jeudi, 30 mai 2024
Emmanuel Todd et le micro-théâtre militaire US

Emmanuel Todd et le micro-théâtre militaire US
Nicolas Bonnal
La première version de ce texte compte une bonne dizaine d’années – ou même plus. On commence.
« Ce texte avait été rédigé il y a deux ou trois ans quand un autre danger de guerre menaçait, que Todd avait commenté.
Vite la guerre (lisez Ralph Raico pour comprendre) pour remonter dans les sondages. Le clown Trump sait à quoi se raccrocher, avec la bénédiction des faux sites comme Infowars.com !
Reprise de la quadruple troisième guerre mondiale, avec la bénédiction des bureaucraties mondialistes, de la gauche sociétale et des humanistes néocons.
Ceci dit, il va être dur de flanquer une raclée à tout le monde en même temps. Syrie, Russie, Iran, Corée, Chine, Venezuela… L’empire du bien ne sait plus où donner de la fête !
Or le plus marrant, comme le rappelle Fred Reed ce matin dans Unz.com, c’est que l’empire ne fait plus peur à personne. La Corée se fout du Donald, l’Iran hausse les épaules, la Chine rebâtît sa route de la soie. C’est quoi ce cirque alors ?

Un qui avait tout dit en 2002 est Emmanuel Todd. Je le cite presque sans commenter :
« Nous assistons donc au développement d’un militarisme théâtral, comprenant trois éléments essentiels :
— Ne jamais résoudre définitivement un problème, pour justifier l’action militaire indéfinie de l’« unique superpuissance » à l’échelle planétaire.
— Se fixer sur des micro-puissances — Irak, Iran, Corée du Nord, Cuba, etc. La seule façon de rester politiquement au cœur du monde est d’« affronter » des acteurs mineurs, valorisant pour la puissance américaine, afin d’empêcher, ou du moins de retarder la prise de conscience des puissances majeures appelées à partager avec les États-Unis le contrôle de la planète : l’Europe, le Japon et la Russie à moyen terme, la Chine à plus long terme.
— Développer des armes nouvelles supposées mettre les Etats-Unis « loin devant », dans une course aux armements qui ne doit jamais cesser. »
Todd aime cette métaphore théâtrale, et il la file durant tout son livre. L’empire des transformers développe un cirque planétaire sous les acclamations de tous les Slate.fr, lemonde.fr et liberation.fr de cette belle planète de gauche, de droit et de démocratie :
« Il y a une logique cachée dans le comportement apparent d’ivrogne de la diplomatie américaine. L’Amérique réelle est trop faible pour affronter autre chose que des nains militaires. En provoquant tous les acteurs secondaires, elle affirme du moins son rôle mondial. Sa dépendance économique au monde implique en effet une présence universelle d’un genre ou d’un autre. L’insuffisance de ses ressources réelles conduit à une hystérisation théâtrale des conflits secondaires. »
Le pompier pyromane agite et fait des bulles :
« Un nouveau théâtre s’est récemment ouvert à l’activité de pompier pyromane des États-Unis : le conflit entre l’Inde et le Pakistan. Largement responsables de la déstabilisation en cours du Pakistan et de la virulence locale de l’islamisme, les États-Unis ne s’en présentent pas moins comme médiateur indispensable. »
Quinze ans près, plus personne ne veut de ce cirque US, sauf les médias sous contrôle et lus par les robots et les bobos qui surnagent.

Sur l’Afghanistan, Todd écrit :
« La guerre d’Afghanistan qui a résulté de l’attentat du 11 septembre a confirmé l’option. Une fois de plus, les dirigeants américains se sont engouffrés dans un conflit qu’ils n’avaient pas prévu, mais qui confortait leur technique centrale que l’on peut nommer le micro-militarisme théâtral: démontrer la nécessité de l’Amérique dans le monde en écrasant lentement des adversaires insignifiants. Dans le cas de l’Afghanistan, la démonstration n’a été qu’imparfaite. »
On parodiera un titre célèbre de l’âge d’or hollywoodien : il n’y a pas de show business comme le business de la guerre.
“There no show business like war-business! »
A propos de l’OTAN et de ses gesticulations en pays balte, un colonel français, le colonel Lion je crois, a parlé d’opérations de « communication ». On verra. Mais malgré Libération et le NYT, l’Allemagne, je crois, préfèrera le gaz russe au nucléaire russe.
Emmanuel Todd montrait comme les nord-coréens ou les iraniens son absence de peur face à l’abrutissement impérial :
« Le gros de l’activité militaire américaine se concentre désormais sur le monde musulman, au nom de la « lutte contre le terrorisme », dernière formalisation officielle du « micro-militarisme théâtral ». Trois facteurs permettent d’expliquer la fixation de l’Amérique sur cette religion qui est aussi de fait une région. Chacun de ces facteurs renvoie à l’une des déficiences — idéologique, économique, militaire — de l’Amérique en termes de ressources impériales. »
Le délirium transsexuel et féministe de l’empire est ainsi souligné par Emmanuel Todd :
« Ce conflit culturel a pris depuis le 11 septembre un côté bouffon et à nouveau théâtral, du genre comédie de boulevard mondialisée. D’un côté, l’Amérique, pays des femmes castratrices, dont le précédent président avait dû passer devant une commission pour prouver qu’il n’avait pas couché avec une stagiaire ; de l’autre, Ben Laden, un terroriste polygame avec ses innombrables demi-frères et demi-sœurs. Nous sommes ici dans la caricature d’un monde qui disparaît. Le monde musulman n’a pas besoin des conseils de l’Amérique pour évoluer sur le plan des mœurs. »
Sautons quelques références et concluons sévèrement :
« Le cauchemar caché derrière le rêve de Brzezinski est en cours de réalisation : l’Eurasie cherche son équilibre sans les États-Unis. »
C’est la fin de McKinder et du rêve impérial anglo-saxon de contrôler l’île-monde à coups de trique.

Je terminerai avec Plaute, qui dans son Miles Gloriosus, avait écorné l’image du militaire fanfaron (Remacle.org) :
« Soignez mon bouclier; que son éclat soit plus resplendissant que les rayons du soleil dans un ciel pur. Il faut qu’au jour de la bataille, les ennemis, dans le feu de la mêlée, aient la vue éblouie par ses feux. Et toi, mon épée, console-toi, ne te lamente pas tant, ne laisse point abattre ton courage, s’il y a trop longtemps que je te porte oisive à mon côté, tandis que tu frémis d’impatience de faire un hachis d’ennemis. »
Source:
https://www.dedefensa.org/article/emmanuel-todd-et-le-micro-theatre-militaire-us
18:18 Publié dans Actualité, Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : emmanuel todd, nicolas bonnal, états-unis, emmanuel todd, nicolas bonnal, états-unis |
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Souveraineté technologique de l'UE: une dépendance inquiétante

Souveraineté technologique de l'UE: une dépendance inquiétante
Elena Fritz
Compte tenu de l'évolution rapide de la géopolitique mondiale et de la montée de la technologie dans l'arène stratégique, plusieurs questions importantes ont été soulevées. Comment les événements de ces dernières années, y compris les pandémies, les guerres, le protectionnisme et les sanctions, ont-ils affecté les chaînes d'approvisionnement et les relations mondiales jusqu'ici établies? Quel est l'impact de l'abandon de la mondialisation traditionnelle et de la montée des blocs techno-économiques sur la dépendance technologique des États ? Pourquoi l'Union européenne (UE) cherche-t-elle à maîtriser les technologies clés dans les domaines de la microélectronique, de l'informatique quantique, de l'intelligence artificielle (IA) et de la chaîne de blocs, et comment cherche-t-elle à acquérir une souveraineté technologique ? Dans quelle mesure l'Allemagne et l'UE sont-elles concernées par cette évolution et dans quelle mesure sont-elles capables d'acquérir et de conserver une souveraineté technologique ?
L'article suivant vise à apporter des réponses à ces questions et à souligner l'urgence de prendre des mesures pour renforcer la souveraineté technologique de l'Europe, et en particulier de l'Allemagne.
Définition de la « souveraineté technologique »
Mais que signifie exactement la « souveraineté technologique » ? Ce terme décrit « la capacité des individus et des organisations à exercer leurs rôles dans le monde numérique de manière autonome, autodéterminée et sécurisée ». Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur et aux Services, a défini dans son discours de politique générale de 2020 sa compréhension de l'autonomie stratégique, qui est généralement directement liée au concept de « souveraineté technologique ». Il s'est exprimé comme suit : « L'autonomie stratégique ne signifie pas le protectionnisme. Il ne s'agit pas de fermer les portes à nos partenaires, de nous isoler ou de bloquer les investissements étrangers. Je pense qu'elle fait plutôt référence à la capacité de faire des choix dans le développement et le maintien de nos infrastructures, de nos technologies, de nos capacités et de nos compétences, et de réduire les dépendances critiques vis-à-vis des pays tiers, de sorte que nous puissions compter sur les nôtres si nécessaire ».
Cela soulève la question de l'équilibre : Qu'est-ce qui prévaudra - le développement de notre propre production de haute technologie ou l'implication de partenaires extérieurs dans la coopération ? Afin d'approfondir cette problématique, nous commençons par un aperçu de la manière dont l'Europe se prépare à l'autonomie technologique et si cela est possible dans un avenir proche.

Mesures pour la mise en œuvre de la « souveraineté technologique »
Tout d'abord, il convient de souligner que l'UE ne part pas de zéro dans sa marche vers la « liberté et la sécurité technologiques ». Les États membres de l'UE disposent d'un vaste savoir-faire technologique. Tout le monde a entendu parler, par exemple, de Nokia (entreprise finlandaise), de Siemens et de Bosch (tous deux allemands) et d'Orange (groupe français).
Dans le domaine de la microélectronique, l'UE a également beaucoup à offrir, comme par exemple la société néerlandaise ASML Holding, le plus grand fournisseur mondial de systèmes de lithographie pour l'industrie des semi-conducteurs. Infineon Technologies AG est un fabricant allemand de semi-conducteurs, et NXP Semiconductors est un fabricant néerlandais de semi-conducteurs. La société française Atos fabrique des superordinateurs et développe également des ordinateurs quantiques. L'Union européenne dans son ensemble est donc très diversifiée. Cette largeur est nécessaire pour naviguer de manière relativement autonome et sûre dans « l'océan technologique » (et pour concurrencer à l'avenir les « requins » américains et chinois).
D'autres mesures visant à atteindre l'« autonomie technologique » peuvent être regroupées comme suit :
Tout d'abord, l'UE accorde une grande importance au développement de standards et de normes technologiques dans l'espace numérique. Ainsi, il existe déjà une loi sur la protection des données personnelles (RGPD) et d'autres lois entreront en vigueur dans moins de deux ans, comme le Digital Markets Act (DMA, loi sur les marchés numériques) et le Digital Services Act (DSA, loi sur les services numériques). Ces deux textes restreignent considérablement ce que les entreprises de technologie peuvent faire avec les données de leurs utilisateurs européens et quelles publicités personnalisées elles peuvent leur présenter, par exemple en ligne. Selon les experts, les entreprises européennes dépendent à 90% des fournisseurs de services américains, ce qui entraîne des risques en termes de contrôle de l'accès des tiers aux données, d'espionnage, de cyber-menaces et de sécurité d'accès. La ligne de conduite du Parlement européen est que l'adoption des nouveaux projets de loi permettra non seulement de donner une orientation à l'économie numérique de l'UE, mais aussi de devenir une référence mondiale en matière de développement de normes, ce qui pourrait compenser le retard de l'Europe dans la course au leadership technologique. L'ouverture du bureau de l'UE dans la Silicon Valley en septembre 2022, qui permettra aux régulateurs européens d'avoir un accès direct aux géants américains de la technologie, montre à quel point l'Union est sérieuse dans son intention de jouer un rôle de premier plan dans la réglementation de la technologie.

Deuxièmement, l'UE augmente les budgets de R&D (recherche et développement) et développe le programme-cadre de recherche et d'innovation Horizon Europe (les objectifs premiers d'Horizon Europe sont de renforcer la recherche dans les domaines du changement climatique, de la durabilité et de la compétitivité de l'UE), qui sera doté d'environ 95,5 milliards d'euros pour la période 2021-2027. Il convient de mentionner en particulier le développement de programmes de recherche de l'UE dans le domaine de l'informatique quantique. Depuis 2018, l'UE a fait des technologies quantiques une priorité et a consacré 1 milliard d'euros au financement de programmes de recherche collaboratifs au cours des dix prochaines années.

Par exemple, le Quantum Flagship est l'une des initiatives de recherche les plus ambitieuses de l'UE et est considéré comme le plus grand organisme de financement international pour les technologies quantiques. La crainte est de prendre du retard dans la course au quantique, car cela comporte de sérieux risques, y compris pour la cybersécurité (on s'attend à ce que les ordinateurs quantiques soient capables de casser les protocoles de cryptage existants en quelques secondes). Selon les experts, la cryptographie quantique et les ordinateurs quantiques pourraient également être inscrits sur la liste des équipements de défense et des produits stratégiques, et donc faire l'objet de restrictions à l'exportation.

Troisièmement, des fonds seront alloués au développement et à la fabrication de nos propres produits de haute technologie. Ainsi, la Commission européenne a annoncé en février 2022 le European Chips Act. L'UE prévoit de développer et de produire ses propres semi-conducteurs de pointe afin de réduire sa dépendance à l'égard de la perfusion asiatique des États-Unis. Dans le cadre de cette loi, la Commission prévoit d'allouer 11 milliards d'euros de fonds publics à la recherche, à la conception et à la production de semi-conducteurs. D'ici 2030, un total de 43 milliards d'euros d'investissements publics et privés devrait être mobilisé pour faire passer la part de l'UE de 9% à 20% du marché mondial des semi-conducteurs. Outre les semi-conducteurs, l'UE a besoin de sa propre puissance de calcul avancée - superordinateurs et technologies quantiques - pour être technologiquement indépendante des États-Unis et de l'Asie de l'Est en ce qui concerne le matériel informatique de base. C'est pourquoi l'UE lance une initiative pour construire des superordinateurs, y compris des superordinateurs exascale.

Ainsi, le 13 juillet 2021, le Conseil européen a adopté un règlement établissant l'entreprise commune EuroHPC (basée au Luxembourg), qui vise à construire une infrastructure de supercalculateurs de premier ordre dans toute l'Europe afin de répondre aux besoins des utilisateurs et de développer un écosystème de recherche et d'innovation pour les technologies informatiques à haute performance. Afin de doter l'Europe d'une infrastructure de supercalcul de premier plan au niveau mondial, EuroHPC JU a fait l'acquisition de huit supercalculateurs répartis dans toute l'Europe. Cinq de ces supercalculateurs sont déjà opérationnels : LUMI en Finlande, LEONARDO en Italie, Vega en Slovénie, MeluXina au Luxembourg, Discoverer en Bulgarie et Karolina en République tchèque. Deux autres superordinateurs sont en cours d'installation : MareNostrum5 en Espagne et Deucalion au Portugal. De plus, ces supercalculateurs seront alimentés par des microprocesseurs fabriqués en Europe. Par exemple, l'UE a lancé un plan de développement de microprocesseurs pour le calcul à très basse consommation, appelé European Processor Initiative (EPI). Des start-ups comme Sipearl ou Tachyum sont à la tête du développement de processeurs dans le cadre de l'EPI et devraient rendre l'Europe moins dépendante des fabricants américains comme AMD ou Intel.

Le défi de la souveraineté technologique en Europe
La question de la souveraineté technologique de l'Europe est au cœur des débats politiques actuels. En particulier, les déclarations de Thierry Breton, commissaire européen au marché intérieur, qui souligne que l'Union européenne devrait assurer son autonomie technologique et compter sur ses propres forces en cas de besoin, ont alimenté le débat. Mais dans le monde globalisé d'aujourd'hui, les limites de la souveraineté technologique sont difficiles à définir, et cela se manifeste dans différents secteurs et aspects.
La microélectronique constitue la base du secteur informatique et illustre parfaitement les défis auxquels l'UE est confrontée. La production de puces électroniques implique de nombreuses entreprises dans le monde entier, certaines se spécialisant dans la conception de puces (Fabless), tandis que d'autres se concentrent sur la production (Foundry). Ce réseau mondial s'étend à des pays comme les États-Unis, Taïwan, la Corée du Sud et l'Allemagne. Cependant, aucune entreprise ne dispose de toutes les ressources, composants et matériaux nécessaires à la microélectronique.
Dépendances et ressources
Une grande partie des ressources nécessaires provient de différents pays et crée des dépendances. La Chine, par exemple, est un fournisseur majeur de terres rares, indispensables à la production de semi-conducteurs. Les gaz inertes nécessaires à la fabrication des produits semi-conducteurs proviennent de pays comme la Russie et l'Ukraine. Les machines de photolithographie, une étape cruciale du processus de fabrication, sont principalement produites par ASML aux Pays-Bas. La société allemande Siltronic AG est l'un des principaux fabricants de plaquettes de silicium et la société japonaise Showa Denko KK fournit des produits chimiques essentiels à la production de micro-puces. Ces exemples illustrent l'interdépendance mondiale de l'industrie des semi-conducteurs.
La nécessité de la coopération
Compte tenu de ces interdépendances mondiales, il est presque impossible de remplacer l'ensemble de la chaîne de production des semi-conducteurs ou de nombreux autres produits de haute technologie uniquement par une production nationale. Cela met l'UE au défi de se consolider et de coopérer avec des partenaires et des alliés appropriés afin de renforcer sa souveraineté technologique.
Afin d'encourager cette coopération et d'assurer un approvisionnement continu en puces électroniques, l'UE a adopté la loi sur les puces européennes. Cette loi vise à encourager les investissements dans le secteur et à garantir la localisation de la production des grands fabricants de puces avancées comme Intel et TSMC en Europe. Intel s'est déjà engagé à investir 80 milliards d'euros dans le développement du secteur des semi-conducteurs dans l'UE au cours des dix prochaines années.

Cependant, l'UE n'a pas encore connu la même coopération fluide avec TSMC qu'avec Intel. Bien qu'il y ait eu des discussions sur la localisation de la production de TSMC en Europe, celles-ci se sont enlisées, probablement en raison de questions relatives aux subventions gouvernementales, aux réserves de main-d'œuvre et aux demandes des clients. En revanche, les États-Unis ont incité TSMC à construire une usine en Arizona, ce qui témoigne de la volonté de l'entreprise de s'affranchir de sa chaîne d'approvisionnement taïwanaise.
Le rôle de l'UE dans le secteur de la haute technologie
Dans d'autres secteurs de haute technologie, comme la technologie quantique, des coopérations existent également, mais avec des divergences d'opinion sur la coopération de l'UE avec d'autres pays. Alors que des pays comme le Royaume-Uni, la Suisse et Israël sont prêts à rejoindre les programmes de recherche de l'UE pour travailler ensemble sur la recherche quantique et spatiale, Thierry Breton souligne l'importance de créer des capacités européennes indépendantes dans le développement et la production d'ordinateurs quantiques.
Dans un contexte international incertain et face à de nouveaux défis, l'UE s'efforce de maintenir l'unité transatlantique non seulement dans le domaine politico-militaire, mais aussi dans le domaine technologique. Des aspirations similaires sont visibles de l'autre côté de l'Atlantique, les États-Unis qualifiant les alliés et les partenaires de « multiplicateurs de force ».

Le Trade and Technology Council (TTC), créé en 2021, vise à promouvoir la coopération transatlantique dans divers domaines technologiques. Mais la question de savoir dans quelle mesure les intérêts des Etats-Unis et de l'UE seront pris en compte de manière équilibrée au sein du TTC reste ouverte. Les experts estiment qu'il existe un risque que les intérêts américains dominent, notamment en ce qui concerne la réglementation des technologies. Néanmoins, le TTC est un pas important vers la coordination et la consolidation dans le domaine de la technologie.
Résumé : l'Europe et l'Allemagne doivent agir dans la course au numérique
La course mondiale au numérique bat son plein et la souveraineté technologique de l'Europe, en particulier de l'Allemagne, est en jeu. Pour rester compétitif, il est essentiel d'investir davantage dans la recherche et l'innovation. Pour cela, il faut encourager les initiatives de haute technologie et garantir une main-d'œuvre qualifiée pour les technologies d'avenir telles que l'intelligence artificielle et l'informatique quantique.
La coopération et les alliances au niveau national et international sont indispensables pour atteindre des objectifs communs et sécuriser les chaînes d'approvisionnement. La réglementation doit être favorable à l'innovation et encourager les entreprises à investir dans des domaines technologiques prometteurs sans se heurter à des obstacles bureaucratiques.
Une stratégie nationale et européenne claire est nécessaire pour garantir l'avantage concurrentiel. Cela nécessite des objectifs à long terme et des mesures à court terme pour promouvoir la souveraineté technologique, ainsi que l'octroi de subventions pour la recherche et le développement.
L'immobilisme n'est pas une option dans le monde numérique. L'Europe et l'Allemagne doivent agir avec détermination pour façonner un avenir compétitif et technologiquement souverain. La construction de l'ère numérique est entre nos mains, et il est temps de saisir cette opportunité.
17:41 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : high tech, technologie, souveraineté technologique, europe, actualité, affaires européennes |
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Ce qu'il faut savoir sur la nouvelle droite allemande - Entretien avec Martin Lichtmesz

Ce qu'il faut savoir sur la nouvelle droite allemande
Entretien avec Martin Lichtmesz
Source: https://magyarjelen.hu/mit-kell-tudni-a-nemet-uj-jobbolda...
La Nouvelle Droite (Neue Rechte) est une école de pensée et un réseau organisationnel vaguement défini qui vise à faire revivre et à réinterpréter de manière constructive la tradition conservatrice de la droite allemande, en opposition à l'ordre libéral américanisant qui a émergé après la Seconde Guerre mondiale. Elle se situe à la droite des partis centristes de droite CDU/CSU et, dans un sens, va au-delà du populisme de droite (AfD, PEGIDA) et du radicalisme de droite (par exemple, Die Heimat). En tant qu'école de pensée, elle est à la fois « postérieure » et « antérieure » à ses antécédents politiques et idéologiques du 20ème siècle. Elle a été fondamentalement influencée par les penseurs et les théories de la Révolution conservatrice allemande et de la Nouvelle Droite française. Une différence importante, cependant, est que cette dernière est basée sur un retour au paganisme, alors que le mouvement allemand est (principalement) basé sur le christianisme. Dans l'entretien suivant avec Martin Lichtmesz, membre autrichien éminent de la Nouvelle Droite allemande, nous discutons de son parcours personnel, de son travail de traducteur et d'écrivain, de la Nouvelle Droite allemande, de l'Europe centrale et des possibilités offertes par la politique. L'entretien avec Balázs György Kun peut être lu ci-dessous.

- Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
- Je suis né à Vienne en 1976, j'ai vécu à Berlin pendant quatorze ans et je suis retourné dans mon pays d'origine, l'Autriche, il y a une dizaine d'années. Depuis 2005, j'écris pour des magazines et des revues allemands de droite, tant sur papier qu'en ligne. Actuellement, je contribue principalement au blog et au magazine bimensuel Sezession, ainsi qu'à l'Institut für Staatspolitik (Institut pour la politique de l'État) en Allemagne. En plus d'écrire des livres sur des sujets tels que la politique, la culture et la religion, j'ai traduit plusieurs textes du français et de l'anglais, dont le plus réussi est la célèbre dystopie sur l'immigration de Jean Raspail, Le Camp des saints. Je suis associé à la branche autrichienne de Génération identitaire (GI), bien que je ne participe pas à ses activités. Il m'arrive de faire du streaming avec mon ami Martin Sellner. J'apparais aussi parfois sur des chaînes anglophones.

- Vous avez beaucoup écrit sur les films sur le site Sezession et vous avez également publié un livre sur le cinéma allemand après 1945 (« Besetztes Gelände. Deutschland im Film nach '45 »). Quel est votre réalisateur hongrois préféré et pourquoi ?
- En fait, je connais très peu le cinéma hongrois... Plusieurs films de Miklós Jancsó ont eu une grande influence sur moi, en particulier Csillagosok, katonák (1967). Sátántangó (1994) de Béla Tarr a été une expérience époustouflante, bien que sombre et épuisante. J'ai assisté à deux projections complètes de ce film, ce qui est un véritable test d'endurance puisqu'il dure près de huit heures à un rythme très lent et « hypnotique ». J'ai également apprécié My 20th Century (1989) d'Ildikó Enyedi. J'ai particulièrement aimé la scène où l'acteur autrichien Paulus Manker reprend son rôle de philosophe misogyne Otto Weininger, un rôle qu'il avait déjà joué dans son propre film de folie Weiningers Nacht. Je viens de remarquer, en passant, que les trois films que j'ai mis en évidence sont en noir et blanc.
- Comment décririez-vous la Neue Rechte à nos lecteurs ?
- Il s'agit d'un terme générique, non dogmatique, pour désigner le spectre de la droite « dissidente » et non conventionnelle en Allemagne. Il est surtout utilisé comme un terme générique pratique, et tous ceux qui sont classés dans cette catégorie ne l'apprécient pas ou ne l'acceptent pas. Il fait généralement référence aux personnes ayant des opinions « identitaires », ethno-nationalistes. Parmi les personnes orientées idéologiquement, nous trouvons très souvent ce que nous appelons des « Solidarpatrioten », qui optent pour une position patriotique dans leur approche des questions socio-économiques, qui critiquent le libéralisme du marché libre et les autres variantes du libéralisme. Une position « anti-atlantiste » est très courante dans ce milieu: il s'agit d'un souverainisme qui vise à libérer l'Allemagne de la domination américaine sur le long terme (de manière réaliste, donc à très long terme). Elle est également souvent utilisée comme auto-désignation par ceux qui souhaitent se démarquer des groupes restants de la « Alte Rechte » (« vieille droite »), qui forment un milieu très différent et se caractérisent par leur attachement à certaines nostalgies historiques, à certains symbolismes et à certaines idéologies que la nouvelle droite rejette. Il y a aussi beaucoup de recoupements récents avec le phénomène du « populisme de droite », qui monte en puissance depuis 2015 (au moins), même s'il n'est certainement plus à son apogée.


Götz Kubitschek et son épouse Ellen Kositza dans leur propriété à Schnellroda.
Le quartier général de la « nouvelle droite » en Allemagne se trouve aujourd'hui à Schnellroda, un petit village de Saxe-Anhalt, où se trouve le « manoir » de Götz Kubitschek, une demeure séculaire restaurée, qui abrite la maison d'édition Antaios Verlag, qui fait date depuis assez longtemps. Avec Erik Lehnert, Kubitschek organise des « académies » où de jeunes militants de droite allemands, autrichiens et suisses se réunissent pendant un week-end pour nouer des contacts communautaires et professionnels, écouter des conférences et des discours et participer à des discussions approfondies sur des sujets spécifiques. En septembre dernier, par exemple, le thème principal était la « propagande » sous tous ses aspects.
D'autres académies se sont penchées sur la géopolitique, l'anthropologie, l'architecture, « l'avenir de l'État-nation et de l'Europe », « l'État et l'ordre », « la politique des partis », « la violence », « la faisabilité » ou une discussion générale sur la situation politique actuelle. Les présentations sont d'une grande qualité intellectuelle et visent à couvrir autant d'aspects que possible du sujet. Cependant, il ne s'agit pas d'une « tour d'ivoire » philosophique et théorique, mais également d'une formation à des fins politiques et stratégiques pratiques. De nombreux participants travaillent au sein de l'AfD (Alternative für Deutschland), le parti d'opposition patriotique le plus important et le plus performant d'Allemagne. Il s'agit en particulier d'une partie importante de l'AfD des Länder « de l'Est », qui entretient de très bonnes relations et de très bons contacts avec Schnellroda.
Naturellement, le « pouvoir en place (et contesté) » n'aime pas cela et tente de faire pression sur ces organisations et réseaux indésirables, notamment par le biais des activités du « Bundesamt für Verfassungsschutz », l'« Office fédéral pour la protection de la Constitution », une institution créée par l'État pour diaboliser et diffamer toute opposition politique. En résumé, lorsque les Allemands parlent aujourd'hui de la « Neue Rechte », ils pensent surtout au réseau autour de Schnellroda, qui se compose d'identitaires, de membres de l'AfD, d'éditeurs indépendants, d'initiatives, de médias, de libres penseurs et d'« influenceurs ». Tous ne partagent pas les mêmes positions, mais ils ont une vision commune de base.
- La Nouvelle Droite (française) a une forte influence en dehors de la France et du monde francophone. La situation est-elle similaire pour la Neue Rechte? Dans l'affirmative, pouvez-vous citer quelques penseurs, hommes politiques et organisations qui ont été influencés par cette « école de pensée » en Allemagne, en Autriche et dans d'autres pays ?
- Pour être honnête, je ne pense pas qu'elle ait eu beaucoup d'influence, voire aucune, en dehors de l'Allemagne, car très peu de nos écrits ont été traduits. Certaines actions de GI ont probablement été une source d'inspiration au niveau international, par exemple lorsqu'ils ont escaladé la porte de Brandebourg en 2016 et ont affiché une bannière disant « Secure Borders, Secure Future » (frontières sûres, avenir sûr). Nous sommes certainement en contact avec des personnes partageant les mêmes idées dans de nombreux autres pays européens, tant à l'Est qu'à l'Ouest, ainsi qu'aux États-Unis et en Russie. Cependant, une influence allemande plus importante est à l'œuvre en arrière-plan, car la Nouvelle Droite et la Neue Rechte ont toutes deux de fortes racines idéologiques dans ce que l'on appelle la « révolution conservatrice » des années 1920 et 1930 : les noms de célèbres penseurs classiques tels qu'Oswald Spengler, Carl Schmitt, Ludwig Klages, Ernst Jünger ou Martin Heidegger me viennent à l'esprit.

- Pouvez-vous nous présenter brièvement la maison d'édition Antaios ? Quels sont les livres que vous publiez ? Vous en avez cité quelques-uns qui vous paraissent importants.
- Antaios existe depuis plus de vingt ans. L'éventail des livres publiés est très large : ouvrages théoriques, essais, romans, débats, réflexions philosophiques, interviews ou monographies sur des penseurs et écrivains importants (Ernst Nolte, Georges Sorel, Armin Mohler, Mircea Eliade ou Nicolás Gómez Dávila, pour n'en citer que quelques-uns). Bien sûr, les thèmes habituels de la droite sont au centre : l'immigration de masse, le « grand remplacement », l'identité ethnoculturelle et l'analyse de la myriade de têtes d'hydre que constituent nos ennemis : la théorie du genre, l'antiracisme, le mondialisme, le transhumanisme, la technocratie ou le « cotralalavidisme ». Une série populaire et à succès est celle des « Kaplaken » : des livres courts qui tiennent confortablement dans une poche, écrits par différents auteurs sur différents sujets. Ils constituent une expérience de lecture rapide, instructive et souvent divertissante, un cadeau idéal pour éclairer et égayer amis et parents, et sont très recherchés par les collectionneurs. La série a publié jusqu'à présent 87 volumes.


Il est difficile d'identifier les « plus importants », tant ils sont nombreux, et je suis certainement un peu partial. Deux ouvrages théoriques ont été publiés récemment et ont été bien accueillis par les lecteurs : Politik von rechts (« Politique de droite ») de Maximilian Krah, homme politique de l'AfD, tente de définir l'essence et les contours de la politique de droite aujourd'hui, tandis que Regime Change von rechts (« Changement de régime de droite ») de Martin Sellner est une esquisse impressionnante et approfondie des stratégies métapolitiques nécessaires au changement en Allemagne et en Europe occidentale, ce qui, à ma connaissance, n'a jamais été fait auparavant sous une forme aussi détaillée et concrète. Parmi les autres ouvrages très influents, citons Solidarischer Patriotismus (« Patriotisme solidaire ») de Benedikt Kaiser et Systemfrage (« La question du système ») de Manfred Kleine-Hartlage, une analyse tranchante de la difficile question de savoir si le changement est possible dans le cadre du système politique actuel (apparemment condamné) (l'auteur nie que ce soit possible).

Mit Linken leben (« Vivre avec la gauche ») de Caroline Sommerfeld et moi-même a également été un « best-seller » dans notre gamme, une sorte de « manuel de survie » pour les personnes ayant des opinions « erronées », conçu pour aider à gagner les débats, à s'omposer dans les débats, à s'orienter politiquement, à démasquer les absurdités de la gauche, à comprendre ses « types » et sa psychologie, et surtout à faire face aux pressions sociales dans la famille, au travail, à l'école, à l'université, dans les amitiés, etc. Son ton est plus "léger" que celui de la plupart de nos livres, et il contient même des conseils de drague pour les gens de droite ! Il a été publié en 2017, au plus fort de la vague ”populiste“ consécutive à la "crise des migrants", et je dois avouer que certaines parties me semblent déjà un peu désuètes et datées, comme si elles étaient maintenues dans une capsule temporelle. Un autre livre que j'ai beaucoup aimé est Tristesse Droite, publié en 2015, qui documente quelques soirées au cours desquelles un petit groupe de défenseurs de la Nouvelle Droite (dont je faisais partie) s'est réuni à Schnellroda pour avoir une longue discussion ouverte - comme nous le disons - « sur Dieu et le monde », qui a duré des heures et a donné lieu à un livre très inhabituel, qui donne à réfléchir et qui est très intime.
- Avez-vous des projets de livres ou de traductions en cours ? Quels sont ceux que vous considérez comme les plus importants ?
- Il y a un projet majeur sur lequel je travaille depuis un certain temps et qui prendra encore plus de temps. Il s'agit d'une sorte de lexique des films que je considère comme importants ou valables d'un point de vue de droite. Je ne parle pas nécessairement de films « de droite » (il y en a peu qui peuvent être classés comme tels à 100 %), mais de films qui ont une valeur historique, intellectuelle et esthétique pour la pensée de droite. Ce projet s'est transformé en une sorte de projet gigantesque, car je me suis retrouvé avec environ 200 films que je voulais inclure. J'aimerais également ajouter quelques réflexions générales sur la question et la politique de la censure, la responsabilité de l'artiste, les tensions et les points communs entre l'art et l'idéologie, les bons et les mauvais côtés de la culture de masse (je pense qu'il y a des bons côtés), et le présent et l'avenir du visionnage de films à une époque entièrement numérique où le cinéma classique, du moins tel que je le conçois, est en train de mourir.
J'ai un livre plus ancien à mon actif, qui était en fait mon tout premier ouvrage, et que je considère toujours comme un bon travail (il appartient à d'autres de décider à quel point), intitulé « Besetztes Gelände » (« Territoire occupé », 2010), et qui est essentiellement un essai long mais tendu et poignant sur la représentation cinématographique de l'histoire, avec un accent particulier sur la Seconde Guerre mondiale et le rôle de l'Allemagne.

Toutefois, à mon humble avis, mon livre le plus « important » et le plus ambitieux est « Kann nur ein Gott uns retten ? » (« Seul un Dieu peut-il nous sauver ? »). Il s'agit d'une méditation très profonde, forte de 400 pages, sur la nature de la religion et sa relation avec la politique (pour le dire de manière un peu simpliste), d'un point de vue (principalement) catholique ou plutôt (si j'ose dire) « catholicisant » (j'étais très influencé à l'époque par des auteurs comme Charles Péguy et Georges Bernanos). Néanmoins, je ne me considère pas comme un « vrai » catholique et je reste un « chercheur » plutôt qu'un « croyant ». Quoi qu'il en soit, j'ai mis toute ma vie et tout mon cœur dans cet écrit, et il s'agit avant tout d'une confession assez personnelle, même si j'ai essayé de la dissimuler autant que possible. Aussi, si un traducteur était intéressé, j'apprécierais beaucoup, car je ne pense pas avoir été capable d'aller au-delà de cet écrit.
- Legatum Publishing publiera prochainement une traduction anglaise de votre livre Ethnopluralismus (« Ethnopluralisme »). Pouvez-vous nous en dire un peu plus à ce sujet et sur sa pertinence ? Pourquoi le livre et l'idée d'ethnopluralisme sont-ils importants ? J'ai également une question plus complexe, et peut-être plus provocante, à propos de l'ethnopluralisme. Pour autant que je sache, c'est feu le sociologue et historien Henning Eichberg qui a commencé à utiliser ce terme, qui est rapidement devenu un concept important pour la Nouvelle Droite. Comment se fait-il alors que, selon le site web d'Antaios, vous soyez le « premier à présenter un compte rendu complet de ce concept, de ses possibilités et de ses interprétations erronées » ?
Il s'agit d'un malentendu. « Introduire » le concept ne signifie pas que je l'ai inventé, ni que j'ai inventé le terme « ethnopluralisme », qui a été forgé par Henning Eichberg en 1973 (dans un contexte anti-eurocentrique, anti-colonialiste, plutôt « de gauche »). Le point de mon livre est que l'« ethnopluralisme », comme l'« universalisme », est pluriel. Je veux dire par là qu'il n'y a jamais eu une seule théorie ou un seul principe contraignant portant ce nom, mais plutôt différentes « versions » qui ne sont pas nécessairement désignées par ce terme. Mon livre est le premier à fournir une vue d'ensemble critique des théories ethnopluralistes, de leur contexte historique, de leurs éléments centraux et de leurs « prédécesseurs » intellectuels et conceptuels. Ma formule est la suivante : « J'appelle ethnopluralisme tout concept qui défend le nationalisme et l'ethnicité en général comme un bien inhérent ». En tant que position politique, c'est une position que la plupart des nationalistes modernes acceptent aujourd'hui comme principe selon lequel tous les peuples du monde sont considérés comme ayant le « droit » à l'auto-préservation et à l'autodétermination pour défendre leur identité ethnoculturelle contre les excès universalistes et l'uniformisation, communément appelés aujourd'hui « globalisme ».
Cette conception prétend avoir surmonté le chauvinisme et le « racisme » de la « vieille droite », qui considérait souvent les autres nations et races comme « inférieures » et donc comme des objets légitimes de conquête, d'asservissement et de colonisation. Au lieu de cela, les autres nations et races sont considérées comme « différentes », sans aucun jugement de valeur, dans une sorte de « relativisme culturel ». Il s'agit d'un nationalisme « défensif » plutôt qu'agressif et envahissant. Il s'agit d'un concept de « vivre et laisser vivre », confronté à une menace historique perçue par toutes les nations et ethnies du monde : un idéal utopique de « monde unique », le rêve de certains, le cauchemar d'autres, dans lequel toute l'humanité est unie sous un seul gouvernement mondial, surmontant toutes les barrières ethniques, raciales et même, de nos jours, de « genre ». Comme l'a dit Alain de Benosit : « Je ne me bats pas contre l'identité des autres, mais contre un système qui détruit toutes les identités ». Guillaume Faye parle, lui, d'un « système qui tue les peuples » et voit dans l'abolition des identités nationales l'aboutissement, la finalité du libéralisme. Ce déracinement ethnique peut prendre plusieurs formes, et l'on peut affirmer - au moins dans une certaine mesure - que la société technologique elle-même conduit inévitablement à la désintégration de la nation et de l'identité ethnoculturelle.
Dans le monde occidental, la manière la plus directe et la plus dangereuse de briser les nations est la politique d'immigration de masse, que Renaud Camus appelle « le grand remplacement ». La position ethnopluraliste, au contraire, souligne que le droit à la patrie et le droit à l'autodétermination doivent prévaloir dans les deux sens: nous, Occidentaux, ne chercherons pas à recoloniser le Sud, mais nous refuserons aussi d'importer le Sud dans notre propre pays.
Cependant, les idées ethnopluralistes n'avaient initialement rien à voir avec la prévention de l'immigration de masse (même dans les années 1970, lorsque Eichberg a développé son concept). Elles remontent au philosophe romantique allemand - et plutôt apolitique - Herder, qui, dès le XVIIIe siècle, était un représentant du mouvement romantique allemand. À la fin du XVIIIe siècle, Herder, philosophe allemand, considérait que la « Volksseele » (« l'âme du peuple », terme qu'il utilisait plutôt que le « Volksgeist », plus familier et plus hégélien) était menacée par l'essor de l'ère industrielle et les idées des Lumières universelles. Au cours du siècle suivant, Herder est devenu le parrain du particularisme et du nationalisme, en concurrence avec les autres grands courants idéologiques de l'époque, le libéralisme/capitalisme et le socialisme/communisme. Même dans ces grandes lignes, il est clair que j'ai une histoire assez longue et compliquée à raconter, et ce n'est que dans les derniers chapitres que j'aborde la Nouvelle Droite française et la Neue Rechte allemande.

Dans mon livre, je ne parle pas seulement de Herder et de Hegel, mais aussi de la critique païenne et polythéiste du christianisme (qui remonte à l'Antiquité), des « peintures monumentales » de l'histoire mondiale de Gobineau, Spengler et Rosenberg, qui cherchaient à proposer des théories du déclin et de la chute ; les idées de Julius Evola sur la « race intellectuelle » ; la vision de Renan sur la nation ; ou les théories proto-ethnopluralistes et culturalo-relativistes de Franz Boas et Ludwig Ferdinand Clauss. Ce dernier, d'ailleurs, était un théoricien de la race plutôt hétérodoxe qui travaillait dans le cadre du système national-socialiste. J'ai trouvé un certain nombre de parallèles et de chevauchements surprenants entre les deux, que personne, à ma connaissance, n'avait remarqués auparavant. L'une des figures de proue de mon livre est l'ethnologue Claude Lévi-Strauss - un autre penseur qui n'a jamais utilisé cette définition - qui est peut-être le théoricien le plus important de l'« ethnopluralisme » de l'après-Seconde Guerre mondiale. Le cadre que j'utilise pour contextualiser le terme est emprunté au sociologue allemand Rolf Peter Sieferle, qui a écrit des livres qui ont fait date et qui éclairent l'émergence du monde moderne comme peu ont pu le faire.

Ce n'est que dans le dernier chapitre que j'exprime mes propres opinions, qui sont très différenciées. Je ne considère pas l'ethnopluralisme comme un concept philosophique vraiment durable et détaillé, et son utilité politique est assez limitée. En revanche, je le considère comme une « idée régulatrice » ayant une valeur essentiellement éthique.
En bref, c'est ce que je pourrais développer ici plus longuement, mais qui peut être mieux compris à partir de mon livre. La version anglaise comportera des mises à jour du texte, des ajouts et des chapitres supplémentaires. En fait, je pense qu'il s'agit d'un sujet qui, à première vue, semble simple, mais qui, en réalité, est très profond. Mon livre tente de donner un aperçu de cette « famille » d'idées et de ses opposants.
- Dans l'ensemble, que pensez-vous de Viktor Orbán en tant qu'homme politique ?
- Je ne peux pas aller trop loin dans ce domaine parce que je ne le connais pas assez bien, mais vous serez peut-être surpris d'apprendre que pour nous, identitaires d'Europe occidentale, Orbán - malgré ses nombreux défauts, il est vrai - est plutôt un modèle que nous admirons et que nous espérons suivre. La situation politique et métapolitique en Hongrie semble bien meilleure qu'ici. C'est un objectif que nous nous efforçons d'atteindre. D'un autre côté, contrairement à la Hongrie, nous sommes déjà confrontés au problème que notre pays est gravement endommagé par l'immigration de masse et une situation démographique défavorable. Je devrais demander à des Hongrois comme vous ce qui, selon vous, ne va pas avec Orbán et ses initiatives politiques.

- Que signifie l'Europe centrale en tant que région ou en tant que base d'identité, en tant que strate d'identité, pour la Neue Rechte et/ou pour votre vision personnelle du monde ?
- Je ne peux parler que de ma vision personnelle du monde, et elle est plus sentimentale ou esthétique que purement politique. Il fut un temps où j'espérais que l'Autriche pourrait rejoindre une sorte de bloc de Visegrád « populiste » qui s'opposerait aux politiques mondialistes de l'Union européenne et de la République fédérale d'Allemagne. Cela aurait été, en substance, une sorte de « redémarrage » politique de l'espace autrefois dominé par l'empire des Habsbourg, que je tiens en très haute estime. Aujourd'hui, je crains que cela ne se produise jamais.
Personnellement, même si je me considère comme étant plutôt abstraitement ou historiquement « allemand », mon identité immédiate n'est pas vraiment « teutonne », mais plutôt distinctement autrichienne, avec des sympathies pour l'Est européen. Si je regarde mon arbre généalogique et les noms qui y figurent, je suis en fait un « bâtard de l'empire des Habsbourg », avec des ancêtres (semble-t-il) hongrois, slovènes et tchèques. Pourtant, aussi loin que je puisse remonter, les différentes branches de ma famille sont restées à peu près dans la même zone géographique, ont parlé allemand et sont catholiques depuis au moins deux siècles.
- Pourriez-vous nous donner un aperçu des tendances politiques actuelles en Autriche ?
Je peux honnêtement dire que je trouve la politique autrichienne contemporaine plutôt fatigante, ridicule et ennuyeuse et que je vais rarement voter. Le pays est gouverné par l'ÖVP, un parti pseudo-conservateur/de « centre-droit » corrompu et mafieux qui est bien plus nuisible que n'importe lequel de ses « opposants » de gauche (il est actuellement en coalition avec les Verts). Mon dédain pour eux a pris des proportions démesurées pendant la folie des années Cov id, lorsqu'ils ont terrorisé pratiquement tout le pays, ce qui a au moins suscité une résistance saine, patriotique et « populaire » et une méfiance à l'égard des grands médias, qui sont d'horribles putes du pouvoir - je ne veux pas insulter les vraies prostituées en les comparant aux journalistes, car elles sont plus honnêtes et font au moins du bien à la société.

Le seul choix d'opposition disponible est la FPÖ (« Parti de la liberté »), qui est bien sûr également imparfait, mais qui a au moins un génie au sommet, Herbert Kickl, qui a été vilipendé comme "fou" par les médias il y a deux ans pour s'être opposé par principe aux « confinements » et aux vaccinations obligatoires, mais qui est maintenant - au moins selon les derniers sondages - l'un des hommes politiques les plus populaires d'Autriche. Certains prédisent déjà qu'il sera le prochain chancelier. Je suis plutôt pessimiste à ce sujet et, d'une manière générale, je n'ai guère confiance dans la politique parlementaire, qui ne fait généralement que peu ou pas de différence. Je crains un peu que le Kickl sortant ne déçoive et ne fasse trop de compromis, comme c'est généralement le cas pour tout candidat dont on attend une solution. Je l'admire tellement pour son courage, son intelligence et son honnêteté que j'aimerais qu'il reste « propre », ce qu'il ne peut faire qu'en étant dans l'opposition.
17:11 Publié dans Entretiens, Nouvelle Droite | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nouvelle droite, neue rechte, nouvelle droite allemande, martin lichtmesz, entretien, allemagne, hongrie, autriche, mitteleuropa |
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L'émocratie est la nouvelle arme de destruction massive du 21ème siècle

L'émocratie est la nouvelle arme de destruction massive du 21ème siècle
Leonid Savin
Source: https://www.geopolitika.ru/article/emokratiya-novoe-oruzhie-massovogo-porazheniya-xxi-veka
En 2019, l'historien américain Niall Ferguson notait à propos des États-Unis que « nous ne vivons plus dans une démocratie. Nous vivons dans une société démocratique où ce sont les émotions qui gouvernent, et non les majorités, et où les sentiments comptent plus que la raison. Plus vos sentiments sont forts, plus vous savez vous pousser à l'indignation, plus vous avez d'influence. Et n'utilisez jamais de mots là où des émoticônes font l'affaire ».
Ferguson donne des exemples de ces dernières années aux États-Unis, depuis les débats entre politiciens jusqu'aux titres sur mesure des médias engagés politiquement pour créer une tempête d'indignation et, partant, une polarisation sociale.
Un autre auteur développe ce thème : « Plus vous exprimez bruyamment vos émotions incontrôlables, plus vous êtes crédible ! C'est ainsi que va notre monde aujourd'hui. Dieu nous a donné des émotions, mais il nous a aussi donné sa loi qui nous montre ce qui est bien et ce qui est mal, afin que nous puissions contrôler nos émotions. Sinon, les émotions incontrôlées et débridées mènent au désastre ».

Les deux auteurs écrivaient dans le contexte de l'administration Trump et des attaques furieuses des démocrates contre lui. Cependant, il ne s'agit pas seulement de l'opposition entre républicains et démocrates. Il semble que le raisonnement et la rationalité en Occident aient été oubliés (ainsi que Dieu), laissant place aux émotions. D'où le discours grotesque de Greta Thunberg à l'ONU, qui est devenu un même et un sujet de moquerie. Ou encore les cris de l'artiste polonais Bartosz Bielenia au Parlement européen, applaudis par les députés. Le comportement des politiciens et des activistes ukrainiens, qui crient sur leurs adversaires pendant les débats ou qui organisent des démonstrations dans les villes européennes avec de la peinture rouge, est très proche de l'émocratie.
Même le secrétaire d'État américain, au lieu de discuter de questions sérieuses, se rend à son arrivée à Kiev dans un bar où il joue de la guitare et chante une chanson. Ce n'est peut-être pas aussi émouvant que les discours des écologistes ou des militants politiques (l'un d'entre eux s'est cloué le scrotum sur la place Rouge en novembre 2013). Mais Anthony Blinken a, d'une manière ou d'une autre, démontré qu'il était lui aussi tombé dans le marais de l'émocratie.
Pour le dire en termes de terminologie, l'émocratie est une illusion de démocratie dans laquelle la source de l'opinion n'est pas un ensemble de valeurs partagées, mais certaines émotions. Celles-ci suscitent des sentiments forts à propos d'une élection, d'une riposte militaire ou d'un événement sportif.

Mais il ne s'agit pas seulement d'un élément de populisme politique, comme on pourrait le croire à première vue. Le théoricien politique australien Stephen Chavura (photo) développe le concept d'émocratie en décrivant le « changement subtil mais incroyablement profond » qui s'est produit en Occident au cours des dernières décennies : « Du droit de poursuivre le bonheur au droit d'être heureux ». Chavurah affirme que pour beaucoup aujourd'hui, « le reste de la société tourne autour de mes sentiments, s'assurant que je ne devienne pas malheureux ».
En d'autres termes, il s'agit d'un narcissisme et d'un égocentrisme hypertrophiés, comme le diraient les psychiatres. Bref, une situation où quelqu'un croit que le monde entier lui doit quelque chose et qu'il est libre de faire ce qu'il veut.
C'est ainsi que se comportent les libéraux progressistes, dits woke, aux États-Unis. En raison de leur manque d'éducation et de comportement culturel de base, ces individus démolissent des monuments dédiés à des figures historiques, manquent de respect pour les opinions de leurs compatriotes qui diffèrent des leurs (et, bien sûr, de tous les autres à l'étranger) et font des propositions ridicules sous le couvert d'une préoccupation pathétique pour un problème.

Mais il n'y a pas qu'aux États-Unis que l'étalage d'émotions négatives a conduit à la mort de procédures démocratiques bien connues. En particulier, la sortie de la Grande-Bretagne de l'UE a été examinée précisément dans le contexte de la politique émotionnelle. Une publication scientifique sur le sujet a observé à juste titre que « l'anxiété pousse les gens à rechercher davantage d'informations, tandis que la colère les pousse à fermer les nouvelles sources d'information et à s'appuyer sur des attitudes préexistantes ». De même, l'espoir et l'enthousiasme sont associés à des niveaux plus élevés d'intérêt et de participation à la campagne, tandis que l'anxiété et la colère affectent la tolérance politique ».
Ceci est confirmé par les pratiques de manipulation, y compris à l'égard de la Russie: des tonnes de publications ces dernières années ont eu pour but de susciter la colère chez les consommateurs d'information et, par conséquent, de les faire entrer dans certains cadres de préjugés pour les maintenir dans un état de névrose permanent.
Pour aller plus loin dans l'analyse de la relation entre les émotions et la politique, une autre publication académique sur le sujet affirme que « les émotions individuelles et collectives sont entrelacées aux nœuds des structures sociales, influençant les perceptions et les actions dans la politique mondiale ». L'auteur décrit le processus multicouche des émotions dans la vie quotidienne à travers un réseau de nœuds interconnectés et d'interrelations sous quatre thèmes dominants : la confrontation collective, la participation politique, la légitimité de l'État et l'utilisation des médias par l'État pour exprimer certaines émotions.

Ce thème est développé en affirmant que « les émotions n'existent pas de manière isolée ; au contraire, elles opèrent dans un cadre géopolitique et géoculturel plus large dépendant des conditions spatiales et temporelles qui façonnent leur interprétation et leur identification ». Dans ce contexte, l'étude de la « sensibilité et de l'émotion » est fondamentale pour comprendre la société. Pour comprendre la relation entre les émotions et la sensibilité, le concept d'« écologie émotionnelle » est introduit, mettant en évidence trois de ses caractéristiques : les émotions collectives résultant de similitudes partagées, le « cadre de référence » associé à chaque émotion et lui donnant une signification particulière, et les groupes de pratiques émotionnelles. Différents aspects se conjuguent pour faciliter l'élaboration d'expériences et d'interactions sociales, en donnant un sens aux sentiments et à leurs résultats, ce qui s'apparente à l'association émotionnelle. Ces deux concepts, l'association émotionnelle et l'écologie émotionnelle, ont des implications importantes pour comprendre la dynamique de la peur et de l'anxiété dans le contexte des zones de guerre, des violations des droits de l'homme, de la traite des êtres humains, des disparités en matière de santé et de la discrimination raciale et ethnique.
L'auteur estime que les recherches futures dans ce domaine peuvent s'orienter dans plusieurs directions.
Tout d'abord, l'exploration des interrelations entre les émotions, plutôt que de s'appuyer uniquement sur un aspect émotionnel, constituerait une avancée significative dans la compréhension des complexités de la politique. Dans la vie de tous les jours, les gens ressentent et expriment toute une gamme d'émotions, souvent simultanément. Comprendre comment ces émotions multiples interagissent et influencent les attitudes et les perceptions politiques représente un domaine de recherche prometteur pour les chercheurs.
Deuxièmement, les chercheurs pourraient également étudier l'interconnexion des émotions. L'interaction entre les différentes identités sociales telles que la race, la classe, le sexe et les émotions dans un contexte politique doit faire l'objet de recherches plus approfondies.
Troisièmement, des études comparatives interculturelles et transnationales explorant la manière dont les émotions influencent la politique dans différentes sociétés, cultures et systèmes politiques sont nécessaires.
Quatrièmement, et c'est tout aussi important, les dimensions émotionnelles des questions environnementales sont explorées.
La recherche sur la manière dont les émotions telles que la peur, l'espoir ou l'apathie influencent les perceptions du public, l'élaboration des politiques et l'action collective en rapport avec le changement climatique ou les questions environnementales mérite plus d'attention. Enfin, il convient d'approfondir les recherches sur la manière dont les émotions influent sur la résolution des conflits, la consolidation de la paix et les processus de négociation.
Comprendre comment les émotions affectent les efforts de réconciliation et les accords de paix pourrait permettre d'améliorer les stratégies de résolution des conflits. L'émotion en politique reste un domaine d'étude émergent, qui offre de nombreuses possibilités de recherche interdisciplinaire et d'exploration de l'interaction complexe entre les sentiments, le pouvoir et la dynamique sociale.
Ces suggestions sont certainement importantes pour comprendre ce qui est arrivé à la société occidentale. Mais si vous lisez entre les lignes, il est facile de voir que les orientations de cette recherche fourniront également des outils pour mieux gérer les émotions et les orienter. Et dans le contexte de l'abrutissement général de l'Occident, cela rendra l'électorat de ces pays encore plus vulnérable à la caste des technocrates politiques locaux.
16:00 Publié dans Définitions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : émocratie, définition, émotions |
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