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lundi, 18 janvier 2016

Le robocapitalisme n'aura plus besoin des gens

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Le robocapitalisme n'aura plus besoin des gens

par Cédric Ingrand
Ex: http://www.oragesdacier.info
 
Cédric Ingrand (LCI), qui revient du Japon, y a remarqué les outils du capitalisme final : ce sera la "croissance sans emplois" : 
 
Dans un magazine de télévision, chronique du journaliste de LCI : 
''Un robot en plus, un emploi en moins'', criaient les manifestants des années 1970, à l'époque où les robots arrivaient dans l'industrie. Le mouvement ne s'est pas inversé depuis, au contraire. Au Japon, où j'étais cette semaine, les robots arrivent dans les services, comme agents d'accueil dans les boutiques de Nespresso ou vendeurs pour l'opérateur de mobiles Softbank. Des robots qui prennent des emplois, préfigurant une ère pas si lointaine où la machine pourrait occuper l'essentiel des emplois, à part les plus haut-de-gamme peut-être, signant la fin des espoirs de plein-emploi des sociétés modernes. La plus grande révolution technico-économique de l'ère moderne, plus impactante encore que l'arrivée de l'internet, et une transition qui ne se fera pas sans douleur. Et le pire serait à venir, le jour où les machines apprendront plus vite que l'homme et nous verront comme un inconvénient sur notre route. De quoi rejoindre les plus pessimistes des prédictions de la science-fiction. Mais ces robots sont si mignons. 
 
Cédric Ingrand n'est pas un romancier de SF : journaliste spécialisé dans les hautes technologies, blogueur high-tech sur le site officiel de LCI, chroniqueur high-tech à l'émission de l'inusable ultralibéral Jean-Marc Sylvestre, il est au carrefour des technosciences et de l'économie. Ce qu'il explique sur les robots tuant l'emploi n'est pas un raccourci polémique : c'est un constat factuel. 
 
Qu'il le publie dans un magazine populaire de grande diffusion (même si c'est en page 149) est un indice. Jusqu'à présent, la perspective de la ''croissance sans emploi'' était semi-confidentielle ; les initiés n'en parlaient qu'entre eux, pour ne pas achever de couler le Pacte de responsabilité dans l'opinion publique... Si les citoyens réalisaient que les cadeaux aux grandes entreprises servent notamment à investir dans la robotisation, la fable du ''million d'emplois'' se retournerait contre M. Gattaz. Or l'idée n'est plus confidentielle, puisqu'elle filtre dans un magazine télé ! Il se passe quelque chose. 
 
Cédric Ingrand suppose que les emplois ''les plus haut-de-gamme'' échapperont à la prise du pouvoir par les machines. Ce n'est pas du tout certain. Début novembre 2014, la presse économique nous a appris que le new management faisait un saut qualitatif brusque : la firme Deep Knowledge Venture (DKV), société de capital-risque basée à Hongkong ''et dont le rôle est d'investir dans de jeunes sociétés de biotechnologie'', vient de donner à un ordinateur le statut légal de membre du conseil d'administration. ''Sa voix comptera autant que celle des autres administrateurs'', souligne la firme ! Cette machine se nomme VITAL, acronyme de Validating Investment Tool for Advancing Life sciences : ''Outil d'investissement pour les sciences de la vie''. Le robot VITAL, nous explique-t-on, ne produit pas que des ratios financiers : ''Il va beaucoup plus loin. Il a en mémoire une gigantesque base de données sur les technologies du secteur, les entreprises, les fournisseurs d'appareils médicaux et de médicaments, les agences gouvernementales (qui décident de la santé en particulier), les institutions financières, les instituts de recherche...'' 
 
La présentation ajoute que VITAL, n'étant pas humain, vaut beaucoup mieux qu'un administrateur en chair et en os : ''Ses décisions ne sont pas biaisées par son humeur du moment, le fait qu'il ait plus ou moins bien dormi, fait un repas indigeste, se soit querellé avec son conjoint ou se fasse du souci pour l'un de ses enfants...'' 
 
Premier administrateur non-humain au monde, le robot VITAL n'est ''sûrement pas le dernier'', annoncent les journaux. Selon Martin Dewhurst et Paul Willmott, directeurs chez McKinsey (conseil en stratégie), l'intelligence artificielle va ''bouleverser le rôle des dirigeants'' en se substituant à eux. Selon Jeremy Howard (université de San Francisco), ''les gens sous-estiment massivement l'impact que les techniques analytiques modernes combinées aux masses de données disponibles vont avoir sur leurs entreprises et sur la société, pour une raison simple : les possibilités offertes par ces techniques évoluent de façon exponentielle et l'esprit humain ne peut l'envisager. '' (Le Monde, 1er novembre 2014). Selon les chercheurs Carl Benedikt Frey et Michael Osborne (Oxford), l'intelligence artificielle menace désormais 47 % des emplois aux États-Unis et 140 millions de ''travailleurs du savoir'' à travers le monde. C'est du haut en bas de l'échelle des salaires que la robotisation va détruire les postes. 
 
Quand elle parviendra à son stade suprême, l'Idole Argent avec sa ''culture du déchet'' (comme dit le pape François) n'aura même plus besoin de ses adorateurs. 
 
Si nous ne voulons pas devenir les chimpanzés du futur, il est temps de le faire sentir !
 
 

11:33 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, robocapitalisme, robots, robotisation | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

vendredi, 13 février 2015

L’ère du travail est-elle révolue ?

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L’ère du travail est-elle révolue?
 
Voulons-nous d’un monde qui tangue entre Orwell et Asimov?
 
Journaliste
Ex: http://www.bvoltaire.fr

La lubie de la semaine de travail de quatre jours a refait son apparition dans la bouche du secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, et de la présidente du Mouvement des jeunes socialistes, Laura Slimani, qui préconise soit un passage aux 32 heures hebdomadaires, soit la prise d’une année sabbatique par les salariés. Quand on constate le foutoir qu’ont déjà semé les 35 heures dans certaines branches, tel que le secteur hospitalier, on en rigole à l’avance.

Le gouvernement Jospin espérait que les 35 heures créeraient 700.000 emplois. À peine la moitié ont vu le jour entre 1998 et 2002, en grande partie grâce à la croissance vigoureuse de l’époque. Mais combien ont été détruits par des licenciements ou des faillites de PME et TPE devenues moins compétitives et perdant des parts de marché face à leurs concurrentes étrangères ? Après la Finlande, la France est le deuxième pays d’Europe où l’on travaille le moins. Sa balance commerciale est déficitaire depuis 2003.

L’aménagement du temps de travail coûte en moyenne 12 milliards par an à l’État en exonération de charges aux entreprises. Il a, par ailleurs, entraîné une explosion du nombre de fonctionnaires : +45 % dans la fonction publique territoriale. Passer aux 32 heures ne ferait qu’empirer les choses sans garantie de résorber le chômage, au vu de la conjoncture actuelle.

Une problématique plus complexe se profile à l’horizon : la « troisième révolution industrielle » inhérente à la robotisation. Rien qu’en France, elle créerait trois millions de chômeurs supplémentaires en 2025. La Chine devrait compter un robot pour 3.000 habitants en 2017. Les emplois pénibles et peu qualifiés sont les premiers menacés, tandis que les ingénieurs, techniciens et programmeurs auront le vent en poupe. Plus que jamais, une formation professionnelle ad hoc devra être engagée, mais beaucoup d’actifs se retrouveront sur le carreau. Un robot humanoïde coûte en moyenne 53.000 euros, ne réclame ni salaire… ni RTT.

 

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Hypothèse Bisounours : de ces gains de productivité naîtra une société de surabondance, provoquant donc une baisse des prix. Plus besoin de trimer comme un damné ni d’avoir un salaire mirobolant. Les loisirs se développeront et inspireront de nouveaux métiers. Grâce à la redistribution, chacun aura un revenu de base assuré. Guy Ryder, directeur général de l’Organisation internationale du travail, affirme que chaque grande transformation de l’économie a généré « plus d’emplois que précédemment ».

Hypothèse Terminator : seuls les détenteurs de ces nouvelles machines et technologies s’enrichiront. Le pouvoir des grosses boîtes sera décuplé et celui des États affaibli. 80 à 90 % des emplois disparaîtront à terme. Les inégalités s’accentueront, la demande s’effondrera et la croissance avec. Les tensions sociales seront d’autant attisées. David Autor, économiste au MIT, observe que l’évolution technologique aux USA et en Europe a débouché sur un effritement de la classe moyenne et une hausse du nombre de précaires.

32 heures ou 35, nous serons vraisemblablement confrontés à une raréfaction de l’emploi et un changement de paradigme dans les décennies à venir. Voulons-nous d’un monde qui tangue entre Orwell et Asimov ? Pour Bill Gates, Elon Musk et Stephen Hawking, un déploiement irraisonné de l’intelligence artificielle pourrait même signer la fin de l’humanité.

00:02 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, travail, robotisation | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook