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jeudi, 08 janvier 2026

Inquiet et inquiétant mois de janvier

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Inquiet et inquiétant mois de janvier

Andrea Marcigliano

Source: https://electomagazine.it/inquieto-e-inquietante-gennaio/

En somme, le mois de janvier a commencé. Il y a peu de temps, mais cela a suffi. L’euphorie, pour dire la vérité, assez fausse et un peu forcée, de la veille, a laissé la place aux cendres. À une saveur amère dans la bouche.

C’est un mois froid, même si les jours commencent à rallonger. Froid et inhospitalier. À tel point qu’autrefois, il était le premier des deux mois intercalaires. Même pas indiqué sur le calendrier antique que, par convention, nous appelons le calendrier de Romulus. Qui, cependant, remonte à une époque bien plus ancienne. À une époque où les ancêtres des Latins vivaient bien plus au Nord. Dans des régions subpolaires.

À cette époque, la vie s’arrêtait. Elle stagnait pendant deux mois. Jusqu’à la fin février, mois des fièvres et de la purification.

Et janvier était un mois mort. Un mois d'absence. Cachés dans des huttes, les ancêtres des Latins laissaient le temps s’écouler. Et espéraient le présage de renaissance annoncé par le solstice.

Il n’est pas étonnant que, lorsqu’on lui donna un nom, ce mois fut consacré à Janus. Le dieu Bifrons. Dieu de la fin et Dieu du début.

Un visage vieux, vénérable… et un autre, au contraire, jeune et frais.

Janus représente, entre autres choses, le présent. La pause, qui est bien rare à saisir et qui, en réalité, nous échappe toujours, entre le passé et le futur. Entre regrets et peur.

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Une simplification, bien sûr. Parce que Janus est un Numen difficile à déchiffrer, toujours mystérieux. Et, de plus, il existe des bustes qui le représentent comme Tetrafrons, c’est-à-dire avec quatre visages différents. Orientés vers les quatre points cardinaux.

Et pourtant, je ne veux pas ici analyser un mythe ou une iconographie. Je veux simplement évoquer, autant que possible, la présence de ce Numen, qui donna son nom au mois que nous vivons actuellement: janvier. Et qui, avec le calendrier de César – un calendrier solaire, basé sur le modèle égyptien – est devenu le premier mois de l’année.

Le grand, long gel qui suit les fêtes du solstice. Et qui enveloppe tout dans un silence soudain.

Tout en laissant vivre l’espoir, dans les rayons du Soleil qui commencent à se faire sentir d’abord à l’aube. Et plus tard jusqu’au crépuscule.

Bien sûr, c’est un Soleil froid. Qui, lorsqu’il apparaît, illumine, mais ne procure aucune chaleur.

Pourtant, c’est le Soleil. Et il maintient vivante la promesse du solstice.

Janus, janvier… Les vitrines illuminées et décorées de Noël disparaissent déjà.

Certains, bien sûr, garderont leurs décorations jusqu’à l’Épiphanie. Mais de moins en moins, car cette fête est archaïque et, en fin de compte, mystérieuse. Qui n’a presque rien, voire rien, à voir avec Noël, cette fête de la consommation effrénée et des décorations scintillantes.

Et puis, l’Épiphanie tombe en janvier. Dans le gel et le silence de ce mois, qui nous paraît long. Très long.

Une attente infinie. Un espoir. Une étincelle de lumière dans l’obscurité.

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lundi, 22 décembre 2025

Figures féminines et masculines du temps liminal de l'hiver

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Figures féminines et masculines du temps liminal de l'hiver
 
 
Perchta, Holda, Frau Holle, les figures féminines
 
Au cœur des Rauhnächte se tient un ensemble de figures féminines qui ne relèvent ni du simple folklore ni d’une mythologie figée, mais d’un système cohérent de représentations liées au temps liminal de l’hiver.
 
Ces figures incarnent la surveillance, la sanction, la protection et la transmission au moment précis où l’ancien cycle s’achève et où le nouveau n’est pas encore pleinement advenu.
 
Leur rôle s’enracine dans une conception du monde où les douze nuits constituent un intervalle dangereux, hors du temps ordinaire, nécessitant une vigilance accrue et le respect strict d’un ordre rituel.

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Parmi elles, Perchta, Holda, Frau Holle ne doivent pas être comprises comme des personnages isolés, mais comme les manifestations régionales et historiques d’une même fonction féminine archaïque, liée au foyer, au fil du destin et à la frontière entre les mondes.

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La figure de Perchta, particulièrement présente dans l’espace alpin et bavarois, est sans doute la plus redoutée.
Elle apparaît durant les Rauhnächte comme une souveraine nocturne, parfois belle et lumineuse, parfois monstrueuse et punitive, une sorcière.
 
Cette ambivalence n’est pas une contradiction, mais l’expression même de sa fonction : Perchta récompense ceux qui ont respecté les règles du temps sacré et punit ceux qui les ont transgressées.
 
Les récits la décrivent inspectant les maisons durant les douze nuits, vérifiant si les travaux ont été achevés avant Noël, si le filage est terminé, si l’ordre règne dans le foyer.

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Les fautes les plus graves concernent le travail du fil et de la quenouille, activités strictement interdites durant cette période, car elles touchent symboliquement au fil de la vie et au destin de l’année à venir.
 
La sanction attribuée à Perchta, ouvrir le ventre des fautifs et le remplir de paille ou de déchets, appartient à un langage mythique ancien où la transgression rituelle appelle une punition corporelle symbolisant la rupture de l’ordre cosmique.
 
Dans les régions plus septentrionales du monde germanique, cette même fonction apparaît sous les traits de Holda (la noble Dame) ou Frau Holle.
 
Dame Holda, connue notamment par les traditions de l’Allemagne centrale, est étroitement liée à la neige, au foyer et au travail textile.
 
Comme Perchta, elle surveille le respect des interdits hivernaux et récompense les ménagères diligentes.
 
Elle secoue ses draps pour faire tomber la neige, image qui relie le monde domestique à l’ordre naturel.
 
La neige n’est pas ici un simple phénomène météorologique, mais le signe visible d’une activité féminine surnaturelle, rappelant que le monde est encore en cours de tissage.
 
Elle recouvre, assure le sommeil réparateur de la Terre, assure la fertilité à venir, d'où l'image de l'édredon, qui recouvre les dormeurs et protège la fertilité du couple.
 
Frau Holle incarne une autorité discrète mais omniprésente, moins terrifiante que Perchta dans ses formes tardives, mais tout aussi exigeante dans ses fonctions.

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Derrière ces figures folkloriques se profile une strate plus ancienne encore, celle de la déesse Frigg, épouse du dieu souverain dans la mythologie germanique.
 
Frigg est la fileuse par excellence, celle qui connaît le destin des hommes et qui tisse le fil des vies.
 
Son lien avec les Rauhnächte apparaît dans l’idée que chacune des douze nuits correspond à un mois de l’année à venir, et que durant ces nuits, le destin de l’année est filé.
 
Travailler le fil pendant cette période reviendrait à interférer avec l’œuvre divine, à se substituer à la déesse dans une tâche qui dépasse l’humain.
 
C’est pourquoi le rouet et la quenouille doivent être rangés avant Noël, et c'est pourquoi les femmes qui n’ont pas achevé leur filage avant l’entrée dans les Rauhnächte s’exposent à des figures punitives telles que Perchta ou la Roggenmuhme.
 
Le fil devient ici l’image la plus claire du temps lui-même, continu, fragile, susceptible d’être rompu si l’on agit au mauvais moment.
 
Ces figures féminines ne sont pas seulement des surveillantes ou des punisseuses ; elles sont aussi des gardiennes du foyer et de la continuité.
 
Leur autorité s’exerce à l’intérieur de la maison, espace clos et protégé durant les Rauhnächte, opposé au dehors dangereux où errent la Chasse sauvage et les âmes sans repos.
 
Elles incarnent la loi intérieure, celle qui exige le calme, l’ordre, la retenue et la préparation.
 
La maison bien tenue, le travail achevé, le feu entretenu et le silence respecté constituent autant d’actes d’allégeance à ces puissances féminines, qui assurent en retour protection et fertilité pour l’année nouvelle.
 
Avec la christianisation progressive, ces figures n’ont pas disparu, mais ont été transformées.
 
Leur violence rituelle a été atténuée, leur autorité déplacée vers des figures plus compatibles avec la morale chrétienne, sans que leur fonction fondamentale ne soit totalement effacée.

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Perchta devient parfois une simple figure de conte, Frau Holle une fée bienveillante, tandis que la dimension cosmologique de Frigg se dissout dans des interdits domestiques dont le sens originel se perd peu à peu.
 
Pourtant, la cohérence demeure lisible : ces figures féminines gouvernent le seuil, elles règnent sur le temps suspendu, et rappellent que le passage d’une année à l’autre ne peut s’effectuer sans discipline ni respect des rythmes invisibles.
 
Ainsi, les Rauhnächte apparaissent comme un temps placé sous une souveraineté féminine, non pas au sens sentimental ou maternel, mais au sens le plus archaïque du terme : celui de la maîtrise du foyer, du destin, de l'invisible.
 
Avec l’irruption des figures masculines de la Chasse sauvage et des exécuteurs nocturnes, ce sont elles qui tiennent la clef du passage, qui ferment l’ancien monde et préparent silencieusement le nouveau.
 
Leur présence rappelle que, dans l’imaginaire ancien, le renouvellement du temps ne se conquiert pas par le bruit ou la force, mais par l’ordre, la retenue et l’acceptation d’un temps où l’humain doit s’effacer devant les puissances qui tissent le monde.

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Chasse sauvage, Knecht Ruprecht, Hans Trapp, Weihnachtsmann : les figures masculines
 
La Chasse sauvage occupe une place centrale dans l’imaginaire hivernal, non comme un simple récit d’épouvante, mais comme l’expression dynamique d’un moment du cycle où le monde est mis en mouvement, secoué et symboliquement détruit afin de permettre sa renaissance.
 
Connue sous les noms de Wilde Jagd, Wütendes Heer, conduite par le Wilder Jäger, elle traverse les nuits du coeur de l'hiver comme une tempête surnaturelle, emplissant l’air de vacarme, de cris, de claquements et de vents violents.
 
La Chasse sauvage est avant tout l’irruption contrôlée du chaos, nécessaire à la régénération du monde, et non une simple punition morale.
 
Dans de nombreuses traditions, la Chasse est menée par une figure souveraine, parfois identifiée à Wodan, parfois à un chasseur, à un chef spectral, menant des seigneurs damnés ou des cavaliers nocturnes.
 
Le meneur incarne la force en mouvement, la rupture, la violence active qui traverse l’espace ouvert, les forêts, les chemins et le ciel.
 
Il emporte avec lui les âmes errantes, les morts sans repos, les figures marginales et tout ce qui n’a pas trouvé sa place dans l’ordre achevé de l’année finissante.
 
Toutefois, cette lecture ne saurait être considérée comme unique ni originelle.
 
La chasse sauvage relève d’un niveau plus archaïque participant d’un même processus cosmique.
 
Dans plusieurs régions, c’est Perchta elle-même qui conduit la Chasse sauvage, révélant une strate peut-être encore plus ancienne du mythe, où la souveraineté féminine ne se limite pas à la protection domestique, mais englobe aussi la violence rituelle et la capacité de destruction nécessaire au renouvellement.
 
Cette coexistence de meneurs masculins et féminins ne doit pas être interprétée comme une opposition de principes, mais comme l’expression parallèle de fonctions équivalentes.

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La Chasse sauvage n’est pas genrée dans son essence ; elle est un rite cosmique en mouvement.
 
Qu’elle soit conduite par une figure masculine ou féminine, elle remplit la même tâche : arracher, disperser, effrayer, purger. Dans cette perspective, destruction et fertilité ne sont pas antagonistes, mais indissociables.
 
La violence de la Chasse participe d’un ancien fonds indo-européen où la mort rituelle précède toujours la renaissance, à l’image des tempêtes hivernales qui précèdent le retour du printemps, ou du labour qui déchire la terre afin de la rendre féconde.
 
La poursuite nocturne, le fracas et la circulation des forces invisibles agissent comme un grand nettoyage symbolique, débarrassant le monde des scories de l’année écoulée.

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À cette Chasse sauvage est presque toujours associée une multitude d’êtres surnaturels hurlants et effrayants, qui en constituent la horde chaotique et bruyante. Ces figures, connues sous des appellations diverses selon les régions, trouvent leur expression la plus célèbre dans les Krampus et les créatures apparentées qui accompagnent les processions hivernales. Cornus, velus, masqués, armés de chaînes, de cloches et de fouets, ils ne représentent pas des démons au sens théologique chrétien, mais des puissances hivernales archaïques, incarnations du froid, de la nuit, de la mort et de l’indompté.
 
Leur violence n’est pas morale, mais cosmique.
 
Hurlants, excessifs, transgressifs, ils rappellent directement la horde déchaînée de la Wilde Jagd, dont ils sont la manifestation visible et incarnée.
 
Ces êtres peuvent être compris à la fois comme des génies sauvages de la forêt, des forces élémentaires de l’hiver, et comme les âmes des défunts errants, revenues hanter le monde des vivants durant ce temps où les frontières entre les mondes sont ouvertes. Leur présence souligne que la souveraineté exercée durant les Rauhnächte ne s’exerce jamais seule : elle s’entoure toujours d’une multitude chaotique, indispensable à la purge rituelle du cycle.
 
Certains personnages parcourent l'hiver, distribuant punitions et récompenses lorsque arrivent les douze nuits.
Ils relèvent de cette même logique.

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Le Bluatiger Dammerl, associé à la Thomasnacht, incarne la violence inaugurale du cycle, celle qui ouvre les Rauhnächte par le sang et l’effroi.
 
Il ne s’agit ni d’un simple croquemitaine ni d’un personnage moralisateur, mais d’une condensation extrême de la brutalité requise pour rompre avec l’ancien ordre.
 
Les traditions le décrivent fréquemment armé d’un énorme maillet ou d’une lourde masse, instrument de frappe brutale et immédiate, dont la portée symbolique dépasse largement la simple intimidation. Cet attribut renvoie clairement à l’imaginaire du dieu germanique Donar, connu dans le monde nordique sous le nom de Thor, maître de l’orage et porteur du marteau.
 
Donar est celui qui traverse le ciel en grondant, frappe la terre de sa masse et, par la violence de la tempête, fait tomber la pluie fécondante en été.

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Le maillet du Dammerl condense cette même logique : une violence céleste, sonore et terrifiante, qui n’est pas purement destructrice mais participe d’un cycle de régénération.
 
Comme l’orage qui brise pour nourrir, le coup du maillet marque, ouvre et purifie, confirmant que le Bluatiger Dammerl conserve l’empreinte d’un fonds mythique ancien où la frappe, le tonnerre et le sang sont étroitement liés à la fertilité et au renouvellement du monde.

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Dans l’espace rhénan et alsacien, Hans Trapp joue un rôle comparable, accompagnant les figures lumineuses de Noël comme leur envers sombre et complémentaire : là où l’une récompense et éclaire, l’autre éprouve, menace et corrige.
 

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Plus au nord, Knecht Ruprecht erre aux marges de la communauté en rappelant par la peur que le monde n’est pas encore stabilisé.
 
Pelzmärtel (le Martin à fourrure) est un genre de Weihnachtsmann ou Knecht Ruprecht, couvert de fourrure ou d'un manteau à fourrure. Son nom fait référence à St Martin.
 
Même la figure apparemment adoucie du Weihnachtsmann conserve, sous des formes neutralisées, cette dimension ancienne de jugement saisonnier et de collecte, héritée de figures hivernales plus rudes.
 
Il importe toutefois de préciser que le Père Noël moderne ne saurait être compris comme un avatar direct et linéaire de Wodan, malgré les rapprochements fréquents opérés dans les discours contemporains.
 
Il relève plutôt de l’évolution récente d’un personnage archétypal ancien, associé de longue date à la circulation nocturne, à la souveraineté hivernale et à la distribution saisonnière, archétype auquel Wodan a été rattaché en tant que conducteur de la Chasse sauvage.
 
La christianisation a largement récupéré et réorienté cette figure archétypale à travers des figures de saints, notamment Nicolas de Myre (Saint Nicolas) et Martin de Tours (Saint Martin), dont les légendes ont absorbé des motifs païens plus anciens : chevauchée hivernale, dons nocturnes, protection des enfants, contrôle saisonnier des comportements.
 
Ces figures saintes n’ont pas effacé les structures antérieures, mais les ont recouvertes d’une lecture morale et théologique nouvelle.
 
La figure actuelle du Père Noël est ainsi le résultat d’un long processus de neutralisation et de sécularisation, où subsiste néanmoins l’ombre d’un juge saisonnier et d’un collecteur hivernal.

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On notera enfin que le houx, plante emblématique de l’hiver et du temps sombre, est traditionnellement associé à Wotan.
Toujours vert au cœur de la saison morte, armé de feuilles piquantes et de baies rouges rappelant le sang, le houx incarne à la fois la persistance de la vie dans la nuit hivernale et la dimension dangereuse de cette vitalité.
 
Dans l’imaginaire germanique, il se rattache à la souveraineté de Wotan, dieu des morts, des tempêtes, qui traverse le monde lorsque la végétation ordinaire est en sommeil. L’usage du houx comme plante protectrice durant la période de Noël ne relève donc pas d’un simple décor, mais d’une survivance symbolique : il marque la présence d’une force vitale âpre, tranchante et indomptée, capable de repousser le chaos tout en appartenant pleinement au règne de l’hiver. Sa récupération chrétienne comme ornement festif prolonge cette ambivalence, transformant un signe de puissance wotanique et de liminalité mortifère en symbole de protection et de continuité, sans en effacer totalement la charge archaïque.

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À la périphérie de ce personnage central gravitent encore des figures mineures, telles que les gnomes ou lutins de Noël, qui peuvent être compris comme des paraphrases tardives des Albes germaniques.
 
Ces êtres intermédiaires, ni pleinement divins ni humains, attachés à la maison, à la nuit et à la liminalité du temps hivernal, témoignent de la persistance d’un monde invisible peuplé d’entités subalternes, survivance discrète mais tenace de l’ancien imaginaire germanique.
 
Comprendre la Chasse sauvage dans le contexte des Rauhnächte impose ainsi de dépasser toute lecture dualiste simpliste. Masculin et féminin n’y sont pas des principes opposés, mais des modes d’expression parallèles d’une même nécessité cosmique.
La violence n’est pas expulsée hors du cycle ; elle en constitue un moment essentiel.
 
Perchta peut être à la fois la souveraine qui inspecte les maisons et celle qui mène la Chasse, tout comme une figure masculine peut incarner la même fonction de purge et de mise en mouvement.
 
La maison, close, protégée par le feu et le silence, n’est pas l’antithèse de la Chasse sauvage, mais son complément nécessaire : tandis que l’extérieur est livré à la tempête rituelle, l’intérieur préserve le germe de la continuité.
 
Ainsi comprise, la Chasse sauvage apparaît comme l’un des rites les plus puissants du cycle hivernal, non parce qu’elle terrifie, mais parce qu’elle met en scène l’unité profonde de la vie et de la mort, de la destruction et de la fertilité.
 
Elle rappelle que la renaissance ne surgit jamais du calme seul, mais d’un passage violent et nécessaire, orchestré par des puissances anciennes qui, sous des formes multiples et changeantes, continuent de structurer l’imaginaire du solstice et des Rauhnächte.

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mardi, 30 janvier 2024

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Mi-hiver

Andrea Marcigliano

Source: https://electomagazine.it/mezzo-inverno/

Nous sommes à mi-chemin dans le temps d'hiver. Quarante jours nous séparent de Noël, du Solstice. Et donc aussi de l'Equinoxe.

L'air est encore gelé, mais au milieu de la journée, il scintille de lumière. Le ciel est clair, d'un bleu profond. Le vent froid apporte un soupçon de neige et de brume provenant des montagnes.

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Les Celtes célébraient Imbolc. Leur coutume a toujours été de placer les fêtes du calendrier à quarante jours des solstices et des équinoxes. C'est-à-dire, chaque fois, au tournant de la saison. Imbolc, Beltane, Lughaid, Samahin...

C'était le jour de la fête d'Imbolc. Fête des pluies, désormais imminentes, qui allaient revitaliser la terre, préparant le printemps. La renaissance.

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Et la nuit, du 31 janvier au 2 février, de grands feux étaient allumés. Pour envoyer de la lumière et de la chaleur. La déesse invoquée était Brighid. La Dame du feu, en effet.

La tradition des feux survit encore. Résiduelle. Dans certains endroits de la campagne et des vallées montagneuses de notre Nord-Est. Qui était autrefois la terre des peuples celtes, les Boi, les Insubri...

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Dans le Piémont, on parle de la Giobbianna ou Giubiana (photo). La Zòbia dans la région de Piacenza...

Brighid, ou Brugit, avait plusieurs visages. Jeune fille, femme, vieille femme. Déesse représentant le temps et son écoulement. D'où le destin et la vie. Comme les Parques ou Moires classiques. Comme les Nornes germaniques.

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Les jours précédant la mi-hiver, du 29 au 31 janvier, sont connus sous le nom de jours du Merle. Les plus froids de l'année, selon la tradition, bien que ce ne soit pas toujours le cas. Mais c'est un symbole. Le gel doit précéder la fête du feu. Et représenter ainsi la lutte de la lumière contre les ténèbres. Dont, à la fin, le vainqueur est... la vie.

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Il y a une pièce de Shakespeare, Le Conte d'hiver, qui fait probablement écho à la mémoire d'Imbolc.

Une pièce étrange. Parce que les deux premiers actes sont sombres. Ils dévoilent une progression, un rythme tragique. Puis, c'est le tournant. Et les deux derniers actes deviennent progressivement une comédie. Avec, inévitablement, survient le happy end. Et tout se remet en place... toutes les situations complexes sont résolues. Et la fin est joyeuse.

Loin de moi l'idée de faire l'exégèse du texte shakespearien. De discuter des genres théâtraux, tragédie, comédie, tragi-comédie...

Ce n'est pas mon affaire... cependant, pensez-y....

Le sens tragique de la mort. Puis, le tournant. Et la fin lumineuse.

Pensez-y... et regardez autour de vous ces jours-ci.

Des jours lugubres et glaciaux, des jours de merle. Si froids qu'ils ne donnent aucun espoir. Je me promène dans les rues du village... et elles sont désertes. Juste quelques passants, bien emmitouflés, qui promènent leur chien. On a envie de rester à l'intérieur. De se terrer au chaud. On a l'impression que l'hiver, avec son visage le plus sombre et le plus morose, n'en finira jamais....

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Mais en réalité, la saison froide touche à sa fin. Ou plutôt, elle est au tournant. Bientôt, la nature va renaître. Les haies, les branches sèches des arbres se couvrent de bourgeons. La saison hivernale décline en printemps. Et les vents apportent déjà d'autres senteurs. Une vibration... différente, comme une légère fièvre qui mettra bientôt les gens dans un état d'esprit différent pour sortir, faire... pour vivre.

Imbolc... le mi-hiver. Quel est ce dicton que j'entendais souvent ?

Il fait toujours plus sombre avant que le soleil ne se lève....

 

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dimanche, 08 janvier 2023

Janvier

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Janvier

Andrea Marcigliano

Source: https://electomagazine.it/gennaio/

J'aperçois des vers de Rilke. Un petit texte que je ne connaissais pas. Janvier. Un poème sur ce mois. Une denrée rare. Pourquoi des poèmes sur Noël, sur le printemps, sur les mois d'été ...mais sur janvier ? Honnêtement, je ne m'en souviens pas.

C'est un mois gris, froid... interminable. Les lumières des vacances se sont éteintes. Et il ne reste plus qu'à attendre.

Attendre de sentir le prolongement du jour. Un soleil qui réchauffera à nouveau. Pouvoir sortir à nouveau, sans avoir à se déguiser.

Nous devons rester, pour la plupart, à l'intérieur. Comme nos ancêtres paysans et bergers. Qui, dans les temps anciens, n'avaient même pas ce mois sur leurs calendriers. On ne pouvait rien faire. Il suffit d'attendre qu'il passe. Et espérer survivre.

"...le jour blanc devient éternel, infini" écrit Rilke. Et il saisit les éléments, deux, essentiels à ce mois. La blancheur, en tant que (non-)couleur dominante. Absolue. A peine tachetée par les dernières étincelles d'une bûche, qui finit de brûler dans la cheminée. Et le sentiment que le temps ralentit. Presque... immobile.

L'atmosphère est résolument... nordique. Rilke était originaire de Prague. Un Bohémien parlant allemand. Comme Kafka. Et le peuple de Prague, avait écrit Goethe, est le peuple le plus triste d'Europe.

Mélancolique. Comme le mois de janvier.

Et pourtant, ou peut-être à cause de cela, il parvient à en capturer la beauté cachée.

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Rainer Maria Rilke

(Januar Gedichte)
Es treibt der Wind im Winterwalde

Es treibt der Wind im Winterwalde
die Flockenherde wie ein Hirt
und manche Tanne ahnt, wie balde
sie fromm und lichterheilig wird,
und lauscht hinaus;
den weißen Wegen streckt sie die Zweige hin,
bereit und wehrt dem Wind
und wächst entgegen
der einen Nacht der Herrlichkeit.

Une beauté, peut-être, dure et cruelle. Certainement mélancolique. Une beauté, un charme, qui frise la peur. Toute cette blancheur éclatante... ô la grisaille luminescente du brouillard. J'ai souvent pensé que ce devait être la couleur de la mort. Pas la noir. Comme dans certaines cultures orientales, où le blanc est la couleur du deuil.

Peut-être une suggestion de l'Averne de l'Odyssée. Peut-être le souvenir d'une scène d'"Armacord", pour moi le véritable chef-d'œuvre de Fellini. Lorsque le grand-père, enveloppé dans son tabard, se retrouve à errer dans une mer de brouillard épais. Et il se demande, étranglé, si c'est à cela que ressemble la mort. Ajoutant : ce n'est pas une bonne chose, cependant...

En janvier, tout ce qui nous entoure semble en effet statique. La nature semble paralysée, morte. En ville, c'était moins évident. Là-bas, tout est artificiel. Falsifié. Ici, où je suis, entouré de forêts et de montagnes, c'est une évidence qui saute, immédiatement, aux yeux. Et le froid, qui devient plus mordant de jour en jour, vous pousse à l'intérieur. Ou à l'intérieur. Dans la rue, peu de gens se pressent. D'un autre côté, les marchés de Noël étant désormais fermés, il y a peu de raisons de circuler à l'extérieur. En fait, pas du tout.

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Une certaine tristesse, parfois, me saisit. Et me serre le cœur. Alors que je suis là, à fumer ma pipe. Je regarde le ciel couleur fer. Et le soleil froid qui, par moments, brille à travers. Un sentiment... étrange. Parce que tout semble immobile. Et, en effet, mort. Pourtant, c'est comme si je ressentais un frémissement caché de la vie. Quelque chose se précipite derrière ce... voile. La vie, je dirais. Une vie plus fervente, plus intense, que celle qui nous entoure en été. Ce qui est la vie, certes, mais tout extérieur. Et, si j'y pense, proche du déclin automnal. D'où... la mort.

Alors qu'ici, dans le cœur gelé de janvier, la vie est cachée. Presque imperceptible. Mais c'est la vie qui se prépare. S'épanouir.

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"Ils respirent légèrement les grands sapins / enfermés dans le manteau de neige..."

Rilke encore. Il attrape, là où les autres ne voient que le gel et la mort, le souffle de la nature. Un faible souffle. Presque imperceptible. Ce qui, cependant, est intense. Profondément. Il révèle, comme dans un conte de fées, des royaumes souterrains enchantés. Où se prépare le mystère de la renaissance du printemps. Et tout, alors, la neige, le givre, le vent froid, le ciel gris... tout devient simplement beauté

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lundi, 31 octobre 2022

Hiver russe : Ségur et les leçons de la froide retraite de Russie

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Hiver russe : Ségur et les leçons de la froide retraite de Russie

par Nicolas Bonnal

Comme on le sait, l’hiver approche. Les imbéciles du changement climatique n’avaient pas prévu un mois d’octobre doux. Les choses sérieuses vont commencer en novembre comme en 1812. Occasion de relire l’époustouflante, lyrique et épique Retraite de Russie de Philippe de Ségur. Il est amusant de constater que si la Russie symbolise l’hiver, elle signifiait aussi l’énergie, le chauffage et la propreté. Mais on préfère crever sur ordre de Washington et de Bruxelles, de Davos et des néocons. On verra si le Diesel, comme les vivres de la cigale, viendra à manquer aussi. Fin des bagnoles ! Comme dit Ursula : envoyez la facture à Poutine !

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On continue avec Ségur. On quitte Moscou avec un empereur aux abois et la bise frappe début novembre :

« Mais le 6 novembre, le ciel se déclare. Son azur disparaît. L'armée marche enveloppée de vapeurs froides. Ces vapeurs s'épaississent: bientôt c'est un nuage immense qui s'abaisse et fond sur elle, en gros flocons de neige. Il semble que le ciel descende et se joigne à cette terre et à ces peuples ennemis, pour achever notre perte. Tout alors est confondu et méconnaissable: les objets changent d'aspect; on marche sans savoir où l'on est, sans apercevoir son but, tout devient obstacle. Pendant que le soldat s'efforce pour se faire jour au travers de ces tourbillons de vents et de frimas, les flocons de neige, poussés par la tempête, s'amoncellent et s'arrêtent dans toutes les cavités; leur surface cache des profondeurs inconnues, qui s'ouvrent perfidement sous nos pas. Là, le soldat s'engouffre, et les plus faibles s'abandonnant y restent ensevelis. »

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Beau texte halluciné si étrangement absent de nos livres scolaires. Le froid arrive donc et attaque individu par individu, molécule par molécule :

« Ceux qui suivent se détournent, mais la tourmente fouette dans leurs visages la neige du ciel et celle qu'elle enlève à la terre; elle semble vouloir avec acharnement s'opposer à leur marche. L'hiver moscovite, sous cette nouvelle forme, les attaque de toutes parts: il pénètre au travers de leurs légers vêtements et de leur chaussure déchirée. Leurs habits mouillés se gèlent sur eux; cette enveloppe de glace saisit leurs corps et roidit tous leurs membres. Un vent aigre et violent coupe leur respiration; il s'en empare au moment où ils l'exhalent et en forme des glaçons qui pendent par leur barbe autour de leur bouche. »

Après une observation géniale : l’individu va perdre ses moyens intellectuels et psychologiques. Pensez à ce qui va se passer cet hiver (ou l’hiver prochain : Schwab et Hariri ne s’arrêteront pas en si bon chemin – et nos gouvernements génocidaires, Meloni compris, non plus), quand nos tarés de zélés électeurs et consommateurs russophobes vont achever d’être décérébrés par le froid et la faim :

« Ce fut ainsi que, depuis ce déluge de neige et le redoublement de froid qu'il annonçait, chacun, chef comme soldat, conserva ou perdit sa force d'esprit, suivant son caractère, son âge et son tempérament. Celui de nos chefs que jusque-là on avait vu le plus rigoureux pour le maintien de la discipline, ne se trouva plus l'homme de la circonstance. Jeté hors de toutes ses idées arrêtées de régularité, d'ordre et de méthode, il fut saisi de désespoir à la vue d'un désordre si général, et, jugeant avant les autres tout perdu, il se sentit lui-même prêt à tout abandonner. »

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C’est l’acédie, ce désespoir monastique, physique et spirituel, dont j’ai parlé dans mon recueil sur Cassien et la sagesse chrétienne.

La Grande Armée n’est pas au bout de ses peines :

« Cependant, l'entassement des cadavres dans les maisons, les cours et les jardins, et leurs exhalaisons morbidiques, empestaient l'air. Les morts tuaient les vivants. Les employés, comme beaucoup de militaires, avaient été atteints: les uns étaient devenus comme imbéciles; ils pleuraient, ou fixaient la terre d'un œil hagard et opiniâtre. Il y en avait eu dont les cheveux s'étaient roidis, dressés et tordus en cordes; puis, au milieu d'un torrent de blasphèmes, d'une horrible convulsion, ou d'un rire encore plus affreux, ils étaient tombés morts. »

Alternons avec les opérations militaires (on a une énième guerre Occident-Russie sur les bras). Napoléon va être sauvé par l’inertie et la prudence russe, explique Ségur :

« Aussi est-ce là qu'on a bien vu que la renommée n'est point une ombre vaine, que c'est une force réelle et doublement puissante par l'inflexible fierté qu'elle porte à ses favoris, et par les timides précautions qu'elle suggère à ceux qui osent l'attaquer. Les Russes n'avaient qu'à marcher en avant, sans manœuvres, sans feux même; leur masse suffisait, ils en eussent écrasé Napoléon et sa faible troupe: mais ils n'osèrent l'aborder! L'aspect du conquérant de l'Égypte et de l'Europe leur imposa. Les pyramides, Marengo, Austerlitz, Friedland, une armée de victoires, semblèrent s'élever entre lui et tous ces Russes: on eût pu croire que, pour ces peuples soumis et superstitieux, une renommée si extraordinaire avait quelque chose de surnaturel… »

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De temps en temps aussi un acte de bravoure rappelle qui est cette Grande Armée :

« Ce fait, et le malheur de la division Partouneaux, expliquent l'effrayante réduction du corps de Victor, et cependant ce maréchal contint Wittgenstein pendant toute cette journée du 28. Pour Tchitchakof, il fut battu. Le maréchal Ney et ses huit mille Français, Suisses et Polonais, suffirent contre vingt-sept mille Russes. »

Les russes ne supportent pas mieux l’hiver que les Européens : et pourquoi le supporteraient-ils ? Dostoïevski ne cesse de se plaindre de ces Européens qui ne se chauffent déjà pas !

« L'hiver, ce terrible allié des Moscovites, leur avait vendu cher son secours. Leur désordre poursuivait notre désordre. Nous revîmes des prisonniers, qui, plusieurs fois, avaient échappé à leurs mains et à leurs regards glacés. Ils avaient d'abord marché au milieu de leur colonne traînante, sans en être remarqués. Il y en eut alors qui, saisissant un moment favorable, osèrent attaquer des soldats russes isolés, et leur arracher leurs vivres, leurs uniformes, et jusqu'à leurs armes, dont ils se couvrirent. Sous ce déguisement ils se mêlèrent à leurs vainqueurs; et telle était la désorganisation, la stupide insouciance et l'engourdissement où cette armée était tombée, que ces prisonniers marchèrent un mois entier au milieu d'elle sans en être reconnus. Les cent vingt mille hommes de Koutouzov étaient alors réduits à trente-cinq mille. »

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On a 80% de pertes de part et d’autre. Je rappelle qu’on est encore en automne. Ségur ajoute :

« Des cinquante mille Russes de Wittgenstein, il en restait à peine quinze mille. Vilson assure que sur un renfort de dix mille hommes, partis de l'intérieur de la Russie avec toutes les précautions qu'ils savent prendre contre l'hiver, il n'en arriva à Wilna que dix-sept cents. Mais une tête de colonne suffisait contre nos soldats désarmés. Ney chercha vainement à en rallier quelques-uns, et lui, qui jusque-là avait commandé presque seul à la déroute, fut obligé de la suivre. »

Mais on n’a rien vu. La Saint-Nicolas arrive (calendrier grégorien) et voici ce que cela donne :

« Le 6 décembre, le jour même qui suivit le départ de Napoléon, le ciel se montra plus terrible encore. On vit flotter dans l'air des molécules glacées; les oiseaux tombèrent roidis et gelés. L'atmosphère était immobile et muette: il semblait que tout ce qu'il y avait de mouvement et de vie dans la nature, que le vent même fût atteint, enchaîné, et comme glacé par une mort universelle. Alors plus de paroles, aucun murmure, un morne silence, celui du désespoir et les larmes qui l'annoncent. »

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Les soldats prient, tombent et meurent. Il fait moins 28 :

« On s'écoulait dans cet empire de la mort comme des ombres malheureuses. Le bruit sourd et monotone de nos pas, le craquement de la neige, et les faibles gémissements des mourants interrompaient seuls cette vaste et lugubre taciturnité. Alors plus de colère ni d'imprécations, rien de ce qui suppose un reste de chaleur: à peine la force de prier restait-elle; la plupart tombaient même sans se plaindre, soit faiblesse ou résignation, soit qu'on ne se plaigne que lorsqu'on espère attendrir, et qu'on croit être plaint. »

Après on entre dans une ambiance à la Tolkien (le paysage hostile du début des Deux tours) ou à la John Ford (le nuage de poussière et les géniaux indiens de Cochise lors de l’attaque finale de Fort Apache) :

« Ceux de nos soldats jusque-là les plus persévérants se rebutèrent. Tantôt la neige s'ouvrait sous leurs pieds, plus souvent sa surface miroitée, ne leur offrant aucun appui, ils glissaient à chaque pas et marchaient de chute en chute; il semblait que ce sol ennemi refusât de les porter, qu'il s'échappât sous leurs efforts, qu'il leur tendît des embûches comme pour embarrasser, pour retarder leur marche, et les livrer aux Russes qui les poursuivaient, ou à leur terrible climat. »

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Napoléon est là mais les gens (il n’y a plus de soldats) sont trop abrutis par le froid pour réagir ; lisez bien car c’est ce qui va se passer cet hiver :

« Napoléon venait d'y arriver au milieu d'une foule de mourants, dévoré de chagrin, mais ne laissant percer aucune émotion à la vue des souffrances de ces malheureux, qui, de leur côté, ne lui faisaient entendre aucun murmure. Il est vrai qu'une sédition était impossible; c'eût été un effort de plus, et toutes les forces de chacun étaient employées à combattre la faim, le froid et la fatigue: il eût d'ailleurs fallu de l'ensemble, s'accorder, s'entendre, et la famine, et tant de fléaux séparaient et isolaient, en concentrant chacun tout entier en lui-même. Bien loin de s'épuiser en provocations, en plaintes même, on marchait silencieux, réservant tous ses moyens contre une nature ennemie, distraits de toute autre idée par une action, par une souffrance continuelle. Les besoins physiques absorbaient toutes les forces morales; on vivait ainsi machinalement dans ses sensations, restant soumis encore par souvenir, par suite d'impressions reçues dans un meilleur temps, et beaucoup par un honneur, par un amour de gloire exalté par vingt ans de triomphes, et dont la chaleur survivait et combattait encore. »

Sédition impossible et vie machinale. Retenez cela pour janvier ou février. Ce sera moins mortel que cette retraite mais ce sera pas mal quand même.

Un dernier mot sur les russes accablés aussi par le froid et prostrés comme les Français et leurs troupes européennes :

« Mais alors ce fut elle, sans doute, qui frappa Kutusof d'inertie. À leur extrême surprise, ils ont vu ce Fabius russe, outré comme l'imitation, s'obstinant dans ce qu'il appelait son humanité, sa prudence, rester sur ses hauteurs avec ses vertus pompeuses, sans se laisser, sans oser vaincre, et comme étonné de sa supériorité. Il voyait Napoléon vaincu par sa témérité, et il fuyait ce défaut jusqu'au vice contraire.

Il ne fallait pourtant qu'un emportement d'indignation d'un seul des corps russes pour en finir; mais tous ont craint de faire un mouvement décisif: ils sont restés attachés à leur glèbe avec une immobilité d'esclaves, comme s'ils n'avaient eu d'audace que dans leur consigne, et d'énergie que leur obéissance. Cette discipline, qui fit leur gloire dans leur retraite, a fait leur honte dans la nôtre. »

On ne sait pas jusqu’où les Européens suivront l’esclavagisme thermique, énergétique, numérique et militaire de Bruxelles et de BlackRock. La plaisanterie peut encore durer : car en 1812 on n’en avait pas terminé avec cet empire français dont on nous rebat les oreilles. Et j’en reviens à ma phrase préférée de Nietzsche, au moins dans la Volonté de puissance : « chez le petit peuple l’appétit vient en mangeant. » Il suffit donc de le lui couper pour qu’il se soumette encore un peu plus.

Terminons sur une note positive : Ségur survécut et mourut à 92 ans retraité des Chemins de Fer...

Sources:

Philippe de Ségur –La retraite de de Russie (Gutenberg.org)

Nicolas Bonnal -Dostoïevski et la modernité occidentale - Tolkien le dernier gardien – Chroniques sur la Fin de l’Histoire - Les grands westerns américains (Dualpha/Avatar/Amazon.fr)

 

 

jeudi, 02 janvier 2020

Winter & the European Soul

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Winter & the European Soul

If you’re milling around Counter-Currents, you’re probably savvy to the notion that human beings are biological creatures, that we are shaped and molded by our environment’s ruthless Darwinian pressures into our present form. To think this way is heresy in the contemporary West. To consider the possibility that man is subject to the laws of nature offends the prideful sensibilities of our Gnostic and Luciferian elites. To think of oneself as a thread in the great tapestry of being offends the petty individualism of the modern Westerners. We reject human biodiversity, we arrest speakers at [2] human biodiversity forums, and such forums are besieged by vile, black-clad political terrorists. And yet we need to think that way, and men persist in thinking, researching, meeting and discussing because we are drawn to that most ancient of philosophers’ dictum – Know Thyself, so that we may live in accordance with ourselves.

The first order meanings derived from the facts of human biodiversity are well known: there exist racial differences in IQ, probably racial differences in behavioral patterns, and also sexual differences in behavior. This has enormous implications for every human endeavor where the races and nations of man have to be considered in common. You can always take the reductionist and uninspired route which I like to call Rue du Molyneux after its baldest and most obnoxious traveler, but has been pithily named “IQ nationalism” by cleverer men than me. It entails, among other things, welcoming our new Han overlords because their average IQ is marginally higher (or more exactly, the average IQ of a fellaheen China is higher than the average IQ of a severely degenerated West). Or you can delve deep into what makes the Western soul different from that of other men.

The second order meanings derived from the facts of human biodiversity are not to be found in charts of IQ by race, in FBI crime statistics, or in GDP per capita rankings. Rather, they are to be found in thick, dusty books, in soaring cathedrals, in religious fervor, in thunderous symphonies and the infinite vistas of visual art. Acknowledging our debt to the Taylors, Duttons, Sailers, and Rushtons of the world, we seek out the Spenglers, Evolas, Vicos, and Duchesnes, who can teach us the how, the why and the whence of the Tolkiens, Michelangelos, Bonifaces, Tchaikovskys, and Toulouse-Lautrecs. I find that awe is the sense of being humbled and uplifted at the same time. To experience beauty is to experience the numinous. To experience the numinous is to feel human and alive, to have a momentary respite to the suffering and alienation inherent in modern life. Beauty is to the soul what bread is to the body. Whence this outpouring of incomparable beauty? Do lend me your ears, friends, for I have a theory.

White people are ice people. Our ancestors lived in some of the coldest regions of the planet. They lived through the coldest and darkest of winters by the skin of their teeth. Cold winter theory explains our high IQ and low time preference. But once you’ve built the stout hall and kindled the great fire and loaded the storehouse with food to last until the distant spring, what do you do? And here, I believe, the uniquely European love of beauty arose – beauty was something to think about in those long winter nights, where to leave the house meant death. Beauty of tale, song, and vision. Beauty of togetherness. Beauty of warmth.

Man in deep winter is man under siege. Man the hunter, man the walker, and Indo-Aryan man the horselord in particular is a creature which craves the thrill of roaming. The all-American cult of the open road, the steppe nomad’s reverence of the open sky, the Mediterranean reverence for boat and sea, the pilgrims’ journey to Canterbury, all speak of our love of travel, all reflect the great urge to move about unmolested and unconstrained. Western man’s soul is entwined with the Spenglerian prime symbol of a force vector hurling its energies into infinite space. Western man the explorer, Western man the conqueror loves movement. Winter is a hard limit on that urge. The boxed energies of Western man then turn inwards. I believe that the immeasurable depth of the Western soul is derived from this immense energy burrowing ever deeper into the self, in the dark, dead of winter. The claustrophobia of winter creates the dreams which fuel art, faith and joy. Cold is a prison cell. The body is entrapped by low temperatures, it tends towards motionlessness in winter. To move is to expend valuable energy, to leave the house is to expose oneself to the deep darkness of winter. And yet the mind can be neither slowed down nor stopped.

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In this deep winter, we find ourselves dependent upon our family and friends. I imagine that the long halls of the old kings were full of huddled people, relying on one another to live through the dead of winter. To be white, to be a creature of the North, meant being with others. Alone, man is easy pickings for Jack Frost and his many ravenous nasties. When philosophers talk of a social contract (or more correctly, a social compact), they do not speak of a document which has been signed and notarized, as the autistic libertarian would have you believe. I’ve observed that relations among friends, and lesser financial obligations function much like the electron cloud theory of the atom. Because of Heisenberg’s uncertainty principle, one can either measure the momentum or position of the electron, but not both with sufficient precision. For this reason, the electron cloud represents various probabilities that a given electron is in a given position vis-à-vis the atomic core. I believe that petty obligations between friends, including financial ones work in the same way – minor expenses are not exactly tabulated, but a certain amount of giving is expected from those who mean to take in the future or past, adjusted for the ability to give. This is a good way of accounting for the unaccountable, which is to say living in a society of informal giving and taking with a tolerable dose of uncertainty. For this reason, we have the typical European altruism. In its degenerated form, it is the bane of our people, but this is true of every virtue – it becomes a vice in its excess. But I believe that the electron cloud model of mutual obligations among friends is applicable to the mutual obligations between members of human society, especially European society, which relies on communality and altruism far more than other societies.

In order to avoid this very inhumane accounting for giving and taking, in order to not live as slaves to ledgers, we have cultures of giving. And giving, I wager, is one of those things that keeps us sane. We are paradoxically the people most evolved to be communal, due to the harsh winters, and yet the most individualistic, due to the inward direction of our expansionist energies in the days of dark winter. In the dead of winter, Western man falls prey to solipsism and navel-gazing, alienating himself from his friends and family. This inward thinker has somehow found that it is impossible to prove to oneself that other conscious beings exist. I do not know if my friends exist – they might be fever dreams cooked up by a demon intending to deceive me, as per Descartes. How do we square this circle?

It is my belief that love, in all four of its manifestations, is the answer. Love is the soul’s response to the increased perceived probability of the existence of another soul. And love of one’s neighbor must be reinforced – I do not believe in love without physical action. We who intend to live as men, and not animals, must give if we are to take in the future. We give, even without reward, because we hope, in the future, to receive. We give because we want to live as men among men. And the darkest of days, when we are most at risk of forgetting our place among our people are the days of our festivals of giving. Christmas is a celebration of our nature as creatures both individualistic and communal, of men as threads in a great tapestry, but each king under his roof and each dreamer in his soul. We give to feel human.

A grey chill descends upon my city. It looks like another snowless December, as a dense fog envelops the senses and penetrates deep into my garments. I leave my office for my lunch break to meet my wife. We take a stroll by the river. We see some ducks and a black waterfowl which is larger than a duck, but smaller than a swan. We kiss. “Your mustache is wet.” The fog gets everywhere. It carries the cold with it. The sun looks quite eerie through the fog, a whitish ball of light, like the disembodied eye of some ungodly deepwater fish. I hug my dear. The warmth of her body radiates through many layers of clothing. The warmth of her soul reassures me that I am not alone in the universe.

Orthodox Christmas doesn’t come until January. But in deep December, at the Solstice or thenabouts, we celebrate the feast of St. Nicholas, bishop of Myra, Miracle-worker. I am personally associated with St. Nicholas and his feast for more than one reason. St. Nicholas was born to wealth, but he became a monk and gave away all his wealth to the poor. He gave his wealth to three poor girls so that they may have dowries and find husbands and find joy. He snuck gold coins into their socks as they were drying out. But when the youngest was getting married, it was the dead of winter and the house was boarded shut, so St. Nicholas shimmied down the chimney to drop the gold coins in the girl’s socks, which were hanging from the fireplace.

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In the West, St. Nicholas is Santa Claus, and Santa Claus is a composite figure – not only is he the kind and giving Bishop of Myra, but he is also an avatar of the All-Father, of Odin, who was himself a wanderer and miracle-worker. Santa Claus is many things, but he embodies the principle of giving, of belonging and good cheer even as the days grow ever shorter, even in the longest nights around the Solstice.

The cold, the snow, the darkness, the endless sky have sculpted European man. We are children of winter in a way no other people are. We love winter like no other people do. We fight with snowballs, we ski, we sleigh and we build snowmen. American children look to snow to give them respite from the tyranny of government schools, if even for a day. There is a beauty to a winter night that is to be found in no other landscape image. The European soul is the product of the winter night. It is warm, tender, yet rough and adventurous, both individualistic and communal, at peace with contradiction and uncertainty, basking in that greatest joy of winter — the communal dream of spring.

Article printed from Counter-Currents Publishing: https://www.counter-currents.com

URL to article: https://www.counter-currents.com/2019/12/winter-and-the-european-soul/

URLs in this post:

[1] Image: https://www.counter-currents.com/wp-content/uploads/2019/12/Pieter_Bruegel_the_Elder_-_Hunters_in_the_Snow_Winter_Detail-scaled.jpg

[2] arrest speakers at: https://www.counter-currents.com/2019/11/greg-johnson-arrested-in-norway-for-thoughtcrime/

 

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dimanche, 06 décembre 2015

Mantenersi fermi nella notte del mondo. Appunti solstiziali

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Mantenersi fermi nella notte del mondo. Appunti solstiziali

Ex: http://www.ilprimatonazionale.it 

Dicembre. Ultimo mese dell’anno, il mese dei riepiloghi, delle chiusure, delle attese per i nuovi inizi. Il mese di Natale, come è stato in epoca cristiana e ancor più, ancor prima, in tutto il mondo indoeuropeo con le feste collegate al Solstizio d’Inverno, la Porta degli Dei, il momento sacro più importante.

A Roma le festività che si accavallavano in occasione del Solstizio invernale erano addirittura tre: i Saturnalia, dal 17 al 24 dicembre; gli Angeronalia, il 21 dicembre – giorno del Solstizio vero e proprio, quando Terra e Sole sono allineati nel perielio sull’asse maggiore dell’orbita di rivoluzione; infine il 25 dicembre, divenuto il Dies Natalis Solis Invicti sotto Aureliano, il giorno in cui il Sole rende visibile la sua rinascita grazie dell’apparente inversione del suo moto.

Prima che nel periodo imperiale il Sol Invictus divenisse il protagonista indiscusso di queste festività, nel mondo arcaico erano tre le divinità che entravano in gioco in queste feste: Saturno, Angerona e Giano. Angerona è forse la meno conosciuta, una dea rappresentata con il capo velato e soprattutto con un dito sulle labbra chiuse, ad indicare il silenzio. Ma il suo essere meno conosciuta di altre divinità non indica un’importanza minore, anzi. Angerona era la dea che proteggeva i Misteri – si dice anche che proteggesse il Nome Segreto di Roma affinché i nemici non potessero mai scoprirlo e quindi non potessero mai conquistare l’Urbe – era la dea che accompagnava il Mystes, l’iniziato, nel suo percorso.


Era la dea dei segreti sacri più profondi e importanti, la dea dei segreti inaccessibili e non rivelabili, sia perché “pericolosi” per i profani ma anche perché non comprensibili se non attraverso la partecipazione attiva ad essi, essendo sovra-sensibili e soprattutto sovra-razionali. Nel giorno degli Angeronalia, nel giorno in cui il Sole effettua astronomicamente il passaggio, i pontefici osservavano un profondo silenzio e officiavano i loro sacrifici mantenendo una tranquillità polare e immutabile mentre il caos dei Saturnalia dilagava tutto intorno a loro.

Diventavano così incarnazione di quel principio di assialità cosmica e luminosa che regge il mondo rimanendo immutato di fronte all’incessante movimento dei cicli cosmici. Lo stesso principio che, mutuato dal mondo germanico attraverso un sempreverde illuminato, sarebbe diventato l’Albero di Natale, emblema dell’Albero Cosmico.

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Giano, conosciuto dai profani come il “dio bifronte” o “dio degli inizi”, condivideva con Angerona la potestà degli stati di passaggio. Giano ha la stessa radice di “ianua”, ovvero “porta”. Suo simbolo era la nave, l’emblema del viaggio iniziatico in tutte le civiltà, da Odisseo e Argo fino alla Barca Solare dei misteri di Iside e Osiride. Giano è colui che custodisce l’universo e ha il potere di volgerlo sui cardini, come ci dice Ovidio. È colui che ha le chiavi che aprono e chiudono, che legano e slegano, il dio che unisce e dissolve, colui che controlla i due movimenti contrastanti del cosmo attraverso il suo terzo volto, quello nascosto, quello che sintetizza l’unità degli opposti e che di Due fa Uno.

Infine Saturno. La figura di Saturno è sicuramente più nota rispetto alle altre due. Ma paradossalmente il suo essere “più famoso” lo ha reso anche il più sensibile a clamorosi fraintendimenti. Saturno per la maggior parte delle persone è il malvagio titano Kronos che mangia i suoi stessi figli, il dio nero con un carro trainato da draghi che rappresenta le forze divoranti e dissolventi a cui gli dei olimpici si devono opporre. Tutto ciò è parziale e impreciso. Giano e Saturno erano divinità molto legate, quasi inscindibili. Si dice che fu Giano ad accogliere Saturno nel Lazio, divenuto appunto la Saturnia Tellus, dopo che questi fu esiliato dal suo regno dell’Età dell’Oro. Saturno era infatti il sovrano dell’Era che fu prima di ogni inizio, l’Era in cui il tempo non esisteva, l’Era di felicità in cui ogni cosa dava frutto perché ogni potenza diveniva atto – per questo nel Lazio Saturno fu anche divinità agricola che proteggeva il seme nella sua fioritura – l’Era in cui l’uomo era in armonia e unità con il Divino.

Eppure Saturno si addormenta, il suo regno si sospende. E il tempo inizia a fluire, a far invecchiare, a divorare nel suo ciclo di morte e rinascita. Diventa il Kronos dell’immaginario comune, il drago che divora incessantemente, che non riesce mai a sfamarsi, come l’ego che incatena ogni ascesi o come il pensiero associativo che con il suo continuo fluire non permette di fermarsi e passare. Saturno è dunque tanto l’Oro quanto il piombo alchemico. Ma come insegna la stessa Arte Regale, è nel piombo che vi è l’Oro, è dal piombo che si fa l’Oro ed è solo rettificando il piombo che si realizza l’Oro.

Le feste dei Saturnalia che precedevano il Solstizio sono un rituale che realizza esattamente questo processo. Nelle notti più oscure, in cui il Sole-Oro è sempre più avvolto dall’oscurità plumbea della notte invernale, il mondo viene sconvolto dal caos. Ogni ordine sociale costruito tramite una gerarchia evocata dal piano divino viene sovvertito. Gli schiavi comandano sugli uomini liberi, la dissonanza e la perdita delle forme prende il sopravvento nelle città. Viene portata per le strade l’effige di un re vecchio, malato, infermo, un re che divorato dal tempo ha perso l’assialità e quindi diventa preda delle forze caotiche. Ma c’è chi mantiene la calma, il silenzio e la gerarchia, c’è chi conserva i segreti che neanche le forze più vulcaniche e infere del caos possono intaccare. C’è chi mantiene l’assialità quando tutto intorno è caos, ci sono le Angeronalia durante i Saturnalia. Ma chi in silenzio segue i misteri di Angerona non lo fa solamente per “mantenere” i segreti, per “conservare” ciò che è sacro in attesa che il caos finisca e che torni il Saturno dell’Età dell’Oro.

Chi segue Angerona agisce, il Mystes è un soldato, un milite. Egli sa che ciò che è senza tempo non può avere inizio o fine, sa che attendere nel tempo l’inizio di qualcosa che è a-temporale è pura follia. Sa che Saturno celato va risvegliato e che per raggiungerlo c’è bisogno di Giano, il dio sia degli inizi che della fine e che quindi è hic et nunc, in ogni momento e in ogni luogo, in ogni punto di contatto tra ciò che è qui e ciò che è Sopra, tra ciò che è tempo e ciò che è Eternità, proprio come l’Urbe che è anche Orbe fondata nel cuore della Saturnia Tellus in cui regnano tanto Giano quanto Saturno e in cui si può incarnare l’azione sacra che permetta di mantenersi immutabile nel caos e attraversare la porta del guardiano cosmico che veglia sul sonno del dio celato. Solo così la follia che vede al vertice gli schiavi e i loro principi degradanti che rendono schiavi anche gli uomini liberi può aver fine, preannunciando una nuova Era in cui il re vecchio, malato e malfermo può morire e rinascere nel Fuoco per tornare ad essere Re, il Re Saturno che torna al suo splendore a-temporale.

Carlomanno Adinolfi

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samedi, 11 janvier 2014

Recordkou VS en Al Gore's idiootste Global Warming uitspraken

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Recordkou VS en Al Gore's idiootste Global Warming uitspraken

Ironisch: Klimaat'wetenschappers' die Global Warming hoopten te bewijzen, kwamen vast te zitten in het ijs, evenals een eerste reddingsexpeditie. Uiteindelijk konden ze per helikopter worden gered.

Terwijl driekwart van de Verenigde Staten zucht onder een record koudegolf, en klimaat'wetenschappers' die met eigen ogen wilden zien hoe ver het ijs op Antarctica al gesmolten is kwamen vast te zitten in een ongekend dikke ijslaag, kijken we even terug naar het begin van deze eeuw, toen Global Warming alarmisten zoals Al Gore met hun uitspraken dat de nieuwe generatie in onze tijd geen sneeuw en ijs meer zou kennen, iedereen -inclusief bijna al 'onze' politici- de stuipen op het lijf joegen.

Global Warming wordt steeds ernstiger, zullen alle milieugroeperingen en de meeste politieke partijen u nog steeds vertellen. De historische kou in Noord Amerika is daar immers het absolute bewijs van. Dat vrijwel niet één onafhankelijke wetenschapper nog gelooft in dit inmiddels 100% ontkrachte mantra, doet niet ter zake. Immers, Global Warming is een onwrikbare peiler in de klimaatreligie, die ondanks een overweldigende lading bewijs van het tegendeel helaas ook in Nederland nog steeds veel verstokte aanhangers heeft.

Komende nacht kan het in de Amerikaanse staat Minnesota -54 graden Celcius worden, en kunnen 70 kouderecords worden gebroken. In grote delen van de VS is de gevoelstemperatuur reeds -48 graden, en wordt in een enorm gebied tussen de staten Mississippi en Ohio opnieuw sneeuwval verwacht. In Chicago hebben de autoriteiten de mensen opgeroepen thuis te blijven. Rond Indianapolis werd een uitgaansverbod ingesteld. De ijzige wind wordt zelfs in Florida en aan de Texaanse grens met Mexico gevoeld.

'Kinderen zullen geen sneeuw en ijs meer kennen'

Hoe anders had er uitgezien als de gevestigde klimaat'experts' in het jaar 2000 ook maar een béétje gelijk hadden gekregen. Zo voorspelden diverse 'wetenschappers' in dat jaar dat de Europese kinderen die toen werden geboren op hun 10e verjaardag niet meer zouden weten hoe ijs en sneeuw eruit ziet. Hoewel het nu zeer zacht is voor de tijd van het jaar - veroorzaakt door de extreme kou in Noord Amerika-, kenden we in 2012 een voorjaar dat in ruim 40 jaar niet meer zo koud was geweest.

Al Gore's idiootste uitspraken

Al Gore kan gerust dé profeet van de Global Warming kerk genoemd worden. Voor zijn inmiddels totaal ontkrachte documentaire 'An Inconvenient Truth' ontving hij zelfs de Nobelprijs. De -ijskoude- realiteit liet en laat echter zien hoe idioot zijn uitspraken waren:

1. In 2008 beweerde Gore tegen een Duits publiek dat de hele Noordpool 'over 5 jaar is gesmolten'. Wat gebeurde er echt: de ijskap groeide juist fors.

2. 'Co2 is de uitademing van onze beschaving.' Volgens Gore zou de menselijke uitstoot van Co2 snelle en ongekende opwarming veroorzaken. We lijken echter juist een periode van Global Cooling te zijn ingegaan. Bovendien is het Co2 gehalte in de atmosfeer historisch gezien erg laag, en is juist veel meer Co2 nodig om de toekomstige oogsten voor de snel groeiende wereldbevolking niet te laten mislukken.

3. 'De planeet heeft koorts.'

4. In 2006: 'Veel wetenschappers waarschuwen dat we steeds dichterbij een aantal omslagpunten komen die het binnen 10 jaar onmogelijk maken om onherstelbare schade aan de leefbaarheid van de planeet voor de menselijke beschaving te voorkomen.'

5. 'Dit is de waarheid: De Aarde is rond, Saddam Hussein viel ons niet aan op 9/11, Elvis is dood, Obama werd geboren in de VS, en de klimaatcrisis is echt.'

6. 'Het binnenste van de Aarde is zeer heet, meerdere miljoenen graden.' De hoogste temperatuur in het binnenste van de Aarde is echter 11.000 F.

7. 'Er hangt een onrealistische zweem over het praten over deze mysterieuze zaken, nu de wereld dankzij global warming voor onze eigen ogen op zo'n dramatische wijze verandert.'

8. 'Het zou een enorme opluchting zijn als de recente aanvallen op de wetenschap van global warming een teken zouden zijn dat we geen onvoorstelbare, grootschalige preventieve rampmaatregelen moeten nemen om de menselijke beschaving te beschermen.'

9. 'Het overleven van de VS zoals we het kennen loopt risico. Ja, zelfs de toekomst van de menselijke beschaving staat op het spel.'

10. 'We zouden deze uitdaging met een gevoel van diepe vreugde en dankbaarheid tegemoet moeten treden; dat wij de gevierde generatie zijn waarover orkesten, dichters en zangers over 1000 jaar zullen zeggen dat wij het in onszelf hebben gevonden deze crisis op te lossen, en de basis voor een stralende en optimistische menselijke toekomst hebben gelegd.'

50% meer ijs op de Noordpool, onbetrouwbare klimaatmodellen

Jaar na jaar komt er echter steeds meer bewijs dat er helemaal niets klopt van de Global Warming theorie. De New American schreef onlangs dat 'in tegenstelling tot de alarmistische voorspellen van Gore en zijn 'doemsdag sekte' voorspelden, de laatste satellietgegevens aantonen dat het ijs op de Noordpool sinds 2012 met 50% is gegroeid, en in oktober 2012 zelfs het snelst toenam sinds in 1979 werd begonnen met meten. Experts voorspellen dat dit de komende jaren zal doorgaan, waardoor global-warmingalarmisten koortsachtig naar verklaringen zullen moeten zoeken om hun gezicht te redden en de snel smeltende klimaathysterie nieuw leven in te blazen.'

Iedereen weet inmiddels dat de wereldwijde temperatuur al zeker 17 jaar niet meer stijgt. Deze klimaatrealiteit heeft dan ook een ruw einde gemaakt aan alle 73 door de VN gebruikte klimaatmodellen, die dus volstrekt onbetrouwbaar zijn gebleken.

Regering Rutte geeft miljarden uit aan niet-bestaand probleem

Triest genoeg baseren de Westerse overheden hun beleid nog steeds op de niet bestaande door mensen veroorzaakte opwarming. In het licht van de forse bezuinigingen op bijvoorbeeld de sociale zekerheid, gekoppeld aan enorme lastenverhogingen, zijn de tientallen miljarden euro's subsidies die alleen al het kabinet Rutte voor de global warming industrie heeft uitgetrokken, des te schrijnender.

Klimaat verandert altijd al, zonder menselijke invloed

Klimaatverandering bestaat en heeft altijd al bestaan. Toen er nog geen enkele sprake was van eventuele menselijke invloed, steeg in de middeleeuwen de gemiddelde temperatuur in het noorden van Europa naar subtropische waarden. Vervolgens kwam de bekende 'kleine ijstijd', eveneens toen door mensen veroorzaakte Co2 uitstoot geheel ontbrak. Die uitstoot is ook anno 2014 sowieso dermate gering, dat deze op wereldschaal in de atmosfeer niet eens een meetbare toename veroorzaakt, nog even los van het feit dat een relatie tussen meer Co2 en de -dus niet bestaande- opwarming nooit is bewezen.

Global Warming wetenschappers vast in het ijs

De klimaat'wetenschappers' die Global Warming wilden bewijzen en die ironisch genoeg vast kwamen te zitten in het poolijs, werden op 2 januari door een helikopter gered. Denk echter maar niet dat de reguliere media melding maakten van het doel van deze totaal mislukte missie. Dat was ongetwijfeld wel het geval geweest, als de wetenschappers 'bewijs' hadden gevonden dat het ijs wél aan het smelten is.

Wanneer komt er een einde aan dit duurste bedrog ooit?

Dat betekent dat de gevestigde orde en de globalisten zullen blijven volhouden dat het klimaat verandert door menselijke activiteiten. Op deze wijze kunnen ze hun onderdanen torenhoge milieubelastingen, veel te hoge energieprijzen en allerlei andere extreem kostbare beperkende maatregelen blijven opleggen. Het is daarom te hopen dat de gewone man wakker wordt voordat dit met afstand grootste en duurste bedrog aller tijden een definitief einde maakt aan zijn welvaart en aan de toekomst van zijn kinderen.


Xander

(1) Infowars
(2) Infowars / Washington Times
(3) KOPP
(4) Infowars / Natural News

Zie ook o.a.:

20-10: NIPCC veegt vloer aan met Global Warming theorie VN
12-09: Global Cooling bevestigd: record toename van zee-ijs
12-07: Energieakkoord NL: Duitsland laat zien dat prijzen enorm zullen stijgen
29-06: NASA: CO2 veroorzaakt geen opwarming, maar afkoeling (/ Over 7 jaar is Nederlands huishouden maandelijks € 90 kwijt aan energiebelasting)
13-05: Global dimming: Zonlicht op Aarde in halve eeuw met éénderde verminderd (/ Zon- en ruimtewetenschappers: Zonneactiviteit wijst op aanstaande nieuwe kleine ijstijd)
14-04: Pleidooi voor meer CO2 uitstoot om mensheid te redden (/ Steeds meer klimaatexperts beginnen uitblijven Global Warming toe te geven)
08-01: Bevestigd: Al 16 jaar geen Global Warming