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mercredi, 25 mars 2026

Guerre d’Iran: Trump a atteint l’objectif de faire dominer les États-Unis sur le marché mondial du GNL

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Guerre d’Iran: Trump a atteint l’objectif de faire dominer les États-Unis sur le marché mondial du GNL

La guerre contre l’Iran ne se déroule pas bien pour les États-Unis, mais Trump a tout de même atteint un objectif important. Après la neutralisation d’installations majeures de GNL au Qatar, les États-Unis vont dominer le marché mondial du GNL (gaz naturel liquéfié) dans les prochaines années et pourront exercer une pression et une influence sans précédent sur les économies d’autres pays.

par Anti-Spiegel

Source: https://anti-spiegel.ru/2026/trump-hat-das-ziel-erreicht-...

Lorsque les États-Unis ont publié leur nouvelle stratégie de sécurité nationale à la fin de l’année dernière, mon analyse initiale s’est révélée très juste. Dans cette stratégie, l’Asie – après les continents américains – est la région la plus importante au monde pour Trump, et le pays le plus crucial est bien sûr la Chine, considérée par les États-Unis comme leur principal concurrent.

La stratégie de sécurité de Trump

Cependant, Trump ne souhaite pas une guerre contre la Chine, comme le rêvent de nombreux faucons à Washington. Dans sa stratégie de sécurité, Trump a écrit que la région Indo-Pacifique serait l’un des principaux «champs de bataille géopolitiques», car elle «contribue déjà à près de la moitié du PIB mondial (…) et cette part ne cessera d’augmenter au 21ème siècle». On a laissé la Chine devenir trop puissante et il faut changer de politique, car la Chine représente un défi économique, mais une guerre doit être évitée. La nouvelle stratégie considère donc la Chine avant tout comme un défi économique et réaffirme que Washington «réorientera ses relations économiques avec la République populaire de Chine et accordera la priorité à la réciprocité et à l’équité pour restaurer l’indépendance économique américaine».

En d’autres termes: battre la Chine sur le plan économique est une des principales priorités de Trump en politique étrangère. Et en janvier, j’ai expliqué dans une autre analyse que Trump veut restaurer la domination mondiale des États-Unis via la suprématie sur les marchés énergétiques mondiaux.

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Il suffit donc de rassembler ces éléments pour comprendre que, par la guerre contre l’Iran, Trump tente précisément d’atteindre cet objectif. La guerre ne se déroule pas du tout comme prévu pour les États-Unis, mais Trump semble avoir atteint son objectif principal: dominer les marchés du GNL et du pétrole, et affaiblir la Chine à travers les conséquences du conflit.

La domination sur le marché du GNL

Avant la guerre contre l’Iran, les cinq premiers producteurs de GNL étaient: les États-Unis (102 millions de tonnes par an), l’Australie (82 millions de tonnes), le Qatar (77 millions), la Russie (37 millions) et la Malaisie (32 millions). Les États-Unis, l’Australie et le Qatar produisaient ainsi 60% du GNL mondial.

Si le Qatar est complètement hors-jeu, cela représente environ 18% du GNL mondial en moins. Par conséquent, le pouvoir de marché des autres grands acteurs, les États-Unis et l’Australie, augmente, sachant que l’Australie est un allié fidèle des États-Unis. Ces deux pays fourniraient alors ensemble la moitié du GNL mondial, ce qui leur conférerait une puissance de marché inédite.

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La Chine a certes diversifié ses importations de pétrole et de gaz, mais une part importante de ses approvisionnements provient toujours du Golfe, notamment du Qatar, qui est un fournisseur clé de GNL. Mais après que les installations de GNL au Qatar ont été gravement touchées par la guerre, il est déjà clair que le Qatar sera incapable de livrer autant de GNL qu’avant, et ce pendant des années, car la réparation des dégâts devrait, selon les experts, durer jusqu’à cinq ans.

La diminution du GNL disponible sur les marchés mondiaux entraînera une forte hausse des prix pendant des années, ce qui posera de sérieux problèmes aux économies importatrices, y compris à la Chine.

En raréfiant le GNL via cette guerre, Trump a mis en œuvre l’un des objectifs de sa stratégie de sécurité: attaquer et affaiblir l’économie chinoise. Ce sera une conséquence inévitable du conflit, car la Russie ne pourra pas compenser le manque – et la Russie ne renoncera évidemment pas à profiter des prix élevés du GNL sur le marché.

De la même manière que la Chine a profité de fortes réductions sur le pétrole russe en raison des sanctions occidentales, la Russie se réjouira de pouvoir vendre son gaz de pipeline et son GNL plus cher à la Chine grâce à la crise énergétique à venir. Pour des raisons politiques, la Chine restera sans doute un client privilégié de la Russie, mais la Russie ne fera pas de cadeaux non plus.

Quelles conséquences pour l’Europe ?

Même si Trump parle de manière très désobligeante de la politique européenne, il n’a ni totalement abandonné ni négligé l’Europe. Pour lui, l’Europe reste un contrepoids à la Russie, et bien sûr un réservoir financier à exploiter.

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Il l’a prouvé de manière très claire. Il suffit de se rappeler les 5% du PIB pour la défense imposés à l’OTAN (dont la majeure partie ira à des entreprises américaines), ou encore l’accord commercial qu’il a arraché l’été dernier à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans lequel l’UE a supprimé tous les droits de douane sur les produits américains, mais accepté que ses propres produits soient taxés à 15% lors de leur entrée aux États-Unis. Et ainsi de suite: en une seule année, Trump a extorqué autant d’argent à l’UE que peu de présidents américains avant lui en aussi peu de temps.

Et maintenant que des tensions apparaissent en Europe, car l’accord commercial est jugé unilatéral et injuste et que les ambitions de Trump sur le Groenland ne plaisent pas aux Européens, les États-Unis viennent de menacer d’arrêter les livraisons de GNL à l’UE si elle ne ratifie pas l’accord sans modifications.

La politique énergétique de l’UE, dictée par des idéologues fanatiques (désolé, on ne peut pas les qualifier autrement), demeure inchangée: pas d’importations de pétrole ou de gaz russe, préférant imposer des rationnements d’électricité plutôt que d’acheter à Moscou. L’UE s’est ainsi livrée pieds et poings liés à Trump, qui ne manquera pas d’en profiter, comme le montre le chantage actuel sur les livraisons de GNL.

Et il ne faut pas croire qu’un président démocrate changerait la donne, car le plan de rendre l’UE dépendante des États-Unis pour son pétrole et son gaz, afin de mieux la contrôler politiquement, a été poursuivi par tous les présidents américains depuis vingt ans. Il suffit de se rappeler la menace de Biden contre Nord Stream en présence du chancelier Scholz, et le sabotage des gazoducs qui s’ensuivit quelques mois plus tard.

Le succès de Trump, qui pourrait lui coûter cher

Néanmoins, il faut reconnaître que la guerre contre l’Iran ne se déroule pas comme Trump l’avait prévu. Après l’échec de la guerre-éclair et de la décapitation rapide du régime, Trump se retrouve empêtré dans un long conflit, très impopulaire auprès de sa base, car il avait promis le contraire en campagne électorale, et parce que les prix de l’essence ont fortement augmenté aux États-Unis, ce qui n’était certainement pas son intention.

Cela n’empêche pas que Trump ait fait un grand pas vers son objectif de dominer les marchés mondiaux du pétrole et du gaz, ce qui constitue un succès pour lui.

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La question est maintenant de savoir s’il parviendra à vendre ce succès à ses partisans ou s’ils s’en désintéresseront, «America first» n’étant pour eux pas tant la suprématie mondiale des États-Unis que leur propre niveau de vie, qui souffre des conséquences de la guerre.

Dans cette perspective, le succès de Trump pourrait littéralement lui coûter sa place lors des élections de mi-mandat. Si les démocrates remportent les deux chambres du Congrès, une nouvelle procédure de destitution sera inévitable. Et alors, le nouveau président américain s’appellerait J.D. Vance, ce qui rebattrait de nombreuses cartes.

mardi, 10 février 2026

À partir de 2027, plus de GNL russe vers l’Europe

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À partir de 2027, plus de GNL russe vers l’Europe

Les membres du G7/UE se sont enfermés dans une position délicate: comment nuire à la Russie en cessant d’importer du GNL russe tout en garantissant l’approvisionnement nécessaire en GNL?

par Joachim Van Wing

Source: https://joachimvanwing.substack.com/p/vanaf-2027-geen-rus...

Exclure le GNL russe s’annonce comme un défi de taille, car les deux objectifs semblent presque incompatibles. Comment échanger le GNL russe contre tout le gaz naturel disponible du Qatar, d’Australie et des États-Unis?

Nous en sommes déjà à la 20ème série de sanctions que le G7/UE27 impose à la Russie. Elles s’appuient sur des sanctions précédentes qui ont été techniquement bien préparées, mais qui, comme prévu, n’ont jamais atteint l’effet escompté.

« La Russie ne viendra à la table des négociations qu’avec des intentions sincères si elle est mise sous pression. C’est la seule langue que la Russie comprend. »

Ursula von der Leyen, Bruxelles, 6 février 2026

Sanctions précédentes contre la Russie

Jusqu’à présent, la 6ème série de sanctions, fin 2022, a été la plus sévère.

(I) 6 octobre 2022 : interdiction des services de transport, de financement et d’assurance pour l’exportation russe de pétrole par bateau.

(II) 5 décembre 2022 : mise en œuvre d’un plafonnement des prix pour le pétrole brut russe.

(III) 5 février 2023 : mise en œuvre d’un plafonnement des prix pour les produits pétroliers russes, comme le diesel raffiné et l’essence.

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Cette 6ème série de sanctions s’est révélée moins efficace que prévu, car les clients et fournisseurs ont contourné ces mesures par trois astuces simples:

(1) Des centaines de compagnies maritimes ont proposé de transporter le pétrole russe en dehors du système d’assurance occidental. Ces compagnies sont désignées comme la « flotte fantôme ».

(2) Des pays du sud global et des BRICS n’ont en rien respecté le plafond fixé, utilisant les sanctions comme levier pour obtenir de fortes réductions de prix à Moscou.

(3) Le pétrole brut russe et les produits finis sont déchargés ou mélangés en ports ou en mer, rendant la « provenance » non documentée ou non traçable. Le pétrole russe continue ainsi d’alimenter nos voitures, camions, grues, tracteurs, ainsi que les clusters pétrochimiques de Dunkerque, Barcelone, Bilbao, Rotterdam ou Anvers.

20ème cycle de sanctions économiques

Attention… les traders et compagnies maritimes respectant scrupuleusement le « plafond de prix » transportent aujourd’hui en toute légalité le pétrole russe vers l’Europe de l’Ouest. La surproduction mondiale de pétrole fait chuter les prix en dessous du plafond fixé à 65 dollars le baril, ce qui a réduit l’effet du « price cap » sur le pétrole russe. En réaction, l’UE ajoute 43 navires à la liste des sanctions, portant la « flotte noire » à 640 tankers. Par ailleurs, le plafond de prix du diesel et du pétrole brut est encore abaissé à 15 % en dessous des prix du marché de l’Oural. Enfin, l’UE27, avec le soutien du G7, impose une interdiction de maintenance et de services techniques pour les tankers et brise-glaces russes, ciblant directement les infrastructures clés pour l’exportation gazière de la Russie et ses activités dans l’Arctique.

Malgré cette 6ème série de sanctions, la Russie a encore exporté en janvier 16% de son pétrole brut et 35% de ses produits raffinés vers l’Europe. Les chiffres pour le GNL sont également importants.

Importation/exportation de GNL russe

Les sanctions concrètes contre le pétrole russe se sont révélées plus difficiles à mettre en œuvre que prévu. C’est pourquoi l’Union européenne et le G7 concentrent désormais leurs efforts sur le gaz naturel liquéfié russe (GNL), livré quotidiennement en grandes quantités dans nos terminaux de GNL en Europe de l’Ouest.

En 2025, l’UE27 a importé pour 7,2 milliards d’euros de GNL russe et a reçu l’an dernier plus de 200 livraisons de GNL en provenance de Russie. Selon un rapport de Kpler, en janvier cette année, 92,6% de la production totale de GNL à Yamal a été achetée par des clients européens. Cela représente une augmentation de 8% par rapport à janvier de l’année dernière. Sur les 25 navires transportant du gaz de Yamal en janvier 2026, 23 ont livré leur cargaison dans des ports européens, Zeebrugge étant la destination la plus importante.

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Exportations de GNL russe vers l’UE en janvier 2026. Source : Kpler

Conclusion

Cela montre à quel point l’Europe, malgré les sanctions et la pression politique, dépend du gaz russe. Et c’est compréhensible: la Russie reste le producteur mondial pivot de gaz naturel. En d’autres termes… les volumes que la Norvège, le Qatar, les États-Unis et l’Australie peuvent exporter ne suffisent pas à remplacer la totalité des exportations russes.

A la Place Schuman à Bruxelles, cette réalité est pleinement reconnue. Mais cela n’empêche pas le Conseil de l’Union européenne de commencer, dès le 1er janvier 2027, à limiter totalement l’importation de GNL russe.

mercredi, 17 septembre 2025

Le ministre américain de l'Énergie, Chris Wright, ne considère pas les accords de plusieurs milliards conclus entre Bruxelles et Washington comme une solution provisoire, mais comme une réorganisation durable des marchés énergétiques

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Le ministre américain de l'Énergie, Chris Wright, ne considère pas les accords de plusieurs milliards conclus entre Bruxelles et Washington comme une solution provisoire, mais comme une réorganisation durable des marchés énergétiques

Source: https://www.freilich-magazin.com/welt/trumps-energieminis...

Washington, D. C/Bruxelles. – La décision de l'Union européenne d'acheter aux États-Unis, dans un délai de trois ans, du pétrole, du gaz et des technologies nucléaires pour une valeur de 750 milliards de dollars américains aura, selon le gouvernement américain, des conséquences considérables. Dans une interview accordée à Euractiv, le ministre américain de l'Énergie, Chris Wright, a évoqué une réorientation structurelle des flux énergétiques mondiaux. « Je pense qu'il s'agit d'un changement à long terme », a déclaré M. Wright à Bruxelles. « L'achat d'énergie, en particulier de gaz naturel liquéfié, nécessite la mise en place d'une infrastructure considérable. »

Un accord qui va au-delà du mandat

Wright a clairement indiqué que l'accord ne se limitait pas à quelques années. « Cela ne prendra pas fin au bout de trois ans et demi », a-t-il souligné après des discussions avec des représentants de haut rang de l'UE. Son évaluation contraste toutefois avec la position de la Commission européenne. Bruxelles a officiellement qualifié l'accord de solution transitoire.

« À court terme, nous devons couvrir nos besoins énergétiques et, dans ce contexte, nous envisageons d'augmenter certaines importations d'énergie en provenance des États-Unis », a déclaré la Commission. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a également souligné à Strasbourg que l'Europe devait saisir cette occasion pour développer une « énergie propre et locale ».

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L'offre américaine, une opération « gagnant-gagnant »

Selon M. Wright, cet accord est avantageux pour les deux parties. Il constitue également un moyen de remplacer progressivement l'énergie russe. « Une partie du dialogue que nous menons porte sur le fait que les capacités d'exportation de GNL aux États-Unis vont doubler sous l'administration Trump, et pas seulement augmenter de 10 ou 20% », a-t-il déclaré. En contrepartie de la limitation des droits de douane à 15%, l'UE s'est engagée à acheter pour 250 milliards de dollars d'importations par an pendant les trois dernières années du mandat de Trump.

Alors que les analystes doutent de la faisabilité de ces montants, M. Wright s'est montré convaincu: les deux tiers pourraient être couverts uniquement par le remplacement des importations d'énergie russe, soit directement par du gaz naturel liquéfié, soit indirectement par des restrictions sur les importations de produits raffinés via des pays tiers.

Dimension stratégique de la politique énergétique

Les diplomates soulignent que la politique énergétique est également un instrument dans la guerre en Ukraine. Selon Euractiv, Wright n'a pas souhaité s'exprimer sur la pression exercée par Washington sur Bruxelles.

« Nous avons discuté de différentes façons dont les États-Unis et l'UE peuvent coopérer pour mettre fin à la guerre entre la Russie et l'Ukraine », s'est-il contenté de déclarer.

Wright n'a laissé aucun doute quant aux ambitions stratégiques de Washington : « Les ressources énergétiques considérables et abondantes de l'Amérique nous permettent d'être un fournisseur clé pour nos alliés à travers le monde, qui jusqu'à présent se procuraient du pétrole, du gaz et d'autres technologies auprès de nos adversaires. »

samedi, 26 juillet 2025

Malgré les sanctions permanentes: la Russie désormais troisième fournisseur de gaz de l’UE

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Malgré les sanctions permanentes: la Russie désormais troisième fournisseur de gaz de l’UE

Bruxelles/Wilhelmshaven. Depuis 2022, depuis le début de la guerre en Ukraine, l’UE tente par tous les moyens de se débarrasser des importations de gaz russes — qui avaient constitué jusqu’ici, pendant des décennies, un pilier de la prospérité économique de l’Allemagne. Mais ce rejet ne fonctionne pas. Malgré des sanctions toujours plus nombreuses, la dépendance des Européens au gaz russe ne diminue pas, mais augmente. Malgré les sanctions occidentales, la Russie reste un fournisseur central de gaz pour l’UE, tant par gazoduc que par gaz naturel liquéfié (GNL), et plus encore : selon les chiffres récents d’Eurostat, la Russie a même dépassé la Norvège en mai pour se hisser à la troisième place parmi les cinq principaux importateurs.

Les données d’Eurostat montrent que cette hausse est principalement due à l’augmentation significative des livraisons de GNL en provenance de Russie. Celles-ci ont augmenté en mai d’un tiers par rapport au mois précédent, atteignant 703 millions d’euros. Mais les importations par gazoduc ont également augmenté de 6,4% pour atteindre 408 millions d’euros. Au total, en mai, les livraisons russes de gaz vers l’UE ont atteint 1,1 milliard d’euros — soit une hausse de près de 25% par rapport à avril. La Norvège a chuté à la quatrième place avec 842 millions d’euros (–13%).

Les États-Unis restent, avec 1,9 milliard d’euros, le principal fournisseur, mais leurs exportations ont diminué d’un tiers. L’Algérie suit à la deuxième place (1,12 milliard d’euros, contre 1,3 milliard en avril), tandis que le Royaume-Uni complète le top cinq avec 367 millions d’euros.

Les sanctions se sont retournées contre leur auteur, faisant grimper massivement les prix du gaz dans l’UE: selon Eurostat, 1000 mètres cubes coûtaient encore 206 euros en avril 2021, mais en avril 2024, ce montant s’élevait à 523,5 euros — une augmentation de X 2,5. La raison en est la transition de l’UE vers les importations de GNL. En 2021, le gaz liquéfié ne représentait qu’un tiers des approvisionnements de l’UE, en 2025, ce sera près de la moitié. Les coûts liés à cette transition ont explosé, passant de 257 euros en 2021 à 645,5 euros en 2024. Bien que le gazoduc, à 417 euros, soit moins cher, son prix a également augmenté de façon significative par rapport à 2021 (178,7 euros).

Source: Zu erst, juillet 2025.

samedi, 31 mai 2025

Le GNL américain coûte trois fois plus cher à l'UE que le gaz russe acheminé par gazoduc

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Le GNL américain coûte trois fois plus cher à l'UE que le gaz russe acheminé par gazoduc

Source: https://report24.news/us-lng-kostet-eu-dreimal-so-viel-wi...

Le gaz naturel liquéfié provenant des États-Unis est cher. Très cher. Mais pour des raisons idéologiques, on renonce au gaz bon marché acheminé par gazoduc depuis la Russie. Cela nuit aux consommateurs et à l'industrie en Europe. Combien de temps cela peut-il encore durer ?

La facture de la transition énergétique ratée de l'Europe commence à se faire sentir, et elle est plus élevée que certains ne l'avaient prévu. Alors que l'Union européenne mise de plus en plus sur les « énergies renouvelables » totalement peu fiables, telles que l'énergie éolienne et solaire, et souhaite abandonner complètement les importations de gaz russe d'ici 2027, les données actuelles d'Eurostat révèlent une réalité complexe: le gaz naturel liquéfié américain coûte déjà deux fois plus cher aux consommateurs européens que le GNL russe.

Les données publiées par la Berliner Zeitung parlent d'elles-mêmes. Au premier trimestre 2025, les pays de l'UE ont payé en moyenne 1,08 euro par mètre cube pour le GNL américain, tandis que le gaz naturel liquéfié russe coûtait 0,51 euro. Une différence de prix de plus de 100 %. Il est intéressant de noter que malgré tous les signaux politiques, l'UE continue d'importer des quantités considérables de gaz russe, ce qui montre clairement à quel point il est difficile dans la pratique de renoncer à cette source d'énergie rien que pour des raisons idéologiques.

Le volume des importations révèle une dépendance persistante

Les statistiques d'importation du premier trimestre 2025 brossent un tableau complexe de l'approvisionnement énergétique européen. Avec 13,4 milliards de mètres cubes, le GNL américain a dominé les importations de gaz liquéfié et représenté 48% de tous les achats de GNL de l'UE. Pour cette quantité, l'Union européenne a investi 14,7 milliards d'euros, une somme considérable qui illustre le prix de la diversification. Dans le même temps, l'UE a acheté 5,3 milliards de mètres cubes de GNL russe pour 2,7 milliards d'euros, soit une part de 19%.

La comparaison avec le gaz naturel russe acheminé par gazoduc est particulièrement révélatrice: à 0,32 euro le mètre cube, il ne coûte qu'environ un tiers du prix du GNL américain. Le gazoduc de la mer Noire a acheminé 5,3 milliards de mètres cubes supplémentaires, d'une valeur totale de 1,75 milliard d'euros, principalement vers la Hongrie et la Slovaquie. Ces chiffres montrent que, malgré sa réorientation politique, l'Europe reste fortement dépendante des approvisionnements énergétiques russes.

Il est intéressant d'examiner cette évolution dans son contexte historique: le système de connexions avantageuses par gazoducs, mis en place au fil des décennies, a longtemps procuré des avantages concurrentiels à l'Allemagne et à d'autres pays de l'UE. L'industrie allemande pouvait compter sur un approvisionnement énergétique fiable et peu coûteux, une base qui doit désormais être reconstruite, mais à un coût nettement plus élevé.

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La Norvège, l'alternative la moins coûteuse

Les livraisons de gaz norvégien présentent une dynamique de prix intéressante. Le gaz acheminé par gazoduc depuis la Norvège ne coûtait que 0,24 euro par mètre cube à l'UE, soit un prix encore plus avantageux que celui du gaz russe acheminé par gazoduc. Cette différence de prix s'explique principalement par les voies de transport directes via les gazoducs établis en mer du Nord, tandis que le gaz russe doit être détourné via la Turquie et d'autres pays de transit en raison de la nouvelle situation géopolitique. Ces détournements augmentent considérablement le coût du transport. Cependant, la Norvège ne dispose pas d'une capacité de production suffisante pour approvisionner la moitié du continent en gaz naturel.

Au premier trimestre 2025, l'UE a acheté du gaz acheminé par gazoduc à des pays tiers pour un montant total de 10,2 milliards d'euros, la majeure partie provenant de la Norvège. Ces chiffres montrent clairement que les sources de gaz alternatives peuvent offrir des prix tout à fait compétitifs, mais uniquement si les voies de transport sont directes et exemptes de complications géopolitiques. À titre de comparaison, en 2021, le prix moyen à l'importation était encore d'environ 0,20 euro par mètre cube pour le gaz naturel acheminé par gazoduc, un niveau de prix qui semble appartenir à une autre époque compte tenu des développements actuels.

Bruxelles prévoit un arrêt complet des importations d'ici 2027

En mai 2025, la Commission européenne a présenté des plans ambitieux visant à mettre fin à toutes les importations de gaz russe d'ici fin 2027. Bruxelles souhaite mettre fin aux nouveaux contrats et aux contrats spot existants d'ici fin 2025. Afin de faciliter la sortie des entreprises des contrats à long terme, la Commission envisage des instruments juridiques tels que des droits de douane plus élevés ou des quotas zéro. Ces mesures doivent permettre aux entreprises énergétiques européennes d'invoquer la « force majeure » et de résilier les contrats à long terme sans pénalités.

Le calendrier est toutefois entaché de grandes incertitudes et les défis pratiques sont considérables. Les entreprises énergétiques européennes doivent non seulement trouver des sources d'approvisionnement alternatives, mais aussi faire face à des coûts nettement plus élevés, qui seront finalement répercutés sur les consommateurs et l'industrie.

La différence de prix entre le gaz américain et le gaz russe montre clairement quelles seront les charges financières qui pèseront sur les ménages et les entreprises. Pour les secteurs à forte consommation d'énergie, cela pourrait entraîner des désavantages géographiques qui ne pourront être pleinement évalués qu'à long terme.

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La Hongrie et la Slovaquie font résistance

Tous les États membres de l'UE ne soutiennent pas le rejet radical du gaz russe. La Hongrie et la Slovaquie ont déjà annoncé leur intention de bloquer les mesures prévues, car ces deux pays dépendent fortement, d'un point de vue structurel, des livraisons de gaz russe à bas prix. Leur situation géographique en fait des destinataires naturels du gaz russe acheminé par gazoduc via la route de la mer Noire. Un arrêt complet des importations exposerait ces pays à des problèmes d'approvisionnement considérables et à des augmentations de coûts drastiques.

La Commission européenne prévoit néanmoins d'imposer ses mesures à la majorité qualifiée, contournant ainsi le veto de certains États membres, notamment la Hongrie et la Slovaquie. Cette approche est toutefois politiquement explosive et pourrait peser davantage sur l'unité de l'Union européenne en matière d'énergie. La question reste légitime de savoir si une stratégie énergétique aussi coûteuse peut être maintenue à long terme sur le plan politique et économique, alors que les charges pour les consommateurs et l'industrie ne cessent d'augmenter. Après tout, ce ne sont pas seulement les budgets des ménages qui sont en jeu, mais aussi la compétitivité internationale des entreprises européennes – un aspect qui est parfois négligé dans le débat politique.

lundi, 06 janvier 2025

L’atout gazier de la Norvège gelé: les inquiétudes énergétiques de l’Europe s’aggravent

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L’atout gazier de la Norvège gelé: les inquiétudes énergétiques de l’Europe s’aggravent

Source: https://report24.news/norwegens-gas-ass-friert-ein-europa...

Dans l’obscurité glaciale de l’hiver norvégien, la sécurité énergétique de l’Europe vacille de nouveau. Le terminal Hammerfest LNG (photos), la plus grande installation d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) du continent, est à l’arrêt depuis le début de l’année – et ce, précisément au moment où les réserves de gaz en Europe diminuent plus vite que prévu, tandis que l’Ukraine ne transporte plus de gaz russe.

Un compresseur défectueux a mis hors service l’installation ultramoderne de Melkøya, selon un rapport récent du gestionnaire de réseau norvégien Gassco. Les travaux de réparation devraient se poursuivre jusqu’au 9 janvier. Pour l’Europe, cela signifie une perte temporaire d’approvisionnement en gaz capable, en temps normal, de chauffer 6,5 millions de foyers.

Le moment ne pouvait pas être plus mal choisi. Depuis le 1er janvier 2025, aucun gaz russe ne transite plus par les pipelines ukrainiens – un tournant historique dans l’approvisionnement énergétique de l’Europe. Les stocks de gaz, qui étaient encore bien remplis au début de l’hiver, se vident désormais à une vitesse préoccupante en raison du froid.

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Hammerfest LNG revêt une importance stratégique pour la Norvège, devenue le principal fournisseur de gaz de l’Europe après l’invasion de l’Ukraine par la Russie. L’installation représente environ 5% des exportations gazières norvégiennes – une part non négligeable en cette période de marchés énergétiques sous tension.

Cette panne actuelle s’ajoute à une série de problèmes techniques. En avril 2023, une fuite de gaz avait déjà fait les gros titres, et l’incendie dévastateur de 2020 avait entraîné un arrêt total de l’installation pendant 18 mois. Le gestionnaire Equinor et ses partenaires – dont TotalEnergies et Vår Energi – semblent sous-estimer les défis techniques imposés par les conditions arctiques.

Les experts énergétiques mettent déjà en garde contre de possibles flambées des prix sur les marchés gaziers européens si les réparations devaient se prolonger. Cette situation met une fois de plus en lumière la dépendance de l’Europe vis-à-vis de certaines infrastructures clés – une leçon que l’on pensait pourtant avoir retenue après la crise du gaz russe.

La question qui se pose désormais : à quel point la nouvelle architecture énergétique de l’Europe est-elle vulnérable ? La panne de Hammerfest LNG pourrait bien devenir un test de résistance pour l’approvisionnement en gaz post-russe – un test dont le continent aurait volontiers fait l’économie en ce mois de janvier 2025.

vendredi, 06 décembre 2024

L’offensive américaine sur le GNL: le grand bradage de l’Europe

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L’offensive américaine sur le GNL: le grand bradage de l’Europe

Source: https://report24.news/amerikas-lng-offensive-der-grosse-a...

Parce que les prix du gaz sont plus élevés en Europe que sur d’autres marchés, les compagnies énergétiques américaines concentrent leurs efforts sur le Vieux Continent pour y vendre leur gaz naturel liquéfié (GNL). En lieu et place du gaz bon marché acheminé par pipeline depuis la Russie, l’Europe reçoit désormais du gaz de schiste américain, livré par méthanier à des prix exorbitants.

par Heinz Steiner

En tant qu’observateur attentif des évolutions énergétiques mondiales, je ne peux qu’être consterné par la manière dont l’Europe se précipite volontairement dans une nouvelle dépendance énergétique. Les chiffres du mois de novembre dernier, rapportés par la Berliner Zeitung, sont sans équivoque et racontent une histoire de soumission stratégique.

À une vitesse fulgurante, les exportations américaines de GNL vers l’Europe ont atteint un niveau sans précédent de 5,09 millions de tonnes – soit 68% de l’ensemble des exportations américaines de gaz naturel liquéfié. Ce record témoigne de manière frappante des déplacements de pouvoir géopolitique de notre époque. Au lieu de dépendre du « gaz propre » acheminé par gazoduc depuis la Russie, les Européens se rendent progressivement dépendants du GNL américain, issu du fracking et bien plus polluant – tout cela à des prix extrêmement élevés.

En novembre, les prix du gaz en Europe ont grimpé à 12,90 dollars par MMBtu, tandis que les entreprises énergétiques américaines se frottaient les mains. L’écart de prix avec d’autres marchés a déclenché une véritable ruée vers l’or. La « fenêtre d’arbitrage », comme la désignent les traders de Wall Street, est grande ouverte. Particulièrement remarquable est la transformation progressive de la dépendance européenne: en un an seulement, la part des États-Unis dans les importations européennes de GNL est passée de 13,5% à 20%. Une évolution que Washington suit certainement avec satisfaction.

La dimension écologique de cette évolution frôle la farce: tandis que la Commission européenne ne cesse de vanter ses objectifs climatiques mondialistes et écologistes, elle augmente ses importations de gaz de schiste, dont le bilan en méthane défie toute logique scientifique. L’Université Cornell a démontré que, sur son cycle de vie complet, le GNL américain émet jusqu’à 33% de gaz à effet de serre de plus que le charbon – une vérité dérangeante que Bruxelles préfère ignorer.

Les analystes du think tank Bruegel mettent déjà en garde contre une volatilité accrue des prix due à cette dépendance croissante au GNL. En effet, l’industrie européenne et les consommateurs deviennent les otages des fluctuations des prix mondiaux, tandis que l’industrie américaine du fracking maximise ses profits. Ce à quoi nous assistons est rien de moins qu’une réorganisation stratégique du marché énergétique mondial, avec l’Europe dans le rôle de client captif, payant des prix premium. La diversification tant vantée s’avère être un euphémisme pour désigner un simple remplacement des dépendances.

La question centrale qui me vient à l’esprit est la suivante: l’Europe est-elle en train de sacrifier sa souveraineté énergétique sur l’autel de la sécurité d’approvisionnement à court terme? La réponse semble évidente, mais dans les couloirs du pouvoir à Bruxelles, on semble refuser de lire les signes avant-coureurs.

L’offensive américaine sur le GNL marque un tournant dans la politique énergétique européenne. Tandis que les discours politiques parlent de sécurité d’approvisionnement et de diversification, une véritable bascule de pouvoir s’opère – avec des conséquences profondes pour l’avenir économique et politique de l’Europe.

mardi, 15 novembre 2022

Après l'abandon du gaz russe, les pays industrialisés mettent en péril leurs objectifs climatiques en développant le GNL

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Après l'abandon du gaz russe, les pays industrialisés mettent en péril leurs objectifs climatiques en développant le GNL

Source: https://zuerst.de/2022/11/14/nach-abschied-vom-russengas-...

Charm el-Cheikh. Après avoir réussi à se détacher de l'approvisionnement en gaz russe, de nombreux pays occidentaux se précipitent pour utiliser le gaz de fracturation (GNL) comme substitut. Le principal exportateur de ce type de gaz serait actuellement les États-Unis, mais d'autres pays pourraient également en fournir aux Européens. Mais ces derniers sont loin de disposer de l'infrastructure nécessaire, soit pour transporter le gaz vers l'Europe avec leurs propres navires-citernes GNL, soit pour injecter les livraisons de gaz dans le réseau européen des gazoducs au départ de terminaux spéciaux. Le développement de l'infrastructure GNL doit maintenant être poursuivi à un rythme soutenu.

Mais : cela pourrait compromettre les objectifs climatiques que les Européens se sont fixés. Selon le "Climate Action Tracker", une plateforme prétendument indépendante d'observation du climat, beaucoup plus d'infrastructures sont actuellement construites que ce qui est nécessaire.

Selon ce portail, il pourrait y avoir 500 mégatonnes de gaz liquide dans le monde en 2030. Cela correspond à près de cinq fois la quantité de gaz russe importée par l'UE en 2021. Ce serait également le double de la quantité de gaz actuellement vendue par la Russie dans le monde.

Bill Hare, chef de l'organisation partenaire "Climate Analytics", met en garde: si tous les projets actuellement prévus étaient mis en œuvre, les émissions de CO₂ et de méthane atteindraient des niveaux dangereux. Cela compromettrait à son tour l'objectif de limiter l'augmentation de la température à 1,5 degré si possible par rapport à l'ère préindustrielle.

L'analyse a été présentée jeudi lors de la conférence mondiale sur le climat à Charm el-Cheikh, en Égypte - ce qui relativise quelque peu sa portée. Les lobbyistes du climat réunis à cette occasion affirment que les émissions de gaz "nocifs" pour le climat devraient être réduites de moitié d'ici 2030 pour atteindre l'objectif de 1,5 degré. Mais d'une manière ou d'une autre, ce sont justement les pays occidentaux qui contrecarrent leurs propres objectifs climatiques avec leur politique énergétique mal conçue. (mü)

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