘kafirs ‘, c’est-à-dire les non-musulmans, ont subi des discriminations et ont été rudement oppressés, tant les juifs que les chrétiens. Ce passé impérialiste, extrêmement violent où se sont succédé de manière ininterrompue des assassinats, des enlèvements, des viols et des conversions forcées, est exalté aujourd’hui par le monde politique turc, où Erdogan semble jouer le rôle du nouveau calife du monde musulman tout entier.

La plus grande attaque turque contre des populations non-musulmanes (chrétiennes en l’occurrence) a eu lieu entre 1914 et 1923, lorsque les Turcs ont exterminé près d’un million et demi d’Arméniens, de Grecs et d’Assyriens et en ont déporté ou chassé des millions d’autres. Malgré ce lourd passé, la Turquie a pu devenir membre de l’OTAN en 1952. Cette adhésion n’a pas empêché les Turcs de commettre, trois ans plus tard, un pogrom anti-grec d’une violence inouïe à Istanbul et d’expulser en 1964 tous les Grecs qui étaient restés dans le pays (alors que la Grèce, elle aussi, était membre de l’OTAN, et l’est toujours. De plus, les Turcs occupent illégalement le Nord de l’île de Chypre depuis 1974.

« La Turquie doit être rendue responsable de ses crimes »

Il faut se rendre compte que, pour Ankara, ces actes relèvent d’une guerre de religion. Le chef du « Directorat d’Etat » pour les affaires religieuses, le « Diyanet », a littéralement décrit l’invasion turque d’Afrin comme un « djihad ». Le Diyanet est également responsable d’un prêche particulièrement agressif, appelant au djihad et au martyr, tenu à Hoorn aux Pays-Bas et que le quotidien néerlandais De Telegraaf a évoqué. Le ministre néerlandais des affaires sociales Koolmees a promis d’enquêter sur cette affaire mais nous ne devons pas nous attendre à une action substantielle de la part des autorités de La Haye puisque nous avons affaire, une fois de plus, à un « islam bénéficiant d’une protection spéciale » dans notre pays.

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“C’est justement parce que les Turcs n’ont jamais été tenus pour responsables de leurs actes criminels et de leurs agressions qu’ils continuent à menacer la sécurité et la souveraineté de leurs voisins », nous avertit le journaliste turc Uzay Bülüt. « Il est grand temps que l’Occident s’éveille et s’occupe d’Ankara » (1).

La question demeure ouverte: ce réveil aura-t-il lieu…? Au cours de ces dernières années, nous avons pu observer qu’à la moindre critique que les Européens leur adressent, les Turcs répondent par des menaces, notamment en promettant de « lâcher » encore quelques millions de « réfugiés syriens ».

Un retour aux années 1930 – Y aura-til une troisième guerre mondiale ?

Les temps que nous vivons aujourd’hui nous rappellent cruellement  les années 1930, lorsqu’un autre dictateur ne fut jamais contrecarré et pouvait utiliser le même langage agressif, avant de commencer, comme les Turcs aujourd’hui, à perpétrer des conquêtes à « petite échelle » comme, par exemple, au Pays des Sudètes. Les historiens sont d’accord entre eux pour dire que l’Allemagne nationale-socialiste n’a pu devenir puissante que grâce à la politique d’apaisement occidentale, avant de déclencher le pire cataclysme guerrier que fut la seconde guerre mondiale.

Cette seconde guerre mondiale pourra toutefois être dépassée en horreur et en victimes par un cataclysme équivalent ou pire que serait un troisième conflit global si on laisse la bride sur le cou d’Erdogan et de ses séides qui commencent aujourd’hui à grignoter le territoire syrien puis grignoteront le territoire grec pour ensuite conquérir quelques territoires balkaniques voire l’Egypte, la Libye et même Israël. L’Europe sera tenue en échec parce que les Turcs la menaceront de lui envoyer quelques millions de réfugiés et d’organiser en son sein une « cinquième colonne », recrutée dans l’immigration d’origine turque, jusqu’au jour où les conquérants turcs se sentiront assez forts pour nous affronter militairement afin de nous inclure dans le califat. 

Xander

(1) Gatestone Institute

samedi, 13 février 2016

Washington, l'Otan, les migrants

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Washington, l'Otan, les migrants

par Jean-Paul Baquiast

Ex: http://www.europesolidaire.eu

On apprend le 12/02, selon la presse, que « l'Otan a décidé d'apporter à l'Allemagne, la Grèce et la Turquie l'aide qu'elles réclament face à la crise migratoire. Le secrétaire général de l'Organisation, Jens Stoltenberg, a annoncé ce jeudi 11 février qu'un groupement naval allié sous commandement allemand allait se rendre sans tarder en mer Egée pour «aider à lutter contre le trafic humain».

" Le commandant des forces alliées en Europe, le général américain Philip Breedlove, «est en ce moment en train d'ordonner au groupement naval permanent (...) de se rendre en mer Egée sans tarder et d'y débuter des activités de surveillance», a précisé Jens Stoltenberg en présentant la mission."

Cette « crise des migrants » sert, comme l'on pouvait s'y attendre, de prétexte à Washington pour s'engager militairement, via l'Otan, en Méditerranée orientale ...ce que l'Amérique fait déjà depuis longtemps, mais plus discrètement et sans recueillir pour cela l'accord de tous les pays européens.

Le prétexte de la crise des migrants ne trompera personne. Ce ne sont pas des navires de guerre de l'Otan qui pourront faire la moindre chose pour empêcher le trafic des passeurs. Il faudrait pour cela qu'ils aient mission de tirer à la mitrailleuse sur leurs embarcations, quitte à augmenter le nombre des noyés parmi les migrants. Or personne ne s'y résoudra, bien entendu. Le prétexte de recueillir des informations sur les passeurs n'a aucun sens. Les informations ne permettront ni à Frontex ni aux garde-cotes grecs d'arrêter les passeurs – sauf encore une fois à tirer sur eux.

Le vrai motif de l'intervention de l'Otan consiste à permettre au général américain Philip Breedlove de déployer des moyens capables d'intervenir directement dans le conflit syrien, en relais de la Turquie et en se substituant à l'Union Européenne et à l'ONU. Cette intervention permettra d'empêcher la Russie de poursuivre la remise en selle de son allié de toujours, Bashar al Assad. Elle rappellera aussi à Chypre et à la Grèce, comme aux pays européens dont les marines nationales pourraient très bien intervenir pour arrêter les trafics à la source, que la Méditerranée est leur mare nostrum.

Tout laisse donc penser que les migrations provenant autant du Moyen-Orient que de l'Afrique ne vont pas s'arrêter, au contraire. Elles servent trop les intérêts stratégiques des Etats-Unis dans cette partie du monde pour ne pas être en partie suscitées par eux. Face à la crise libyenne qui se prépare, tout laisse penser que l'Otan ou à défaut l'US Africa Command ont déjà mis au point des plans d'interventions directes.

La France, au lieu de réagir, laisse faire. Le 11/02 sur France Inter, François Hollande a répété son obstiné « Assad doit partir ». Il sait très bien pourtant que si Assad part, ce seront Daesh et des américano-saoudiens irresponsables qui le remplaceront.

Jean Paul Baquiast

dimanche, 20 décembre 2015

The Aegean Sea and Turkey's Maritime Strategy

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The Aegean Sea and Turkey's Maritime Strategy

Ex: http://www.katehon.com

On December 13th, another incident added fuel to the fire of the already damaged Russian-Turkish relations.

A Turkish fishing vessel, not responding to radio and visual signals, began to approach the Russian patrol ship, Smetlivy, which was anchored at the time of the incident.

To avoid a collision, the crew fired several warning shots at the Turkish vessel, after which it immediately changed directions.

The Russian Defense Ministry explained that two scenarios were possible: it was either a deliberate provocation, or simple sloppiness. The Turkish side said that Russia's reaction was excessive, even though Moscow had previously made an official warning that it would destroy all targets that it saw as a threat.

Indeed, the Turkish vessel's maneuvers could reasonably have been construed as threatening. If, for example it had indeed collided with the Russian patrol ship, and broke a Russian ship board, it would have placed an important naval unit temporarily out of commission, among other possible consequences.

Greek press has uniquely regarded the incident as a deliberate provocation on the part of Turkey. Taking into account that it happened in the daytime and in good visibility, this version of events is most likely. Why is Turkey trying to escalate the conflict further, this time at sea?

What interests does Ankara have in the Mediterranean? Are many islands in the region a potential hotspot in a potential conflict, as are the Spratly Islands in the South China Sea?

The political geography of the region is characterized by islands in the eastern part: Chios, Iraklides, Rhodes, Samos, Kos and many others, which are very close to the Turkish coast, but in fact are Greek territory. The boundaries were established in accordance with the Treaty of Lausanne, which recognized the dissolution of the Ottoman Empire and established Turkey's current borders. At this time, it lost not only the Aegean Sea islands, but also control over Arabia, Egypt, Sudan, Tripolitania, Cyrenaica, Mesopotamia, Palestine, Transjordan, Lebanon and Syria, with new states being created these regions.

However, modern Turkey's strategic doctrine is oriented towards returning the lost territories or at least a degree of control over them. This neo-Ottomanist doctrine, explained in Prime Minister Ahmet Davutoglu’s work entitled Strategic Depth, insists on Turkey's leading role in the Mediterranean, North Africa, the Middle East and the southern Balkans. There is a parallel Pan-Turkist project for Central Asia which Turkey is also pushing for.

Regarding Ankara's interests in the Mediterranean, attempts to restore its sea power also has historical sources in the Ottoman Empire's golden age.

The Algerian pirate Hayreddin Barbarossa, who proclaimed himself as a Sultan and recognized the Ottoman Empire's supreme power in the early 16th century, successfully fought against Spain and the Holy Roman Empire. The Ottoman ruler, Suleiman I, appointed Barbarossa to the position of Commander-in-Chief of the Navy and gave him the title "Emir of Emirs", and he was feared by all of the Mediterranean fleets of European monarchies. For many years even after his death, every Turkish ship leaving the Golden Horn Bay would fire a volley in honor of the Turkish captain, pirate, and sailor.

Hayreddin Barbarossa once said: "Who rules the seas, rules the world." One of the founders of Anglo-Saxon geopolitics, Halford Mackinder, interpreted the phrase differently in terms of Russia and Eurasia. In keeping with the characteristic style of British kleptocratic politics (both in resources and ideas), the English crown, after the success of Barbarossa, began to encourage the practice of piracy and the plundering of the ships of London's rivals.

When understood in this context, Turkey's regional policy will become clearer. Adding to it the mercantile interests of close-in coastal islands with natural resources, mineral reserves, as well as areas rich in oil and gas.

Turkey and Greece have already had disagreements on gas production.

In 2009, Greek Energean Oil & Gas discovered oil reserves of 4 billion barrels in the northern Aegean Sea. Intensified drilling in offshore waters then started, as well as research on the prospects for oil and gas production. Greece did not make an exclusive claim to rights over this economic zone so as to avoid delays and disputes, and start production near their islands. However, in 2011 Turkey declared that it would consider this as purely military aggression. The diplomatic friction was worsened by repeated violations of Greek airspace by Turkish military jets.

Since Greek Cyprus signed an agreement with Israel on the joint development of fields, it gave Turkey concerns about new possible allies for Greece in the production and transportation of energy resources.

Obviously, Ankara regarded Russia as such a potential ally.

After the sanctions adaptation against Turkey, it became clear that it would also act on behalf of the West and Ukraine's side, trying to hinder Russia in Crimean efforts. However, a possible Russian-Greek alliance (cooperation in different directions) can frustrate some of the Turkish aggression against Greece, as well as against Russia.